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Full text of "Etudes de lépidoptérologie comparée"

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COLLECTION 

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William  Schaus 

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PRESENTED 
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National  Muséum 

MCMV 


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ÉTUDES 


DE 


LÉPIDOPTÉROLOGIE 


COMPARÉE 


PAR 


Charles    OBERTHUR 


Fascicule  XIX 

r"  Partie 


_  RENNES 

IMPRIMERIE     OBERTHUR 
Janvier   1922 


LÉPIDOPTÉROLOGIE  COMPARÉE 


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ÉTUDES 


DE 


LÉPIDOPTÉROLOGIE 


COMPARÉE 


/ 


PAR 


Charles    OBERTHUR 


Fascicule  XIX 

i'"  Partie 


RENNES 

IMPRIMERIE     OBERTHUR 


Janvier   1922 


PRÉFACE 


En  1876,  pour  mon  début  dans  mes  essais  de  littéra- 
ture lépidoptérologique,  je  publiai  le  premier  fascicule 
des  Etudes  cT Entomologie,  exclusivement  consacré  à  la 
Faune  des  Lépïdo'pth'es  d' Algérie. 

Depuis  45  ans,  je  n'ai  pas  cessé  de  travailler  au  déve- 
loppement de  nos  connaissances  concernant  la  même  spé- 
cialité scientifique. 

Mon  but  a  toujours  été  de  réserver  à  la  France,  selon 
la  mesure  de  mes  moyens,  l'honorable  devoir  de  pourvoir, 
pour  la  spécialité  en  question,  à  l'inventaire  des  produc- 
tions naturelles  de  l'Afrique  du  Nord,  devenue  française, 
grâce  aux  vertus  guerrières  de  notre  admirable  Armée, 
celle  qui  possède  la  plus  glorieuse  histoire  mihtaire  qui 
soit  au  monde. 

Le  Maroc,  terre  si  longtemps  fermée  aux  Explora- 
teurs chrétiens,  est  le  prolongement  et  le  complément  de 
l'Algérie  vers  l'Ouest.  Le  drapeau  français  flotte  mainte- 
nant sur  cette  contrée  que  nos  soldats  ont  désormais 
ouverte  à  nos  savants,  à  nos  artistes,  à  nos  commerçants. 

Toutefois  les  Indigènes  marocains,  musulmans  farou- 
ches, sont  généralement  et  naturellement  hostiles  aux 
Européens.    S'il   nous   a   été   possible    jusqu'ici   de   nous 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


établir  solidement  dans  les  régions  côtières  et  peu  acci- 
dentées, il  est  encore  difficile  aux  voyageurs  chrétiens  de 
parcourir,  sans  trop  grands  risques,  les  contrées  monta- 
gneuses, notamment  le  Moyen-Atlas,  au  sud  de  Meknès 
et  d'Azrou.  En  juin  et  juillet  1921,  certaines  localités 
semblant  excellentes  pour  l'Entomologie,  cependant  acces- 
sibles l'année  précédente,  étaient  devenues  dangereuses. 
Dès  lors,  les  recherches,  en  vue  de  connaître  la  faune 
lépidoptérologique  marocaine,  n'ont  ])u  s'étendre  en  192 1, 
comme  nous  l'aurions  désiré. 

M.  Harold  Powell,  après  avoir  consacré  13  mois  à 
l'exploration  laborieuse  du  Zehroun  et  des  abords  du 
Moyen-Atlas,  est  revenu  en  France  en  août  192 1  et  je 
publie  présentement  le  résultat  de  ses  travaux. 

Déjà,  j'avais  fait  partiellement  connaître  dans  les 
Volumes  XVII  et  XVIII,  Part.  I,  des  Ehidcs  de  Upl- 
dopiérologie  comparée,  quelques  Espèces  nouvelles  ou 
intéressantes  de  papillons,  fruit  d'une  exploration  préli- 
minaire entreprise  dans  le  Moven- Atlas,  en  été  1920  et 
que  devaient  compléter  les  recherches  prévues  pour  l'été 
suivant. 

J'avais  notamment  publié  de  nombreuses  photographies 
de  paysages  dont  M.  Powell  m'avait  envoyé  les  plaques 
à  Rennes  et  qui  donnent  un  aperçu  du  sol  rude,  rocailleux, 
mais  très  varié  d'aspect,  au  milieu  duquel  M.  Powell 
avait  voyagé. 

Par  le  moyen  du  présent  ouvrage  dont  les  Planches  en 
couleurs  sont,  cette  fois  encore,  l'œuvre  excellente  de  mon 
cher  ami  et  fidèle  collaborateur  artistique  M.  Jules  Culot, 
je  complète  les  premières  données  que  je  m'étais  hâté 
d'imprimer  sur  la  faune  lépidoptérologique  marocaine. 

M.  Harold  Powell,  venu  à  Rennes,  en  août  1921,  aus- 
sitôt après  son  retour  en  France,  a  contrôlé  avec  moi  les 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 


déterminations  spécifiques  litigieuses  et  m'a  donné  son 
précieux  concours  pour  la  comparaison  des  races  géogra- 
phiques. De  plus,  toutes  les  notes  qu'il  avait  écrites  au 
Maroc,  au  fur  et  à  mesure  de  ses  observations,  ont  été 
mises  à  profit  dans  le  présent  Volume. 

M.  P.  Chrétien,  lauréat  de  l'Institut,  bien  connu  pour 
ses  beaux  travaux  sur  les  Lépidoptères  paléarctiques  et 
notamment  sur  la  faune  barbaresque,  dont  les  Lecteurs 
de  ces  Etudes  ont  déjà  pu  apprécier  le  talent  d'observa- 
tion à  propos  de  la  Cimclia  M ar garïla ,  a  bien  voulu  se 
charger  de  tout  ce  qui  concerne  les  Microlépidoptères 
marocains.  Je  le  remercie  très  cordialement  de  son  aimable 
et  très  savante  collaboration. 

W.  Ferd.  Le  Cerf,  également  lauréat  de  l'Institut,  m'a 
fait  profiter,  pour  le  présent  travail,  de  sa  connaissance 
approfondie  des  Aegcnidae. 

J'ai  donc  été  favorisé  du  concours  très  précieux  de 
Spécialistes  éminents  dans  la  Lépidoptérologie.  Je  suis 
heureux  qu'ils  se  soient  associés  à  mon  œuvre  avec  tant 
de  bienveillance  et  avec  une  compétence  universellement 
reconnue. 

J'ai  soigneusement  fait  état  des  travaux,  peu  nombreux 
d'ailleurs,  antérieurement  publiés  sur  les  Lépidoptères  du 
Maroc,  par  Trovey-Blackmore,  Meade-Waldo  et  Blachier. 
De  plus  M.  A.  Vaucher,  de  Genève,  m'a  envoyé  la  copie 
du  Catalogue  des  Espèces  de  Lépidoptères  recueillies  au 
Maroc  par  son  frère  feu  Henri  Vaucher. 

Enfin  M.  Ch.  Alluaud,  conservateur  du  Muséum 
d'histoire  naturelle  de  l'Institut  scientifique  chérifien,  bien 
connu  pour  ses  nombreuses  explorations  africaines,  m'a 
communiqué  la  collection  de  papillons  marocains  en  voie 
de  formation  à  Rabat  et  notamment  les  chasses  qu'il  a 
faites  dans  le  Grand- Atlas,  en  juin  1921. 


8  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Je  puis  ainsi  donner  un  conspeclus  à  peu  près  complet 
de  nos  connaissances  actuelles  relativement  à  la  Faune 
des  Lépidoptères  marocains. 

Il  est  évident  qu'il  reste  beaucoup  à  découvrir. 

Aussi,  ce  que  nous  publions  aujourd'hui,  en  tenant 
cependant  compte  de  tout  ce  qui  a  été  écrit  jusqu'à  ce 
jour  sur  les  papillons  marocains,  —  et  qui,  comme  je  le 
rappelle  plus  haut,  ne  constitue  rien  de  bien  considérable 
—  n'est  qu'une  étape  vers  un  but  paraissant  encore  trop 
éloigné  de  nous. 

Ea  qziae  sch)nis  sunt  pars  lu'inhv.a  eorttni  quac  igno- 
râmes. 

Cependant,  en  ce  qui  concerne  l'Afrique  du  Nord,  je 
suis,  depuis  longtemps,  engagé  sur  la  route,  je  m'efforcerai 
donc  de  mettre  en  lumière  tout  ce  que  nous  pourrons  ren- 
contrer et  observer  au  cours  du  chemin. 

C'est  ainsi  que,  pour  la  faune  des  Lépidoptères  de 
l'Algérie,  j'ai  bien  l'intention  de  poursuivre,  sans  m'en 
fatiguer,  les  études  entreprises.  En  conséquence,  je 
compte  faire  bientôt  paraître  le  Catalogue  raisonné  des 
Espèces  de  la  famille  des  Phaléniies  ou  Geomeirae 
harbaresqnes,  pour  faire  suite  à  l'inventaire  déjà  paru  des 
Rhopalocera,  Sphinges,  Bombyces,  Nochiidae,  Aege- 
riidae. 

Les  circonstances  actuelles,  pour  de  multiples  raisons, 
rendent,  on  le  sait,  les  publications  difficiles.  Toutefois,  je 
conserve  l'espoir,  tant  que  mes  forces  le  permettront, 
de  continuer  à  faire  paraître  nos  travaux  entomologiques 
illustrés  en  vue  de  l'avancement  des  Sciences  naturelles 
et  aussi,  —  me  permettra-t-on  de  parler  ainsi  ?  —  pour 
l'honneur  de  notre  Patrie. 

N'avons-nous  pas  en  vérité  le  droit  de  croire  que  les 
travaux    scientifiques    écrits    et    imprimés    en    ces    temps 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


troublés  importent  au  bon  renom  national  ?  L'effort  en 
vue  du  progrès  de  la  Science  pure,  secondé  par  les 
moyens  artistiques  et  typographiques  les  plus  modernes, 
ne  peut  pas  sembler  indifférent  aux  hommes  cultivés  des 
diverses  Nations. 

En  ce  qui  concerne  ces  modestes  EUides  de  Lép'idop- 
térologic  comparée,  j'ai  reçu  d'Amérique,  d'Angleterre, 
de  Suède,  de  Belgique,  d'Italie,  de  Hollande,  de  Suisse, 
de  la  Russie  d'autrefois,  des  témoignages  d'encourage- 
ment assez  sensibles  pour  me  croire  autorisé  à  penser  et 
à  rn'exprimer  de  cette  façon.  Dès  lors,  je  me  trouve  cons- 
tamment incliné  à  poursuivre  activement  la  continuation 
de  la  publication  entomologique  commencée,  il  y  a  long- 
temps, à  la  fois  laborieuse  et  reposante. 

Je  continue  en  effet  à  trouver  dans  l'étude  des  Lépi- 
doptères un  repos  bien  précieux  et  un  apaisement  bien 
doux  aux  inquiétudes  variées  de  l'heure  présente.  Aussi 
je  remercie  Dieu  de  m'avoir,  durant  toute  ma  vie,  fait 
amplement  goûter  la  joie  de  contempler  les  merveilles 
qu'il  a  créées  et  de  m'avoir  donné  le  moyen  d'en  publier, 
pour  une  certaine  mesure,  la  description  et  l'image.  C'est 
donc  en  ma  qualité  de  vieil  Imprimeur-Entomologiste 
que  j'emprunte  au  Roi-Psalmite  David  ses  paroles  pour 
rendre  au  Très-Haut  mes  actions  de  grâce  : 

Dedisti  uiilii,  Douane,  arieni,  mercedein  iiicani,  et  in 
il  là  laiidabo  nom  en  tuum  ! 

Rennes,  septembre  1921. 

Charles  OBERTHUR. 


LISTE    DES    TRAVAUX 

qui  jusqu'ici  ont  été  publiés  sur  les  Lépidoptères  du  Maroc 


List  of  Macro-Lepidoptera  observed  in  North=West  Morocco 
in  1870=71,  by  Trovey-Blackmore  {The  Enfo7noLogist's 
monlhly  Magazine,  Vol.  III,  p.  228-236). 

Descriptions  de  Lépidoptères  nouveaux  du  Maroc,   par  Ch. 

Blachier  [Bulletin  de  la  Scciélé  entoniologiquc  de  France, 
1905,  p.  212-215). 

On  a  collection  of  Butterflies  made  in  Marocco  in  1900=01=02, 

by  E.  G.  B.  Meaue-Waldo.  Communicated  by  H.  J.  Elwes 
{The  Transactions  of  the  eut  ontologie  al  Society  of  London,  for 
the  year  ic)o^,  p.  369-393,  Plates  XVI II  aud  XIX). 

Lépidoptères  du  Maroc.  Remarques  sur  diverses  espèces  et 
descriptions  de  variétés  nouvelles,  par  Charles  Blachier 
{Annales  de  la  Société  entomologique  de  France,  1908,  p.  209- 
222,  Planche  4). 

Notes  complémentaires  sur  quelques  papillons  d'Algérie  et 
du  Maroc,  récemment  décrits,  par  Charles  BLACHIER  {Bulletin 
de  la.  Société  Itpido ptérologique  de  Genève,  Vol.  II,  1910-1913, 
p.  251-256,  Planche  20). 

Contribution  à  l'étude  des  Lépidoptères  marocains,  par  Daniel 
Lucas  {Bulletin  de  la  Société  entomologique  de  France,  1920, 
p.  253,  254  et  p.  29;,  298). 


12  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée,  par  Charles  OberthûR, 
Vol.  XVII,  novembre  1920,  p.  48-59  ;  Explication  des 
Planches  C,  D,  E,  F,  G,  H,  I,  consacrées  à  la  reproduction  pho- 
tographique de  Lépidoptères  du  Maroc, 

et  Vol.  XVI 11,  Part.  I,  mai  1921,  p.  41-65,  Faune  lépidoptérolo- 
gique  du  Maroc,  avec  76  planches  photographiques  de  paysages 
marocains  et  Planches  J,  K,  L,  M,  N,  O,  P,  O,  R,  S,  T,  consa- 
crées à  la  reproduction  photographique  de  Lépidoptères  du 
Maroc. 


Les  Lépidoptères  du  Maroc 


PAPILIONIDAE 


Papilio  Machaon,  Linné. 

Nous  avons  déjà  fait  connaître,  au  moyen  de  la  figure  n°  2255 
publiée  sur  la  PL  CCLXXVI,  dans  le  Volume  X  des  Etudes  de 
Lépidoptérologie  comparée,  la  forme  du  Papilio  Machaon  obtenue 
de  la  chenille,  à  Tanger,  par  feu  Vaucher.  Le  D""  R.  Verity  a  donné 
à  cette  forme  semblant  très  localisée,  grande  et  remarquablement 
belle,  le  nom  de  maxima. 

Dans  la  région  d'Azrou  et  dans  le  Zehroun,  c'est-à-dire  au  nord 
et  au  sud  de  Meknès,  le  Papilio  Machaon  est  assez  répandu,  mais 
pas  très  abondant. 

M.  Powell  a  capturé  Machaon  dans  la  forêt  d'Azrou,  en  juillet 
1920;  à  Bou-Fekrane,  18  kilomètres  S.-E.  de  Meknès,  le  3  octobre 
1920;  à  Mrassine,  en  mars  et  avril  1921.  Des  chrysalides  nous  ont 
été  envoyées  du  Maroc  à  Rennes;  plusieurs  très  beaux  papillons 
sont  sortis  en  avril,  en  mai  et  jusqu'au  30  juin  192 1.  Ce  dernier 
échantillon  appartenait  tout  à  fait  à  la  race  estivale. 


14  LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

La  chenille,  dans  la  forêt  d'Azrou,  ressemble  beaucoup  à  celle 
d'Europe,  mais  elle  est  d'aspect  plus  clair.  En  tout  cas,  elle  n'ap- 
partient nullement  à  la  race  désertique  que  nous  avons  appelée  : 
Hospitonides. 

Les  papillons  qui  éclosent  au  printemps  diffèrent,  par  leur  corps 
plus  velu  et  moins  largement  teinte  de  jaune,  des  échantillons  qui 
naissent  en  été. 

D'ailleurs,  au  Maroc,  comme  dans  le  reste  de  la  Barbarie, 
l'imago  de  Machaon  est  assez  variable.  Chez  certains  individus, 
la  bande  transversale,  extracellulaire  aux  ailes  inférieures,  noire, 
semée  d'atomes  bleus,  tantôt  se  trouve  contiguë  à  l'extrémité  de 
la  cellule  discoïdale  et  tantôt  en  est  assez  distante.  De  plus,  le 
trait  noir,  assez  épais,  qui  clôt  la  cellule,  est  quelquefois  centrale- 
ment  marqué  de  jaune,  ce  qui  constitue  la  variété  fenestrella. 

Enfin,  pour  la  taille,  le  Papilio  Machaon  présente  au  Maroc  de 
sensibles  différences. 


Papilio  Feisthamelii,  Duponchel. 

Vallée  d'Aïn-Toumliline,  en  août  1920  ;  et  plusieurs  exem- 
plaires des  environs  de  Mrassine  (Zehroun)  pris  en  mars  192 1 
ou  obtenus  d'éclosion  à  la  même  époque. 

Tanger  et  environs,  selon  Vaucher. 

11  a  déjà  été  beaucoup  écrit  relativement  au  Papilio  Feistha- 
melii, mais  il  semble  qu'il  y  a  encore  quelque  chose  à  dire  et 
peut-être  à  rectifier  dans  ce  qui  a  déjà  été  publié.  C'est  que  les 
documents  nouveaux  qui  proviennent  des  recherches  incessam- 
ment poursuivies  et  qui  sont  soumis  à  une  comparaison  minu- 
tieuse, apportent  un  ensemble  de  renseignements  jusqu'ici  imprévus 
et  d'où  résultent  nécessairement  des  vues  nouvelles.  Sommes-nous 
enfin  arrivés,  pour  ce  qui  intéresse  le  Papilio  Feisthamelii,  à  la 
possession  définitive  de  la  vérité  r 


LEFIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  IS 

La  forme  barbaresque  du  Papilio  Feuthamdïi  a,  comme  le 
Papilio  Podalif'ms  et  le  Papilio  Machaon  deux  morphes  saison- 
nières, caractérisées  :  celle  du  printemps,  par  l'abdomen  noir  en 
dessus  et  pileux;  celle  d'été,  par  l'abdomen  tout  blanc  et  dé- 
pourvu de  poils.  Mais  cette  différence  due  à  l'époque  d'éclosion 
de  l'imago,  —  qu'il  est  cependant  nécessaire  de  constater  une  fois 
de  plus,  —  n'est  présentement  pas  en  cause. 

Voici  ce  dont  il  s'agit  plus  expressément. 

En  Barbarie,  le  Papilio  Feisihamelii  est  caractérisé,  différentiel- 
lement  de  celui  d'Espagne  et  des  Pyrénées-Orientales,  par  la  tache 
anale  des  ailes  inférieures,  large,  noire,  pointillée  d'atomes  bleus, 
surmontée  d'un  croissant  assez  étroit,  mais  très  vif  et  très  net  de 
couleur  orange,  le  plus  souvent  foncée,  puis  d'un  autre  croissant 
blanc  jaunâtre  également  étroit,  vif  et  net,  et  enûn  d'un  troisième 
croissant  noir,  en  forme  de  sourcil  bien  arqué,  non  droit. 

Ce  caractère  se  trouve  sans  variation  sensible  chez  les  exem- 
plaires marocains  et  algériens.  Ma  collection,  maintenant  renforcée 
de  documents  sensiblement  plus  nombreux,  sert  de  base  aux  pré- 
sentes observations. 

En  Espagne  et  dans  les  Pyrénées-Orientales,  qui  sont  les  seules 
localités  d'Europe  où  l'on  ait  jusqu'ici  rencontré  le  Papilio  Feis- 
thanielii,  la  tache  anale  en  question  est  moins  grosse,  moins 
arrondie,  surmontée  :  i°  d'une  tache  orange  plus  large,  générale- 
ment plus  claire;  2"  d'un  trait  blanc  jaunâtre,  et  enfin  3"  d'une 
limitation  noire  (base  des  deux  bandes  noires,  anale  et  discale, 
descendant  en  forme  de  V  du  bord  costal  vers  l'angle  anal)  un 
peu  plus  droite  et  moins  régulièremiCnt  arquée. 

On  reconnaît  assez  aisément,  au  caractère  de  l'ocelle  anal,  les 
exemplaires  barbaresques  des  échantillons  espagnols  et  roussil- 
lonnais. 

D'autre  part,  le  fond  des  ailes,  en  dessus,  chez  la  Q,  est  bien 
plus  blanc,  même  chez  les  individus  printaniers,  dans  les  Feistha- 
melii  barbaresques  que  dans  ceux  d'Espagne  et  des  Pyrénées- 
Orientales. 


l6  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Ce  sont  surtout  les  Q  Q  espagnoles  (Vallée  de  Ronda,  ex 
Fabresse,  juin  1906,  et  Guadalajara,  ex  coll.  Vazqucz)  qui  se  dis- 
tinguent des  Q  Q  barbarcsques.  Les  g  g  espagnoles  ont  le  ground 
coloiir  jaunâtre,  toutefois  pas  d'une  teinte  aussi  régulièrement 
unie  et  étendue  que  chez  Podalinus;  de  plus,  leur  coloration  jau- 
nâtre n'est  pas  très  opaque  et  semble  comme  légèrement  transpa- 
rente par  endroits.  Enûn  la  tache  anale  ocellée  des  Q  Q  espa- 
gnoles est  largement  surmontée  d'une  coloration  orangée,  claire. 

Dans  les  Pyrénées-Orientales,  on  trouve  aussi  cette  forme  de  Q , 
mais  atténuée. 

Cependant,  —  et  je  ne  dois  pas  le  passer  sous  silence,  —  en 
Algérie,  très  rarement  il  est  vrai,  on  trouve  aussi  une  forme  Q  à 
groimd  colour  jaunâtre.  J'en  ai  donné  la  figure  sous  le  n°  2258  bis 
de  la  PI.  CCLXXVII  bis,  au  Volume  X  des  Etudes  de  Lèpidop- 
térologie  comparée. 

Toutefois  les  différences  présentées  par  l'ocelle  anal  subsistent 
amplement  et  sont,  par  ce  fait,  suffisamment  caractéristiques. 

En  Espagne,  la  forme  Q  jaunâtre,  dont  je  viens  de  faire  état, 
a  quelques  rapports  d'aspect  avec  Podalirius  et  je  pense  que  ce 
sont  des  Q  Q  espagnoles,  jaunâtres,  de  F eisthamelïï  qui  ont  fait 
croire  à  certains  Entomologistes  dont  l'examen  comparatif  a  pu 
être  un  peu  superficiel,  que  les  deux  Papilto  F eisthamelïï  et  Poda- 
lirius se  rencontraient  ensemble  en  Espagne. 

En  effet,  j'ai  sous  les  yeux  4  Q  Q  Feisthamelii  espagnoles  prin- 
tanières,  jaunâtres,  qui  présentent  assez  bien  le  faciès  de  Podali- 
rius. Toutefois  elles  ne  sauraient  être  confondues  avec  le  vrai 
Podalirius  dont  la  tache  orange  surmontant  l'ocelle  noir  pupille 
de  bleu,  aux  ailes  inférieures,  est  toujours  infiniment  plus  large. 
De  plus,  le  trait  jaunâtre  qui  est  placé  entre  la  teinte  orange  et  la 
base  noire  du  V  est  toujours  droit,  tandis  que  même  chez  les 
F eisthantelii  du  Roussillon,  la  forme  arquée,  quoique  sensiblement 
moins  accentuée  qu'en  Barbarie,  reste  encore  très  appréciable. 

D'après  nos  connaissances  actuelles,  Feisthamelii  paraît  habiter 
seul,  dans  les  Pyrénées-Orientales,  en  Espagne  méditerranéenne 
et  en  Barbarie. 


LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  1/ 

Podalirhis,  par  contre,  paraît  être  seul,  c'est-à-dire  sans  aucun 
mélange  avec  Feisthamelïï,  dans  tout  le  midi  de  la  France,  autre 
que  les  Pyrénées-Orientales,  en  Italie,  Suisse,  Allemagne  et  jus- 
qu'en Asie  Mineure. 

Mon  ami  Rondou  a  capturé  un  exemplaire  cf  de  F eïsthamelii 
à  Gèdre  (Hautes-Pyrénées).  Je  pense  que  cette  capture  est  acci- 
dentelle comme  l'a  été  dans  la  chaîne  pyrénéenne,  ailleurs  que 
dans  la  région  orientale,  la  capture  de  V  Anthocharis  Euphenoides. 

Je  crois  du  reste  que  sur  le  versant  espagnol,  au  val  d'Arrazas, 
c'est  Feisihamelii  qu'on  rencontre  et  non  Podalirïiis. 

Entre  Gèdre  et  Arrazas,  il  n'y  a  que  l'épaisseur  de  la  chaîne 
pyrénéenne.  Est-il  possible  à  un  Papilio  F eïsthamelii  de  faire 
cette  traversée,  poussé  par  le  vent  du  Sud  ? 

Les  queues  sont  sensiblement  plus  Unes  et  plus  longues  chez 
les  FeïsthaïueUï  barbaresques  et  la  dentelure  des  ailes  inférieures 
est  sensiblement  plus  profonde. 

Il  paraît  intéressant  de  faire  état  de  l'observation  suivante 
que  Herr  Cari  Ribbe  a  insérée  dans  sa  notice  sur  Papilio  Feis- 
tlianielH  (Beitrdgc  zii  eïner  Lepidopteren-F aitna  von  Andahisien, 
Iris,  XXIII,  1909-1911,  p.  iio)  :  ((  Professor  N.  Kheil  bemerkt 
in  seiner  Arbeit  :  Los  Lepidopteros  de  la  Sierra  de  Espuna  ■ — ■ 
Boletin  de  la  Sociedad  Aragonesa  de  Ciencias  naturales,  1910, 
Tomo  IX,  Num.  4,  pag.  106  —  dass  der  typische  Podalirius  nach 
seinen  Funden  im  .Siiden  von  Spanien  in  den  Hochlaendern 
fliegt.  Kheil  irrt  sich,  er  meint  Feisthanielii,  Miegii  oder  Latteri, 
sehr  wahrscheinlich  verwechselt  er  Miegii  mit  dem  typischen 
Podalirius  ». 

Herr  N.  Kheil  n'est  pas  seul  à  avoir  confondu  Miegii  avec  le 
typique  Podalirius.  Je  crois  que  les  Entomologistes  anglais  en 
ont  fait  autant.  Ainsi  Trovey  Blackmore  qui,  dans  The  Entomo- 
logist's  ruonthly  Magazine,  Vol.  VIII,  1871-72,  donne  (p.  228- 
236)  une  List  of  Macrolepidoptera,  Toriricina  and  Tineina  (*) 

(*)  I^a  liste  des  Tortrici)ia  et  l'inciiia  chi  nurd-niiest  du  Maroc  a  été  établie 
d'après  les  chasses  de  Trovey  lîlackmore,  par  II.   T.   Stainton. 


l8  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


observed  and  collected  in  Norlh-West  Morocco  in  iSjo-y i,  com- 
mence-t-il  par  citer,  à  tort  selon  moi,  Papilio  Fodalïrius  comme 
se  trouvant  à  Fez.  Voici  du  reste  la  copie  de  la  notice  intéressant 
le  Papilio  Podaliriits,  écrite  par  Trovey  Blackmore  :  «  The 
variety  Feislliamelii,  Dup.,  occurs  commonly  in  the  spring  at 
Tangier.  I  met  with  the  typical  form  at  Fez.  D""  Hooker  who 
has  this  year  visited  the  Atlas  mountains,  saw  this  species  at  an 
élévation  of  6.000  fect  )>. 


Thais  Rumina,  Linné. 

Paraît  être  assez  abondant  au  Zehroun,  dès  la  lin  de  l'hiver  et 
les  premiers  jours  du  printemps. 

H.  Powell  a  pris  beaucoup  d'exemplaires  à  Mrassine,  dans  la 
région  au  nord  de  Meknès.  L'Espèce  varie  pour  le  développe- 
ment, ou  inversement,  pour  l'oblitération  des  taches  carminées, 
notamment  aux  ailes  supérieures.  Chez  certains  cTcf,  les  taches 
noires  sont  très  étendues  et  confiuentes.  Certaines  Q  Q ,  au  con- 
traire, sont  identifiables  à  la  var.  ornalior,  ab.  ornatisshna  figurée 
par  Charles  Blachier,  sous  le  n"  3  de  la  PI.  20,  dans  le  Bulletin 
Soc.  lépid.  de  Genève  (Vol.  2,  p.  251,  252,  année  191 3). 

La  forme  Canieneri,  qui  se  rencontre  à  Sebdou  et  dont  le 
groiind  colour  est  jaune  d'œiif  un  peu  ocracé,  a  été  trouvée  au 
Maroc  par  H.  Powell,  mais  très  rarement.  La  teinte  ordinaire 
jaune  primevère  du  fond  des  ailes,  au  Zehroun  et  à  Tanger, 
n'est  pas  si  vive,  ni  si  claire  qu'en  Tunisie  (Aïn-Draham).  Cette 
différence  de  coloration  est  sensible,  lorsqu'on  juxtapose  plusieurs 
lignes  d'exemplaires  classés  par  localité. 

La  chenille  est  commune  sur  V Aristolochia  baetica. 

En  mars  1921,  on  trouvait,  dans  le  Zehroun,  des  œufs  et  de 
très  jeunes  chenilles,  parfois  aussi  des  chenilles  pleinement  déve- 
loppées provenant  d'œufs  sans  doute  pondus  en  janvier. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  IQ 

La  couleur  fondamentale  de  la  chenille  de  J haïs  Rumina  est 
d'un  gris  ardoise  plus  foncé  que  chez  la  variété  française  Mede- 
sicas/c. 

De  plus,  ses  tubercules  sont  d'un  rouge  vif. 

Le  i""''  mai  1921,  Harold  Poweli  a  fait  sur  les  chenilles  de  Thaïs 
Rumïna  les  observations  suivantes  : 

<(  La  chenille  de  Thaïs  Riunïna  est  assez  abondante  sur  les 
petits  plateaux  et  les  éperons  à  l'est  de  Mrassine;  elle  varie 
beaucoup  ici,  pour  la  couleur  fondamentale  qui  va  du  blanc  gri- 
sâtre, par  le  gris  clair  et  le  gris  moyen,  au  gris  très  foncé.  Les 
verrues  spinif ormes  varient  aussi  comme  teinte;  elles  sont  d'un 
orangé  plus  ou  moins  rougeâtre  ;  rarement  d'un  rouge  aussi  vif 
que  chez  les  premières  chenilles  trouvées  (et  dont  il  a  été  fait 
mention  ci-dessus).  Mais,  sur  les  segments  thoraciques,  ces  verrues 
sont  rougeâtres  ou  rouge  vif,  même  quand  celles  de  l'abdomen 
sont  pâles.  Les  tra:ts  noirs  du  corps  de  la  chenille  sont  toujours 
très  nets. 

Les  chenilles  dans  les  premiers  stades  ne  quittent  pas  les  plants 
d'Aristoloche  pendant  le  jour;  elles  se  cachent  souvent  à  l'inté- 
rieur de  la  fleur.  Dans  l 'avant-dernier  stade,  elles  s'éloignent 
quelquefois  du  plant,  pour  passer  la  journée.  Arrivées  au  dernier 
stade,  elles  ne  séjournent  que  rarement  sur  l'Aristoloche  pendant 
le  jour,  mais  s'en  éloignent  pour  se  reposer  sur  des  brindilles  ou 
tiges  de  bois  sèches,  ou  bien  encore  sur  des  pierres  du  voisinage. 
Elles  possèdent,  en  somme,  les  habitudes  de  Medcsicaste,  telles 
qu'elles  ont  été  constatées  à  Hyères.  ?) 


20  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


PIERIDAE 


Aporia  Crataegi,  Linné. 

Mrassinc,  en  mai   1921. 

Appartient  à  la  race  géographique  maiiritanica  Obthr.,  figurée 
sous  les  n""  2264,  2265  de  la  PI.  CCLXXIX,  dans  le  Vol.  X  des 
Etudes  de  Lépidopiérologie  c  oui  parée. 

L'Espèce  n'est  pas  très  abondante  au  Maroc,  mais  cependant 
assez  répandue  dans  la  région  montagneuse;  elle  se  trouve  aussi 
en  plaine,  dans  la  région  de  Meknès. 

La  chenille  vit  sur  l'aubépine.  Harold  Powell  a  noté  l'obser- 
vation suivante  : 

«  Trois  chenilles,  pleinement  développées,  ont  été  trouvées  le 
4  avril  1921,  sur  une  aubépine,  au  nord  du  col  de  Bab-Rmila. 
Deux  se  sont  chrysalidées  quatre  jours  après;  la  troisième  che- 
nille était  parasitée  par  des  larves  d'un  Apanteles,  probablement 
.4.  gloinerata.  Les  larves  sont  sorties  de  la  chenille,  qui,  très  dimi- 
nuée de  taille,  est  morte  quelques  jours  après.  Les  larves  ont 
formé  des  cocons  ovoïdes-cylindriques,  jaunes,  d'où  les  mouches 
sont  écloses  le  24  avril.  Une  des  chrysalides  a  développé  une 
teinte  brune  rougeâtre  sur  le  thorax,  vers  le  20  avril  ;  elle  est 
parasitée  aussi,  mais  par  un  autre  parasite.  En  effet,  il  en  est  sorti 
une  larve  de  Diptère,  blanche,  le  25  avril;  celle-ci  s'est  enterrée. 
La  seconde  chrysalide  a  donné  son  papillon,  une  Q,  le  6  mai 
192 1.  » 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  21 


Pieris  brassicae,  Linné. 

Forêt  d'Azrou,  septembre  1920;  Zehroun,  Beni-Amar  et  Mras- 
sme,  de  la  fin  de  décembre  1920  à  avril  192 1.  Tanger  et  Mogador 
(Vaucher). 

Varie  beaucoup  pour  la  taille  et  pour  la  grosseur  des  taches 
noires  chez  la  Q.  La  chenille  a  été  trouvée  à  Beni-Amar,  en 
novembre  1920,  sur  le  câprier.  Les  papillons  qui  sont  issus  de  ces 
chenilles  sont  de  très  petite  taille. 

Les  feuilles  de  câprier  commençant  à  se  dessécher  à  la  fin  de 
l'automne,  les  chenilles  ont  sans  doute  manqué  de  nourriture,  ce 
qui  explique  le  peu  de  développement  des  papillons. 

D'autres  chenilles  de  Pieris  brassicae  ont  été  trouvées  en  abon- 
dance à  Mrassme  en  mars  1921;  elles  étaient  en  grand  nombre 
parasitées  par  V Apanteles  glomerata;  il  y  eut  une  nombreuse 
éclosion  de  papillons  en  avril.  Ceux-là  étaient  de  grande  taille; 
les  chenilles  avaient  vécu  sur  un  Sisynibrmm  et  principalement 
sur  une  crucifère  sauvage  à  larges  feuilles  qui  appartient  proba- 
blement au  genre  Brassica. 

Dans  le  Moyen- Atlas,  la  Pieris  brassicae  était  plutôt  rare,  tandis 
que,  dans  la  plaine  et  au  Zehroun,  elle  paraissait  commune. 


Pieris  rapae,  Linné. 

Foret  d'Azrou,  en  juillet  et  août  1920;  Meknès,  en  décembre 
1920;  Mrassine,  en  mars  et  avril  1921  ;  Tanger  et  Mogador 
(Vaucher). 

La  Pieris  rapae  présente  au  Maroc  deux  formes  saisonnières 
bien  distinctes;  celle  d'été,  d'un  blanc  vif  chez  les  cfcf,  avec  les 
points  noirs  petits,  mais  bien  accentués,  et  l'apex  des  ailes  supé- 
rieures quelquefois  assez  largement  teinté  de  noirâtre.  Les    Q  Q 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


sont  jaunâtres  et  diffèrent  des  cfcf  par  racccntuation  un  peu  plus 
grande  des  taches  noires. 

La  forme  hivernale  et  printanière  se  distingue  de  la  forme 
estivale  par  la  réduction  et  même  l'oblitération,  chez  les  cfcf,  des 
taches  noirâtres  du  dessus  des  ailes.  De  plus,  le  dessous  des 
ailes  inférieures  est  d'un  jaune  clair  moins  vif  que  dans  les 
échantillons  nés  en  été. 

La  Pieris  rapae  est  très  répandue  dans  toutes  les  parties  du 
Maroc  visitées  par  LTarold  Powell. 


Pieris  Daplidice,  Linné. 

Ce  fut  avec  Colins  Edusa  et  Pieris  rapae  une  des  espèces  de 
papillons  que  Harold  Powell  commença  à  voir,  lorsqu'il  se  dirigea 
de  Meknès  à  Azrou,  pour  la  première  fois,  le  24  jum  1920.  La 
Pieris  Daplidice  était  assez  abondante,  mais  sans  exagération.  On 
lira,  je  pense,  avec  intérêt,  le  récit  de  ce  voyage  fait  en  camion 
automobile  et  dont  Harold  Powell  a  noté  les  circonstances  et 
incidents  comme  il  est  rapporté  plus  loin.  Les  moyens  de  trans- 
port au  Maroc  sont  actuellement  variés  et  les  inventions  les  plus 
récemment  réalisées  sont  utilisées,  souvent  avec  une  audacieuse 
témérité,  étant  donné  l'état  rudimentaire  de  nombreux  chemins. 

Voici  donc  comment  s'est  fait  le  premier  contact  de  H.  Powell 
avec  le  terrain  qu'il  se  proposait  d'explorer  : 

((  24  juin  IQ20.  —  M.  Van  Ryswick,  Directeur  à  Meknès  de  la 
Scierie  de  l'Atlas,  m'ayant  très  aimablement  autorisé  à  me  servir 
d'un  camion  partant,  ce  matin,  à  6  heures,  pour  Azrou,  j'ai  fait 
charger  mes  bagages  et  le  matériel  sur  ce  camion-auto  qui  s'est 
arrêté  au  Terminus-Hôtel  à  cet  effet,  et  j'}-  ai  pris  place  avec  mon 
x'Vrabe,  un  ancien  tirailleur,  Moulay-Ali-ben- Ahmed,  lui,  perché 
sur  les  bagages  et  moi  sur  le  siège,  à  côté  du  chauffeur  et  d'un 
jeune  homme  employé  à  la  scierie. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  23 

Il  y  avait  une  forte  brume,  ce  matin,  sur  la  ville  et  la  plaine  de 
Meknès  ;  mais  la  brume  s'est  dissipée  avant  6  heures  ;  pendant 
tout  le  voyage,  qui  a  duré  environ  six  heures,  arrêts  compris, 
l'atmosphère  est  restée  très  limpide. 

Premier  arrêt  à  Kasba-bou-Fekrane,  lieu  de  combat,  qui  fut 
livré,  il  y  a  quelques  années,  afin  de  prendre  de  l'eau  pour  le 
radiateur  et  une  tasse  de  café  pour  les  voyageurs. 

II  y  a  une  petite  baraque  en  bois  servant  de  cantine.  Les  murs 
de  la  Kasba,  peu  élevés,  sont  occupés  par  des  nids  de  cigognes. 
II  y  en  avait  des  quantités,  les  jeunes  cigognes  étant  déjà  presque 
aussi  grandes  que  leurs  parents.  Tout  le  long  de  la  route,  on  a  vu 
des  geais  bleus,  très  abondants  dans  la  région  de  Meknès,  ainsi 
que  les  guêpiers  et  les  petits  oiseaux  de  proie,  éperviers,  etc. 
L'oued-bou-Fekrane  coule  tout  près  de  la  route  à  cet  endroit.  On 
continue  la  traversée  de  la  plaine  de  palmiers  nains,  cultivée  dans 
quelques  bas  fonds  où  de  rares  champs  d'orge  disputent  le  terrain 
rougeâtre  aux  palmiers  nains  iJDoiun'),  jusqu'au  pied  de  la  barre 
rocheuse  qui  borde  cette  grande  plaine  au  sud. 

On  monte  en  biais,  ensuite,  jusqu'au  petit  village  d'El-Hajeb 
(maisons  neuves  et  en  construction,  Kasba,  poste  militaire)  chez 
les  Béni  M'tir. 

Le  village  est  un  peu  en  dessous  du  sommet  du  bord  rocheux 
du  grand  plateau  montant  et  ondulé  qui  se  trouve  au-dessus. 
On  vient  d'y  aménager  une  fontaine  dont  les  eaux  viendront 
d'une  bonne  source  voisine.  Comme  à  Bou-Fekrane,  les  cigognes 
abondent;  les  oiseaux  de  proie  sont  bien  plus  nombreux  et  peu 
farouches  ;  on  voit  de  grosses  espèces,  faucons  et  probablement 
buses,  ainsi  que  de  très  nombreux  éperviers.  .Sur  les  murs  en 
toub  r*)  de  la  Kasbah,  j'ai  vu  plusieurs  exemplaires  d'un  joli 
petit  lézard,  un  peu  plus  trapu  que  le  lézard  des  murailles.  Il  est 
J'un  gris  verdâtre  à  dorsum  recouvert  de  taches  ovales,  dont  le 
centre  est  de  la  couleur  générale,  mais  à  bords  noirâtres. 

Ces  lézards  ne  sont  pas  très  sauvages,  mais  ils  sont  assez  lestes. 

(*)    On  appelle  toiib    les  constructions  en  terre  battue. 


24  LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Je  n'ai  vu  xoler,  à.  la  première  montée,  que  Fieris  Daplidicc, 
Colias  Edusa  et  Fieris  rapae.  Beaucoup  de  chardons  à  fleurs 
jaunes  et  quelques  touffes  de  grands  chardons  à  grands  capitules 
rouges  {onopordon). 

Sur  les  rochers  et  talus  au  bord  du  chemin,  j'ai  remarqué,  se 
chauffant  au  soleil,  quelques  grands  Lacer  ta  ocellata  et  des 
Agama.  Les  Orthoptères,  surtout  des  sauterelles  diverses,  abon- 
daient. Une  grosse  Espèce  lourde,  aptère,  grise  ou  parfois  verte, 
était  très  commune. 

La  chaleur  se  faisait  très  forte  et  nous  sentions  aussi  celle  du 
moteur  qui  chauffait  tellement,  à  la  montée,  que  l'eau  du  radiateur 
se  mettait  à  bouillir  de  temps  en  temps. 

Après  El-Hajeb  (mot  arabe  qui  signifie  le  sourcil),  la  route 
continue  longtemps  à  monter  à  travers  de  légères  collines  sans 
grande  végétation  et  sans  arbres.  Sol  pierreux,  calcaire  avec 
rochers  paraissant  souvent  à  fleur  de  terre.  Tout  est  bien  sec, 
maintenant.  Certaines  Ombcllifères  et  les  chardons  jaunes  et 
rouges  fleurissent,  ainsi  qu'une  Espèce  d'artichaut  sauvage.  J'ai 
vu  voler,  entre  El-Hajeb  et  Ito,  Satyrus  Driseis-major,  paraissant 
très  frais,  Epinephele  Ida,  Fapiho  Machaon,  un  seul  exemplaire 
à  fond  très  pâle,  fortement  chargé  de  noir,  Lycaena.  Icarus,  Fieri<; 
rapae  et  Daplidice,  Lycaena  Agestïs. 

Superbe  vue  sur  la  vallée  de  Tigrigra,  avec  plusieurs  chaînes 
de  hautes  montagnes  en  amphithéâtre  au  S.-O.  et  à  l'ouest,  un 
peu  avant  d'atteindre  Ito,  poste  militaire  dans  une  situation 
rocailleuse  et  aride,  au  bord  du  plateau  dominant  la  profonde  et 
très  large  dépression  parsemée  de  mamelons  et  pitons. 

Il  faisait  chaud  et  calme,  mais  il  paraît  qu'à  Ito  un  fort  vent 
est  de  règle,  ce  qui  ne  surprend  pas,  vu  sa  situation.  Alt.  :  1450  m. 

Il  y  a  une  grande  forêt  à  l'est  (Forêt  de  Djaba)  dont  on  ne 
voit  que  la  lisière  ouest  d'ailleurs  sans  arbres  élevés,  et  plutôt 
broussailleuse. 

Après  Ito,  la  route  descend  en  courbes,  rapidement,  dans  la 
vallée  de  Tigrigra,  au  sud.  De  l'autre  côté  de  la  vallée,  on  a, 
devant  soi,  une  chaîne  recouverte  d'une  belle  forêt  vert  sombre. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  25 


On  aperçoit  une  partie  des  maisons  d'Azrou,  au  pied  de  la 
chaîne,  dans  une  petite  vallée  entre  deux  contreforts.  Sur  la  route, 
nous  croisions  de  nombreux  véhicules,  camions-autos,  automo- 
biles, etc.,  venant  d'Azrou  et  des  postes  plus  avancés  de  la  grande 
route  Impériale  de  Mel-înès  au  Taftlalet.  Des  ânes  et  des  charrettes 
attelées  de  mulets  passaient  constamment,  venant  du  sud.  Ces 
ânes  et  ces  charrettes  transportaient  de  gros  madriers  de  cèdre. 
Les  Indigènes  attachent  un  madrier  de  chaque  côté  de  l'âne  qui 
se  trouve  ainsi  encadré.  Les  Béni  M'tîr,  quoique  à  peu  près  soumis, 
ont  l'air  de  rudes  sauvages.  Il  en  est  de  même  des  fractions  des 
Béni  M'Guild  habitant  la  région  d'Azrou. 

Nous  sommes  arrivés  à  Azrou  vers  13  heures.  J'ai  fait  mon 
repas  de  midi  à  la  petite  cantine-bureau  de  tabac  sur  la  place,  en 
face  le  poste  militaire  ("Service  des  Renseignements).  On  a  com- 
mencé cà  me  dire  qu'il  n'y  avait  rien  à  manger  ;  mais  un  j^êcheur 
arrivant  avec  des  superbes  truites  qu'il  venait  de  prendre  dans  la 
rivière  en  dessous  d'Azrou,  i'ai  eu  la  surprise  et  la  satisfaction  de 
goiiter  ce  poisson  pour  la  première  fois  en  Afrique.  Il  paraît  que 
la  truite  abonde  ici  et  on  la  prend  à  la  ligne  avec  la  plus  grande 
facilité.  Une  personne  n'ayant  aucune  habitude  de  la  pêche  en 
a  pris  40,  il  y  a  deux  ou  trois  jours  ;  certains  sujets  atteignent 
500  grammes.  Aussitôt  après  le  repas,  je  me  suis  rendu  à  la 
scierie,  chez  le  Directeur  sur  place,  M.  Ihoiiveny,  qui  m'a  reçu 
très  aimablement.  Malgré  sa  bonne  volonté,  il  n'a  pu  me  donner 
une  chambre,  les  maisonnettes  de  la  scierie  n'étant  pas  encore 
terminées. 

Je  me  suis  présenté  ensuite,  accompagné  de  M.  Thouveny,  au 
Capitaine  Nivelle,  commandant  le  Cercle  des  Béni  M'Guild. 

M.  le  Capitaine  Nivelle  m.'a  reçu  très  aimablement  et  a  eu  la 
bonté  de  m'offrir  la  chambre  d'hôte  du  Poste,  en  attendant  que 
je  trouve  un  logement  II  a  demandé  à  M.  le  Brigadier  des  Forêts 
s'il  ne  serait  pas  possible  de  me  donner  une  chambre  à  la  Maison 
Forestière.  On  va  faire  la  demande  nécessaire  à  l'Inspecteur  à 
Meknès.  La  question  du  logement  est  des  plus  dures,  à  Azrou.  La 


26  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

chambre  forestière  semble  être  le  dernier  espoir.  Un  petit  hôtel 
est  en  construction,  mais  il  est  loin  d'être  achevé  encore. 

Une  forte  averse  est  tombée  vers  3  heures  Le  ciel  est  reste 
couvert  ensuite  pendant  le  reste  de  la  journée  et  un  vent  très  fort 
du  sud-est  a  soufflé  toute  la  nuit.  » 

En  1921,  la  Pieris  Daplïdïcc  et  sa  variété  Albulïcc  ont  été 
retrouvées  à  la  fm  de  juin  et  surtout  en  juillet,  dans  toute  la 
rég-ion  d'Azrou  et  dans  celle  de  Timhadit.  D'ailleurs  l'Espèce 
semble  répandue  dans  tout  le  Maroc.  M.  Vaucher  la  signale  de 
l'Atlas,  Imi-Tala,  Ourika  et  Mogador. 

La  chenille  vit,  au  Maroc,  sur  le.s  ReseJd  et  notamment  sur  une 
xariété  du  Reseda  luteola,  Linné,  d'après  les  renseignements  obli- 
geamment fournis  par  M.  E.  Jahandiez,  savant  botaniste  établi 
à  Carqueiranne  (Var),  à  qui  nous  sommes  redevables  de  la 
détermination  de  nombreuses  espèces  végétales  marocaines. 
MM.  Jahandiez,  outre  leurs  herbiers,  possèdent  à  Carqueiranne 
de  superbes  collections  de  plantes  vivantes  que  nous  avons 
visitées,  il  y  a  quelques  années,  avec  le  plus  vif  intérêt. 

Harold  Powell  a  été  étonné  de  ne  pas  avoir  rencontré  Pieris 
Dûplidice,  dans  le  Zehroun,  à  la  fin  de  l'hiver  et  au  printemps 
1921. 


Anthocharis  Belia,  Lmné. 

Zehroun  (Mrassine),  en  mars  et  avril   1921 

Tanger  et  jusqu'à  Rabat,  au  printemps. 

Je  l'ai  prise  à  Tanger,  en  mai  1894. 

Cette  brillante  Anthocharis,  messagère  du  prhitemps,  est  com- 
mune au  Maroc,  ainsi  que  dans  une  grande  partie  du  littoral 
algérien;  au  Zehroun,  ce  n'est  point  la  race  Androgyne,  Leech, 
découverte  à  Mogador,  que  l'on  rencontre. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  27 

La  forme  de  Zehroun  paraît  cependant  être  un  peu  plus  grande 
qu'en  Tunisie,  qu'à  Alger,  Lambèse,  Géryville,  etc. 

Les  cfcf  de  Mrassine,  notamment  sont  d'une  taille  assez  sensi- 
blement supérieure  aux  algéro-tunisiens  ;  mais  ils  peuvent  à  peine 
être  considérés  comme  une  transition  entre  Androgyne  et  la  forme 
type.  Les  Q  Q  ne  di  ffèrent  guère  des  Q  Q  algériennes  ;  elles  sont, 
comme  celles-ci,  assez  variables  et  leur  variation  paraît  analogue. 

Dans  la  vallée  de  Ronda,  en  Andalousie,  c'est  Eiiphenoides  et 
non  Belia  qui  vole  au  printemps.  Du  reste,  les  deux  Espèces 
Euphcnoides  et  BcIm  semblent  s'exclure;  tandis  que  Belia  paraît 
être  essentiellement  africaine,  Euphenoides  reste  exclusivement 
européenne,  étant  répandue  en  Andalousie,  en  face  de  l'Afrique, 
et  dans  la  France  méridionale  méditerranéenne, 

On  n'a  jusqu'ici  trouvé  Euphenoides,  ni  en  Corse,  ni  en  Sar- 
daigne,  ni  en  Sicile.  Dans  cette  dernière  île,  et  dans  l'extrême  sud 
de  l'Italie,  c'est  Damone  qui  semble  remplacer  l'africaine  Belia 
et  rhispano-provençale  Euphenoides. 

I-^s  Q  Q  Belia  pondent  sur  Biscutella  l  y  rata  à  fleurs  jaune 
pâle,  comme  les  Q  Q  Euphenoides  déposent  leurs  œufs  sur  Bis- 
cutella laevigata  et  autres  crucifères  du  même  genre,  en  Provence. 

Les  exemplaires  que  je  possède  de  la  variété  Androgyne,  Leech, 
ont  été  pris  à  Mogador,  en  mars  1885.  Ils  se  distinguent  par  leur 
grande  taille.  Les  Q  Q  ont  le  ground  colour  plus  ou  moins  jau- 
nâtre, avec  la  tache  apicale  orange  très  largement  développée, 
mais  jamais  aussi  vivement  colorée  que  chez  le  cf.  H  n'en  est  pas 
moins  vrai  que  cette  variété  Androgyne  est  une  forme  superbe  de 
y Anthocharis  Belia.  Je  pense  qu'elle  est  confinée  au  littoral  sud 
du  Maroc  où  elle  constitue  une  morphe  géographique  remar- 
quable. 

\J Anthocharis  Belia  éclôt  de  bonne  heure.  Le  premier  exem- 
plaire pris  en  192 1  par  Flarold  Powell,  porte  la  date  du  28  février. 
L'Espèce  est  devenue  commune  dans  la  dernière  quinzaine  de 


28  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


mars.  Elle  n'a  pas  été  observée  dans  la  forêt  de  la  Maniora  ; 
mais  c'était  à  la  fin  de  mai  que  Harold  Powell  a  exploré  cette 
localité. 

Il  ne  faut  pas  oublier  que  le  nom  linnéen  Belia  désigne  la  Q  de 
En  plie  no  cf,  Linné;  mais  Bclta  a  été  décrite  avant  Eufheno. 

Pour  terminer  le  renseignement  synonymique  concernant  Belza, 
j'ajoute  que  Doiiei,  Picrret,  désigne  la  même  Espèce. 


Anthocharis  Crameri,  Butler. 

I.a  forme  hivernale  Crameri  éclôt  dans  le  Zehroun  dès  le  mois 
de  janvier  et  vole  jusqu'en  avril  pour  faire  place  à  la  forme 
\crnalc  Esperï  qui  commence  à  paraître  en  avril  et  se  trouve  à 
ce  moment  mélangée  à  la  précédente. 

Beni-Amar,  Mrassine,  Meknès. 

Les  Q  Q  ont  souvent  les  ailes  inférieures,  en  dessus,  comme 
lavées  de  safran;  leur  tache  costalo-cellulairc,  aux  ailes  supé- 
rieures, est  (]iiclqucfois  très  grosse.  Au  Maroc,  c'est  la  race 
Alhamhra  que  l'on  rencontre. 

L'Espèce  est  commune;  son  vol  est  rapide. 

Anthocharis  Belemia,  Esper. 

Zehroun;  paraît  dès  hi  fin  de  décembre  et  vole  jusqu'en  mars. 
D'abord,  c'est  la  forme  hiémale  Belonia  seule;  puis  on  voit  éclore 
la  forme  vernale  Glauce  qui  se  rencontre,  dès  la  fin  de  février, 
avec  Belemia.  Glauce  est  encore  très  fraîche  en  avril  ;  mais  à  ce 
moment  on  ne  voit  plus  de  Belemia. 

Habite  toute  la  région  autour  de 'Moulay-Idnss,  c'est-à-dire 
Mrassinc,  Beni-Amar,  le  plateau  de  Dkrissa,  les  environs  de 
Meknès,  toute  la  région  qui  s'étend  de  Tanger  à  Rabat,  suivant 
les  observations  faites  par  feu  Vaucher. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE  29 

Harold  Powell  a  noté  les  observations  suivantes  sur  les  pre- 
miers états  de  V Anthocharis  Belemia  : 

«  28  mars  IÇ2I.  —  Une  chenille  dans  le  dernier  stade  se  nour- 
rissant des  boutons  et  des  fleurs  d'un  Sisyvibrïuni  à  fleurs  jaunes, 
a  été  trouvée  ce  jour;  cette  chenille  a  la  forme  de  celle  de  Cra- 
meri.  La  tête  est  d'une  coloration  mauve  grisâtre,  parsemée  de 
points  noirs;  chaque  point  porte  un  crin  court,  dont  la  tête  se 
trouve  ainsi  hérissée  ;  la  couleur  fondamentale  du  corps  est  vert 
d'herbe;  la  lig-ne  médio-dorsale  est  d'un  mauve  bleuté;  la  ligne 
suprastigmatale  est  large  et  de  couleur  mauve  rosé;  la  -flange  Une 
est  également  large,  mais  d'un  blanc  pur.  Les  stigmates  noirs  sont 
placés  dans  la  partie  supérieure  de  cette  ligne;  le  clapet  anal  est 
mauve  grisâtre.  Le  corps  est  tout  parsemé  de  petits  points  noirs 
(tubercules  pilifères).  Les  crins  portés  par  ces  points  noirs  sont 
noirs  et  très  courts.  La  surface  ventrale  est  verte 

La  chenille  ci-dessus  décrite  a  donné  son  papillon  le  21  avril. 

26  avril  IÇ21 .  —  Une  petite  chenille  au  début  du  dernier  stade 
a  été  trouvée  sur  la  même  Espèce  de  Sïsymbriuni ;  elle  a  rapide- 
ment grandi  et  s'est  attachée  le  3  mai,  pour  la  chrysalida.tion. 
Cette  chenille  différait  de  la  première  ci-dessus  décrite  en  ce  que 
sa  tête  était  verdâtre,  que  la  ligne  médio-dorsale  était  d'un  vert 
grisâtre  plus  sombre  que  le  groiind  colour  et  que  la  ligne  rosée 
stigmatale  manquait  complètement. 

Chez  la  chenille  attendant  la  nymphose,  la  cordelette  de  sus- 
pension passe  entre  les  second  et  troisième  segments  abdominaux. 

La  chrysalide  de  cette  chenille  n'était  pas  absolument  sem- 
blable à  la  première,  comme  coloration.  Au  début,  elle  s'est 
montrée  d'un  vert  pâle  avec  la  -ftange  Une  blanche  ;  quelques  jours 
plus  tard,  elle  a  pris  une  teinte  gris  verdâtre  sale  qui  paraît  défi- 
nitive (22  mai  1921}. 

Cette  chrysalide  est  morte  à  la  fin  de  juin.  Sans  aucun  doute, 
elle  aurait  hiverné. 


LEPIDOrTEROLOGIE   COMPARÉE 


Une  troisième  chenille  de  V Anihochans  Beleuiia  a  été  trouvée 
le  19  mai  1921,  à  Oued-Djdida,  entre  Meknès  et  Fez,  sur  Sisym- 
hrïinit  tennhïliquDsiiui ;  elle  a  la  ligne  rose  pourpré  médiane  bien 
marquée;  mais  la  ligne  rose  stigniatale  est  très  fine;  elle  est  morte 
en  se  chrysalidant. 

Le  dernier  AnUiocliaris  Glaitce  a  été  pris  le  16  juin  1921,  au- 
dessus  d'El-Hajeb,  à  une  altitude  d'environ  i.ioo  mètres. 


Anthocharis  Charlonia,  Donzel. 

Etait  particulièrement  abondante  aux  environs  de  Marakech 
et  notajnment  sur  la  chaîne  du  Djebilet,  au  nord  de  Marakech, 
en  1920  et  1921,  au  mois  de  mars  (  Ch.  Alluaud). 


Teracolus  Noiina,  Lucas,  et  Teracolus  Lefèvrei,  Obthr. 

Dans  V Exploration  scientifique  de  V Algérie,  H.  Lucas  figure, 
sous  les  n"'  2,  2  a  ç\.  2  b,  en  dessus  et  en  dessous,  V Anthocharis. 
Nouna  cf  et  Q.  Les  anciennes  collections  Boisduval  et  Guenée 
contenaient  ensemble  5  exemplaires  co-types,  dont  la  locahté  pré- 
cise n'est  malheureusement  pas  définie.  Cependant  H.  Lucas  nous 
apprend  {toc.  cit.,  p.  351)  que  cette  espèce  lui  a  été  donnée  par  le 
Colonel  Levaillant;  elle  habite,  dit-il,  les  environs  d'Oran  où  elle 
a  été  découverte  par  cet  officier  supérieur,  pendant  les  mois  de 
juillet  et  d'avril. 

Toujours  est-il  que  la  forme  de  V Anthocharis  Nouna,  en  ces 
derniers  temps,  recueilhe  si  abondamment  dans  la  région  de 
Biskra,  diffère  beaucoup  de  la  forme  ancienne  et  typique  de 
Nouna.  Aussi  feu  Charles  Blachier  a-t-il,  avec  raison,  distingué, 
sous  le  nom  de  var.  Biskrensis,  la  morphe  de  Biskra,  El-Outaya 
et  EhKantaïa. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  31 

Harold  Powell  a  capturé,  en  avril  192 1,  une  Q  tout  à  fait 
semblable  aux  anciens  échantillons,  c'est-à-dire  à  la  forme  type, 
sur  le  plateau  des  Dkrissa,  près  Mrassine. 

Du  reste  Meade-Waldo  a  fait  représenter  2  cfcf  (et  non  un  cf 
et  une  Q,  comme  je  crois  qu'il  le  dit  à  tort)  du  véritable  Nouna, 
sous  les  n°^  8  et  9  de  la  PI.  XIX,  dans  Transactions  of  the  ento- 
iiiolo^îcal  Society  of  London,  1905. 

Quant  à  feu  Charles  Blachier,  il  nous  a  donné,  dans  le  Vol.  II 
du  Bulletin  de  la  Société  entomologique  de  Genève,  la  représen- 
tation de  2  cfcf  marocains,  pris  l'un  (PI.  20,  fig.  6)  à  Imi-Tala 
et  l'autre  (fig.  7)  à  Agagur,  c'est-à-dire  dans  l'Atlas. 

Nous  pouvons  donc  penser,  grâce  à  tous  ces  documents  et  à 
la  Ç)  prise  par  H.  Powell,  que  le  véritable  et  typique  Teracohis 
Notina  se  trouve  aussi,  et  peut-être  surtout,  au  Maroc. 

Mais  il  y  a  au  Maroc  une  autre  et  nouvelle  forme  obtenue 
d'éclosion,  le  12  janvier  1021,  par  H.  Powell  qui  avait  trouvé,  en 
novembre  1920,  la  chenille  sur  les  mêmes  câpriers  qui  nourrissaient 
celles  de  Pie?is  brassicae.  C'est  cette  forme  qui  est  figurée  sous  le 
n"  4401  de  la  PI.  DXXX  du  présent  ouvrage.  Je  l'ai  distinguée 
avec  le  nom  de  Lefévrei,  en  l'honneur  de  M.  le  Commandant 
I.efèvre,  chef  des  renseignements  de  la  région  de  Meknès.  Le 
Teracolus  Lefévrei  cT  se  distingue  par  la  forme  et  par  l'exi- 
guïté de  la  tache  apicale  rouge  orange,  aux  ailes  supérieures,  en 
dessus. 

H.  Powell  a  vu  quelques  exemplaires  à  Azrou,  en  septembre 
1920.  Il  a  réussi  à  prendre  un  seul  exemplaire  frais,  malheureu- 
sement déchiré. 


Zegris  Eupheme,  Esper. 

D'après  le  Commandant  Daniel  Lucas,  deux  exemplaires  se 
rapportant  absolument  à  la  race  espagnole  ont  été  pris  à  Foum- 


32  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Khcreg-,  [)ar   i  Soo  mètres  d'altiludr,  en  mai   1920  {Bulletin  Soc. 
ent.  France,  1920,  p.  254). 

La  capture  de  Zegris  Enphcine  au  Maroc  est  une  des  preuves 
les  plus  démonstratives  de  l'affinité  des  faunes  lépidoptérolo- 
giques  andalouse  et  marocaine.  Plusieurs  autres  Espèces  initia- 
lement découvertes  en  Andalousie  ont  été  retrouvées  au  Maroc; 
mais  ces  Espèces  espagnoles  ne  se  sont  pas  répandues  en  Algérie. 
Du  moins  on  ne  les  y  a  pas  observées  jusqu'à  ce  jour.  Ainsi  en 
est-il  des  Chrysophanus  Gordius,  des  Lycaena  Amanda,  Semi- 
argus,  Dorylas,  des  Salyrus  Aie  y  o  ne  et  Aclaea,  de  Pararge  Maern, 
de  la  Chelonia  Vîllica-Angelica,  de  Y Acidalia  rubellaia,  de  la 
Larentia  Alfacariata,  de  VEubolia  Alfa  caria,  de  la  Maniestra 
Andalusica,  etc.  Cependant  le  Parnassius  A pollo-Nevadensis  et 
VErebia  T ynd aru s-H is pania ,  caractéristiques  de  la  faune  monta- 
gnarde andalouse  des  Lépidoptères,  n'ont  pas  encore  été  trouvés 
au  Maroc.  Je  commence  à  croire  que  le  Parnassius  n'a  pas  traversé 
le  détroit  qui  sépare  l'Andalousie  de  l'Afrique;  mais  je  consi- 
dère encore  comme  possible  la  rencontre  de  V Erebia  Tyndarus  ou 
d'une  autre  Espèce  d' Erebia,  sur  les  pentes  des  hautes  montagnes 
du  Moyen-Atlas,  lorsque  la  zone  montagneuse  présentement  dissi- 
dente, aura  été  soumise  et  qu'on  pourra,  sans  trop  de  risques, 
parcourir  les  Alpes  marocaines  et  s'élever  jusqu'aux  plus  hautes 
altitudes. 

Je  regrette  sincèrement,  pour  mon  excellent  collaborateur 
Harold  Powell,  qui  est  un  Entomologiste  si  enthousiaste  et  si 
sensible  aux  charmes  de  la  Nature,  qu'il  n'ait  pas  joui  du  plaisir 
insigne  de  voir  voler  la  Zegris  Eupheme  dans  les  champs  maro- 
cains. Aux  pages  132-135  du  Vol.  111  de  ces  Etudes,  j'ai  rappelé 
quekjues  souvenirs  personnels  de  la  chasse  à  la  Zegris  Eupheme, 
en  Andalousie,  notamment  dans  cet  admirable  pays  de  Grenade, 
région  enchanteresse  dont  la  vision  merveilleuse  n'a  jamais  cessé 
d'occuper  dans  ma  mémoire  une  place  préférée.  Un  de  nos  plus 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  33 

grands  poètes  a  subi  comme  tant  d'autres  la  séduction  de  Gre- 
nade et  a  consacré,  dans  les  Orientales,  à  la  cité  jadis  arabe,  une 
ode  bien  connue  dont  la  louange  n'a  rien  d'excessif  et  qui  débute 
ainsi  : 

Soit  lointaine,  soit  voisine, 
Espagnole  ou  sarrazine, 
Il  n'est  pas  une  cité 
Qui  dispute  sans  folie 
A  Grenade  la  jolie 
La  pomme  de  la  beauté, 
Et  qui,  gracieuse,  étale 
Plus  de  pompe  orientale 
Sous  un  ciel  plus  enchanté. 

]\Ies  yeux  ne  se  sont  jamais  réjoui  d'un  plus  beau  spectacle 
que  de  celui  offert  par  la  Sierra  Nevada,  dans  sa  blancheur  de 
neige,  les  collines  et  la  verte  plaine  grenadnies  illuminées  par  les 
feux  éclatants  du  jour  et  aperçues  d'une  des  fenêtres  en  marbre 
blanc,  à  ogive  mauresque,  ciselées  et  ajourées  comme  de  la  den- 
telle, dans  une  des  salles  fraîches  et  comme  obscures  d'ombre,  au 
merveilleux  palais  de  l'Alhambra. 

L'évocation  de  la  Zegris  Eupheuie  me  reporte  à  plus  d'un  demi- 
siècle  en  arrière,  aux  jours  heureux  oii  je  chassais  en  Andalousie, 
avec  mon  cher  compagnon  Gaston  AUard  qui  m'a  précédé  dans 
la  tombe. 

Cette  brillante  Zegfis,  au  vol  si  rapide,  passant  comme  un 
météore,  habite  aussi  les  plaines  de  la  Russie  méridionale,  les 
basses  montagnes  de  l'Oural,  l'Asie  Mineure  et  la  Perse. 

Dans  le  Volume  VII  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée, 
la  PI.  CXCIV,  exécutée  d'après  les  aquarelles  de  M"''  Olga  So- 
mine,  illustre  une  fort  intéressante  Notice  qu'écrivit,  au  sujet  des 
races  de  Zegris  Eupheme,  mon  si  digne  et  malheureux  ami,  feu 
Serge  Alphéraky,  mort  à  Petrograd,  le  27  juillet  191 8,  accablé  de 
douleur.  Sa  Patrie  qu'il  aimait  tant,  pour  laquelle  il  avait  fait  de 
si  beaux  rêves  de  gloire  et  de  prospérité  dans  la  victoire  long- 


34  LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

temps  espérée,  se  trouvait  trahie,  opprimée,  ruinée,  ensanglantée, 
martyrisée,  déshonorée  même  par  les  plus  extravagants  et  les  plus 
dangereux  des  fous  qui  sont  en  même  temps  les  idéologues  les 
plus  perfides,  les  tyrans  les  plus  cupides  et  les  bourreaux  les  plus 
cruels  et  les  plus  impitoyables. 

,A  combien  de  nos  joies,  hélas  !  courtes  et  éphémères,  et  de  nos 
deuils,  prolongés  et  durables,  se  trouvent  associés  les  papillons 
que  renferment  nos  collections!  —  J'en  prends  à  témoin  tous  les 
Entomologistes.  - —  En  effet,  d'une  part,  de  quels  magnifiques 
paysages  les  Lépidoptères  rangés  dans  nos  tiroirs  ne  suscitent-ils 
pas  le  radieux  souvenir  ?  Et  d'autre  part,  quels  amis  ils  nous 
rappellent  et  de  quelle  mélancolie  notre  esprit  ne  se  trouve-t-il 
pas  frappé,  lorsque  notre  pensée  se  reporte  vers  tant  de  chers 
disparus  dont  la  perte  nous  est  restée  si  sensible  !  Je  relis  souvent 
encore,  sur  les  étiquettes  fixées  à  l'épingle  des  papillons,  l'écri- 
ture de  tel  ami  qui  n'est  plus  et  qui,  comme  Alphéraky,  a  parfois 
subi  de  douloureuses  disgrâces,  avant  l'heure  de  l'éternel  repos. 
Ma  pensée  se  reporte  vers  eux  ;  je  regrette  de  ne  plus  pouvoir 
jouir  de  leur  présence  aimée;  je  les  recommande  à  la  miséricorde 
du  Très-Haut  et  j'espère  que  nos  âmes  se  retrouveront  un  jour, 
s'il  plaît  à  Dieu,  dans  le  céleste  séjour. 


Colias  Croceus,  Fourcroy  (Edusa,  Fabr.). 

Forêt  d'Azrou  et  diverses  localités  du  Moyen-Atlas,  en  juillet 
et  aoiit  1920.  La  Q  est  quelquefois  de  la  forme  Hélice  et  même 
Helicina. 

H.  Powell  a  capturé  la  Colias  Croceus,  en  avril  192 1,  à  Mrassine, 
et  notamment  une  ç  jaune  assez  curieuse  présentant  sur  l'aile 
supérieure  droite  une  éclaircie  blanche  tendant  partiellement  à  la 
var.  Hélice. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  35 

y'ai  pris,  en  mai  1914,  la  variété  Hélice  voltigeant  sur  la  plage 
de  Tanger  où  je  me  trouvais  en  compagnie  de  feu  Olcèse.  M.  Vau- 
cher  signale  la  Colias  Croceus  {Edjtsa)  de  Mogador. 

Je  pense  que  c'est  du  Maroc  qu'arrivent,  en  été,  jusqu'en 
Bretagne  armoricaine  et  en  Grande-Bretagne,  les  Colias  Croceus, 
émigrant  du  sud  droit  vers  le  nord,  comme  les  Vanessa  Cardui 
et  Pliisia  Ganinia.  Cependant  je  n'ai  pas  eu  connaissance  jus- 
qu'ici d'une  observation  directe  confirmant  cette  présomption. 
11  paraît  utile  de  recommander  cette  question  à  l'attention  des 
Naturalistes  résidant  maintenant  au  Maroc  et  notamment  à  l'Ins- 
titut chériâen  de  Rabat. 

En  192 1,  Harold  Powell  a  observé  la  Colias  Croceus  dans  la 
forêt  de  Mamora,  au  commencement  de  juin,  et  en  nombre  consi- 
dérable, dans  le  Moyen- Atlas,  en  juin  et  juillet.  Le  papillon  volait 
jusqu'aux  cîmes  les  plus  élevées.  Il  y  avait  presque  autant  de  Q  Q 
blanches  {Hélice)  que  de   Q  Q  jaunes. 


Gonepteryx  rhamni,  Linné. 

De  très  grande  taille,  mais  assez  rare  ;  vole,  comme  Cleo  f  air  a, 
pendant  les  beaux  jours  de  l'hiver,  dans  la  région  du  Zehroun. 

Des  exemplaires  très  défraîchis  volaient  encore  à  Mrassine,  en 
avril  1921.  L'Espèce  est  signalée  comme  se  trouvant  aussi  à 
Tanger. 

En  192 1,  une  éclosion  se  fit  au  commencement  de  juillet,  dans 
le  Moyen-Atlas.  Le  papillon  était  assez  abondant  dans  les  clai- 
rières de  la  forêt  de  cèdres,  près  d'Azrou.  Les  Q  o  se  distinguent 
aisément  des  Q  Q  de  Cleopatra;  elles  sont  dépourvues  de  toute 
cette  teinte  rougeâtre  qui  caractérise  Cleopatra  Q.  De  plus,  les 
Q  Q  rhamni  sont  beaucoup  plus  grandes  et  ont  la  falcature  à 
l'apex  des  supérieures  et  au  milieu  du  bord  marginal  des  infé- 
rieures bien  plus  accentuée. 


36  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Gonepteryx  Cleopatra,  Linné. 

Vallée  d'Aïn-Toumliline  (août  iQ2o);  volait,  dans  le  Zehroun, 
dès  la  fin  de  janvier  192 1  et  jusqu'en  mars.  Ce  sont  les  exem- 
plaires qui  ont  passé  l'hiver  et  qui  se  réveillent  aux  premiers  beaux 
jours.  Naturellement  ils  manquent  de  fraîcheur  et  leurs  ailes  sont 
un  peu  usées. 

En  mai  192 1,  à  Mrassine,  des  exemplaires  bien  frais  ont  été 
capturés  par  H.  Powell.  Ils  résultaient  donc  d'une  nouvelle  et 
f  écente  éclosion. 

Il  semble  que  Cleopatra  présente  de  notables  variations  géo- 
graphiques pour  l'intensité  et  le  développement  de  la  coloration 
orangée  sur  le  dessus  des  ailes  supérieures,  chez  le  cT-  En  Algérie, 
la  coloration  orangée  est  faible.  Au  Maroc,  cette  tache  orangée 
du  cf  est  plus  vivement  colorée  qu'à  Sebdou,  mais  moins  qu'en 
Provence.  Les  Cleopatra  marocains  sont  souvent  de  petite  taille. 

En  juin  et  juillet  1921,  la  Rhodocera  Cleopatra,  dans  la  région 
d'Azrou  et  de  Timhadit,  était  plus  abondante  qu'en  1920. 

La  Gonepteryx  Cleopatra  a  été  observée  à  Tanger  et  à  Mo- 
gador  par  feu  Vaucher.  M.  AUuaud  l'a  observée  presque  partout 
où  il  a  voyagé  au  Maroc. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  37 


NYMPHALIDAE 


Charaxes  Jasius,  Linné,  var.  major,  Obthr. 

M.  Vaucher  signale  le  Charaxes  Jasius  comme  habitant  Tanger 
et  y  donnant  une  forme  grande  et  superbe. 

Nous  avons  en  effet  obtenu  declosion,  à  Rennes,  2  Q  g  magni- 
fiques et  d'une  très  grande  taille,  en  juin  1921. 

De  son  côté,  H.  Powell  a  vu  éclore  à  Rabat,  en  mai  192 1,  une 
très  grande  Q  provenant  d'une  des  chenilles  qu'il  avait  trouvées 
à  Mrassine  sur  l'arbousier  qui  est  abondant  en  certaines  places 
voisines  de  la  ville. 

La  chenille  de  Charaxes  Jasius  a  aussi  été  observée  à  Aïn- 
Chanch,  en  novembre  1920.  Elle  n'y  est  pas  commune. 

Une  O  remarquablement  grande  a  été  vue  par  H.  Powell,  le 
31  mai  1921,  planant  le  long  de  l'Oued-bou-Regreg,  à  la  sortie 
des  gorges  de  Khaloua,  à  18  kilomètres  S.-W.  de  Tiflet.  Malheu- 
reusement il  ne  réussit  pas  à  la  capturer. 

Les  Entomologistes  de  l'Ecole  frulistofénennc  ne  manqueraient 
certainement  pas  de  donner  un  nom  distinctif  à  la  forme  maro- 
caine du  Charaxes  Jasius,  seulement  différente,  par  l'agrandisse- 
ment de  ses  ailes,  de  la  forme  provençale.  Pour  leur  éviter  ce  soin, 
désignons  le  Charaxes  Jasius  marocain  par  le  nom  :  major. 


38  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Vanessa  Atalanta,  Linné. 

Tanger,  Mrassinc,  Rabat. 

N'est  pas  commune  au  Marcc  ;  paraît  en  mars,  avril  et  mai. 

La  coloration  rouge  aux  ailes  supérieures  est  assez  terne. 

Vanessa  cardui,  Linné. 

Commune  partout  et  presque  toute  l'année. 

C'est,  avec  Colins  Croceiis  {lidusa)  et  PLnsïa  Gaïuuia,  une  des 
Espèces  de  Léjjidoptères  fréquemm.ent  en  mouvement  de  migra- 
tion. 


Vanessa  Polychloros,  Lniné. 

Tanger  (Vaucher). 

Moyen-Atlas,  en  juin  et  juillet  1921. 

La  Y  ânes  sa  Polychloros,  au  Maroc,  comme  en  Algérie,  appar- 
tient à  la  var.  Eryihromelas,  Austaut  ;  cette  variété  est  de  colo- 
ration plus  brillante  et  plus  foncée  dans  l'Afrique  du  Nord  qu'en 
Europe. 

Vanessa  C  album,  Linné. 

Mrassine,  en  avril  1921. 

Région  de  Timhadit,  Djebel  llayane  et  forêt  d'Azrou,  en 
juillet  1921. 

On  trouve  au  Maroc  la  Y anessa  C  album  semblable  à  la  forme 
européenne  de  la  même  Espèce;  elle  n'y  semble  pas  très  rare  et 
elle  paraît  répandue  dans  une  grande  partie  du  territoire  maro- 
cain;  mais  on   rencontre   aussi   au    Maroc   une   variété  que   feu 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  39 

Ch.  Blachier  appelle  imper fecta  et  qui  fut  initialement  capturée 
à  Tanger  par  feu  Henri  Vaucher.  Il  s'agit  d'ailleurs  d'un  seul 
exemplaire  signalé  dans  les  Annales  de  la  Société  enioniologique 
de  France,  1908,  p.  214. 

Blachier  définit  ainsi  cette  variété  imperfecta  : 
((  Ce  qui  rend  cet  exemplaire  intéressant  (celui  de  Tanger), 
c'est  la  marque  blanche  du  milieu  de  l'aile  inférieure,  en  dessous. 
Au  lieu  d'affecter,  comme  dans  les  exemplaires  normaux,  la  forme 
d'un  C  blanc  bien  dessiné,  cette  marque  est  réduite  à  un  trait  blanc 
arrondi  par  le  bas,  ressemblant  plutôt  à  un  J  ou  à  un  L.  )) 

H.  Powell  a  capturé  plusieurs  échantillons  référables  à  cette 
variété  imperfecta  et  M.  Charles  Alluaud  l'a  recueillie  au  Grand- 
Atlas,  au  fond  du  cirque  d'Arround,  par  2.400  mètres  d'altitude, 
en  juin  1921. 


Argynnis  Pandora,  Esper. 

Forêt  d'Azrou,  fin  juin  et  juillet  1920  et  1921  ;  Tanger  et 
Mogador,  d'après  Vaucher. 

Grand-Atlas,  haute  vallée  de  Reraya,  en  juin  192 1,  par 
1.800  mètres  d'altitude  (Ch.  Alluaud). 

Au  Maroc,  la  forme  est  superbe,  assez  généralement  de  grande 
taille,  avec  le  dessous  des  ailes  supérieures  richement  coloré  en 
carmin  vif  et  quelquefois  en  un  pourpre  violet  d'aspect  très  pro- 
fond et  velouté. 

Le  25  juin  1920,  Harold  Powell  constata  qu'en  dessous  de  la 
région  forestière,  V Ar gynnis  Pandora,  en  exemplaires  très  frais, 
planait  rapidement  sur  les  hauts  chardons  rouges  qui  s'élèvent 
çà  et  là.  Les  exemplaires  ne  paraissent  pas  être  différents  de  ceux 
d'Algérie. 

Les  26  et  27  juin  1920,  il  captura  de  nouveau  des  exemplaires 
à' Argynnis  Pandora,  mais  la  chasse  ne  put  pas  être  de  longue 


40  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

durée  ces  jours-là;  voici  en  effet  les  notes  prises  par  H.  Powell, 
relativement  à  la  température  de  ces  deux  journées  : 

((  Les  matinées  des  26  et  27  juin  1920  ont  été,  dans  chaque  cas, 
très  belles;  les  nuages  se  sont  amoncelés  vers  1 1  heures  et  l'orage 
a  commencé  à  gronder  vers  midi,  le  26,  et  seulement  à  2  heures 
de  l'après-midi,  le  27.  Très  fortes  averses  ensuite,  le  temps  restant 
couvert  avec  pluie  intermittente  jusqu'à  6  ht-urcs  ou  6  h.  1/2  du 
soir. 

Le  27,  l'orage  de  grêle  et  de  pluie,  avec  éclairs  et  tonnerre,  a 
été  très  violent,  accompagné  de  rafales  de  vent  d'ouest.  Le  total 
de  la  pluie  tombée  pendant  les  trois  jours  :  25,  26  et  27  juin,  à 
Azrou,  est  de  54  millimètres. 

Pendant  la  nuit,  le  vent  a  soufflé  fortement,  les  25  et  26,  du  sud, 
le  27,  du  nord-est. 

Temps  chaud  le  matin,  assez  frais  l'après-midi,  frais  le  soir. 

La  pluie  et  le  vent  détériorent  rapidement  les  ailes  des  papillons 
(^t  rendent  infructueuse  la  chasse  aux  Rhopalocères.  » 

En  192 1,  VArgynnis  Pandora  n'était  pas  rare  dans  la  forêt 
d' Azrou.  lî.  Powell  y  a  capturé  un  petit  nombre  de  spécimens  de 
taille  exceptionnellement  réduite,  en  même  temps  que  beaucoup 
d'autres  échantillons  de  grande  taille. 

W^rgynnis  Pandora  s'est  répandue  sur  une  immense  étendue 
de  pays.  Des  montagnes  de  l'Atlas,  elle  a  remonté  vers  le  nord 
jusqu'aux  environs  de  Rennes.  De  l'ouest  à  l'est,  elle  a  été 
observée  depuis  la  presqu'île  de  Quiberon,  où  elle  est  commune, 
jusqu'au  Turkestan. 

C'est  un  magnifique  papillon  dont  la  rencontre  est  toujours 
agréable  à  l'Entomologiste  chasseur. 

La  race  algérienne  a  été  distinguée  par  le  nom  de  Seïtzï, 
Fruhst  ;  ce  nom  de  variété  peut  également  être  appliqué  à  la  plu- 
part des  exemplaires  marocains.  Les  exemplaires  du  Grand-Atlas 
semblent  généralement  être  particulièrement  obscurs  en  dessus. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  41 


Argynnis  Lyauteyi,   Obthr.   (PI.  DXXX  ;  cf,  fig-  4402;    Q, 
%  4403)- 

C'est  une  des  plus  belles  découvertes  entomologiques  de 
H.  Powell.  l'ai  déjà  représenté  en  photographie  VArgj'iin/s 
Lyauteyi  sur  les  Planches  D  et  H  (Volume  XVII,  Planches,  des 
Etudes  de  I.épïdopthcnogie  comparée),  d'après  des  exemplaires 
capturés  en  juillet  1920,  dans  la  vallée  d'Aïn-Toumliline  (Moyen- 
Atlas)  La  description  se  trouve  imprimée  aux  pages  48  et  49  du 
Volume  XVII  précité. 

Il  n'a  pas  été  pris  plus  de  sept  exemplaires  en  juillet  1920; 
Harold  Powell  a  essayé,  en  été  1921,  de  capturer  de  nouveaux 
exemplaires  et  il  y  a  réussi,  mais  pour  un  petit  nombre  de  spé- 
cimens seulement,  à  cause  de  la  difficulté  de  prendre  cette  Espèce 
qui  paraît  d'ailleurs  être  rare  et  localisée.  Elle  se  plaît  dans  la 
vallée  de  Sebbab,  en  un  lieu  très  fourré,  au  fond  d'un  ravin 
rempli  d'églantiers,  de  prunelliers,  de  cytises,  de  vignes  sauvages 
et  de  ronces  énormes,  le  tout  formant  un  massif  de  végétation  très 
compact  et  où  il  est  impossible  de  se  mouvoir.  Il  y  a  pourtant  un 
petit  sentier  sur  la  pente,  au-dessus  du  fond  du  ravin,  d'où  l'on 
peut  apercevoir  les  Argynnis  Lyauteyi  voltigeant  au-dessus  des 
buissons  inextricables  et  inabordables.  Sur  ce  sentier,  on  trouve 
deux  places  par  où  il  est  possible  de  descendre  un  peu  vers  le 
fond. 

C'est  là  qu'en  se  postant  et  en  attendant  les  Argynnis  au 
passage,  H.  Powell  a  pu  capturer  quelques  individus.  Ceux-ci 
volent  comme  Daphne  et  tous  présentent,  sur  le  dessus  des  ailes, 
le  même  caractère  de  coloration  générale  fauve  pâle,  telle  qu'au- 
cune autre  Argynnis  jusqu'ici  connue  n'offre  une  teinte  claire 
semblable  pour  le  gronnd  coloiir. 

Plus  haut,  dans  la  même  vallée,  il  y  a  une  clairière  dans 
laquelle,  cette   année    192 1,   tiarold   Powell   a  pu   prendre   aussi 


42  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

quelques  Argynnis  Lyauteyi  butinant  sur  des  fleurs  de  scabieuses 
et  de  centaurées. 

En  très  peu  de  jours,  l'Espèce  s'est  fanée  et,  vu  l'extrême 
chaleur,  dans  l'espace  de  moins  d'une  seniame,  les  échantillons 
avaient,  presque  tous,  perdu  leur  fraîcheur  et  étaient  déjà  passés. 

En  1920,  Harold  Powell  avait  pris  la  Q  figurée  sous  le  n°  4403 
de  la  PI.  DXXX,  butinant  sur  les  fleurs  du  Tracheliiim)  caeru- 
leum,  près  de  la  cascade  de  Toumliline,  dans  un  site  forestier 
plein  de  fraîcheur  et  d'aspect  très  agréable.  Avec  cette  Q,  volti- 
geaient près  des  fleurs  plusieurs  individus  cfcf.  H.  Powell  réussit 
à  prendre  quatre  échantillons  sur  les  sept  qui  constituèrent  son 
butin  total  de  l'an  dernier.  Cette  année  1921,  en  juillet,  H.  Powell 
se  rendit  à  la  même  place,  mais  les  Trachelium  cacruleiint 
n'étaient  pas  encore  fleuris  et  il  n'y  vit  pas  un  seul  Argynnis 
Lyauteyi. 

On  remarque,  sur  le  dessous  des  ailes  supérieures,  chez  les 
exemplaires  Q  Q  très  frais,  une  sorte  de  lavis  ou  reflet  rose  d'un 
très  agréable  effet,  colorant  légèrement  le  fond  qui  est  d'un  fauve 
clair. 

Les  taches  noires,  sur  le  dessus  des  ailes,  sont  très  grosses  et, 
par  leur  épaisseur,  sont  très  différentes  de  celles  qu'on  remarque 
chez  Aglaja.  Je  ne  connais  aucune  Espèce  d' Argynnis  ayant  les 
taches  noires  aussi  développées. 

Le  dessous  des  ailes  présente,  à  l'apex  des  supérieures  et  sur 
les  inférieures,  un  développement  considérable  des  parties  vertes. 
Les  taches  d'argent  sont  disposées  comme  chez  Aglaja.  Deux  cfcf 
très  frais,  capturés  en  192 1,  ont  le  groiind  coloiir  un  peu  moins 
pâle  que  les  autres  échantillons. 

Un  enseignement  fort  intéressant  résulte,  me  semble-t-il,  de  la 
considération  de  la  faune  lépidoptérologique  marocaine. 

On  remarque,  au  Maroc,  un  fonds  d'Espèces  répandues  en 
Algérie,  dans  l'Europe  méditerranéenne  et  même  plus  an  nord. 


LÉPIDOPTÊROLOGIE    COMPARÉE  43 


dans  le  milieu  de  l'Europe;  mais,  parmi  ce  fonds,  on  distingue 
un  important  contingent  d'Espèces  espagnoles  qui,  même,  n'ont 
pas  encore  été,  toutes,  rencontrées  en  Algérie.  De  plus,  on  observe 
plusieurs  Espèces  d'un  aspect  particulier,  tel  que  rien  d'analogue 
n'aurait  pu,  dans  le  voisinage,  nous  permettre  d'en  soupçonner 
l'existence. 

C'est  ainsi  que  les  Argynnis  Lyauteyi,  Lycaena  Yogelii, 
Coenonyntpha  V  au  c  lie  ri,  Aglaofe  Labo.sï  constituent  des  unités 
spécifiques  d'un  caractère  tellement  spécial  que  nul  Entomolo- 
giste, en  étudiant  les  faunes  des  régions  voisines,  au  nord,  à  l'est 
et  au  sud  du  Maroc,  ne  se  trouvait  fondé  à  en  prévoir  la  décou- . 
verte. 

Que  l'on  rencontre  au  Maroc  plusieurs  variétés  locales  d'Es- 
pèces espagnoles  ou  simplement  paléarctiques,  cela  semble  très 
naturel.  En  effet,  il  est  légitime  de  penser  que  la  latitude  et  le 
climat  peuvent  exercer  une  influence  modificatrice  sur  certaines 
Espèces  de  Lépidoptères,  dans  l'extrême  dispersion  de  leur 
habitat. 

Ainsi  nous  n'éprouvons  nul  étonnement  en  voyant  la  variété 
marocaine  atlantica  de  la  Lycaena  Dorylas  (Hylas),  pas  plus 
que  les  variétés  des  Lycaena  Aniancla  {Jcaniis),  Chrysophaniis 
Gordius,  Satyriis  Alcyone^,  etc. 

La  constatation  de  ces  variétés  géographiques  est  dans  l'ordre 
et  ne  nous  surprend  point. 

De  même,  par  analogie  à  la  découverte  relativement  récente  en 
Algérie  de  Satyridae  de  fin  d'été,  tels  que  :  Hansi,  Sylvicohi, 
Poîvelli,  il  semble  bien  qu'on  était  fondé  à  prévoir  au  Maroc 
l'existence  d'Espèces  à  apparition  tardive,  comme  le  sont  effec- 
tivement les  Saiyrus  Beloîtini  et  Colonibali. 

Il  est  cependant  désormais  incontestable  qu'en  outre  des 
Espèces  communes  à  l'Algérie,  à  l'Andalousie  et  même  à  la 
France,  --  Espèces  d'ailleurs  plus  ou  moins  répandues  dans  la 
région  dite  :  paléarctique,  —  il  existe  au  Maroc  une  faune  de 
création   tout   à    fait   spéciale  et   indépendante   des    faunes   des 


44  LEPIDOPTÉROLOCxIE   COMPARÉE 


régions  voisines.  Cela  constitue  un  fait  scientifique  imprévu  et 
du  plus  haut  intérêt. 

Toutefois  il  est  bien  évident  que  nous  sommes  encore  loin  de 
connaître  toutes  les  Espèces  d'aspect  particulier  et  encore  impos- 
sible à  prévoir,  qui  existent  actuellement  au  Maroc.  En  jugeant 
d'après  ce  que  nous  connaissons  déjà,  nous  sommes  fondés  à 
penser  que  de  nombreuses  et  sensationnelles  nouveautés  lépidop- 
térologiques  seront  plus  ou  moins  prochainement  découvertes 
dans  le  pays  chérifien. 

N'est-ce  pas  la  fortune  d'une  excursion,  forcément  très  rapide, 
qui  a  permis  à  Harold  Powell  de  découvrir  le  Lycaena  Vogelii  et 
\ Aglaope  Labasi  ? 

11  s'en  est  fallu  de  bien  peu  que  ces  deux  Espèces  tout  à  fait 
imprévues  aient  continué  de  nous  rester  inconnues. 

Qui  donc  peut  prédire  ce  que  l'avenir  réserve  aux  Explorateurs- 
Entomologistes  du  Maroc,  lorsque  la  sécurité  sera  suffisamment 
établie  pour  les  voyageurs  chrétiens,  dans  les  montagnes  qui 
restent  encore  insoumises. 

Le  courage  et  l'endurance  de  nos  admirables  soldats,  le  senti- 
ment si  élevé  de  justice,  la  droiture,  le  désintéressement  personnel, 
le  tact,  la  bravoure  généreuse  et  chevaleresque  qui  distinguent  à 
un  si  haut  point  nos  chefs  militaires  et  leur  concilient  le  respect, 
l'estime  et  la  confiance  des  tribus  marocaines;  l'esprit  d'entre- 
prise, la  ténacité,  l'audace,  presque  la  témérité  dans  le  dévoue- 
ment à  leur  idéal,  qui  animent  nos  explorateurs  et  nos  savants, 
nous  vaudront  bientôt  sans  doute  de  nouvelles  et  précieuses 
découvertes  dans  toutes  les  branches  des  connaissances  humaines. 

J'ai  désormais  assez  vécu  pour  pouvoir  me  rendre  compte  du 
magnifique  progrès  qui  deviendra  prochainement  réalisable  — 
du  moins  pour  ce  qui  se  rapporte  au  Maroc  —  dans  les  Sciences 
en  général  et  en  particulier  dans  celle  qui  nous  est  chère  et  à 
laquelle  nous  avons  voué  notre  effort. 

11  nous  est  doux  de  sentir  qu'en  ce  qui  nous  concerne,  c'est-à- 
dire  dans  notre  spécialité  entomologique,  nous  conservons,  tou- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  45 


jours  aussi  fermement,  rintention  d'apporter  une  collaboration 
active  et  agissante  à  toute  entreprise  qui  a  pour  but  d'agrandir 
le  champ  de  nos  connaissances,  notamment  pour  notre  pays  de 
France,  nos  colonies  et  les  pays  où  intervient  notre  protectorat. 

Il  nous  semble  que  nous  travaillons  ainsi  utilement  à  ce  qui 
contribue  au  renom  et  à  l'honneur  de  notre  Patrie  française. 

Lorsqu'on  se  croit  autorisé  à  espérer  qu'on  a  pu  quelque  peu 
réussir  vers  ce  noble  but,  la  satisfaction  qu'on  éprouve  dans  sa 
conscience  ne  constitue-t-elle  pas  la  plus  enviable  et  la  plus  pure 
des  récompenses  ? 


Argynnis  Auresiana,  Fruhstorfer. 

Le  I''''  juillet  1920,  H.  Powell  prit  un  seul  exemplaire  Q  à 
Aghbalou-Larbi  ;  l'Espèce  fut  très  vite  défraîchie. 

Cette  année  1921,  V Argynnis  Auresiana  fut  aperçue  pour  la 
première  fois,  au  commencement  de  juillet,  à  Aïn-Toumliline  et 
au  Douar  de  garde,  dans  la  forêt  d'Azrou.  Vers  le  9  juillet, 
l'Espèce  était  assez  commune  à  Ras-el-Ma,  site  forestier,  notam- 
ment dans  un  ravin  accédant  à  la  prairie  et  dont  les  pentes  sont 
garnies  de  cèdres.  Enfin,  beaucoup  plus  haut,  les  15  et  16  juillet, 
V Argynnis  Auresiana  fut  retrouvée  au  Djebel-Hayane,  une  loca- 
lité dépourvue  d'arbres  et  seulement  parsemée  de  petits  buissons 
de  Cyiisiis  Balansae,  Erinacea  pungens,  Buplevrmn  spinosum,  etc. 

La  race  d'A.  Auresiana  y  est  plus  petite  qu'à  la  forêt  d'Azrou 
et,  considérée  dans  son  ensemble,  cette  Argynnis  Auresiana,  au 
Maroc,  paraît  être  d'un  peu  plus  petite  taille  que  dans  le  Djebel- 
Aurès  (Province  Constantine). 

Le  ground  colour  fauve  tendrait  généralement  à  être  un  peu 
moins  foncé  au  Maroc  que  dans  l'Est- Algérien.  \J Argynnis  Aure- 
siana paraît  préférer  le  calcaire;  elle  a  un  vol  rapide  et  n'est  pas 
facile  à  capturer. 


46  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

M.  Cil.  y\lluaud  a  rcn.x:>ntré  V Argynnis  Aurcsïana  dans  le 
(irand-Atlas,  près  Arround,  dans  un  site  dépourvu  d'arbres,  en 
juin  1921. 


Argynnis  Lathonia,  T. inné. 

l'Orrl  d'/Xz-rou,  en  jinllct,  s<i)t('nihre  el  octobre  1920;  puis  en 
IQ2I. 

(Irand  y\llas,  Il.iutc  Vallée  de  la  Reraya,  juin  1921  (Charles 
Alluaud). 

L'Espèce  est  assez  abondante  partout. 

I.a  forme  OCAri^ynnis  Lalhonia,  au  Maroc,  ne  dilTère  pas  de 
celli-  (]u'on  trouve  communément  en  Europe  et  en  Asie  Mineure. 
Les  Ç)  n  d'arrière  saison  sont  (]uc'i(]urfois  d'assez  grande  taille 
dans  la  région  d'Azrou  el  elles  ont  la  base  et  k  bord  interne  des 
ailes  su]iériein"es,  ainsi  (]uc  le  bord  anal  dc^s  inférieures,  tcMutés  de 
verdâtre. 


Melitaea      Desfontainii,      Codart.     \ar.      Gibrati,      Obthr. 
(PI.   DXXXil,  lio-    4418,  4419,  4420,  4421,  442-'). 

J'ai  figuré,  jiour  la  pr^nuère  fois,  la  Mcl'ilaca  Desfontain'n  cf. 
de  .Sebdou,  st)us  le  n"  12  de  la  PI.  XI.  dans  le  Fascicule  VI  des 
Etiide.s  >r Enioinologit\  et  j'ai  ainplcnicnl  disserté  sur  cette 
intéressante  Espèce  aux  pages  51-51  du  même  ouvrage.  Bien 
longtemps  avant  moi,  Roisduval  avait  liguré,  sous  les  11°"  i  et  2 
d(>  la  PI.  23  (le  VI cônes  h'istoiiqiic  des  Lépidoptères  (Paris, 
librairie  Roret,  1832),  la  g  de  Melïlaea  Desj ontainesi;  malheu- 
reusement Boisduval  lu-  dit  jias  d'où  provient  exactement  le 
papillon  cpii  a  servi  de  modèle  à  la  représentation  publiée  dans 
VI  cônes. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  47 

A  la  page  117  du  texte,  Boisduval  se  borne  à  donner  le  ren- 
seignement de  localité  suivant  :  «  Elle  {Melitaca  Dcsfontainesi, 
sccunduni  Boisduval)  se  trouve  aux  environs  de  (Jadix  et  d'Alge- 
/.iras,  ainsi  que  sur  la  côte  de  Barbarie  où  elle  a  été  découverte, 
d'après  Godart,  par  M.  Desfontaines,  professeur  de  botanique 
et  membre  de  l'Institut  ». 

Comme  la  forme  espagnole  paraît  différente  de  la  forme  algé- 
rienne, il  eilt  été  utile  que  Boisduval  dît  si  la  Q  dont  il  donnait 
la  figuire  venait  d'Andalousie  ou  de  Barbarie. 

Je  n'ai  rien  trouvé  dans  la  collection  Boisduval  cjui  fût  conforme 
à  la  figure  publiée  dans  Ylcones. 

Grâce  au  matériel  espagnol  et  barbaresque  concernant  Melitaea 
Desfuntaïnii,  et  dont  je  dispose,  il  me  semble  que  maintenant  je 
puis  exposer  ce  qui  suit,  avec  quelque  chance  d'établir  une  situa- 
tion probablement  définitivement  exacte  de  la  question. 

La  Melilaea  Dcsi ontaïnïi  du  Maroc  est  intermédiaire  entre  la 
même  Espèce  d'Espagne  et  d'Algérie.  Pour  le  dessous  des  ailes, 
la  forme  algérienne  (Sebdou),  d'ailleurs  plus  petite,  est  colorée 
très  vivement  en  rouge,  avec  les  parties  blanchâtres  sensiblement 
moins  jaunies  que  dans  la  forme  du  Maroc.  La  forme  espagnole 
est  la  moins  vivement  colorée;  elle  a  reçu  le  nom  de  Baetica, 
Rambur.  Sa  caractéristique  se  résume  en  ces  deux  mots  :  'subtiis 
pallidior. 

Quant  à  la  différenciation  entre  la  forme  du  Maroc  et  celle 
d'Algérie,  il  y  a  lieu  tout  d'abord  de  constater  la  supériorité  de 
la  grandeur  des  ailes  chez  les  exemplaires  marocains;  les  taches 
claires,  en  dessus,  sont,  en  proportion  de  la  plus  grande  dimen- 
sion des  ailes,  plus  élargies  dans  la  forme  marocaine  ;  la  teinte 
rouge,  au  Maroc,  est  très  vive,  plus  foncée  et  d'un  ton  de  brique. 
En  dessous,  un  lavis  général  rougeâtre  recouvre,  chez  les  exem- 
plaires marocains,  les  parties  claires  qui,  comme  il  est  dit  ci-dessus, 
restent  plus  blanchâtres  dans  les  échantillons  algériens. 

J'ai  cru  devoir  publier  une  figuration  capable  de  bien  repré- 
senter l'aire  de  variation  dans  laquelle  se  meut  la  superbe  forme 
marocaine  Gïbralï  de  la  Melitaea  Desfoiilainu. 


48  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

En  conséquence,  trois  cfcf,  avec  les  bandes  transverses  des  ailes 
plus  ou  moins  claires  sur  les  deux  faces,  sont  figurés  sous  les 
n'"  4418,  4419  et  4420  de  la  PI.  DXXXIT,  et  deux  Q  Q,  très  diffé- 
rentes pour  l'obscurcissement  du  dessus  des  ailes,  sont  figurées 
sous  les  n'"  4421  et  4422. 

Nous  jugeons  d'après  un  grand  nombre  d'exemplaires  du 
Maroc,  d'Espagne  et  d'Algérie,  servant  à  la  comparaison. 

Ajoutons  que  les  Melitaea  Desfontainiï  du  Maroc  présentent 
les  parties  noires  très  accentuées  et  sensiblement  plus  développées. 

Il  convient  donc  de  distinguer  par  un  nom  la  forme  marocaine 
de  Melitaea  Desfontainii  qui  diffère  sensiblement  des  deux  autres 
jusqu'ici  connues. 

Je  la  dédie  à  M.  le  Capitaine  Gibrat,  chef  du  bureau  des  ren- 
seignements de  Timhadit. 

Cet  officier  fut  particulièrement  obligeant  envers  M.  Harold 
Powell  et  nous  lui  exprimons,  tous  deux,  notre  meilleure  grati- 
tude pour  les  facilités  dont  nous  lui  sommes  redevables  et  le 
progrès  qu'il  a  ainsi  permis  de  réaliser  pour  la  connaissance  de 
la  faune  marocaine  des  Lépidoptères. 

Harold  Powell  a  élevé  la  chenille  et  je  transcris,  comme  suit, 
les  notes  qu'il  a  prises,  relativement  à  la  biologie  de  la  Melitaea 
Gibrati  : 

«  J'ai  remarqué  la  chenille  de  Melitaea  Desfontainii-Gibrati, 
dans  le  Moyen- Atlas,  à  des  altitudes  variant  entre  1.700  et 
2.100  mètres;  elle  vit,  là,  sur  la  Knantia  arvensis  Kock.  Plusieurs 
nids  ont  été  trouvés  dans  la  forêt  d'Azrou  et  aux  environs  de 
Timhadit,  en  juillet  et  août  1920.  Le  18  juillet  1920,  j'ai  aperçu 
de  très  nombreuses  toiles  de  Desfontainii-Gibrati,  recouvrant  les 
feuilles  de  Knaiitia,  dans  le  ravin  qu'on  remonte  pour  atteindre 
le  Djebel  Tisdadine,  au  sud-est  du  poste  de  Timhadit.  Un  essai 
d'élevage  de  chenilles  récoltées,  en  1920,  dans  le  Moyen-Atlas, 
n'a  pas   complètement   réussi;    quelques   chenilles    ont   survécu. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  49 

après  l'hibernation,  jusqu'à  l'avant-dernier  stade,  acceptant, 
comme  nourriture,  une  Scabieuse  commune  dans  le  Zehroun  et 
aux  environs  de  Meknès.  Dans  les  stades  où  une  comparaison  a 
été  possible,  elles  ne  différaient  pas  très  sensiblement  des  che- 
nilles, appartenant  certainement  à  la  même  Espèce,  trouvées  dans 
le  Zehroun,  en  hiver  et  au  printemps  1921,  sur  la  scabieuse  pré- 
citée; mais,  com.me  aucun  papillon  n'a  été  obtenu  de  l'élevage 
des  chenilles  du  Moyen-Atlas  et  comme,  d'autre  part,  je  ne  me 
suis  pas  trouvé  dans  la  haute  montagne  à  l'époque  du  vol  de 
l'imago,  je  ne  puis  dire  si  la  forme  d'A^crou  et  celle  du  Zehroun 
sont  identiques. 

La  forme  de  Desfontainn  à  laquelle  M.  Oberthiir  a  donné  le 
nom  de  Gibratï  a  été  obtenue  dans  le  Massif  du  Zehroun. 
L'Espèce  ne  paraît  pas  être  très  commune  dans  cette  région;  un 
seul  nid  a  été  trouvé  à  Beni-Amar,  en  janvier  192 1  ;  le  2  mars,  à 
Mrassine,  j'ai  trouvé  sur  la  même  plante  un  autre  nid;  j'ai  noté 
à  propos  de  la  chenille  les  observations  suivantes  : 

Le  8  juillet  1920,  dans  la  clairière  du  Douar  de  Garde,  dans 
la  partie  haute  de  la  forêt  d'Azrou,  j'ai  trouvé,  dans  une  touffe 
d' Eîiphorbhi  Inteola,  un  nid  allongé,  compact,  de  soie  blanche, 
renfermant  un  grand  nombre  de  petites  chenilles  que  j'ai  cru,  au 
premier  coup  d'œil,  être  des  Orycestes  ;  mais  un  examen  plus 
attentif  a  démontré  qu'il  s'agissait  d'un  nid  aesti-hivernant  des 
chenilles  d'une  Melitaea,  voisine  d' Aiirinia. 

Un  second  nid  a  été  pris,  le  10  juillet,  à  la  montée  du  petit  col, 
au  sud  du  Douar  de  Garde,  cette  fois  dans  une  touffe  de  Thy- 
melaea  virgata,  et,  ensuite,  j'ai  vu  plusieurs  autres  nids  de  la 
même  Espèce  sur  diverses  plantes  ligneuses. 

La  plante  nourricière  de  ces  chenilles  d'Azrou  est  la  Knaittia 
arvensis  Koch,  Espèce  à  longues  feuilles  simples  ou  dentées, 
hérissées  de  poils.  A  proximité  des  nids  on  trouvait  toujours  une 
hnautia  dont  les  feuilles,  encore  plus  ou  moins  enveloppées  par 
les  anciennes  toiles,  avaient  été  réduites  à  l'état  de  squelette,  par 


50  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

les  chenilles  de  la  Melitaea  dans  leur  jeune  âge,  avant  la  migra- 
tion vers  le  point  oix  elles  se  réunissaient  sous  toile  pour  la  longue 
période  léthargique. 

J'ai  gardé  les  nids  contenant  les  chenilles  dans  des  boîtes  en 
fer-blanc,  maintenant  une  provision  fraîche  de  feuilles  de  la 
Knautia  dans  chaque  boîte,  tant  que  cette  plante  avait  des  feuilles 
vertes;  j'ai  fait  ceci  non  pas  pour  donner  de  la  nourriture  aux 
chenilles,  qui  n'avaient  plus  besoin  de  manger,  mais  pour  éviter 
un  dessèchement  trop  complet.  Le  premier  nid  avait  été  éventré 
et  les  chenilles  exposées  ;  elles  ont  tissé,  dans  la  boîte,  une  nou- 
velle toile  englobant  quelques  feuilles.  J'ouvrais  les  boîtes  assez 
souvent  pour  renouveler  la  provision  d'air  frais.  Lorsque  les  pre- 
mières pluies  de  fin  d'été  sont  tombées,  j'ai  placé  les  boîtes 
ouvertes  de  façon  à  ce  que  les  nids  se  mouillent  un  peu. 

L'humidité  a  fait  sortir  plusieurs  chenilles  des  nids  et  elles  ont 
certainement  bu  de  l'eau  de  pluie,  mais  elles  ne  cherchaient  pas 
à  s'éloigner  de  la  toile.  J'ai  constaté  plusieurs  décès  par  dessi- 
cation,  dans  le  premier  nid  (celui  qui  avait  été  éventré)  et,  avant 
la  fin  du  mois  d'octobre,  plusieurs  autres  chenilles  sont  mortes 
dans  la  même  boîte.  Il  fallait  les  surveiller  d'assez  près  et  retirer 
les  chenilles  mortes  avant  qu'elles  ne  moisissent.  Le  second  nid, 
intact,  paraissait  bien  plus  sain.  Je  n'y  avais  pas  constaté  de  décès 
encore. 

En  arrivant  à  Beni-Amar,  dans  le  Zehroun,  le  9  novembre  1920, 
après  une  période  pluvieuse  d'une  quinzaine  de  jours,  j'ai  trouvé, 
dans  les  champs,  quelques  petites  touffes  de  feuilles  fraîches, 
poussant  sur  les  vieilles  souches  d'une  plante  qui  n'est  pas  la 
Knautia  de  la  forêt  d'Azrou,  mais  qui  me  semble  identique  à  une 
Scabieuse  très  commune  dans  les  champs  de  Provence. 

Mettant  des  feuilles  fraîches  dans  les  boîtes  que  j'exposais  au 
soleil,  j'ai  remarqué  que  plusieurs  chenilles  sont  sorties  du  nid  et 
que  quelques-unes  ont  même  commencé  à  manger  un  peu,  en  per- 
forant les  feuilles.  Mais  cela  ne  se  passait  que  pendant  les  mati- 
nées chaudes  et  ensoleillées  et  la  proportion  de  chenilles  disposées 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  51 

à  manger  était  bien  petite  ;  les  autres  se  promenaient  sur  la  toile, 
ne  se  nourrissant  pas,  et,  dès  qu'il  commençait  à  faire  froid, 
l'après-midi,  toutes  rentraient  de  nouveau  sous  la  toile. 

Beaucoup  de  décès  se  sont  produits  dans  la  boîte  contenant  le 
premier  nid,  en  novembre  et  en  décembre,  même  parmi  les  che- 
nilles qui  avaient  commencé  à  s'alimenter.  Dans  l'autre  nid,  très 
peu  de  chenilles  sont  mortes.  En  décembre,  trois  chenilles  du 
premier  nid  sont  mortes  à  la  suite  de  la  sortie  de  larves  parasites, 
hyménoptères.  Une  seule  larve  est  sortie  de  chacune  de  ces  trois 
chenilles;  elles  ont,  de  suite,  tissé  un  cocon  cylindro-ovoïde  épais, 
de  soie  blanche,  ayant  o'"0045  de  longueur.  Ces  cocons  sont  sem- 
blables à  ceux  des  Apanteles.  Les  chenilles  ont  certainement 
hébergé  le  parasite  depuis  le  mois  de  juillet  dernier,  au  moins. 
Le  second  nid  n'a  pas  eu  de  chenilles  parasitées.  En  décembre, 
j'ai  transféré  les  deux  nids  à  une  cage  contenant  une  provision 
de  Scabieuses  à  tiges  plongeant  dans  l'eau;  j'exposais  cette  cage, 
chaque  jour,  lorsque  le  vent  et  la  pluie  le  permettaient,  sur  ma 
terrasse.  Bon  nombre  de  chenilles  se  sont  mises  à  manger,  en 
décembre,  et  elles  continuaient  à  se  nourrir,  un  peu,  les  jours  de 
beau  temps  ;  mais  presque  la  moitié  des  chenilles  ne  cherchait 
pas  à  manger  encore.  Il  est  à  peu  près  certain  que,  dans  leur 
localité  d'origine,  à  environ  1.750  mètres  d'altitude,  ces  chenilles 
seraient  encore  —  et  pour  longtemps  —  en  période  léthargique, 
le  haut  de  la  forêt  d'Azrou  étant  souvent  sous  la  neige,  en  cette 
saison.  La  chenille  ne  mue  pas  avant  de  commencer  à  manger, 
après  la  période  léthargique,  mais  sa  couleur  fondamentale  de 
jaunâtre  devient  grise  quand  elle  a  pris  pendant  quelques  jours 
de  la  nourriture. 

Le  4  janvier  1921,  à  Beni-Amar  (Zehroun),  mon  petit  aide, 
Arafa,  a  découvert  sous  les  oliviers,  à  côté  du  sentier  qui  va  de 
Beni-Amar  à  Srirat,  un  groupe  de  chenilles  Melitaea  dans  une 
touffe  de  Scabieuse.  Ces  chenilles  me  paraissent  être  de  la  même 
Espèce  (sinon  de  la  même  morphe)  que  celles  trouvées  en  haut 
de  la  forêt  d'Azrou.  Les  chenilles  venaient  d'abandonner  leur  nid 


52  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

aesti-hivernal  et  s'étaient  protégées  avec  une  toile  lâche,  au  milieu 
des  feuilles  vertes.  Elles  avaient  commencé  à  se  nourrir,  mais  la 
touffe  portait  très  peu  de  traces  de  leurs  dégâts.  Elles  se  trou- 
vaient, encore,  dans  le  stade  aestival  (je  crois  que  ce  stade  est  le 
troisième),  mais  elles  sont  presque  deux  fois  plus  volumineuses 
que  celles  provenant  d'Azrou;  j'attribue  ce  fait,  non  pas  entiè- 
rement à  la  nourriture  qu'elles  ont  pu  prendre,  depuis  leur  réveil, 
mais  plutôt  au  fait  que,  étant  exposées  aux  chutes  de  pluie  et  à 
l'humidité  nocturne,  elles  ont  dû  moins  souffrir  de  la  sécheresse, 
pendant  l'automne,  que  les  chenilles  que  j'ai  gardées  si  longtemps 
en  boîtes.  J'ai  placé  ce  nouveau  nid  dans  une  boîte  bien  aérée 
avec  une  provision  de  feuilles  fraîches  souvent  renouvelée. 

Toutes  les  chenilles  du  nid  de  Beni-Amar  mangent  chaque 
matin,  au  soleil. 

Le  1/  janvier,  quelques  chenilles  de  cette  couvée  avaient  passé 
la  mue  post -hivernale.  Dans  le  nouveau  stade  (le  quatrième)  elles 
sont  complètement  noires,  tête,  corps,  épines,  poils  et  pattes  (*). 
Presque  toutes  les  autres  chenilles  de  la  couvée  se  trouvent  en 
période  de  mue,  groupées  sur  et  sous  la  toile. 

Le  i*""  février  1921,  presque  toutes  les  chenilles  de  la  couvée 
de  Beni-Amar  se  trouvent  dans  le  nouveau  stade  (quatrième  ?). 
Leur  mue  a  été,  sans  doute,  retardée  par  le  fait  qu'elles  sont 
restées  enfermées  dans  l'obscurité  et  au  froid  pendant  huit  jours 
(du  18  au  25  janvier),  pendant  mon  absence,  à  Meknès  et  à 
Mrassine.  Le  temps  n'est  pas  très  beau  et  il  fait  froid,  sauf  en 
plein  soleil;  dès  lors  les  chenilles  ne  sont  pas  très  actives;  elles 
mangent,  cependant,  presque  chaque  matin. 

Les  chenilles  d'Azrou  ont  également,  pour  la  majorité,  passé 
la  mue  post-hivernale.  Elles  sont  semblables  à  celles  de  Beni- 
Amar,  mais  toujours  plus  petites. 

(*)  Les  épines  porte-crins  sont  d'un  noir  plus  intense  que  le  corps  et  sont  br.l- 
hmtes;  il  y  a  un  semis  d'atomes  blanchâtres,  sur  la  surface  dorsale,  peu  apparent  à 
l'œil  nu.  On  remarque  une  ligne  médiodorsale  d'un  noir  un  peu  plus  foncé  que 
le  fond  ;  cette  lif^ne  se  voit  mieux  chez  les  chenilles  d'Azrou  que  chez  celles  de 
Heni-Amar.   Ceci  a  rajiport  au  stade  pust-hivernal. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  53 


Pour  la  mue  post-hivernale,  la  peau  se  fend  sur  le  dos  des 
segments  thoraciques  et  la  fente  s'étend  jusqu'en  dessous  des 
segments,  le  plus  souvent,  mais,  en  tout  cas,  la  tête  reste  fixée  à 
la  dépouille  par  une  lanière  portant  les  pattes;  l'écusson  n'est  pas 
entamé  et  reste  en  place,  derrière  la  tête;  les  segments  abdomi- 
naux de  la  vieille  peau  restent  intacts  et  même  la  peau  du 
troisième  segment  thoracique  n'est  pas  toujours  fendue,  me 
semble-t-il;  mais  elle  se  trouve,  ensuite,  repliée,  plus  ou  moins, 
contre  celle  du  premier  segment  abdominal.  La  dépouille,  en  ce 
qui  concerne  les  segments  abdominaux,  reste  gonflée,  quoique 
réduite  en  longueur,  après  la  sortie  de  la  chenille  par  la  déchirure 
des  segments  thoraciques.  J'ai  remarqué  que  la  dépouille  aesti- 
hivernale  restait  également  gonflée  dans  le  cas  de  certaines  che- 
nilles de  Zygaena  et  de  Lycaena  ayant  un  stade  très  prolongé. 
La  peau  qui  les  protège,  pendant  une  partie  de  l'été,  l'automne 
et  une  partie  de  l'hiver,  paraît  être  plus  résistante  que  celles  des 
stades  courts. 

4  février  iç2i.  —  Hier,  par  un  beau  soleil  et  une  température 
douce,  les  chenilles  ont  bien  mangé  et  en  ont  profité.  Aujourd'hui, 
le  temps  est  doux  et  humide;  les  chenilles  m^ontrent  de  l'activité. 
Quelques-unes,  appartenant  aux  groupes  d'Azrou,  ainsi  qu'un 
petit  nombre  de  celles  de  Beni-Amar,  n'ont  pas  encore  passé  la 
mue  post-hivernale. 

/f  mars  iç2i.  —  Les  chenilles  du  nid  d'Azrou  progressent  d'une 
façon  très  inégale.  Beaucoup  d'entre  elles  se  trouvent  encore  dans 
le  stade  hivernal,  mais  presque  toutes  se  montrent  hors  du  nid 
lorsque  le  soleil  chauffe  leur  cage.  Plusieurs  sont  dans  le  stade 
post-hivernal  et  quelques-unes  se  trouvent  dans  le  stade  suivant, 
qui  doit  être  l' avant-dernier. 

Les  chenilles  du  nid  de  Beni-Amar  sont  dans  le  stade  post- 
hivernal, pour  la  grande  majorité,  mais  un  certain  nombre  d'entre 
elles  ont  mué  encore  et  se  trouvent  dans  l' avant-dernier  stade. 
Elles  ne  changent  pas,  sensiblement,  d'apparence  à  cette  mue.  La 


54  LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

peau  reste  noire;  la  tête  et  les  \'crrues  épineuses  aussi;  comme 
dans  le  stade  post-hivernal  la  peau  est  pointillée  de  petites  taches 
blanchâtres,  mais  ces  points  me  semblent  moins  apparents  que 
chez  la  chenille  d' Aurinia-Provincialis  d'Hyères,  etc. 

Le  2  mars,  j'ai  trouvé  un  nid  post-hivernal  de  chenilles  de  la 
même  Espèce,  au  bord  d'un  sentier,  sur  un  éperon  de  montagne, 
à  l'est  de  Mrassine  (versant  sud  du  Zehroun),  dans  une  des 
rares  localités  où  croît  la  Scabieuse,  en  cette  région.  Ces  chenilles 
étaient,  presque  toutes,  arrivées  à  la  hn  du  stade  post-hivernal ., 
elles  se  reposaient,  au  soleil,  en  attendant  la  mue,  sur  leur  toile, 
qui  recouvrait  légèrement  les  feuilles  d'une  Bryonïa,  à  proximité 
des  plants  de  Scabieuse. 

Après  la  mue  qui  les  amène  dans  l'avant-dernicr  stade,  les 
chenilles  se  dispersent,  plus  ou  moms  complètement,  et  vont  cher- 
cher leur  nourriture  même  loin  du  point  où  la  mue  a  eu  lieu;  j'ai 
trouvé  quelques  chenilles  sur  des  Scabieuses,  à  une  quinzaine  de 
mètres  de  la  toile  sur  laquelle  elles  avaient  passé  la  mue.  J'ai  pris 
une  trentaine  de  ces  chenilles;  de  l'une  d'elles,  dans  le  stade 
post-hivernal,  sont  sorties  cinq  larves  d' Apanteles  qui  ont  aus- 
sitôt formé  leurs  cocons  ovoïdes-cylindriques  blancs.  Je  ne  pense 
pas  que  ce  parasite  soit  le  même  que  celui  dont  la  larve  vit  isolé- 
ment dans  les  chenilles  aesti-hivernantes  de  la  forêt  d'Azrou. 

2"/  mars  igzi.  —  T.es  Apanteles  parasites  des  chenilles  de 
Mrassine  ont  donné  leurs  imagines  entre  le  20  et  le  26  mars. 

Deux  chenilles  de  Beni-Amar  se  sont  chrysalidées,  l'une  le 
25  mars,  l'autre  le  27  mars;  d'autres  chenilles  se  suspendent 
(27  mars). 

Les  chenilles  provenant  des  nids  récoltés  à  Azrou  ont  mal 
tourné.  Presque  toutes  se  sont  desséchées  dans  le  courant  du  mois 
de  mars. 

Au  lieu  de  monter  sur  les  feuilles  de  Scabieuse,  dont  je  main- 
tenais une  provision  fraîche  dans  la  cage,  elles  restaient  enroulées 
en  cercle,  au  fond  de  la  cage,  et  se  desséchaient  lentement.  Ceci 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  55 

me  semble  curieux,  puisque  beaucoup  de  ces  chenilles  s'étaient 
mises  à  manger  en  janvier,  après  leur  longue  période  de  repos 
aesti-hivernal,  et  quelques-unes  se  trouvaient  au  début  de  l' avant- 
dernier  stade,  dans  les  premiers  jours  de  mars. 

Le  26  mars,  j'ai  aperçu  quelques  chenilles,  dans  le  dernier 
stade,  dispersées  sur  les  plants  de  la  Scabieuse,  près  du  point, 
à  l'est  de  Mrassine,  où  j'ai  trouvé  un  nid,  le  2  mars.  Elles  avaient 
presque  atteint  leur  complet  développement. 

2  avril  IÇ2I.  —  J'ai  l'habitude  de  placer  la  cage  contenant  les 
chenilles  de  Melitaea  au  soleil,  les  jours  de  beau  temps;  un  jour, 
vers  la  fin  du  mois  de  mars,  j'ai  trouvé  presque  toutes  les  che- 
nilles au  fond  de  la  cage,  où  elles  se  tordaient  et  crachaient  un 
fluide  jaunâtre;  je  les  croyais  atteintes  d'une  maladie  que  je  ne 
connaissais  pas.  Le  lendemain  les  chenilles  allaient  mieux  et,  pour 
la  plupart,  elles  étaient  remontées  sur  le  plafond  de  la  cage.  Les 
jours  suivants,  toute  trace  de  cette  maladie  a  disparu  et  les  che- 
nilles se  sont  remises  à  manger  avec  voracité. 

Je  pense  que  la  cage  avait  trop  chauffé  au  soleil  et  que  les 
contorsions  et  vomissements  avaient  été  occasionnés  par  la  chaleur 
excessive. 

Il  s'agit  seulement  des  chenilles  de  Beni-Amar  et  de  Mrassine. 

Les  dernières  chenilles  d'Azrou  sont  mortes  dans  la  première 
quinzaine  d'avril;  depuis  longtemps  elles  ne  faisaient  aucun  pro- 
grès, ne  mangeaient  plus  ou  presque  plus  et  restaient,  enroulées, 
au  fond  de  la  cage.  Celles  de  Beni-Amar  et  de  Mrassine  se  sont 
chrysalidées  toutes,  avant  le  5  mai,  à  l'exception  d'une  seule 
retardataire  et  de  quelques  chenilles  mortes  à  la  suite  de  la  sortie 
de  larves  A\^fanieles.  La  masse  principale  s'est  chrysalidée  vers 
le  20  avril.  Presque  toutes  ces  chrysalides  ont  été  envoyées,  par  la 
poste,  à  Rennes.  Les  premières  imagines  rencontrées  en  liberté  ont 
été  prises  le  12  avril,  dans  un  vignoble  en  pente,  en  arrière  du 
premier  éperon  à  l'est  de  Mrassine. 


56  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Le  vignoble  en  question  n'a  pas  été  labouré  cette  année  et  il 
se  trouve  recouvert  d'une  végétation  dense  et  basse,  composée 
largement  de  Soucis  (Calendula  Algeriensis,  Boiss.  Rent.)  et  de 
la  petite  Valerianée  (Fedia  cornucopiac  L.)  à  fleurs  rose  foncé, 
de  Composées,  de  1'  <(  Oguefa  »  {Scorpmrus  sulcata  L.)  et  de 
Liserons  bleus  et  roses.  C'est  la  seule  localité,  pour  Desfontainïï- 
Gibrati,  que  nous  avons  trouvée  dans  les  environs  de  Mrassine. 
Presque  tous  les  matins,  quand  le  temps  était  beau,  on  pouvait 
prendre  3  ou  4  exemplaires  du  papillon,  dans  ce  champ.  L'en- 
droit où  nous  avions  trouvé  les  chenilles  est  à  environ  300  mètres 
du  champ,  mais  je  n'ai  jamais  vu  le  papillon  à  la  place  occupée 
par  les  chenilles,  tandis  que,  dans  le  vignoble,  on  prenait,  parfois, 
des  individus  très  récemment  éclos  et  à  peine  assez  secs  pour 
voler. 

Le  4  mai,  il  y  avait  encore  quelques  spécimens  fraîchement 
éclos  et  plusieurs  en  état  passé  ont  été  observés,  ce  jour-là.  La 
forme  est  grande  et  richement  colorée.  Nous  n'avons  pas  capturé 
Desfontainu-G'ibrat'i  plus  tard  que  le  4  mai. 

Revenant,  le  8  mai,  dans  sa  localité  de  Mrassine,  nous  avons 
constaté  que  le  marocain,  propriétaire  du  vignoble,  bêchait  son 
terrain  et  faisait  disparaître  l'épais  tapis  de  plantes  basses  qui 
le  recouvrait. 

Dans  les  oliveraies,  près  de  Moussaoua,  j'ai  remarqué  des 
plants  de  la  Scabieuse,  mais  aucune  trace  de  la  chenille  de  Des- 
font ainii-Gibrati.  Les  quelques  chrysalides  que  j'ai  gardées  n'ont 
pas  donné  d'imaginés.  Ces  chrysalides  ont  dû  souffrir  du  voyage 
à  dos  de  mulet,  de  Mrassine  à  Meknès,  au  moment  oii  la  matu- 
ration se  trouvait  déjà  assez  avancée.  Une  bonne  série  de  papillons 
a  été  obtenue  des  chrysalides  envoyées  à  Rennes.  » 

Description   de  la  chenille  dans  le  dernier  stade. 

Largeur  de  la  tête,  o  m.  003;  longueur  de  la  chenille  à  la  fin 
du  stade,  o  m.  03  à  o  m.  035. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  5/ 


La  tète  est  d'un  noir  brillant;  le  sillon  divisant  les  lobes  du 
crâne  est  bien  accusé  et  assez  profond. 

Les  lobes  sont  hérissés  de  poils  noirs,  fins  et  relativement  longs. 

La  surface  du  corps  est  d'un  noir  mat  tournant  au  brun  enfumé 
de  noir  sur  la  surface  ventrale. 

La  surface  dorsale  porte  de  nombreuses  petites  taches  arron- 
dies, blanches. 

Ces  taches  sont  plus  grandes  sur  l'aire  médiane,  plus  petites 
sur  l'aire  sous-médiane;  dans  la  région  stigmatalc,  elles  sont  plus 
grandes  et  plus  claires  que  partout  ailleurs  et  elles  forment  une 
large  bande  blanchâtre  tout  le  long  de  la  chenille.  Les  taches 
blanches  sont  bien  séparées  les  unes  des  autres  et  ne  paraissent 
jamais  entrer  en  confluence;  au  milieu  de  chaque  tache,  s'élève 
un  très  fin  et  très  court  crin  noirâtre,  visible  seulement  à  la  loupe. 
Les  taches  blanches  sont  plus  rares  sur  la  surface  ventrale.  Une 
grande  tache  d'un  blanc  sale,  aux  bords  irréguliers,  marque  *le 
centre  ventral  des  incisions  entre  les  segments  abdominaux  2-3, 
3-4,  4-5,  5-6,  ;-8  ;  elle  est  divisée,  au  milieu,  par  une  ligne  de  la 
teinte  du  fond.  Les  verrues  principales  sont  représentées  par  des 
projections  spiniformes  très  développées,  de  forme  conique  étirée; 
ces  épines  sont  d'un  noir  brillant;  leur  base,  un  peu  élargie,  repose 
sur  un  renflement  arrondi  de  la  peau.  Les  épines  ont  environ 
O'"ooi5  de  longueur,  mais  certaines  atteignent  presque  2  milli- 
mètres. Chaque  épine  est  pourvue  de  nombreux  crins  noirs,  re- 
dressés, ayant  de  la  moitié  aux  deux  tiers  de  la  longueur  de 
l'épine  elle-même. 

Les  segments  abdominaux  possèdent  une  épine  médiodorsale, 
un  peu  moins  développée  que  les  autres;  cette  épine  manque  sur 
les  segments  mesothoracique  et  metathoracique. 

La  plaque  prothoracique,  comprimée  transversalement,  semble 
formée  par  une  agglomération  de  tubercules  noirs  portant  des 
crins  noirs;  en  dehors  de  la  plaque  ou  écusson,  le  segment  pro- 
thoracique possède  une  courte  épine  noire  préstigmatale  et  une 
seconde  sur  la  base  de  la  patte;  les  deux  segments  thoraciques 


58  LÉPIDOPTÉROLOG-IE   COMPARÉE 

suivants  ont  deux  épines  rudimentaire?  à  la  base  de  la  patte. 
Le  prcnner  segment  abdonunal  n'a  qu'une  seule  épine  rudimen- 
taire  dans  l'alignement  de  celles  de  la  base  des  pattes  des  seg- 
ments thoraciques,  mais  le  second  segment  abdominal  en  a  deux, 
ainsi  que  les  segments  suivants  jusqu'au  sixième  inclus;  le  hui- 
tième seg-ment  abdominal  n'a  qu'un  minuscule  point  pilifère  dans 
le  même  alignement. 

Les  stigmates  sont  ovales,  noirs,  ressemblant  passablement  à 
un  grain  de  café  dont  le  sillon  central  serait  d'un  blanc  enfumé; 
ils  sont  encerclés  de  blanc  sale. 

Comparant  une  chenille  soufflée  de  Melïtaea  Desfontaïnn  var. 
Gibrati  (dernier  stade)  avec  deux  chenilles  soufflées  (également 
dans  le  dernier  stade")  de  Melïtaea  Aur'mïa,  de  Paris,  je  constate 
les  différences  suivantes  : 

Taille  très  sensiblement  plus  petite  chez  Aiirinia  (o"'0285  et 
o"'0  5i  de  longueur  totale,  respectivement,  contre  o'"04  pour 
Gibrali;  o"'oo22  et  o™oo23  de  largeur  de  tête,  respectivement, 
contre  o'"oo3  chez  Gibrati). 

Les  taches  blanches  sont  plus  pures  et  beaucoup  plus  grandes 
chez  Aiirinia;  la  bande  stigmatale  blanche  est  beaucoup  plus 
apparente  et  les  taches  qui  la  forment  sont  souvent  confluentes 
chez  Aiiïinia.  Présence  d'une  double  ligne  ventrale  blanche  inté- 
ressant même  la  base  des  pattes  et  nullement  entrecoupée,  chez 
Aurinia.  Le  ground  colour,  chez  Aurinia,  est  d'un  brun  un  peu 
enfumé  de  noir;  les  épines  sont  d'une  teinte  brun  noirâtre  et  elles 
sont  relativement  bien  moins  longues  que  chez  Gibrati.  La  che- 
nille de  Gibrati  est  certainement  plus  voisine  de  celle  de  la  variété 
dWnrinia  ProvinciaUs,  du  sud-est  de  la  France,  que  ô.' Aurinia 
des  environs  de  Paris. 

La  chenille  de  Melïtaea  Desfontainii-Gibrati  se  nourrit  et  se 
meut  le  jour.  Dans  le  stade  post-hivernal  et  dans  l'avant-dernier 
stade,  les  chenilles  se  réunissent  sous  leur  toile  pour  la^nuit  et 
lorsque  le  temps  est  mauvais;  elles  commencent  à  sortir  dès  que 
le  soleil  les  a  un  peu  réchauffées,  le  matin,  et  se  mettent  à  manger 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE  .  59 

assez  rapidement  ;  leur  appétit  se  développant  au  fur  et  à  mesure 
qu'elles  grandissent.  Elles  aiment  à  se  réchauffer  aux  rayons 
directs  du  soleil,  étendues  immobiles  sur  les  feuilles  ou  les  tiges, 
du  moins,  dans  la  matinée 

L'activité  dmrne  est  conservée  daris  le  dernier  stade;  mes  che- 
nilles en  captivité  montaient  se  reposer  au  sommet  de  leur  cage, 
pour  la  nuit;  elles  tissent  constamment  en  marchant  et  il  devient 
nécessaire  d'enlever,  de  temps  en  temps,  la  toile  blanche  qui 
s'accumule  sur  le  grillage  et  qui  finit  par  interrompre  la  circula- 
tion d'air.  C'est  au  plafond  de  la  cage  qu'elles  tissent  la  petite 
bourre  de  soie  à  laquelle  elles  se  suspendent  pour  la  chrysali- 
dation. 

La  chrysalide  a  la  forme  de  celle  d'A/irima;  sa  taille  est  plus 
grande,  naturellement.  Sa  couleur  fondamentale  est  blanchâtre, 
les  incisions  intersegmentales  étant  d'un  gris  pâle.  Comme  chez 
Aiirinia,  la  chrysalide  est  tachetée  de  noir,  mais,  tandis  que,  sur 
les  ptérothèques,  les  taches  sont  moins  nombreuses  pour  Anrïnia, 

—  celles  du  centre  formant  une  ligne  longitudinale  par  confluence 

—  elles  sont  plus  grandes  chez  Gibratr  et  montrent  beaucoup 
moins  de  tendance  à  la  confluence. 

La  chrysalide  de  Gïbrati  a  les  gaines  des  antennes  annelées  de 
noir;  la  massue  étant  noire,  ainsi  que  les  maxillae;  l'œil  vitré  est 
noir;  la  tête  et  le  thorax  portent  d'assez  grosses  taches  noires. 
Les  protubérances  courtes  et  coniques  (tubercules)  des  segments 
abdominaux  sont  d'un  jaune  orange  (elles  correspondent  aux 
épines  de  la  chenille);  chacune  se  trouve  presque  entourée  par 
une  tache  noire,  ces  taches  étant  confluentes  dans  beaucoup  de 
sujets.  Chez  Aurinina,  une  ligne  ondulée,  noire,  transversale, 
borde,  antérieurement,  les  petits  cônes  dorsaux  jaunes,  à  partir 
du  quatrième  segment  abdominal  inclus.  Les  stigmates,  noirs,  sont 
placés,  chacun,  sur  une  tache  arrondie,  également  noire.  Le  cre- 
master  est  noir  et  son  extrémité,  arrondie,  est  couverte  par  de  très 
nombreux  petits  crochets  bruns.  Chez  la  chrysalide  A'' Aurinia, 
qui  me  sert  de  comparaison  avec  celles  de  Gibratï,  le  cremaster 
est  d'un  brun  roux  blanchâtre. 


60  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

En  résumé,  la  chrysalide  de  Gibrati  est  plus  chargée  de  noir 
que  celle  d'A/irinia  et  ses  taches  noires,  quoique  relativement 
plus  grandies,  présentent,  à  un  degré  bien  moindre,  la  tendance 
à  se  réunir  pour  former  des  lignes. 


Melitaea  Aetherie,  Iliibner. 

Un  seul  exemplaire  cf  a  été  recueilli  par  H.  Powell,  au  Maroc, 
sur  le  plateau  de  Dkrissa,  en  avril  1921.  Cet  échantillon  est  d'assez 
grande  taille  et  très  vivement  coloré. 

L'Espèce  se  trou\e  en  Algérie,  en  Tunisie,  en  Andalousie  et  en 
Sicile,  à  Ficuzza  i  Prov.  Pakn-me). 


Melitaea  Didyma,  Ochs.  (PI.  DXXXI,  fig.  4416). 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Djebel-Tisdadine,  6-S  août  1920. 

Versant  sud  du  Taghzeft,  par  2.250  mètres  d'altitude,  les  15 
et  16  août  1920. 

M.  Vaucher  signale  la  McHl(7ea  Didyma-deserticola  dans  le 
Grand-Atlas,  à  Ourika  et  Amsmiz. 

Maute- Reraya  (Grand-Atlas),  par  1.200  à  1.800  mètres  (Ch. 
Alluaud,  en  juin  I92i\ 

Quant  à  la  MeLiiaea  Didyvia  du  Moyen- Atlas,  elle  appar- 
tient à  la  forme  viauritanica,  Obthr.,  déjà  figurée  sur  la 
PI.  CCLXXXII,  dans  le  Vol.  X  des  Etudes  de  Lcpidoptérologie 
comparée.  L'échantillon  représenté  sous  le  n"  4416  de  la 
PI.  DXXXI  provient  d'Azrou. 

Les  Q  Ç)  marocaines  que  j'ai  vues  présentent  la  même  colora- 
tion que  les  ctcf,  c'est-à-dire  qu'elles  ont  le  grouiui  coloiir  d'un 
fauve  orangé  vif  et  nullement  verdàtre  ou  grisâtre  comme  dans 
certaines  localités  du  sud  de  la  France. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  6l 

D'ailleurs,  en  Algérie,  il  en  est  de  même  qu'au  Maroc,  si  j'en 
)uge  par  les  documents  assez  nombreux  qui  sont  contenus  dans 
ma  collection. 

L'Espèce  n'est  très  commune  nulle  part  au  Maroc,  mais  elle  y 
est  assez  répandue. 

En  192 1,  Harold  Powell  a  trouvé  Melitaea  Didyiiia,  le  31  mai 
et  le  r'"  juin,  dans  la  région  des  Zemmours  (vallée  de  l'Oued- 
-Sattour)  ;  dans  le  Moyen- Atlas,  de  nouveau  à  Tisdadine. 


Melitaea  Punica,  Obthr. 

Deux  c?cf*pris  dans  la  forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920.  L'un 
d'eux  a,  sur  le  dessous  des  ailes  inférieures,  les  parties  blanches 
très  brillantes  et  comme  porcelanées,  tandis  que,  chez  l'autre,  ces 
mêmes  part'cs  des  ailes  inférieures  sont  couleur  de  crème  et  tout 
à  fait  mates. 

La  Melitaea  Punica  voltigeait,  en  avril  192 1,  aux  environs  de 
Mrassine;  elle  n'y  était  pas  bien  rare;  il  ne  me  semble  pas  que 
la  forme  y  soit  différente  de  celle  qu'on  rencontre  en  Algérie. 
On  constate  des  variations  individuelles,  mais  généralement  peu 
accentuées. 

M.  Ch.  Alluaud  a  pris  à  la  Kasba-Oualidia,  sur  la  côte,  au  sud 
de  Mazagan,  une  forme  plus  grande  que  dans  la  Haute-Reraya 
où  l'Espèce  a  été  également  capturée  par  1.800  mètres  d'altitude, 
en  juin  1921. 


62  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


SATYRIDAE 


Satyriis  Fidia,  Linné. 

Atlas  (Glaoui),  selon  Vauchcr. 

Versant  sud  du  Faghzeft,  par  2.250  mètres  d'altitude,  mi-août 
1920. 

Un  seul  exemplaire  rj  a  été  pris  par  II.  Powell,  au  Maroc. 
Pour  la  taille  et  pour  les  ailes,  il  ressemble  aux  exemplaires  de 
Sebdou  ;  les  ailes  inférieures,  en  dessous,  sont  assez  largement 
blanchies. 

En  août  1920,  H.  Powell  a  aperçu  un  autre  spécimen  de 
Satyriis  Fidia,  à  l'entrée  de  la  xallée  du  Sebbab.  Il  se  tenait 
posé  sur  les  roches  schisteuses,  et  encore  un  exemplaire  le  10  sep- 
tembre 1920,  à  la  montée  du  pont  de  l'oued  Oum  er  R'bia  au  poste 
de  Taka-Ichiane. 


Satyrus  Alcyone,  Schiff. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920  et  1921. 

J'ai  publié  en  photographie  la  figure  de  2  c'cf  et  de  2  Q  (^ 
(chaque  sexe  en  dessus  et  en  dessous)  du  Satyrus  Alcyone  et  je 
lui  ai  consacré  une  courte  notice  à  la  page  48,  dans  l'explication 
de  la  Planche  photographique  C  {Etudes  de  Lépidoptérologie 
comparée,  Vol.  XVII,  Planches^ 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  6^ 

En  Andalousie,  on  trouve  une  forme  du  Satyriis  Alcyone  que 
j'ai  appelée  :  V andalusica ;  j'ai  désigné  la  forme  du  Moyen- Atlas 
sous  le  nom  de  maroccana.  Jusqu'ici,  le  Satynis  Alcyone  n'a  pas 
été  rencontré  en  Algérie,  ni  en  Tunisie. 

Le  Satyrus  Alcyone  présente  de  nombreuses  et  intéressantes 
variations  géographiques.  La 'forme  marocaine  se  distingue  par 
le  dessus  des  ailes  très  sombre  chez  les  cfcf,  de  telle  façon  que  la 
large  bande  commune  submarginale,  pourtant  si  bien  éclairée  de 
blanchâtre,  surtout  aux  ailes  inférieures,  chez  les  cfcf  de  certaines 
localités  françaises,  est  uniformément  brun  enfumé  dans  les 
Alcyone  marocains. 

Harold  Powell  a  pris,  au  milieu  de  juillet  1920,  par  2.000  mètres 
d'altitude  environ,  au  Djebel-Hebbri,  un  c"  superbe  et  remarqua- 
blement foncé. 

En  1921,  le  Satyrus  Alcyone  a  été  retrouvé  dans  le  Moyen- 
Atlas,  dans  la  foret  d'Azrou,  assez  abondamment  à  Ras-el-Ma. 
Le  papillon  venait  boire  autour  de  la  source.  Le  Satyrus  Alcyone 
voltigeait,  le  15  juillet  192 1,  au  Djebel-Havane,  par  2.400  mètres 
d'altitude;  il  n'y  paraissait  pas  commun. 

Satyrus  Briseis,  Linné. 

Le  25  juin  1920,  le  Satyrus  Briseis  était  commun  en  exemplaires 
très  frais,  sur  les  pentes  au-dessus  du  village  d'Azrou.  Il  était  de 
taille  semblant  même  plus  grande  que  dans  la  province  d'Oran. 

Le  Satyrus  Briseis  se  pose  à  terre  et  visite  aussi  les  fleurs  de 
chardon  et  d'eryngium. 

J'ai  sous  les  yeux  un  grand  nombre  d'échantillons  superbes 
appartenant  tous  à  la  variété  major.  Le  dessous  des  ailes  infé- 
rieures est  très  varié,  notamment  chez  les  Q  Q- 

En  T921,  le  Satyrus  Briseis  paraissait  beaucoup  moins  abondant 
que  l'année  précédente.  D'ailleurs,  il  se  trouvait  presque  partout 
et  jusqu'à  l'altitude  de  2.400  mètres. 

Il  n'a  été  trouvé  aucune  Q  de  la  variété  pirata. 


64  LÉPIDOrTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Satyrus  Prienri,  Piciret. 

3  Cfcf  pris  sur  le  versant  sud  du  Taghzeft,  les  15  et  16  août 
1920 ;  malheureusement  leurs  ailes  se  trouvaient  un  peu  usées  par 
le  vol. 

La  forme  marocaine  paraît  être  la  même  que  dans  la  province 
d'Oran. 


Satyrus  Semele,  Linné. 

Amsmiz  (*),  Ourika,  etc.,  dans  l'Atlas  (Vaucher). 

Région  du  Moyen-Atlas,  forêt  d'Azrou,  Tisdadme,  Djebel- 
Hebbri,  Timhadit,  Aghbalou-Larbi. 

Moins  abondant  au  Maroc  qu'en  Algérie. 

Vient,  avec  Briseis,  dans  la  plaine  élevée,  se  poser  sur  les  excré- 
ments des  animaux. 

Même  forme  qu'en  Algérie;  appartient  à  la  variété  Algirica, 
Obthr. 

Satyrus   Relouini,   Obthr.   (PI.   DXXX  ;   cS,   fig.   4404  ;    q, 
fig.  4405  X 

Dédiée  à  M.  le  Commandant  Belouin,  du  15'"  Tirailleurs  algé- 
riens. 

Aghbalou-I.arbi  et  Foum-Kheneg,  en  août  et  septembre   1920. 

La  figuration  photographique  a  paru  pour  le  c?  et  la  Q,  en 
dessus,  sur  la  PI.  N  ;  en  dessous,  sur  la  PI.  O,  dans  le  Vol.  XVIII 
des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

(*)  Je  crois  que  Amsmiz  et  Amizmiz  dcsignent  une  mêni^  localité,  dans  la 
région  du  Grand-Atlas,,  à  l'est  de  Mogador  et  au  sud  de  Marakech,  par  une  alti- 
tude d'environ  i.ooo  mètres;  le  village  est  adossé  à  des  hauteurs  de  3.000  mètres 
(Tsauritz-Entsagautz).  Non  loin  se  trouve,  vers  le  sud,  Tizi-Gourza  qui  a 
4.000  mètres  environ  d'altitude. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  65 


La  notice  explicative  de  ces  Planches  est  imprimée  {loc.  cit.) 
aux  pages  56  et  57. 

Cependant  je  crois  utile  de  compléter,  au  moyen  d'une  excel- 
lente figuration  en  couleurs,  la  représentation  par  les  procédés 
photographiques.  En  effet,  lorsqu'il  s'agit  d'Espèces  de  Lépidop- 
tères voisines  et  cependant  spécifiquement  très  distinctes,  l'inter- 
vention de  figures  en  couleurs,  publiées  comparativement,  est  le 
plus  souvent  nécessaire,  afin  de  lever  toutes  les  incertitudes  et  de 
fonder  une  base  définitive  à  la  Nomenclature  entomologique. 

C'est  ainsi  que  la  comparaison  des  figures  4404  et  4405  de 
la  PI.  DXXX,  et  des  figures  4412,  4413,  4414  et  4415  de  la 
PL  DXXXI  permettra,  mieux  que  toute  prose,  de  rendre  tangible 
la  distinction  spécifique  entre  le  Satyrus  Belonini  (4404  et  4405) 
et  le  Satyrus  Colonibalï  (4412  à  4415). 

Déjà,  plusieurs  Espèces  de  Satyridae  barbaresques,  éclosant  à 
la  fin  de  l'été,  ont  été  découvertes  à  des  dates  relativement 
récentes  et  sont  maintenant  bien  connues. 

Ainsi  :  Hansn,  PowelU,  Colombaii,  Bclouini,  Sylvicola  et  les 
formes  affines  :  Lnmbessanus,  cmereus,  Holli.  Sans  doute  d'autres 
Espèces  non  encore  découvertes  récompenseront,  plus  tard,  les 
recherches  des  Entomologistes  chasseurs.  Mais,  afin  d'éviter  toute 
confusion,  iP  importe,  je  le  répète,  qu'une  bonne  figuration  inter- 
vienne pour  fixer  exactement  les  caractères  de  chaque  Espèce. 

J'espère  que,  pour  les  deux  nouvelles  Espèces  marocaines  : 
Colombati  et  Belouini,  le  beau  travail  de  M.  J.  Culot  assurera 
une  complète  satisfaction. 


Satyrus  Colombati,  Obthr.  (PI.  DXXXI;  cf,  fig.  4412,  4413; 
o,  fig.  4414,  4415)- 

Dédiée  à  M.  le  Colonel  Colombat,  commandant  le  i''"'  régiment 
de  Tirailleurs  marocains. 


66  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Forêt  d'Azrou  (Moyen-Atlas  marocain),  septembre  1920. 

Dans  le  Vol.  XVIII,  Part.  I,  des  Etudes  de  Lépidopiérologie 
comparée,  j'ai  publié,  sur  les  Planches  L  et  M,  la  figuration  de 
4  d*Cf  et  4  Q  Ç)  du  Satyrus  Colombatï,  par  les  moyens  photo- 
graphiques. La  notice  concernant  cette  nouvelle  et  intéressante 
Espèce  est  imprimée  aux  pages  54  et  55  {loc.  cil.).  J'ai  remis 
2  cTcf  et  2  Q  O  à  M.  Culot,  pour  être  représentés  en  couleurs 
dans  le  présent  Volume.  Une  très  belle  Q  est  éclose  à  Rennes, 
le  24  septembre  1921,  provenant  des  chrysalides  obtenues  au 
Maroc  par  Harold  Powell. 

Voici  d'ailleurs,  au  sujet  du  Satyrus  Colotiibati,  transcription 
des  notes  biologiques  dont  je  suis  redevable  à  H.  Powell. 

«  Le  9  septembre  1920,  je  suis  parti  d'Azrou-village,  à 
8  heures,  avec  Moulay-Ali,  pour  chasser  dans  la  vallée  remontant 
vers  le  sud-est.  Nous  avons  suivi  un  des  petits  ravins  secs  qui 
sillonnent  la  coulée  de  lave  remplissant  la  vallée  et  qui  sont 
habités  par  les  Syrichthus.  S.  Mohammed  vole  en  cette  saison, 
mais  je  n'ai  vu  que  peu  d'exemplaires,  ce  matin,  avant  d'arriver 
au  rétrécissement  situé  entre  deux  mamelons,  l'un  calcaire,  à 
l'est,  l'autre  formé  de  roches  volcaniques,  à  l'ouest.  Ici,  volaient 
quelques  S.  Mohammed  et  Argynnis  Lathonia.  Un  Gnophos 
brun,  paraissant  voisin  à.^  Obscur  aria,  se  levait^  de  temps  à  autre, 
d'une  pierre,  d'une  touffe  de  thym  ou  de  la  berge  basse  du  lit 
à  sec  du  ruisseau.  Arrivés  sur  la  pente  calcaire  en  contre-bas  de 
la  route  qui  fait,  ici,  une  grande  courbe  avant  d'entrer  en  forêt, 
j'ai  fait  lever  un  Satyrus  que  j'ai  cru  être  Hausii  avant  de  le  voir 
dans  le  filet.  Je  n'ai  pas  tardé  à  en  capturer  un  exemplaire  et  je 
me  suis  aperçu,  alors,  qu'il  s'agissait  d'une  Espèce  —  ou  tout  au 
moins  d'une  forme  —  distincte  de  Hansii,  quoiqu'elle  appartînt 
au  même  groupe.  Moi-même  et  Moulay-Ali,  nous  avons  pris 
environ  25  spécimens,  ce  matin,  dont  2  Q  Q  seulement;  l'éclosion 
du  cf  est  commencée  depuis  plusieurs  jours,  évidemment,  car, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  6; 

déjà,  de  nombreux  sujets  sont  défraîchis,  mais  la  Q  commence 
à  peine  à  paraître.  L'Espèce  est  cantonnée  sur  la  pente  recou- 
verte de  pierres  blanches,  calcaires,  et  de  plantes  desséchées 
telles  que  VRryngiuni  canipestre,  V E.  tnqiietrum  et  un  artichaut, 
commun  dans  toute  la  région,  la  Cynara  humïiis  L.  {Bourgaea 
hujniiiSy  Cosson).  La  grande  Scille  {Urginea  niaritima)  y  fleurit, 
en  ce  moment,  par  places. 

Les  mœurs  du  Satyrus  rappellent  celles  de  Hansii;  les  cfcf  se 
posent  sur  les  pierres,  les  ailes  fermées  et  les  antérieures  bien 
abaissées  entre  les  postérieures;  ils  s'envolent  vivement  lorsqu'on 
les  dérange,  mais,  après  un  vol  rapide  et  irrégulier,  ils  ne  tardent 
pas  à  se  poser,  de  nouveau,  sur  une  pierre.  Comme  les  cfc?  de 
toutes  les  Espèces  de  ce  groupe,  ils  sont  batailleurs,  moins  cepen- 
dant que  ceux  de  S.  Poweilt,  du  Sud-Oranais.  Le  vol  de  la  Q 
est  plus  droit  et  moins  vif,  surtout  dans  son  jeune  âge.  Je  n'ai 
trouvé  aucune  Graminée  sur  le  terrain  habité  par  ce  Satyrus. 
Cependant,  après  les  pluies  de  fin  d'été,  il  en  poussera  certaine- 
ment. L'accouplement  a  lieu  peu  après  leclosion  et  la  ponte  des 
œufs  commence  sans  retard,  mais  elle  se  prolonge  jusqu'à  la  fin 
du  mois  chez  les  Q  Q  qui  survivent.  En  captivité,  les  Q  Q  empri- 
sonnées sous  une  cloche  de  mousseline  recouvrant  une  touffe  de 
Graminée  arrachée  au  bord  d'une  ((  seguia  )>  (petit  canal  d'arro- 
sage), à  Azrou,  ont  pondu  sans  difficulté,  déposant  leurs  œufs 
isolément,  surtout  sur  la  mousseline,  souvent  sur  les  brindilles  et 
feuilles  sèches,  mais  très  rarement  sur  les  feuilles  vertes  de  la 
touffe. 

Dans  l'après-midi  du  9  septembre,  je  suis  parti  avec  le  Capi- 
taine Nivelle,  qui  a  bien  voulu  m'inviter  à  faire,  avec  lui,  une 
tournée  des  Postes  du  sud-ouest  du  Cercle  qu'il  commandait  : 
Aïn-Leuh,  Lias,  El-Hammam,  Mrirt,  Taka-Ichiane  et  Oued- 
Amassine.  Nous  avons  été  absents  d'Azrou  pendant  trois  jours; 
mais,  pendant  ce  temps,  Moulay  Ali  a  continué  à  chasser  le 
Satyrus  Colombati  et  il  en  a  pris  une  quarantaine,  dont  plusieurs 
en  état  trop  mauvais,  cependant,  pour  être  conservés. 


68  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Le  14  septembre,  je  suis  retourné  à  la  localité  de  Colornbal?  et 
j'ai  noté  ce  qui  suit  : 

((  Les  Q  Q  du  nouveau  Satynis  sont,  maintenant,  plus  nom- 
breuses. Pour  la  majorité,  les  cfc/,  très  abondants,  sont  abîmés  ; 
nous  avons  pris  une  quarantaine  d'exemplaires  dans  la  journée, 
sans  tenir  compte  d'à  peu  près  trois  fois  autant  de  sujets  relâchés 
comme  étant  en  trop  mauvais  état.  )> 

Pour  le  16  septembre,  je  relève  la  note  suivante  : 

((  Les  2  ç^  Q  du  Satynis  du  groupe  de  Fauna  ont  continué 
à  pondre  sur  la  mousseline,  ce  matin.  Partant  pour  Timhadit  à 
12  h.  30,  je  les  ai  emportées  avec  moi,  afin  de  leur  rendre  la  liberté; 
en  passant  dans  leur  localité  d'origine.  Il  n'y  a  pas  un  brin  vert 
de  Graminée  quelconque  sur  le  terrain  où  vole  ce  Satynis  et  où 
les  Ç)  Ç)  sont  en  tram  de  pondre  actuellement.  Tout  y  est  parfai- 
tement desséché,  sauf,  cependant,  quelques  hampes  florales  de  la 
grande  Scille  et  un  chardon  à  grande  fleur  rose,  acaule,  dont  les 
feuilles  sont  desséchées,  mais  qui  fleurit  en  ce  moment.  La  fleur 
de  ce  chardon  attire  les  Argynnis  Pandora  et  les  Satyrus  Briseis 
qui  volent  encore,  très  abîmés,  mais  conservant,  malgré  leur  âge, 
beaucoup  de  vigueur,  surtout  dans  le  cas  de  Pandora.  On  ne  voit, 
sur  le  terrain  du  Satynis,  que  la  terre  d'un  brun  rougeâtre,  par- 
semée de  pierres  et  de  blocs  calcaires  blancs,  des  chardons,  des 
artichauts  et  des  Eryngmin  morts.  » 

Au  commencemenl  d'octobre  1920,  j'ai  vu  et  pris  quelques  très 
vieilles  Q  Q  du  nouveau  Satynis,  quelque  peu  éloignées  de  la 
pente  calcaire,  d'où  elles  ont  dû  s'égarer.  Il  leur  restait  quelques 
œufs  qu'elles  ont  ensuite  pondus  en  captivité. 

La  petite  chenille  éclôt  dix  ou  douze  jours  après  la  ponte. 

L'œuf,  qui  ressemble  beaucoup  à  celui  de  S.  Hansii  et  de 
S.  Fainia,  est  figuré  photographiquement  sur  les  planches. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  69 

J'ai  noté  ce  qui  suit  pour  la  jeune  chenille  du  nouveau  Satyrus  : 

Longueur  de  la  chenille  à  l'éclosion  :  o'"0028. 

Largeur  de  la  tête  du  i^''  stade  :  o"ooo65. 

La  tête  est  de  la  forme  normale  chez  les  jeunes  chenilles  du 
genre.  Sa  surface  est  recouverte  de  petites  dépressions  la  rendant 
semblable  à  l'écorce  d'une  orange.  Une  dizaine  de  soies  incolores 
courtes,  assez  épaisses,  un  peu  élargies  vers  l'extrémité  libre  et 
courbées  en  avant,  se  trouvent  sur  chaque  lobe;  la  base  de  chaque 
soie  est  formée  par  un  tubercule  chitineux  brun  ;  ces  tubercules 
sont  visibles  à  la  loupe  comme  de  petites  taches  brunes  sur  le  fond 
d'un  blanc  paille  grisâtre. 

Les  ocelles  sont  bien  développés  ;  le  troisième  de  l'arc  est  de 
taille  beaucoup  plus  grande  que  les  autres. 

La  couleur  du  corps  est  d'un  gris  paille  pâle;  celle  des  lignes 
longitudinales  est  d'un  brun  chocolat  pâle;  elles  sont  assez  nette- 
ment écrites.  Mises  sur  une  touffe  de  Graminée  fraîche,  elles  se 
mettent  à  manger  sans  trop  attendre  et  la  couleur  du  corps  et  des 
lignes  devient  bientôt  verte. 

22  avril  IÇ2I.  —  Une  douzaine  de  chenilles  de  S.  Colombati, 
nom  donné  à  la  nouvelle  Espèce  par  M.  Oberthiir,  provenant 
d'œufs  pondus  à  Azrou,  en  septembre  1920,  et  éclos  une  dizaine 
de  jours  après  la  ponte,  a  été  élevée  pendant  l'automne,  l'hiver  et 
le  printemps,  sur  touffes  de  Graminées,  d'abord  à  Azrou,  puis  à 
Beni-Amar  et,  depuis  le  8  février,  à  Mrassine.  Ces  chenilles  se 
trouvent,  actuellement,  dans  le  troisième  et  le  quatrième  stades, 
suivant  les  individus.  Les  plus  jeunes  sont  près  de  la  fin  du  troi- 
sième stade,  les  plus  avancées  arrivent  vers  la  fin  du  quatrième 
stade.  .S'.  Colombati,  à  l'état  larvaire,  est  extrêmement  voisin  de 
5.  Fauda.  11  est  possible,  même  probable,  c^ue,  si  on  élevait  une 
série  des  deux  Espèces  côte  à  côte,  on  distinguerait  quelques 
légères  différences  constantes,  permettant  de  les  séparer,  mais, 
comme  je  n'ai  que  des  Colomhaii  sous  les  yeux,  je  ne  me  hasarde 
pas  de  mémoire  sur  ces  différences  supposées  et  je  me  contente 


70  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

de  décrire   la  chenille  de   C olovibati  sans  pousser  plus  lom   la 
comparaison. 

■Troisième  stade  —  Largeur  de  la  tête  :  o"'ooi7.  Longueur  totale 
de  la  chenille  à  la  fin  du  stade  :  o"'oi3. 

La  tête  a  la  forme  commune  aux  Espèces  du  groupe;  elle  est 
de  couleur  grise  verdâtre  ;  les  stries  verticales  ne  sont  pas  encore 
apparentes. 

La  couleur  fondamentale  du  corps  est  d'un  vert  d'herbe  plus 
ou  moins  pâle,  selon  le  point  du  stade  atteint  par  la  chenille;  à 
la  fin,  elle  pâlit  et  jaunit  un  peu;  les  segments  thoraciques  sont, 
alors,  plus  pâles  que  les  autres.  La  ligne  médiodorsale  est  de  teinte 
verte  plus  foncée  que  le  fond;  elle  est  bordée  par  un  filet  blanc 
verdâtre,  dont  la  marge  inférieure,  très  fine,  est  de  la  couleur  de 
la  ligne  médiodorsale;  entre  ce  filet  et  la  ligne  sous-médiane,  se 
trouve  un  espace  de  la  couleur  fondamentale  ;  la  sous-médiane  est 
fine,  d'un  vert  foncé,  se  dégradant  du  côté  supérieur,  mais  très 
nettement  délmntée  inférieurement  par  un  filet  blanc  verdâtre;  du 
reste,  ce  filet  pâle  semble  faire  partie  d'une  large  bande  claire 
(blanc  jaune  légèrement  verdâtre)  s'étendant  jusqu'au  bord  supé- 
rieur de  la  bande  suprastigmatale  et  traversée,  longitudinalement, 
par  deux  filets  fins,  verts,  peu  accentués;  la  partie  inférieure  de 
la  bande  claire  est  d'un  blanc  presque  pur.  La  bande  suprastig- 
matale est  d'un  vert  sombre,  plus  pâle  antérieurement,  se  fonçant 
postérieurement,  tout  en  se  rétrécissant;  cette  bande  se  prolonge, 
"sous  forme  d'un  filet  brunâtre,  sur  le  côté  de  la  fourche.  La  bande 
stigmatale  est  claire;  sa  couleur  est  d'un  blanc  jaune  verdâtre, 
souvent  un  peu  saumoné;  vers  son  bord  supérieur,  se  trouve  un 
filet  très  mince,  rougeâtre  ;  c'est  exactement  sous  ce  filet,  sur  le 
second  bourrelet  des  segments  abdominaux,  qu'est  placé  le  stig- 
mate, petit  et  arrondi;  un  second  filet,  plus  faible,  précède  le 
■flange.  Le  fLange  est  blanc,  légèrement  jaunissant  ;  il  est  bordé, 
en  dessous  (surface  ventrale),  par  une  ligne  verdâtre  sombre, 
dégradée. 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  71 

La  surface  ventrale  est  d'un  vert  d'herbe  pâle,  ainsi  que  la  base 
de  toutes  les  pattes. 

La  fourche,  dont  les  pointes  sont  longues,  est  de  couleur  paille 
un  peu  rembrunie  ;  il  existe  un  hlet  brunâtre  sur  le  côté  des  pointes. 
Les  vraies  pattes  ont  une  teinte  grisâtre,  pâle. 

Oitatïihue  stade.  —  Largeur  de  la  tête  :  0^0025  à  o'"0026.  Lon- 
gueur totale  de  la  chenille,  à  la  fin  du  stade  :  0^022  à  o'°025. 

Les  différences  —  à  part  celle  de  la  taille  —  entre  ce  stade  et 
le  précédent,  sont  les  suivantes  : 

Les  stries  brunâtres  de  la  tête  sont  très  nettement  marquées  ; 
la  bande  suprastigmatale  est  plus  foncée,  d'un  vert  de  vessie;  sa 
marge  supérieure  est  finement  noirâtre,  et  le  noir  envahit  un  peu 
la  bande  (plus  ou  moins)  sur  les  segments  abdominaux  5,  6,  7 
et  8,  surtout  sur  les  trois  derniers,  rendant  la  bande  grisâtre  sur 
ces  segments.  La  bande  stigmatale  est  envahie  de  couleur  rouge 
saumoné,  dans  la  plupart  des  cas;  les  deux  filets  rougeâtres  de  la 
bande  stigmatale  sont  plus  vivement  colorés  que  dans  le  troisième 
stade  ;  la  temte  saumonée  de  la  bande  stigmatale  varie  considéra- 
blement, selon  les  individus,  et  elle  pâlit  progressivement  au  fur 
et  à  mesure  que  la  chenille  grandit  dans  le  stade.  L'ombre  foncée, 
en  dessous  du  ftange,  est  moins  marquée  dans  ce  stade  que  dans 
le  troisième.  La  couleur  fondamentale  reste  d'un  vert  pâle,  quel- 
quefois blanchâtre,  parfois  jaunissant.  On  aperçoit  plus  aisément, 
à  la  loupe,  le  duvet  fin  qui  recouvre  la  chenille. 

L'habitude  nocturne  n'est  pas  encore  complètement  établie  dans 
le  quatrième  stade;  les  chenilles  montent  souvent  pour  manger,  le 
jour;  c'est  un  stade  de  transition  entre  l'habitude  diurne  et  l'habi- 
tude nocturne  qui  sera,  presque  certainement,  définitive  dans  le 
cinquième  (dernier)  stade,  ainsi  que  chez  Fauna  et  les  autres 
Espèces  du  groupe. 

4.  mai  IQ2I .  —  Sur  neuf  chenilles  qui  me  restent  (ayant  soufflé 
deux  dans  le  quatrième  stade),  cinq  sont  déjà  dans  le  dernier 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


(cinquième)  stade.  La  couleur  fondamentale  n'est  plus  verte  dans 
le  dernier  stade,  mais  d'un  gris  ocracé  clair. 

Les  lignes  foncées  sont  très  fortement  marquées,  chez  Coloni- 
bati,  dans  le  dernier  stade  ;  il  y  a  une  certaine  différence  à  cons- 
tater, suivant  les  individus,  quant  à  l'accentuation  des  lignes;  tel 
est  le  cas  chez  toutes  les  chenilles  du  groupe,  mais,  en  moyenne, 
les  lignes  sont  plus  foncées  et  ressortent  plus  vivement  chez 
C olombatï  que  chez  Faiiua,  d'après  mes  souvenirs  de  la  chenille 
de  Fauna. 

Voici  une  description  de  la  chenille  de  Coloinbali  clans  le 
cinquième  (dernier)  stade  : 

Largeur  de  la  tète  :  o'"oo37  ;  longueur  totale  de  la  chenille,  vers 
la  fin  du  stade,  lorsqu'elle  a  atteint  son  plus  grand  développe- 
ment :  o'"035. 

La  couleur  de  la  tête  est  d'un  gris  jaunâtre;  les  six  stries  brun 
noirâtre  sont  fortement  marquées  et  nettes,  mais  elles  sont  un 
peu  plus  ou  un  peu  moins  fortement  écrites,  suivant  les  individus. 
Le  A  brun,  lin,  encadrant  le  triangle  frontal,  n'est  pas  très  accusé 
et  il  n'est  pas  toujours  complet,  les  deux  branches  ne  se  rejoignant 
pas  invariablement  à  l'apex. 

La  tête  est  chagrinée  de  petites  excroissances  (bases  des  soies). 

Les  soies,  très  courtes,  sont  d'un  brun  doré  très  clair. 

Mandibules  bruns  et  noirs.  La  couleur  fondamentale  du  corps 
est  d'un  gris  ocracé  très  clair.  Les  lignes  les  plus  fortement  mar- 
quées sont  la  médiodorsale  et  la  suprastigmatale,  ce  qui  est 
normal,  d'ailleurs,  chez  les  Espèces  du  groupe. 

La  médiodorsale  est  d'un  brun  grisâtre;  elle  est  bordée  par  un 
filet  blanc.  Vient  ensuite  une  large  bande  sous-médiane  de  la  cou- 
leur fondamentale  très  finement  striée  longitudinalement  par  de 
nombreux  traits  rougeâtres,  un  peu  vermiformes  et  présentant  des 
solutions  de  continuité.  Un  peu  plus  rapproché  du  bord  inférieur 
que  du  bord  supérieur  de  cette  bande,  se  trouve  un  mince  filet 
brunâtre,  continu.  Un  filet  blanc  sépare  la  bande  sous-médiane  de 


1 


LÉPIDOPTÊROLOGIE   COMPARÉE  73 


la  ligne  suprastigmatale.  Cette  dernière  ligne  est  d'un  gris  plus 
ou  moins  foncé,  suivant  les  individus;  sa  marge  supérieure  est 
toujours  plus  sombre,  d'un  brun  noirâtre,  très  nettement  délimitée 
au  contact  du  filet  blanc  cité  en  dernier  lieu,  mais  se  dégradant 
du  côté  du  centre  de  la  ligne;  cette  partie  supérieure  assombrie 
envahit  de  plus  en  plus  la  ligne  au  fur  et  à  mesure  que  la  supra- 
stigmatale  se  rapproche  de  l'extrémité  postérieure  de  la  chenille 
et  qu'elle  se  rétrécit,  de  façon  à  la  rendre  très  foncée  sur  les  der- 
niers segments  abdominaux.  La  ligne  suprastigmatalc  se  prolonge 
en  un  trait  brun  foncé  sur  le  côté  extérieur  de  la  dent  de  la 
fourche.  Un  filet  blanc,  moins  vif  et  plus  étroit  que  le  filet  en 
marge  supérieure,  borde  la  suprastigmatalc,  en  dessous.  Vient 
ensuite  la  ligne  stigmatale,  jaunâtre,  dont  les  deux  bords  sont 
formés,  chacun,  par  un  mince  filet  rouge  carminé,  ondulé;  ces 
filets  sont  plutôt  bruns  sur  les  segments  thoraciques. 

Les  stigmates,  petits,  arrondis  et  noirs,  sont  placés  vers  le 
milieu  de  la  ligne,  sur  le  second  bourrelet  de  chaque  segment 
abdominal  (ce  bourrelet  est  peu  distinct  du  premier)  ;  le  stigmate 
du  huitième  segment  abdominal  est,  cependant,  sur  le  filet  supé- 
rieur rouge  carminé  et  non  vers  le  centre  de  la  ligne  jaune.  Le 
f.'inge  est  blanc. 

Le  flange  est  bordé,  intérieurement,  par  un  filet  brun  grisâtre 
(limite  de  la  surface  ventrale). 

La  surface  ventrale  est  d'un  gris  blanchâtre,  ainsi  que  les  pattes 
thoraciques  et  membraneuses  ;  les  crochets  des  membraneuses  sont 
d'un  brun  pâle. 

La  fourche  est  allongée  ;  ses  dents,  efhlées  vers  l'extrémité,  ayant 
o'"cx)25  de  longueur;  elle  est  hérissée  de  très  courtes  soies. 

Toute  la  surface  du  corps  est  chagrinée  de  points  sétacés, 
visibles  à  la  loupe;  c'est  un  caractère  commun  aux  chenilles  du 
genre  Satyrns. 

Au  début  du  dernier  stade,  la  chenille  présente  encore  une 
teinte  verte  et  les  lignes,  ainsi  que  la  couleur  fondamentale  sont 
très  pâles.  En  séchant,  après  la  mue,  les  lignes  se  foncent  et,  au 


74  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

bout  de  deux  jours  (et  même  moins),  la  couleur  et  l'intensité 
définitives  sont  acquises.  Comme  il  était  à  prévoir,  l'activité 
nocturne  est  définitivement  établie,  dans  le  dernier  stade.  Les 
chenilles  montent  sur  les  feuilles  au  coucher  du  soleil  et  des- 
cendent se  cacher  dans  la  touffe  lorsque  vient  le  jour. 

Deux  chenilles  survivantes  ont  pénétré  en  terre  vers  le  20  mai 
.1921  et  ont  formé  chacune  une  cellule  près  de  la  surface  du  sol. 
Une  seule  a  réussi  à  se  chrysalider,  vers  la  fin  du  mois. 

La  chrysalide  a  été  rapportée  en  France.  Je  l'examine,  le 
31  août  192 1,  à  Rennes;  elle  paraît  être  parfaitement  saine  (^). 

Toutes  les  chrysalides  de  ce  g^roupe  ont  une  très  grande  res- 
semblance entre  elles;  je  ne  vois  aucun  caractère,  chez  la  chrysa- 
lide de  Colombati,  qui  permette  de  la  distinguer  de  ses  alliées. 
Sa  couleur  est  d'un  acajou  rougeâtre,  plus  claire  sur  les  ptéro- 
thèques  et  sur  les  gaines  des  membres,  sensiblement  plus  foncée 
sur  la  tête,  le  thorax  et  l'abdomen;  le  dernier  segment  et  le  cré- 
inaster  (peu  développé,  à  extrémité  obtuse,  large)  sont  d'un 
acajou  brun,  le  crémastcr  presque  noir,  dorsalement.  Le  centre 
dorsal,  sur  les  segments  abdominaux,  est  marqué  par  une  assez 
larg^e  ligne  d'un  brun  foncé,  pas  très  distinctement  visible,  cepen- 
dant. 

Cette  ligne  commence  sur  le  second  segment  de  l'abdomen; 
elle  n'est  pas  visible  sur  le  premier. 

Les  proportions  de  la  chrysalide  sont  les  suivantes  : 

Longueur  totale  :  o'"oi35;  de  l'extrémité  antérieure  aux  apices 
des  ptérothèques  :  0^0095  ;  des  apices  des  ptérothèques  à  l'extré- 
mité du  crémaster  :  o"'oo4  ;  l'extrémité  des  gaines  des  antennes  se 
trouve  à  o'"ooi  des  apices  des  ptérothèques;  largeur  à  la  hauteur 
des  yeux  :  o'"oo35  ;  largeur  à  la  taille  :  o'"oo55;  largeur  à  travers 
les  ptérothèques,  à  la  hauteur  de  l'incision  entre  le  troisième  et  le 


(*)   C'est  de  cette  chrysalide  que  l'imago  est  sorti  à  Rennes,  le  24  septembre 
1921. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  /5 

quatrième  segments  abdominaux  :  O™oo63  ;  à  travers  le  cinquième 
segment  abdominal  :  o'"oo5  ;  à  travers  le  sixième  segment  abdo- 
minal :  0"'0038;  largeur  du  crémaster  :  o'"ooi3;  profondeur  du 
thorax  :  o'"oo55;  profondeur  à  la  taille  :  o™005  ;  profondeur  au 
troisième  segment  abdominal  :  0^0065  ;  au  cinquième  segment 
abdominal  :  o"'oo45  ;  au  sixième  segment  abdominal   :  o'"o037.  n 


Satyriis  Hansii,  Austaut 

Moyen-Atlas  .'Région  d'Azrou,  Aghbalou-Larbi,  Foum-Khe- 
neg),  en  août  1920. 

Une  courte  notice  insérée  aux  pages  55  et  56  du  \'^ol.  XVII I, 
Planches,  des  Etudes  de  Lépïdopicrologie  comparée,  a  déjà  été 
publiée  à  l'appui  de  la  figuration  photographique  du  cT  et  de 
la  Q  qui  a  paru  (loc.  cit.)  :  pour  le  dessus  des  ailes,  au  pied  de 
la  PI.  N;  pour  le  dessous,  au  pied  de  la  PI.  O. 

L'Espèce  a  été  figurée  en  couleurs  dans  les  Etudes  d^ Entomo- 
logie (Vol.  VI,  PI.  2,  cT,  fig-  I.  et  PI.  3,  Q,  fig.  i)  et  dans  les 
Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée  (Vol.  III,  PI.  XVI,  cf, 
fig.  43,  44,  45  ;  Q,  fig.  40,  larve,  fig.  46). 


Satyrus  Sylvicola,  Austaut. 

Forêt  d'Azrou,  en  août  1920. 

J'ai  publié  sur  la  PI.  P,  dans  le  Vol.  XVIII,  Part.  I,  des  Etudes 
de  Lépidoptérologie  comparée,  la  figuration,  par  les  procédés 
photographiques,  de  2  cTcT  et  2  Q  Q,  vus  en  dessus  et  en  des- 
sous, du  Satyrus  Sylvicola.  La  notice  concernant  ce  Satyrus  est 
imprimée  aux  pages  57  et  58  du  même  Volume  XVIII. 

La  figure  initiale  en  couleurs  a  paru  dans  les  Etudes  d' Ento- 
mologie (Vol.  VI,  PI.  3,  Q,  fig.  2)  et  dans  les  Etudes  de  Lépidop- 
térologie comparée  (Vol.  III,  PI.  XVI,  cf,  fig.  38;  g,  fig.  39). 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


I 

1 


Safyrus  Actaea,  Esper. 

Espèce  très  commune  dans  certamcs  ijaities  du  Moyen-Atlas, 
on  août  IQ20. 

Lorsque  j'éerixis  la  notice  concernant  Sn/yms  Actaea,  publiée 
aux  pages  58  et  59,  dans  le  Vol.  XVI II,  Part.  1,  des  Etudes  de 
Lépïdopté.rologte  comparée,  je  n'avais  pas  fait  de  recherches  suffi- 
santes et  j'ignorais  encore  que  dans  Irh,  Dresden,  Band  XIX, 
1906,  p.  244.  Herr  Cari  Ribbc  avait  décrit  une  forme  de  Satyrus 
Actaea  de  l'Andalousie,  avec  le  nom  de  variété  :  Nevadensis. 

Il  a  donné  une  reproduction  photographique  du  dessous  des 
ailes  du  cf  !^ous  la  figure  12  de  la  PI.  VIll.  Otte  photographie 
est  tout  à  fait  conforme  à  celles  que  j'ai  données  moi-même  du 
Satynis  Actaea-niarofcana,  Daniel  Lucas,  sur  la  PI.  O,  dans  le 
Vol.  XVI II,  Part.  I,  des  Etudes  de  LépidoptéroLo gie  cotnparée. 

Des  lors,  le  nom  de  variété  luaroccana,  Daniel  Lucas,  tombe- 
en  synonymie  devant  le  nom  'Nevadensu,  C.  Ribbe,  plus  ancien. 

Ce  qui  caractérise  la  xariété  Nevadensis  du  Satyrus  Actaea, 
reproduit  pliotographiquement  par  Ribbe  et  par  moi-même,  c'est 
l'absence,  chez  le  cf,  sur  le  dessous  des  ailes  inférieures,  de  toute 
éclaircie  blanche,  ainsi  que  cela  est  figuré  initialement  par  Esper 
{Die  europaeische  SchmctterVinge,  ersten  Thciles  zweiter  Band, 
Tab.  LVII.  (\)ntin.  VIT,  cf,  fig-  i  (J)  et  par  Huebner  (Sammlung 
europae'ischcr  Schnetlerlingc,  cf,  n"'  151  et  152). 

En  effet,  sur  le  dessous  des  ailes  inférieures  des  Satyrus  Actaea 
recueillis  à  Montpellier,  Marseille,  Digne,  la  bande  blanche  est 
presque  toujours  très  accentuée.  Dans  les  Pyrénées-Orientales  et 
dans  l'Aveyron,  on  trouve  les  deux  formes,  celle  avec  bandes 
blanches  sur  les  ailes  inférieures,  en  dessous,  chez  les  cfcf,  et  celle 
sans  bandes  blanches. 

On  peut  donc  donner  le  nom  de  var.  Nevadensis,  Ribbe,  aux 
Satyrus  Actaea  qui  sont  entièrement  noirs  en  dessous,  ainsi  que 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  77 

cela  semble  avoir  lieu  au  Maroc  et  en  Andalousie.  D'ailleurs  les 
Sût  y  rus  Actaea  d'Andalousie  et  du  Maroc  ne  semblent  pas  pré- 
senter de  différence  appréciable  entre  eux. 

En   192 1,   Harold   Powell   a  pris  Saiyrus  Actaea   fraîchement 
éclos  au  Djebel-Tisdadine  et  à  Aghbalou-Larbi. 


Satyrus  Atlantis,  Austaut. 

C'est  l'Espèce  que  Mcade-Waldo  a  figurée  avec  le  nom  erroné 
de  Satyrus  Mnissechi  H.  S.  var.  maroccana,  dans  Trans.  ent.  Soc. 
London,  1905,  sous  les  n"^  3  (cf)  et  4  C  Q  )  de  la  PI.  XIX,  d'après 
des  individus  pris  à  Tsauritz-Entsagauz,  les  6  et  7  juillet  1901, 
à  9.000  pieds,  u  There  it  is  abundant  ». 

Il  est  certain  que  ce  Satyrus  marocain  ressemble  beaucoup  à 
Mnïszechi  H.  S.  L'aspect  général  est  le  même.  Cependant  les  diffé- 
rences que  l'examen  attentif  permet  d'observer  sont  suffisantes 
pour  différencier  spécifiquement  Atlantis  et  Mmszechi. 

L'identification  faite  par  Meade-Waldo  était  fautive  et 
J.  L.  Austaut  a  eu  raison  de  donner  un  nom  spécifique  à  la  nou- 
velle Espèce  {Ent.  Zeitschr.,  Guben,  XIX,  p.  25). 

Après  l'exploration  du  Grand-Atlas,  entreprise  en  1901,  par 
E.  G.  B.  Meade-Waldo,  avec  H.  Vaucher  pour  interprète  et  pour 
guide,  le  même  Henri  Vaucher,  sur  la  sollicitation  de  son  frère 
A.  Vaucher^  retourna  seul,  dans  le  Grand-Atlas,  en  1905.  Dans  ce 
nouveau  voyage  d'exploration,  Henri  Vaucher  recueillit  des  Lépi- 
doptères pour  son  frère  et  constitua  ainsi  la  belle  collection  maro- 
caine qui,  avec  de  nombreux  documents  provenant  de  Tanger,  est 
conservée  à  Genève  chez  M.  A.  Vaucher.  L'Espèce  fut  reprise  en 
1905  à  Tizi-Gourza,  Im-Tala  et  Glaoui. 

J'en  possède  2  cfcf  et  i  Q  en  excellent  état  dont  je  suis  rede- 
vable à  l'obligeance  de  M.  A.  Vaucher  Harold  Powell  a  pris 
quatre  exemplaires  dans  le  Moyen- Atlas  en  1920,  et  un  seul  en 
1921. 


78  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

I  .(•  S(i/yriis  Atlanl'is  est  un  habitant  des  régions  élevées  et  cal- 
caires; il  vole  en  juin  et  juillc^t.  11  a  paru  rare,  en  1920  et  en 
1921,  et  difficile  à  prendre,  i  .e  papillon  se  pose  par  terre,  sur  les 
pierres  et  sur  les  rochers. 

Aghbalou-Larbi,  Taghzeft,  Djebel-Tisdadine  sont  les  lieux  où 
Harold  Powell  a  observé  le  Satyrits  Allanhs. 

J'ai  fait  reproduire  par  les  procédés  photographiques,  sur  les 
PI.  E.  et  I'  du  Vol.  XVU,  Planches,  des  Etudes  de  Lépïdoptéro- 
logie  comparée,  la  Q  et  le  cf  du  Sa/ ynis  Allautis,  Austaut,  avec 
la  désignation  erronée  de  Sa/yns  Miiroayina,  Meade-Waldo. 
Ainsi  que  je  l'expose  ci-dessus,  le  nom  :  AiLnilis  est  celui  qui 
doit  être  appliqué  au  Satyrits  en  question. 

M.  AUuaud  a  capturé  un  superbe  cf  très  grand,  frais  et  vive- 
ment coloré  dans  la  haute  vallée  de  la  Reraya,  en  juin  1921. 


Satyrus  Abdelkader,  Pierret,  var.  Nelvai,  Seitz,  et  Lambes= 
sanus,  Stgr. 

Atlas  (Glaoui),  selon  Vaucher. 

Versant  sud  du  Taghzeft  (Moyen-Atlas  marocain),  août  1920. 

J'ai  publié  dans  le  Vol.  XVIII,  Part.  I,  des  Etudes  de  Lépidop- 
térologie  comparée,  sur  les  PI.  J  et  K,  la  reproduction  photogra- 
phique du  Satyrus  Abdel hader-l^elval  cfcf  et  Q  O  du  Maroc  et 
j'ai  consacré  à  l'explication  de  ces  Planches  J  et  K  une  notice, 
aux  pages  S --54  de  l'ouvrage  précité.  Je  prie  le  Lecteur  de  vouloir 
bien  s'y  reporter. 

Harold  Powell  a  trouvé  le  Satyrus  A bdelkader-N elvai  dans  des 
pentes  couvertes  d'alfa,  au  sud  du  Taghzeft.  Ce  Satyrus  volait 
en  même  temps  (\\xActaea.  Celui-ci  semblait  plus  rare;  Abdelkader 
était  abondant,  seulement  difficile  à  approcher.  Il  en  a  été  pris 
10  exemplaires,  le  15  août;  malheureusement  plusieurs  étaient 
déchirés. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  79 


Dans  les  Transactions  of  the  entoviol.  Society  of  London,  1905, 
p.  371;,  Meade-Waldo  dit  qu'il  a  vu  communément  ce  bel  insecte 
(il. s'agit  à'Abdelkader  et  non  de  Nelvai)  sur  le  Tizi-Gourza; 
mais  il  se  trouvait  sur  un  terrain  tellement  mauvais  qu'il  n'a  pu 
prendre  que  2   Q  Q  défraîchies,  le  11  juillet  1901. 

M.  Alluaud  a  pris  de  nouveau  le  Satyrus  Abdelkader-Lambes- 
sanns  dans  le  Grand- Atlas,  au  col  de  Tamatert,  par  2.200  mètres 
d'altitude,  en  juin  192 1  ;  mais,  comme  pour  Meade-Waldo,  ((  on 
suc  h  bad  groimd,  he  was  only  able  to  take  two  spécimens.  ^) 

Ce  qui  est  curieux,  c'est  que  les  deux  échantillons  de  ce  Satyrus 
Abdelkader,  pris  dans  le  Grand-Atlas,  appartiennent  à  la  forme 
Lanibcssanus,  Stgr.,  et  nullement  à  la  forme  oranaise  qui  est  la 
forme  initialement  décrite.  Il  est  vrai  que  c'est  au  mois  de  juin 
que  M.  Alluaud  a  capturé  Abdelkader  Lambessanus  et  juin  n'est 
pas  encore  l'époque  oii  éclôt  Abdelkader  type,  en  Oranie. 

Dans  le  Catalog  içoi,  Staudinger  et  Rebel  donnent  Oran  et 
Marocco  pour  patrie  à  Abdelkader  type. 

Peut-être  feu  Staudinger  a-t-il  reçu  Abdelkader  type,  non  seu- 
lement de  la  province  d'Oran,  mais,  en  outre,  de  quelque  partie  du 
Maroc?  Nous  ne  le  savons  cependant  pas  avec  certitude.  Si  toute- 
fois il  en  était  ainsi,  les  trois  formes  connues  du  Satyrus  Abdel- 
kader se  rencontreraient  au  Maroc  :  Abdelkader  type  conforme 
à  la  forme  d'Oran,  Lambessanus  et  Nelvai. 

En  ce  qui  nous  concerne,  nous  sommes  siirs  que  Nelvai  et  Lam- 
bessanus, qui  ont  été  trouvés  dans  l'Est-Algérien  et  non  encore 
dans  l'Ouest-Algérien,  habitent  au  Maroc  :  Nelvai,  dans  le 
Moyen-Atlas,  Lambessanus,  dans  le  Grand-Atlas. 

Melanargia  Liicasi,  Rambur. 

Très  commune  sur  le  plateau  entre  El-Hajeb  et  Ito  et  dans  la 
forêt  d'Azrou,  en  juin  et  juillet  1920  et  1921.  —  Très  abondante 
aussi  au  Djebel-Hebbri,  au  Djebel-Tisdadine  et  au  Djebel- 
Hayane. 


80  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

M.  Alluaud  a  pris  Melanargia  Lucnsi  dans  son  excursion  au 
sud  du  Maroc,  en  juin  J921. 

\.^. Melanargia  Lucasi,  sans  doute  forme  barbaresque  de  Mela- 
nargia Galathea,  s'élève  jusqu'à  2.400  mètres  dans  le  Moyen- 
Atlas.  Harold  Powell  n'a  pas  observé  la  Melanargia  Liicasi  dans 
la  forêt  de  Mamora,  ni  dans  le  Zehroun.  Un  caractère  intéressant 
chez  la  Melanargia  Lucasi  est  la  continuité,  en  une  largeur  plus 
grande  que  chez  Galathea,  de  la  bande  médiane  maculaire  des 
ailes  mférieures,  en  dessous.  Blachier  fait  remarquer  l'importance 
de  ce  caractère  {Annales  Soc.  en/.  France,  1908,  p.  215). 

Le  vol  de  Melanargia  Lucasi,  au  Maroc,  est  le  même  que  celui 
de  sa  congénère  Galathea^  en  Europe.  Nous  partageons  tout  à  fait 
l'opinion  de  Blachier  lorsqu'il  dit  {loc.  cit.,  p.  214)  :  les  exem- 
plaires de  M  clan.  Lucasi  que  j'ai  vus,  provenant  les  uns  de 
Tan^-T,  les  autres  du  sud-marocain,  sont  moins  différents  du 
Galathea  de  l'Europe  centrale  que  ce  n'est  le  cas  pour  le  Lucasi, 
d'Algérie.  Les  L.ucasi  du  Maroc  sont  en  quelque  sorte  intermé- 
diaires entre  Galathea  type  et  Lucasi  d'Algérie  (Lambèze). 

Melanargia  Inès,  Hoffm.,  et  var.  Jahandiezi,  Obthr. 

Ne  paraît  pas  abondante  au  Zehroun  où  on  la  trouve  par  petites 
colonies  isolées. 

Habite  aussi  le  plateau  de  Dkrissa,  entre  Mrassine  et  Meknès. 
Il  y  a  de  grands  exemplaires,  mais  n'atteignant  toutefois  pas  la 
taille  de  ceux  de  l'Oued-Yquem,  entre  Casablanca  et  Rabat.  Ces 
Melanargia  sont  de  taille  sensiblement  supérieure  aux  échantillons 
du  Zehroun.  Ils  sont  très  peu  mélanisants. 

On  trouve  deux  formes,  une  à  fond  des  ailes  blanc,  l'autre  à 
fond  jaunâtre. 

Les  15  et  16  juillet  1921,  Harold  Powell  a  trouvé  Mela- 
nargia Inès  sur  les  pentes  et  au  sommet  du  Djebel-Hayane,  par 
2.400  mètres.  Malheureusement  le.->  spécimens  étaient  passés.  Ils 
étaient  de  taille  moyenne. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  8l 

M.  Ch.  Alluaud  a  trouvé  au  Grand- Atlas  (Haute  Vallée  de  la 
Reraya,  entre  1.600  et  1.800  mètres,  une  forme  très  mélanisante 
qui  était  abondante.  Les  exemplaires  étaient  tous  semblables  entre 
eux. 

D'accord  avec  M.  Alluaud,  qui  désirait  que  l'une  de  ses  nou- 
veautés lépidoptérologiques  fût  dédiée  à  MM.  les  frères  Jahan- 
diez,  savants  botanistes,  ses  aimables  compagnons  dans  son 
voyage  au  Grand-Atlas,  en  juin  1921,  j'ai  distingué  cette  forme 
mélanienne  de  Me.lanargia  Inès  par  le  nom  de  ] ahandiezï. 


Melanargia  Syllius,  Herbst. 

Un  seul  exemplaire  Q  pris  au  Tizi-N'foucht,  aux  environs  de 
Timhadit,  le  15  juillet  192 1. 


Pararge  Megera,  Linné. 

Moyen-Atlas;  Timhadit;  Vallée  d'Aïn-Toumlilme;  Djebel- 
Tisdadine,  en  août  1920. 

Zehroun  et  Région  de  Meknès,  en  janvier,  février  et  mars  192 1. 

La  forme  marocaine  de  Pararge  Megera  ne  semble  pas  différer 
de  celle  que  nous  trouvons  en  France. 

M.  Ch.  Alluaud  a  trouvé  le  Pararge  Megera  dans  le  Grand- 
Atlas,  jusqu'à  une  altitude  de  2.400  mètres. 


Pararge  Maera,  Linné,  var.  Alluaudi,  Obthr. 

Il  y  a,  au  Maroc,  deux  races  de  Pararge  Maera;  elles  sont  tout 
à  fait  différentes  l'une  de  l'autre. 

La  forme  Alluaudi  Obthr.,  a  été  découverte  par  M.  Charles 
Alluaud,  à  qui  j'ai  le  plaisir  de  la  dédier,  dans  la  Haute  Vallée 
de  la  Reraya,  en  juin  1921. 


82  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

11  a  pris  un  seul  spécimen  très  frais,  dont  il  a  bien  voulu  enrichir 
ma  collection,  au-dessus  du  village  d'Arround,  par  2.000  mètres 
d'altitude. 

C'est  un  Salyre  de  grande  taille,  ressemblant  en  dessus  à  la 
var.  sicula,  Stgr.,  mais  plus  grand  et  plus  obscur.  A  Fusio  (Tessm) 
et  dans  les  Alpes-Maritimes,  on  rencontre  des  Salyrus  Maera  assez 
analogues,  pour  le  dessus  des  ailes,  à  la  forme  Alhiaudi.  Celle-ci 
est  distincte,  pour  le  dessous  des  ailes,  des  formes  précitées  de 
Fusio,  des  Alpes-Maritimes  et  de  Sicile;  en  effet,  chez  ces  trois 
formes,  le  dessous  des  ailes  inférieures  est  gris  argenté  clair, 
tandis  que,  chez  Alhiaudi,  le  fond  des  ailes  inférieures,  en  des- 
sous, est  d'un  brun  presque  aussi  obscur  t^ue  chez  la  variété  Mono- 
tonia,  Schilde,  d'Esthonie.  Ladite  Monotonïa  est  plus  petite  et 
en  dessus  plus  obscure  qn' Alhiaudi. 

Une  très  intéressante  particularité,  chez  AUiiaudi,  est,  aux  ailes 
supérieures,  en  dessous,  les  deux  taches  ovalaires  bien  nettes  et 
bien  formées,  au-dessous  du  gros  ocelle  noir  subapical,  pupille  de 
blanc  et  accompagné  de  trois  satellites,  l'un  inférieur,  les  deux 
autres  supérieurs. 

La  massue  des  antennes,  en  dessous,  est  soulignée  de  blanc  vif, 
ce  qui  ne  s'observe  pas  chez  les  races  italiennes.  Mais  la  race  Moiio- 
toîiia  présente  cette  même  particularité. 

La  capture  de  Pararge  Alluaiidi  suscite  pour  moi  l'interroga- 
tion suivante  :  Les  deux  Pararge  marocains  :  Allitaudi  et  Neva- 
densis,  semblant  l'antithèse  l'un  de  l'autre,  appartiennent-ils 
cependant  à  une  seule  et  même  Espèce? 

Pararge  Maera,  Linné,  var.  Nevadensis,  Obthr.  (PI.  DXXXII, 
fig-  4423,  4424)- 

De  Graslin  avait  rapporté  de  la  Sierra-Nevada  d'Andalousie 
une  paire  de  très  petits  échantillons  de  Pararge  Maera  var. 
adrasla,  dont  le  cf  avait  été  capturé  le  25  août  1835  et  la  Q  le 
18  août  de  la  même  année.  Cette  petite  forme  andalouse  a  été 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  83 

très  sommairement  décrite  par  moi  avec  le  nom  de  Nevadensis, 
à  la  page  371  du  Vol.  111  des  Eludes  de  Lépidoptérologie  com- 
parée. L'Allemand  Cari  Ribbe,  qui  a  publié  dans  Iris  Dresden, 
XX m,  un  travail  intitulé  :  Beïtraege  s2i  eïner  Lepid o pte ren-F aiina 
von  Andalnsien,  n'a  pas  connu  le  Pararge  M  aéra  de  la  Sierra- 
Nevada.  En  effet,  on  peut  lire  (p.  166)  ces  mots  :  «  Wir  fmgen 
niaera  nicht  ".  Ribbe  cite  bien  le  nom  de  Voigt  à  qui  il  emprunte 
le  renseignement  suivant  :  ;<  Voigt  gibt  Februar-Oktober  fur 
Granada  an  ».  De  même,  pour  la  var.  Adrasta,  le  même  Ribbe  se 
borne  à  dire  :  (c  SoU  ebcnialls  bei  Mâlaga  Anfang  Juli  gefangen 
worden  sein.  Voigt  gibt  Granada,  die  Sierra-Nevada  und  Walker 
Mâlaga  (April)  an.  Als  Fundorte  in  Spanien  wurden  mir  Bilbao 
und  Asturien  bekannt.  Nach  JVlendes  auch  in  Portugal  (Juli- 
August)  )'.  De  tout  ceci,  il  résulte  que,  personnellement,  Ribbe  n'a 
pas  vu  le  Pararge  Macra  de  la  Sierra-Nevada  et  qu'aucun  nom  ne 
semble  avoir  jusqu'ici  distingué  la  forme  andalouse  de  ce  Saty- 
ride,  en  dehors  de  celui  que  j'ai  moi-même  proposé. 

Or,  comme  cela  a  déjà  été  exposé  plus  haut,  il  y  a  de  grands 
rapports  entre  la  faune  des  Lépidoptères  d'Andalousie  et  du 
Maroc.  En  effet,  H.  Powell  a  pris,  à  Timhadit  et  au  Djebel- 
Tisdadine,  en  août  1920,  4  dd  et  4  Q  g  d'une  petite  race  de 
Parayge  Maera,  bien  conforme  à  celle  de  la  Sierra-Nevada  (cf, 
&g.  4423  ;  O ,  fig.  4424),  c'est-à-dire  à  ia  variété  Nevadensis. 
Voici,  en  effet,  en  quels  termes  j'ai  caractérisé  cette  variété  : 
<.  Dans  la  Sierra-Nevada  d'Andalousie,  il  y  a  une  race  grêle  et 
très  petite  d' Adrasta  (  Q  à  disque  fauve),  semblant  une  transition 
entre  Adrasta  et  Megaera  ».  Ce  sont  là,  très  exactement,  les  condi- 
tions de  V Adrasta  du  Moyen-Atlas  marocain,  qui  ne  diffère  du 
reste  point  de  V Adrasta-Nevadensis  andalous. 

Aux  environs  de  Vemet-les-Bains  (Pyrénées-C;rientales),  dont 
la  faune  entomologique  n'est  pas  sans  quelque  analogie  avec  celle 
de  l'Andalousie,  le  Pararge  Macra-Adrasta  est  de  petite  taille  et 
semble  faire  le  passage  entre  la  variété  Nevadensis  et  la  forme  de 
la  France  occidentale. 


84  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Le  Pararge  Maera  est  relaté  de  Tizi-Gourza  par  Vaucher,  avec 
cette  mention  :  une  Q  ayant  le  fauve  plus  étendu  que  dans  le 
type. 

Harold  Powell  a  repris  le  Pararge  Maera-nevadensis  au  Djebel- 
Hayane,  vers  2.300  mètres,  le  16  juillet  192 1.  Le  papillon  com- 
mençait à  passer.  Il  voltigeait  autour  des  rochers  calcaires. 


Pararge  Aegeria,  Linné. 

Vallée  d'Aïn-Toumlilme,  août  1920  ;  Djebel-Tisdadme  ;  Tim- 
hadit,  en  août;  Foret  d'x\zrou,  en  automne  1920;  Zehroun,  Mras- 
sine,  en  mars  192 1. 

La  forme  marocaine  est  tout  à  fait  conforme  à  celle-  de 
l'Algérie. 

L'Espèce  est,  comme  partout  où  elle  habite,  assez  abondante. 
Elle  aime  les  sentiers  couverts  et  se  pose  sur  les  buissons. 


Epinephele  Ida,  Esper. 

Tanger  (Olcèse). 

Oued-Djidda,  le  13  juin  192 1. 

A  Azrou,  l'Espèce  était  passée  en  juillet  1920. 

Harold  Powell  a  trouvé,  à  la  fin  de  mai  1921,  V Epinephele  Ida 
à  Chabat-el-Hamma,  où  le  papillon  voltigeait  autour  des  buissons 
de  palmier  nain  et  se  réfugiait  dans  la  touffe  dudit  palmier,  ce 
qui  le  rendait  difficile  à  prendre. 

En  septembre  1920,  Harold  Powell  a  observé  une  Q  Epine- 
phele Ida  à  Taka-Ichiane,  vallée  de  l'Oued-Oum-er-Rbia  (Région 
de  Kenitra). 

M.  Alluaud  a  trouvé  l'Espèce  abondante  à  Asni,  par 
1.200  mètres,  en  juin   1921. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE  COMPARÉE  85 


Epinephele  Pasiphaë,  Esper. 

Grand-Atlas  (Vaucher). 

Commun  dans  le  Zehroun,  en  avril  et  mai  1921.  Plusieurs 
exemplaires  sont  nés  à  Rennes  de  chrysalides  envoyées  par 
H.  Powell  qui  avait  élevé  les  chenilles  sur  diverses  Graminées 
coriaces.  Elles  ressemblent  beaucoup  plus  aux  chenilles  de  Epi- 
nephele Ida  que  leurs  congénères  de  Provence  ;  surtout  parce  que, 
au  Maroc,  la  ligne  médiodorsale  est  bien  mieux  écrite  sur  les 
premiers  segments  du  corps. 

Pour  le  dessous  des  ailes,  les  Epinephele  Pasiphaë  du  Maroc 
présentent  une  bandelette  de  couleur  crème  généralement  étroite, 
mais  très  nette.  Le  dessus  des  ailes  est  très  obscur,  en  ce  sens  que 
la  partie  basale  des  quatre  ailes  est  très  rembrunie  ;  la  coloration 
brune  et  fauve  est  très  vive. 

L'Espèce  était  abondante,  le  17  mai  1921,  à  l'Oued-Djidda. 
Harold  Powell  a  observé  V Epinephele  Pasiphaë  à  la  fin  du  mois 
de  mai,  dans  la  vallée  nommée  Chabat-el-Hamma,  aux  environs 
de  Tiflet;  mais  les  spécimens  étaient  complètement  passés. 

Epinephele  Jurtina,  Linné. 

Espèce  commune  au  Maroc  et  très  répandue. 

Les  Q  g  sont  superbes  et  très  décorées  de  couleur  jaune  d'or, 
en  dessous. 

M.  Alluaud  a  pris  en  juin  1921,  dans  la  région  de  Marakech, 
une  certaine  quantité  de  Jiiriina  de  très  grande  taille  et  dont  les 
Q  g  sont  particulièrement  richement  colorées. 

Epinephele  Lycaon,  Rott. 

Commun  dans  la  région  montagneuse  (Moyen- Atlas).  La 
forme   marocaine   est   semblable    à   celle   de   l'Algérie   que   j'ai 


86  LÉPIDOPTÉROT.OGIE    COMPARÉE 

appelée  Maiiritanica  et  représentée  sous  les  n"*  2328  (cf)  et  2329 
(g)  de  la  PI.  CCLXXXVII,  dans  le  Vol.  X  des  Etudes  de  Lépi- 
dopiérologie  comparée. 

Y.^Rpmephele  Lycaon  voltige  dans  les  mêmes  localités  que 
Melanargia  Lucasi,  à  Azrou;  il  se  plaît  dans  les  clairières  et  les 
prairies  ;  il  se  pose  volontiers  sur  les  fleurs  de  Scabieuse,  en  juin 
et  au  commencement  de  juillet. 

Charles  Blachier  n'a  pas  connu  V Epinephele  Lycaoïi  marocain 
et  il  a  considéré  V Epinephele  que  j'ai  distingué  avec  le  nom  de 
Nivellei  et  qui  est  une  autre  Espèce,  comme  une  variété  de  Lycaon. 
Aussi  Blachier  s'est-il  complètement  trompé,  lorsqu'il  a  écrit  ce 
qui  suit,  à  la  page  216,  dans  les  Annales  Soc.  cntoui.  France,  1908  : 
H  On  serait  porté  à  croire  que  Epinephele  Lycaon,  si  variable,  doit 
revêtir  au  Maroc  la  livrée  de  celui  d'Algérie  et  ressembler  par 
conséquent  à  la  var.  niauritanica,  Obthr.  Il  n'en  est  rien  et  la  race 
du  Maroc  est  fort  remarquable...  )) 

La  vérité,  c'est  que  Ly caon-M auri l anica  habite  le  Maroc  et  y 
revêt  la  même  livrée  qu'en  Algérie. 

Epinephele  Nivellei,  Obthr. 

Feu  Charles  Blachier  a  rapporte,  à  tort,  comme  variété  niaroc- 
cana,  à  Epinephele  Lycaon  v.  Rott.,  une  Espèce  tout  à  fait 
distincte  de  Lycaon. 

Le  vrai  Lycaon  se  trouve  au  Maroc;  mais  Blachier  en  a  ignoré 
l'existence.  Le  faux  Lycaon,  Rott.,  var.  niaroccavia  (nova),  Bla- 
chier, a  été  figuré  par  Blachier  :  le  cf,  sous  le  n"  5  de  la  PI.  4, 
dans  les  Annales  Soc.  enlom.  France,  1908;  la  Q,  sous  le  n°  8  de 
la  PI.  20,  dans  le  Bidlelin  Soc.  lépidopt.  Genève,  Volume  II,  1910- 

1913- 
J'ai  exposé  aux  pages   50-52  de  l'Explication   des  Planches, 

dans  le  Vol.  XVII  des  Etudes  de  Lépidopiérologie  comparée,  la 

question   Lycaott-Nivellei,  telle   qu'elle  me   paraît  ressortir   des 

faits  eux-mêmes,  et  j'ai  publié,  par  les  moyens  photographiques 

{loc.  cit.,  PI.  E  et  F),  en  dessus  et  en  dessous,  la  représentation 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  8/ 

comparative  de  VEpinephele  Nivellei  (falsè  Lycaon-maroccana, 
Blachier)  et  de  V Epine phele  rectè  Lycaon-mauritanica,  Obthr., 
du  Maroc. 

Le  nom  Lycaon-maroccana,  Blachier,  appliqué  à  tort  à  une 
Espèce  très  distincte  de  Lycaon,  doit  être  rayé  de  la  Nomen- 
clature. Le  Lycaon  marocain  est  la  var.  maiiritanica,  Obthr.,  et  le 
faux  Ly caon-mar 0 ccana  est  le  'Nivellei,  Obthr. 

XJ Epine phele  Nivellei  est  assez  commun  dans  le  Moyen- Atlas. 

H.  Powell  a  capturé  une  bonne  série  d'exemplaires  fraîchement 
éclos  à  Djebel-Hayane  et  à  Djebel-Tisdadine,  les  i6  et  i8  juillet 
1921. 

Coenonympha  Fettigi,  Obthr,  var.  inframaculata,  Obthr. 

H.  PoM/ell  a  pris  un  seul  cf  usé  par  le  vol,  au  fort  de  Toumli- 
line,  le  2  août  1920. 

L'Espèce  a  été  trouvée  dans  le  Grand-Atlas,  par  M.  Vaucher 
(Amizmiz  et  Ourika). 

Meade-Waldo  signale  Coenonympha  Fettigi  de  Imentalla 
(5.500  pieds),  dans  une  seule  localité  où  l'Espèce  était  abon- 
dante, les  8  et  9  juillet   190 1. 

Ch.  Blachier  {Ann.  Soc.  ent.  France,  1908,  p.  216')  a  bien  raison 
de  faire  remarquer  que  le  Coen.  Fettigi,  du  Maroc,  diffère  de  la 
race  algérienne  de  la  même  Espèce,  par  la  grandeur  de  la  tache 
claire  du  dessous  des  ailes  inférieures.  Blachier  ajoute  que  cette 
tache,  qui  s'appuie  sur  la  ligne  transversale,  s'étend  parfois  jus- 
qu'à la  ligne  argentée  subtermmale.  J'en  fais  la  variété  ou  forme  : 
inframaculata,  Obthr. 

Coenonympha  Arcanioides,  Pierret. 

Signalé  par  Vaucher  comme  ayant  été  observé  dans  toute  la 
plaine  marocaine. 

N'a  pas  été  trouvé  au  Maroc  par  Harold  Powell. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 


Coenonympha  Vaucheri,  Blachier. 

Harold  Powell  a  pris,  pour  la  première  fois,  le  i6  juillet  1921. 
la  très  jolie  et  spéciale  Espèce  :  C  oenouyjupha  Vaucheri. 

C'était  sur  le  Djebel-Hayane,  entre  2.300  et  2.400  mètres.  De 
plus,  une  O  a  été  prise  dans  le  ravin  montant  au  Djebel-Tisda- 
dine,  le  18  juillet  192 1.  Malheureusement,  les  papillons  étaient 
déjà  un  peu  passés.  Il  eût  fallu  les  capturer  plus  tôt.  Il  ne  semble 
pas  que  l'Espèce  soit  rare.  Les  Coenonympha  Vaucheri  cfcf  volti- 
geaient assez  nombreux,  derrière  les  abris  de  pierre  construits 
par  nos  soldats  pour  se  couvrir  des  feux  de  l'ennemi  souvent 
assez  entreprenant  dans  cette  partie  du  Moyen-Atlas.  Les  abris 
en  question  ne  protégeaient  pas  seulement  nos  soldats;  ils  proté- 
geaient aussi  les  papillons  contre  le  souffle  du  vent.  Les  C.  Vau- 
cheri jouissaient  ainsi  des  rayons  du  soleil,  sans  avoir  à  souffrir 
de  la  brise  du  sud-ouest,  assez  violente,  le  16  juillet  192 1. 

Ch.  Blachier  a  figuré  les  deux  sexes  de  Coenonympha  Vaucheri, 
en  dessus  et  en  dessous,  sous  les  n"'  i,  2,  3  et  4  de  la  PI.  4,  dans 
les  Ann.  Soc.  ent.  France,  1908.  La  fig.  4  représente  l'ab.  gemini- 
puncta.  L'Espèce  se  trouve  en  juillet  dans  le  Grand-Atlas,  à  une 
altitude  de  3  à  4.000  mètres.  Blachier  l'avait  initialement  décrite 
dans  le  Bulletin  Soc.  ent.  France,  1905,  p.  212. 

De  son  côté,  Meade-Waido  a  donné  une  bonne  figuration  de 
Coenonympha  Vaucheri,  Blachier,  sous  les  n""  i  et  2  de  la 
PI.  XIX,  dans  Transactions  Ent.  Soc.  London,  1905.  Il  indique 
comme  localités  Tsauritz-Entsagauz  et  Tizi-Gourza,  en  juillet,  à 
une  altitude  de  8.500  pieds. 

M.  A.  Vaucher  signale  le  Coenonympha  Vaucheri  de  Ourika 
et  Amizmiz. 

Dans  le  Moyen-Atlas,  comme  l'a  observé  Harold  Pov^ell,  la 
faune  alpine  des  Lépidoptères  paraît  à  une  altitude  moins  élevée 
que  dans  le  Grand-Atlas  qui  est  plus  au  sud.  Il  en  est  de  même 
pour  la  Flore,  d'après  les  observations  de  M.  Jahandiez. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  89 

M.  Ch.  Alluaud  a  pris,  en  juin  192 1,  plusieurs  Coenonymfha 
Vaucheri,  bien  frais,  aux  environs  du  marabout  de  Sidi-Chama- 
rouch,  par  2.400  mètres  d'altitude,  dans  la  haute  vallée  de  Reraya. 
Le  même  Explorateur  a  rencontré  le  Coenonymfha  Vaucheri,  par 
2.000  mètres  d'altitude,  aux  environs  d'Arround,  même  vallée. 


Coenonympha  Pamphilus,  Lmné  (PI.  DXXXl,  fig.  4417). 

Espèce  très  commune  au  Maroc,  comme  partout. 

Présente  deux  formes  saisonnières,  celle  du  printemps  et  celle 
d'été.  Celle-ci  est  grande,  vivement  colorée,  et  souvent  largement 
bordée  de  brun  noirâtre,  ainsi  qu'on  peut  en  juger  par  la  Q 
figurée  sous  le  n"  4417  de  la  PI.  DXXXl. 

Il  arrive  assez  souvent  que  l'ocellation,  aux  ailes  supérieures, 
aussi  bien  pour  la  forme  vernale  que  pour  la  forme  estivale, 
appelée  Lylliis,  Esper,  présente  un  supplément  d'un  et  même  deux 
points  noirs,  finement  pupilles  de  blanc,  surtout  vers  l'angle 
interne,  c'est-à-dire  en  bas  de  l'aile  et  assez  loin  de  la  tache  ocellée 
subapicale  normale.  On  distingue  souvent  ce  pointillé  supplémen- 
taire, sur  le  dessous  des  ailes,  par  transparence  du  dessus. 


go  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE 


LYCAENIDAE 


Zephyrus  Querciis,  Linné. 

Forêt  d'Azrou,  juillet  1920. 

Djebel-Tisckidine,  6-8  août  1920. 

Pas  revu  en  1921. 

Le  Zephyrus  Quercus  marocain  appartient  à  la  forme  algé- 
rienne :  iherica,  Stgr.  Il  voltige  dans  la  forêt  d'Azrou,  autour  des 
chênes-verts;  on  voit  souvent  des  échantillons  posés  sur  les 
feuilles  de  façon  qu'un  même  buisson  peut  servir  de  repos  à  de 
nombreux  papillons.  Lin  coup  donne  au  buisson  fait  envoler  à  la 
fois  plusieurs  Zephyrits  Qjiercus-iberïca  qui  voltigent  alors  comme 
un  léger  nuage  avant  de  se  reposer  de  nouveau  sur  les  feuilles  de 
chêne. 


Thecla  esculi,  Lluebner. 

Les  premiers  exemplaires  ont  été  pris  à  la  fin  de  juin  1920, 
à  la  lisière  de  la  forêt  d'A/rou.  Ils  n'étaient  généreilcment  plus 
très  frais.  La  forme  est  de  grande  taille. 

En  192 1,  la  Theda  esculi  a  paru  commune  d'abord  dans  la 
forêt  de  Mamora,  au  commencement  de  juin,  puis  à  Azrou  et 
dans  la  forêt,  là  où  il  y  a  des  chênes-verts.  La  meilleure  localité, 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  gi 

pour  cette  Espèce,  était  à  l'entrée  de  la  vallée  de  Sebbab,  immé- 
diatement au  sud  du  village  d'Azrou,  près  des  petits  buissons  de 
chênes-verts  autour  desquels  le  papillon  se  plaît  à  voltiger.  Il 
aime  aussi  descendre  sur  les  touffes  cV Eryngiiim;  il  butine  sur 
les  fleurs  de  cette  Ombellifère.  La  Thecla  esculi  a  été  retrouvée 
sur  le  Djebel-Tisdadme,  région  de  Timhadit,  à  environ 
2.000  mètres  d'altitude,  vers  le  i8  juillet   1921. 

La  Thecla  esculi  est  signalée  par  Vaucher,  du  Grand-Atlas 
(Amizmiz  et  Ourika). 

La  forme  marocaine  est  tout  à  fait  terne  en  dessous  ;  les  ailes 
sont  presque  unicolores;  la  Q  se  distingue  du  cf  par  une  éclaircie 
d'un  brun  pâle  sur  le  dessus  des  ailes. 


Callophrys  Avis,   Chapman  (PL  DXXX,  fig.  4406,  4407  et 
4407  bis). 

K'^%^7^  commun  dans  le  Zehroun  en  mars  et  avril  192 1.  La  che- 
nille vit  sur  l'arbousier.  Harold  Powell  a  observé  une  Q  qui 
pondait  sur  cet  arbuste. 

On  distingue  aisément  Avis  de  son  congénère  nibï  par  le 
gïoiind  coloiir  brun  rouge  des  ailes,  en  dessus;  l'absence,  autour 
des  yeux,  du  cercle  blanc  qui  existe  apparent  chez  nibi;  ce  cercle 
blanc  ne  se  laisse  voir  chez  Avis  que  si  on  dénude  l'entour  des 
yeux.  Le  bouton  à  l'extrémité  des  antennes,  chez  Avis,  est  entiè- 
rement orange,  en  dessous,  tandis  que  chez  rubi,  seule,  l'extrémité 
de  la  massue  est  orange.  Aussi,  la  continuité  de  la  ligne  macu- 
laire  blanche,  sur  les  ailes  inférieures,  en  dessous,  distingue  Avis 
de  riibi.  Cette  ligne,  chez  rabi,  quand  elle  existe  • —  (car  elle 
manque  souvent  plus  ou  moins  complètement)  —  est  formée  de 
traits  interrompus.  Il  y  a  encore  plusieurs  autres  caractères  diffé-' 
rentiels  de  détail,  notamment,  chez  Avis,  l'absence  d'une  ombre 
foncée  qui  souligne  intérieurement,  chez  rubi,  la  série  maculaire 
de  traits  blancs. 


92  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


Callophrys  Rubi,  Linné. 

Dans  la  plaine  de  Tanger  à  Mogador  (Yaucher). 

Volait  à  Mrassine,  en  mars  et  avril  1921,  et  était  surtout 
commun  au  col  de  Bab-Rinila,  qui  se  trouve  au-dessus  de  Mras- 
sine. 

Le  Callophrys  rubi  aimait  à  se  poser  sur  les  feuilles  des  buis- 
sons de  cistes,  le  long  du  sentier.  A  cet  endroit-là,  au  contraire, 
Avis  voltigeait  sur  les  arbousiers. 

Chaque  Espèce  manifestait  ainsi  sa  préférence  pour  la  plante 
qu'elle  affectionnait  et  faisait  valoir  sa  différenciation  spécifique 
sur  le  même  terrain  où  elles  se  trouvaient,  lune  et  l'autre,  côte  à 
côte. 

Au  Maroc,  chez  rubï,  les  taches  blanches-  du  dessous  des  ailes 
inférieures  sont  le  plus  souvent  réduites  à  un  ou  deux  petits  traits. 


Thestor  Mauritanicus,  Lucas  (PI.  DXXXIIL  fig.  4429,  4430). 

Environs  de  Rabat  (Ch.  Alluaud). 

Dans  la  plaine,  de  Larache  à  Mogador  (Vaucher). 

Abondant  dans  le  Zehroun,  depuis  janvier;  on  peut  encore 
trouver  des  exemplaires  frais  en  mars. 

La  Q  varie  pour  le  développement  de  la  coloration  rouge  orange 
sur  le  dessus  des  ailes  (fig.  4429,  4480).  Les  cfcT,  en  dessus,  sont 
généralement  unicolores;  cependant,  quelques  échantillons  présen- 
tent au  bord  des  ailes  inférieures,  à  partir  de  l'angle  anal,  une  série 
de  deux  ou  trois  taches  jaune  clair  ou  jaune  orange  plus  ou  moins 
larges. 

Trois  chenilles  ont  été  trouvées,  le  17  avril  1921,  dans  une 
localité  où  le  papillon  voltigeait  deux  mois  auparavant.  Ces 
chenilles,  dont  deux  paraissaient  être  arrivées  à  leur  dernier  stade. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  93 

—  la  troisième  étant  plus  jeune,  —  se  trouvaient  cachées  sous  un 
buisson  de  Fimiana  ghitinosa,  Boissier,  plante  restant  très  peu 
élevée  au-dessus  du  sol  et  dont  les  branches  touchant  la  terre  la 
recouvrent  entièrement. 

Le  buisson  était  entouré  de  plantes  telles  que  YOguefa,  nom 
indigène  du  Scorpiurus  siilcata,  et  d'une  petite  Hippocrepis  à 
gousses  singulièrement  découpées. 

La  petite  chenille,  très  élégante,  de  Thestor  mauritanicus  mange 
les  fleurs  de  V Hippocrepis  midtisiliquosa,  Linné.  Trois  autres 
chenilles,  dans  leur  dernier  stade,  ont  été  trouvées,  le  21  avril,  au 
même  lieu.  Les  chrysalides  obtenues  écloront  sans  doute  l'an 
prochain,  ou  peut-être  l'année  suivante,  en  hiver.  Deux  chenilles 
ont  été  soufflées.  Nous  avons  donné  déjà  la  ûgure  de  la  chenille 
de  Th.  mauritanicus,  sous  les  n"^  4490  et  4491  de  la  PL  CCCI 
dans  le  Vol.  X  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

Thestor  Ballus,  Fabr.  (PI.  DXXXIII,  fig.  4425,  4426,  4427, 
4428). 

Espèce  très  abondante  dans  le  Zehroun  où  elle  paraît  depuis 
janvier  jusqu'en  avril. 

La  race  y  est  très  grande;  les  g  Q  sont  vivement  colorées  en 
rouge  orange,  plus  ou  moins  rougeâtre  ou  jaunâtre  (fig.  4426  et 
4427).  Quelquefois  les  cfcf  présentent  des  rudiments  de  taches 
orangées  sur  les  ailes  supérieures  (fig.  4425).  Harold  Powell  a 
capturé  une  Q  de  la  variété  albinisante  Crosi,  L.  Dupont,  décrite 
dans  le  Bulletin  de  la  Société  entomolo gique  de  France,  1908, 
p.  319,  320.  Comme  cette  variété  Crosi,  qui  est  pour  ainsi  dire 
légale,  puisqu'elle  se  produit  conformément  aux  lois  générales  de 
la  variation  chez  les  êtres  organisés,  n'a  pas  encore  été  figurée,  je 
me  fais  un  agréable  devoir  de  combler  cette  lacune,  sous  le  n°  4428. 

Je  transcris  comme  suit  les  notes  biologiques  concernant  Ballus 
et  que  Harold  Powell  a  prises  au  Maroc,  au  cours  de  son  explo- 
ration. 


94  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Désormais,  c'est  H.  Powell  qui  parle  : 

«  C'est  à  Mrassine  (Zeliroun),  le  24  janvier  192 1,  que  j'ai  vu 
T hestor  Baliiis  pour  la  première  fois,  au  Maroc.  On  venait  de 
passer  une  longue  période  de  belles  et  chaudes  journées.  Les 
conditions  à  Mrassine,  qui  est  situé  sur  le  versant  sud  du  massif 
el  domine  l'immense  plaine  de  Meknès,  sont  plus  méridionédes 
qu'à  Bend-Amar  et  la  nature  du  terrain  et  de  la  Flore  n'est  pas 
tout  à  fait  la  même. 

Ball/ts  volait  déjà  depuis  plusieurs  jours,  comme  le  prouvait 
l'étal  de  certains  individus  capturés,  mais  les  sujets  étaient,  pour 
la  plupart,  très  frais.  J'ai  constaté,  à  la  suite,  que  l'éclosion  de  ce 
papillon  est  très  prolongée  dans  le  Zehroun,  des  individus  frais 
apparaissant  pendant  les  mois  de  février  et  mars  ;  mais  les 
coteaux  sur  lesquels  nous  avons  rencontré  l'Espèce  aujourd'hui 
sont  certainement  les  plus  précoces  de  la  région.  La  note  suivante 
est  extraite  de  mon  carnet  et  se  réfère  à  la  chasse  faite  le  24  janvier: 

«  Accompagné  de  Bachir  et  d'Arafa,  j'ai  chassé,  aujourd'hui,  sur 
les  flancs  de  la  montagne,  au  nord  du  village.  Nous  avons  traversé 
un  grand  cimetière  occupant  un  vallon  sablonneux  et  une  colline 
boisée.  On  y  voit  de  beaux  chênes-verts,  des  Phïllyraca  et  des 
Lentisques  arborescents;  c'est  une  véritable  petite  forêt,  chose  très 
rare  dans  le  Zehroun.  Si  les  arbres  ont  été  respectés,  ici,  c'est  à 
cause  du  cimetière  et  de  la  présence  des  tombes  de  deux  marabouts, 
Sidi  Belkacem  et  Sidi  Bou-Saïd. 

»  Presque  partout  ailleurs,  sur  les  flancs  de  la  montagne,  on  ne 
voit  qu'un  maigre  maquis  de  cistes,  chênes-verts  rabougris,  etc., 
entrecoupé  de  champs  de  vignes  ;  les  seuls  arbres  respectés,  en 
dehors  des  lieux  saints,  sont  les  oliviers,  les  caroubiers  et  les 
micocouliers;  les  micocouliers  ne  croissant  qu'aux  environs  des 
villages.  Dans  le  cimetière,  la  terre  est  très  rouge  et  la  roche 
calcaire  forme  des  excroissances  nombreuses,  surtout  dans  la  partie 
su[3éri(^ure  ;    TJiestor   Balliis,  d'une   forme   grande,   volait   en  bon 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE  95 

nombre,  ce  matin,  entre  les  buissons  de  Lentisque,  de  Cisùis 
albidns  et  de  C.  salvifolius,  se  posant  non  seulement  sur  le  sol, 
mais  aussi,  très  souvent,  sur  les  buissons. 

»  Sur  le  même  terrain  on  voyait  Pieris  Brassicae,  Anthocharis 
Crarneri,  A.  Belemia^  Gonepteryx  Cleo.patra  (usé  par  le  vol  et 
ayant,  sans  doute,  hiverné),  Cyanirïs  Argiohis,  Thàis  Rumina^ 
Pararge  Megaera  et  Thestor  Balliis.  Celui-ci  paraît  être  commun 
et  répandu  sur  la  face  méridionale  de  la  chaîne  ;  nous  l'avons 
rencontré,  par  places,  jusqu'au  point  le  plus  élevé  atteint  ce  matin, 
près  du  col  de  Bab-Rmila.  Sa  plante  nourricière  préférée,  ici,  est 
une  belle  Légumineuse  à  grandes  fleurs  blanches  en  grappe, 
VErophaca  baetica,  Boissier.  Je  n'ai  pas  observé  cette  plante  dans 
les  parties  centrale  et  nord  du  massif. 

»  Les  Indigènes  donnent  le  nom  de  «  Foulia  »  à  VErophaca, 
à  cause  de  la  ressemblance  de  ses  fleurs  avec  celles  de  la  fève. 

»  J'ai  remarqué,  ce  matin,  que  le  T.  Balliis  ne  se  rencontrait 
que  dans  les  stations  —  nombreuses,  d'ailleurs  —  de  VErophaca 
et,  maintes  fois,  j'ai  vu  la  Q  pondre  sur  les  boutons  non  épanouis 
de  l'inflorescence.  UAnthyllis  tetraphylla,  une  des  plantes  nour- 
ricières de  T.  Ballus  à  Hyères,  croît  communément  aux  environs 
de  Mrassine.   » 

Le  lendemain,  25  janvier,  nous  avons  traversé  la  chaîne  méri- 
dionale du  massif  et  le  centre  du  Zehroun  pour  nous  rendre  à 
Beni-Amar.  UErophaca  baetïca  ne  paraît  pas  croître  en  dehors 
des  limites  de  la  chaîne  méridionale;  la  plante  est  commune  sur 
le  versant  nord  de  cette  chaîne  et  dans  la  vallée  qui  la  sépare  de 
la  chaîne  de  Kifane,  mais,  une  fois  qu'on  a  dépassé  Kifane  en 
allant  vers  le  nord  ou  le  nord-est,  on  n'en  voit  plus.  Partout  où 
croît  VErophaca  on  rencontrait  Ballus,  à  la  fin  de  janvier,  même 
dans  le  couloir  du  col  de  Bab-Rmila,  où  l'Espèce  n'était  pas  encore 
abondante  le  25  janvier.  Plus  tard,  Ballus  apparaît  en  assez 
grande  abondance  dans  des  localités  où  ne  croît  pas  VErophaca. 


gÔ  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Je  l'ai  pns  uiie  seule  fois  à  Beni-Amar,  le  30  janvier  1921,  sur  une 
pente  de  colline  habitée  par  T.  Maureianiciis,  dont  l'édosion  a 
débuté  vers  le  10-15  jan\"ier. 

T.  Ballus  est  abondant  sur  différents  points  du  Plateau  des 
Dkrissa,  entre  Meknès  et  Mrassine,  mais  l'éclosion  de  l'Espèce  y 
commence  plus  tard  que  sur  les  pentes  chaudes  de  Mrassine;  en 
revenant  de  Meknès,  le  28  févTier,  j'ai  pris  quatre  individus  très 
purs,  sur  la  pente  nord  du  plateau.  Le  mois  de  février  192 1  a  été 
pluvieux  et  la  température  est  restée  basse.  A  propos  de  Ballus 
je  relève  la  note  suivante,  faite  le  i*^""  mars,  à  Mrassine  :  «  L'éclo- 
sion, interrompue  par  la  longue  période  de  mauvais  temps,  continue 
maintenant.  >  Pendant  tout  le  mois  d^  mars,  T.  Ballus  était 
abondant  et  on  prenait  des  sujets  frais  (^des  Q  Ç>  principalement) 
jusqu'à  la  fin  du  mois. 

La  variété  Q  Crosi  a  été  capturée  le  16  msurs,  à  Mrassine.  J'ai 
noté  ce  qui  suit,  à  la  date  du  16  mars;  je  traversais,  ce  jour-là,  le 
Plateau  des  Dkrissa,  me  rendant  à  Meknès  : 

«  Thestor  Ballus  se  rencontrait,  plus  ou  moins  abondamment, 
tout  le  long  de  la  piste  ;  je  ne  l'ai  j>as  \-u,  cependant,  après  avoir 
passé  le  chantier  de  la  voie  ferrée  Tanger-Fez  (en  construction "*. 
L'Espèce  était  surtout  commune,  et  avec  une  bonne  proportion 
d'individus  frais,  sur  la  pente  gazonnée  recouverte  de  palmiers 
nains,  à  la  descente  sud  du  plateau.  Au  bord  nord  du  plateau,  où 
Ballus  était  abondant  et  frais,  il  y  a  de  cela  17  jours,  on  ne  voyait, 
aujourd'hui,  que  des  spécimens  passés.   » 

L'ne  aberration  cf,  qui  paraît  très  rare,  a  été  capturée,  le  19  mars, 
sur  un  terrain  argileux,  à  la  descente  de  Mrassine  vers  l'Oued 
Sejera;  ce  spécimen  présente,  sur  les  ailes  antérieures,  en  dessus, 
des  édaircies  internennirales  de  couleur  orangée.  J'ai  pris  un 
second  spécimen  de  cette  aberration,  à  caractères  moins  promxicés, 
au  même  endroit 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  97 

Note  du  22  mars  1921  : 

«  Thestoï  Ballus  est  partout  abondant  ;  les  sujets  frais  ne  sont 
plus  bien  nombreux.  Nous  avons  trouvé  un  grand  nombre  de 
chenilles  de  Ballus,  dans  divers  stades,  à  l'intérieur  des  gousses 
de  XErophaca  baetïca;  elles  se  nourrissaient  des  graines.  On  trouve 
une,  deux  ou  davantage  de  ces  chenilles  dans  une  même  gousse. 
Plusieurs  fois,  en  ouvrant  une  gousse,  j'ai  trouvé,  ensemble,  quatre 
ou  cinq  chenilles  de  taille  différente.  La  chenille  pénètre  dans  la 
gousse  en  y  pratiquant  un  trou  adapté  à  sa  taille;  elle  obture, 
ensuite,  ce  trou  avec  une  membrane  de  soie  résistante,  tout  comme 
font  les  chenilles  de  Lycaena  lolas  et  celles  de  Lampides  Baetïcus 
dans  les  gousses  du  Baguenaudier  ;  avec  les  chenilles  de  Ballus, 
on  trouve,  presque  toujours,  une  ou  plusieurs  petites  fourmis, 
enfermées  avec  elles  dans  la  gousse.   » 

Arrivée  à  son  complet  développement,  la  chenille  abandonne  la 
gousse;  les  gousses  abandonnées  sont  souvent  à  moitié  remplies 
avec  les  excréments  des  chenilles.  Il  est  évident  que  la  chenille 
doit  changer  plusieurs  fois  de  gousse  avant  d'atteindre  toute  sa 
taille,  même  si  elle  se  trouve  seule,  car  les  gousses  ne  renferment 
généralement  qu'un  petit  nombre  de  graines  développées. 

Cette  habitude  des  chenilles  de  Ballus,  vivant  sur  XErophaca 
est  bien  différente  de  celle  de  la  chenille  de  la  même  Espèce  vivant 
à  Hyères,  à  découvert,  sur  les  fleurs  du  Bonjeania  hirsuta.  Mais, 
la  chenille  de  Ballus,  dans  le  Zehroun,  ne  vit  pas  uniquement  sur 
XErophaca  baetïca;  elle  se  trouve  aussi  sur  XAnthyllïs  tetraphylla 
et  sans  doute  sur  des  trèfles  et,  dans  ces  cas,  ses  mœurs  sont  sem- 
blables à  celles  de  la  chenille  sur  les  Hauts  Plateaux  Algériens 
et  de  la  Provence. 

La  chenille  s'éloigne  beaucoup  du  point  où  elle  a  vécu,  pour  se 
chrysalider.  Celles  que  j'ai  élevées  en  captivité  ont  erré  pendant 
plusieurs  jours  dans  leur  cage,  avant  de  se  placer  sous  une  pierre 
ou  dans  une  crevasse  du  sol  pour  attendre  la  chrysalidation  ;  elles 
ne  se  transforment  en  chrysalide  qu'une  douzaine  de  jours  après 
avoir  quitté  la  plante  nourricière.  » 


98  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Chrysophanus  Phoebus,  Blachier. 

Grand- Atlas;  Ourika. 

D'après  M.  A.  Vaucher,  la  figure  donnée  par  Blachier  {Annales 
Soc.  eut.  France,  1908,  PI.  4,  fig.  6)  manque  de  noir  aux  ailes  infé- 
rieures. Le  corps  devrait  être  noir  en  entier  et  se  terminer  par  un 
bouquet  de  poils  d'un  roux  vif  se  dirigeant  en  haut.  Mais 
M.  Vaucher  fait  remarquer  que  ce  bouquet  a  bien  pâli  depuis  qu'il 
a  reçu  les  papillons. 

La  description  de  Chrysophanus  Plioebus  est  imprimée  aux 
pages  216  et  217  des  Annales  Soc.  ent.  France,  1908. 

Je  suis  redevable  à  l'obligeance  de  M.  A.  Vaucher  pour  un 
exemplaire  de  Chryso\phanus  Phoebus  qui  manquait  jusqu'ici  à 
ma  collection.  L'Espèce  ne  paraît  pas  avoir  été  retrouvée  depuis 
que  feu  Henri  Vaucher  en  a  fait  la  découverte.  Comme  disait  feu 
Achille  Guenéc,  le  C.  Phoebus  reste  donc  encore  une  des  plus 
grandes  raretés  entomologiques.  C'est,  du  reste,  un  charmant 
Chrysophanus,  de  petite  taille,  mais  très  agréablement  doré  d'or 
feu  et  ponctué  de  noir. 

Ses  antennes  sont  entièrement  noires,  comme  celles  de  Dispar, 
et  non  annelées  de  blanc  et  de  noir,  comme  celles  de  splendens. 


Chrysophanus  Phiaeas,  Linné. 

Moyen- Atlas,  Forêt  d'Azrou,  en  juillet  et  août  1920. 

Région  de  Mrassine,  en  mars  et  avril  192 1. 

Grand- Atlas,  en  juin  1921. 

Les  deux  formes  printanière  et  estivale  sont  très  différentes. 

La  forme  de  printemps  est  sans  caudature  et  d'un  or  rouge  vif 
très  brillant.  La  forme  d'été,  de  plus  grande  taille,  présente  une 
caudature  accentuée,  un  aspect  plus  robuste  et  la  teinte  or  feu 
plus  terne,  moins  brillante  et  brunie. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE  QQ 


Chrysophanus  Gordius,  Sulz. 

Grand- Atlas,  Glaoui  (Vaucher). 

Haute-Reraya,  Arround,  1.800  mètres  d'altitude,  en  juin  1921 
(Ch.  Alluaud). 

Feu  Charles  Blachier  a  signalé  une  forme  spéciale  privée  de 
toute  teinte  violacée  en  dessus  chez  le  çS  et  qu'il  a  appelée  Hera- 
cleana  et  dont  il  a  représenté  les  deux  sexes  sous  les  n°^  i  et  2 
de  la  PI.  20,  dans  le  tome  II  du  Bulletin  de  la  Soc.  lépidoptérolog. 
de  Genève.  La  forme  prise  dans  le  Grand-Atlas,  par  M.  Alluaud, 
est  plus  grande  et  plus  brillamment  colorée  que  ne  l'indique  la 
figuration  publiée  par  Blachier  et  ci-dessus  relatée. 


Cigaritis  Zohra,  Donzel. 
Mogador  (Vaucher). 

Lycaena  Baetica,  Linné. 

Très  commune  dans  la  forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920.  La  chenille 
vivait  dans  les  fleurs  du  Cytisus  Battandierï,  un  des  plus  joilis 
arbrisseaux  de  la  forêt  marocaine.  Le  feuillage  en  est  argenté  et 
les  fleurs  sont  en  grappes  jaunes,  assez  serrées. 

La  Lycaena  Baetica  existe  aussi  dans  le  Zehroun  oii  l'on  voit 
voltiger  les  cTcT  au  sommet  du  point  culminant,  en  avril. 

Lycaena  Telicanus,  Huebner. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet,  août  et  septembre  1920. 

Les  papillons  viennent  souvent  boire  sur  les  places  humides  des 
chemins  ;  on  les  voit  au  milieu  de  beaucoup  d'autres  Espèces  : 
Lycaena,  Syrichthus,  Argynnis  Paiidora,  Satyrus  Alcyone-Maroc- 


100  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 

cana,  etc.,  également  avides  d'un  peu  d'eau  et  de  fraîcheur  dans 
les  heures  chaudes  du  jour. 

La  Lycaena  Telicanus  était  surtout  abondante  dans  la  forêt  de 
Mamora,  où  elle  voltige  autour  des  buissons  de  Cytisus  linifolia. 
Le  papillon,  notamment,  a  été  observé  à  Dar-Salem  et  à  Aïn-Jorra. 


Lycaena  Theophrastus,  Fabr. 

Gada  des  Dkrissa,  en  avril  1921. 

Se  rencontre  partout  où  il  y  a  des  jujubiers  {Zizyphus  lotus), 
en  Barbarie. 

Le  papillon  voltigeait  en  juin  1921  à  l'Oued-Beht  ;  il  était  assez 
commun  à  Taza,  le  28  juillet  1921. 


Lycaena  Jesous,  Guérin. 

Glaoui  (selon  Vaucher). 

N'a  pas  été  trouvée  par  H.  Powell. 


Lycaena   Dorylas,   Huebner  {Hylas,  Esper),  var.  Atlantica, 
Elwes  (PI.  DXXXIV,  fig.  443;,  4438,  4439)- 

Figurée  par  Meade-Waldo,  dans  les  Transactions  of  the  ento- 
niological  Society  of  London,  1905,  sous  les  n°^  5  (cf)  et  6  (q) 
de  la  PL  XIX,  et  avec  le  nom  de  Atlantica,  Elwes  (nov.  var.). 

M.  Vaucher  a  reçu  cette  belle  Lycaena  de  Amizmiz  et  de  Ourika 
(Grand-Atlas). 

Harold  Powell  a  capturé  plusieurs  cfcT  et  g  Q  au  Taghzeft, 
le  17  août  1920. 

C'est  un  papillon  rare,  habitant   la  montagne  calcaire. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  lOI 

Le  cf  est,  en  dessus,  d'un  bleu  clair  ressemblant  bien  plus  à 
Eros  qu'à  Dorylas,  des  Alpes  et  des  Pyrénées.  Sa  taille  est  relati- 
vement moindre. 

La  bordure  noire  est  assez  large.  Aux  ailes  inférieures,  le  long 
du  bord  marginal,  on  aperçoit  distinctement  une  série  de  points 
noirs.  En  dessous,  il  ressemble  assez  bien  à  Dorylas  de  France. 

La  Ç)  se  distingue  par  le  développement  considérable  de  la 
bordure  marginale  orange.  Le  dessous  des  ailes  est  très  beau,  avec 
la  bordure  orange  très  large  et  les  points  ordinaires  gros  et  très 
noirs  aux  ailes  supérieures.  Je  fais  figurer  i  cf  et  2  Q  Q 
pris  par  H.  Powell. 

L'Espèce  a  été  trouvée  par  de  Graslin,  dans  la  Sierra-Nevada, 
en  1835;  la  Q  y  présente  seulement  quelques  traces  de  la  bordure 
orange;  le  cf,  bleu,  a,  comme  du  reste  la  Q,  les  ailes  allongées  et 
élancées,  par  conséquent  très  différemment  de  la  forme  Nivescens 
qui  n'est  pas  rare  dans  les  parties  chaudes  de  la  Sierra  de  Alfakar 
et  à  Albarracin. 


Lycaena  Icarus,  von  Rott. 

Semble  habiter  tout  le  Maroc.  L'Espèce  est  extrêmement 
commune  dans  le  Moyen-Atlas  ;  elle  se  trouve  aussi  bien  dans 
les  vallées  que  sur  les  pentes  et  on  la  rencontre  encore  à  de  très 
hautes  altitudes.  On  peut  dire  que  la  Lycaena  Icarus  vole  à  peu 
près  partout  dans  la  région  du  Maroc  qui  a  été  visitée  par  Harold 
Powell.  Toutefois,  si  elle  est  très  abondante  dans  le  Moyen-Atlas, 
il  n'en  est  pas  de  même  dans  le  Zehroun  où  elle  existait  cependant 
au  printemps  (avril  192 1). 

La  Lycaena  Icarus  affectionne  particulièrement  les  lieux  herbus 
Q\x  croît  le  Lotus,  les  clairières  de  la  forêt  et  les  pelouses  un  peu 
fraîches. 

La  Q  brune  domine  sensiblement;  la  Q  bleuissante  est  beau- 
coup moins  nombreuse.  Le  cf  présente  presque  toujours  une  ponc- 


I02  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


tuation  noire  marginale  aux  ailes  inférieures,  obéissant  ainsi  à  la 
même  loi  de  variation  qui  atteint  en  Barbarie  la  L  ycaena  Bellargus 
{Adonis)-punclifera  et   Dorylas-atlantïca. 


Lycaena  Thersites,   Boisduval   (PI.   DXXXI  ;   cf  fig.  4408, 

4409;   g   fig.  4410,  441 1). 

Koudict-Guenfou,  Région  de  Timhadit  (Moyen-Atlas)  ;  9  août 
1921. 

Djebel  Hebbri,  août  1921. 

La  Lycaena  Thersites,  très  anciennement  distinguée  par  le 
Docteur  Boisduval,  puis  pendant  longtemps  méconnue,  fut,  pour 
ainsi  dire,  redécouverte  par  le  D""  T.  A.  Chapman. 

Elle  n'est  pas  rare  dans  certaines  parties  de  l'Italie  ;  dans  les 
Hautes-Alpes  françaises;  dans  les  environs  de  Gramat  et  Roca- 
madour  (Lot)  ;  dans  le  Valais  (Viège)  ;  en  Castille,  où  la  Q  offre 
parfois  une  variété  superbement  rayonnée  d'un  bleu  vif  et  brillant. 
Sans  doute  on  en  reconnaîtra  l'existence  en  un  grand  nombre 
d'autres  lieux,  maintenant  que  la  redécouverte  de  l'Espèce 
Thersites  commence  à  se  répandre  parmi  les  Entomologistes. 

Elle  n'a  pas  été  observée  jusqu'ici  en  Algérie;  mais  je  pense 
qu'on  pourra  également  l'y  rencontrer. 

Harold  Powell  en  a  trouvé,  dans  le  Moyen-Atlas,  une  colonie 
au  delà  de  la  gorge  de  Guenfou.  La  Lycaena  Thersites  n'y  était 
pas  rare.  C'était  dans  une  vallée  oii  l'herbe  était  très  épaisse;  çà 
et  là  des  cèdres  et  des  genévriers  s'élevaient  sur  les  pentes.  Les 
fleurs  étaient  nombreuses  dans  la  prairie  située  au  fond  du  ravin. 
Harold  Powell  venait  de  Timhadit,  avec  un  groupe  d'environ 
150  cavaliers,  auquel  il  avait  été  autorisé  à  se  joindre;  la  colonne 
ne  s'est  pas  arrêtée  là  plus  de  cinq  minutes;  elle  était  pressée  de 
sortir  de  la  zone  où  une  attaque  des  dissidents  était  possible. 
Quelques  jours  auparavant,  il  y  avait  eu  là  un  petit  combat  qui 
avait  coûté  la  vie  à  quelques  partisans. 


LEPLDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  IO3 

Dès  lors,  la  récolte  fut  rapidement  écourtée  et  le  nombre  des 
exemplaires  capturés  fut  seulement  de  4  cfcf  et  4  Q  Q. 

Par  ailleurs,  Harold  Powell  a  recueilli  çà  et  là  quelques  exem- 
plaires isolés  dans  la  forêt  d'Azrou  et  au  Djebel-Hebbri,  volcan 
éteint  situé  dans  les  hauts  plateaux  du  Moyen- Atlas,  entre  Azrou 
et  Timhadit. 

La  teinte  bleue  des  o*cf  marocains  est  sensiblement  moins 
violacée  que  dans  la  race  italienne,  qui  constituerait,  par  ce  fait, 
une  forme  de  coloration  un  peu  spéciale. 


Lycaena  Allardi,  Obthr. 

M.  H.  Ungemach,  dans  un  voyage  au  Maroc,  a  capturé  dans 
la  vallée  de  Reraya,  entre  1.500  et  2.000  mètres  d'altitude,  un  seul 
exemplaire  cf  d'une  Espèce  de  Lycaena  qui  fait  partie  de  la 
collection  du  Muséum  d'Histoire  naturelle  de  Paris.  Harold 
Powell,  qui  l'a  vue  au  Muséum,  la  rapporte  à  l'Espèce  algérienne  : 
Allardi. 

Haro'ld  Powell  en  a  pris  la  description,  comme  suit  : 

Le  dessus  des  quatre  ailes  est  du  bleu  d'Icanis;  il  y  a  une 
bordure  noire  nette,  assez  étroite  ;  les  franges  sont  blanches  ;  on 
remarque,  sur  les  ailes  postérieures,  une  rangée  antémarginale  de 
petits  traits  noirs. 

En  dessous,  la  couleur  fondamentale  est  d'un  gris  qui  semble 
tenir  le  milieu  entre  la  teinte  du  dessous  des  ailes  de  Martini  et 
(X Allardi.  Toutes  les  taches  noires  sont  cerclées  de  blanc.  Les  ailes 
antérieures  portent  une  grande  tache  discale  noire  et  une  rangée 
subterminale  de  grandes  taches  noires  rondes  ou  de  forme  ovale 
arrondie.  (Il  semble,  toutefois,  que  cette  rangée  de  taches  est  plus 
régulière  que  chez  Allardi.)  On  remarque  quelques  très  faibles 
croissants  antémarginaux  de  couleur  orange,  surmontés  chacun 
d'un  trait  noir  et  d'un  croissant  blanc;  il  n'y  a  pas  de  taches  basi- 


104  LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

laires.  Les  ailes  postérieures  ont  trois  taches  basil aires  noires  et 
un  trait  discal  noir;  la  rangée  subterminale  est  composée  de  huit 
taches  rondes,  noires,  mais  la  septième  tache  (près  de  l'angle  anal) 
semble  être  formée  par  deux  taches  confluentes.  Les  lunules,  de 
couleur  orange,  sont  plus  développées  que  sur  l'aile  antérieure, 
tout  en  restant  assez  petites;  les  trois  dernières  lunules  orangées 
surmontent,  chacune,  une  minuscule  tache  d'un  bleu  pâle.  La  base 
des  ailes  postérieures  est  quelque  peu  saupoudrée  d'écailles  d'un 
bleu  grisâtre.  La  ligne  en  bordure  des  franges  (en  dessous)  est 
d'un  gris  foncé  sur  les  quatre  ailes.  Les  taches  noires  de  l'aile 
postérieure  sont  beaucoup  moins  grandes  que  celles  de  l'aile  anté- 
rieure. La  taille  est  celle  à'Allardi,  de  Sebdou. 


Lycaena  Agestis,  W.  V.  (PI.  DXXXIII,  fig.  4431,  4432,  4433, 
4434)- 

Azrou,  vers  la  lisière  de  la  forêt,  les  26  et  27  juin  1920. 

Forêt  d' Azrou,  en  août  1920. 

Djebel-Hebbri,  en  août  1920. 

Koudiet-Guenfou  (Région  de  Timhadit),  du  9  au  21  août  1920. 

Vallée  d'Aïn-Toumliline,  août   1920. 

Col  du  Taghzeft,  août  1920. 

Espèce  très  commune  dans  le  Moyen-Atlas,  présentant  deux 
formes  qui  paraissent  en  même  temps;  l'une  plus  grande,  avec  le 
dessous  des  ailes  gris  blanchâtre  chez  les  cTcf  ;  gris  aux  supérieures 
et  orangé  clair  aux  inférieures  chez  les  Q  Q  (fig.  4431  et  4432); 
l'autre  plus  petite,  avec  le  dessous  des  ailes  d'un  gris  et  d'un  brun 
beaucoup  plus  foncé  chez  les  deux  sexes  (fig.  4433,  4434)- 

J'ai  sous  les  yeux  35  exemplaires  de  la  race  claire  et  grande 
et  33  de  la  race  petite  et  foncée,  tous  bien  récoltés,  très  frais  et  en 
excellente  condition.  La  race  foncée  ressemble  tout  à  fait  à  la 
figure  2379  de  la  PI.  CCXCI,  dans  le  Vol.  X  des  Etudes  de  Lépï- 
doptérologie  comparée,  d'après  un  exemplaire  de  Corse.  Les  exem- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  I05 

plaires  clairs  ressemblent,  au  contraire,  pour  le  dessous  des  ailes, 
à  la  forme  Nevadensis,  de  la  Sierra-Nevada,  dont  une  paire  est 
représentée  sous  les  n°^  2372  et  2373  de  la  même  PI.  CCXCI.  Il  faut 
seulement  observer  qu'en  dessus  les  Ages  lis  marocains  ont  les 
taches  rouge  orange  subterminales  plus  développées. 

En  1921,  Harold  Powell  a  retrouvé  la  Lycaena  Ageslis,  très 
abondante,  en  descendant  de  la  source  de  Toumliline,  au  commen- 
cement de  juillet.  Les  papillons,  vu  l'intensité  de  la  chaleur,  durant 
le  jour,  venaient  se  réfugier  dans  l'herbe  haute,  à  l'ombre  des 
chênes- verts,  à  la  lisière  des  clairières  de  la  forêt. 

La  grande  forme  n'a  pas  été  trouvée  en  dehors  des  hautes 
montagnes,  tandis  que  la  petite  forme  se  rencontre  aussi  bien  en 
haut  qu'en  bas.  Dans  la  forêt  de  Mamora,  la  petite  forme  a  été 
seule  observée. 

M.  Vaucher  signale  la  Lycaena  Agestis-calida  dans  la  plaine 
marocaine  et  la  forme  ornata  de  la  même  Espèce  dans  l'Atlas, 
G  laoui. 

Harold  Powell  a  observé  que  dans  les  parties  élevées,  où  l'on 
trouve  les  deux  formes,  il  semble  que  la  petite  forme  dure  plus 
longtemps  que  la  grande.  En  effet,  la  grande  forme  disparait 
et  on  ne  trouve  plus  que  la  petite  forme. 

L'opinion  de  certains  Entomologistes  relativement  aux  deux 
formes  ^Agestis  est  que  la  forme  dite  :  calida,  à  dessous  des 
ailes  brun  foncé,  est  la  morphe  estivale,  tandis  que  la  grande 
forme,  plus  pâle  en  dessous,  serait  la  forme  hivernale.  Il  paraît 
certain  que  seule  la  forme  calida  survit  définitivement  vers  la  fin 
de  la  saison,  ainsi  qu'il  est  dit  ci-dessus;  auparavant,  les  deux 
•  formes  se  trouvent  momentanément  ensemble. 

Lycaena  Amanda,  Huebner  {Icarius,  Esper)  (PI.  DXXXIV; 
Q  fig-  4440). 

Cette  jolie  Lycaena  qui,  en  France,  se  rencontre  aux  Alpes- 
Maritimes  et   aux   Pyrénées   orientales   et   centrales,   et   qui,   en 


I06  LKPIDOPTÉROLOniE   COMPARÉE 

Espagne,  a  été  capturée  par  Rambur  et  De  Graslin  dans  la  Sierra- 
Nevada,  où  elle  n'est  pas  rare  sur  les  parties  herbeuses  et  élevées, 
habite  aussi  le  Moyen-Atlas  marocain. 

Harold  Powell  a  recherché  dans  ses  notes,  prises  au  jour  le  jour, 
le  récit  des  circonstances  dans  lesquelles  la  Lycaena  Anianda  a 
été  observée  et  recueillie  par  lui  au  Maroc. 

C'est  ce  document,  où  sont  relates  des  renseignements  intéressant 
aussi  d'autres  Espèces  de  Lycaena  marocaines,  (]uc  le  Eecteur 
trouvera  ci-après  : 

«  Le  printemps  de  l'année  1921  a  été  exceptionnellement  frais 
et  pluvieux  dans  la  moitié  nord  du  Maroc.  Au  commencement  du 
mois  de  juin,  on  constatait  un  retard  de  près  d'un  mois  pour  la 
Flore,  dans  la  forêt  d'Azrou  ;  mais  les  grandes  chaleurs,  (jui  ont 
débuté  vers  le  20  juin,  ont  hâté  les  floraisons  et,  à  la  fin  de  ce 
mois,  les  conditions  étaieiit  redevenues  normales.  Naturellement, 
l'éclosion  des  Lépidoptères  s'est  trouvée  retardée  pour  la  même 
cause  et,  grâce  à  ce  fait,  j'ai  pu  prendre,  à  Azrou,  dans  la  dernière 
dizaine  de  juin  192 1,  des  papillons  qui  étaient  complètement 
passés  ou  bien  déjà  très  défraîchis  à  pareille  époque  de  l'année 
précédente. 

Parmi  les  Espèces  rencontrées  dans  la  dernière  moitié  de  juin 
192 1,  et  dont  je  n'ai  pas  vu  un  seul  exemplaire,  en  1920,  se  trouvent 
les  Lycaena  Amanda  et  Semiargiis. 

U Atnanda  vole  en  plusieurs  endroits  de  la  forêt  d'Azrou,  mais 
je  ne  l'ai  trouvée  commune  nulle  part.  Le  17  juin,  au  matin,  je 
remontais  la  vallée  de  Sebbab,  —  très  verte  et  très  fraîche  à  cette 
époque,  —  quand  j'ai  vu  une  grande  Lycaena  bleue  à  reflets 
c]uelque  pou  argentés  et  métalliques,  volant  autour  d'une  place 
humide  du  sentier.  Avec  cette  Lycaena,  se  trouvaient  de  nombreux 
Syriclithus  Numida  et  Armorie  amis,  ainsi  que  des  Pierïs  rapae  et 
quelques  Argynnis  Pandora.  J'ai  pu  capturer  la  Lycaena,  qui  était 
un  cf  assez  frais  dWmanda.  En  redescendant  la  vallée,  une  heure 
et  demie  plus  tard,  j'ai  pris,  à  la  même  place  humide,  un  second  cf 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  lo; 

^Amanda,  plus  frais  que  le  premier,  et  j'ai  manqué  un  troisième. 
Au-dessus  du  sentier,  en  cet  endroit,  se  trouvait  une  très  petite 
prairie  d'herbe  haute  et  bien  verte,  très  en  pente;  j'ai  pensé  que 
les  Lycaena  Amanda  pouvaient  venir  de  la  prairie,  mais  une 
exploration  de  ce  côté  n'a  donné  aucun  résultat. 

Ce  n'est  que  le  25  jum  que  j'ai  pu  retourner  dans  la  vallée  de 
Sebbab;  je  l'ai  atteinte  à  un  point  bien  plus  haut  que  la  localité 
où  les  deux  premiers  cfcf  d' Amanda  avaient  été  capturés,  et  aucun 
individu  de  cette  Lycaena  n'a  été  vu  ce  jour,  avant  d'arriver  à  la 
source  de  Toumliline.  Autour  de  la  source  principale  voltigeait 
un  cT  qui  a  été  pris.  Il  y  a,  en  cet  endroit,  de  nombreuses  petites 
sources  très  fraîches,  naissant,  les  unes  dans  une  prairie  humide  à 
herbe  haute,  les  autres  au  pied  de  rochers  calcaires,  plus  haut  et  un 
peu  vers  l'ouest.  C'est  une  superbe  localité  pour  les  Lycaena,  les 
Syrichthiis  et  les  Adopaea  Lineola.  Par  ci,  par  là,  au  bord  des 
petits  ruisseaux  qui  s'épandent,  par  places,  sur  des  gros  blocs  de 
calcaire  et  de  tuf,  on  voit  de  véritables  essaims  de  ces  petits 
papillons,  pendant  les  chaudes  journées  de  juin.  Parmi  les 
LyCaenïdcs,  Lycaena  Bcllargns,  L.  Icanis  et  L.  Agestis  {Medon') 
sont  les  plus  abondantes  ;  on  y  remarque  aussi  Larnpïdes  Baelicus, 
Lycaena  Hylas  {Dorylas),  var.  Atlantica,  L.  Lorquinïi  et 
'Z-.  Amanda,  mais  ces  trois  dernières  Espèces  sont  assez  rares. 
Ce  jour,  25   juin,  j'y  ai  pris  un  seul  exemplaire  de  L.   Fatma. 

Aucune   Q   d' Amanda  n'a  été  aperçue  aujourd!hui. 

Le  28  juin,  un  cf  ^Amanda  a  été  capturé  dans  un  petit  ravin 
non  loin  de  la  Scierie  de  l'Atlas  ;  il  était  frais,  mais  il  s'était  sans 
doute  égaré  de  la  forêt,  distante  d'environ  i  kil.  500  de  ce  point. 
L'Espèce  a  été  revue,  le  30  juin,  volant  au-dessus  de  l'herbe  haute, 
dans  la  belle  clairière  appelée  Lyautey  et  qui  est  entourée  de  hauts 
cèdres  (*);  Amanda  volait,  là,  avec  L.  Semiargus,  mais  en  très 
petit  nombre. 


(*)    Une  nutre   clairière,   connue  sous  le  nom  de  clairière  Gouraud,   se   trouve 
plus  haut  dans  la  Forêt  d'Azrou. 


I08  LÉPIDOPTÉROI.OGIE    COMPARÉE 

Au  commencement  de  juillet,  j'ai  pris  une  Q  (la  première), 
dans  la  vallée  de  Sebbab,  au  bord  d'une  prairie  qui  commençait 
déjà  à  se  dessécher.  Cette  Q,  envahie  de  bleu  et  avec  les  bandes 
oranges  marginales  bien  développées,  n'était  plus  fraîche.  J'ai  vu 
une  autre  Q,  celle-là  brune,  dans  la  même  prairie,  mais  elle  s'est 
envolée  dans  le  ravin  ;  elle  était  également  passée.  Dans  une  toute 
petite  clairière  de  la  forêt,  près  du  Douar  de  Garde,  j'ai  pris, 
le  6  juillet,  deux  cfcf  assez  frais  et  une  Q  brune  en  loques;  chez 
elle,  les  taches  oranges  antémarginales  étaient  larges,  comme  chez 
les  deux  autres  g  g  rencontrées.  Elle  était  en  si  mauvais  état 
que  je  ne  l'ai  pas  conservée. 

La  plante  la  plus  abondante  dans  la  petite  clairière  en  question 
était  une  1  ^kia  à  fleurs  bleues  que  je  crois  devoir  être  la  nourriture 
de  la  chenille  d'Amûnda.  Cette  plante  a  été  déterminée  par 
M.  E.  Jaliandiez;  c'est  la  T'zVw  tcniufolui  Rotli.,  \ar.  vil l osa  Batt. 
et  Trabut..  )> 

Dans  les  Annales  de  la  Société  entoniologïqae  de  France,  1905, 
p.  218,  feu  Blachier  disserte  sur  la  race  marocaine  de  la  Lycaena 
Amanda  et  la  distingue  par  le  nom  de  Abd-el-Azis.  Il  signale 
la  g,  remarquable  par  le  nombre  et  la  grandeur  des  lunules  fauves 
en  dessus. 

L'une  des  g  que  Blachier  avait  sous  les  yeux  montrait  ses  quatre 
ailes  saupoudrées  d'écaillés  d'un  beau  bleu  métallique.  Cette 
couleur,  dit  Blachier,  s'étend  sur  les  inférieures  et  jusqu'aux  lunules 
fauves.  Il  donne  à  cette  forme  g,  qui  est  très  belle,  le  nom 
de  aziirea. 

Mais  il  ne  la  fait  point  figurer.  Cette  lacune  est  comblée  dans 
le  présent  ouvrage,  au  moyen  d'un  échantillon,  malheureusement 
un  peu  usé  par  le  vol,  pris  par  H.  Powell,  et  dont  je  confie  la  repré- 
sentation au  talent  de  mon  ami  Culot. 

Lorsque  cette  g  Lycaena  Amanda- Abdelazis-azurea  est  bien 
fraîche,  ce  doit  être  un  suj>erbe  papillon. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  I09 


Lycaena  Bellargus,  Esper  {Adonis,  Fluebner). 

Foum-Kheneg,  20  septembre  1920. 

Forêt  d'Azrou,  dans  les  parties  calcaires,  en  septembre  1920, 
et  auparavant  en  juillet  1920  (une  q). 

Vallée  de  Toumliline,  près  de  la  source  et  des  suintements, 
fin  juin  1921. 

L'Espèce  est  assez  abondante  dans  le  Moyen-Atlas.  Elle  appar- 
tient à  la  race  piinctifera,  Obthr.  Il  y  a  des  cfcf  de  grande  taille 
et  d'une  teinte  bleue  un  peu  verdâtre  sous  une  certaine  incidence 
de  lumière.  Quelques  cfcf  sont  ornés  de  taches  rouge  ponceau 
surmontant  les  points  noirs  qui  sont  fortement  développés  près 
du  bord  des  ailes  inférieures. 


Lycaena    Vogelii,    Obthr    (PI.    DXXX;    cf,   fig.   4399;    g, 
fig.  4400). 

C'est  une  des  plus  remarquables  découvertes  de  Harold  Powell 
au  Maroc. 

Comme  je  l'expose  aux  pages  55-58  dans  le  Volume  XVII- 
Planches  des  Etudes  de  Lépidopiérologie  comparée,  où  se  trouvent 
relatées,  avec  la  description  de  la  nouvelle  Espèce,  les  circonstances 
de  sa  capture,  la  Lycaena  Vogelii  a  été  dédiée  à  M.  le  Commandant 
Vogeli,  Inspecteur  des  Eaux  et  Forêts  de  la  subdivision  de 
Meknès,  comme  souvenir  de  gratitude  pour  les  services  rendus  à 
M.  Harold  Powell  et  au  développement  de  nos  connaissances 
entomologiques  marocaines. 

La  plante  qui  doit  nourrir  la  chenille,  puisque  la  Q  a  été  vue 
pondant  sur  ses  feuilles  jaunies  et  presque  desséchées,  est  Erodium 
cheilantifolium,  Boissier. 

Les  fleurs  sur  lesquelles  le  papillon  aimait  à  se  poser  sont  celles 
de  Ahinc  jiiucronata,  Linné. 


no  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


Harold  Powell  avait  rapporté  à  Azrou  quelques  pieds  de 
\ Lrodiuui  qu'il  a  mis  en  pot.  La  plante  a  très  bien  repris  et  c'est 
sur  ses  feuilles  qu'il  a  essayé  d'élever  la  petite  chenille  sortie  de 
l'œuf  qu'il  avait  vu  pondre.  Cette  chenille  a  malheureusement  péri 
à  la  hn  du  premier  stade.  Harold  Powell  en  a  pris  une  aquarelle 
qui  est  reproduite  dans  le  présent  Volume  XIX.  Quant  aux 
plantes  rapportées  du  Taghzeft  en  1920,  elles  se  portaient  encore 
très  bien  à  Azrou,  en  juin  1921. 

Malheureusement,  le  col  de  Taghzeft  encore  accessible  en  août 
1920,  grâce  à  la  colonne  qui  campait  aux  proches  environs  à  cette 
époque,  n'était  plus  occupé  par  nos  troupes  en  juin  et  juillet  192 1. 
Dès  lors,  il  était  devenu  impossible  de  monter  au  col  et  d'y  faire 
la  chasse  aux  papillons,  à  cause  de  l'attitude  hostile  des  Marocains 
dissidents  répandus  partout,  dans  le  voisinage,  sauf  à  Aghbalou- 
Larbi  où  il  y  avait  un  poste  fortifié  que  les  Marocains  n'abor- 
daient pas. 

La  découverte  de  la  Lycaena  Yogelii  a  donc  dépendu  d'une 
circonstance  heureuse  qui  a  permis  à  H.  Powell  d'accéder  au  col 
de  Taghzeft,  par  une  température  assez  favorable  et  au  moment 
même  de  l'éclosion  du  papillon.  Si  la  première  journée  où 
H.  Powell  a  pu  se  rendre  au  col  de  Taghzeft  avait  été  sans  soleil, 
nous  aurions  été  privés  de  la  connaissance  de  cette  jolie  nouvelle 
Espèce;  il  en  eût  été  probablement  de  même  si  l'ascension  au  col 
avait  eu  heu  quinze  jours  plus  tôt  ou  plus  tard.  Il  est,  en  effet, 
probable  que  :  ou  bien  l'Espèce  n'aurait  pas  encore  été  éclose,  ou 
bien  qu'elle  aurait  déjà  disparu.  La  découverte  d'une  Espèce  de 
papillon  tient  souvent  à  peu  de  chose  et  cela  nous  laisse  penser 
que  bien  d'autres  Espèces  localisées,  ne  s'écartant  guère  du  lieu  de 
leur  naissance,  restent  encore  à  découvrir  au  Maroc. 

La  Lycaena  Vogelii  constitue  une  unité  spécifique  tout  à  fait 
spéciale  et  distincte  de  toutes  les  autres  Espèces  de  Lycaena  que 
je  connais. 

Les  figures  publiées  sous  les  n'"*  4399  (cf)  et  4400  (  q)  sont  très 
exactes  et  rendent  très  bien  l'aspect  si  particulier  de  la  Lycaena 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  I  I  I 

Vogelii,  brune  en  dessus  et  grise  en  dessous,  avec  de  gros  points 
noirs  finement  cerclés  de  blanc,  et,  en  dessus  comme  en  dessous, 
une  ligne  marginale  orangée,  partant  du  bord  costal  subapical  des 
supérieures  pour  aboutir  à  l'angle  anal  des  inférieures. 


Lycaena  Fatma,  Obthr. 

Un  seul  exemplaire  fut  pris  à  la  source  de  Toumliline,  le  25  juin 
192 1,  comme  il  est  rapporté  dans  la  notice  relative  à  Lycaena 
A  manda. 

M.  Alluaud,  en  juin  1920,  avait  aussi  trouvé  la  Lycaena  Fatma 
dans  le  Moyen-Atlas,  au-dessus  de  Aïn-Leuh. 

La  Lycaena  Fatma,  à  cause  de  l'effet  produit  par  la  série  de 
taches  marginales  rouge  orangé  chez  les  deux  sexes,  est  une  des 
plus  jolies  Espèces  du  Genre  Lycaena. 


Lycaena  Abencerragus,  Pierret. 

Gada  et  Plateau  des  Dkrissa,  en  avril  1921. 

Lycaena  Lysimon,  Huebner. 

Seguias  de  la  Vallée  de  l'Oued-Tigrigra,  en  juillet   1920. 

Ben-Smim,  village  indigène  situé  à  une  dizaine  de  kilomètres 
au  nord-est  d'Azrou,  le  11  octobre  1920. 

Azrou,  en  octobre  1920. 

La  Lycaena  Lysimon  se  plaît  dans  l'herbe  verte  au  bord  des 
Seguias.  Ce  n'est  pas  une  Lycaena  bien  commune.  Elle  se  trouve 
par  petites  colonies  d'une  demi-douzaine  d'échantillons.  C'est  un 
papillon  fragile  et  rapidement  défraîchi. 


112  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


Lycaena   Lorquini,   Ilcrrich-Srhaeffer. 

Mrassine,  en  avril   1921. 
Azrou,  seconde  quinzaine  de  juin   1921. 

Espèce  assez  rare  et  qu'on  ne  trouve  qu'en  petit  nombre  d'indi- 
vidus ensemble,  généralement  au  fond  des  ravins  herbus. 


Lycaena  Minima,  Fuessly. 
Grand-y\tlas,  en  juin   192 1  (Ch.  Alluaud). 

Lycaena  lolas,  Ochs. 

Grand- Atlas;   Glaoui. 

La  teinte  bleue  des  ailes  est  plus  foncée  (Vaucher). 

Lycaena  Semiargiis,  Rott.  (Acis,  Schiff.) 

Dans  la  clairière  dite  :  Lyautey,  en  forêt  d'Azrou,  le  30  juin 
1921,  où  il  n'y  avait  que  très  peu  d'exemplaires.  De  plus,  H.  Powell 
a  pris  un  cf  à  Toumlilme,  au  commencement  de  juillet  192 1,  et 
une  Q  un  peu  abîmée,  le  9  juillet  1921,  dans  une  petite  clairière, 
près  du  Douar  de  Garde. 

Le  Commandant  Daniel  Lucas  signale  des  environs  de  Meknès, 
à  1.800  mètres  d'altitude,  la  Lycaena  Semiargiis  dont  il  fait  une 
variété  maroccana  :  o"  subtus  obscuriore,  statura  minore;  Q  coeru- 
lescente  {Bulletin  Soc.  ent.  France,  1920,  p.  298). 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  II3 


Lycaena  Melanops,  Boisduval,  var.  AUuaudi,  Obthr. 

Grand-Atlas;  Glaoui  (Vaucher).  —  Haute-Reraya,  entre  Asni 
et  Arround  (1.600  à  2.000  mètres),  abondant  en  juin  1921 
(Ch.  Alluaud). 

La  variété  AUuaudi  se  distingue  par  sa  grande  taille,  la  large 
bordure  noire  chez  le  cf,  en  dessus,  la  coloration  entièrement  noire 
de  la  Q,  en  dessus,  et  le  fond  des  ailes,  en  dessous,  d'un  gris  foncé 
dans  les  deux  sexes. 

On  trouve  à  Tijola  (Almeria)  une  race  analogue,  non  encore 
décrite. 


Lycaena  Argiolus,  Linné. 

Très  abondant  et  très  répandu  dans  la  région  de  Mrassine 
(Zehroun)  et  d'Azrou  (Moyen-Atlas)  ;  semble  paraître  au  moins 
trois  fois  par  an.  Les  générations  se  succèdent  depuis  mars 
jusqu'en  août  ;  il  y  a  alors  carence  de  papillons  que  l'on  voit  de 
nouveau  voltiger,  mais  moins  nombreux,  en  septembre  et  octobre. 

Harold  Powell  a  trouvé  la  chenille  de  Lycaena  Argiolus  à  Aïn- 
Chench,  en  novembre  1920,  dans  l'intérieur  des  fleurs  d'arbousier. 
Il  a  obtenu  l'imago  en  février  1921. 

Une  Ç  a  été  aperçue  pondant  sur  les  jeunes  pousses  de  l'Aubé- 
pine, en  février  1921,  à  Mrassine. 


114  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


HESPERIDAE 


Augiades  Benuncas,  Obthr. 

Koudiet-Guenfou,  en  août  1920. 
Foum-Kheneg,  20  septembre  1920. 
Semble  beaucoup  plus  rare  au  Maroc  qu'en  Algérie. 
La  teinte  fauve,  en  dessus,  paraît  un  peu  plus  étendue  et  plus 
chaude. 


Hesperia  Thaumas,  Hufn. 

Contrairement  à  ce  qui  se  produit  pour  Augiades  Benuncas^ 
paraît  beaucoup  moins  rare  au  Maroc  qu'en  Algérie. 

H.  Powell  a  pris  un  assez  grand  nombre  d'exemplaires  dans 
la  forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920,  à  la  fin  de  jum  et  en  juillet  1921. 


Hesperia  Hamza,  Obthr. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Région  de  Timhadit,  Djebel-Hayane,  16  juillet  1921. 
Grand-Atlas,  Haute-Reraya,  Asni  (juin  1921,  Ch.  Alluaud) 
Rabat,  en  mai  1920. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  II5 


Hesperia  Acteon,  v.  Rott. 

Tanger  (Vaucher). 

Région  des  Zemmours  (Chabat-el-Hamma^^,  très  abondante 
les  31  mai  et  i^""  juin  192 1. 

Grand-Atlas,  Haute-Reraya  011  l'Espèce  monte  jusqu'à 
2.000  mètres  d'altitude,  en  juin   192 1   (Ch.  AUuaud). 


Adopoea  Lineola,  Ochs. 

Très  commun  dans  la  forêt  d'Azrou,  pendant  la  seconde 
quinzaine  de  juin.  La  forme  marocame  est  plus  grande  et  plus 
foncée  qu'en  Algérie;  elle  n'appartient  donc  pas  à  la  variété 
Seniicolon,  Stgr;  elle  ne  diffère  que  par  sa  taille,  plus  grande,  de 
la  forme  européenne. 


Parnara  Zelleri,  Lederer. 
Larache,  Rabat  (Vaucher). 

Parnara  Nostrodamus,  Fabr. 
Larache,  Rabat  (Vaucher). 

Carcharodus  Alceae,  Esper. 

Azrou,  première  quinzaine  de  juillet   1921. 

Grand- Atlas,  Haute-Reraya,  juin  192 1  (Ch.  Alluaud). 


Il6  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Carcharodus  Lavaterae,  Esper. 

Un  seul  çS  pris  à  Ras-el-Ma,  à  lo  kilomètres  d'Azrou,  dans  la 
première  quinzaine  de  juillet  192 1,  ne  diffère  pas  des  exemplaires 
français. 


Carcharodus  baeticus,  Rambur. 

Assez  abondant  au  Maroc.  Azrou,  en  juillet  et  septembre  1920, 
et  dans  la  seconde  qumzaine  de  juin  1921. 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Grand-Atlas,  Haute-Reraya,  entre  1.750  et  2.000  mètres 
(Ch.  Alluaud,  juin  1921). 

L'Espèce  est  de  grande  taille,  surtout  dans  le  Moyen-Atlas,  et 
a  un  aspect  très  robuste.  Cependant,  en  arrière-saison,  la  taille 
paraît  être  moins  grande  qu'en  été.  Le  papillon  vole  autour  des 
Ballota,  qui  nourrissent  sans  doute  sa  chenille.  On  ne  voit  géné- 
ralement pas  de  Marrubimn  dans  les  lieux  que  fréquente  le 
papillon. 


Syrichthus  Mohammed,  Obthr. 

L'Espèce  paraît  abondante  dans  le  Moyen-Atlas.  Elle  volait 
en  septembre  1920,  particulièrement  sur  le  rocher  d'Azrou. 

J'ai  fait  reproduire  en  photographie  quatorze  exemplaires  cf 
et  Q  du  Syrichthus  Mohammed  marocain,  sur  la  PI.  S,  dans  le 
Vol.  XVIII,  Part.  I,  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

En  juin  1921,  Harold  Powell  trouva  beaucoup  de  chenilles  de 
Syrichthus  Mohammed,  dans  les  ravins  autour  d'Azrou,  sur  les 
Phlomis  crinita  et  Bovei. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  Il7 

Les  Syrichthus  Mohammed  et  Proto,  spécifiquement  très 
distincts,  habitent  dans  les  mêmes  lieux  et  vivent  sur  les  mêmes 
plantes;  mais  l'époque  d'éclosion  de  l'imago  est,  pour  les  deux 
Espèces,  différente. 

De  ces  chenilles  de  5.  Mohammed,  récoltées  en  juin  1921 
et  transformées  en  chrysalide  après  une  pause  d'estivation,  c'est- 
à-dire  généralement  en  juillet,  mais  quelquefois  beaucoup  plus 
tard,  ont  commencé  à  sortir  des  papillons  à  partir  de  la  fin  de 
juillet  192 1. 

Au  moment  oii  sont  écrites  ces  lignes  (22  septembre  192 1),  il 
y  a  encore,  à  Rennes,  des  chrysalides  non  écloses.  Jusqu'à  ces 
derniers  temps,  il  y  avait  sans  doute  encore  des  chenilles  non 
chrysalidées,  jeûnant  depuis  longtemps  et  restant  enroulées  dans 
leur  feuille.  En  septembre,  une  certaine  quantité  de  papillons  sont 
éclos  et  c'était  un  plaisir  d'en  apercevoir  quelquefois  plusieurs 
émerger  presque  en  même  temps  et  posés  sur  les  feuilles  sèches  de 
Phlomis,  dans  la  cage  d'éclosion,  attendant  de  prendre  leur  vol. 

Le  Svrichthîis  Mohammed,  qui  est  une  des  plus  jolies  Espèces 
du  Genre,  offre  d'ailleurs  de  très  intéressantes  variations.  Quel- 
ques cfcf  surtout  ont  les  ailes  supérieures,  en  dessus,  densément 
sablées  d'atomes  jaune  orangé.  D'autres,  par  contre,  ont  le  fond 
des  ailes  d'un  brun  très  foncé  et  sans  le  semis  épais  d'atomes  jaunes 
qui  se  remarque  sur  la  plupart  des  échantillons. 

Toutefois,  ce  n'est  pas  par  le  vol  et  le  mouvement  des  ailes  que 
les  5.  Mohammed,  d'un  brun  si  obscur,  ont  pu  perdre  les  atomes 
jaunes,  puisque  les  Mohatnmed  en  question  n'ont  pas  volé  et  sont 
entrés  dans  le  flacon  asphyxiant,  avant  même  de  s'être  remués. 

En  dessous,  les  ailes  inférieures  aussi  varient  sensiblement 
pour  la  teinte  jaune  qui  est  orangée,  rougeâtre,  ocracée  et  quel- 
quefois marquée,  au  delà  de  l'espace  médian,  vers  le  bord  des 
ailes,  de  traits  épais,  noir  vif,  intranervuraux. 

Ma  collection  contient  plus  de  140  exemplaires  du  Syrichthus 
Mohammed,  presque  tous  parfaitement  frais,  parmi  lesquels 
environ  la  moitié  est  d'origine  marocaine. 


Il8  LÉPIDOPTÉROLOGIE    C0MPARP:K 

Mais  c'est  seulement  pendant  le  présent  mois  de  septembre  192 1 
que  j'ai  vu  éclore  les  exemplaires  à  fond  noir  brun,  sans  trace  de 
jaune  en  dessus,  et  qui  constituent  une  variété  vrannent  remar- 
quable à  laquelle  les  Fruhstorféricns  donneraient  certainement 
un  nom. 

Jusqu'à  ce  moment,  je  n'avais  pas  eu  occasion  de  voir  cette 
variété  obscure  dont  je  possède  maintenant  huit  ou  neuf  exem- 
plaires bien  caractérisés. 

Harold  Powell  a  décrit  la  chenille,  le  27  juin  1920,  comme  suit  : 

«  Une  chenille  de  Syrichthus  Molianivied  trouvée  sur  Phloniis 
Bovei;  elle  est  dans  le  dernier  stade,  mais  n'a  pas  encore  atteint 
toute  sa  taille.  La  couleur  du  dorsum  est  d'un  gris  très  clair; 
incisions  jaunâtres;  plaque  prothoracique  d'un  jaune  brunâtre, 
plus  clair  vers  le  centre  médiodorsal. 

Ligne  médiodorsale  brun  noirâtre,  interrompue  par  le  plis  de 
peau  précédant  les  incisions. 

Traces  d'une  ligne  interrompue  sous-médiane.  Ligne  supra- 
stigmatale  brun  noirâtre,  très  affaiblie  au  centre  de  chaque 
segment.  Aire  stigmatale  jaunâtre  pâle.  Flange  gris  très  pâle.  )> 

Continuant  ses  observations  concernant  la  même  Espèce, 
Harold  Powell,  à  la  date  du  28  juin  1920,  a  noté  ce  qui  suit  : 

«  Une  chenille  de  Syrichthus  Mohmnmed  a  été  trouvée  enfermée 
dans  une  feuille  de  Phloniis  Bovei.  Elle  avait  cessé  définitivement 
de  manger  et  avait  acquis  la  couleur  blanchâtre  des  chenilles 
estivantes.  Sur  le  Phloniis  criniia,  je  trouve  quelquefois  des  tentes 
abandonnées,  avec  des  têtes  et  des  dépouilles  (peaux  muées)  de 
chenilles  de  Syrichthus  Proto.   » 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  IIQ 


Syrichthus  Proto,  Esper  (PI.  DXXXIII  ;  cTcf,  fig.  4435,  4436; 
—  PL  DXXXIV;   QQ,  fig.  4441,  4442). 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920  et  en  juin  et  juillet   1921. 

Grand-Atlas,  Haute-Reraya,  Asni  (Ch.  Alluaud,  juin  192 1). 

L'Espèce  Proto  est  bien  distincte  de  Mohammed  et  il  n'y  a  pas 
de  confusion  possible  entre  les  deux. 

L'Espèce  a  été  retrouvée  abondamment  en  juin  et  juillet  192 1, 
dans  la  région  d'Azrou.  Le  papillon  vole  dans  les  ravins  oii 
abondent  les  Phlomis  crinita  et  Boveï  qui  nourrissent  sa  chenille. 
Les  Ç)  Q  Proto,  au  Maroc,  sont  d'une  taille  plus  grande  qu'en 
Europe. 

Dans  les  notes  journalières  prises  par  Harold  Powell  sur  les 
circonstances  de  son  exploration  au  Maroc,  se  trouvent  consignés 
des  renseignements  concernant  les  Syrichthus  Mohammed  et 
Proto.  Je  crois  utile  de  les  reproduire  tels  que  Harold  Powell  les 
a  écrits  : 

«  25  juin  IÇ20.  —  Beau  temps  le  matin,  mais  presque  pas  de 
soleil.  Il  ne  fait  pas  très  chaud.  Le  matin,  je  suis  sorti  avec  Moulay- 
Ali,  pour  faire  une  première  chasse.  J'ai  remonté  la  vallée  sans 
arbres,  traversée  par  deux  petits  ravins  rocailleux,  au-dessus  de 
la  scierie  d'Azrou,  sans  aller  à  plus  de  600  mètres  de  celle-ci.  La 
route  de  la  forêt  et  de  Timhadit  passe  dans  la  vallée  et  monte, 
ensuite,  en  lacets  dans  la  forêt. 

Il  y  a  une  grande  variété  de  plantes  basses  dans  la  vallée  et 
même  dans  les  ravins.  Une  des  premières  que  j'ai  rencontrées  est 
le  Phlomis  crinita,  actuellement  en  fleur.  Un  autre  Phlomis,  appelé 
Bovei,  de  Noë,  à  feuilles  très  grandes  et  très  tomenteuses  en 
dessous,  croît  aussi  dans  le  ravin;  ses  fleurs  sont  d'un  rose  pâle, 
mais  elles  sont  passées  maintenant.  C'est  une  espèce  grande  et 
robuste. 


120  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

Enroulées  dans  les  feuilles  du  cœur  de  ce  beau  Phlomis,  j'ai 
trouvé  trois  chenilles  d'un  Syrichthns  qui  ressemblent  énormément 
à  celle  de  5.  Mohammed.  Deux  de  ces  chenilles  se  nourrissaient 
encore,  quoique  bien  avancées  dans  le  dernier  stade  ;  elles  mangent 
la  substance  de  la  feuille,  mais  délaissent  la  lame  assez  épaisse 
du  dessous.  La  troisième  chenille  était  enfermée  pour  l'estivation. 
Elle  était  d'une  teinte  jaunâtre,  avec  les  marques  noires  presque 
effacées.  Volant  dans  le  ravin,  quatre  Syrichthus  ont  été  capturés. 
Ce  sont  des  Proto.  Ils  ne  sont  pas  tous  frais,  notamment  une  g, 
de  grande  taille,  malheureusement  un  peu  passée.  Quand  elle  était 
encore  fraîche,  elle  devait  avoir  le  fond  des  secondes  ailes,  en 
dessous,  un  peu  rougeâtre  ;  mais  cette  couleur  a  maintenant  presque 
disparu,  faisant  place  à  un  gris  clair.  Les  pentes  de  la  colline  à 
gauche  sont  recouvertes  d'un  genêt  aphylle,  à  tiges  épaisses,  un 
peu  effilées  à  la  pointe.  Ses  fleurs  sont  jaunes.  Ce  buisson  épais, 
assez  petit,  fleurit  actuellement  et  donne  une  teinte  jaune  aux 
pentes  de  la  colline.  L'abondance  des  sauterelles  d'Espèces 
diverses  est  frappante;  plusieurs  Espèces  sont  de  grande  taille; 
les  Diptères  et  surtout  les  Hyménoptères  sont  également  bien 
représentés.  Quelques  Palpares  et  fourmilions  volent  dans  le  ravin. 

Le  Palpares^  paraît  être  répandu  au  Maroc  ;  j'ai  vu  des  sujets 
dans  toutes  les  localités  visitées  jusqu'ici.  J'ai  remarqué  un  bon 
nombre  de  lézards;  le  lézard  des  murailles,  qui  est  très  beau  ici, 
de  grande  taille  et  peu  farouche;  le  lézard  à  taches  ovales,  que  j'ai 
observé  à  El-Hajeb,  est  commun  à  Azrou  également. 

J'ai  vu  quelques  A  gantes,  très  méfiants,  ceux-là,  et  plusieurs 
Tarentes.  Ces  reptiles  se  réfugient  sous  les  blocs  de  basalte  dont 
la  vallée  est  parsemée  dans  toute  sa  largeur.  Buses,  Faucons  et 
d'autres  oiseaux  de  proie  de  grande  envergure  planent  à  peu  de 
hauteur  au-dessus  du  sol. 

La  végétation  basse  paraît  être  assez  variée  ;  on  ne  remarque  pas 
beaucoup  de  Graminées.  UEryngimn  campestre  est  très  commun, 
ainsi  qu'une  autre  Esj^èce,  toute  bleue,  nommée  :  triquetrum.  Exa- 
minant beaucoup  de  plants  de  VEryngium  campestre,  je  n'ai  vu 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  121 

des  traces  paraissant  être  celles  d'une  chenille  de  Zygaena  que  sur 
un  seul  plant.  Aucune  Zygène  n'a  été  aperçue  aujourd'hui. 
UEchinops  spinosics,  plante  qui  nourrit  la  chenille  de  Anthophila 
albida  dans  le  Djebel-Aurès,  est  commun  à  Azrou. 

Tous  les  Lépidoptères  que  j'ai  vus,  ce  matin,  appartiennent  à 
la  Faune  tlemcienne  et  presque  tous  sont  des  Espèces  européennes. 
Il  y  a  une  tendance  aux  formes  de  grande  taille,  assez  marquée 
chez  bon  nombre  d'Espèces.  Melanargia  Liicasi,  Epinephele 
Jiirtina  et  Epinephele  Lycaon-niauretanica  sont  presque  passés. 
Je  n'ai  pu  prendre  que  deux  sujets  de  chacune  des  deux  premières 
Espèces,  en  bon  état.   » 

Cette  année  192 1,  l'éclosion  de  Syrïchthiis  Proio  a  été  un  peu 
plus  tardive  qu'en  1920.  Ainsi  qu'il  est  dit  plus  haut,  l'Espèce  s'est 
montrée  abondante.  Flarold  Powell  a  vu  pondre  la  Q  sur  des 
plantes  presque  sèches  avoisinant  les  groupes  de  P /il omis  crinita 
et  Bovei.  La  Q  venait  voltiger  autour  des  Phlomis,  comme  pour 
s'assurer  de  la  nature  même  de  la  plante  qui  devra  nourrir  sa 
progéniture;  mais,  après  avoir  tourné  autour  des  Pkloiiiis,  la  Q 
en  question  a  fait  choix  pour  pondre  d'autres  plantes  situées  très 
près  des  touffes  de  Phlojuis,  telles  que  des  chardons.  C'est  sur  leurs 
tiges  que  Harold  Powell  a  pu  récolter  trois  œufs,  dont  deux  très 
fraîchement  déposés.  Il  en  donne  la  description  suivante  : 

«  Les  œufs  des  Syrichthiis  du  groupe  de  Proto  qui  me  sont 
connus,  c'est-à-dire  ceux  de  Proto  et  de  Mohammed,  sont  d'appa- 
rence très  voisine;  ils  diffèrent  notablement  des  œufs  des  autres 
groupes  du  genre  Syrichthiis  par  le  grand  développement  des 
côtes  verticales. 

Trois  œufs  que  j'ai  vu  pondre  par  deux  Q  Q  de  5.  Proto,  au 
commencement  de  juillet  1921,  ont  été  recueillis  et  gardés  dans 
des  tubes  de  verre  bouchés  au  coton  ;  il  a  été  noté  qu'au  moment  de 
la  ponte,  l'œuf  avait  une  couleur  blanc  crème  très  légèrement 
verdâtre.  Jusqu'à  ce  jour-ci  (12  septembre  192 1),  il  n'y  a  pas  eu 
d'éclosion  de  chenilles,  mais  celles-ci  sont  certainement  formées  et 


122  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


elles  doivent  attendre  les  pluies  d'automne  pour  sortir  de  la  coque; 
chez  un  des  œufs,  la  coque  a  été  même  entamée  ;  il  y  a  un  très  petit 
trou  au  sommet,  occupant  l'aire  de  la  rosette  micropylaire;  par 
ce  trou,  on  aperçoit  une  faible  partie  de  la  tête  noire  de  la  chenille. 

Description  d'un  des  œufs  de  Syrichthus  Proto  d'Azrou  : 
La  forme  est  celle  d'un  oursin,  mais  il  y  a  une  légère  concavité 
à  la  base.  Hauteur  :  0.00075;  largeur  :  0.00 1.  Couleur  :  blanc 
brunâtre.  Les  côtes  verticales,  qui  partent  du  bord  de  la  base, 
forment  de  hautes  arêtes  un  jaeu  ondulées  et  assez  profondément 
découpées;  les  parois  de  ces  arêtes  sont  rayées,  perpendiculaire- 
ment à  l'axe  vertical  de  l'œuf,  par  les  côtes  transversales,  bien 
développées,  mais  beaucoup  plus  petites  que  les  côtes  verticales. 
A  un  point  situé  à  peu  près  à  0.00037  de  la  base,  les  côtes  verticales 
se  rehaussent  un  peu  après  une  forte  dépression,  et  là  il  y  a  souvent 
jonction  de  deux  côtes  ;  quelquefois,  une  côte  se  termine  à  ce  point. 
Plus  haut  encore,  vers  «  l'épaule  »  de  l'œuf,  il  y  a  de  nouvelles 
terminaisons  et  de  nouvelles  jonctions,  de  sorte  que  six  côtes 
seulement  atteignent  le  bord  de  la  dépression  micropylaire,  tandis 
qu'il  en  existe  environ  24  à  l'équateur.  Les  côtes  transversales  sont 
nombreuses  et  forment  des  cellules  dans  les  vallons  entre  les 
hautes  arêtes  verticales.  La  dépression  micropylaire  est  recouverte 
d'un  réseau  de  cellules  excessivement  petites. 

La  base  de  l'œuf  est  légèrement  concave;  sa  surface  est  finement 
dépolie,  perlée;  elle  a  environ  0.0005  de  diamètre.  Les  deux  autres 
œufs  ont  une  teinte  un  peu  plus  brunâtre  que  celui  qui  vient  d'être 
décrit.  » 

Ainsi  qu'il  est  déjà  ra]^porté  plus  haut,  ce  qui  caractérise  le 
Syrichthus  Proto  marocain  et  le  différencie  du  Proto  de  Provence, 
d'Espagne  et  d'Algérie,  c'est  sa  grande  taille.  Les  ailes  des  g  Q 
marocaines,  surtout,  sont  beaucoup  plus  largement  développées. 
L'Espèce  varie  sensiblement  pour  le  dessous  des  ailes  inférieures. 
Certains  exemplaires  ont  le  gronnd-coloiir  presque  entièrement  de 
couleur  crème,   les   deux   bandes   maculaires  transversales  étant 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  123 

seulement  un  peu  plus  foncées  (cf,  fig.  4436).  Chez  d'autres,  les 
deux  bandes  en  question  sont  olivâtres,  plus  ou  moins  obscurcies 
même  de  gris  noirâtre  (cf,  fig  4435).  En  dessus,  les  taches  blanc 
jaunâtre  sont  parfois  très  réduites;  d'autres  fois,  inversement, 
elles  sont  élargies.  Le  fond  du  dessous  des  ailes  supérieures  est 
largement  teinté  de  noirâtre  (cf,  fig.  4435). 

L'aspect  du  Syrichthiis  Proto  marocain  est  assez  spécial  ;  c'est 
pourquoi  j'avais  cru  d'abord  devoir  le  référer  à  Staudïngeri.  Mais 
une  étude  plus  attentive  m'a  convaincu  que  j'avais  simplement 
affaire  à  Proto.  Dès  lors,  continuant  mon  travail  d'examen  compa- 
ratif, je  crois  m'être  trompé  en  donnant  le  nom  de  Staudingeri  à 
un  Proto,  de  Sebdou,  que  j'ai  fait  représenter  sous  le  n°  1245  de 
la  PI.  CXXXIX,  dans  le  V'olume  VI  des  Etudes  de  Lépidoptéro- 
logie  comparée. 

Il  me  paraît  nécessaire  de  publier  ici  cette  rectification. 


Syrichthus  Numida,  Obthr. 

Forêt  d'Azrou,  en  août  1920. 

La  Planche  photographique  I,  dans  le  Vol.  XVII  des  Etudes  de 
Lépïdoptèrologie  comparée,  reproduit  l'image  de  onze  exemplaires 
du  Syrichthus  Numida  marocain.  La  notice  afférente  à  la  Planche  I 
est  imprimée  (Joe.  cit.)  à  la  page  59. 

Le  Syrichthus  Numida  habite  l'Algérie,  le  Maroc  et  aussi,  me 
semble-t-il,  l'Andalousie.  C'est  une  Espèce  ayant  un  aspect  robuste. 
Elle  me  paraît  bien  spéciale  et  je  ne  puis  la  rapporter  à  aucune 
autre  unité  spécifique  que  je  connaisse.  J'ai  sous  les  yeux  neuf 
colonnes,  à  environ  18  exemplaires  par  colonne,  du  Syrichthus 
Numida  du  Maroc  et  d'Algérie.  Les  exemplaires  marocains  étant 
plus  récents  ont  la  coloration  noire  du  fond  des  ailes  un  peu  plus 
vive  que  les  algériens.  Mais  c'est  bien  la  même  largeur  des  taches 
blanches  sur  le  dessus  des  ailes  et  la  même  frange  blanche  entre- 
coupée de  traits  noirs  épais.  Le  fond  des  ailes,  chez  les  échantillons 


124  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

qui   ont   peu   volé,   est   très   finement  saupoudré  d'atomes  blanc 
jaunâtre. 

Syrichthus  Armoricanus,  Obthr. 

Timhadit,  août  1920;  Vallée  d'Aïn'-Toumliline,  août  1920. 

Azrou,  automne  1920. 

Azrou,  2"  quinzaine  de  juin  1921. 

Les  10  cfcf  envoyés  par  H.  Powell  des  localités  citées  ci-dessus 
sont  bien  réf érables  à  \ Armoricanus  et  ne  présentent  aucune  diffé- 
rence appréciable  avec  la  forme  armoricaine  de  cette  Espèce  qui 
était,  cette  année  1921,  à  la  fin  d'août  et  au  commencement  de 
septembre,  exceptionnellement  abondante  dans  les  landes  de 
Monterfil  (Ille-et-Vilaine). 

Harold  Pov^ell,  y  ayant  chassé  les  4,  5  et  6  septembre,  a  constaté 
que  plusieurs  Espèces  présentaient,  cette  année,  une  nouvelle  géné- 
ration, ordinairement  absente  dans  l'Ille-et-Vilaine.  Ainsi  Lycaena 
Aegon  éclosait  en  septembre  1921,  pour  la  seconde  fois  de  l'année; 
Lycaena  Argiades  éclosait  pour  la  troisième  fois.  La  Lycaena 
Armorïcana  (2''  génération  de  l'année)  était  abondante,  ainsi  que 
Syrichthus  Armoricanus.  Eubolia  feribolata  et  Anditis  plagiata 
étaient  les  Geometrae  les  plus  communes  sur  la  lande.  Même 
Emydia  grammica  (striata)  éclosait  en  deuxième  génération  de 
l'année,  ce  que  nous  n'avions  jamais  observé  à  Monterfil.  Nous 
avons  attribué  ce  fait  anormal  à  l'extrême  chaleur  de  l'été  et  à  la 
sécheresse  extraordinaire  qui  ont  marqué,  en  Bretagne,  l'année 
1921. 

Syrichthus  Onopordi,  Rambur. 

Aghbalou-Larbi   mi-août  1920;  Djebel-Hebbri,  août  1920. 

Grand- Atlas,  Haute-Reraya,  Asni,  juin  192 1  (Ch.  Alluaud). 

C'est  probablement  l'Espèce  de  Syrichthus  la  plus  abondante 
dans  la  région  d'Azrou.  En  dessous,  les  ailes  inférieures  ont 
souvent  les  taches  d'un  jaune  orangé  vif. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  I25 

Le  dessous  des  ailes  inférieures  présente  des  taches  et  dessins 
tantôt  d'un  jaune  rougeâtre  un  peu  orangé  ou  d'un  ocre  jaune  plus 
ou  moins  olivâtre,  clair  ou  foncé,  ou  encore  d'un  gris  noirâtre. 

Le  Syrïchthus  Onopordi  montre  parfois  des  Q  Q  de  grande 
taille;  les  cfcf  ne  semblent  pas  présenter  des  différences  de  taille 
aussi  sensibles  que  dans  l'autre  sexe. 


Syrichthus  Ali,  Obth. 

Timhadit  et  Forêt  d'Azrou,  en  septembre  1920. 

Mrassine,  en  avril  1921. 

Haute-Vallée  de  Reraya  (Grand-Atlas),  1.200  à  2.000  mètres 
d'altitude,  en  juin  1921  (Ch.  Alluaud). 

L'Espèce  ne  paraît  pas  être  aussi  abondante  au  Maroc  qu'en 
Algérie.  Il  semble  que  la  forme  marocaine  du  Syrichthus  Ali  tend 
plutôt  à  avoir  les  taches  des  ailes  blanches  que  jaunâtres,  en  dessus. 


126  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


SPHINGIDAE 


Smerinthus  Atlanticus,  Austaut. 

Un  très  beau  cf  est  éclos  à  Rennes,  en  mai  1921,  d'une  chrysalide 
envoyée  du  Moyen-Atlas  par  H.  Powell.  La  chenille  avait  été 
trouvée  sur  un  saule  dans  la  pépinière  d'Azrou.  Cette  année,  en 
juillet  1921,  plusieurs  chenilles  furent  recueillies  sur  un  osier  qui 
croissait  dans  l'Oued-Guioou. 


Smerinthus  Austauti,  Stgr. 

Tanger. 

Varie  beaucoup  pour  le  gronnd-colour. 


Smerinthus  Quercus,  Schiff. 
Larache  (Vaucher). 

Protoparce  Convolvuli,  Linné. 
Tanger  (Vaucher). 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  12/ 


Celerio  Lineata=Livornica,  Esper. 

Une  Q  prise  à  Casablanca,  le  7  juin  1920. 

L'Espèce  était  assez  commune  en  juin  et  juillet  1921,  dans  la 
forêt  d'Azrou.  Le  papillon  butinait  en  plein  jour  sur  les  fleurs 
d'une  Nepeta. 


Celerio  Nicaea,  Prunner. 

Plusieurs  exemplaires  sont  éclos  à  Rennes,  en  août  1921.  Les 
chenilles  avaient  été  trouvées  dans  la  région  de  Timhadit,  en 
juillet  et  août  1920,  vivant  sur  Euphorbia  luleola.  Elles  y  étaient 
assez  nombreuses.  Cette  année  192 1,  H.  Powell  a  retrouvé  la 
chenille  dans  la  région  d'Azrou,  au  mois  de  juillet. 


Celerio  Euphorbiae,  Linné. 

Les  chenilles  semblaient  rares  en  1920;  H.  Powell  en  a  pris 
quelques  exemplaires  au  Djebel-Hebbri  et  au  Douar  de  Garde. 
De  ces  chenilles  qui  se  sont  chrysalidées,  l'an  dernier,  dès  le  mois 
de  juillet,  sont  sortis  à  Rennes,  en  juin  et  juillet  192 1,  six  exem- 
plaires appartenant  à  une  forme  un  peu  spéciale,  en  ce  sens  qu'ils 
ont  l'aspect  à.' Euphorbiae  d'Europe  et  qu'ils  présentent,  comme 
les  exemplaires  européens,  une  variété  suffused  with  pink,  qui  est 
référable  à  Paralias,  Nick.  Seulement,  les  épaulettes  vert  olive  sont 
plus  ou  moins  bordées  intérieurement  de  blanc  chez  la  forme 
marocaine,  ainsi  que  cela  a  lieu  dans  la  forme  niaurelartica,  Stgr. 
Les  chenilles  ressemblaient  d'ailleurs  à  celles  de  mauretanïca. 


128  LÉPinorTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Hippotion  Celerio,  Linné. 

Mekncs,  en  septembre,  octobre  et  novembre  1920. 

La  chenille  vivait  sur  la  vigne,  au  jardin  public,  dit  :  Jardin  de 
l'Aboul.  H.  Powell  a  obtenu  declosion  plusieurs  exemplaires  dont 
il  avait  ainsi  trouvé  les  chenilles. 


Acherontia  Atropos,  Linné. 

llarold  Powell  a  trouvé  deux  chenilles  à  Meknès  ;  l'une  était 
parasitée  par  des  larves  de  Diptères;  l'autre  s'est  desséchée  à  l'état 
de  chenille,  étant  descendue  en  terre  pour  se  chrysalider.  L'une 
vivait  sur  Duliira  Slramoniuni,  en  août  1920,  et  l'autre,  en 
novembre  1920,  sur  Dolïchos  lignosus,  plante  grimpante  originaire 
des  Indes  et  cultivée  dans  les  jardins.  Ces  deux  chenilles  avaient 
la  robe  gris  noir  et  non  pas  verte. 


Pterogon  Proserpina,  Pall.  {Œnotherae,  Schiff.),  var.  Gigas, 
Obthr  (PI.  DXXXV,  fig.  445;). 

Plusieurs  très  beaux  exemplaires  sont  éclos  à  Rennes,  en  juin 
1921,  provenant  de  chrysalides  envoyées  par  H.  Powell  qui  avait 
trouvé  les  chenilles  à  Timhadit,  au  mois  d'août  1920,  vivant  sur 
VEpilobiiim  hirsiititni,  le  long  de  l'Oued-Guigou.  Beaucoup  de 
chenilles  sont  parasitées  par  de  gros  Diptères  Tachinaires.  Les 
larves  de  ces  mouches  sortent  du  corps  des  chenilles,  une  fois  que 
celles-ci  sont  enterrées  pour  la  chrysalidation.  Les  larves  en 
question  se  mettent  en  puparium  et  restent,  tout  l'hiver,  enterrées 
dans  cette  situation.  L'éclosion  des  mouches  a  lieu  vers  la  fin  du 
mois  di'  mai. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE  I29 

Cette  année,  en  juillet  1921,  H.  Powell  a  retrouvé  au  même  lieu 
beaucoup  de  chenilles  que  les  difficultés  du  voyage  de  retour  en 
France  n'ont  pas  permis  d'amener  à  bien. 

La  forme  marocaine  de  l'imago  est  plus  grande  que  les  formes 
syrienne  et  européenne;  le  fond  des  ailes  supérieures  est  d'une 
couleur  vive,  franchement  verte  avec  la  bande  transversale  mé- 
diane vert  foncé.  Les  ailes  inférieures,  chez  la  forme  marocaine, 
sont  d'un  beau  jaune  en  dessus.  Le  dessous  des  ailes  est  d'une 
coloration  générale  verte,  mais  moins  vive  qu'en  dessus;  cepen 
dant  nullement  vert  olive  plus  ou  moins  sali  de  brun,  comme  dans 
les  exemplaires  français. 

La  collection  Boisduval  contenait  un  exemplaire  avec  l'éti- 
quette :  Alger,  qui  ressemble  plus  aux  échantillons  français  qu'à 
ceux  du  Maroc. 


Macroglossa  Stellatarum,  Linné. 

Aghbalou-Larbi,  en  août  1920. 

D'ailleurs,  c'est  une  Espèce  commune  au  Maroc;  le  Macroglossa 
stellatarinn  vole  pendant  tout  l'hiver,  du  moment  que  le  soleil 
brille  au  firmament.  La  chenille  vit  sur  les  Galium,  où  H.  Powell 
l'a  souvent  observée. 


130  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


AEGERIIDAE 


Zenodoxus  tineit'ormis,  Huebner. 
Région  des  Zemmours,  fin  mai  1921. 

Pyropteron  Doryliformis,  Ochs.,  var.  tingitana,  Le  Cerf. 
I    Q   de  Tanger  (Vaucher). 

Chamaesphecia  Osmiaeformis,  H.  S. 

I  Cf  de  Tanger  (Vaucher). 

M.  Ferdinand  Le  Cerf,  Préparateur  au  Muséum  national 
d'histoire  naturelle  de  Paris,  bien  connu  pour  les  beaux  travaux 
sur  les  Aegeriidae  qui  ont  été  publiés  dans  les  Etudes  de  Lépidop- 
térologïe  comparée,  a  bien  voulu,  lors  d'une  visite  dont  il  nous  a 
favorisé  à  Rennes,  en  septembre  192 1,  examiner  les  Aegeries  qui 
ont  été  rapportées  du  Maroc  par  Harold  Pov/ell.  Il  nous  a  laissé 
les  descriptions  et  observations  suivantes,  pour  lesquelles  nous  lui 
exprimons  notre  meilleure  gratitude. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  13I 


Chamaesphecia  Anthrax,  Le  Cerf  (PI.  DXL;  ç,fig.  4541). 

J'ai  décrit  cette  Espèce  dans  les  Etudes  de  Lépidoptérologie 
comparée,  Vol.  XVII,  p.  528  (1919),  d'après  un  (S  de  Sebdou 
(département  d'Oran),  capturé  en  1880  par  le  D''  Codet.  Ce 
papillon  fait  partie  de  la  collection  Ch.  Oberthùr;  un  second  cf 
pris  à  Mascara  appartient  à  M.  L.  Dupont.  Ces  deux  spécimens 
étaient  un  peu  usés  et  certains  caractères  avaient  perdu  de  leur 
netteté. 

Ilarold  Powell  a  retrouvé  Anthrax  dans  le  Maroc  central  et 
le  couple  qu'il  a  recueilli  dans  la  forêt  d'Azrou  étant  d'une 
fraîcheur  parfaite,  je  crois  utile  de  donner  ici  une  nouvelle 
description  de  cette  très  intéressante  Espèce  dont  la  Q  était 
demeurée  inconnue  : 

cf.  —  Nuque  hérissée  de  poils  jaune  d'œuf  et  noirs.  Vertex  et 
front  entièrement  noir  bleu;  palpes  blancs  avec  une  large  ligne 
noire  sur  la  face  externe  des  2"  et  3''  articles;  trompe  noire;  plaque 
jugulaire  blanche;  poils  péricéphaliques  noirs;  antennes  entière- 
ment noir  bleu  ;  yeux  noir  brun  ;  ocelles  grenat. 

Collier  noir  pourpré  brillant.  Thorax  noir  à  ptéry godes  conco- 
lores  très  finement  bordées  de  jaune;  métathorax  divisé  par  un 
petit  trait  médian  blanc;  touffes  latérales  blanches.  Dessous  avec 
une  petite  tache  latéropectorale  antérieure  jaune  ;  surface  post- 
coxale  noire.  Abdomen  noir,  avec  le  4*^  tergite  bordé  de  blanc  et 
quelques  écailles  de  même  couleur  sur  les  côtés  au  bord  du  6"; 
brosse  anale  concolore  à  pinceaux  latéraux  hnement  bordés  de 
blanc  extérieurement.  Quelques  écailles  jaunes  forment  une 
indication,  peu  apparente,  de  ligne  médio-dorsale  sur  les  ter- 
gites  I   à  5. 

Ventre  noir  à  dernier  sternite  taché  latéralement  de  blanc  au 
sommet. 


132  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Hanches  antérieures  noires,  bordées  extérieurement  de  blanc; 
fémurs  des  trois  paires  noirs;  tibias  antérieurs  noirs  en  dessus, 
blanc  jaunâtre  en  dessous;  tibias  médians  noirs  avec  quelques 
poils  blancs  près  de  la  base  à  la  face  externe,  et  d'autres  à  la  face 
interne  près  du  sommet  ;  tibias  postérieurs  noirs,  avec  une  tache 
médiane  blanche  sur  la  face  externe,  une  autre  plus  petite  à  la  face 
interne  et  quelques  poils  de  même  couleur  au  sommet;  éperons 
blancs;  tarses  des  trois  paires  noirs. 

Ailes  supérieures  noires,  à  aires  vitrées  bien  développées  :  infra- 
cellulaire  n'atteignant  pas  le  milieu  de  l'aile;  ultracellulaire 
arrondie,  de  même  largeur  que  l'espace  terminal  et  égale  à  iine 
fois  et  demie  le  trait  discocellulaire,  qui  est  subcarré.  Elle  est 
formée  de  cinq  aréoles  dont  les  deux  extrêmes  sont  notablement 
plus  courtes  que  les  trois  médianes.  Dessous  à  côte  jaunâtre  et 
espace  terminal  parsemé  d'un  très  petit  nombre  d'écaillés  jaunes 
entre  les  nervures  6  à  8. 

Ailes  inférieures  transparentes  à  base  étroitement  noire,  avec 
les  nervures,  la  ligne  marginale  et  un  trait  discocellulaire  oblique, 
finissant  en  pointe  sur  l'angle  inférieur  de  la  cellule,  noirs.  Dessous 
semblable.  Franges  des  deux  paires  noir  fuligineux,  coupées  de 
blanc  à  la  base  du  bord  abdominal  aux  inférieures. 

Ç).  —  Diffère  du  cf  par  les  caractères  suivants  :  absence  de  trait 
noir  externe  sur  le  deuxième  article  des  palpes  et  d'indication  de 
ligne  médiodorsale  sur  l'abdomen.  Touffes  latérales  métathora- 
ciques  noires;  hanches  antérieures  entièrement  blanches;  éperons 
noirs;  ailes  supérieures  dépourvues  d'aire  vitrée  infracellulaire; 
intracellulaire  et  ultracellulaire  plus  courtes;  trait  discocellulaire 
plus  large;  6"  tergite  abdominal  pourvu  d'une  bordure  blanche 
complète  et  nette. 

Envergure  :  cf,  17,5  millimètres;  Q,  16  millimètres. 

I  cf,  I  Q  (capturés  in  copula),  Maroc  central  (1.750  mètres 
d'altitude),  Forêt  d'Azrou,  12-VII-1921,  ex  Harold  Powell,  Coll. 
Ch.  Oberthùr. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  133 


Chamaesphecia  Borreyi,  Le  Cerf  (PI.  DXL,  fig.  4543,  4544, 
4545.  4546). 

cf.  —  Nuque  jaune  roussâtre;  vertex  noir  bleu,  mêlé  en  avant 
de  quelques  poils  jaunes;  front  noir  bronzé,  largement  bordé  de 
blanc  brillant  devant  les  yeux;  palpes  blanc  pur,  avec  une  ligne 
noire  externe  sur  les  deuxième  et  troisième  articles  ;  trompe  noire  ; 
plaque  jugulaire  et  poils  péricéphaliques  blanc  pur;  antennes  noir 
bronzé,  longées  extérieurement  d'une  très  fine  ligne  d'écaillés  blanc 
pur  n'atteignant  pas  le  sommet;  yeux  noirs,  ocelles  jaune  pâle 
ou  rose  rubis. 

Collier  noir  bronzé  brillant,  terminé  de  chaque  côté  par  quelques 
écailles  blanches.  Thorax  noir  bronzé,  recouvert  d'une  fine  pilosité 
blanchâtre  et  divisé  par  une  très  mince  ligne  longitudinale 
médiane  jaune  pâle;  ptérygodes  concolores,  à  bord  interne  jaune; 
métathorax  à  bord  postérieur  mêlé  de  quelques  écailles  jaunes; 
touffes  latérales  blanches.  Dessous  avec  une  large  macule  latéro- 
pectorale  jaune,  étendue  du  prothorax  à  la  suture  méso-métatho- 
racique  ;  surface  postcoxale  à  pilosité  blanche.  Abdomen  noir 
bronzé  plus  ou  moins  densément  recouvert  d'écaillés  de  couverture 
plus  claires,  brun  bronzé,  divisé  du  deuxième  au  dernier  tergite 
par  une  ligne  médiane  maculaire  blanc  ocracé,  et  pourvu  aux  2^ 
4"  et  6^  tergites  de  bordures  blanches  dont  la  première  et  la 
dernière  s'atténuent  ou  manquent  chez  certains  spécimens;  brosse 
anale  noir  bronzé  avec  la  base  du  pinceau  médian  et  le  bord 
externe  des  pinceaux  latéraux  blanc  ocracé.  Ventre  et  pleurae 
densément  saupoudrés  de  blanc  ocracé;  dernier  sternite  blanc 
ocracé  dans  sa  moitié  distale. 

Hanches  antérieures  blanc  pur  ;  fémurs  des  trois  paires  de  pattes 
à  crêtes  supérieure  et  inférieure,  bord  supérieur,  base  et  sommet 
de  la  face  externe  et  pilosité  de  la  crête  inférieure  blanc  ocracé; 
milieu  bronzé;  face  interne  blanc  ocracé.  Tibias  antérieurs  brun 
bronzé  mêlé   de  blanchâtre  extérieurement  et   en   dessus,  blanc 


134  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

ocracé  en  dessous  et  en  dedans  ;  tibias  médians  et  postérieurs  forte- 
ment pubescents,  à  fond  noir  bronzé  plus  ou  moins  mêlé  de  bronzé 
clair,  avec  les  poils  de  la  moitié  supérieure  de  la  face  externe  et  du 
sommet  blancs  ;  face  interne  bronzé  clair  plus  ou  moins  mêlée  de 
blanc  ocracé  et  coupée  de  cette  couleur  au  milieu;  éperons  blanc 
ocracé;  tarses  blanc  ocracé  lavés  de  bronzé  clair  sur  le  côté  externe 
des  quatre  derniers  articles. 

Ailes  supérieures  allongées  et  limbe  ovale;  base  noire;  côte, 
bord  interne  et  nervures  noir  bronzé;  trait  discocellulaire  un  peu 
plus  haut  que  large,  noir  bronzé,  parsemé  extérieurement  de  bronzé 
clair  ;  espace  terminal  noir  bronzé,  densément  saupoudré  entre  les 
nervures  de  blanc  ocracé;  aires  vitrées  bien  développées;  infra- 
cellulaire  atteignant  presque  le  trait  discocellulaire;  ultracellulaire, 
ovale,  allongée,  deux  fois  et  demie  plus  large  que  le  trait  disco- 
cellulaire et  moitié  plus  que  l'espace  terminal  qui  effleure  la  fourche 
des  nervures  7-8.  Elle  est  formée  de  cinq  aréoles  dont  la  première 
et  la  dernière  sont  un  peu  plus  courtes  que  les  trois  médianes. 
Dessous  à  côte  et  base  blanc  ocracé,  et  semis  de  l'espace  terminal 
concentré  en  taches  internervurales  triangulaires,  nettes. 

Ailes  inférieures  transparentes  à  nervures  et  ligne  marginale 
noir  bronzé  ;  trait  discocellulaire  oblique,  étroit,  finissant  en  pointe 
au-dessus  de  l'angle  inférieur  de  la  cellule.  Dessous  avec  la  base, 
la  côte,  le  bord  externe  du  trait  discocellulaire,  les  nervures  i  h, 
I  <:  et  5  blanc  ocracé.  Franges  des  deux  paires  noir  bronzé  à  sommet 
des  cils  plus  ou  moins  distinctement  blanchâtre,  et  passant  au 
blanc  pur,  le  long  du  bord  abdominal  aux  inférieures. 

Ç).  —  Diffère  du  cf  par  le  front  blanc  pur  teinté  de  bronzé  pâle 
au  centre  seulement,  les  antennes  tachées  de  blanc  en  dessus  avant 
le  sommet,  la  ligne  médiodorsale  de  l'abdomen  moins  nette,  le 
pinceau  médian  de  la  brosse  anale  blanc  ocracé  peu  mêlé  de  bronzé, 
les  pinceaux  latéraux  non  bordés  de  blanc,  l'aire  vitrée  ultra- 
cellulaire arrondie,  d'un  diamètre  très  peu  supérieur  à  celui  du 
trait  discocellulaire. 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  135 

Envergure  :  cf,  18-22  millimètres;    Q,  18-23  millimètres. 

Types  :  16  cfcf,  17  Q  Q,  Maroc  occidental,  Chabat-el-Hamma 
[ait.  200-250  mètres],  i'^'"  juin  1921,  ex  Harold  Powell,  Coll. 
Ch.  Oberthur. 

Variations.  —  A  côté  des  spécimens  considérés  comme  les 
plus  typiques,  c'est-à-dire  présentant  le  maximum  de  développe- 
ment des  caractères  spécifiques  énumérés  plus  haut,  et  notamment 
les  trois  bordures  blanches  à  l'abdomen,  on  trouve,  surtout  chez 
les  cTcf,  des  individus  dans  lesquels  les  bordures  des  2^  et 
4'^  tergites  manquent  simultanément  ou  séparément.  Chez  la  Q, 
c'est  presque  exclusivement  la  bordure  du  2*^  tergite  qui  tend  à 
disparaître.  L'abondance  ou  la  réduction  du  revêtement  d'écaillés 
de  couverture  bronzées,  qui  ne  dépendent  d'ailleurs  pas  de  l'état 
de  conservation  des  spécimens,  fait  paraître  ceux-ci  plus  ou  moins 
clairs  ou  foncés.  Très  fugace,  la  ligne  maculaire  médiodorsale 
disparaît  chez  les  individus  ayant  quelque  peu  volé,  mais  elle 
paraît  cejDendant  manquer  normalement  chez  beaucoup  de  Q  Q 
parfaitement  fraîches. 

Affinités.  —  C/i.  Borreyi  se  place  entre  Ch.  miiscaeforniis, 
View,  et  Ch.  leuconielaena,  Z.,  dont  elle  a  la  forme  élancée.  De 
celle-ci  elle  se  différencie  par  la  pilosité  thoracique,  la  teinte 
bronzée,  l'aire  vitrée  ultracellulaire  allongée,  ovalaire,  les  trois 
ceintures  blanches  de  l'abdomen,  la  longue  pubescence  et  la  colo- 
ration des  pattes  et  de  la  brosse  anale. 

Ces  deux  derniers  caractères  lui  donnent  un  certain  rapport 
avec  muscaeformis,  View.,  qui  porte  également  un  revêtement  de 
poils  fins  sur  le  thorax,  la  même  Hgne  dorsale  maculaire  et  a  aussi 
les  tibias  pubescents.  Mais  l'espèce  européenne  est  d'un  faciès 
beaucoup  plus  lourd,  ses  ailes,  plus  larges,  ont  les  aires  vitrées 
moins  étendues,  et  les  hanches  antérieures  bronzées  à  simple 
bordure  blanche  chez  le  cf- 

Les  mêmes  caractères  la  séparent  de  colpiformis,  Stgr.,  à 
laquelle  elle  ressemble  beaucoup  par  sa  coloration  générale. 


136  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Harold  Powell  nous  a  dicté,  sur  les  circonstances  de  la  décou- 
verte de  la  Charnues phecia  Borreyi,  Le  Cerf,  les  renseignements 

suivants  : 

«  En  compagnie  de  M.  Borrey,  propriétaire-colon  à  Anq-el- 
Djemel,  dans  la  région  des  Zemmours,  par  une  altitude  d'environ 
200  à  250  mètres,  j'ai  vu,  les  31  mai  et  i"  juni  1921,  voltiger  sur 
les  fleurs  de  Statice  simiata,  paraissant  bleues,  une  Aegerie  qui, 
après  avoir  butiné  sur  les  fleurs  en  question,  se  reposait  assez 
souvent  sur  les  sommités  sèches  des  plantes.  L'Espèce  était  abon- 
dante et  je  pus  capturer  une  trentaine  d'exemplaires  généralement 
frais. 

C'était  sur  un  plateau  calcaire,  entre  les  vallées  de  l'Oued-Satour 
et  du  Chabat-cl-Hamma.  Sur  le  plate-au  végétaient  de  nombreux 
buissons  de  jujubier  et  le  Statice  sïnuata  était  très  abondant  par 
places. 

Je  suis  heureux  de  rappeler  par  le  nom  donné  à  cette  Espèce 
reconnue  nouvelle  celui  de  M.  Borrey  dont  l'obligeante  hospitalité 
et  l'aimable  compagnie  seront  toujours  l'objet  de  mon  très  recon- 
naissant souvenir.  » 


Chamaesphecia  leucomelaena,  Zeller. 

Une   Q    prise  à  Chabat-el-Hamma,  le  i*""  juin   1921. 

L'individu  capturé  au  Maroc  est  un  peu  aberrant  par  sa  tache 
vitrée  ultracellulaire  petite  et  seulement  quadrifide  et  par  l'exis- 
tence de  quelques  écailles  blanches  au  bord  du  second  tergite. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  I37 


ATYCHIIDAE 


Atychia  Powelli,  Obthr.  (PL  DXXXVIII,  fig.  4512). 

Région  de  Timhadit,  Djebel-Tisdadine,  en  juillet  1921. 

Le  cf  diffère  d'appejidiciilata  par  ses  ailes  supérieures,  en  dessus, 
unicolores,  à  fond  noir  sablé  d'atomes  jaune  verdâtre,  avec  un 
imperceptible  trait  longitudinal,  et  ses  inférieures  noires,  à  frange 
grise,  avec  une  éclaircie  basilaire  très  faible. 

Le  dessous  des  ailes  est  noir,  à  franges  longues,  soyeuses, 
grises;  une  éclaircie  médiane  blanche  se  remarque  sur  chaque  aile. 
Antennes,  corps  et  pattes  noirs. 


Atychia  Nanetta,  Obthr.  (PI.  DXXXVIII,  fig.  4513). 

Forêt  d'Azrou,  en  aoiit  1920. 

Diffère  de  Nana,  Tr.,  par  la  forme  de  ses  ailes  supérieures, 
sensiblement  plus  allongées,  d'un  brun  plus  obscur,  et  par  ses 
ailes  inférieures  d'un  noir  moins  profond. 

En  dessous,  d'un  gris  brun,  soyeux,  unicolore. 

Peut-être  une  race  géographique  de  la  sicilienne  Nana} 

Dans  les  Annales  Soc.  ent.  France,  1919-1920,  le  R.  P.  de 
Joannis  a  publié  une  révision  des  Espèces  de  Microlépidoptères 
de  la  collection  de  feu  Achille  Guenéc  (pages  1-40)  ;  aux  pages 


138  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

18-20  de  cette  notice,  l'Auteur  a  disserté  sur  Brachodes  Verjtetella, 
Guenée,  une  Atychïde  non  encore  figurée. 

Je  profite  de  la  publication  du  présent  ouvrage  pour  faire 
figurer  ladite  Brachodes  Y ernetclla,  Guenée  (2  cfcf  et  i  g),  de 
Vernct-les-Bains  (Pyrénées-Orientales)  (PI.  DXXXVIII  ;  cfcT, 
fig.  4510,  451 1;  Q,  fig.  4517),  et  XAtychia  Gaditana,  Rambur 
(I  Cf  et  I  Q)  (PI.  DXXXVIII;  d,  fig.  4515;  9,  fig-  4516),  de 
Cadix. 

Cette  figuration  aura,  je  l'espère,  pour  résultat  de  fixer  exac- 
tement les  Entomologistes  relativement  à  la  nature  des  deux 
Espèces  d'Atychiide  précitées. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  139 


COSSIDAE 


Hndagria  marmorata,  Rainbui. 

Région  des  Zemmours,  fin  mai  192 1. 

La  fig.  3776  de  la  PI.  CDXXXVI,  dans  le  Vol.  XUl  des  Etudes 
de  Lép'uloptcrologie  comparée,  représente  parfaitement  les  échan- 
tillons que  Ilarold  Powell  a  recueillis  au  Maroc. 


Cossus  Cossus,  Linné 
Tanger. 

Zeuzera  pyrina,  Linné. 
Tanger  (Vaucher). 


140  LEPIDOPTÉROLOGTE    COMPARÉE 


PSYCHIDAE 


Amicta  Lefèvrei,  Obthr.  (PI.  DXXXVI,  cf,  cT,  &g.  44/O,  4471). 

Dédiée  à  M.  le  Commandant  Lefèvre,  Chef  du  Service  des 
Renseig-nements  de  la  Subdivision  de  Meknès,  hommage  recon- 
naissant pour  les  facilités  accordées  en  vue  de  l'exploration  ento- 
mologique  du  Maroc. 

Belle  et  grande  Espèce  dont  trois  exemplaires  cf'O'  ont  été  cap- 
turés à  la  lumière  à  Timhadit,  en  août  1920. 

Voisine  de  Tedaldii  et  de  Onadrangnlaris.  En  dessus  d'une 
teinte  générale  grise  plutôt  que  brune  ou  ocracée,  avec  la  frange 
d'un  blanc  grisâtre  argenté,  la  base  des  quatre  ailes  blanchâtre, 
le  thorax  et  l'abdomen  d'un  ton  un  peu  plus  clair  que  le  fond 
des  ailes  et  les  nervures  sous-costale  et  médiane  saillantes  en  blanc 
et  formant,  depuis  la  base,  une  sorte  d'Y  blanc. 

I-es  antennes  sont  longues,  brun  noirâtre,  assez  fortement  pec- 
tinées;  le  thorax  et  l'abdomen  sont  velus;  l'abdomen  est  long  et 
dépasse  de  beaucoup  le  bord  terminal  des  ailes  inférieures. 

En  dessous,  c'est  à  peu  près  comme  en  dessus  ;  les  pattes  sont 
fines  et  ont  les  deux  premiers  articles  velus. 

Le  fourreau  est  encore  inconnu. 

Je  fais  représenter  deux  cfcr  de  taille  inégale,  l'un  plus  grand, 
plus  robuste  et  l'autre  plus  grêle.  Ils  ont  été  capturés  en  même 
temps  et  je  les  suppose  appartenant  à  une  même  unité  spécifique. 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  141 


Psyché  Nivellei,  Obthr.  (PI.  DXXXVI,  c/cf,  fig-  4472  et  4473). 

Dédiée  à  M.  le  Commandant  Nivelle. 

Harold  Powell  a  recueilli  une  nombreuse  série  d'exemplaires, 
tous  C^O",  à  Timhadit,  à  la  lumière,  en  août  1920. 

Voisine  de  Vidella,  mais  d'une  coloration  générale  plus  grise, 
les  ailes  supérieures  moins  arrondies  à  l'apex  et  le  corps  beaucoup 
plus  grêle  et  moins  épais.  L'abdomen  est  assez  long-,  beaucoup 
moins  velu  ;  le  fond  des  ailes  est  uniformément  gris  légèrement 
brunâtre. 

Les  nervures  sont  très  fines,  apparentes  sur  le  fond  gris  presque 
hyalin  des  ailes. 

Les  antennes  sont  assez  longues,  bien  pectinées. 

Le  dessous  est  comme  le  dessus. 

Le  pattes  sont  fines  et  presque  sans  pilosité. 

Le  fourreau  est  inconnu. 


Sterrhopterix  Powelli,  Obthr.  (PL  DXXXVI  ;  cfcf,  fig.  4468 
et  4469). 

Mrassine,  en  mai  1921. 

Cette  nouvelle  Psychide,  dont  Harold  Powell  a  recueilli  un 
certain  nombre  d'exemplaires,  tous  cfO',  ressemble  beaucoup  à  une 
Espèce  de  Ceylan  :  Metisa  plana,  Walker. 

Elle  appartient,  me  semble-t-il,  au  Genre  Sterrhopterïx  qui  ren- 
ferme les  deux  Espèces  :  Hirsutella,  Huebner  {Catvella,  Ochs.) 
et  Stand  fus  si,  H.  S. 

La  5.  Poivelli  est  plus  petite  et  plus  giêle  que  Hïrsntella. 

Elle  est  d'un  gris  brun  pâle,  diaphane  comme  Metisa  plana. 
Elle  diffère  de  cette  dernière  Espèce  asiatique  par  ses  ailes  plus 
arrondies.  De  Hirsutella,  elle  diffère  aussi  par  la  forme  de  ses 


142  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

ailes,  moins  allongée.  Ses  antennes  sont  courtes,  très  légèrement 
renflées  à  la  base,  fines  à  l'extrémité.  L'abdomen  est  presque  fili- 
forme, pas  plus  long  que  le  bord  des  ailes  inférieures. 


Apteroma  pectinata,  Chrétien. 

13  mm.  —  Ailes  brunes,  un  peu  jaunâtres,  non  opaques;  la  côte 
brun  foncé  dans  sa  première  moitié  basilaire.  Franges  plus  claires. 

Tête  et  corps  brun  noir,  avec  villosité  blanchâtre;  antennes 
pectinées;  flagellum  velu;  lamelles  longues,  déliées,  à  extrémité 
recourbée,  écartées  et  étalées  dans  leur  première  moitié,  brun  jau- 
nâtre. 

Diffère  des  autres  Espèces  par  la  longueur  des  lamelles  des 
antennes,  leur  écart  plus  grand,  même  que  chez  Apterona  pitsïlla, 
Spr.,  tandis  que,  par  la  teinte  des  ailes,  elle  se  rapprocherait 
d' Apterona  crenidella,  Rrd. 

Trois  sujets  cfcf  de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  143 


MEGALOPYGIDAE 


Somabrachys  maroccana,  Obthr. 

Mogador. 

Décrit  aux  pages  406  et  407  du  Vol.  XII  des  Etudes  de  Léfi- 
doptérologie  comparée;  figuré  sous  le  n"  88  de  la  PI.  XXI  du 
Vol.  III  du  même  ouvrage  et  photographié  sur  la  PI.  D  du  Vol.  V 
des  mêmes  Etudes. 


Somabrachys  Mogadorensis,  Obthr. 

Mogador. 

Décrit  aux  pages  409  et  410  du  Vol.  XII  {loc.  cit.);  figuré  sous 
le  n°  85  de  la  PI.  XXI  du  Vol.  III  et  photographié  sur  la  PI.  C 
du  Vol.  V  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 


Somabrachys  Guillaumei,  Obthr.  (PL  DXXXV,  Q,  4463). 

Dédiée  à  M.  le  Capitaine  Guillaume,  chef  du  poste  des  ren- 
seignements, à  Oued-Amassine,  souvenir  d'amitié  reconnaissante 
pour  les  services  rendus  avec  tant  d'obligeance,  lors  de  l'explo- 
ration entomologique  du  Moyen-Atlas. 


144  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Nous  avons  obtenu  à  Rennes,  en  septembre  iy2i,  un  cf  et  une  Q, 
sortis  des  chrysalides  rapportées  par  II.  Powell. 

Le  cf,  étant  éclos  pendant  la  nuit,  a  un  peu  volé;  il  s'est  alors 
légèrement  défraîchi.  Il  est  cependant  en  état  suffisant  pour  être 
décrit  ;  il  est  remarquable  par  sa  coloration  gris  foncé  qui  le  fait 
ressembler  à  Powelli,  seule  des  Espèces  algériennes,  jusqu'ici 
connues,  qui  présente  un  semblable  groiind  colour. 

Ce  Sornabrachys  Poweili  est  figuré  sous  le  n"  87  de  la  PI.  XXI, 
dans  le  Vol.  III  des  Etudes  de  Lépido pt ér ol o gie  comparée. 

J'avais  espéré  qu'un  nouveau  cf  naîtrait  des  chrysalides 
apportées  à  Rennes  par  Harold  Puwell;  malheureusement  le  seul 
qui  est  éclos  en  octobre  192 1  n'a  pas  pu  développer  ses  ailes  qui 
sont  restées  réduites  à  des  petits  cuiUerons  de  couleur  grise  foncée, 
avec  un  reflet  d'ardoise. 

Je  dois  donc  me  contenter  de  remettre  à  M.  J.  Culot,  pour  figu- 
ration, le  seul  cf  bien  développé,  mais  légèrement  défraîchi  par  le 
vol  nocturne,  que  nous  ayons  obtenu. 

On  remarcjucra  les  antennes  longues,  assez  fortement  pectinées, 
de  couleur  blonde,  le  thorax  couvert  de  poils  longs  d'un  fauve 
clair,  l'abdomen  très  court  et  de  même  teinte.  La  côte  des  ailes 
supérieures  est  brun  foncé;  les  yeux  sont  gros,  entourés  d'une 
pilosité  noire;  les  pattes  velues  au  premier  article  sont  ensuite 
fines,  avec  le  dernier  article  crochu. 

La  O  est  relativement  grande  ;  la  longueur  de  son  corps  atteint 
17  millimètres  et  la  plus  grande  largeur  est  de  8  millimètres.  Elle 
est  complètement  aptère  ;  la  tête  est  couverte  de  poils  courts  gris 
blanc;  les  antennes  sont  crénelées,  fines,  brunes,  courtes;  les  yeux 
sont  noirs;  le  canthus  est  brun  noir,  entouré  de  poils  serrés,  gris 
foncé.  Les  trois  premiers  segments  thoraciques  sont  dorsalement 
étroits  et  bruns,  recouverts  d'une  pilosité  gris  blanchâtre. 

L'abdomen  est  recouvert  de  poils  d'un  blanc  jaunâtre;  le 
dorsum  porte,  sur  chacun  des  segments  i  à  6  inclus,  une  large 
plaque  d'un  brun  doré  brillant,  paraissant  très  soyeux  à  cause 
de  la  quantité  de  poils  fins  et  courts  appliqués  sur  ces  plaques. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  145 


Les  plaques  en  question  sont  très  nettement  limitées  et  ne  dé- 
passent pas  dans  le  sens  transversal,  c'est-à-dire  de  la  largeur, 
6  millimètres. 

Les  pattes  sont  fines,  d'une  couleur  gris  foncé;  les  tibias  et 
les  tarses  sont  couverts  de  poils  blonds;  l'épine  tibiale  est  très 
développée. 

L'extrémité  abdominale  se  termme  par  une  sorte  de  bouton  au 
milieu  duquel  se  trouve,  comme  médianement  superposé,  un  ovi- 
ducte  qui  est  lui-même  un  petit  cône  tronqué.  Cet  oviducte  est 
recouvert  de  poils  courts,  blonds. 

Nous  ne  connaissons  d'autre  Q  que  celle  de  Khenchelae  {Etudes 
de  Lépidopiérologie  comparée,  Vol.  III,  ûg.  n'  92;,  qui  ressemble 
à  cette  belle   g   Guïllamnei;  mais  le  cf  est  très  différent. 

La  description  ci-dessus  de  la  g  a  été  écrite  le  21  septembre 
1921,  d'après  le  papillon  vivant. 

Harold  Powell,  partant  pour  Genève,  avec  près  d'un  centaine 
de  spécimens,  destinés  à  servir  de  modèles  aux  Planches  coloriées 
qu'il  remettra  lui-même  au  maître  J.  Culot,  emporte  avec  lui  la  Q 
en  question  de  façon  que,  sans  délai,  elle  soit  mise  à  la  dispo- 
sition du  peintre  et  avant,  si  possible,  que  la  mort  n'en  ait  modifié 
et  ratatiné  la  forme  doclue  et  pleinement  arrondie. 

Une  seconde  g,  tout  à  fait  semblable  à  celle  ci-dessus  décrite, 
est  éclose  à  Rennes,  le  26  septembre  192 1.  Quoique  le  papillon  soit 
aptère,  il  est  vraiment  charmant  avec  ses  pattes  et  ses  antennes  si 
fines,  le  ground  coloiir  pâle  de  son  corps  et  les  barres  d'un  rou.-': 
doré  qui  ornent  le  dessus  des  anneaux  abdominaux. 

LIne  troisième  et  dernière  g  est  sortie  de  sa  chrysalide,  au 
commencement  d'octobre. 

Voici  la  description  écrite  par  Powell  de  la  chenille  du  Soma- 
brachys  Guillaiimei  : 

((  Dans  le  Zehroun  il  n'a  été  rencontré,  pendant  l'automne, 
l'hiver  et  le  printemps  1920-1921,  qu'une  seule  Espèce  de  Soma- 


146  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

brachys  à  l'état  de  chenille  (*).  J'ai  cru,  un  moment,  avoir  affaire 
à  deux  Espèces,  ayant  trouvé,  à  deux  reprises,  sur  le  Plateau  ou 
Gada  des  Dkrissa,  entre  Meknès  et  Mrassine,  une  chenille  dont 
le  corps  était  uniformément  d'une  teinte  blanc  jaunâtre,  à  part 
le  rebord  du  prothorax  rose;  mais  la  disposition  et  la  forme  des 
verrues,  le  nombre  de  leurs  crins  et  les  poches  ou  fentes  latérales 
étant  identiques  chez  cette  chenille  et  les  chenilles  autrement 
colorées,  trouvées  en  montagne,  je  conclus  que  les  chenilles  blan- 
châtres du  Plateau  ne  représentent  pas  une  Espèce  distincte. 

Jamais,  en  montagne,  je  n'ai  trouvé  une  chenille  à  fond  blan- 
châtre, comme  celles  du  Plateau;  mais  j'ai  remarqué  une  variation 
assez  notable  de  la  coloration  des  chenilles  de  montagne  et  de 
leurs  verrues.  Enfin  quelques  exemplaires,  pareils  à  ceux  de  la 
montagne,  ont  été  pris  sur  le  Plateau. 

Au  mois  de  novembre  1920,  quelques  pontes  de  Soniabrachys 
ont  été  trouvées  sur  les  tiges  sèches  de  diverses  plantes;  les  œufs, 
disposés  en  large  anneau  et  en  quinconce,  sont  gris  et  ne  diffèrent 
pas,  me  semble-t-il,  des  œufs  des  Somabrachys  d'Algérie,  toujours 
assez  semblables  entre  eux,  à  part  la  question  de  volume. 

En  janvier  et  février,  on  trouvait  souvent,  à  Beni-Amar  et  à 
Mrassine,  des  chenilles,  jeunes  encore,  mais  assez  avancées  pour 
bien  montrer  leurs  couleurs.  Ces  chenilles  se  tenaient  sous  des 
touffes  de  diverses  plantes  appliquées  contre  le  sol,  ou  bien,  sur 
des  plantes  basses.  Elles  sont  polyphages,  mais  elles  ont  une  pré- 
férence pour  les  fleurs;  on  remarque  ceci  surtout  dans  les  deux 
derniers  stades. 

En  mars  et  avril,  les  chenilles  étaient  assez  abondantes,  à 
Mrassine.  Déjà,  au  commencement  de  mars,  on  rencontrait  des 
chenilles  bien  avancées  dans  le  dernier  stade,  ainsi  que  des  indi- 
vidus de  l'avant-dernier  stade  et  d'autres  plus  jeunes  encore.  En 
avril,  on  en  trouvait,  également,  dans  différents  stades,  mais,  au 


(*)   Une  seconde  espî-ce,  c.  c,  a  été  trouvée  peu  de  jours  avant  mon  déj):irt  de 
Mrassine. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  147 

courant  de  ce  mois,  c'est  surtout  dans  le  dernier  stade  qu'on  les 
remarquait.  Au  courant  du  mois  d'avril,  la  plupart  des  chenilles 
gardées  en  captivité  sont  descendues  en  terre  pour  la  formation 
du  cocon.  La  petite  liste  suivante  est  celle  des  plantes  sur  les- 
quelles ont  été  trouvées,  le  plus  souvent,  les  chenilles  du  Soma- 
brachys  A.  A.  : 

CaLendida  algeriensis  Boiss.  et  Reut.,  qui  est  le  Souci  si  abon- 
dant dans  les  champs  du  Zehroun  (le  nom  donné  à  cette  plante 
par  les  Indigènes  est  ]euuncra).  La  chenille  s'attaque  aux  capi- 
tules du  Souci  et,  mangeant  lentement,  mais  d'une  façon  presque 
continue,  elle  les  vide. 

Erophaca  baetica;  jeunes  pousses,  feuilles  et  fleurs. 

Anthyllis  tetraphylla  L. ;  plante  rampante  à  calices  enflés  après 
la  floraison  ;  cette  plante  nourrit  souvent  la  chenille  de  T.  Ballus, 
à  H  y  ères. 

Fumana  glu  tin  osa  Boiss. 

Craiaegus  Oxyacaniha.  La  chenille  a  été  trouvée  plusieurs  fois 
mangeant  les  fleurs  de  l'Aubépine. 

Des  chenilles  ont  été  prises  sur  beaucoup  d'autres  plantes  dont 
je  ne  connais  pas  les  noms  ;  en  captivité,  je  les  nourris  surtout 
avec  les  fleurs  de  ]enirnera  et  de  Sonchiis. 

J'ai  trouvé,  une  fois,  la  chenille  de  ce  Somabrachys  sur  V Ana- 
gyris  foetida  L. 

C'est  à  la  division  i  et  au  groupe  2  qu'appartient  la  seule 
Espèce  de  Somabrachys  rencontrée  au  Zehroun.  La  chenille  a  une 
ressemblance  très  grande  avec  celle  de  5  Manastabal;  elle  atteint 
une  taille  de  beaucoup  supérieure,  cependant,  à  celle  de  la  chenille 
pleinement  développée  dudit  Manastabal. 

Description  d'une  chenille,  dans  V avant-dernier  stade,  de  la 
forme  la  plus  commune  : 

Longueur  :  o.oii  (La  chenille  est  au  début  du  stade). 
Tète  brun  clair,  brillante;  rebord  du  prothorax  rose. 


148  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Couleur  du  dorsum,  jusqu'à  la  limite  supérieure  du  flange-line  : 
grise  légèrement  rosée;  flange-line  :  jaune  d'ocre  très  pâle,  un  peu 
plus  claire  que  la  surface  ventrale,  les  pattes  membraneuses  et  les 
verrues  présentes  sur  cette  surface,  qui  ont,  également,  une  teinte 
jaune  d'ocre  pâle.  La  bordure  supérieure  du  flange  est  finement 
noire.  La  ligne  médiodorsale  est  très  fine,  d'un  blanc  un  peu  jau- 
nâtre, bordée,  de  chaque  côté,  d'un  filet  de  couleur  un  peu  plus 
foncée  que  le  gris  fondamental.  Les  grosses  verrues  sous-médianes 
sont  d'une  teinte  rose  foncée,  légèrement  orangée;  celles  des  seg- 
ments abdominaux  portent  trois  crins  blancs,  longs  à  extrémité 
noirâtre,  ainsi  que  de  nombreux  crins  courts,  d'un  brun  très  clair; 
ces  verrues  ont  une  forme  un  peu  allongée  et  sont  disposées  trans- 
versalement ;  les  verrues  dorsales  du  segment  mésothoracique  sont 
très  agrandies  et  elles  fusionnent.  Les  fentes  ou  poches  latérales 
sont  grandes,  très  allongées;  elles  sont  un  peu  réduites,  sur  le 
premier  et  le  septième  segments  abdominaux  ;  le  huitième  segment 
abdominal  n'en  possède  pas.  La  lèvre  des  poches  est  blanchâtre, 
le  centre  de  la  fente  noir.  La  verrue  latérale,  en  avant  et  au  bas 
de  la  poche,  est  rose  foncée  vineuse,  arrondie  et  plus  petite  que  la 
verrue  sous-médiane;  chacune  porte  deux  crins  blancs  bien  moins 
longs  que  ceux  des  verrues  sous-médianes  et  plusieurs  crins  courts, 
pâles.  La  veraie  du  flange  est  ocre  pâle  légèrement  orangé. 

Dans  le  dernier  stade,  les  chenilles  les  plus  grosses  (celles  qui 
doivent  donner  des  Q  Q,  sans  doute)  arrivent  à  une  longueur  de 
près  de  0.03,  avec  une  largeur  maxima  de  0.0075  ;  allongées,  les 
plus  grandes  chenilles  dépassent  sensiblement  3  centimètres.  La 
forme  la  plus  abondante  est  la  suivante  : 

Tête  d'un  brun  noirâtre  avec  tache  blanchâtre,  allongée,  de 
chaque  côté;  épistome  d'un  blanc  un  peu  rembruni;  labrum  brun. 
Premier  article  (basilaire)  des  antennes,  blanc;  les  deux  autres, 
brun  noirâtre.  Les  antennes  sont  très  développées,  ayant  près  d'un 
millimètre  de  longueur.  Le  rebord  et  les  verrues  du  segment  pro- 
thoracique  sont  de  couleur  rose  orangé.  La  couleur  fondamentale 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  149 

du  dorsum  est  d'un  gris  verdâtre;  la  ligne  médiodorsale  est 
extrêmement  fine,  de  la  couleur  fondamentale  mais  de  teinte  sen- 
siblement plus  claire.  Les  grandes  verrues  sous-mcdianes  sont  de 
couleur  orange;  elles  sont  de  forme  ovale  arrondie,  disposées  un 
peu  obliquement.  Leurs  crins  sont  noirs  à  l'exception  de  deux 
crins  blancs  par  verrue,  ayant  environ  deux  fois  la  longueur  des 
crins  noirs;  les  crins  blancs  sont  rembrunis  vers  l'extrémité. 
Fentes  ou  poches  latérales  sur  les  sept  premiers  segments  abdo- 
minaux seulement;  lèvres  des  poches  grises  entourées  d'une  saillie 
plus  claire  que  la  teinte  fondamentale.  Verrues  latérales  d'un  jaune 
très  pâle  ayant  deux,  parfois  trois,  crms  blancs  et  plusieurs  crins 
noirs,  plus  courts.  Poche  noire  stigmatale  arrondie,  un  peu  pyri- 
forme,  située  entre  la  verrue  latérale  et  celle  du  flange.  La  poche 
stigmatale  est  relativement  très  petite  sur  le  huitième  segment 
abdominal.  Verrues  du  flange  jaune  très  pâle,  à  nombre  de  crins 
blancs  variable;  il  y  a  une  verrue  allongée,  comprimée,  entre  le 
flange  et  la  base  des  pattes  et  une  autre,  petite,  arrondie  sur  la 
base  même.  La  couleur  ventrale  est  d'un  jaune  blanchâtre  sale  ; 
il  y  a  bien  moins  de  contraste  entre  les  surfaces  ventrale  et  dor- 
sale que  dans  le  stade  précédent. 

La  verrue  sous-médiane  est,  sur  le  segment  mésothoracique,  en 
forme  de  haricot  et  placée  obliquement,  ainsi  qu'il  est  normal 
chez  les  Somabrachys;  il  n'y  a  plus  fusionnement  des  verrues  de 
ce  segment  comme  dans  le  stade  précédent,  quoique  les  trois 
verrues  du  dorsum  (parmi  lesquelles  je  comprends  celle  du 
■flange)  soient  très  rapprochées;  la  couleur  de  la  verrue  latérale 
et  de  celle  du  flange  est  un  peu  plus  orangée  que  dans  les  seg- 
ments suivants. 

On  trouve  des  chenilles  à  teinte  fondamentale  un  peu  plus  ou 
un  peu  moins  foncée  que  chez  le  type  décrit. 

La  teinte  des  verrues  sous-médianes  peut  varier  depuis  le  rose 
vineux  jusqu'au  jaune  blanchâtre,  mais  les  chenilles  à  verrues 
sous-médianes  aussi  pâles  sont  rares. 


ISO  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


Le  nombre  de  crins  blancs  (deux)  longs,  portés  par  ces  verrues 
est  parfois  réduit  à  un  par  verrue,  rarement  à  néant  ;  le  rebord  et 
les  verrues  du  prothorax  restent  toujours  roses. 

Comme  d'habitude  chez  les  Somabrachys,  la  couleur  fonda- 
mentale du  dorsum  tourne  au  vineux  sombre  quand  la  chenille 
a  achevé  son  développement  et  se  prépare  à  s'enterrer. 

Sans  doute,  les  chenilles  que  j'ai  récoltées,  à  Mrassine  princi- 
palement, contiennent,  dans  bien  des  cas,  des  parasites  Diptères  ; 
ce  n'est  que  plus  tard,  dans  les  cocons,  qu'on  pourra  facilement 
se  rendre  compte  de  la  présence  de  ces  parasites.  Mais  les  che- 
nilles de  Somabrachys  ont,  dans  le  Zehroun,  un  ennemi  que  je  ne 
leur  ai  pas  connu,  en  Algérie.  Il  s'agit  d'un  ver  blanc,  filiforme, 
très  long,  Gordins  sp.,  qui  parasite  la  chenille  et  qui  en  sort  dans 
le  dernier  stade.  Jusqu'à  présent,  21  avril,  huit  chenilles  sont 
mortes  à  la  suite  de  la  sortie  de  ce  ver.  Je  les  trouvais  ramollies 
et  léthargiques  sur  le  sol  de  leur  cage,  avec,  à  côté,  le  ver  blanc, 
entortillé.  Une  seule  fois,  j'ai  surpris  un  ver  sortant  de  la  che- 
nille, à  travers  la  membrane  tendre  du  cou,  entre  la  tête  et  le 
rebord  du  segment  prothoracique. 

Le  ver  émergeait  des  deux  tiers  de  sa  longueur,  mais  lorsque 
j'ai  pris  la  chenille  avec  les  pinces  pour  examiner  le  ver  de  plus 
près,  celui-ci  s'est  retiré  dans  le  corps  de  la  chenille  et  y  a  disparu 
complètement.  J'ai  conservé  cette  chenille  dans  l'alcool,  ainsi  que 
plusieurs  vers  et  leurs  victimes. 

Ce  ver  n'est  pas  particulier  aux  Somabrachys,  puisque  deux 
ou  trois,  paraissant  semblables,  sont  sortis  des  chenilles  d'une 
Noctuide,  trouvées  à  Mrassine,  en  mars,  les  chenilles  succombant 
ensuite. 

En  quittant  Mrassine,  le  17  mai,  il  ne  me  restait  plus  que  deux 
chenilles  A.  A.,  les  autres  (à  part  celles  mortes  pour  causes 
diverses)  étant  déjà  enterrées  et  en  cocon.  Comme  chez  les  autres 
Somabrachys,  c'est  l'opercule  du  cocon  qui  est  achevé  en  dernier 
lieu.  » 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  15^ 


Somabrachys  sp  ? 


Azrou  ;  un  cS  trouvé  un  matin  du  commencement  de  septembre 
1920,  se  promenant  à  terre. 

Le  papillon  étant  seul  de  son  Espèce  et  légèrement  défraîchi, 
il  paraît  difficile  de  pourvoir  très  exactement  à  l'établissement  de 
son  état  civil. 

Nous  pouvons  dire  qu'il  est  d'une  couleur  générale  grise  assez 
foncée  et  qu'il  se  rapproche  de  Massiva  pour  la  taille  et  de 
Powelli  pour  la  couleur. 

C'est  sans  doute  une  Espèce  nouvelle. 

D'ailleurs  il  reste  certainement  au  Maroc,  comme  en  Algérie^ 
beaucoup  d'Espèces  de  Somabrachys  à  découvrir. 

En  réalité,  la  comparaison  des  chenilles  entre  elles  est  le  plus 
sûr  moyen  de  différencier  correctement  les  diverses  Espèces  de 
Somabrachys.  Harold  Powell,  qui  est  parfaitement  fixé  sur  ce 
point,  ne  néglige  jamais  d'écrire  sur  place  et  en  ayant  les  che- 
nilles vivantes  sous  les  yeux,  la  description  de  toutes  celles  qui 
lui  paraissent  devoir  être  l'objet  d'une  observation  intéressante 
à  quelque  titre  que  ce  soit,  mais  surtout  pour  permettre  de  diffé- 
rencier les  papillons,  lorsqu'ils  éclosent.  De  plus,  il  en  fait  de  très 
fidèles  reproductions  en  aquarelle,  de  telle  sorte  que  toutes  les 
précautions  sont  prises  pour  éviter  les  erreurs. 

Suivant  ce  principe,  mon  excellent  collaborateur  a  donc  pris 
la  note  descriptive  suivante,  relativement  à  une  chenille  de  Soma- 
brachys qui  est  peut-être  celle  du  seul  exemplaire  cT,  malheureu- 
sement un  peu  usé  par  le  vol  nocturne  et  auquel  nous  ne  croyons 
devoir  donner  jusqu'ici  aucun  nom.  Nous  pensons  toutefois  que 
des  explorations  futures,  plus  heureuses,  permettront  de  bien 
reconnaître  l'Espèce  et  de  lui  donner  rang  dans  la  Nomenclature. 


152  LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Voici  la  description  de  la  seconde  chenille  dont  l'imago  n'est 
pas  encore  authentiquement  connu  (20  septembre  192 1).  Nous 
avons  des  chrysalides  et  nous  espérons  pouvoir  faire  connaître 
le  papillon  avant  que  l'impression  du  présent  ouvrage  ne  soit 
terminée. 

L'Espèce  est  désignée  provisoirement  par  les  lettres  C.  C. 

((  Somahrachys  C .  C.  sp.  ? 

Parmi  les  dernières  chenilles  de  Soniabrachys  récoltées  à 
Mrassine,  se  trouve  un  petit  nombre  d'exemplaires  certainement 
distincts  des  chenilles  de  la  forme  A.  A.  et  de  la  forme  B.  B.  et 
intermédiaires  {Guillaumeï). 

Elles  s'en  distinguent  dans  l'ultime  stade  par  les  caractères 
suivants  : 

I"  La  taille  moitié  moins  grande  à  l'état  de  complet  dévelop- 
pement. 

2°  La  couleur  jaunâtre  du  dorsum  (non  verdâtre).  Il  existe  une 
bande  large,  médiodorsale,  et  une  bande  latérale,  d'un  grisâtre 
pâle,  qui,  dans  bien  des  cas,  sont  à  peine  distinctes  de  la  couleur 
fondamentale,  mais  qui  pourraient  être  assez  foncées,  probable- 
ment, dans  certains  cas. 

3°  Les  verrues  sont  toutes  jaune  pâle,  sauf  pour  les  grosses 
sous-médianes  des  segments  méso-  et  métathoraciques  et  des  trois 
derniers  segments  du  corps  Ces  verrues  sont  légèrement  orangées. 
(Le  rebord  et  les  verrues  du  prothorax  sont  d'un  rose  orangé.) 

4°  Les  poils  ou  crins  longs,  portés  par  les  verrues,  sont  distinc- 
tement plus  longs  que  chez  la  chenille  Giiillaiimei  (A.  A.)  et  moins 
droits  et  raides. 

5"  Ces  poils,  dont  le  nombre  ne  dépasse  jamais  deux  (à  ma 
connaissance),  sur  les  grosses  verrues  sous-médianes,  et  qui  sont 
parfois  réduits  à  un  ou  à  néant,  chez  l'Espèce  A.  A.,  sont  souvent 
au  nombre  de  trois  chez  la  chenille  C.  C.  et  je  n'ai  jamais  constaté 
moins  de  deux. 


LÉPIDOPTÊROLOGIE   COMPARÉE  1153 

6"  C.  C.  est  une  chenille  mouis  précoce  que  B.  B. 

7°  Les  crins  courts  sont  d'un  brun  très  pâle. 

8"  Les  poches  stigmatales  sont  beaucoup  plus  petites  que  chez 
A.  A.  et  plus  arrondies;  la  chenille  C.  C.  possède  le  filet  fin,  pâle, 
médiodorsal  commun  à  tous  les  Somabrachys,  mais  ce  filet  est  à 
peine  perceptible  chez  les  variétés  les  plus  pâles. 

L'Espèce  C.  C.  appartient  à  la  division  1  comme  Giiillaumei; 
elle  est  voisine  de  la  chenille  de  H olli. 

J'ai  retrouvé  l'Espèce  C.  C,  en  grande  abondance,  à  Oued- 
Djdida  (entre  Mcknès  et  Fez),  le  ig  mai  192 1,  sur  des  plantes 
diverses.  L'Espèce  A.  A.  y  manquait  complètement.  Peut-être  y 
existe-t-elle,  mais,  comme  la  chenille  A.  K.  est  plus  précoce,  il 
aurait  fallu  y  être  plus  tôt  dans  la  saison  pour  être  fixé  sur  ce 
point.  » 

J'ai  cherché  dans  ma  collection  si  des  spécimens  africains  pou- 
vaient être  référables  au  Genre  Somabrachys  jusqu'ici  connu  pour 
être  répandu  depuis  l'Egypte  jusqu'au  Maroc. 

Il  me  semble  que  feu  H.  Perrot,  qui  a  chassé  jadis  pour  nous, 
avec  tant  de  succès,  à  Madagascar,  y  a  capturé  une  Espèce  de 
Mégalo pygide  assez  voisine  des  Somabrachys.  C'est  ce  que  j'ai 
trouvé  de  plus  approchant  de  ce  Genre  parmi  mes  documents 
d'Afrique  tropicale.  Je  crois  devoir  faire  figurer,  avec  le  nom  de 
Perrotia  tama(avana,  ce  papillon  dont  j'ai  été  inhabile  à  trouver 
la  représentation  quelque  part. 


Perrotia  tamatavana,  Obthr. 

Le  nouveau  Genre  Perrotia  est  caractérisé  différentiellement  du 
Genre  Somabrachys,  par  les  antennes  du  cT  (seul  sexe  connu), 
beaucoup  moins  fortement  pectinées,  et  par  l'abdomen  plus  robuste 
et  sensiblement  plus  long. 


154  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

Quant  aux  yeux,  ils  sont  gros  et  entourés  d'une  pilosité  noire, 
l-es  pattes  sont  noires,  fines,  avec  leur  premier  article  très  velu. 
Les  poils  qui  tapissent  le  dessous  de  ce  premier  article  des  pattes 
sont  blonds.  Le  thorax,  en  dessus,  est  d'un  brun  noirâtre,  séparé 
de  la  tête  par  un  collier  de  poils  fauves.  L'abdomen  est  couvert 
de  poils  fauves;  l'extrémité  anale  est  terminée  par  une  petite 
touffe  de  poils  d'un  brun  foncé.  Les  ailes,  en  dessus,  comme  en 
dessous,  sont  d'un  brun  roux;  les  inférieures  un  peu  plus  claires 
que  les  supérieures,  surtout  le  long  du  bord  anal,  en  dessous,  et 
près  de  la  base,  en  dessus. 

La  Perrotia  tamatavana  vient  des  environs  de  Tamatavc. 
L'exemplaire  ci-dessus  décrit  est  en  bon  état  de  conservation. 


LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  155 


ZYGAENIDAE 


Aglaope    Labasi,    Obthr.    (PI.   DXXXV;   çS>   %.    4464;    Q, 
fig.  4465). 

Jolie  nouveauté  dédiée  à  M.  Labas,  Inspecteur  des  Eaux  et 
Forêts  à  Azrou,  comme  reconnaissant  souvenir  pour  l'aimable 
hospitalité  donnée  à  M.  Powell,  à  Azrou,  en  192 1. 

L'Espèce  fut  découverte  au  Djebel-Tisdadnie,  le  18  juillet  1921, 
par  2.400  mètres  environ  d'altitude.  Le  papillon  voltigeait  en 
assez  grand  nombre  autour  des  petits  buissons  d'un  prunier  à 
feuillage  glauque  qui  végétait  entre  les  pierres  calcaires,  près  du 
sommet. 

IJ A  glaopc  Labasi  est  tout  à  fait  distincte  ^V Aglaope  infausta, 
par  le  liséré  rose  carminé  qui  suit  comme  un  encadrement,  paral- 
lèlement, et  à  une  très  courte  distance,  les  bords  costal,  terminal 
et  interne  des  ailes  supérieures;  ainsi  que  par  l'extension  du  rose 
carminé  sur  la  surface  des  ailes  inférieures  qui  restent  simplement 
bordées  de  noirâtre,  avec  un  épaississement  noirâtre  à  l'apex.  Le 
dessous  diffère  très  peu  du  dessus. 

Le  corps  et  les  antennes  sont  noirs.  On  remarque,  chez  les  deux 
sexes,  un  collier  rouge.  La  Q  présente  une  toufte  de  poils  carminés 
entre  les  yeux.  Chez  le  d",  la  tête  est  entièrement  noire. 

Les  antennes  du  cf  sont  pectinées  ;  celles  de  la  Q  sont  ciliées. 
Les  pattes  de  la  Q  montrent  des  poils  carminés. 


156  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Comme  le  Djcbcl-Tisdadine  était,  en  juillet  192 1,  exposé  aux 
attaques  des  Marocains  dissidents,  Harold  Powell  qui  s'y  était 
rendu  en  profitant  d'une  reconnaissance  organisée  par  des  cava- 
liers dits  :  mokhaznis  et  envoyés  de  Timhadit,  le  18  juillet  1921, 
fut  empêché  de  séjourner  au  sommet  de  la  montagne  assez  long- 
temps pour  pouvoir  faire  une  ample  récolte  de  la  nouvelle 
Aglaope.  De  plus,  il  soufflait,  ce  jour-là,  un  vent  très  gênant  pour 
la  chasse. 


Procris  tenuicornis,  Z.  ? 

Mrassine,  en  mai  1921. 

Il  est  actuellement  bien  difficile  de  déterminer  exactement 
certaines  Espèces  de  Procris  barbaresques.  Je  crois  qu'on  peut 
rapporter  à  l'Espèce  algérienne,  que  j'ai  considérée  comme 
pouvant  être  Tenuicornis,  quelc]ues-uns  des  exemplaires  que 
H.  Powell  a  recueillis  au  Maroc. 

Mais,  malgré  les  travaux  déjà  faits  sur  le  Genre  Procris,  la 
clarté  est  loin  d'être  obtenue  sur  quelques  Espèces  restant  encore 
ambiguës,  surtout  dans  le  groupe  à  ailes  supérieures  vertes  ;  je 
dispose  du  reste  d'un  petit  nombre  seulement  d'exemplaires  ma- 
rocains et,  dans  ces  conditions,  une  détermination  satisfaisante 
ne  me  paraît  pas  possible  à  obtenir  actuellement  pour  tous  les 
échantillons  marocains  du  Genre  Procris  que  j'ai  sous  les  yeux. 


Zygaena  felix,  Obthr. 

Un  seul  exemplaire  pris  à  Azrou,  dzms  la  première  quinzaine 
de  juillet. 

Un  autre  exemplaire  capturé  par  M.  Alluaud  à  Bou-Angher, 
Moyen-Atlas,  le  3  juin  1920. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  157 


Zygaena  Loyselis,  Obthr. 

M.  AUuaud  a  trouvé  abondamment  la  Zygaena  Loyselis  dans 
la  haute  vallée  de  la  Reraya,  par   1.200- 1.600  mètres  d'altitude. 

La  morphe  du  Grand-Atlas  marocain  est,  comme  celle  du 
Satyrus  Abdeikader-Lambessanus,  conforme  à  celle  des  environs 
de  Lambèze  et  nullement  à  la  forme  ocàdentalis  de  la  province 
d'Oran. 


Zygaena  Lavandulae,  Esper. 

Suivant  le  Commandant  Daniel  Lucas,  un  exemplaire  a  été 
capturé  à  Safi,  en  avril  19 19.  Cet  échantillon  ne  différait  en  rien 
de  ceux  de  la  France  méridionale  et  de  la  péninsule  ibérique 
{Bulletin  Soc.  enl.  France,  1919,  p.  298). 


Zygaena  Favonia,  Freyer,  var.  Borreyi,  Obthr.  (PI.  DXXXV  ; 
fig-  4453.  4454)- 

Mrassine,  en  mai  1921  ;  un  seul  exemplaire  de  la  forme  vitrina. 

Chabat-el-Hamma,  r'"  juin  1921. 

Harold  Powell  y  a  pris  plusieurs  exemplaires,  tous  d'une  teinte 
carminée  plus  sombre  que  dans  les  spécimens  algériens. 

Cela  constitue  une  race  bien  différente  des  deux  formes  que 
Blachier  a  appelées  ofaca  et  aurata  et  qu'il  a  fait  figurer  sous 
les  n"'  9  {opaca)  et  10  {aurata)  de  la  PI.  20,  dans  le  Vol.  II  du 
Bîdletin  de  la  Société  Upidoftérologique  de  Genève, 

La  forme  opaca  vient  d'Amizmiz  et  la  forme  aurata  a  été 
recueillie  à  Tizi-Gourza,  c'est-à-dire  toutes  les  deux  dans  la 
région  du  Grand-Atlas. 


158  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Nous  croyons  que  la  forme  de  (,'habcit-el-Hamma  (région  des 
Zenimours)  doit  être  désignée  par  un  nom,  puisque,  par  son  aspect 
triste  et  le  peu  d'éclat  de  sa  coloration,  ell(>  se  distingue  de  toutes 
les  races  algériennes.  Nous  l'appelons  donc  Borreyi,  pour  rappeler 
le  nom  de  l'aimable  colon,  M.  Borrey,  établi  à  Anq-el-Djemel  (en 
français  :  cou  du  chameau)  et  qui  a  offert  à  M.  Harold  Powell 
la  plus  cordiale  et  agréable  hospitalité. 

Zygaena    Cadillaci,    Obthr.   (PI.   DXXXV;   fig.  4450,  4451, 
4452.1 

Forêt  d'Azrou,  juillet  1920. 

Azrou,  première  quinzaine  de  juillet  1921. 

J'ai  déjà  fait  représenter  photographiquement  la  Zygaena 
Cadillaci,  sur  la  PI.  T,  fig.  2,  dans  le  Volume  XVIII,  Part.  I,  des 
Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

La  description  est  imprimée  aux  pages  62  et  63  du  même 
Volume.  H.  Powell  a  capturé  de  nouveau  une  quinzaine  de  spé- 
cimens de  la  Zygaena  Cadillaci,  voltigeant  sur  les  fleurs  de 
Scabieuse,  les  4  et  6  juillet  1921,  dans  une  petite  clairière  de  la 
forêt  d'Azrou;  ce  qui  me  permet  d'augmenter  la  figuration  de 
cette  nouvelle  Espèce  et  de  la  rendre  ainsi  plus  facile  à  apprécier. 
En  dessus,  le  corps  est  entièrement  noir,  tandis  que  chez  Favonia 
et  ses  nombreuses  variétés,  le  thorax  est  couvert  de  poils  d'un 
blanc  grisâtre.  La  Zygaena  Loyselis  se  distingue  nettement  par 
son  collier  et  ses  épaulettes  toujours  rouges.  Les  taches  et  points 
des  ailes  supérieures  sont  bien  plus  larges  chez  Cadillaci  que  chez 
sa  congénère  Favonia-Borreyi. 

Zygaena    Orana,    Duponchel,    et    var.    contristans,    Obthr. 
(PI.  DXXXV;  fig   4455,  4456). 

Mrassine,  en  mars  et  avril   1921. 

Région  de  Timhadit,  Djebel- 14 ayane  et  Djebel-Tisdadine,  mi- 
juillet   IQ2I. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  159 

Tizi-N'Foucht,  15  juillet  192 1. 

N'est  pas  très  abondeinte;  ne  diffère  de  la  morphe  typique 
orana,  des  environs  d'Oran,  que  par  la  teinte  des  parties  rouges 
des  ailes,  tant  aux  supérieures  qu'aux  inférieures. 

Tandis  que  chez  Orana,  et  surtout  chez  ses  formes  Nedroma, 
Lahayei,  Allardi,  la  couleur  rouge  des  ailes  est  d'un  vermillon 
carminé  vif  et  que  les  taches  des  supérieures  sont  plus  ou  moins 
largement  rehaussées  d'un  entourage  blanc  également  vif  et  pur, 
au  contraire,  chez  la  forme  du  Zehroun  marocain,  la  couleur  rouge 
semble  anémique,  comme  transparente,  d'un  rose  sale;  un  très 
mince  liséré  blanchâtre,  souvent  à  peine  perceptible  à  l'œil, 
entoure  les  taches  aux  ailes  supérieures.  L'aspect  de  la  Zygaena 
orana  du  Zehroun  est  triste  et  comme  livide.  J'ai  distingué  cette 
forme  avec  le  nom  de  contristans.  I.a  chenille  de  cette  orana-con- 
tïistans  vit  sur  Erophaca  baetica. 

Les  exemplaires  du  Moyen-Atlas  sont  de  nuance  plus  vive  que 
ceux  du  Zehroun  et  ils  n'appartiennent  pas  à  la  même  forme 
coiitristans. 

M.  Alluaud  a  trouvé  la  Zygaena  Orana  abondante  à  Aïn-Leuh, 
par  1.900  mètres  d'altitude,  le  8  juin  1920. 

Zygaena  Bachagha,  Obthr. 

Un  exemplaire  pris  par  M.  Alluaud  à  Bou-Angher  (Moyen- 
Atlas,  2.000  mètres  d'altitude),  le  3  juin  1920. 


Zygaena  Alluaudi,  Obthr. 

J'ai  dédié  cette  jolie  Zygaena  tout  à  fait  nouvelle  à  M.  Charles 
Alluaud  qui  en  a  recueilli  plusieurs  exemplaires,  le  3  juin  1920, 
dans  une  prairie  sèche  et  pierreuse,  auprès  du  poste  de  Bou- 
Angher,  dans  le  Moyen-Atlas,  par  2.000  mètres  d'altitude. 

Les  trois  Espèces  de  Zygaena  :  Alluaudi,  Bachagha  et  felix 
volaient  ensemble  dans  cette  localité  voisine  de  Bou-Angher. 


l6o  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

M.  Charles  Alluaud  est  un  explorateur  zoologiste  très  vaillant, 
toujours  activement  préoccupé  des  recherches  entomologiques  ou 
autres  qu'il  a  entreprises,  ne  comptant  pas  avec  la  fatigue  et 
apportant  une  grande  expérience  dans  les  études  très  savantes 
qu'il  poursuit  sur  le  terrain.  Il  a  visité,  en  Naturaliste  sans  cesse 
au  travail  et  en  observateur  éminemment  averti,  Madagascar,  les 
Seychelles,  la  Côte  d'Ivoire,  les  Alpes  de  l'Afrique  orientale,  le 
Miu-oc  oi^i  il  s'est  maintenant  fixé,  à  Rabat,  sur  la  côte  de  l'Océan 
Atlantique.  Son  intention  est  de  développer  aussi  rapidement  et 
largement  que  possible,  le  musée  de  l'Institut  scientifique  chéri- 
tien  dont  il  est  le  Conservateur.  C'est  un  noble  but.  Tous  ceux  qui 
s'intéressent  aux  Sciences  naturelles  ont  le  devoir  d'y  applaudir 
et  de  donner,  dans  la  mesure  de  leurs  moyens,  leur  meilleur 
concours  à  une  institution  de  haute  civilisation  fondée  en  terre 
barbare. 

La  Zygaena  Alliiaudï  a  les  ailes  assez  étroites  et  allongées.  Le 
corps,  en  dessus  et  en  dessous,  c'est-à-dire  les  antennes,  la  tête, 
le  collier,  le  thorax,  l'abdomen,  les  pattes  sont  entièrement  d'un 
noir  profond,  ainsi  que  le  bord  des  ailes,  dont  le  fond  est  d'un 
rouge  vermillon  très  vif.  La  disposition  de  la  partie  rouge  sur 
les  ailes  supérieures  est  analogue  à  Hilaris,  felix,  bachagha. 

Mais  la  Z.  Alluaudi  se  distingue  nettement  de  ces  Zygaena 
par  les  caractères  différentiels  suivants  : 

Hilaris  et  felix  ont  les  taches  rouges  des  ailes  supérieures 
bordées  de  jaunâtre  ou  de  blanchâtre;  de  plus,  le  collier  et  les 
épaulettes  et  les  pattes  sont  blanchâtres,  tandis  que,  chez 
Alluaudi,  les  taches  rouges  ne  comportent  aucun  entourage  jaune 
ou  blanc  et  le  collier  et  les  épaulettes  blanches  font  absolument 
défaut. 

Bachagha  {Algira  falsè)  a  quelquefois  les  taches  rouges  lisérées 
de  blanchâtre;  de  plus,  la  bordure  indigo  noire  des  ailes  infé- 
rieures est  régulière  et  de  même  épaisseur  sur  tout  le  bord  des 
ailes. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  l6l 

Au  contraire,  chez  Alluaudi,  la  bordure  noire  des  ailes  infé- 
rieures, d'ailleurs  sensiblement  plus  large,  est  divisée  en  deux 
parties  par  une  sorte  de  pointe  qui  s'avance  vers  le  fond  rouge, 
presque  au  milieu  du  bord  marginal.  L,a  frange  est  jaunâtre  chez 
Bachagha  et  chez  felix;  cela  est  bien  apparent  sous  une  certaine 
incidence  de  lumière;  elle  est  brune  ou  noire  chez  Alluaudi. 

Je  fais  figurer  deux  exemplaires  de  la  Zygaena  Alluaudi,  ce 
qui  permettra  d'apprécier  exactement  le  faciès  et  habitus  de  la 
nouvelle  Espèce. 


102  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


HETEROGYNIDAE 


Heterogynis  species  ? 

H.  Powell  a  trouvé  de  nombreux  cocons  fixés  sur  les  buissons 
de  Genista  halansae,  au  Djebel-Tisdadine,  en  août  1920,  et  au 
Djebel-Havane,  en  juillet  192 1.  Les  cocons  étaient  depuis  long- 
temps vides  de  leur  papillon  et  il  n'a  pas  été  possible  de  trouver 
un  seul  imago. 

Le  D""  Chapman,  qui  a  vu  les  cocons,  a  trouvé  qu'ils  ressem- 
blaient à  ceux  de  Heterogynis  panuioxa,  Rambur.  Cependant, 
nous  ne  pouvons  émettre  aucune  détermination  certaine. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  163 


SYNTOMIDAE 


Syntomis  Mogadorensis,  Blachier. 

Région  entre  Marakech  et  Mogador. 

Décrite  et  figurée  dans  les  Annales  de  La  Société,  entomologique 
rie  France,  1908  (p.  219,  220,  et  PI.  4,  fig.  9). 

Blachier,  d'après  l'avis  de  Sir  Hampson,  mais  sans  conviction 
bien  démontrée,  rapporte  spécifiquement  à  la  Syntomis  Alicin, 
Butler,  d'Abyssinie,  la  Syntomis,  de  faciès  exotique  et  nullement 
paléarctique,  trouvée  au  Maroc  méridional  par  Henri  Vaucher. 
Il  la  distingue,  toutefois,  sous  le  nom  de  Mogadorensis,  pour  le 
cas  où,  dit  Blachier,  il  serait  constaté  par  la  suite  qu'il  n'y  a  pas 
identité  parfaite  entre  elle  et  Alicïa  d'Abyssinie. 


Nadia  punctata,  var.  separata,   Bang-Haas. 

Timhadit,  en  septembre  1920. 

Mrassine,  obtenu  d'éclosion  en  mai  192 1. 

Bang-Haas  (Jris-Dresden,  Band  XIX,  Taf.  V,  fig.  15  et  p.  143) 
a  distingué  de  servula,  Berce,  race  provençale  et  espagnole  de 
punctata,  la  forme  sud-oranaise  qu'il  a  appelée  :  separata. 

Les  échantillons  marocains,  très  obscurcis  aux  ailes  inférieures, 
appartiennent  à  la  sous-variété  separata. 


104  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Ilarold  Powell  a  fait,  au  sujet  de  cette  Nadia,  les  observations 
suivantes  : 

«  En  soulevant  les  pierres  d'un  terrain  couvert  de  plantes 
basses  sur  une  hauteur  à  l'est  du  village  de  Mrassine  (Zehroun), 
nous  avons  trouvé,  les  17,  18  et  19  avril  1921,  deux  chrysalides 
et  deux  chenilles,  déjà  en  cocon,  d'une  Nadia. 

Une  des  chenilles  s'est  chrysalidée  aussitôt,  mais  l'autre,  moins 
avancée  vers  la  métamorphose,  se  prêtait  à  une  description  ;  la 
voici  : 

((  La  tête  est  petite,  noire,  brillante.  La  chenille  est  très  atté- 
nuée antérieurement;  le  dorsum  est  d'un  brun  roux  terne,  bordé, 
de  chaque  côté,  par  une  large  ligne  blanche  sous-médiane,  ondulée, 
qui  est  réduite  à  des  points  blancs  sur  les  segments  thoraciques; 
les  verrues  I  et  II  sont  très  développées  sur  les  segments  abdo- 
minaux; leur  couleur  est  un  brun  clair;  elles  sont  placées  sur  des 
taches  noires  et  elles  portent  des  crins  bruns,  courts,  en  moyenne  ; 
la.  forme  de  ces  verrues  est  celle  d'une  cheville,  c'est-à-dire,  gros- 
sièrement triangulaire,  l'apex  du  triangle  étant  dirigé  en  dehors 
pour  la  verrue  I,  en  dedans  (vers  le  centre  dorsal)  pour  la 
verrue  II.  Sur  les  segments  mésothoracique  et  métathoracique,  les 
verrues  I  et  II  sont  réunies  en  une  seule  verrue  de  la  forme  d'un 
haricot,  placée  transversalement.  Sur  le  huitième  segment  abdo- 
minal, ces  deux  verrues,  I  et  II,  sont  également  réunies  en  une 
seule  verrue,  un  peu  allongée  dans  le  sens  de  la  longueur  du  corps  ; 
sur  le  neuvième  segment  abdominal,  la  verrue  composée  de  I  et  II 
est  arrondie;  les  verrues  dorsales  de  ces  deux  derniers  segments 
portent  quelques  crins  plus  longs  encore  que  les  crins  les  plus 
longs  des  autres  segments. 

Il  existe  une  faible  indication  d'un  double  hlet  médiodorsal 
blanchâtre,  les  traits  s'écartant  un  peu  au  centre  de  chaque  seg- 
ment abdominal.  L'écusson  prothoracique  est  brunâtre;  il  est 
entouré  d'un  filet  noir,  sur  la  peau;  au  centre,  l'écusson  est  divisé 
par  un  trait  blanc  qui  se  prolonge  jusqu'à  la  limite  postérieure 
du  segment. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  165 

La  verrue  III,  très  petite  sur  les  deux  derniers  segments  thora- 
ciques,  a  une  forme  plus  ou  moins  allongée  (dans  le  sens  de  la 
longueur  du  corps)  sur  les  segments  abdominaux;  cette  verrue  III 
est  située  en  dessous  de  la  ligne  blanche  sous-médiane  et  juste 
au-dessus  du  stigmate.  Le  stigmate  est  très  petit,  plus  grand, 
cependant,  sur  le  segment  prothoracique  et  sur  le  huitième  seg- 
ment de  l'abdomen,  comme  d'habitude.  La  verrue  IV  est  petite 
et  placée  bien  en  arrière  du  stigmate.  Verrue  V,  sur  le  flange,  est 
de  la  taille  de  III  et  allongée;  une  trace  d'une  ligne  plus  claire 
la  borde  supérieurement. 

La  surface  ventrale  est  d'un  brun  pâle;  les  pattes  thoraciques 
sont  un  peu  plus  foncées  que  la  teinte  ventrale,  mais  les  pattes 
membraneuses  sont  plus  pâles. 

Le  cocon  est  presque  nul;  en  un  seul  cas  j'ai  remarqué  quelques 
brins  de  soie  dans  le  creux  d'une  feuille  morte  contenant  une 
chrysalide.  La  chrysalide  est  d'un  acajou  rougeâtre  pâle;  ses 
segments  abdominaux  portent  de  courts  poils  dorés,  ainsi  que  la 
tête  et  le  thorax  ;  il  existe  une  ligne  médiodorsale  de  teinte  un 
peu  plus  foncée  que  par  ailleurs;  tous  les  segments  abdominaux 
sont  soudés. 

Les  mouvements  de  la  chenille  sont  rapides,  comme  ceux  des 
Trichosoma  et  des  Fhragjnatohia. 

Trois  autres  chenilles  de  cette  Espèce  ont  été  trouvées,  le 
22  avril,  sous  des  pierres;  elles  mangent,  de  préférence,  la  feuille, 
un  peu  poilue,  d'une  Composée. 

Une  des  chrysalides  a  donné  une  Q  de  Nadia  scparata  dans 
la  matinée  du  6  mai  192 1  ;  ses  ailes  sont  entièrement  d'un  brun 
noirâtre,  à  l'exception  d'une  tache  jaune  à  la  base  des  posté- 
rieures; l'abdomen  est  jaune  tacheté  de  noir  en  dessus,  noirâtre 
en  dessous.  Le  15  mai  est  éclose  une  seconde  Q  et  une  troisième  Q 
a  vu  le  jour  le  22  mai. 

L'état  de  chrysalide  dure  environ  20  jours. 

A  Hyères,  la  Nadia  servida  est  rare;  j'ai  capturé  le  papillon 
deux  fois  seulement;  mais,  n'ayant  pas  trouvé  la  chenille,  je 
regrette  de  ne  pouvoir  la  comparer  à  celle  de  separata.  » 


l66  LÉPIDOPTÊROLOGIE    COMPARÉE 


CYMBIDAE 


Sarrothripa  revayana,  Scop. 

Grand-Atlas,  à  la  lumière,  à  Tannaout,  g6o  mètres  d'altitude, 
en  juin  192 1  (Charles  Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  167 


ARCTIADAE 


Lithosia  sordidula,  Rambur. 

Timhadit  et  Aghbalou-Larbi,  en  août  1920. 
Azrou,  automne  1920. 

Lithosia  Marcida,  Mann. 
Tanger  (Vaucher). 

Lithosia  bipuncta,  Huebner. 

Tanger  (Vaucher  et  Olcèse). 

Forêt  de  la  Mamora,  Aïn-Jorra  et  Dar-Salem  ;  plusieurs  exem- 
plaires ont  été  pris  à  la  lumière  au  commencement  de  juin  192 1, 

C'est  une  Espèce  bien  tranchée  et  ne  prêtant  à  aucune  confu- 
sion. 


Lithosia  Gibrati,  Obthr.  (PI.  DXXXVI,  fiig.  4466,  4467). 

Onze  exemplaires  cf  et  Q,  pris  ou  obtenus  de  la  chenille,  à 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Diffère  de  Caniola  par  la  taille  plus  grande,  la  couleur  des  ailes 
supérieures,  en  dessus,  d'un  gris  de  souris  clair,  et  les  ailes  infé- 


l68  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

rieures  plus  ou  moins  sensiblement  lavées  de  gris,  surtout  dans  la 
partie  basilaire  et  médiane. 

La  tête,  le  collier  et  le  bord  costal  des  supérieures  sont  jaunes, 
ainsi  que  l'extrémité  anale.  Le  dessous  est  entièrement  lavé  de 
gris;  seuls,  l'apex  des  supérieures  et  le  bord  marginal  des  infé- 
rieures restent  d'un  jaune  nankin  pâle. 

La  Lithosia  cornplana  a  un  aspect  général  jaunâtre,  tandis  que 
Gibrati  a  un  faciès  gris.  Les  deux  Espèces  ne  peuvent  pas  être 
confondues. 

Dédiée  à  M.  le  Capitaine  Gibrat,  chef  des  renseignements  du 
Cercle  des  Benif-M'Guild. 

Une  chrysalide  de  Lithosia  Gibrriti  a  été  trouvée,  sous  une 
pierre,  le  17  avril  192 1,  dans  une  gaine  très  mince  de  soie  blanc 
grisâtre.  La  peau  de  la  chenille  reste  attachée  aux  segments  pos- 
térieurs de  l'abdomen,  recouvrant  la  surface  ventrale  jusqu'aux 
ptérothèques  ;  mais  elle  est  retirée  de  la  surface  dorsale  jusqu'au 
septième  segment  abdominal  dont  on  n'aperçoit  que  l'aire  mé- 
diane. 

La  chrysalide  est  de  couleur  acajou;  elle  est  glabre. 

De  cette  chrysalide  est  sortie  une  Q  de  Lithosia  Gibrati,  dans 
la  matinée  du  6  mai  1921. 


Euprepia  Caligans,  Turati. 

H.  Powell  a  trouvé  six  ou  sept  chenilles  sous  les  pierres,  à 
Mrassine,  aux  mois  de  mars  et  avril  1921.  Ces  chenilles,  qui 
vivent  de  Graminées,  avaient  atteint  toute  leur  taille  en  mai;  elles 
ont  alors  estivé  après  la  mue  qu'on  peut  appeler  praeestivale  ; 
elles  sont  restées  dans  cet  état  jusqu'en  septembre,  sans  prendre 
aucune  nourriture  ;  elles  ont  commencé  à  se  chrysalider  vers  le 
i®""  septembre. 

Elles  ont  donné  leur  papillon  à  Rennes,  en  octobre  1921. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  169 

Les  chenilles  de  Caligans  sont  très  reconnaissables  par  leurs 
verrues  noires  à  reflets  bleutés.  On  les  distingue  aisément,  par  ce 
caractère,  des  autres  chenilles  d' Arctiadae  et  notamment  de  Cym- 
balophora  pudica  jeune. 


Coscinia  cribrum,  L  ,  var.  Chrysocephala,  Huebner. 

Mrassine,  en  mai  1921  ;  pris  à  la  lumière. 
La  forme  est  semblable  à  celle  d'Andalousie. 


Dejopeja  pulchella,  Linné. 

Paraît  très  répandue  au  Maroc,  mais  n'était  abondante  nulle 
part  en  1920  et  1921. 

Elle  a  été  capturée,  notamment  en  décembre  1920,  à  Beni-Amar, 
et  aussi  dans  le  Grand-Atlas  (Alluaud). 


Chelonia  Villica,  Linné. 

Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai  1921. 

M.  Vaucher  signale  Villica  de  Tanger. 

Dans  le  Zehroun,  ce  n'est  point  la  forme  Arabnm  que  l'on 
rencontre,  mais  bien  la  morphe  Angelica,  Boisduval  ;  c'est-à-dire 
que  les  Villica  marocaines  sont  tout  à  fait  analogues  aux  Villica 
espagnoles  et  très  différentes  de  celles  d'Algérie 

Harold  Powell  a  capturé  beaucoup  de  cfcf  superbes  et  obtenu 
d'éclosion  deux  Q  Q  trouvées  dans  le  Zehroun,  à  Aïn-Chanch. 
Une  de  ces  deux   Q  Q   est  éclose  le  i"''  avril  1921. 

Les  échantillons  marocains  que  j'ai  sous  les  yeux  varient  très 
peu  entre  eux. 


r/O  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

L'abdomen,  chez  les  Villica  du  Maroc,  est  beaucoup  moins 
teinté  de  rouge  que  dans  les  échantillons  français  et  allemands  ; 
l'abdomen  est  jaune,  en  dessus,  dans  la  race  hispano-marocaine; 
seule,  l'extrémité  anale  est  généralement  rouge. 

H.  Powell  donne,  sur  les  premiers  états  de  Chelonta  Villica,  les 
renseignements  qui  sont  reproduits  comme  suit  : 

«  La  chenille  de  Chelonia  VilUca  a  été  trouvée,  errant  sur 
l'herbe,  au  pied  du  rocher  calcaire  au-dessus  de  la  source  Aïn- 
Chanch.  Je  l'ai  prise  la  nuit,  en  cherchant  avec  la  lanterne  à 
main,  le  19  novembre  1920.  Elle  était,  alors,  dans  l' avant-dernier 
stade.  Dans  ce  stade,  la  chenille  est  entièrement  noire  :  tête,  corps, 
pattes,  verrues  pilifères  et  poils.  Je  l'ai  élevée  à  Beni-Amar,  sur 
une  Composée  ressemblant  au  Taraxacum  {Hyoserïs  radiata).  Se 
trouvant  dans  une  cage  avec  une  chenille  de  Charaxes  Jashis  éga- 
lement récoltée  dans  les  environs  d'Aïn-Chanch,  elle  a  quelquefois 
mangé  de  l'Arbousier.  Le  jour,  elle  se  cachait  dans  une  touffe  de 
Graminées,  au  fond  de  sa  cage,  et  elle  sortait,  le  soir,  pour  manger. 
Son  progrès  a  été  lent;  elle  ne  s'est  mise  au  repos,  pour  la  der- 
nière mue,  que  le  12  janvier  192 1.  Pour  cela,  elle  a  filé  un  peu 
de  soie  sur  un  des  côtés  de  la  cage  et  ce  n'est  que  cinq  jours  après 
que  la  mue  a  eu  lieu.  Chaque  jour,  je  plaçais  la  cage  au  soleil  et 
je  remarquais  que  la  chenille  changeait  quelquefois  de  position, 
les  trois  premiers  jours,  se  retournant,  sans  quitter  son  mince  tapis 
de  soie.  Dans  son  avant-dernier  stade,  cette  chenille  ressemblait 
à  celle  d^ Arctia  Oherthiïri  ou  à  celle  d'A.  Dido,  mais  son  dernier 
stade  la  montre  différente  de  ces  deux  Espèces  et  plus  rapprochée 
de  la  chenille  de  Fasciata.  Sa  tête,  la  couleur  du  corps  et  des 
verrues  pilifères  sont  toujours  d'un  noir  intense,  mais  ses  poils 
sont  devenus  d'un  brun  roux  doré;  ses  pattes  membraneuses  sont 
roses,  ainsi  que  l'article  de  base  des  antennes.  Les  stigmates,  d'une 
forme  ovale  allongée,  sont  d'un  blanc  jaunâtre  sale.  Tout  le  reste 
est  noir.  Il  ne  serait  pas  exact  de  dire  que  tous  les  poils  sont  d'un 
brun  roux  doré;  ceux  de  la  tête  restent  noirs,  ceux  du  premier 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  I/I 

seg-ment  thoracique  sont  d'un  brun  terne;  sur  le  second  segment 
thoracique,  ils  sont  moins  bruns,  plus  dorés  ;  sur  le  troisième 
segment,  ils  sont  encore  plus  clairs,  mais,  par  ailleurs,  c'est  bien 
le  brun  roux  doré  qui  colore  tous  les  poils,  la  teinte  devenant  plus 
claire,  progressivement,  au  fur  et  à  mesure  qu'on  approche  de 
l'extrémité  postérieure  du  corps.  La  chenille  a  des  poils  très  longs, 
comme  ceux  de  Fasciata  et  d'Oberthûri. 

La  chenille  en  question  est  déjà  de  grande  taille  et  elle  grossit 
maintenant  plus  rapidement  (i^""  février  1921),  mais  elle  n'a  pas 
encore  atteint  son  développement  complet.  Ses  habitudes  restent 
nocturnes.  Cette  chenille  est  celle  de  Villica;  mais  la  principale 
différence  entre  les  chenilles  de  Villica  du  midi  de  la  France  et 
celle-ci  est  que  la  chenille  d'Aïn-Chanch  a  les  poils  plus  roux,  ce 
qui  la  fait  ressembler  à  Fasciata. 

20  février  iQ2i.  —  S'étant  placée  dans  un  coin  de  sa  cage,  en 
haut,  la  chenille  a  commencé  à  tisser  son  cocon  hier  soir;  aujour- 
d'hui, elle  a  complété  l'ouvrage  extérieur,  une  toile  lâche  très 
ample,  englobant  quelques  feuilles  de  l'Arbousier  servant  de 
nourriture  à  des  chenilles  de  Char  axes  élevées  dans  la  même 
cage;  à  travers  cette  enveloppe  extérieure,  on  voit  travailler  la 
chenille,  dans  un  espace  plus  restreint.  Le  cocon  n'a  été  achevé 
que  le  23  février;  la  chenille  se  voyait,  à  travers  la  toile,  reposant 
horizontalement  comme  dans  un  hamac. 

La  métamorphose  a  eu  lieu  le  2  mars. 

Une  seconde  chenille  de  la  même  Espèce,  déjà  bien  avancée 
dans  le  dernier  stade,  a  été  trouvée  sous  une  pierre,  entourée  de 
diverses  plantes  basses,  le  2  mars  1921,  a  Mrassine. 

LJne  troisième  chenille,  en  cocon,  a  été  prise  à  Mrassine,  le 
7  mars;  elle  s'était  débarrassée  de  la  plupart  de  ses  poils  (cette 
chenille  est  morte,  3  jours  après).  L'éclosion  du  premier  papillon 
(une  grande  Q  de  Villica,  de  la  chenille  d'Ain-Chanch)  a  eu  lieu 
vers  13  heures,  le  i"  avril. 


1/2  LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Phragmatobia  occidentalis,  Rolhsrhild 

Prise  à  Mwhoila,  près  Mazagan,  et  à  Mazagan,  en  octobre  igo2 
et  1903,  par  W.  Riggenbach. 

Initialement  décrite  dans  le  Vol.  XX IV  des  Novilaies  Zoolo- 
gïcae,  p.  396,  dans  les  termes  suivants  :  <(  Tins  species  differs 
f rom  P.  Breve.ti  in  its  much  stouter  build  ;  m  the  forewings  having 
much  fcwer  spots  and  frequently  a  complète  subterminal  curved 
transverse  black  band,  and  in  the  hindwings  being  duller  and 
browner  and  having  a  heavier  submarginal  band  of  black  patches. 
Some  spécimens,  however  are  more  spotted  than  others  ». 

Nous  ne  croyons  pas  que  l'Espèce  dont  il  est  fait  mention  plus 
loin,  et  que  nous  appelons  Enniiiinuclii,  puisse  être  identifiée  à 
occidentalis. 


Phragmatobia    Emmanuelii,    Obthr     (PI.    DXXXV;    cfcf, 

fig.  4458,  4459,  4461,  4462;  Q,  fig.  4460). 

Dédiée  à  M.  le  Capitaine  Emnianueli,  chef  du  bureau  des  ren- 
seignements de  Meknès-Banlieue,  en  témoignage  de  reconnais- 
sance pour  l'obligeant  accueil  que  cet  officier  distingué,  et  très 
expérimenté  dans  la  conduite  des  affaires  indigènes,  a  toujours 
fait  à  M.  H.  Powell. 

Le  cf  de  Phragmatobia  Enr.iianuein  paraît  abondant  à  Mras- 
sine.  Les  çjçj  viennent  à  la  lumière  en  mars  et  avril  ;  la  chenille 
vit  sur  beaucoup  de  plantes  basses;  le  cocon  se  forme  sous  les 
grosses  pierres  et  il  y  a  une  seconde  éclosion  en  aoiàt  et  septembre. 

Deu.x  Ç)  Ç  parfaitement  ciéveloppées,  avec  les  ailes  semblables 
à  celles  du  C^,  c'est-à-dire  aussi  larges,  sont  écloses  à  Rennes,  le 
30  août  et  8  septembre  1921. 

Tout  d'abord,  j'ai  pensé  que  les  PJiraguiaiohia  de  Mrassine 
pouN^aient   être  spécifiquement   référables   à   occidentalis,   Roths- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  173 

child,  dont  deux  figures  ont  déjà  été  publiées  :  d'abord  sous  le 
n"  6  de  la  PI.  VIII,  dans  Novitates  Zoologicac,  Vol.  XXV,  191 8, 
puis  sous  le  n"  ig  de  la  PI.  LVII,  dans  Catalcgue  of  the  Lepid. 
Phalaenae  in  ihe  British  Museiun,  .Suppl.  Vol.  II,  1920,  par  Sir 
George  F.  Plarapson.  Mais,  après  comparaison  attentive  des 
papillons  de  Mrassme  avec  les  deux  figures  précitées  et  lecture 
des  descriptions  correspondantes,  je  me  suis  convaincu  que  l'iden- 
tification spécifique  des  Fhraguiatobia  de  Mrassine,  aux  Phrag- 
niatobia  de  Mazagan,  ne  pouvait  pas  donner  pleine  et  entière 
satisfaction. 

La  Pkragmatobïa  occidentalis  est  envisagée  par  Lord  Roths- 
child comme  une  variété  de  Breveti,  tandis  (\\x'  Emmanuel  n  paraît 
bien  appartenir  à  une  unité  spécifique  distincte,  à  cause  de  son 
aspect  sensiblement  plus  robuste  et  plus  fort,  de  la  coloration 
brun  foncé  des  ailes  supérieures  et  du  thorax. 

La  description  par  Lord  Rothschild  contient  bien  la  désigna- 
tion du  caractère  plus  robuste  :  much  stoiiUr  biulci ,  mais  il  n'y 
est  fait  aucune  allusion  à  la  coloration  plus  brune  du  thorax  et 
des  ailes  supérieures.  D'ailleurs,  si  l'on  considère  la  figure  6  de 
la  PI.  VIII,  dans  le  Vol.  XXV  des  Novitales  Zoologicae,  il  n'y  a 
plus  de  doute  ;  le  Phnigmatobia  occidentalis  paraît  être  un  Bre- 
veti et  rien  de  plus. 

Lorsque  nous  comparons  les  Phragmatobia  Breveti  et  Powelli 
aux  Emmaniielii  qui  sont  alig"nés  à  côté  des  Espèces  précitées, 
nous  constatons  que,  malgré  l'analogie  des  ailes  inférieures,  la 
partie  antérieure  —  c'est-à-dire  les  ailes  supérieures  et  le  thorax  — 
accuse  une  différence  qui  paraît  fondamentale  entre  les  Phragma- 
tobia  Breveti  et  Poivelli,  d'une  part,  et  Enimannelii,  d'autre  part. 

Nous  ignorons  la  Q  de  Breveti,  mais  nous  connaissons  celle 
de  Pûivelli  et,  par  analogie  avec  celle-ci,  nous  nous  croyons  fondé 
à  supposer  que  la  Q  Breveti  n'a  pas  les  ailes  entièrement  déve- 
loppées, tandis  que  la  O  Enimannelii,  d'ailleurs  figurée  dans  le 
présent  ouvrage,  ainsi  que  3  cfcf,  présentent  des  ailes  complète- 
ment conformées  comme  chez  le  d"- 


174  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

La  Q  diffère  seulement  du  cf  en  ce  que  ses  antennes  rougeâtres 
sont  seulement  ciliées  et  non  pcctinécs,  que  l'abdomen  rose  est 
cerclé  de  noir,  tandis  que,  chez  le  (J,  l'abdomen  est  rose  avec  une 
ligne  dorsale  brune  plus  ou  moins  accentuée. 

La  chenille,  dont  nous  avons  quelques  exemplaires  soufflés,  est 
décrite  par  H.  Powell  dans  les  termes  qui  vont  suivre. 

De  plus,  mon  excellent  collaborateur  a  fait  au  Maroc  des  aqua- 
relles représentant  la  chenille  de  Ph.rag)iialobïa  Emmamielii. 

Ces  aquarelles  sont  reproduites  par  M.  Culot,  dans  le  présent 
ouvrage. 

Voici  la  reproduction  textuelle  des  notes  de  Harold  Powell   : 

«  Pendant  les  mois  de  mars  et  d'avril  1921,  la  chenille  de 
Phragniatobia  Ejumanuelti  a  été  rencontrée  plusieurs  fois,  sur  le 
versant  sud  de  la  chaîne  principale  du  Zchroun,  aux  environs  de 
Mrassine,  où  l'Espèce  est  assez  commune. 

J'ai  trouvé  les  six  premières  chenilles  en  retournant  les  pierres 
d'un  vieux  mur  démoli,  près  d'un  four  à  chaux,  sur  un  mamelon 
calcaire  à  l'est  du  village.  C'était  dans  la  matinée  du  28  mars. 
Le  mamelon  était  couvert  d'une  broussaille  courte  de  chênes-verts 
rabougris,  cistes,  Srinlax  aspera,  Asparagus  acutifoLius,  lentisques, 
etc.,  et  il  y  avait  de  nombreuses  plantes  basses  et  Graminées; 
l'herbe  et  les  plantes  de  la  brousse  croissaient  entre  les  pierres  et 
les  entouraient.  Les  chenilles  étaient  au  repos,  presque  toujours 
dans  des  creux  du  dessous  des  pierres  ;  deux  d'entre  elles  se  trou- 
vaient dans  l'avant-dernier  stade  et  elles  attendaient  la  mue  qui 
devait  les  amener  au  dernier  stade.  Parmi  les  plantes  du  voisinage 
immédiat  des  pierres,  j'ai  remarqué  que  les  feuilles  d'une  petite 
Silène  étaient  échancrées  et  paraissaient  avoir  été  en  partie 
mangées  par  des  chenilles.  J'ai  donc  offert  aux  chenilles  en 
captivité  la  Silène  en  question  (c'est  la  Silène  rubella,  L.),  ainsi 
que  plusieurs  autres  plantes  croissant  au  même  lieu;  elles  ont 
mangé  la  Silène  dans  ce  cas,  mais  j'ai  pu  observer,  plus  tard,  que 
la  chenille  de  cette  Phragniatobia  est  polyphage;  elle  a  été  trouvée 


LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE  1/5 

non  seulement  sur  la  Silène  rubella,  mais  aussi  sur  la  Campanula 
afra,  Cav.,  le  Convolvulus  althaeoides,  L.,  et  XArisarum  vidgare, 
Targ.  Toz. 

En  captivité  les  chenilles  mangeaient  toutes  ces  plantes,  chacune 
montrant  une  préférence,  cependant,  pour  la  plante  à  laquelle  elle 
s'était  accoutumée,  faute  de  laquelle  elle  acceptait  une  des  autres. 

Quoique  les  chenilles  ô! Emnianuelii  aient  été,  le  plus  souvent, 
trouvées  sous  les  pierres  pendant  le  jour,  elles  n'ont  pas  exclusi- 
vement l'habitude  nocturne;  plus  d'une  fois,  j'ai  surpris  une 
chenille  en  train  de  manger  en  plein  jour,  et  cela  aussi  bien  à  la 
campagne  qu'à  la  maison. 

Quatre  chenilles  ont  été  trouvées  le  30  mars,  sous  des  pierres, 
non  loin  de  la  première  localité;  deux  de  ces  chenilles  —  (dans 
l'avant-dernier  stade)  —  avaient  été  parasitées.  J'ai  remarqué,  en 
effet,  en  dessous  de  chacune  d'elles,  un  petit  cocon  ovoïde,  ridé, 
d'un  blanc  brunâtre,  du  même  type  que  le  cocon  d'un  parasite 
Hyménoptère  {Apanteles  sp.),  commun  chez  VOrgyia  Trigo- 
iep/iras  et  assez  voisin  de  celui  du  parasite  de  la  chenille  de 
Tephrina  ] ahandiezi.  Ces  deux  chenilles  étaient  encore  vivantes, 
mais  elles  sont  mortes  peu  de  jours  après,  sans  avoir  mangé. 

La  chenille  de  P.  Emmanueliï  a  été  prise  plusieurs  fois  au 
courant  du  mois  d'avril.  Le  premier  cocon  a  été  formé,  en  captivité, 
le  16  avril,  mais  déjà  en  mars  un  cocon  contenant  une  chrysalide 
non  éclose  avait  été  trouvé  sous  une  pierre,  et  de  cette  chrysalide 
a  émergé  un  cf  <d^Emnianuelïi,  au  commencement  d'avril.  Le  cocon 
formé  le  16  avril,  par  la  chenille  élevée  en  cage,  étant  en  tous 
points  semblable  à  celui  duquel  est  éclos  le  papillon  cf,  l'identité 
des  chenilles  se  trouvait  fixée.  Mais  ce  cf  était  vraisemblablement 
un  des  derniers  de  la  première  génération  à  éclore.  Les  chenilles 
trouvées  en  mars,  avril  et  même  au  commencement  de  mai,  ont 
donné  —  sauf  dans  les  cas  de  non  réussite  —  des  chrysalides 
destinées  à  passer  l'été  ;  celles-ci  n'ont  commencé  à  éclore  que  dans 
la  fin  d'août  et  la  première  quinzaine  de  septembre  de  la  même 
année,  à  Rennes. 


176  LÉPIDOPTÊROLOGIE    COMPARÉE 

Phragmatohia  Rmmaniieliï  a,  donc,  deux  périodes  d'éclosion 
dans  l'année,  la  première  en  février,  mars  et  avril  -  (il  est  possible 
même  que  cette  éclosion  commence  en  janvier),  —  et  la  seconde 
en  septembre,  se  prolongeant,  sans  doute,  jusqu'en  octobre. 

Les  chenilles  rencontrées  en  avril  étaient  dans  divers  stades, 
les  plus  jeunes  ayant  encore  deux  ou  trois  mues  à  passer  pour 
atteindre  le  dernier  stade.  J'ai  trouvé  une  fois,  sur  la  surface 
inférieure  d'une  grosse  pierre,  une  ponte  d'une  quinzaine  d'œufs 
qui,  je  ne  doute  pas,  étaient  ceux  de  P.  Emmanuelii  (*).  Les  œufs 
étaient  fixés  sur  la  pierre,  à  proximité  les  uns  des  autres,  mais 
dans  peu  de  cas  en  contact.  Tous  avaient  été  parasités  par  un  très 
petit  Hyménoptère  dont  les  éclosions  se  sont  produites  le  21  et 
le  22  avril.  Chaque  œuf  contenait  un  seul  parasite. 

Le  13  mai  1921,  un  petit  Indigène  m'a  apporté  une  chenille 
d'Ejnmamielii,  dans  l'avant-dernier  stade,  complètement  dépourvue 
de  poils,  mais  bien  vivante.  De  cette  chenille  est  sorti,  le  15  mai, 
un  très  long  ver  blanc  filiforme,  pareil  à  ceux  déjà  remarqués 
comme  parasitant,  à  Mrassine,  les  chenilles  de  Somabrachys  et  de 
la  Noctuide  inscrite,  dans  mes  notes,  sous  la  lettre  G.  La  chenille 
s'est,  ensuite,  beaucoup  rétrécie  et  elle  est  morte  le  même  jour. 

Plusieurs  cocons  contenant  des  chrysalides  vides  de  P.  Emma- 
nuelii ont  été  trouvés  sous  les  pierres,  en  avril. 

Le  papillon  cf  vient  bien  à  la  lumière,  le  soir.  Une  fois  seule- 
ment nous  en  avons  pris  en  nombre  considérable;  c'était  dans  la 
nuit  du  i*""  au  2  mars  ;  après  une  journée  calme  et  de  température 
douce,  un  assez  fort  vent  d'Est  à  soufflé  jusqu'à  23  heures;  malgré 
ce  vent,  la  chasse  à  la  lampe  a  donné  un  assez  bon  résultat  et  on 
a  pris  23  cfcf  de  P.  Emmanuelii.  A  minuit,  un  violent  tourbillon 
arrivant  de  l'Ouest  a  sévi  pendant  cinq  minutes,  accompagné  d'un 
abaissement  subit  de  la  température.  Ce  tourbillon  m'a  décidé  à 
abandonner  la  chasse. 


(*)  Ces  reufs,  examines  comparativement  avec  ceux  pondus  par  une  Q  dViw. 
mamtelii  éclose,  en  se])tembre,  à  Rennes,  n'en  diffèrent  point  ]>our  la  dimension, 
la  forme  et  la  structure  sui)erficielle  ;  leur  couleur  yrise  est  due  aux  modifications 
survenues  pendant   le  (l('veloi)pement  des  parasites. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  177 

La  nuit  suivante  et  pendant  bien  d'autres  nuits,  en  avril  et  en 
mai,  nous  avons  chassé  dans  la  même  localité,  mais  on  n'a  jamais 
revu  Ermnanueliï  en  si  grand  nombre  que  le  i"  mars. 

La  Ç)  n'est  jamais  venue  à  la  lumière  et  je  l'ai  cherchée  en  vain, 
de  nuit  et  de  jour,  dans  les  localités  oii  les  C'O',  ainsi  que  les 
chenilles,  n'étaient  pas  rares.  Pourtant,  la  Q  est  ailée  et  certai- 
nement capable  de  voler,  ainsi  que  nous  avons  pu  le  constater, 
lorsque  des  éclosions  se  sont  produites  en  septembre,  de  chrysa- 
lides rapportées  de  Mrassine.  Le  même  fait  a  été  observé,  à 
Mrassine,  pour  Arctia  Villica,  dont  la  Q  n'est  jamais  venue  à  la 
lumière  et  n'a  pas  été  aperçue  le  jour  non  plus,  ce  qui  est  quelque 
peu  extraordinaire,  car,  en  France,  la  Q  de  Villica  est  souvent 
rencontrée  volant  le  jour,  tout  comme  celle  de  \ Arctia  Oberthiiri, 
dans  le  Djebel  Aurès,  en  Algérie. 

Description  des  premiers  états 

Lœuj.  —  La  forme  est  celle  d'un  dôme,  à  large  base  ;  la  largeur 
maxima  est  d'environ  o.ooi  ;  la  hauteur  est  de  0.00075  environ; 
mais,  comme  le  chorion  n'est  pas  bien  dur  au  moment  de  la  ponte, 
ces  chiffres  peuvent  varier  légèrement,  ainsi  que  la  forme  de 
l'œuf,  par  suite  d'une  pression  plus  ou  moins  forte  contre  la 
surface  sur  laquelle  l'œuf  est  déposé  ou  de  la  pression  latérale 
exercée  par  un  œuf  contigu. 

La  couleur  est  d'abord  d'un  blanc  légèrement  crème  ;  en  séchant, 
l'œuf  prend  l'apparence  et  la  couleur  d'une  perle.  Je  ne  puis  dire 
quelles  seraient  les  modifications  de  la  teinte  que  subirait,  pendant 
la  période  de  la  maturation,  un  œuf  fertile,  les  œufs  dont  nous 
disposons  ayant  été  pondus  par  une  Q  non  fécondée.  Ceux  trouvés 
sous  une  pierre,  à  Mrassine,  étaient  gris,  mais  ils  contenaient,  tous, 
un  parasite.  La  surface  de  l'œuf  est  perlée,  assez  brillante  à  l'œil 
nu;  examinée  au  microscope  (  x  25  environ),  on  constate  qu'elle 
est  impressionnée  de  cellules  peu  profondes,  de  forme  assez 
variable;  ce  sont  des  cellules  à  angles  peu  nets,  en  général,  et  à 


1/8  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

bords  larges,  estompés,  sauf  au  sommet  de  l'œuf  (rosette  micro- 
pylaire),  où  la  surface  unie  est  recouverte  d'un  réseau  très  fin.  Là, 
la  séparation  des  mailles  est  excessivement  fine  et  nette.  Le  bord 
de  la  rosette  inicropylaire  est  irrégulier.  La  base  de  l'œuf  est  un 
peu  évasée  et  ridée. 

La  chenille.  —  J'ai  pu  examiner  plusieurs  chenilles  dans  le  stade 
précédant  l'avant-dernier;  ces  petites  chenilles  ne  me  paraissaient 
pas  différer  —  la  question  de  taille  mise  à  part  —  -  de  la  chenille 
que  je  décris,  ci-après,  dans  l'avant-dernier  stade  : 

Longueur  de  la  chenille  à  la  un  du  stade  :  0.018  à  0.02  chez 
le  cf,  environ  0.025  chez  la  Q.  Largeur  de  la  tête  :  0.002. 

La  tête  est  de  couleur  orangée  rougeâtre;  sa  surface  est  brillante; 
le  triangle  frontal  et  l'épistome  sont  légèrement  rembrunis;  le 
sillon  séparant  les  lobes  est  jaunâtre;  ses  poils  sont  fins,  noirâtres. 
Le  dorsum  est  d'un  gris  noirâtre,  jusqu'à  la  hauteur  de  la  ligne 
suprastigmatale,  sur  laquelle  est  placée  la  verrue  IIL 

La  ligne  médiodorsale  est  blanche,  large  au  centre  du  corps, 
mais  s'amincissant  beaucoup  sur  les  segments  thoraciques;  elle 
est  plus  ou  moins  envahie  de  gris,  aux  incisions,  sur  les  segments 
abdominaux;  sur  ces  mêmes  segments,  la  ligne  médiodorsale 
s'élargit  vers  le  bord  postérieur  de  chaque  segment.  La  ligne  supra- 
stigmatale est  large  mais  indécise;  elle  est  formée,  sur  chaque 
segment  thoracique,  par  une  tache  rouge  carminé  ou  rouge  orangé  ; 
sur  les  segments  abdominaux  elle  est  blanche,  envahie,  par  places, 
par  une  teinte  grise,  surtout  aux  incisions  ;  il  y  a  une  grande  tache 
rougeâtre  sur  cette  ligne,  en  dessous  de  la  verrue  III,  sur  les 
segments  abdominaux,  mais,  sur  les  segments  thoraciques,  la  tache 
rouge  se  trouve  entre  les  verrues  II  et  III.  La  surface  ventrale  est 
d'un  grisâtre  pâle;  on  remarque  une  éclaircie  blanchâtre  à  la  base 
des  pattes,  entre  celles-ci  et  la  verrue  VI  des  segments  abdominaux. 
Les  pattes  membraneuses,  ainsi  que  les  pattes  écai lieuses  (vraies 
pattes)  sont  fines;  les  premières  sont  de  couleur  jaunâtre,  les 
vraies  pattes  étant  d'un  jaune  orangé. 


LÉPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  1/9 

L'écusson  prothoracique  est  noir;  il  est  divisé,  au  centre,  par 
la  ligne  blanche  médiodorsale;  les  verrues-  sont  noires;  chacune 
porte  une  touffe  d'assez  longs  crins  d'un  blanc  grisâtre,  mélangés 
de  quelques  crins  noirs.  Les  crins  sont  finement  hérissés  de  cils 
courts. 

Dernier  stade.  —  Largeur  de  la  tête  :  0.0024.  Chez  certaines 
chenilles  la  mue,  qui  les  amène  dans  ce  stade,  ne  modifie  pas 
beaucoup  la  livrée;  la  garniture  de  poils  paraît  être,  pourtant,  un 
peu  plus  dense;  mais,  chez  d'autres  et  surtout,  semble-t-il,  dans  le 
cas  des  chenilles  devant  donner  des  cfcf,  le  gris  noirâtre  envahit 
plus  ou  moins  co'mplètement  le  corps;  l'assombrissement  général 
est  accompagné  d'une  augmentation  du  nombre  de  crins  noirs,  qui 
arrivent,  parfois,  à  presque  entièrement  remplacer  les  crins  blanc 
grisâtre  sur  les  verrues  du  dorsum.  Dans  ces  cas,  la  ligne  blanche 
médiodorsale  se  trouve  être  beaucoup  envahie  {suffused')  de 
noirâtre  et  elle  est  presque  complètement  oblitérée  sur  le  huitième 
segment  abdominal  et  sur  les  deux  derniers  segments  du  corps  ; 
sur  les  autres  segments  de  l'abdomen,  la  ligne  est,  cependant,  bien 
évidente  sous  forme  d'une  tache  allongée,  blanche,  en  arrière  du 
centre  de  chaque  segment.  La  ligne  suprastigmatale  est  réduite  à 
une  série  de  taches  rouges,  chaque  tache  entourant  la  verrue  III 
(elles  sont  surtout  visibles  en  dessous  de  cette  verrue,  dans  les 
segments  abdominaux). 

La  ligne  indécise,  blanchâtre,  entre  la  verrue  VI  des  segments 
abdominaux  et  la  base  des  pattes,  n'est  pas  beaucoup  atteinte 
par  l'assombrissement.  La  surface  ventrale,  entre  les  pattes,  est 
jaunâtre,  marbrée  et  bariolée  de  gris  noirâtre. 

La  tête  est  d'un  rouge  orangé,  comme  dans  le  stade  précédent  ; 
les  pattes  thoraciques  sont  de  teinte  orangée  et  les  pattes  mem- 
braneuses jaunâtres. 

Le  cocon  et  la  chrysalide.  —  Le  cocon,  de  consistance  molle,  est 
composé  d'un  feutre  fait  avec  un  mélange  des  crins  détachés  de 
la  chenille  et  d'un  peu  de  soie;  sa  forme  est  allongée,  plus  ou  moins 


l80  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

atténuée  vers  les  extrémités  ;  sa  couleur,  qui  dépend  principalement 
de  celle  des  poils  de  la  chenille,  varie  de  gris  souris  au  gris  noir 
foncé. 

La  chrysalide  est  noire  avant  1  eclosion  du  papillon,  mais  si  on 
examine  une  peau  vide  par  transparence,  on  constate  qu'elle  est 
d'un  brun  acajou  foncé;  cette  peau,  fortement  chitinisée,  est  solide 
et  dure  au  toucher.  Chez  le  cf,  le  thorax  est  fortement  développé, 
arrondi;  les  gaines  des  antennes  sont  larges,  un  peu  saillantes  et 
très  faiblement  ridées  transversalement;  l'extrémité  des  gaines 
des  antennes  n'atteint  pas  l'apex  des  ptérothèques  ;  il  s'en  manque 
un  peu  plus  d'un  millimètre;  les  gaines  des  pattes  sont  larges  et 
amples,  assez  proéminentes;  la  tête  n'est  pas  très  grande,  mais  les 
yeux  sont  assez  gros;  la  surface  de  la  chrysalide  paraît  lisse  à 
l'œil  nu;  sous  la  loupe,  on  voit  que  les  ptérothèques  et  le  thorax 
sont  un  peu  rugueux  et  que  les  segments  abdominaux  sont  poin- 
tillés de  très  petites  dépressions. 

Les  segments  abdominaux  sont  tous  soudés;  la  chrysalide  a 
une  forme  obtuse,  peu  atténuée  vers  l'extrémité  postérieure  qui  est 
arrondie.  Le  crémaster  est  nul  ;  on  ne  remarque,  sur  son  empla- 
cement, que  deux  petites  pointes  extrêmement  courtes,  visibles 
seulement  à  la  loupe. 

Longueur  d'une  chrysalide  cf  :  0.0135;  largeur  à  travers  le 
thorax  :  0.0057. 

Chez  la  chrysalide  Q,  le  thorax  est  beaucoup  moins  développé, 
les  yeux  sont  moins  proéminents,  ainsi  que  les  gaines  des  pattes  ; 
les  gaines  des  antennes  sont  moins  larges  que  chez  le  cf  et  moins 
saillantes;  elles  sont,  également,  moins  longues,  leur  extrémité 
n'arrivant  qu'à  un  millimètre  et  demi  de  l'apex  des  ptérothèques  ; 
celles-ci  sont  actuellement  aussi  grandes  chez  le  cf,  mais,  relati- 
vement au  volume  des  chrysalides,  elles  sont  plus  petites.  Les 
segments  abdominaux  de  la  chrysalide  Q  sont  très  volumineux. 

Longueur  totale  d'une  chrysalide  Q  :  0.0162;  largeur  à  travers 
le  thorax  :  0.005  ".  largeur  à  travers  le  quatrième  segment  abdo- 
minal :  0.007. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  l8l 


La  chenille  de  cette  Espèce  est  vive  dans  ses  mouvements,  quand 
on  la  dérange  ou  qu'on  l'effraie  ;  elle  se  met,  alors,  à  marcher  avec 
rapidité.  D'après  mes  souvenirs,  la  chenille  de  Phraginatobia 
Powelli  que  j'ai  trouvée  une  seule  fois,  à  Géryville  (Algérie),  est 
assez  voisine  de  celle  de  P.  Emmanuelii.  » 


Phragmatobia  fuliginosa,  Linné. 

Une  seule  chenille  a  été  trouvée  au  bord  de  l'Oued-Guigou 
(Timhadit).  Elle  a  donné  une  Q  qui  est  éclose  le  20  août  1920. 

La  forme  marocaine  est  référable  à  la  forme  Kroîimira,  Obthr., 
de  Tunisie,  figurée  sous  le  n°  3751  de  la  PI.  CDXXXV,  dans  le 
Vol.  XIII  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

Note.  —  Le  Commandant  Daniel  Lucas  a  décrit  dans  le 
Bulletin  de  la  Société  entomolo gique  de  France,  1920  {Contribu- 
tion à  l'étude  des  Lépidoptères  du  Maroc,  p.  297,  298),  un  Tricho- 
soma  Nisseni,  de  Safi. 

Comme  il  n'a  éclairé  d'aucun  dessin,  ni  d'aucune  reproduction 
photographique,  la  description  de  ce  Trichosoma  Nisseni,  nomen 
manet  nudum,  nous  attendons  qu'une  bonne  figuration  rende  la 
description  reconnaissable,  pour  donner  audit  Trichosoma  Nisseni 
droit  de  cité  dans  la  Nomenclature  lépidoptérologique. 


Cymbalophora  pudica,  Esper. 

Assez  commune  au  Maroc. 

La  chenille  est  abondante  au  Zehroun.  On  la  trouve  sous  les 
pierres,  pendant  le  jour.  La  nuit,  elle  sort  pour  manger  les 
Graminées. 


l82  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Cymbalophora  sp? 

En  Algérie,  H.  Powell  a  découvert  deiix  Espèces  très  intéres- 
santes et  très  jolies  de  Cymbalophora  :  Powelli  et  Haroldi.  Sans 
aucun  doute,  d'autres  Espèces  d'Arcliadae  non  encore  connues 
existent  dans  la  région  barbaresque. 

Un  enfant  marocain  a  apporté  à  H.  Powell  une  chenille  trouvée 
par  lui  à  Mrassine,  en  avril  1921. 

Cette  chenille,  malheureusement  blessée  par  le  jeune  Marocain, 
n'a  pu  être  amenée  à  bien.  N'étant  pas  connue  à  H.  Powell,  elle 
pourrait  bien  être  une  Espèce  nouvelle,  à  moins  que  peut-être  ce 
ne  soit  la  chenille  de  Powelli.  Il  ne  paraît  pas  inutile  de  donner 
la  description  de  cette  chenille,  qui  pourra  être  retrouvée  et  iden- 
tifiée. 

«  Cymbalophora  sp.  ?  —  Chenille  ayant  de  la  ressemblance 
avec  cel  le  de  Pudica.  Elle  est  plus  trapue  que  Pudica  et  de  forme 
plus  aplatie,  moins  cylindrique.  Le  spécimen,  trouvé  sous  une 
pierre,  est  près  de  la  fin  d'un  stade  qui  doit  être  l'avant-dernier. 
La  tête  est  luisante,  d'un  brun  jaunâtre  tournant  au  brun  noirâtre 
vers  le  sommet  des  lobes  et  sur  le  sommet  même;  elle  porte  des 
crins  brun  foncé.  Le  prothorax  est  gris  foncé;  la  surface  dorsale 
des  segments  suivants  jusqu'au  septième  inclus  est  d'un  gris  blan- 
châtre sale;  il  y  a  une  indication  d'une  fine  ligne  médiodorsale 
blanche,  assez  visible  sur  les  segments  thoraciques  mais  à  peu  près 
effacée  sur  les  segments  abdominaux.  La  région  stigmatale,  y 
compris  le  flange,  est  d'un  blanc  terne  ;  cette  bande  claire  est  très 
affaiblie  sur  les  segments  thoraciques,  mais  nette  sur  les  segments 
abdominaux  centraux,  étant  rétrécie  et  plus  terne  encore  sur  le 
huitième  segment  abdominal  et  le  neuvième.  Les  stigmates,  noirs 
et  étroits,  sont  situés  à  l'extrême  limite  supérieure  de  la  bande 
blanche,  juste  devant  la  verrue  1 V  =  (tubercules  IV  et  V  réunis?). 
Une  seule  verrue  réunit  les  tubercules  I  et  II  sur  les  segments 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  183 

thoraciques.  La  surface  ventrale  au-dessus  des  pattes  et  au  centre 
est  grise,  mais  les  verrues,  ovales,  sont  entourées  de  blanc.  Les 
pattes  thoraciques  ont  une  couleur  orangée  terne;  les  membra- 
neuses sont  de  couleur  rouge  orange  brunâtre. 

Les  verrues  du  dorsum  sont  ovales,  plus  ou  moins  comprimées; 
celles  représentant  le  tubercule  II  sur  les  segments  abdominaux 
sont  surtout  comprimées,  allongées  transversalement  ;,  la  couleur 
de  ces  verrues  est  d'un  brun  clair;  toutes  portent  un  faisceau  de 
crins  raides  d'un  brun  doré. 

Les  verrues  en  arrière  des  stigmates,  ainsi  que  celles  du  fiange, 
sont  de  teinte  plus  claire. 

La  longueur  de  la  chenille  à  la  fin  du  stade  est  de  20  mm.,  sa 
largeur  maxima  de  5  mm.  1/2.  Elle  n'a  pas  encore  mangé  depuis 
qu'on  l'a  trouvée,  car  elle  attend  une  mue  (15  avril  192 1). 

Cette  chenille  s'est  desséchée  sans  avoir  mué;  je  crois  qu'elle 
avait  été  blessée  par  le  petit  Marocain  qui  l'a  trouvée.  » 


l84  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


NOLIDAE 


Nola  Cucullatella,  Linné. 

Mrassine,  en  avril  1921. 

Forme  semblable  à  celle  qui  se  trouve  aux  environs  de  Rennes. 


CYMBIDAE 


Nycteola  falsalis,  Herrich-Schaeffer. 

Très  commune  à  Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 


CIMELIIDAE 


Cimelia  Vaulogeri,  Stgr. 
Mogador  (Vaucher). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  185 


COCHLIDIDAE 


Cochiidion  Codeti,  Obthr. 

En  novembre  1920,  une  première  chenille  a  été  trouvée  sur  un 
arbousier,  près  de  Beni-Amar.  Cette  chenille  avait  ceci  de  remar- 
quable que  deux  tubercules  sur  son  dorsum,  particulièrement  déve- 
loppé et  d'une  couleur  rouge  carmin,  se  trouvaient  réunis  par  un 
trait  à  travers  le  milieu  du  segment  qui  porte  ces  deux  tubercules. 
Cette  chenille  a  mué  une  fois  ;  mais  elle  a  péri  avant  de  se  chrysa- 
lider.  Arrivé  à  Mrassine,  H.  Powell  a  trouvé  en  mars  et  avril  des 
chenilles  de  Cochiidion  Codetiy  toujours  sur  l'arbousier. 

Un  dessin  colorié  a  été  pris  sur  place  de  ces  diverses  chenilles 
dont  l'attitude  est  très  curieuse.  Elles  se  tiennent  sur  le  revers  de 
la  feuille  et  mangent  en  coupant  toujours  en  travers,  jusqu'à  tout 
près  de  l'extinction  de  la  feuille. 

Ea  chenille  de  Codeti  forme  un  cocon  ovoïde,  brun,  renfermant 
la  chrysalide.  Mais  la  chenille  reste  parfois  longtemps  enveloppée 
sans  se  transformer  et  sans  prendre  aucune  nourriture. 

Certaines  chenilles  se chrysalident  rapidement;  d'autres  tardent 
plus  ou  moins,  de  sorte  que  la  chrysalidation  se  trouve  très 
échelonnée. 

Le  papillon  éclôt  en  mai,  puis  vers  la  fin  de  juillet,  en 
septembre  et  même  en  octobre,  c'est-à-dire  à  des  époques  également 
échelonnées  du  cours  de  l'année. 


l86  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Lorsque  le  papillon  est  fraîchement  éclos,  il  est  luisant,  d'aspect 
soyeux  et  satiné.  Les  cfcf  volent  à  l'approche  de  la  nuit;  même 
la  Q  est  assez  active. 

Plusieurs  papillons  sont  éclos  à  Rennes,  en  septembre  et 
octobre   1921. 

L'attitude  des  papillons  fraîchement  éclos  et  au  repos  est 
curieuse  à  observer.  Les  deux  paires  d'ailes  semblent  collées  l'une 
contre  l'autre;  l'abdomen  est  relevé  en  l'air,  faisant  une  légère 
courbe  et  montrant  bien  une  ligne  noirâtre  qui  le  décore,  semblant 
faire  la  suite  de  la  ligne  transversale  grisâtre  des  ailes  supérieures. 
La  tête  est  collée  au  sol,  de  telle  façon  que  le  corps  tout  entier, 
depuis  la  partie  anale  qui  se  tient  dressée  en  l'air  jusqu'à  la  tête 
qui  est  en  bas,  forme  une  ligne  courbe,  dans  le  sens  vertical. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  187 


NOTODONTIDAE 


Dicranura  Delavoiei,  Gaschet. 

Tanger  (Vaucher). 
Mrassine,  en  mai  1921. 


Notodonta  trépida,  Esper. 
Tanger  (Vaucher). 

Phalera  bucephalina,  Stgr. 
Larache  (Vaucher). 

Pygaera  Pigra,  Hufn. 
Tanger  (Vaucher  et  Olcèse). 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


CNETHOCAMPIDAE 


Cnethocampa  Pithyocampa,  W.  V. 

Tanger  (Vaucher). 

Azrou  (Moyen-Atlas). 

Un  (S  est  venu  à  la  lumière  en  septembre  1920. 


Cnethocampa     Bonjeani,     Powell     (PI.     DXXXIV;      qq, 
fig.  4448,  4449). 

Dédié  à  M.  le  Docteur  Bonjean,  Officier  de  la  Légion  d'honneur, 
Médecin-Major  à  Meknès,  en  témoignage  de  respectueuse  et 
cordiale  amitié. 

Me  trouvant,  le  9  juillet  1921,  dans  la  forêt  d' Azrou,  à 
500  mètres  au  nord  de  la  clairière  du  Douar  de  Garde,  j'ai 
remarqué  des  excréments  de  chenille  sur  le  feutrage  d'aiguilles, 
en  dessous  d'un  grand  cèdre  qui  m'abritait  du  soleil  pendant  le 
déjeuner. 

J'ai  examiné  une  branche  horizontale  qui  s'étendait  juste  au- 
dessus  des  excréments  et  à  environ  2  m.  50  du  sol,  et  j'ai  aperçu 
une  toile  grisâtre,  ou  plutôt  une  série  d'épais  fils  de  soie  fortement 
tendus  entre  les  aiguilles  et  la  tige  de  la  branche  ;  sous  ce  réseau, 
je  voyais  des  chenilles  longuement  poilues,  évidemment  des 
Cnethocampa  voisines  de  Processiouca,  mais  très  différentes  de 


LÊPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  189 

Pïtyo campa;  pour  prendre  les  chenilles,  il  fallait  arracher  les  fils 
de  la  toile,  très  résistants;  les  chenilles  se  laissaient  choir,  mais 
en  touchant  le  sol  elles  se  sont  immédiatement  enfoncées  dans  le 
feutrage  d'aiguilles  de  cèdre,  plus  ou  moins  réduit  à  l'état  de 
terreau  en  dessous,  et  il  a  fallu  les  rechercher  là-dedans. 

La  toile  sous  laquelle  se  cachent  ces  chenilles  (elles  étaient  dans 
le  dernier  stade)  ne  ressemble  nullement  aux  bourses  dans 
lesquelles  vivent  les  chenilles  de  Processïonea.  Je  me  suis  attendu 
à  bientôt  ressentir  les  effets  urticants  des  poils,  ayant  manipulé, 
sans  précaution,  la  toile  et  les  chenilles,  mais  je  n'ai  eu  aucune 
démangeaison  ni  aucun  bouton  ensuite  et,  plus  tard,  j'ai  remarqué 
qu'on  pouvait  impunément  toucher  les  chenilles  et  leurs  cocons. 

Donc,  les  poils  de  la  chenille  de  cette  Espèce  ne  semblent  pas 
posséder  les  propriétés  irritantes  de  celle  de  Processïonea. 

En  cage,  sur  une  branche  de  cèdre  coupée,  les  chenilles  ont  filé 
une  toile,  sous  laquelle  elles  se  réfugiaient  le  jour,  sortant  pour 
manger,  le  soir.  J'ai  souvent  remarqué  que  lorsqu'on  les  dérangeait 
elles  se  mettaient  à  marcher  en  petites  processions  de  trois  ou 
quatre,  une  chenille  en  tête  de  ligne  et  les  autres  faisant  suite,  en 
file  indienne;  elles  allaient,  alors,  se  réfugier  sous  la  mousse 
garnissant  le  fond  de  la  cage.  C'est  également  sous  la  mousse  que 
les  chenilles  ont  formé  leurs  cocons,  tantôt  en  grappes,  tantôt 
isolées.  Presque  toutes  se  sont  mises  en  cocon  avant  le  20  juillet. 
S'il  y  avait  eu  de  la  terre  au  fond  de  la  cage,  je  ne  doute  pas 
que  les  chenilles  se  fussent  enterrées  pour  cette  opération. 

Le  cocon  est  irrégulièrement  ovoïde,  mince,  papyracé  ;  sa  couleur 
est  d'un  brun  pâle.  Quelques  chenilles,  dérangées,  sans  doute,  dans 
leurs  habitudes  par  le  manque  de  terre,  ont  dépensé  leur  soie  en 
l'étendant  en  couche  papyracée  sur  le  fond  de  la  cage  et  se  sont 
chrysalidées  là,  sans  cocon;  à  la  soie  du  cocon  est  mélangée  une 
partie  des  poils  de  la  chenille. 

» 

Description  de  la  chenille  pleinement  développée.  —  Elle  a 
approximativement  la  taille  de  la  chenille  de  Processionea.  La 


igo  LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

tête  est  arrondie,  noire,  mate;  elle  ne  porte  que  de  courts  poils 
d'un  brun  doré;  les  bords  du  clypeus  (pièce  paraclypicale)  sont 
légèrement  ondulés  et  finement  blanchâtres;  le  clypeus  est  d'un 
brun  très  foncé;  le  labrum  et  l'épistome  sont  d'un  blanc  brunâtre, 
ainsi  que  la  base  de  l'antenne.  Sur  toute  la  longueur  du  corps  on 
remarque  une  très  large  bande  médiane  noire,  à  liséré  blanchâtre; 
c'est  sur  le  liséré  blanchâtre  que  se  trouve  la  verrue  III;  toutes  les 
verrues  du  dorsum  sont  d'une  couleur  orangée  vive;  la  verrue  I 
paraît  manquer  sur  les  deux  derniers  segments  du  thorax,  ou  bien 
elle  est  jointe  à  II,  car  sur  ces  segments  on  ne  voit  que  deux 
verrues,  rondes,  près  du  centre  dorsal;  la  verrue  III  est  ovale,  sur 
ces  mêmes  segments  ;  sur  les  segments  abdominaux  i  à  8  inclus, 
les  verrues  trapézoïdales  I  et  II  encadrent  une  grande  tache  ovale 
d'un  noir  intense;  ces  taches  sont  formées  chacune  de  deux  touffes 
denses  de  très  fins  poils  noirs,  fortement  serrés  et  courts,  donnant 
l'impression  de  velours;  la  verrue  I  est  fortement  comprimée  et 
allongée;  la  verrue  II  est  beaucoup  plus  étroite,  les  deux  verrues  II 
formant  une  lisière  orangée  fine  au  bord  postérieur  de  la  tache 
ovale  noire;  les  verrues  I  et  II  portent  de  très  longs  poils  blancs 
assez  lins  et  d'autres,  moins  longs,  d'un  jaune  canari;  la  verrue  III, 
ronde,  est  pourvue  de  longs  poils  blancs  peu  nombreux.  En  dessous 
du  liséré  blanc,  en  bordure  de  la  bande  noire  médiane,  le  flanc, 
jusqu'au  iiange,  est  grisâtre,  marbré  finement  de  noir  et  poivré  de 
points  blancs  (*)  ;  la  verrue  IV,  au  milieu  du  flanc,  est  arrondie 
et  cerclée  de  blanc  ;  elle  porte  de  longs  poils  blancs  peu  abondants  ; 
le  stigmate  est  jaune  avec  un  filet  ovale,  mince,  noir;  il  est  placé 
considérablement  plus  bas  que  la  verrue  IV  et  juste  au-dessus 
de  deux  petites  verrues  de  couleur  orangée  pâle  (V  et  VI),  une  en 
avant  de  l'autre,  celle  placée  antérieurement  étant  beaucoup  plus 
-petite  que  l'autre;  la  ligne  stigmatale  est  noire,  mais,  étant  large- 
ment interrompue  postérieurement  à  chaque  stigmate  et  élargie 
devant  le  stigmate,  elle  est  réduite,  sur  les  segments  abdominaux, 

(*)    En   décrivant   la  bande  noire,   médiane,   j'ai  omis  de  signaler   la   présence 
de  petits  points  blancs,  entre  les  taches  ovales  bordées  par  les  verrues  I  et  II. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  IQI 

à  une  série  de  chevrons;  verrues  V  et  VI  sont  sur  le  flange  qui 
est  blanc  sur  les  segments  thoraciques,  mais  à  peine  indiqué  sur 
les  abdominaux;  au-dessous  du  flange,  sur  la  surface  ventrale,  est 
une  assez  large  bande  d'un  brun  grisâtre  clair,  toute  parsemée  de 
petits  points  blancs  (points  pilifères),  comme  ceux  des  flancs  et 
du  flange  ]  le  reste  de  la  surface  ventrale  et  la  base  des  pattes 
est  d'un  blanc  jaunâtre;  il  y  a  indication  d'une  ligne  sombre, 
médioventrale  ;  les  petits  points  pilifères  recouvrent  la  surface 
ventrale,  mais  comme  ils  ont,  ici,  la  couleur  environnante,  ils  ne 
ressortent  pas  nettement.  Au-dessus  de  la  base  des  pattes  se  trouve 
une  verrue  ronde,  jaune,  à  poils  blancs.  Les  pattes  thoraciques  ont 
une  teinte  brun  clair  ;  les  membraneuses  sont  jaunâtres  ;  le  dernier 
segment  du  corps  est,  dorsalement,  noir  terne,  l'écusson  anal  étant 
d'un  noir  intense. 

La  chrysalide  est  de  la  forme  caractéristique  de  celles  du  genre 
Cnethocampa,  avec  le  vertex  conique.  Sa  couleur  est  d'un  brun 
jaunâtre,  un  peu  roux  sur  le  thorax,  la  tête  et  les  gaines  des 
membres.  Les  stigmates,  de  forme  ovale  allongée,  sont  très  appa- 
rents; le  crémaster  se  termine  en  deux  petits  cônes  écartés, 
surmontés  chacun  d'une  courte  épine;  l'apex  des  ptérothèques 
atteint,  presque,  le  bord  postérieur  du  quatrième  segment  abdo- 
minal ;  les  segments  abdominaux  4,  5  et  6  sont  encerclés  d'une 
crête  assez  aiguë;  le  segment  6  est  libre. 

Trois  imagines  Q  sont  écloses  dans  la  nuit  du  18  au 
19  septembre,  à  Rennes. 

Description  de  la  Q .  —  Les  ailes  antérieures  sont  très  allongées, 
diaphanes  ;  leur  couleur  est  d'un  gris  pâle  en  dessus  et  les  lignes 
ordinaires  sont  à  peine  indiquées  ;  la  ligne  la  plus  nette  est  l'extra- 
basilaire,  de  teinte  grise  plus  foncée  que  le  groiind  colour;  il  y  a* 
une  tache  gris  foncé  allongée  à  l'extrémité  de  la  cellule;  deux 
ombres  à  peu  près  parallèles,  extracellulaires,  se  devinent  péni- 
blement ;  le  bord  extérieur  de  l'ombre  la  plus  rapprochée  du  termen 
est  ondulé;  ces  deux  lignes  ou  ombres  sont  plus  nettes  vers  la 


192  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

côte;  elles  s'éteignent  avant  d'atteindre  le  bord  interne;  les 
franges  sont  grises  et  entrecoupées  de  taches  plus  foncées;  les 
ailes  postérieures  sont  blanches  et  leurs  franges  sont  blanches, 
mais  grises  à  la  base.  En  dessous,  les  antérieures  sont  d'un  gris 
plus  pâle  qu'en  dessus;  la  tache  cellulaire  est  à  peine  indiquée;  les 
autres  dessins  man(]ueiil  ;  les  ailes  postérieures  sont  d'un  blanc 
•légèrement  grisâtre,  uniforme;  le  thorax  est  recouvert  d'assez  longs 
poils  d'un  gris  plus  foncé  que  celui  des  ailes;  l'abdomen,  en  dessus, 
est  d'un  jaune  brun  doré  et  recouvert  de  poils  courts,  serrés;  son 
extrémité  est  recouverte  par  une  grosse  et  large  plaque  d'un  gris 
de  plomb,  à  reflets  métalliques,  très  ridée  transversalement.  La 
plaque  est  formée,  sans  doute,  par  des  écailles  très  fortement 
comprimées,  destinées  à  recouvrir  la  ponte.  Le  dessous  de 
l'abdomen  porte  quelques  touffes  de  poils  gris  ainsi  qu'une  touffe 
plus  longue  et  plus  fournie,  d'un  gris  clair  jaunâtre,  de  chaque 
côté  des  organes  de  la  reproduction  ;  les  antennes  sont  fines  et 
ciliées  jusqu'à  la  base  de  la  pointe  effilée  terminale.  La  tête  porte, 
sur  le  vertex,  des  poils  gris  et  d'assez  longs  poils  de  la  même 
couleur  entourent  les  yeux  et  la  base  du  canthus  ;  entre  les  yeux 
et  encadrant  le  canthus  sont  placées  deux  touffes  de  poils  bruns, 
serrés  et  dressés.  Le  canthus,  noir,  est  terminé  par  un  bec  bifide 
surmontant  une  série  de  gradins;  les  yeux  sont  grands,  noirs  et 
nus;  les  pattes,  d'un  brun  clair,  sont  maigrement  garnies,  sur  le 
fémur  et  le  tibia,  de  poils  gris. 

La  longueur  de  l'aile  antérieure  est  de  i6  millimètres  et  demi. 

La  plus  proche  voisine  de  Bonjeani  est  certainement  C.  Soli- 
taria,  Freyer.  Je  trouve,  piquée  sur  l'épingle  d'un  des  spécimens 
de  Solilarïa,  de  la  collection  Charles  Oberthiir,  une  étiquette 
'écrite  par  Guenée  et  ainsi  conçue  :  a  1-2.  Solitaria  Frey  :  Frey.  III, 
p.  102,  pi.  266  —  Dup.  sup.  H.  S.  21-22.  Leder.  Chypre  24.  — 
Asie  Mineure,  achetés  à  Kindermann.  Cette  espèce,  en  apparence 
si  voisine  de  la  Pityocampa,  provient  d'une  chenille  toute  diffé- 
rente; portant  sur  le  dos  des  faisceaux  de  poils  extrêmement  longs. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE  193 

Elle  vit  à  la  fin  de  mai  sur  les  Cyprès,  se  chrysalide  dans  la  terre, 
et  surtout  elle  ne  vit  pas  en  famille,  comme  son  nom  l'indique 
suffisamment.  Freyer  n'entre  pas  dans  des  détails  suffisants  sur 
les  mœurs  et  sa  nourriture.  Il  dit  que  Kindermann  jeune  en  a 
rapporté  à  Bude,  de  Turquie,  une  grande  quantité  de  chrysalides. 
Ceux-ci  en  viennent.  Lederer  l'a  retrouvée  depuis  à  Smyrne.  » 

Le  fait  que  la  chenille  de  Solïtarïa  vit  isolément  la  sépare  de 
suite  de  celle  de  Bonjeani.  La  question  de  la  nourriture  est  moins 
décisive;  Freyer  indique  «  Turpentin  baum  »  comme  étant  la 
nourriture  de  son  Espèce  Solitaria  et  Guenée  traduit  ceci  par 
«  cyprès  ».  Bonjeani  vit  sur  le  Cednis  Atlantica,  Manuetti.  La 
figure  donnée  par  Freyer  représente  une  chenille  voisine  de  celle 
de  Bonjeani,  mais  avec  les  touffes  de  poils  des  segments  centraux 
bien  plus  longues  que  les  autres;  chez  Bonjeani,  les  poils  sont 
longs,  surtout  le  dorsum. 

Comparant  les  trois  Q  g  de  Bonjeani  avec  de  nombreuses  Q  Q 
de  Solitaria  de  la  collection  Oberthùr,  on  remarque  d'abord  une 
différence  dans  la  coupe  des  ailes;  chez  Bonjeani,  les  ailes  anté- 
rieures paraissent  plus  allongées  et  le  bord  externe  est  plus 
fortement  oblique  ;  les  ailes  postérieures  sont  moins  arrondies. 
Ensuite,  l'œil  est  frappé  par  la  différence  de  tonalité,  grise  chez 
Bonjeani,  brune  chez  Solitaria,  qui  a  les  lignes  plus  nettement 
écrites.  Le  dessus  de  l'abdomen  est  d'un  jaune  brunâtre  ou  fauve 
chez  Bonjeani,  d'un  gris  jaunâtre  pâle  chez  Solitaria. 

Une  différence  importante  se  remarque  en  ce  qui  concerne  le 
canthus  ;  chez  les  trois  Q  Q  de  Bonjeani,  cet  organe  est  très 
développé  et  parfaitement  visible,  encadré  de  poils  bruns,  entre 
les  yeux,  tandis  que  chez  Solitaria,  ainsi  que  chez  Processionea, 
le  canthus  est  presque  nul  et  l'espace  entre  les  yeux  est  complè- 
tement occupé  par  une  touffe  serrée  de  poils  bruns.  Chez 
Pityocampa,  le  canthus  est  bien  développé  et,  pour  ce  caractère, 
cette  Espèce  se  rapproche  de  Bonjeani,  mais  elle  en  diffère  forte- 
ment par  la  plupart  des  autres  caractères.  Une  Q  de  Solitaria  de 


ï3 


194  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 

la  collection  de  Vazquez  a  une  coupe  d'ailes  plus  voisine  de  celle 
de  Bonjeani;  mais,  pour  les  autres  caractères  elle  est  conforme  à 

Soli/dria. 

Rennes,  20  septembre  1921. 

H.    POWELL. 


Thaumetopoea  Herculeana,  Rambur. 

Tanger  (Vaucher). 

Plateau  de  Dkrissa,  où  la  chenille  était  très  commune  en  janvier 
et  février  1921. 

Col  de  Bab-Rniila,  en  mars  1921. 

H.  Powell  donne  sur  Th.  Heradeana  les  renseignements 
suivants  : 

«  Le  7  novembre  1921,  sur  la  pente  exposée  à  l'ouest-sud-ouest 
d'un  petit  ravin  derrière  l'église  de  la  ville  nouvelle,  à  Meknès, 
j'ai  trouvé,  vers  six  heures  du  soir,  une  ponte  importante  de 
T .  Herculeana,  entourant  une  tige  desséchée  de  Scabieuse  ;  les 
chenilles  venaient  d'éclore  et  se  trouvaient  ramassées  en  une  pelote 
serrée,  à  la  base  de  la  très  large  bague  formée  par  la  ponte.  Les 
œufs  restaient  invisibles,  bien  entendu,  étant  cachés  par  l'épais 
revêtement  d'écailles  blanc  grisâtre,  imbriquées,  nvec  lequel  la  Q 
les  protège. 

Au  toucher,  la  ponte  est  soyeuse;  les  écailles  ont  leur  point 
d'attache  vers  le  haut,  comme  les  tuiles  d'un  toit;  elles  sont  étroi- 
tement appliquées  l'une  contre  l'autre.  L'anneau  (ou  bague) 
entourant  la  tige  a  43  millimètres  de  largeur  et  un  peu  plus  de 
4  millimètres  de  diamètre. 

Les  chenilles  en  sortant  d'en  dessous  des  écailles  ne  les 
dérangent  pas  beaucoup.  Après  l'éclosion,  on  ne  voit  que  quelques 
rares  trous  dans  la  bague.  Les  chenilles  avaient  déjà  tissé  de  la 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  195 

soie  sur  la  tige  en  dessous  de  la  ponte  et  sur  la  base  de  la  ponte 
elle-même. 

/■'■  stade.  —  Les  chenilles  du  i"''  stade  sont  noires,  sans  lignes 
ni  dessins  ;  leurs  poils,  longs,  sont  également  noirâtres.  La  tête  est 
noire,  luisante.  Me  souvenant  que  les  chenilles  avancées  d'Hercu- 
leana,  que  j'avais  trouvées  en  mai  191 1,  à  Aflou,  se  nourrissaient 
surtout  d'un  petit  Erodium,  j'ai  offert  aux  chenilles  nouvellement 
écloses  un  Erodium  qui  commence  à  pousser  actuellement;  en 
même  temps,  je  leur  ai  donné  de  la  Scabieuse,  du  Taraxacmn  et 
des  Graminées.  Elles  se  sont  mises  à  manger  le  petit  Erodium 
sans  s'occuper  des  autres  plantes,  mais  au  bout  de  quatre  ou  cinq 
jours  seulement.  L'activité  des  chenilles  ne  se  manifeste  que  le 
jour;  pendant  la  nuit,  elles  sont  ramassées  en  groupe  compact. 
Dès  que  je  les  place  au  soleil,  le  matin,  elles  .se  mettent  en  mou- 
vement et  marchent  en  ligne,  une  chenille  immédiatement  derrière 
l'autre,  comme  chez  Pityocampa.  Elles  arrivent  à  s'échapper  de 
boîtes  fermant  relativement  bien.  Elles  tissent  beaucoup  de  soie 
blanche  en  marchant  et  se  tiennent  en  groupe,  au  repos,  la  nuit, 
sur  un  amas  de  fils  enchevêtrés. 

2^  stade.  —  La  première  mue  a  eu  lieu  le  7  décembre,  presque 
simultanément  pour  toutes  les  chenilles;  elles  s'étaient  tenues 
immobiles,  précédemment,  au-dessus  et  dans  leur  amas  de  hls 
enchevêtrés,  pendant  trois  jours  environ.  Elles  s'étaient  réunies 
en  deux  groupes  distincts  pour  la  mue. 

Les  seuls  changements  appréciables  qui  se  produisent  à  la 
première  mue  sont  les  suivants  :  Les  poils  sont,  maintenant,  plus 
longs  et  plus  nombreu.x  que  dans  le  premier  stade;  ils  sont  blancs 
sur  le  corps.  Naturellement,  il  y  a  une  augmentation  dans  le 
volume  de  la  tête  et  les  pattes  sont  plus  grandes,  mais  la  couleur 
du  corps  et  de  la  tête  reste  noire;  la  tête  est  toujours  d'un  noir 
brillant,  tandis  que  le  corps  est  mat.  La  tête  porte  des  poils  noirs 
fins.  Les  chenilles  continuent  à  se  comporter  à  peu  près  comme 


igô  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

dans  le  premier  stade,  se  réunissant  en  groupes  (généralement 
deux  groupes  pour  la  nuit)  et,  lorsque  le  temps  est  froid  et  couvert, 
le  jour  aussi.  Elles  se  mettent  en  marche  en  file  indienne,  pour 
aller  chercher  leur  nourriture  sur  laquelle  elles  se  groupent,  de 
nouveau,  pour  manger. 

f  stade.  —  La  seconde  mue  a  eu  lieu  du  31  décembre  1920  au 
3  janvier  1921,  les  chenilles  s'étant,  comme  précédemment, 
assemblées  en  groupe  sur  une  pelote,  très  lâche,  de  fils  de  soie. 
Cmq  chenilles  sont  mortes  à  cette  époque;  mais  c'est  peu  de  chose 
quand  on  considère  le  grand  nombre  de  chenilles  provenant  de 
cette  ponte. 

La  tête  est  toujours  noire  et  luisante  avec  des  poils  fins,  noirs; 
le  corps  est  d'un  noir  intense,  mat  ;  on  remarque,  dans  le  3''  stade, 
une  fine  ligne  de  ilange,  blanche,  qui  ne  s'apercevait  pas  dans  les 
deux  premiers  stades  ;  certains  poils  du  corps  sont  très  longs,  fins 
et  blancs;  ils  sont  surtout  longs  sur  les  derniers  segments;  ces  fins 
poils  blancs  sur  fond  très  noir  donnent  à  la  chenille  une  teinte 
un  peu  bleutée. 

La  tendance  à  marcher  en  file  indienne  n'est  pas  très  prononcée 
dans  ce  stade  et  les  chenilles  se  divisent  en  un  nombre  de  groupes 
un  peu  plus  grand;  les  individus  ne  s'isolent  pas  cependant,  mais 
se  réunissent  toujours  en  groupes  pour  manger  et  pour  se  mettre 
au  repos  sur  leurs  toiles  lâches  de  soie  blanche;  je  remarque  la 
facilité  avec  laquelle  ces  chenilles,  assez  molles  et  souples, 
s'échappent  de  la  boîte  en  passant  par  les  fissures  très  étroites. 
Leurs  très  longs  poils  fins  ne  les  gênent  pas  dans  cette  opération. 

^  stade.  —  Les  chenilles  se  sont  mises  au  repos  pour  la  troisième 
mue,  vers  le  20  janvier  192 1  ;  elles  sont  restées  pendant  huit  jours 
(du  18  au  25)  enfermées  dans  une  chambre  froide  et  sombre, 
pendant  une  absence  que  j'ai  faite  étant  en  tournée.  Ceci  a,  sans 
doute,  retardé  la  mue,  qui  n'a  commencé  que  le  25  janvier  pour  se 
terminer  [wur  les  dernières  chenilles  (sauf  quelques  rares  retarda- 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE  ig7 

taires  encore  peu  avancées  dans  le  3®  stade),  le  i"''  février  1921. 
Elles  ont  mué  en  groupe,  sur  une  toile  de  soie  lâche  et  peu  épaisse. 

Je  ne  remarque  pas  de  différence,  sauf  celle  de  la  taille,  entre 
le  3''  et  le  4"  stades.  La  tête  est  noire,  luisante  et  elle  porte  des 
poils  noirs,  comme  précédemment.  Le  corps  et  ses  verrues  pilifères 
sont  d'un  noir  intense;  les  verrues  portent  des  poils  blancs,  les  uns, 
nombreux,  pas  très  longs,  disposés  éh  étoile,  les  autres,  plus  rares, 
très  longs.  La  ligne  du  flangc,  blanche,  étroite  et  un  peu  ondulée, 
est  très  nette.  Les  pattes  sont  noires.  Les  chenilles  mangent  bien 
leur  Erodimu,  le  matin,  lorsqu'on  les  place  au  soleil  ;  elles 
deviennent  inquiètes  l'après-midi,  si  elles  restent  au  soleil,  et  se 
promènent  ou  bien  elles  s'agitent,  mollement,  en  groupes. 

Les  poils  de  la  chenille  diHeraileana  ne  paraissent  pas  posséder 
des  propriétés  irritantes,  du  moins  je  n'en  ai  pas  remarqué  chez 
les  chenilles  que  j'élève  actuellement  et  qui  se  trouvent  déjà  dans 
le  quatrième  stade  (i®"'  février  192 1). 

y  février  iç2i.  —  J'ai  constaté,  depuis  quelques  jours,  que  la 
tendance  chez  ces  chenilles  à  marcher  en  file  indienne  existe 
toujours.  Elles  sont  souvent  en  mouvement  pendant  la  journée  et 
on  voit  fréquemment  une  ligne  de  chenilles  partir  d'un  groupe 
pour  se  rendre  sur  un  autre  point;  elles  s'attaquent  surtout  aux 
jeunes  feuilles  et  au  cœur  de  la  touffe  à^Erodium;  elles  se  réu- 
nissent en  groupes  compacts,  le  soir. 

La  chenille  d^Herc7deana  abonde  sur  le  plateau  des  Dkrissa, 
que  l'on  traverse  en  allant  de  Mrassine  ou  de  Moussaoua  à  Meknès. 
C'est  un  grand  plateau  inculte,  servant  seulement  pour  le  pâturage 
des  troupeaux  de  vaches,  bœufs,  moutons  et  chèvres;  le  sol  y  est 
rouge,  parsemé  de  pierres  calcaires  blanches,  et  le  roc  affleure  bien 
souvent,  l'épaisseur  de  terre  n'étant  pas  grande.  Sur  ce  plateau, 
la  grande  Férule  est  très  commune;  il  y  a  du  palmier  appelé  : 
Doum  et  du  jujubier  sauvage;  l'Asphodèle  y  abonde  aussi.  Le 
nombre  de  plantes  basses  est  considérable,  surtout  de  très  petites 
plantes  comme  les  Graminées  tapissantes,  les  Crucifères  à  fleurs 


I9'S  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

jaunes,  une  Linaria  à  fleurs  jaunes  p(3inlillées  de  brun,  les 
Erodiinn,  etc.  En  marchant,  on  évitait  difficilement  d'écraser  les 
chenilles  d'Hen/deana,  répandues  sur  le  sol;  beaucoup  d'entre 
elles  se  trouvaient  déjà  bien  avancées  dans  le  cinquième  (avant- 
dernier)  stade,  les  lo  et  13  février  1921.  Dans  ce  stade,  les  crins 
portés  par  les  verrues  du  flange  et  celles  placées  au-dessus  des 
pattes  sont,  en  général,  d'unc^oulcur  jaune  canari;  dans  bien  des 
cas,  une  partie  des  crins  des  verrues  médiodorsales  sont  également 
teintés  de  jaune  canari,  sur  les  segments  abdominaux.  La  majorité 
de  poils  et  crins  reste  blanc,  cependant,  dans  ce  stade;  parfois, 
la  teinte  canari  est  peu  développée  ou  nulle.  La  ligne  blanche  du 
flange  est  bien  nette.  Les  chenilles,  avant  le  dernier  stade,  se 
rassemblent  par  groupes  constitués  par  un  nombre  d'individus  très 
variable  ;  elles  restent  sur  le  sol  ou  sur  les  plantes  basses  étalées  sur 
le  sol,  ne  grimpant  jamais,  —  d'après  ce  que  j'ai  pu  constater  ici, 
ainsi  qu'à  Aflou,  en  mai  191 1,  sur  les  plantes  élevées  et  les 
buissons.  Pour  se  déplacer,  elles  s'acheminent  en  file  indienne,  mais 
les  chaînes  ainsi  formées  ne  sont  jamais  très  longues  comme  dans 
le  cas  de  T.  Pityo campa;  on  remarque,  également,  des  sujets 
isolés,  égarés  des  groupes. 

J'ai  été  frappé  par  la  ressemblance  sujoerficielle  qui  existe  entre 
les  groupes  de  chenilles  à'Hcrcideana  (avant  le  dernier  stade)  et 
les  petites  toiles  d'araignée,  étalées  presqu'au  ras  du  sol,  chargées 
des  gouttelettes  de  la  rosée  nocturne.  La  ressemblance  est  due  aux 
crins  fins,  blancs,  sur  le  fond  noir  de  la  chenille. 

Malgré  la  présence  de  troupeaux  de  moutons  et  de  vaches  sur 
le  plateau,  je  n'ai  pas  remarqué  beaucoup  de  chenilles  écrasées. 

La  chenille  de  Herculeana  est  polyphage;  sa  nourriture  préférée 
est  certainement  le  petit  Erodïum  étalé,  mais  je  l'ai  vue  en  train  de 
manger  d'autres  plantes  basses.  A  Aflou,  en  191 1,  j'avais  constaté 
que  la  chenille  à'Heradeana  ne  se  nourrissait  pas  exclusivement 
du  petit  Géranium  qu'elle  choisissait  de  préférence;  elle  mangeait 
également  XHdianthemum.  \JErodimn  préféré  par  la  chenille,  à 
Aflou,  n'est  pas  l'Espèce  sur  laquelle  la  chenille  de  Meknès  vit 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  IQQ 

principalement,  mais  une  Espèce  qui  croît  à   1.200- 1. 500  mètres 
d'altitude,  aussi  bien  au  Maroc  qu'en  Algérie. 

21  février  IÇ2I.  —  Plusieurs  chenilles  trouvées  sur  le  plateau 
des  Dkrissa,  les  10  et  13  février,  ont  mué  pour  la  cinquième  fois 
et  se  trouvent,  maintenant,  dans  le  dernier  stade.  Dans  le  dernier 
stade,  tous  les  crins  sont  d'un  jaune  canari,  sauf  quelques  très 
longs  et  forts  crins,  au  moins  deux  fois  plus  longs  que  la  moyenne 
des  crins  jaunes  ;  ces  longs  crins  se  trouvent  au  nombre  d'un  par 
verrue;  il  y  en  a  quelques-uns  sur  le  segment  métathoracique.  Les 
verrues  et  le  corps  sont  toujours  noirs  ;  les  verrues  sont  brillantes 
et  la  peau  mate;  au  centre  dorsal  de  chaque  segment  abdominal, 
entre  les  verrues  trapézoïdales,  se  trouve  une  touffe  courte  d'un 
noir  intense;  ces  touffes,  d'un  aspect  velouté,  sont  formées  par  un 
feutrage  de  poils  extrêmement  fins;  elles  ne  se  développent  qu'au 
dernier  stade. 

Les  chenilles  élevées  depuis  l'œuf  attendent,  maintenant,  la 
quatrième  mue. 

Dans  la  petite  vallée  faisant  suite  an  col  de  Rab-Rmila,  et 
immédiatement  au  nord  de  la  petite  cuvette  gazonnée,  nous  avons 
trouvé,  le  22  mars,  plusieurs  colonies  de  T.  Hercideana,  les  chenilles 
étant,  les  unes  dans  l'avant-dernier  stade,  les  autres  dans  le  stade 
précédent;  ici,  la  chenille  vit  sur  le  Cistus  salviaefolius  et,  contrai- 
rement à  ce  qui  se  passe  dans  la  plaine,  où  les  chenilles  errent  sur 
le  sol  et  les  plantes  très  basses,  elles  étaient  toutes  groupées  sur 
les  buissons  du  ciste.  Bab-Rmila  est  à  environ  950  mètres 
d'altitude,  ce  qui  explique  le  fait  que  les  chenilles  étaient  moins 
avancées  que  celles  du  plateau  de  Dkrissa. 

Je  relève  encore  la  note  suivante,  datée  du  16  mars  192 1  : 

Les  chenilles  d^Hcrcideana  sont  moins  nombreuses  sur  le  plateau 
des  Dkrissa  ;  presque  toutes  ont  atteint  le  dernier  stade  et  beaucoup 
ont  dû  déjà  s'enterrer.  Dans  le  dernier  stade,  elles  se  séparent  ; 
on  ne  les  rencontre  plus  par  groupes,  mais  par  exemplaires  isolés; 


200  LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 

pour  cette  raison,  et  aussi  à  cause  de  la  couleur,  maintenant  jaune 
canari,  de  la  plupart  de  leurs  poils,  qui  se  confond  bien  avec  la 
couleur  verte  et  vert  jaunâtre  des  plantes  tapissant  le  sol,  elles 
sont  moins  faciles  à  voir  que  lorsqu'elles  étaient  plus  jeunes,  avec 
les  poils  blancs  et  vivant  en  colonies.  Nous  avons  récolté  un  certain 
nombre  de  chenilles,  le  19  mars,  en  repassant  sur  le  plateau;  elles 
étaient  alors  très  grosses.  La  plante  que  semble  préférer  la  chenille 
âiHerculeana  dans  la  plaine  est  XErodïiim  moschalum,  L'Héritier.  » 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  201 


LIPARIDAE 


Orgyia  Splendida,  Rambur,  var.  aurea,  Obthr.  (PI.  DXXXIV: 
Cfcf,  fig.  4443.  4444). 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Djebel-Hebbri,  en  août  1920. 

Tanger  (Vaucher-R.  Oberthùr). 

La  race  de  Tanger  est  figurée  sous  le  n°  3564  de  la  PI.  CDXIX, 
dans  le  Volume  XIII  des  Etudes  de  Lépidopiérologie  comparée. 
Cette  race  diffère  beaucoup  de  celle  du  Moyen- Atlas  qui  est  une 
superbe  forme,  très  grande,  d'un  beau  jaune  d'or,  avec  les  dessins 
noirs  très  vifs,  bien  marqués  et  généralement  peu  épais. 

Je  désigne  la  forme  du  Moyen-Atlas  avec  le  nom  d'aurea. 

La  race  de  Lambèse  (Fig.  n°  3558,  PI.  CDXIX;  Vol.  XIII, 
Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée)  ressemble  à  aurea;  mais 
elle  est  plus  petite  et  les  parties  noires  y  sont  plus  épaisses. 

Le  cf  de  Splendida-aurea  était  abondant  en  juillet  1920,  sur  le 
plateau  élevé  autour  du  Djebel-Hebbri.  Il  voltigeait  très  rapi- 
dement, particulièrement  l'après-midi,  à  l'ardeur  du  soleil.  Quelques 
exemplaires  fraîchement  éclos  ont  été  trouvés  posés  sur  des 
buissons  de  Genista  cincrea. 

En  avril  1921,  la  chenille  a  été  trouvée  dans  le  Zehroun,  vivant 
sur  diverses  plantes  basses,  mais  particulièrement  sur  un  rumex. 

Harold  Powell  donne  les  renseignements  suivants  sur  les 
circonstances  dans  lesquelles  il  a  observé  VOrgyia  splendida,  au 
Maroc.  C'est  lui  qui  parle  : 


202  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 

«  Le  5  juillet  1920,  en  revenant  de  Bou-Anguer  avec  le  général 
anglais  Sir  Scfton  Brancker  et  les  capitaines  Gibrat  et  Guillaume, 
nous  nous  sommes  arrêtés,  vers  16  h.  30,  au  pied  d'une  colline 
\'olcanique  couronnée  de  cèdres,  entre  le  Djebel-Hebbri  et  l'entrée 
de  la  forêt  d'Azrou.  La  végétation  recouvrant  la  pente,  entre  la 
route  et  la  couronne  de  cèdres,  était  assez  épaisse;  il  y  avait  de 
belles  touffes  de  Graminées  par  places,  beaucoup  de  petits  buissons 
de  Genista  cincrea,  D.  G.,  et  d'un  autre  genêt  voisin  qui  n'est,  peut- 
être,  qu'une  forme  de  cïnerca  ;  les  touffes  d^Helianthemum  croceitm 
abondaient  et  on  remarquait,  par  ci,  par  là,  des  touffes  de  la  jolie 
immorlrlle,  U  eliclir  ysnui  lacteurn  Cosson,  clos  Linaires,  le 
Dclphïmiim  Iv.ûteraium  D.  C,  etc.  Les  cfcf  d'une  très  belle  forme 
d'Orgyia  Siplendida  éclosaient  et  on  a  recueilli  quelques  cTcf  sur 
les  touffes,  où  ils  terminaient  de  sécher  leurs  ailes;  d'autres 
l)assaient  rapidement,  avec  le  vol  ondulant  et  vif  commun  aux 
Oïgyia. 

Nous  n'avons  pu  séjourner  qu'ime  vingtaine  de  minutes  dans 
cette  localité  qui  paraît  riche  ;  il  a  fallu  revenir  à  l'auto  et  repartir 
pour  Axron,  afin  de  sortir  de  la  zone  d'insécurité  avant  la  rentrée 
des  soldats  et  des  Mokhaznis  occupant  les  postes  diurnes  de 
protection. 

Le  10  juillet  1920,  sur  les  plateaux  élevés  aux  environs  du  mont 
Ichou-Harrok,  qui  n'est  pas  loin  de  la  localité  indiquée  ci-dessus, 
j'ai  remarque  beaucoup  de  chenilles  de  XOrgy'ut  Splendida  sur  les 
genêts  bas;  elles  paraissent  avoir  une  préférence  pour  le  G.  cinerea, 
auquel  les  Berbères  de  la  région  donnent  le  nom  de  lfsï\  il  est 
vrai  qu'ils  confondent  avec  cette  Espèce  un  autre  petit  genêt 
à  tiges  foncées  dont  la  floraison  est  maintenant  terminée.  J'ai 
recueilli  un  certain  nombre  de  chenilles;  l'après-midi,  les  cTcf  de 
\Orgyia  volaient  assez  communément. 

Le  16  juillet,  étant  à  la  même  localité  d'Irhou-IIarrok,  à  environ 
1.900  mètres  d'altitude,  j'ai  noté  ce  qui  suit  : 

Les  buissons  des  deux  Espèces  de  genêt,  communes  sur  les 
plateaux  de  la  région,  nourrissent  encore  de  nombreuses  chenilles 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  203 

de  VOrgyia  Splendida.  Il  a  été  observé  que  le  papillon  cf  vole 
un  peu  le  matin,  mais  que  c'est  à  partir  de  16  heures  que  son 
activité  augmente;  il  tourbillonne  au-dessus  de  la  plaine,  se  pose 
sur  les  genêts  et  fouille  sur  le  sol  en  dessous  des  buissons,  à  la 
recherche  du  cocon  de  la  Q  ;  on  voit  souvent  plusieurs  cTcT 
ensemble,  attirés  par  un  cocon   Q.  » 

Sur  les  Hauts-Plateaux  Oranais,  la  chenille  de  VOrgyia  Diibia, 
qui  est  certainement  très  voisine  de  Splendida^  montre  une  préfé- 
rence pour  les  Helianthèmes. 

La  plaine  au  pied  du  Djebel-Hebbri,  où  je  me  suis  rendu 
également  le  16  juillet,  est  aussi  une  bonne  localité  pour  cette  belle 
forme  à'Orgyia  Splendida. 

Des  chenilles  recueillies  à  Ichou-Harrok,  j'ai  obtenu  quelques 
éclosions  cf  et  Ç)  en  juillet.  Naturellement,  la  Q  ne  quitte  jamais 
son  cocon. 

Quelques  chenilles  à  livrée  terne  ont  été  trouvées  sur  Helian- 
themiun,  le  18  juillet  1921,  au  Djebel-Tisdadine  (2.400  mètres). 

Au  printemps  de  192 1,  la  chenille  de  XOrgyia  Diibïa  était  très 
abondante  sur  les  pentes  méridionales  du  Zehroun,  aux  environs 
de  Mrassine,  où  sa  plante  nourricière  préférée  est  le  Runicx 
bncephalo.phonts  L.  Sa  livrée  y  est  relativement  sombre.  Avant 
leclosion  des  chenilles,  nous  avions  bien  souvent  trouvé  des 
cocons  Q  contenant  des  œufs  ayant  hiverné  ou  des  cocons  cf 
contenant  la  chrysalide  vide,  sous  les  pierres.  C'était  en  février 
et  mars. 

Le  cocon  est  brunâtre.  Un  cocon  récolté  le  30  mars  contenait 
des  chenilles  fraîchement  écloses,  des  œufs  vides  et  d'autres  sur 
le  point  d'éclore,  le  tout  mélangé  avec  le  duvet  provenant  de 
l'abdomen  de  la  Q,  dont  le  cocon  est  rempli;  on  avait  trouvé, 
précédemment,  des  cocons  renfermant  des  œufs  parasités,  dont  le 
parasite  —  un  Hyménoptère,  sans  doute  —  était  déjà  sorti. 

Quatre  petites  chenilles,  à  la  fin  du  deuxième  stade,  ont  été 
recueillies  le  19  avril  1921,  sous  une  pierre;  elles  attendaient  la 
mue  et,  en  effet,  elles  ont  changé  de  peau  le  lendemain. 


204  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 

Au  commencement  de  mai,  les  chenilles  sont  devenues  extrê- 
mement abondantes;  on  les  prenait  le  jour,  au  repos  sur  diverses 
plantes  basses,  et  surtout  sur  la  petite  oseille,  qui  n'est  pas  leur 
nourriture  exclusive,  mais  qu'elles  semblent  préférer  à  toute  autre 
plante;  ce  sont  surtout  les  boutons  et  les  fleurs  qu'elles  mangent. 
A  l'époque  à  laquelle  j'ai  quitté  Mrassine  (17  mai  1921),  beaucoup 
de  chenilles  se  trouvaient  déjà  à  la  fin  du  dernier  stade.  J'ai 
emporté  avec  moi  un  bon  nombre  de  chenilles  dont  plusieurs  se 
sont  chrysalidées  dans  la  dernière  quinzaine  de  mai,  à  Meknès; 
les  autres  ont  péri  pendant  le  voyage  que  j'ai  fait  en  forêt  de 
Mamora. 

Il  y  a  eu  quelques  éclosions  vers  le  ig  juin. 

Le  Zehroun  est  une  région  beaucoup  moins  élevée  (Mrassine  est 
à  800  mètres  environ)  et  plus  chaude  que  celle  où  vit  VOrgyia 
Splendula-aurea  capturée  en  juillet  de  l'année  précédente. 

Les  cfcf  du  Zehroun  sont  de  petite  taille,  très  différents  d'aspect 
de  ceux  du  Djebel-Hebbri,  parce  qu'ils  sont  plus  chargés  de  noir. 
La  figure  n"  3562  de  la  PI.  CDXIX,  dans  le  Volume  XIII  des 
Etudes  de  Lépidoptérologïe  comparée,  ressemble  beaucoup  à  l'un 
des  cfcf  du  Zehroun.  Cette  figure  3562  représente  un  cf  de  Sebdou. 
L'Espèce  est  d'ailleurs  un  peu  variable. 


Orgyia  anceps,  Obthr. 

Tanger  (Vaucher-R.  Oberthùr). 

Figurée  sous  les  n°'  3584  et  3585  de  la  PI.  CDXX,  dans  le 
Volume  XIII  des  Etudes  de  Lépidoptérologïe  comparée. 


Ocneiia  rubea,  Fabr. 

Deux  Q  Q  ont  été  prises  dans  la  région  des  Zemmours,  à  la  fin 
de  mai  1921.  Une  autre  Q  a  été  attirée  par  la  lumière,  dans  la 
nuit  du  31  mai  au  i"  juin  192 1,  aux  gorges  de  Khaloua  (Oued 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  205 

Bou-Regreg).  Une  autre  Q  a  été  capturée  le  lendemain,  soir 
également  à  la  lumière,  dans  la  vallée  dénommée  Chabat-el- 
Hamma.  Ces  deux  localités,  assez  rapprochées  l'une  de  l'autre,  se 
trouvent  dans  la  région  des  Zemmours,  à  environ  16  kilomètres 
au  sud-ouest  de  Tiflet.  Les  lentisques,  les  Rhiis  Oxyacantha,  les 
oliviers  sauvages  et  les  Vitex  agnus-castus  sont  les  principaux 
arbrisseaux  de  ces  localités. 


Euproctis  chrysorrhaea,  Linné. 

Tanger  (Vaucher). 

Azrou,  dans  la  première  quinzaine  de  juillet  1921. 


Stilpnotia  salicis,  Linné. 

Les  cocons  de  StiJpnotia  salhï^  étaient  abondants  sur  les 
osiers  au  bord  de  l'Oued  Guigou,  au  pied  de  la  falaise  calcaire 
de  Timhadit,  vers  le  milieu  de  juillet  1921;  mais  les  chrysalides, 
retenues  entre  les  feuilles  par  le  léger  cocon  de  soie  blanchâtre, 
étaient  vides  ou  mortes,  l'époque  de  l'éclosion  du  papillon  étant 
passée.  Nous  n'avons  jamais  vu  l'miago  de  Timhadit.  Sur  le 
dessous  d'une  feuille  d'osier,  il  a  été  trouvé,  à  la  même  époque, 
une  centaine  de  petites  chenilles  Lymantriides  qui  venaient 
d'éclore  de  l'œuf;  il  n'a  pas  été  possible  de  les  élever,  H.  Powell 
étant  sur  le  point  de  quitter  le  Maroc. 


Lymantria  atlantica,  Rambur. 

Tanger  (Vaucher). 

2  cfcf  superbes  sont  éclos  à  Rennes,  en  avril  192 1,  de  chrysalides 
envoyées  par  H.  Pov/ell. 

D'autres  exemplaires  (cf  et  q)  ont  été  pris  dans  la  région  des 
Zemmours,  à  la  fin  de  mai  et  au  commencement  de  juin  1921. 


206  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

lîarold  Powcll  a  fait,  quant  aux  chenilles  et  chrysalides  de 
Lymantria  atlan/ica,  les  observations  suivantes  : 

«  Deux  chenilles  trouvées  sous  des  pierres  recouvertes  par  un 
buisson  bas  de  Pïstacïa  Lentïsais  ;  elles  avaient  déjà  formé  leur 
cocon  rùdimentaire  et  se  préparaient  à  se  chrysalider  (22  février 
1921).  Les  chrysalides  se  sont  formées  à  la  fin  du  mois  et  au 
commencement  de  mars,  respectivement.  Les  chrysalides,  d'un 
rouge  acajou,  sont  partiellement  recouvertes  de  longs  poils  enve- 
loppants, d'un  brun  clair  doré.  Ces  poils  poussent  sur  la  tête,  entre 
les  pattes  et  sur  le  dorsum  et  le  ventre;  ils  ne  croissent  ni  sur  les 
gaines  des  antennes,  ni  sur  les  ptérothèqucs,  mais  ces  gaines  sont 
plus  ou  moins  enveloppées  par  les  poils  implantés  sur  les  plaques 
chitineuses  du  dorsum,  etc. 

Une  chenille  de  L.  atlantïca,  dernier  stade,  a  été  trouvée  sous 
un  buisson  de  Lentisque,  à  Mrassine,  le  5  mai  1921.  » 


Albarracina  Warionis,  Obthr.  (PI.  DXXXIV  ;  cfcf,  ûg.  4445, 
4446;   g,  fig  4447). 

Harold  Powell  a  obtenu  l'Espèce  de  deux  localités  différentes; 
d'abord,  il  a  capturé  un  cf  à.  Aghbalou-Larbi,  par  2.200  mètres 
d'altitude,  en  août  1920;  puis  4  cfcT  et  2  Q  Q  ont  été  obtenus  de 
chenilles  trouvées  à  l'Oued-Djdida,  en  mai  192 1,  par  une  altitude 
de  500  mètres  environ. 

Les  i)aiHllons  d'Aghbalou-Larbi  et  de  l'Oued-Djdida  ne 
paraissent  pas  tout  à  fait  semblables  entre  eux.  Chez  le  cf  de  la 
haute  montagne,  les  dessins  des  ailes  supérieures  sont  bien  mieux 
indiqués  et  les  ailes  inférieures  sont  d'un  blanc  presque  pur; 
tandis  que  chez  les  cTcf  de  l'Oued-Djdida,  sur  le  dessus  des  ailes 
supérieures,  les  dessins  noirs  sont  moins  marqués  et  les  ailes  infé- 
rieures, au  lieu  d'être  blanches,  sont  d'un  gris  brunâtre  plus  ou 
moins  foncé. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  20/ 

Les  Q  Q  Warionis,  d'Oran,  initialement  décrites  et  figurées 
dans  les  Etudes  d'Entomologie,  Vol.  VI,  PI.  II,  fig.  6,  et  p.  75  et  76, 
ont  le  ground  coloiir  plus  brun  et  moins  gris  que  les  exemplaires 
marocains.  Les  Q  Q  d'Oran  diffèrent  plus  des  exemplaires 
marocains  que  n'en  diffèrent  les  échantillons  de  Syrie  et  de 
Palestine. 

M.  Ch.  Alluaud  a  capturé  à  la  lumière,  en  juin  1921,  une  Q 
de  couleur  grise  foncée  et  de  plus  grande  taille  qui  appartient  à 
une  forme  spéciale  que  j'appelle  Schindlerae. 

Harold  Powell  m'a  remis  une  notice  où  il  relate  les  circonstances 
dans  lesquelles  X Albarracina  Warionis  a  été  retrouvée  au  Maroc, 
en  même  temps  qu'il  fournit  sur  la  biologie  de  l'Espèce  les  inté- 
ressants renseignements  qui  sont  reproduits  comme  suit  : 

«  C'est  le  12  août  1920  que  je  suis  retourné  à  Aghbalou-Larbi, 
cette  fois  pour  y  faire  un  séjour  plus  prolongé.  Après  une  visite 
du  poste  en  construction  et  après  le  déjeuner,  auquel  les  officiers 
du  poste  et  du  groupe  mobile  m'avaient  très  aimablement  invité, 
je  suis  allé  faire  une  exploration  du  chaînon  calcaire  sur  lequel  est 
établi  le  camp  de  la  colonne.  Dépassant  le  mur  de  pierres  qui 
entoure  le  camp,  je  suis  monté  vers  le  sud-ouest,  à  travers  la 
pente  pierreuse  recouverte  de  buissons  d'Erinacea  fungens,  de 
Bupleiinun  spinosiuti,  Genïsta  pseudopilosa,  T kymelaea  virgata, 
var.  (?),  Teucriurn  chamaedrys  et  de  touffes  serrées  et  basses  d'une 
Graminée  coriace,  à  feuilles  filiformes. 

C'est  sur  ce  terrain  que  j'avais  vu  et  pris,  pour  la  première  fois, 
le  Satynis  Atlantis,  le  T""  juillet.  Aujourd'hui,  Satyrus  Actaea  y 
volait  assez  communément.  Par  places,  sur  ces  collines,  le 
BiipleuniDi  inontanum,  qui  fleurit  actuellement,  fait  de  grandes 
taches  jaunes;  en  haut,  vers  la  crête  rocheuse,  croissent  quelques 
Juniperus  thurifera  et  quelques  buissons  de  XEphedra  nebrodensis. 
Examinant  les  buissons  d'Ephedra,  j'ai  bientôt  trouvé  quelques 
pontes  d'oeufs  qui  m'étaient  inconnues.  Les  œufs,  disposés  en 
bague,  plus  ou  moins  complète,  autour  des  rameaux  terminaux 


208  LÈPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

verts,  sont  presque  cachés  par  des  poils  et  écailles  d'un  blanc 
grisâtre  dont  la  g  recouvre  la  ponte  et  qu'elle  doit  détacher  de  son 
abdomen.  Ces  pontes  ont  été  trouvées  sur  des  buissons  au  nord  de 
la  crête;  en  cherchant  d'autres  pontes,  j'ai  découvert  un  cf 
d'Albarracina  Warionis  au  repos  sur  un  tronc  d'Ephedra,  les  ailes 
en  toit  et  les  pattes  antérieures  étendues  en  avant,  comme  cela  se 
voit  chez  les  cTcf  d'Orgyia  et  chez  la  plupart  des  Lymantriides. 

Je  n'ai  quitté  la  région  d'Aghbalou-Larbi  que  le  i8  août  et, 
plusieurs  fois,  pendant  mon  séjour,  j'ai  examiné  les  buissons  serrés 
de  VEphedra;  ces  buissons  hébergent  beaucoup  d'insectes;  j'y  ai 
trouvé  des  groupes  de  Coccinelles,  des  Microlépidoptères,  des 
Géometrides  et  des  Noctuides,  les  Lépidoptères  venant  souvent 
s'abriter,  pour  la  journée,  dans  les  touffes.  Mais  je  n'ai  plus 
retrouvé  de  pontes  et  le  cf  de  A.  Warionis  pris,  le  12  août,  reste 
le  seul  exemplaire  observé  en  liberté.  Les  œufs  que  j'étais  persuadé 
être  ceux  d'A.  Wariortis,  ont  donné  leurs  chenilles  entre  le  22  août 
et  la  fin  de  ce  mois,  une  première  éclosion  de  chenilles  ayant  eu 
lieu  les  22-25  août. 

Si  on  se  trouvait  dans  une  région  où  croît  V Ephedni,  l'éducation 
de  la  chenille  serait  une  chose  bien  facile;  la  plante  se  conserve 
bien,  les  tiges  coupées  étant  plongées  dans  l'eau,  et  les  chenilles 
paraissent  vigoureuses  et  peu  sujettes  aux  maladies.  Malheureu- 
sement, malgré  mes  recherches  et  celles  des  forestiers,  qui  ont  bien 
voulu  s'intéresser  à  ce  sujet,  nous  n'avons  pu  trouver  VEphedra 
dans  la  contrée  autour  d'Azrou. 

Les  petites  chenilles  étaient  menacées  de  mourir  de  faim. 

Mis  au  courant  de  cette  regrettable  situation,  M.  le  Lieutenant 
Jaulin  du  Scutre,  Chef  du  Poste  des  Renseignements  de  Timhadit, 
s'est  empressé  de  me  faire  parvenir  une  provision  fraîche  de  la 
plante,  dont  je  lui  avais  signalé  une  station  dans  la  gorge  du 
Guenfou,  non  loin  de  la  Kasba  du  Caïd  Mimoun.  Grâce  à  l'ama- 
bilité du  Lieutenant  du  Seutre,  qui  s'intéressait  vivement  au  sort 
de  ces  rares  chenilles,  et  aussi  à  celle  du  Caïd  Mimoun  qui  se 
chargea  de  faire  cueillir  la  plante  et  de  l'envoyer  à  Timhadit,  j'ai 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  2O9 


pu  recevoir,  environ  tous  les  huit  ou  dix  jours,  de  VEphedra  frais. 
Cela  allait  très  bien  tant  que  j  étais  à  Azrou,  mais,  lorsque  je  me 
suis  rendu,  au  commencement  de  novembre,  dans  le  Zehroun,  à 
Beni-Amar,  la  chose  se  compliquait.  M.  du  Seutre  continuait  à  me 
faire  des  envois  de  la  plante  par  la  poste  ;  mais  les  délais  en  cours 
de  route  étaient  inévitablem^ent  plus  grands.  Les  paquets  passaient 
par  Azrou,  Meknès  et  Moulay-Idriss,  où  je  les  faisais  prendre  par 
des  Marocains  se  rendant,  pour  affaires,  de  Beni-Amar  à  Moulay- 
Idriss,  distant  de  12  kil.  500.  Malgré  toutes  les  précautions  prises, 
la  plante  arrivait  généralement  assez  desséchée;  cependant,  j'ai 
toujours  pu  faire  revivre  quelques  brins,  suffisants  pour  les  besoins 
des  chenilles,  qui  ne  mangent  que  peu  pendant  l'hiver  (=^). 

Vers  la  fin  de  décembre,  les  communications  avec  Timhadit 
sont  devenues  plus  difficiles  et  plus  rares;  les  dissidents  étaient 
venus  s'installer  au  Djebel-Hebbri  et  la  grande  route  se  trouvait 
coupée;  il  fallait  aux  convois  faire  un  long  détour  à  l'est  et  passer 
par  le  Tizi-N'Trettene;  de  plus,  la  couche  de  neige  recouvrant  les 
montagnes  et  la  plaine  élevée  était  très  épaisse.  Enfin,  le 
Lieutenant  du  Seutre,  ayant  été  nommé  premier  adjoint  au 
Bureau  de  Meknès-Banlieue,  a  quitté  Timhadit  vers  le  18  janvier 
pour  rejoindre  son  nouveau  poste  à  Meknès  ;  il  n'a  pas  manqué 
d'apporter  avec  lui  de  YEphedra,  dernière  provision  de  cette 
plante  que  j'ai  reçue.  Déjà,  beaucoup  de  chenilles  avaient  péri; 
il  ne  m'en  restait  plus  que  cinq,  le  15  janvier  1921,  et  celles-ci 
avaient  cessé  de  manger.  Avant  mon  départ  de  Beni-Amar,  le 
8  février,  pour  me  rendre  à  Mrassine,  la  dernière  chenille  était 
morte.  Malgré  toutes  mes  recherches  dans  les  vallées  et  sur  les 
crêtes  du  Zehroun,  je  n'ai  pas  pu  trouver  de  VEphedra  dans  ce 
massif. 

La  croissance  des  chenilles  a  été  rapide  pendant  les  deux 
premiers  mois,  mais  certains  individus  prenaient  beaucoup 
d'avance  sur  d'autres;  la  chenille  la  plus  avancée,  née  entre  le  22 

(*)  Je  suppose  même,  qu'à  Aghbalou  I.arbi,  qui  est  souvent  sous  la  neige  en 
hiver,   leur  activité   doit  être   complètement   suspendue. 

14 


210  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

et  le  25  août,  a  atteint  le  troisième  stade  le  12  septembre;  une 
autre  est  entrée  dans  ce  stade  le  16  septembre;  la  première  chenille 
a  mué  pour  la  troisième  fois  le  28  septembre,  et,  vers  le  20  octobre, 
elle  était  déjà  dans  le  sixième  stade,  d'autres  n'avaient  pas  encore 
dépassé  le  quatrième  stade  à  cette  époque.  Je  ne  crois  pas  que, 
dans  la  libre  Nature,  le  progrès  soit  si  rapide;  les  chenilles  doivent 
passer  l'hiver  dans  le  quatrième  stade,  ou  même  le  troisième,  et 
elles  ne  doivent  atteindre  le  sixième  stade  qu'au  printemps,  ce 
qui  semble  être  indiqué  par  le  fait  qu'à  la  mi-mai  1921  j'ai  trouvé 
quelques  chenilles  à  Oued-Djdida,  encore  dans  le  sixième  stade, 
et  Oued-Djdida,  situé  à  environ  500  mètres  d'altitude,  est  une 
localité  bien  plus  chaude  qu'Aghbalou-Larbi  (2.200  mètres),  oii 
j'avais  trouvé  les  pontes. 

Les  jeunes  chenilles  rongent  le  derme  des  tiges  vertes  de 
\Ephedra\  plus  grandes,  elles  mettent  à  nu  la  tige,  par  place,  et 
la  rongent  même,  coupant  parfois  les  branches  grêles. 

Donc,  toutes  mes  chenilles  étant  mortes,  en  février,  j'avais  perdu 
tout  espoir  de  pouvoir  élever  l'Espèce  et  je  n'avais  même  pas  la 
certitude  que  les  chenilles,  amenées  jusqu'au  sixième  stade,  étaient 
véritablement  des  Albarracïna  Warïonis. 

Une  circonstance  heureuse  m'a  permis,  cependant,  de  me  rendre 
compte  du  bien-fondé  des  mes  suppositions  et  de  suivre  la 
chenille  jusqu'au  bout.  Le  19  mai  1921,  m'étant  rendu,  avec 
M.  E.  Jahandiez,  à  l'Oued-Djdida,  station  a  21  kilomètres  de 
Meknès,  sur  la  ligne  de  Fès,  nous  avons  trouvé  des  touffes  de 
XEphedra  fragilis  Desf.,  croissant  sur  la  face  des  falaises  de  tuf 
en  bordure  de  la  petite  rivière.  Sur  une  des  touffes,  j'ai  eu  le  plaisir 
de  découvrir  une  colonie  de  chenilles.  Tout  d'abord,  je  ne  les  ai 
pas  reconnues  parce  que,  pour  la  majorité,  elles  se  trouvaient  dans 
le  septième  (dernier)  stade  et  leur  apparence  était  bien  différente 
de  celle  de  la  chenille  dans  le  sixième  stade  que  je  connaissais 
déjà,  cela  à  cause,  surtout,  des  coussinets  jaunes  sur  les  flancs, 
qui  ne  se  développent  qu'à  la  sixième  mue.  Mais,  avec  ces  chenilles 
plus  avancées,  j'ai  trouvé  d'autres,  encore  dans  le  sixième  stade, 
absolument  pareilles  à  celles  qui  ont  péri  à  Beni-Amar. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  211 

Les  chenilles  étaient  dispersées  sur  la  touffe,  qui  pendait  en 
festons  sur  le  rocher  ;  les  unes  se  tenaient  sur  les  grosses  branches, 
les  autres  étaient  sur  les  troncs  tourmentés,  près  de  la  crevasse 
d'où  ils  sortaient.  Plusieurs  d'entre  elles  attendaient  la  sixième  mue 
et  j'ai  trouvé  de  nombreuses  peaux  vides. 

Les  chenilles  étaient  au  repos  et  leur  activité  doit  être  nocturne. 
J'ai  pu  en  recueillir  une  quarantaine;  malheureusement,  peu  de 
chenilles  ont  réussi  à  se  chrysalider,  toutes,  sauf  les  plus  avancées, 
ayant  souffert  de  privations  pendant  le  voyage  que  j'ai  fait  ensuite 
dans  la  région  de  Tifiet  et  à  travers  la  forêt  de  Mamora. 

Plusieurs  chenilles  étant  parasitées  par  un  Diptère  ont  succombé 
dans  le  cocon,  avant  la  chrysalidation,  et  à  leur  place  on  trouvait 
les  puparia,  d'un  brun  acajou  clair;  les  mouches  parasites  sont 
écloses  au  mois  de  juillet.  La  formation  des  cocons  et  la  chrysali- 
dation ont  eu  lieu  entre  le  25  mai  et  le  11  juin,  sauf  pour  une 
dizaine  de  chenilles  retardataires  que  j'ai  trouvées  encore  vivantes, 
le  1 1  juin,  à  mon  retour.  Les  éclosions  du  papillon  se  sont  pro- 
duites toujours  vers  la  fin  de  l'après-midi,  et  les  dates  sont  les 
suivantes  : 

30  juin  1921,  I  cf  ;  i"  juillet  1921,  i  cf  et  i  Ç  ;  4  juillet  1921, 
I  cf;  9  juillet  192 1,  i   Q  ;  16  juillet  192 1,  i  cf. 

Etant  retourné  à  Oued-DjdiSa,  le  15  juin,  j'ai  trouvé  encore 
une  quinzaine  de  chenilles  sur  la  même  touffe  à^Ephedra  fragilis, 
mais  elles  souffraient,  presque  toutes,  d'une  maladie  qui  les  rendait 
flasques,  et  plusieurs  étaient  déjà  mortes,  remplies  d'un  liquide 
jaunâtre,  sale.  J'ai  cependant  rapporté  six  chenilles  assez  saines. 
Je  n'ai  pas  trouvé  de  cocons  au  pied  de  la  touffe,  ni  dans  les  anf  rac- 
tuosités  du  rocher  dans  le  voisinage  de  la  touffe. 

UEphedra  fragilis  croît  sur  les  falaises  bordant  le  Bou-Regreg 
à  Rabat,  et  sur  le  mur  entourant  un  jardin  occupant  une  profonde 
excavation,  à  côté  de  la  Tour-Hassan  ;  je  n'y  ai  pas  vu  des  chenilles 
de  Warionis  à  la  fin  de  mai  1921,  mais  ces  touffes  sont  d'un  accès 
très  difficile,  ce  qui  a  rendu  les  recherches  incomplètes.  J'ai 
remarqué  des  stations   de  VE.   nebrodensis  dans  la  gorge   du 


212  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Guenfou,  près  de  Timhadit,  ainsi  que  sur  le  Djebel-Tisdadine  et 
autour  du  fort  de  Foum-Kheneg.  La  plante  paraissait  rare  sur  le 
Djebel-Hayanc.  Dans  un  des  lots  de  cette  plante  que  le  Lieutenant 
du  Seutre  m'a  envoyé  du  Guenfou,  j'ai  trouvé  une  petite  chenille 
(quatrième  stade)  de  Wûrionis. 

Les  notes  suivantes  concernant  la  chenille  ne  sont  pas  complètes, 
car  le  temps  nécessaire  pour  faire  une  description  détaillée  de 
chaque  stade  me  manquait  souvent,  à  cause  des  nombreux  autres 
travaux  entomologiques  dont  j'avais  à  m'occuper;  en  ce  qui 
concerne  les  premiers  stades  elles  sont  surtout  maigres.  Les 
aquarelles  reproduites  sur  la  Planche  DXLI  feront  connaître  la 
chenille  dans  le  premier  stade,  ainsi  que  dans  les  sixième  et 
septième  stades. 

z^'  stade.  —  Longueur  de  la  chenille  à  la  fin  du  stade  :  0.0038; 
largeur  de  la  tête  :  0.00053. 

La  ligne  médiodorsale  est  large,  blanche;  elle  est  enfumée  de 
noirâtre  sur  le  premier  segment  abdominal  et  elle  est  remplacée 
par  une  tache  jaune  sur  les  segments  six  et  sept  de  l'abdomen; 
l'organe  orangé  qui  se  trouve,  plus  tard,  sur  le  centre  dorsal  de 
chacun  de  ces  deux  segments,  ne  se  distingue  pas  bien  encore. 
Ligne  latérale  (comprenant  la  région  stigmatale  et  le  flange)  d'un 
jaune  orangé.  Surface  ventrale  blanchâtre.  La  tête  est  noire. 

2^  stade.  —  Longueur  à  la  fin  du  stade  :  de  0.0045  ''^  0.006. 

L'organe  Lymantriide  est  distinctement  visible  sur  le  septième 
segment  abdominal,  mais  non  pas  sur  le  sixième  segment  abdo- 
minal. 

^^  stade.  —  Longueur  à  la  fin  du  stade,  la  chenille  étant  au 
repos  :  de  0.0065  ^  0.008. 

La  surface  tête  est  unie;  sa  couleur  est  d'un  brun  clair  un  peu 
jaunâtre;  chaque  lobe  porte  une  grande  tache  d'un  brun  foncé 
occupant  la  plus  grande  partie  de  sa  superficie  ;  la  bouche  est  noire, 
l'épistome  blanchâtre,  ainsi  que  les  antennes  ;  les  poils  portés  sur 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  21 3 

la  face  sont  fins,  relativement  courts;  au  repos,  la  tête  est  presque 
cachée  par  les  poils  des  grandes  verrues  prothoraciques. 

^^  stade.  —  Longueur  de  la  chenille  à  la  fin  du  quatrième  stade  : 
o.oog  à  o.oio;  largeur  de  la  tête  du  quatrième  stade  :  0.0015. 

La  tête  est  arrondie,  aplatie  sur  la  face,  sans  projections  ni 
aspérités;  sa  surface  est  polie;  la  tête  porte  d'assez  nombreux  poils 
fins,  blanchâtres,  sur  la  face,  mais  en  arrière  du  sommet  des  lobes 
et  sur  les  côtés  il  n'y  a  pas  de  poils.  La  tête  est  noire,  d'un  noir 
un  peu  brunâtre;  une  éclaircie  d'un  jaune  rembruni  borde  le  triangle 
frontal  (qui  est  brun  foncé)  et  s'étend,  en  s'élargissant,  jusqu'aux 
antennes;  les  antennes  sont  d'un  blanc  jaunâtre;  l'épistome  est 
blanchâtre,  le  labrum  brun  noirâtre  L'épistome  est  sillonné  par 
d'assez  larges  vallons  disposés  verticalement  en  ligne;  il  paraît 
y  avoir  six  de  ces  dépressions.  La  partie  arrière  de  la  tête  est 
protégée  par  les  poils  naissant  sur  les  tubercules  du  segment 
prothoracique  et  dirigés  en  haut  et  en  avant.  Les  pattes  thoraciques, 
très  dévelopipées,  avec  article  terminal  très  atténué  à  l'extrémité 
libre,  sont  d'un  brun  assez  clair.  Les  pattes  abdominales  (une  paire 
sur  chacun  des  segments  abdominaux  3,  4,  5  et  6)  sont  de  dimen- 
sion uniforme,  longues  et  fluettes;  leur  couleur  est  jaunâtre  pâle; 
chacune  porte,  du  côté  extérieur,  une  plaque  allongée,  chitineuse, 
brune,  munie  de  quelques  poils  fins  blanchâtres.  Les  pattes  anales 
sont  semblables.  Le  coussinet  des  pattes  membraneuses  est  jaune, 
mi-cerclé  de  brun  ;  ce  demi-anneau  brun  porte  de  courts  poils 
noirâtres;  les  crochets  du  coussinet  sont  jaunâtres,  petits. 

La  surface  ventrale  est  d'un  gris  clair  un  peu  jaune,  se  fonçant 
vers  le  flange;  elle  est  faiblement  marbrée. 

Dorsum.  —  L'aire  médiodorsale  est  occupée  par  une  large  bande 
longitudinale  d'un  blanc  pur,  moins  large  sur  le  segment  protho- 
racique, très  large  sur  les  deux  segments  suivants  et  sur  les 
premiers  de  l'abdomen,  mais  diminuant  progressivement  de 
largeur  jusqu'au  huitième  segment  abdominal,  où  la  bande  se 
trouve  légèrement  élargie  de  nouveau  ;  elle  se  termine,  très  rétrécie, 


214  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

sur  le  segment  suivant.  La  bande  blanche  est  interrompue,  au 
centre  du  premier  segment  abdominal,  par  les  deux  verrues  noires 
portant,  maintenant,  chacune  une  touffe  serrée  de  poils  noirs 
extrêmement  fins  et  quelques  poils  plus  longs,  blancs  et  plumcux, 
à  l'avant  et  à  l'arrière  des  verrues,  ainsi  que  des  poils  analogues, 
mais  noirs,  sur  le  bord  extérieur.  Au  milieu  de  la  ligne  blanche 
dorsale,  sur  chaque  segment,  sauf  le  segment  prothoracique,  le 
premier  abdominal  (dont  le  centre  est  occupé  par  les  touffes 
noires),  le  sixième  et  le  septième  abdominaux  (dont  le  centre  est 
occupé  par  les  deux  excroissances  jaunes)  et  le  huitième  abdominal 
se  trouve  placée  une  dépression  de  la  peau 

Le  flanc,  au-dessous  de  la  bande  médiane  blanche,  est  d'un  noir 
grisâtre  jusqu'à  la  ligne  orange  stigmatale.  Les  deux  grandes 
verrues,  par  segment,  comprises  dans  cette  bande  sombre,  sont  d'un 
noir  de  jais  ;  la  bande  noire  sous-médiane  est  quelque  peu  marbrée, 
surtout  dans  sa  moitié  inférieure,  par  des  lignes  fines  et  peu  nettes 
d'un  blanc  bleuté. 

La  bande  stigmatale  orange,  se  confondant  avec  le  flangc,  est 
large;  elle  renferme  un  petit  tubercule  orange  et  le  stigmate;  les 
stigmates,  d'une  forme  ovale  arrondie,  cerclés  de  noir,  sont  petits. 
L^n  trait  allongé,  fin,  noir,  divise  la  bande  stigmatale  longitudina- 
lement,  sur  chaque  segment  abdominal  ;  ce  trait  noir  s'élargit 
beaucoup  aux  incisions  intersegmentales.  La  bande  orange  ne 
dépasse  pas  le  huitième  segment  abdominal;  le  neuvième  abdo- 
minal et  le  dernier  segment  du  corps  sont  d'un  brun  gris  uniforme; 
leurs  verrues  sont  noires. 

La  plaque  chitineuse  du  segment  prothoracique  est  grande, 
large,  luisante,  d'un  noir  de  jais  ;  elle  est  traversée,  au  centre,  par 
la  prolongation  de  la  bande  médiane  blanche,  et  de  chaque  côté 
par  une  éclaircie  blanche;  sur  son  bord  antérieur,  se  trouvent  deux 
grandes  verrues  noires,  portant  de  nombreux  et  longs  poils  munis 
abondamment  de  cils  latéraux,  ce  qui  les  rend  plumeux.  Ces  poils 
sont  noirâtres;  ils  sont  dirigés  en  avant,  protégeant  ainsi  la  tête; 
parmi  eux  se  trouvent  des  poils  gris  et  d'autres  blancs,  généra- 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  215 

lement  plus  courts  que  les  autres;  les  poils  courts  ne  sont  pas 
plumeux  ;  quelques-uns  portent  des  épines  très  courtes,  d'autres 
paraissent  glabres;  tous  les  poils  sont  effilés  vers  l'extrémité.  Sur 
l'écusson,  derrière  les  grandes  verrues  noires  et  au  bord  de 
I  eclaircie  blanche  médiane,  se  trouve  de  chaque  côté  une  petite 
touffe  de  poils  plumeux  blancs. 

Plus  bas  que  l'écusson,  sur  le  bord  antérieur  du  segment  protho- 
racique,  est  placée  une  très  grande  verrue  de  couleur  orange, 
proéminente,  arrondie,  sur  base  jaune  orange;  cette  verrue  porte 
de  nombreux  poils  sur  sa  surface  supérieure,  poils,  d'ailleurs,  très 
variables,  les  uns  d'une  longueur  d'environ  i  mm.,  fins,  noirâtres 
et  très  plumeux,  les  autres  beaucoup  plus  courts,  à  peine  dentés 
et  plus  pâles  (grisâtres  ou  incolores)  ;  un  seul  poil  de  cette  verrue 
dépasse  de  beaucoup  tous  les  autres  ;  il  a  plus  de  deux  fois  la 
moyenne  de  la  longueur  des  poils  plumeux;  ce  poil  est  noir,  assez 
fort  dans  sa  moitié  inférieure,  très  fin  au  delà  ;  il  n'est  pas 
plumeux,  mais  un  peu  denté  dans  sa  partie  la  plus  forte;  il  est 
dirigé  en  avant.  Vers  la  base  de  la  grande  verrue  orange,  entre 
elle  et  le  centre  dorsal  et  un  peu  en  arrière,  se  trouve  une  petite 
verrue  noire  portant  cinq  poils  raides  relativement  courts;  égale- 
ment entre  la  verrue  orange  et  le  centre  dorsal,  mais  sur  le  bord 
antérieur  du  segment,  se  trouve  une  agglomération  de  petits  tuber- 
cules noirs  portant  des  poils  courts,  blancs,  ciliés;  bien  en  arrière 
de  la  verrue  noire,  vers  le  bord  externe  de  la  plaque  prothoracique, 
est  placée  une  petite  verrue  noire  ;  en  dessous  de  la  verrue  orange 
est  une  assez  grosse  verrue  noirâtre,  arrondie,  portant  des  poils 
blancs  et  gris  blancs,  ciliés;  cette  verrue  se  trouve  entre  le  flange 
et  la  base  de  la  patte. 

Premier  et  second  segments  thoraciqiies.  —  Cinq  verrues 
alignées  transversalement,  de  chaque  côté  du  centre  dorsal.  La 
première  est  petite,  grise,  située  à  la  limite  de  la  bande  centrale 
blanche  et  de  la  bande  noirâtre  sous-médiane  ;  elle  porte  quelques 
poils  ciliés,  noirâtres,  généralement  blancs  vers  la  base  et,  du  côté 


2l6  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

rapproché  du  centre  dorsal,  quelques  poils  blancs  non  ciliés  ou 
à  peine  ciliés,  plus  courts  que  les  noirs;  la  seconde  et  la  troisième 
verrue  sont  grosses  (moins  grosses,  cependant,  que  les  grandes 
verrues  du  segment  prothoracique)  ;  elles  sont  noires,  arrondies, 
et  elles  portent  des  poils  relativement  courts,  blanchâtres,  légère- 
ment spiculés,  et  d'autres  poils  longs  et  fins  longuement  ciliés  (les 
cils  sont  fins,  ondulés,  d'un  gris  clair).  Ces  deux  verrues  se  trouvent 
dans  la  bande  sombre,  l'une  plus  bas  placée  que  l'autre.  La 
quatrième  verrue  est  dans  la  bande  orange,  au  bord  du  flangc; 
sa  couleur  est  également  orangée;  sa  forme  est  ovale  arrondie; 
ses  poils  ressemblent  à  ceux  des  verrues  supérieures  ;  cependant, 
sur  le  côté  inférieur,  on  remarque  quelques  poils  blancs,  ciliés  et 
assez  longs.  La  cinquième  verrue  est  d'un  gris  noirâtre;  elle  est 
placée  entre  le  flange  et  la  base  de  la  patte,  sur  la  large  bande 
d'un  gris  brun,  en  bordure  de  la  surface  ventrale;  les  poils  de  cette 
verrue  sont  d'un  gris  blanchâtre  ou  blancs  ;  ils  ne  sont  pas  très 
longuement  ciliés  en  général,  et  les  poils  eux-mêmes  sont  plus 
courts  que  ceux  de  la  verrue  correspondante  du  segment  protho- 
racique. 

« 
Premier   segment   abdominal.    —    Les    deux    grosses    verrues 

placées  une  de  chaque  côté  de  la  bande  blanche  médiane  sont  plus 
rapprochées,  l'une  de  l'autre,  sur  ce  segment,  qu'ailleurs,  et,  en 
outre,  elles  se  trouvent  sensiblement  modifiées.  On  n'en  voit  que 
les  bases,  d'un  noirâtre  bleuté;  le  côté  et  le  sommet  sont  entiè- 
rement cachés  par  une  épaisse,  mais  assez  courte,  touffe  de  poils 
noirs  très  fins  et  serrés  à  tel  point  que  la  touffe  paraît  être  un 
coussin  de  peluche;  les  deux  touffes  se  rejoignent  à  travers  le 
centre  dorsal  ;  s'il  existe  une  petite  verrue  entre  les  deux  verrues 
porte-coussin,  il  est  impossible  de  la  distinguer.  A  travers  le  centre 
dorsal,  les  deux  coussins  noirs  sont  étroitement  bordés,  à  l'avant 
et  à  l'arrière,  par  une  rangée  de  poils  longuement  ciliés,  d'un  blanc 
pur,  dépassant  légèrement  les  coussins  en  hauteur;  se  dressant  sur 
le  côté  extérieur  des  touffes,  on  voit  quelques  longs  poils  d'un  noir 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  217 

vif,  les  uns  fortement  ciliés,  les  autres  presque  glabres.  La  seconde 
verrue  de  la  bande  foncée  est  un  peu  plus  grosse  que  sur  les  deux 
derniers  segments  thoraciques  ;  elle  est  noire,  arrondie  et  porte  des 
poils  plumeux  et  des  poils  non  plumeux  comme  les  autres  verrues  ; 
la  verrue  orange  du  flange  est  infrastigmatale;  ses  poils  sont, 
pour  la  plupart,  très  plumeux,  mais  les  poils  de  sa  moitié  inférieure 
le  sont  moins  et  leur  teinte  est  plus  claire,  même  blanchâtre. 
La  verrue  située  au-dessous  du  flange  est  petite,  noirâtre;  ses 
poils  sont  grisâtres  ou  blanchâtres,  pas  bien  longs. 

Sur  les  segments  abdominaux  qui  suivent  jusqu'au  septième 
inclus,  la  disposition,  la  forme,  la  couleur  et  les  poils  des  verrues 
sont  comme  sur  le  premier  segment  abdominal,  à  l'exception  de  la 
paire  de  verrues  la  plus  rapprochée  du  centre  dorsal  (qui  est  tout 
à  fait  modifiée  sur  le  premier  segment  abdominal,  comme  il  vient 
d'être  dit).  Sur  les  autres  segments  abdominaux,  la  première 
verrue  est  près  du  bord  de  l'espace  médian  blanc,  mais  elle  ne  sort 
pas  de  la  bande  foncée  sous-médiane;  ses  poils  ne  diffèrent  pas 
de  ceux  des  verrues  normales  chez  cette  chenille;  cette  première 
verrue  n'est  pas  pourvue  de  coussin  ou  touffe  de  poils  serrés, 
comme  sur  le  premier  segment  abdominal. 

Le  sixième  et  le  septième  segments  abdominaux  sont  munis  de 
l'organe  formant  excroissance  au  centre  dorsal,  qui  caractérise 
les  chenilles  Lymantriides  (du  moins  beaucoup  d'Espèces  le 
possèdent  plus  ou  moins  modifié).  Cet  organe  est  très  développé 
chez  A.  Warionis]  sa  base  occupe,  au  centre  dorsal  de  chacun  de 
ces  segments,  toute  la  largeur  de  la  bande  blanche;  sa  couleur  est 
orangée  et  elle  a  une  certaine  ressemblance  avec  une  anémone  de 
mer  fermée.  La  ligne  médiodorsale  porte  maintenant  des  poils 
blancs. 

Dans  le  cinquième  stade,  il  n'y  a  pas  de  modification  sensible, 
à  part  l'augmentation  de  la  taille. 

Le  sixième  stade  apporte  quelques  modifications  intéressant 
surtout  les  poils  de  l'aire  médiodorsale  ;  les  touffes  de  poils  blancs 
de  la  ligne  médiane  sont  plus  fournies;  elles  sont  plus  épaisses  et 


2f8  lkpidoptërologie  comparée 

plus  longues  sur  les  segments  thoraciques,  ainsi  qu'en  avant  et  en 
arrière  des  deux  touffes  médianes  du  premier  segment  abdominal 
et  sur  le  huitième  segment  abdominal.  Les  poils  des  deux  touffes 
médianes  du  premier  segment  abdominal  sont  extrêmement  fins  et 
serrés  et  ceux  du  centre  de  chaque  touffe  sont  maintenant  de 
couleur  chamois  fauve,  les  poils  du  pourtour  restant  noirs.  Ces 
touffes  ont  l'aspect  de  petits  coussinets  de  peluche.  Au  microscope, 
les  poils  fauves  ont  une  couleur  brun  doré;  ils  sont  courts,  mais 
très  acérés,  et  ils  paraissent  être  finement  crénelés;  en  examinant 
des  peaux  vides,  j'ai  remarqué  que  ces  poils  fauves  se  détachaient 
facilement,  par  paquets,  de  la  touffe.  La  majorité  des  poils  du 
corps  est  très  longuement  ciliée;  les  poils  d'un  blanc  si  pur  de  la 
région  médiodorsale  sont  véritablement  l'ilumcux,  quoique  moins 
longuement  ciliés  que  les  poils  noirs. 

7"  et  dernier  stade.  —  La  sixième  mue  modifie  beaucoup  l'appa- 
rence de  la  chenille;  ce  changement  est  dû  surtout  à  la  présence 
d'une  épaisse  touffe  ou  coussin  de  peluche  jaune  légèrement 
grisâtre,  recouvrant  respectivement  la  verrue  sous-médiane  et  la 
verrue  suprastigmatale  des  segments  abdominaux  ;  sur  le  premier 
segment  abdominal  la  verrue  suprastigmatale,  seule,  porte  la 
touffe  jaune,  la  verrue  sous-médiane  (tubercules  I  et  II  réunis  ?) 
étant  intéressée  par  la  grande  touffe  de  poils  fins  serrés,  d'un  brun 
un  p<Hi  rougeâtre,  qui  couvre  le  centre  dorsal  sur  ce  segment  ;  les 
longs  poils  ciliés,  noirâtres,  percent  les  coussins  jaunes. 

Les  poils  plumeux,  blancs,  de  l'aire  médiodorsale  sont  relati- 
vement moins  longs  que  dans  le  sixième  stade,  et  ces  poils  sont 
plus  ou  moins  appliqués  sur  la  peau,  sur  les  segments  abdominaux, 
à  l'exception  du  premier  segment  où  les  poils  blancs  forment  une 
frange  à  la  grande  touffe  centrale.  Sur  les  deux  derniers  segments 
thoraciques,  les  poils  blancs  sont  plus  longs  que  dans  le  cas  des 
segments  abdominaux. 

Les  verrues  des  segments  thoraciques  et  leurs  poils  ne  semblent 
pas  avoir  subi  de  changement  à  l'époque  de  la  sixième  mue. 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  2ig 

La  tête  a  un  peu  plus  de  trois  millimètres  de  largeur;  elle  est 
de  couleur  orangée  un  peu  rembrunie  par  de  petites  taches  foncées  ; 
elle  est  assez  fortement  recouverte  de  fins  poils  blancs;  le  triangle 
frontal  est  d'un  brun  roux  clair  ;  1  epistome  et  la  base  des  antennes 
sont  blanchâtres;  les  derniers  articles  des  antennes  étant  brun 
jaune  clair. 

Les  pattes  thoraciques,  bien  développées,  ont,  extérieurement, 
la  même  couleur  que  la  tête;  intérieurement,  elles  sont  plus  pâles. 

Les  stigmates  sont  ovales  et  de  couleur  blanc  jaunâtre  sale; 
le  cercle  chitineux  qui  les  entoure  est  noir. 

Le  cocon  n'est  pas  volumineux  ;  sa  consistance  est  souple  et  sa 
couleur  grisâtre  ou  gris  brunâtre  pâle. 

Je  ne  puis  donner  une  description  détaillée  de  la  chrysalide; 
étant  très  occupé  par  les  voyages  en  région  de  Zemmour  et  ensuite 
par  les  chasses  dans  le  Moyen-Atlas,  en  juin  et  en  juillet  1921,  je 
n'ai  pas  eu  le  temps  nécessaire  pour  écrire  une  description  pendant 
les  deux  derniers  mois  passés  au  Maroc.  Quelques  chrysalides 
mortes  et  d'autres  vides  avaient  été  rapportées  en  France,  mais 
les  tubes  qui  les  contenaient  ont  été  égarés.  Je  me  souviens  que  la 
couleur  était  d'un  brun  jaunâtre  et  que  la  chrysalide  était  assez 
aplatie  ventralement. 

En  manipulant  les  chenilles,  je  n'ai  jamais  remarqué  que  leurs 
poils  fussent  irritants;  mais  les  cocons  sont  très  irritants,  évidem- 
ment à  cause  des  poils  qui  entrent  dans  leur  composition.  Je  soup- 
çonne que  ce  sont  les  poils  très  fins  formant  les  coussinets  des 
verrues  sous-médianes  et  suprastigmatales  et  peut-être,  également, 
les  poils  de  la  grande  touffe  médiane  du  premier  segment 
abdominal,  qui  possèdent  la  propriété  irritante. 

Chaque  fois  que  je  touchais  aux  cocons  et  lorsque  je  nettoyais 
la  cage  qui  les  contenait,  j'avais,  presque  immédiatement,  une 
éruption  de  petits  boutons  sur  les  avant-bras  et  sur  la  figure, 
accompagnée  d'une  forte  démangeaison  ;  l'éruption  persistait 
pendant  deux  jours.  » 


220  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Albarracina  Alluaudi,  Obthr. 

Dédiée  à  M.  Charles  Alluaud  qui  a  pris  une  Q,  en  juin  1921, 
à  Marakech. 

Plus  grande  que  Warionis;  à  peu  près  les  mêmes  indications 
pour  les  lignes  et  dessins,  d'ailleurs  très  peu  visibles;  mais  les 
quatre  ailes  et  le  corps  d'un  gris  de  souris  assez  foncé,  et  non  gris 
clair.  Les  antennes  de  la  Q ,  légèrement  ciliées,  sont  courtes  et  d'un 
fauve  clair.  Le  thorax  est  couvert  de  poils  hérissés  gris  de  plomb, 
c'est-à-dire  de  la  même  teinte  que  les  ailes  supérieures.  La  frange 
est  très  large,  entrecoupée  de  gris  clair  et  de  gris  foncé.  Les  ailes 
supérieures  sont  presque  sans  dessin,  unicolores,  avec  les  nervures 
saillantes.  LIne  ligne  de  fins  croissants  noirâtres,  un  peu  ondulée, 
limite  le  bord  terminal,  un  peu  avant  la  frange.  Les  ailes  inférieures 
sont  grises,  unies,  entourées  d'une  frange  plus  pâle.  Les  anneaux 
abdominaux  sont  pourvus,  sur  le  dorsum,  d'une  petite  crête  velue 
noirâtre.  Le  gland  anal  est  couvert  de  poils  gris  clair.  En  dessous, 
les  ailes  sont  grises;  les  inférieures  avec  quelques  éclaircies  blan- 
châtres; le  bord  terminal  des  supérieures,  avant  la  frange,  est 
finement  éclairci  de  gris  pâle.  Les  pattes  sont  velues. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  221 


LASIOCAMPIDAE 


Chondrostega  Vandalicia  ?  Millièrc. 

Plateau  des  Dkrissa,  entre  Meknès  et  Mrassine. 

La  chenille  était  assez  comnume,  en  janvier  et  février  192 1,  sur 
diverses  plantes;  mais  celle  qu'elle  semblait  préférer  est  Fendu 
conimunis. 

Le  papillon  n'a  pas  encore  été  obtenu  au  moment  où  ces  lignes 
sont  écrites  (septembre  1921).  Nous  possédons  plusieurs  cocons 
d'où  les  imagines  ne  sont  pas  encore  sortis.  C'est  par  analogie 
de  la  robe  et  des  caractères  de  la  chenille  marocaine  avec  celle 
de  l'espagnole  Vandalicia  que  nous  donnons  provisoirement  à  la 
Chondrostega  du  Maroc  le  nom  de  Vandalicia. 

Ma  collection  contient,  avec  un  grand  nombre  d'exemplaires  de 
V andalicia  cf  et  Q,  une  chenille,  tous  ayant  fait  partie  de  l'an- 
cienne collection  V^azquez. 

C'est  avec  cette  chenille  de  Vandalicia  que  H.  Powell  a  écrit 
la  description  comparative  suivante  de  la  chenille  marocaine  de 
Chondrostega. 

Description  de  la  chenille  dans  le  stade  précédant  V avant-dernier. 

«  Largeur  de  la  tête  :  0.0025;  celle-ci  est  d'un  noir  intense,  à 
surface  brillante;  les  épicranes  sont  arrondis  ;  il  y  a  une  dépression 
du  crâne  sur  les  côtés  du  triangle  frontal ,  le  clypeus  est  cordi- 


222  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

forme,  mais  à  base  droite;  il  est  finement  ridé  transversalement; 
épistome  noir;  labrum  brun;  antennes  d'un  blanc  sale,  annelées 
de  noir;  d'assez  lon^s  poils  noirs  existent  sur  les  épicranes. 

La  ]K"au  du  corps  est  d'un  noir  mat,  plus  foncé  sur  le  dorsum 
(]ue  sur  le  ventre;  les  verrues  sont  noirâtres  sur  les  segments  tho- 
raciques;  I  et  II  sont  rTun  blanc  grisâtre  sale,  sur  les  segments 
abdominaux;  la  verrue  III  suprastigniatale  est  jaunissante,  mais, 
à  l'œil  nu,  les  verrues  paraissent  sombres,  à  cause  des  points  noirs 
relativement  gros  (bases  de  poils)  qui  les  recouvrent.  Les  verrues 
portent  des  crins  droits,  noirs,  quelques  crins  plus  longs,  blancs, 
et,  sur  les  côtés,  des  crins  d'un  jaune  orangé  variant  au  jaune 
canari,  mais  les  crins  jaunes  se  trouvent  surtout  implantés  dans  la 
peau  autour  des  verrues;  sur  les  segments  abdoniinaux  et  sur  les 
segments  mésothoracique  et  métathoracique,  on  remarque  deux 
touffes  principales  de  crins  jaunes,  dans  la  région  médiodorsale, 
})ar  segment  ;  la  première  est  en  avant  de  la  verrue  I,  la  seconde 
entre  les  verrues  II  ;  les  flancs  sont  pourvus  de  crins  jaunes  assez 
serrés  ayant  leur  base  aussi  bien  directement  sur  la  peau  que  sur 
les  verrues;  la  surface  ventrale  est  maigrement  |>arsemée  de  poils 
fins,  ondulés,  assez  courts.  Les  pattes  thoraciques  sont  noires,  les 
pattes  membraneuses  sont  de  couleur  fraise  vineuse. 

Avant-dernier  stade.  —  Largeur  de  la  tête  :  0.0032.  La  tête  est 
peu  différente  de  ce  qu'elle  était  dans  le  stade  précédent;  le  cly- 
peus,  toujours  en  forme  de  cœur,  à  base  droite,  est  en  très  léger 
relief;  l'épistome  est  noir  brun  et  le  labrum  brun;  les  mandibules 
sont  noires;  les  antennes  sont  d'un  brun  pâle  un  peu  vineux  et 
cerclées  de  noir.  Le  clypeus,  l'épistome  et  le  labrum  réunis  ont  un 
aspect  d'ensemble  qui  n'est  pas  très  différent  de  celui  présenté 
par  le  cantlius  porté  devant  la  tête  chez  les  imagines  des  Chon- 
drostega.  Les  verrues  du  corps  sont  plus  claires  que  dans  le  stade 
précédent;  leur  couleur  est  maintenant  d'un  laiteux  bleuté;  les 
crins  noirs  et  les  poils  jaunes  sont  comme  auparavant.  Stigmates 
noirs;    jxittes   thoraciques    noires  avec   des   éclaircies   de   couleur 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  223 

vineuse  terne;  pattes  membraneuses  d'un  rouge  vmeux,  sauf  la 
base  qui  est  noire,  comme  la  surface  vcmtraie. 

Dernier  stade.  —  Largeur  de  la  tête  :  de  0.0038  à  0.0046.  La 
tête  est  noire  et  sa  surface  est  brilhnite;  les  épicranes  portent 
d'assez  nombreux  poils,  les  uns  courts,  les  autres  assez  longs  et 
ondulés,  moins  longs,  cependant,  c[ue  les  longs  poils  du  corps;  la 
tête  porte  un  nombre  à  peu  près  égal  de  poils  d'un  jaunâtre  clarr 
et  de  poils  noirs.  Le  ciypeus,  très  légèrement  en  relief,  est  marqué 
par  de  fines  rides  transversales;  l'épistome  est  brun  quelquefois 
noirâtre;  le  labrum  est  d'un  brun  jaunâtre;  cette  pièce  est  très 
développée;  les  mandibules  sont  noires  vers  le  bord  antérieur, 
brunes  sur  le  reste  de  la  surface  ;  les  ocelles  sont  très  petites  et  ne 
se  distinguent  pas  facilement. 

La  surface  du  corps  est  noire;  les  verrues  sont  d'une  couleur 
blanc  jaunâtre  très  légèrement  bleuté;  les  dorsales  portent  quel- 
ques crins  jaune  doré  ou  jaune  orange,  des  crins  noirs  et  des  crins 
blanchâtres;  autour  des  verrues,  sur  la  peau,  on  remarque  des 
touffes  peu  épaisses  de  crins  jaune  d'or  ou  jaune  orange  et  des 
crins  épars  de  la  même  teinte;  sur  les  segments  et  sur  le  premier 
segment  abdominal,  ces  poils  ont  une  teinte  orange  plus  vive  que 
sur  les  autres  segments.  Sur  les  segments  mésothoracique  et  méta- 
thoracique,  verrue  J  porte,  sur  son  bord  interne  (le  bord  le  plus 
rapproché  du  centre  dorsal)  une  touffe  de  crms  droits  acérés,  d'un 
noir  intense;  ces  touffes  se  rejoignent  sur  l'aire  médiane;  une 
touffe  de  crins  semblables  se  trouve  sur  le  bord  de  la  verrue  III. 

Sur  les  segments  abdominaux,  le  bord  postérieur  de  la  verrue  I 
et  ses  côtés  sont  cachés  par  une  épaisse  touffe  de  crins  noirs  ;  la 
verrue  III  possède,  sur  son  bord  intérieur,  une  touffe  de  crins  du 
même  genre.  Les  poils  des  verrues  et  de  la  peau,  en  dessous  de  la 
verrue  III,  sont  d'un  jaune  plus  pâle  et  le  nombre  de  poils  blancs 
est  plus  grand;  il  n'y  a  pas  de  poils  noirs  dans  cette  région,  ni 
sur  le  ventre.  Les  poils  de  la  surface  ventrale  et  de  la  base  des 
pattes  sont  relativement  peu  nombreux  ;  leur  teinte  est  blanc  jau- 


224  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

nâlre  et  même  d'un  blanc  pur,  chez  ccrtanis  exemplaires.  L'écusson 
l)r()lh(jraciquc  est  d'un  noir  brillant;  il  porte,  en  avant,  deux 
grandes  verrues  de  teinte  blanc  bleuté,  qui  recouvrent  la  moitié 
de  sa  surface,  une  verrue  étant  placée  de  chaque  côté  du  centre 
dorsal,  où  elles  se  touchent  presque  ;  ces  verrues  sont  très  allongées 
et  elles  sont  placées  transversalement  par  rapport  à  la  longueur 
de  la  chenille;  une  troisième  verrue  prothoracique,  pyriforme,  se 
trouve  en  avant  du  stigmate;  à  moitié  distance  entre  cette  verrue 
et  la  base  de  la  première  patte,  on  remarque  une  verrue  arrondie. 
Sur  les  deux  segments  thoraciques  suivants,  verrue  1  est  de  forme 
ovale  allongée;  verrue  1],  en  arrière  de  I  et  en  alignement  avec 
elle,  est  plus  étroite,  plus  comprimée;  ces  verrues,  ainsi  que  les 
trapézoïdaux  des  segments  abdominaux,  sont  disposées  transver- 
salement ;  verrue  lll  est  presque  ronde;  elle  est  située  très  légère- 
ment en  arrière  de  1  et  plus  bas,  bien  entendu  ;  \errue  IV  est  ronde, 
un  peu  plus  petite  que  111  et  en  dessous  de  cette  dernière;  verrue  V 
est  au-dessus  de  la  base  de  la  patte;  elle  est  à  peu  près  de  la  taille 
de  IV. 

.Sur  les  segments  abdominaux  i  à  7  inclus,  la  forme  des  ver- 
rues 1  et  II  correspond  à  la  forme  de  ces  verrues  sur  les  deux 
derniers  segments  thoraciques,  mais  II  est  située  un  peu  plus  loin 
du  centre  dorsal  que  dans  les  segments  thoraciques;  verrue  III 
est  grande  et  arrondie,  en  dessous  de  I  ;  le  stigmate  noir  se  trouve 
plus  bas  que  la  verrue  III;  verrues  TV  et  V  sont  infra-stigma- 
tales;  elles  sont  toutes  deux  rondes  et  d'une  dimension  plus  petite 
que  les  verrues  I,  II  et  III;  une  de  ces  verrues  ■ —  la  plus  petite; 
il  est  difficile  de  dire  laquelle  des  deux  verrues  doit  être  dénommée 
IV  et  laquelle  V  —  est  située  en  avant  de  l'autre,  sur  le  même 
alignement  ;  la  petite  verrue  antérieure  manque  sur  le  premier  seg- 
ment abdominal  et  l'autre  y  est  plus  gra,nde  que  sur  les  segments 
qui  suivent  ;  verrue  VI  (surface  ventrale)  est  petite  sur  le  premier 
segment  abdominal,  plus  grande  sur  le  second  segment  et  les 
suivants;  sur  les  segments  abdominaux  3,  4,  5  et  6  elle  est  encore 
plus  grande  et  sa  forme  y  est  un  peu  allongée;  elle  est  placée  bien 
au-dessus  de  la  base  des  pattes  membraneuses  sur  ces  segments. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  225 

La  surface  ventrale  porte,  en  plus  de  la  verrue  VI,  six  petites 
verrues  rondes,  alignées  transversalement,  sur  le  premier  et  le 
second  segments  abdominaux,  mais  quatre  verrues  seulement  sur 
les  septième  et  huitième  segments  respectivement  et  deux  verrues 
sur  le  neuvième  segment,  en  avant  des  pattes  anales.  Sur  le  hui- 
tième segment  abdominal,  verrue  I  est  plus  arrondie  ;  il  n'y  a  que 
quatre  verrues  dorsales  sur  le  neuvième  segment  abdominal,  c'est- 
à-dire  deux  de  chaque  côté  ;  ces  verrues  sent  grosses  et  elles  sont 
pourvues,  sur  le  bord  interne,  de  petites  touffes  épaisses  de  crins 
noirs,  de  la  même  nature  que  celles  des  verrues  I  et  III  des  seg- 
ments précédents. 

Sur  les  segments  abdominaux,  vernie  II  a  souvent  une  très 
petite  touffe  de  ces  mêmes  crins  noirs,  à  son  extrémité  interne. 

L'écusson  anal  est  jaunâtre  ou  blanchâtre,  à  surface  brillante. 

Les  pattes  thoraciques  sont  d'un  brun  jaunâtre,  un  peu  teinté 
de  vineux  ;  elles  sont  bien  développées  et  possèdent  un  crochet 
recourbé  effilé  à  l'extrémité;  les  pattes  membraneuses  sont  d'une 
couleur  fraise  vineuse  extérieurement;  sur  la  surface  interne,  elles 
possèdent  deux  plaques  blanchâtres  à  la  base,  de  la  nature  des 
verrues  du  corps;  le  reste  de  la  surface  interne  est  d'un  noir  gri- 
sâtre devenant  fraise  \ineuse  vers  l'extrémité;  les  crochets  du 
coussinet  terminal  sont  noirs. 

La  chenille  de  ce  Chondrostega  diffère,  dans  le  dernier  stade, 
de  celle  de  C.  Powelli  par  les  caractères  suivants  : 

La  tête  est  entièrement  noire,  tandis  que  chez  Powelli  il  y  a 
une  tache  indistincte  brunâtre  un  peu  plus  claire  que  le  fond,  au 
sommet  des  épicranes  et  une  autre  tache  semblable  en  arrière  des 
antennes.  Le  clypeus,  chez  Powelli,  est  plus  large  et  ne  présente 
pas  les  rides  transversales  qui  sont  très  nettement  indiquées  chez 
les  dix  exemplaires  de  la  chenille  du  plateau  des  Dkrissa  que  je 
compare  avec  une  chenille  de  Poiuellï  d'Aflou;  il  y  a  moins  de 
poils  jaunes  dorsaux  chez  la  chenille  de  Poivelli  et  les  poils  blancs 


226  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

de  la  surface  ventrale  sont  plus  rares  et  un  peu  plus  courts  que 
chez  l'Espèce  que  nous  étudions.  L'écusson  prothoracique  est  d'un 
brun  foncé  chez  Pozvelli.  La  chenille  des  Dkrissa  n'appartient 
certainement  pas  à  la  même  unité  spécifique  que  Pozvelli;  mais 
elle  pourrait  bien  appartenir  à  l'Espèce  Vandalicia.  Il  y  a,  en 
effet,  dans  la  collection  Charles  Oberthiir,  une  chenille  desséchée 
de  Vandalicia  d'Espagne  qui  parait  correspondre  exactement  à 
la  chenille  Marocaine;  il  est  vrai  que  tous  les  caractères  ne  sont 
pas  faciles  à  déterminer  chez  cette  chenille  simplement  desséchée 
et  non  soufflée,  mais  la  nature  et  la  couleur  des  poils  et  surtout 
les  caractères  du  clypeus  indiquent  entre  les  deux  chenilles  une 
incontestable  affinité.  » 

Chondrostega  Tingitana,  Powell. 

Tanger  (Vaucher). 

Espèce  décrite  dans  les  EUides  de  Lé-pidoplérologie  comparée, 
aux  pages  303  et  304  du  Vol.  XII  et  figurée  sous  les  n°^  3588  (cf) 
et  3589  (Q)  de  la  PI.  CDXXI  du  Vol.  XIIl. 

Le  Lecteur  est  prié  de  se  reporter  à  la  notice  concernant  les 
Chondrostega  barbaresques  (loc.  cit..  Vol.  XII,  p.  298  à  319). 

Dipïiira  brunnea,  Obthr. 

Des  chenilles  ont  été  trouvées  en  juillet  192 1  sur  le  Djebel-Tis- 
dadme.  Elles  se  nourrissaient  d'hélianthème.  Les  chenilles,  du 
reste  assez  variées  de  robe,  ressemblaient  à  celles  que  Powell  avait 
trouvées  en  Algérie. 

L^n  çS  magnifique  est  éclos  à  Rennes,  le  24  septembre  1921,  et 
a  pu  être  piqué  avant  d'avoir  volé  et  par  conséquent  d'avoir  usé 
le  bord  de  ses  ailes. 

La  chrysalide  avait  été  apportée  du  Maroc  par  Harold  Powell 
et  elle  se  trouvait  mêlée  avec  les  nombreuses  feuilles  sèches  de 
PhlottnSy  abri  des  chrysalides  de  Syrichthus  Mohammed. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  22/ 


Malacosoma  liitea,  Obthr. 

La  chenille  a  été  trouvée  près  Mrassine,  en  mars  1921  ;  quelques 
chrysalides  ont  été  obtenues;  mais  aucune  éclosion  ne  s'est  encore 
produite  (septembre  192 1). 


Malacosoma  neiistria,  Linné. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 
4  cTcf  appartenant  à  la  race  pâle. 


Lemonia  Philopalus,   Donzel. 

Beni^Amar;  un  cf  pris  à  la  lumière  en  décembre  1920. 
H.  Powell  a  trouvé  à  Mrassine  plusieurs  chenilles  de  L.  Philo- 
palus. Il  a  fait  à  leur  égard  les  observations  suivantes  • 

«  Le  12  avril,  un  petit  marocain  m'a  apporté  une  jeune  chenille 
de  Lemonia  qui  est  certainement  celle  de  Philopalus.  Elle  est  à  la 
fin  d'un  stade  qui  me  paraît  être  le  troisième  et  elle  a  0.0123  de 
longueur.  Sa  tête  et  ses  pattes  thoraciques  sont  d'un  noir  brillant. 
La  couleur  du  corps  est  d'un  noir  terne,  un  peu  plus  claire  sur  la 
surface  ventrale  et  le  -flange;  la  verrue  du  flange  (une  par  seg- 
ment) est  noire,  mais  sa  base  est  de  couleur  orange  rougeâtre  terne. 
Les  verrues  dorsales  des  segments  thoraciques  2  et  3  sont  d'une 
couleur  orange  terne;  les  autres  vernies  du  corps  sont  noirâtres; 
les  poils  portés  par  les  verrues  sont  jaunes;  il  y  en  a  de  longs, 
un  peu  recourbés,  et  d'autres  ayant,  au  plus,  un  tiers  de  la  longueur 
des  premiers;  en  outre,  on  remarque,  sur  la  peau,  de  très  courts 
poils  jaunâtres. 


228  LÉPIDOPTÉROLOGIE  COMPARÉE 

J'ai  donné  à  cette  chenille  à  manger  la  Composée  voisine  de 
Taraxaciim  (Hyoserïs  radïaia),  avec  laquelle  j'ai  élevé  la  chenille 
de  Chelonia  Villica;  elle  l'accepte. 

Le  i6  avril,  on  m'a  apporté  une  seconde  chenille  de  Philopalus, 
cette  fois  dans  le  dernier  stade  et  bien  avancée.  Une  troisième 
chenille  a  été  trouvée  dans  l'après-midi  du  i6  avril;  celle-ci  est 
dans  l'avant-demier  stade.  La  chenille  de  Philopalus,  dans  le 
Zehroun,  montre  moins  la  ligne  blanche  du  flange  et  les  verrues 
orange  rougeâtre  que  dans  la  forme  d'Aflou,  à  en  juger  par  ces 
trois  exemplaires. 

J'ai  trouvé  une  quatrième  chenille  de  Philo  palus,  le  24  avril, 
mangeant  une  capitule  de  Sonchus.  Elle  était  dans  le  vignoble 
envahi  de  plantes  basses,  011  nous  prenions  la  Melilaea  Desfon- 
tainii-Gibrali;  elle  était  de  grosse  taille  et  se  trouvait  dans  le 
dernier  stade;  chez  ce  dernier  individu  les  taches  rouges  et 
blanches  étaient  très  développées, 

Aucune  de  ces  chenilles  n'a  bien  réussi  la  chrysalidation.  Le 
fond  de  leur  cage  était  recouvert  de  5  centimètres  de  terre,  mais 
je  pense  qu'elles  descendent,  normalement,  à  une  plus  grande 
profondeur  et  que  les  5  centimètres  ne  leur  suffisaient  pas.  » 

Lasiocampa  Serrula,  Guenée 

Une  très  grande  Q  provenant  des  marais  de  la  plaine  du 
Sebou,  aux  environs  de  Rabat,  éclose  le  7  septembre  191 4,  et  dont 
je  suis  redevable  à  l'obligeance  de  mon  ami  Ferd.  Le  Cerf,  auteur 
d'un  si  remarquable  inventaire  des  Aegprndae  barbaresques. 

Lasiocampa  Trifolii,  Esper. 

Tanger  (Meade-Waldo). 
Région  de  Timhadit,  en  mai  1921. 

La  chenille  était  en  abondance  dans  le  Zehroun,  au  printemps  ; 
mais  une  proportion  énorme  était  parasitée  par  des  diptères. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  229 


Lasiocampa  Josiia,  Stgr.,  var.  Vaucheri,  Blachier. 

Tanger  (Vaucher). 

Décrit  par  Blachier  dans  le  Bulletin  Soc.  ent.  France,  1905, 
p.  52-53,  et  défini  sommairement  par  ces  deux  mots  :  major,  obs- 
ctirior. 


Lambessa  Staiidingeri,  Baker. 

Harold  Powell  a  capturé  à  Timhadit,  en  août  1920,  2  cfC?,  l'un 
de  couleur  très  claire  et  unie,  à  peu  près  comme  l'échantillon 
figuré  sous  le  n°  621  de  la  PI.  LXV,  dans  le  Vol.  V  des  Etudes 
de  Lépidoftérologie  comparée,  et  l'autre  de  teinte  brun  rougeâtre 
assez  foncée  (analogue  à  la  figure  625  {loc.  cit.). 

Macrothylacia  rubi,  Linné. 

Meade-Waldo  décrit  et  figure  (Trans.  ent.  Soc.  London,  1905, 
PL  XIX,  fig.  10)  une  o  de  Tanger  à  laquelle  il  donne  le  nom  de 
var.  dïgramma  {loc.  cit.,  texte,  p.  390). 

Taragama  repanda,  Huebner. 

Tanger,  Tetouan  et  Rabat  (Meade-Waldo). 


230  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


SATURNIIDAE 


Saturnia  Pyri,  W.  V 

Un  seul  cf  apporté  par  un  indigène  marocain  qui  le  tenait  entre 
ses  dents,  à  Mrassine,  en  avril  1921. 

La  chenille  a  été  trouvée  sur  un  jeune  amandier,  dans  le  jardin 
dit  :  la  pépinière,  à  Azrou,  au  commencement  de  juillet  1921. 


Saturnia  Atlantica,  Lucas, 
ranger  (Vaucher). 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  23 1 


DREPANIDAE 


Drepana  binaria,  Hufn. 

Mrassine,  mars  1921. 

Très  belle  et  grande  forme  appartenant  à  la  variété  oranaria, 
Strand  de  la  variété  iincmuLa,  Bork.,  mais  présentant  une  colora- 
tion gris  foncé  beaucoup  plus  accentuée  que  l'exemplaire  figuré 
sous  le  n°  3632  de  la  PI.  CDXXVII,  dans  le  Volume  XIII  des 
Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 


Cilix  glaucata,  Scopoli  (Spinula,  Schiff.). 

Forêt   de   Mamora   (Dar-Salem)  ;    au   commencement    de   juin 
1921. 


232  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


NOCTUIDAE 


Bryophila  Raviila,  Huebner,  var.  Vandalusiae,  Duponchel. 
Timhadit,  en  août  1920. 

Bryophila  Oxybiensis,  Millière. 
Timhadit  et  Aghbalou-Larbi,  en  août  1920. 


Bryophila  Glandifera,  W.  V. 

Vallée  d'Aïn-Toumliline,  en  août  1920. 
Tanger  (Vaucher). 


Bryophila  DuSeutrei,  Obthr.  (PI.  DXXXVII,  %  4481,  4482, 
4483,  4484,  4485). 

Timhadit,  Djebel-Tisdadine,  Aghbalou-Larbi,  Azrou,  en  août 
1920. 

Dédiée  à  M.  le  Lieutenant  Jauhn  du  Seutre,  premier  adjoint 
au  service  des  renseignements  de  Meknès-Banlieue,  en  reconnais- 
sant souvenir  d'une  gracieuse  obligeance  dont  Harold  Powell  a  si 
largement  profité  au  cours  de  son  exploration. 


LÊPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  233 

Le  Bryophila  DîiSeiitrei  est  un  papillon  de  petite  taille 
(0.022  mm.  pour  la  plus  grande  envergure),  mais  d'un  aspect 
charmant  à  cause  de  la  fine  délicatesse  des  dessins  qui  ornent  ses 
ailes.  Elle  ressemble  à  Perla,  mais  elle  est  constamment  plus 
petite.  Les  dessins  et  taches  qui  sont  à  peu  près  les  mêmes  dans 
les  deux  Espèces  ont  un  aspect  beaucoup  plus  fin  et  semblent 
infiniment  plus  détaillés  chez  DuSeutreï  que  chez  Perla.  La  figure 
seule  permet  de  mettre  sous  les  yeux  des  Entomologistes  l'extrême 
complication  de  tout  cet  ensemble  de  traits,  points,  lignes  et  taches 
si  déliés.  Le  fond  de  la  couleur  est  blanchâtre;  les  points  et  lignes 
sont  noirs  et  les  taches  sont  d'un  jaune  un  peu  ferrugineux,  tels 
certains  lichens.  L'Espèce  varie  beaucoup  en  plus  clair  et  en  plus 
foncé. 

Ayant  été  inhabile  à  trouver  une  figuration  qui  eût  contribué 
à  rendre  intelligible  la  description  de  Bryophila  Pseudoperla, 
Roths.,  dans  Novitaies  Zoologicae,  XXI,  p.  334,  je  suis  obligé 
de  considérer  comme  nomen  nudiim  le  nom  :  pseudoperla  et  je 
ne  puis  savoir  s'il  aurait  pu  s'appliquer  à  DuSeutrei,  dont  la 
figuration  par  J.  Culot  assurera  définitivement  l'exacte  connais- 
sance. 

La  variété  Périma,  Hampson  {Catalogue  of  the  Noctuidae  in 
ihe  Collection  of  the  Brïtish  Muséum,  Vol.  Vil,  p.  626)  ne  peut 
être  confondue  avec  DuSeutrei.  Cette  var.  Perlina  vient  d'Aragon 
et  de  Castille;  j'ai  sous  les  yeux  un  grand  nombre  d'exemplaires 
de  la  collection  Vazquez.  Il  y  en  a  plusieurs  «  smaller,  fore  wing 
generally  mixed  with  luteous  or  rufus,  sometimes  much  paler  »; 
ce  sont  sans  doute  des  perlina  de  Castille,  non  des  DuSeutrei. 


Jugiirthia  Salmonea,  Culot. 

Koudiet-Guenfou  (Timhadit),  en  août  1920;  Rabat  (Théry). 


234  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Acronycta  cuspis,  Huebner. 
Tanger  (Vaucher). 

Acronycta  rumicis,  Linné. 
Tanger  (Vaucher). 

Synia  musculosa,  Huebner. 
Rabat. 

Leiicania  Loreyi, 

Rabat  ;  élevée  par  M"""  Schindler. 
La  chenille  vit  sur  le  maïs. 

Leucania  Hispanica,  Bellier. 

Mrassine,  avril  et  mai  1921. 

Abondante  et,  comme  toutes  les  Noct/iae  du  Zehroun,  foncée 
en  coloration. 

Leucania  Vitellina,  Engramelle. 

Timhadit  (forme  pallula),  en  août  1920. 

Mrassine,  forme  à  dessins  et  coloration  générale  accentués,  en 
avril  1921. 

Leucania  L  album,  Lhmé. 

Tanger  (Vaucher). 

Haute  Vallée  de  Reraya,  Asni  ;  1.200  mètres  altitude;  juin  1921 
(Ch.  Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  235 


Sesamia  Nonagrioides,  Lefebvre. 
Environs  de  Rabat. 

Argyrospila  dulcis,  Obthr. 
Timhadit,  en  août  1920. 

Glottula  pancratii,  Cynlli. 

La  Glottula  -pancratii  vit  sur  le  littoral  de  l'Océan  Atlantique, 
à  Casablanca. 

Harold  Powell  a  fait,  à  propos  de  cette  Noctuelle,  les  observa- 
tions suivantes  : 

«  14.  juin  IÇ20.  — •  Cet  après-midi,  en  me  promenant  sur  les 
sables  et  terrains  sablonneux  au  bord  de  la  mer,  au  nord  de 
Casablanca,  un  peu  plus  loin  que  la  gare  militaire,  j'ai  remarqué 
quelques  touffes  de  Paner atium  nuuitïmmn  dont  la  plupart  des 
feuilles  étaient  desséchées,  tandis  que  les  autres  se  trouvaient 
flétries  et  portaient  des  taches  et  plaques  blanches.  En  examinant 
ces  plantes,  j'ai  trouvé,  sur  celles  non  entièrement  desséchées,  un 
nombre  considérable  de  chenilles  de  Glottula  Pancratii,  principa- 
lement dans  r avant-dernier  stade,  quelques-unes  dans  le  dernier 
stade.  Dans  les  deux  stades  qui  précèdent  le  dernier,  les  chenilles 
de  Pancratii  minaient  les  feuilles.  Elles  pénètrent  par  un  trou 
pratiqué  dans  le  derme  et  font  une  large  galerie  occupant  presque 
toute  la  largeur  de  la  feuille.  On  aperçoit  très  bien  les  chenilles 
à  travers  la  peau,  de  quelque  côté  qu'on  les  regarde.  Quelquefois 
2,  3  ou  4  chenilles  occupent  la  même  feuille  et  se  trouvent  placées 
l'une  à  côté  de  l'autre.  Dans  l' avant-dernier  stade,  la  chenille 
s'introduit  moins  souvent  entre  les  deux  épidémies  de  la  feuille; 
on  la  trouve  parfois  dehors,  quelquefois  avec  une  partie  du  corps 


236  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

enfoncée.  Les  quelques  chenilles  trouvées  dans  le  dernier  stade 
étaient  externes,  sauf  une  que  j'ai  découverte  dans  la  gaine  d'une 
tête  florale  non  épanouie.  La  chenille  excrète  une  abondance  de 
crottes  très  molles,  cylindro-arrondies.  Elle  doit  s'écarter  de  la 
plante  avant  de  pénétrer  dans  le  sable  pour  se  chrysalider,  car  je 
n'ai  pas  trouvé  de  cocons  ou  de  chrysalides  au  pied  des  touffes 
dévorées,  dont  les  chenilles  étaient  parties. 

Etant  retourné  à  Casablanca  le  17  juin  1920,  j'ai  poussé  plus 
loin  sur  les  dunes,  jusqu'aux  Roches-Noires,  au  nord  de  la  ville. 
Les  plants  de  Pancratïum  n'étaient  pas  abondants;  mais  presque 
chacun  portait  des  chenilles  de  Pancratïiy  et  quelquefois  en  grand 
nombre.  J'ai  vu  des  plants  complètement  desséchés,  à  cause  de  la 
destruction  partielle  ou  totale  des  feuilles  par  les  chenilles.  Elles 
s'attaquent  même  à  la  partie  supérieure  des  bulbes,  y  pénètrent  à 
la  base  des  feuilles  dévorées.  Cette  fois-ci,  j'ai  trouvé  plusieurs 
chrysalides  ;  la  chenille,  pour  se  chrysalider,  semble  choisir,  de 
préférence,  comme  gîte  pour  son  cocon,  la  membrane  enveloppant 
la  base  des  feuilles;  elle  se  place,  parfois,  entre  les  deux  bords 
d'une  feuille,  près  de  la  base.  Son  cocon,  très  fragile,  est  formé 
de  sable  aggloméré  au  moyen  d'un  peu  de  soie  et  de  liquide  sécrété 
par  la  chenille  :  le  cocon  est  placé  verticalement,  c'est-à-dire  avec 
son  extrémité  antérieure  dirigée  vers  l'apex  de  la  feuille;  la  base 
de  la  feuille,  qui  est  enveloppante,  ou,  dans  l'autre  cas,  la  mem- 
brane extérieure  Tgaine  de  la  feuille)  est  généralement  bourrée  de 
sable  humide,  évidemment  par  la  chenille  quand  elle  se  prépare 
à  se  chrysalider.  Dans  la  plupart  des  cas,  la  chrysalide  repose, 
par  son  extrémité  postérieure,  sur  ce  sable  tassé,  sans  cocon  ;  mais 
j'ai  trouvé,  une  fois,  dans  le  sable,  un  cocon  complet.  Il  ne  semble 
pas  que  la  chenille  construise  invariablement  un  cocon  ;  mais  cela 
est  difficile  à  affirmer,  parce  que  le  cocon  de  sable  est  très  friable; 
il  se  brise  avec  une  grande  facilité  quand  on  touche  à  la  feuille  et 
il  est  possible  que  les  nombreuses  chrysalides  trouvées  libres  ou 
partiellement  entourées  de  sable,  aient  eu  leurs  cocons  brisés.  En 
tout  cas,  la  feuille  enveloppante  ou  sa  gaine  membraneuse  forme 


LEPIDOPTEROLOGIE  COMPAREE  237 

une  certaine  protection  pour  la  chenille  avant  la  métamorphose  et 
pour  la  chrysalide  ensuite. 

Les  Pimelia,  nombreuses  sur  la  dune,  s'attaquent  parfois  aux 
chrysalides;  je  les  ai  vues,  également,  manger  la  feuille  de  Pan- 
cratuan,  ainsi  que  la  chair  attachée  à  une  patte  détachée  et  brisée 
d'un  crabe. 

Il  ne  semble  donc  pas  que  la  chenille  s'écarte  de  sa  plante 
nourricière  pour  se  chrysalider.  Peut-être  s'enfonce-t-elle  parfois 
dans  le  sable  pour  cette  opération.  Je  ne  sais,  cependant,  ce 
qu'étaient  devenues  les  chenilles  dont  j'ai  souvent  trouvé  les 
traces  récentes  sur  des  plants  dépourvus  de  chrysalides. 

J'essayai  d'élever  les  chenilles  dans  une  grande  boîte  en  fer- 
blanc;  mais  elles  ne  réussissent  pas  dans  ces  conditions;  elles 
pataugent,  au  bout  de  très  peu  de  temps,  dans  la  masse  formée 
par  leurs  excréments  abondants  et  mous,  le  jus  écoulé  des  feuilles 
blessées  et  l'épiderme  des  feuilles.  Dans  ces  conditions,  elles 
dégagent  une  odeur  très  désagréable  ;  il  faudrait  leur  donner  de 
la  plante  fraîche  deux  fois  par  jour  et  nettoyer  la  boîte  complè- 
tement, chaque  fois.  Lorsque  je  fus  parti  de  Casablanca,  je  n'ai 
plus  trouvé  du  Pancratium,  qui  ne  croît  pas  à  l'intérieur  des  terres, 
et,  par  conséquent,  à  peu  près  toutes  mes  chenilles  ont  péri.  Seules 
quelques-unes  se  sont  chrysal idées,  sans  cocon.  Je  n'ai  pas  obtenu 
d'imaero.  » 


Caradrina  noctivaga,  Bellier. 

Mrassine,  en  avril  1921. 

H.  Powell  a  pris  neuf  exemplaires  bien  frais.  Ils  ont  la  teinte 
des  ailes  supérieures  plus  sombre  que  les  échantillons  de  France, 
d'Espagne  et  d'Algérie.  Il  semble  que  presque  toutes  les  Espèces 
de  Noci?iae,  au  Maroc,  sont  colorées  d'une  teinte  plus  obscure  que 
dans  les  régions  algérienne  et  européenne  où  lesdites  Espèces 
habitent  éofalement. 


238  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Caradrina  ambigua,  W.  V. 

Mrassine,  en  avril  1921. 

Trois  exemplaires  de  grande  taille,  avec  les  dessins  et  taches 
des  ailes  supérieures  très  marqués. 

Caradrina  cubicularis,  W.  V. 

Mrassine,  avril  1921. 

Laphygiîia  exigua,  Huebner. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  et  septembre  1920. 

Hpiseraa  Hispana,  Rambur-Guenée. 

Deux  Q  Q  prises  à  Azrou,  en  automne  1920,  et  à  Meknès,  en 
décembre  1920;  la  première  ressemblant  à  la  figure  4002,  sur  la 
PI.  CDLXXXIV,  dans  le  Vol.  XVI  des  E/»des  de  Lépidoptéro- 
logic  comparée.;  l'autre  avec  des  dessins  aussi  accentués  que  chez 
la  première,  mais  d'une  teinte  générale  rousse  au  lieu  d'être  noi- 
râtre. 

Une  autre  Q  trouvée  à  Azrou,  en  automne  1920,  conforme  à 
celle  représentée  sous  le  n°  3991  de  la  PI.  CDLXXXIV,  dans  le 
Vol.  XV^T  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

Heliophobus  Hispida,  Huebner-Guenée. 

Timhadit,  août  1920. 
Rabat,  31  octobre  1920. 

H.  Powell  a  trouvé  au  Zehroun  des  chenilles  qui  ont  donné 
naissance,  à  Rennes,  en  septembre  1921,  à  VEpisema  hispida^  race 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  239 

conforme  à  celle  de  la  province  d'Oran,  chez  laquelle  la  tache 
réni forme  du  cf  est  d'un  blanc  pur,  et  le  ground  colour  d'une 
teinte  noire,  légèrement  pourprée,  vive  et  foncée. 

Les  observations  auxquelles  les  chenilles  en  question  ont  donné 
lieu  ont  été  consignées,  par  H.  Powell,  dans  les  termes  suivants  : 

«  Episema  hispjda  :  Petite  chenille  Noctuide  dont  j'ai  trouvé 
six  ou  sept  exemplaires  à  Beni-Amar,  vers  la  fin  de  décembre  1920 
et  dans  la  première  quinzaine  de  janvier  1921,  les  unes  sous  des 
pierres,  en  chassant  le  jour,  les  autres  à  découvert  sur  le  gazon,  en 
cherchant  avec  la  lanterne,  la  nuit.  Arrivée  à  toute  sa  taille,  cette 
chenille  a  environ  0.025  de  longueur,  étendue.  Sa  tête,  relative- 
ment grosse  pour  une  Noctuide,  a  environ  0.003  de  largeur.  C'est 
une  chenille  assez  inquiète  et  agitée,  qui  fuit  la  lumière  avec 
empressement.  Elle  se  nourrit,  de  préférence,  de  Graminées,  mais 
j'ai  vu  accepter  une  Composée  voisine  de  Taraxaciim  {Hyoseris 
radiata)  par  deux  d'entre  elles. 

J'ai  pu  élever  quatre  chenilles;  les  dernières  ont  donné  leur 
cocon,  d'assez  faible  consistance,  dans  la  terre  des  mottes  de  Gra- 
minées, dans  leur  boîte,  vers  le  14  janvier  1921  ;  je  ne  connais  que 
le  dernier  stade. 

L.a  tête  est  luisante,  d'un  brun  très  clair,  un  peu  transparente; 
le  triangle  frontal  est  large;  la  surface  des  lobes  est  marbrée  de 
filets  brun  foncé  et  il  existe  deux  traits  épais  de  cette  couleur,  un 
sur  chaque  lobe,  descendant  du  sommet  de  la  tête  jusqu'à  un  point 
situé  un  peu  plus  bas  que  la  commissure  supérieure  du  triangle 
frontal.  La  tête  porte  quelques  poils  très  fins,  brunâtres,  les  uns 
relativement  longs.  La  couleur  fondamentale  du  dorsum  est  d'un 
brun  rougeâtre  clair;  le  filet  dorsal  central  est  mince,  plus  clair 
que  le  fond;  il  est  blanc  et  très  mince  sur  l'écusson  prothora- 
cique  et  le  reste  du  segment  prothoracique  ;  le  filet  médiodorsal 
est  bordé,  sur  toute  la  longueur  du  corps,  par  une  ligne  bru- 
nâtre, à  peine  plus  foncée  que  le  fond,  sauf  au  bord  —  et  vers 
le  bord  -  -  antérieur   de  chaque  segment,   où  elle  est  marquée 


240  LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

par  une  tache  allongée,  noire;  les  tubercules  trapézoïdaux  sont 
relativement  éloignés  du  centre  dorsal,  sur  les  segments  abdo- 
minaux ;  le  I  est  marqué  par  ime  petite  tache  noire  ;  la  ligne  sous- 
médiane,  formée,  comme  les  autres  lignes,  par  une  agglomération 
de  points  noirs,  est  bien  marquée  sur  le  premier  bourrelet  de 
chaque  segment,  c'est-à-dire  sur  presque  toute  la  moitié  antérieure 
des  segments,  mais  elle  est  presque  effacée  sur  la  moitié  posté- 
rieure; serré  entre  elle  et  une  ligne  suprastigmatale  faible  et  floue, 
est  un  filet  blanchâtre,  surtout  bien  marqué  sur  la  moitié  posté- 
rieure de  chaque  segment;  l'espace  suprastigmatal,  de  la  couleur 
fondamentale,  est  quelque  peu  saupoudré  d'atomes  noirs;  le  filet 
stigmatal  est  clair,  un  peu  blanchâtre,  bordé,  supérieurement,  de 
petites  taches  noires,  aux  environs  du  stigmate.  Les  stigmates  sont 
ovales,  noirs.  Le  fLange  est  clair,  mais  la  limite  de  l'aire  dorsale 
et  de  l'aire  ventrale  n'est  pas  bien  nettement  déterminée.  La  sur- 
face ventrale  et  la  base  des  pattes  sont  ci'un  blanc  verdâtre  sale, 
un  peu  jaunissant.  Les  pattes  membraneuses  sont  blanchâtres  avec 
une  épaisse  couronne  de  crochets  noirs  ;  les  pattes  thoraciques  sont 
d'un  brun  blanchâtre;  elles  sont  demi-transparentes.  Le  clapet 
anal  est  marbré  d'atomes  noirs.  Le  huitième  segment  abdominal 
ne  porte  pas  de  saillie  dorsale,  mais  son  bord  postérieur  forme 
bourrelet  au-dessus  du  neuvième  segment  abdominal;  le  bord 
postérieur  de  ce  dernier  segment  porte,  également,  un  bourrelet. 
Les  poils  ordinaires  du  corps  sont  fins,  brunâtres. 

Le  31  janvier,  j'ai  constaté  qu'une  des  chenilles  s'était  chrysa- 
lidée.  Les  autres  , aussi,  doivent  être,  maintenant,  chrysalidées, 
mais  leurs  cocons  sont  intacts  et  il  serait  imprudent  de  les  ouvrir. 
I-e  cocon  est  sous  terre;  il  est  assez  peu  résistant,  composé  de  soie 
et  de  terre.  La  chrysalide  est  assez  épaisse  antérieurement;  sa 
couleur  est  d'un  acajou  un  peu  rosé;  la  surface  est  rugueuse,  sauf 
aux  incisions  intersegmentales. 

Le  premier  papillon,  un  cf,  c^st  éclos  à  Rennes,  dans  la  soirée 
du  15  septembre;  c'est  un  bel  Heliophobus  hispida,  conforme  à 
la  race  de  la  province  d'Oran,  ainsi  qu'il  est  relaté  plus  haut.  » 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  24 1 

Heliophobiis  Messaoïida,  Obthr. 

Koudiet-Guenfou,  région  de  Timhadit,  9  à  21  août  1920. 

Agrotis  Crassa,  Huebner. 

Deux  Q  Q  prises  à  Meknès,  en  octobre  et  décembre  1920. 

Agrotis  spinifera,  Huebner 
Tanger  (Vaucher). 

Agrotis  Lipara,  Rambur. 

Koudiet-Guenfou,  région  de  Timhadit,  du  9  au  21  août  1920. 

Ne  paraît  pas  différer  de  la  forme  algérienne  et  tunisienne;  ne 
semble  pas  rare.  J'ai  publié  une  ample  figuration  de  cet  Agrotis 
longtemps  méconnu  dans  le  Volume  XVI  des  Etudes  de  Lépi- 
doptérologie  co77î parée,  PI.  XDII,  fig.  n°^  4062  à  4071. 

Agrotis  Piita,   Huebner 

Larache  (Vaucher). 

Mrassine,  en  mars  et  avril  192 1. 

Commune  à  Mrassine  ;  appartient  à  la  variété  Erythroxylea, 
Herrich-Schaefler  ;  les  échantillons  marocains  sont  généralement 
de  grande  taille. 

Agrotis  saucia,  Engramelle. 

Tanger  (Vaucher). 
Mrassine,  en  avril  1921. 
Rabat  (Théry). 
Volubilis  (Alluaud). 

16 


242  LÉPIDOrrÉROLOGIE   COMPARÉE 


Agrotis  Segelum,  W.  V 

Tanger  (Vauchcr). 
Mrassine,  en  avril  1921. 


Agrotis  corticea,  Huebner. 
Tanger  (Vaucher). 

Agrotis  mauretanica,   Bang-Haas. 

Haute  Reraya,  dans  le  Grand-Atlas,  près  du  marabout  de  Sidi- 
Chamarouch,  par  2.400  mètres  d'altitude  (Charles  Alluaud). 

Tripliaena  Orbona,  Naturf. 
Tanger  (Vaucher). 

Triphaena  pronuba,  Aibin. 

Tanger  (Vaucher). 

Mrassine,  en  avril  192 1  ;  varie  comme  partout  pour  les  ailes 
supérieures,  en  dessus,  plus  ou  moins  obscures  ou  claires  ;  com- 
nume  à  Mrassine. 

Noctua  C  Nigrum,  Linné. 
Tanger  (Vaucher). 

Taeniocampa  faceta,    Ireitschkc. 

Beni-Amar,  région  du  Zehroun,  novembre,  décembre  1920,  et 
commencement  de  janvier  192 1. 
Mrassine,  1-15  mars  1921. 


LÉPIDOPIÉROLOGIE   COMPARÉE  243 

H.  Powell  a  obtenu  à  Beni-Amar,  au  commencement  de  l'hiver 
1921,  une  Q  extrêmement  obscure,  dont  les  ailes  supérieures  sont 
d'un  brun  pourpré  très  foncé,  uni,  avec  une  seule  éclaircie  subter- 
minale. 


Taeniocampa  Witzenmanni,   Standfuss,  var.  nigrolimbata, 

Obthr.  (PI.  DXXXVI,  fig  4475). 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920. 

Ne  paraît  pas  rare  et  présente,  pour  le  dessus  des  ailes  supé- 
rieures, les  variétés  de  coloration  grise,  ocre  pâle  jaune  et  rou- 
geâtre  et  vineux. 

Au  Maroc,  l'espace  subterminal  des  ailes  inférieures,  chez 
Witzenmanni  cf,  de  toute  coloration,  est,  en  dessus,  fortement 
lavé  de  noir,  ce  qui  distingue  la  forme  marocaine  des  races  algé- 
rienne et'  provençale. 

J'ai  désigné  cette  forme  marocaine  par  le  nom  de  nigrolimbata. 

Anchocelis  Litura,  Linné. 

Beni-Amar,  région  du  Zehroun,  en  novembre  et  décembre  1920. 
Forme  très  obscure,  de  coloration  beaucoup  plus  foncée  qu'en 
Algérie. 

Anchocelis  pistacina,  W.  V. 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920. 

Il  y  a  des  exemplaires  chez  lesquels  les  ailes  supérieures  ont  le 
fond  gris,  certains  qui  sont  brun  foncé  un  peu  purpurin,  d'autres 
qui  sont  roux,  avec  les  taches  ordinaires  plus  ou  moins  marquées. 
Je  ne  constate  pas  de  différence  digne  d'être  signalée  entre  les 
échantillons  marocains  et  français. 


244  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Gortyna  Xanthenes,  Germar. 

Une  chenille  dans  le  dernier  stade,  mais  loin  d'être  adulte,  a 
été  trouvée  dans  une  tige  d'artichaut  sauvage,  au  milieu  d'une 
botte  de  tiges  achetées  à  un  Marocain  de  passage  à  Mrassine.  Les 
artichauts  avaient  été  récoltés  dans  le  massif  des  Guerrouane.  La 
chenille  a  été  soufflée  le  21  avril  192 1. 


Liiperina  testacea,  Huebner. 
Région  de  Timhadit,  en  août  1920. 

Mamestra  Andalusica,  Rambur. 

Alrassnie,  en  mai  1921. 

L'Espèce  est  parfaitement  figurée  dans  le  Catnlogue  sysiénia- 
tïqne  des  Lépidoptères  de  V Andalousie,  sous  le  n"  4  de  la  PI.  XI. 

Staudinger  et  Rebel,  dans  leur  Ca/alog  içoi,  ne  semblent  pas 
citer  cette  belle  Mamestra  qui  constitue  une  Espèce  très  tranchée. 
Les  deux  Herren  Doktoren  en  question  indiquent  comme  variété 
de  Mamestra  brassicae,  une  Andalusica,  Stgr.  {dilutior,  alis  anticis 
ochraceo  vel  flavescente-gnseis,  minus  pictis).  Mais  cette  Anda- 
lusica, Stgr.,  ne  saurait  être  rapportée  à  Andalusica,  Rambur, 
laquelle  n'est  point  une  variété  de  brassicae,  mais  bien,  comme  je 
le  dis  plus  haut,  une  Espèce  très  spéciale  et  tout  à  fait  distincte 
de  brassicae. 

Il  semble  que  vStaudinger  et  Rebel  ont  simplement  oublié  de 
cataloguer  la  Mamestra  Aiîdalusica,  Rambur.  Du  moins,  j'ai  été 
inhabile  à  trouver  cette  Espèce  répertoriée  dans  le  Catalog  içoi, 
ainsi  du  reste  que  dans  l'édition  précédente. 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  245 


Dianthoecia  Capsophila,  Duponchel. 
Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Dianthoecia  capsincola,  W.  V. 

Mrassine,  en  avril  1921. 

Hecatera  Dysodea,  W.  V. 

Timhadit,  août  1920. 

Conforme  à  la  morphe  française;  n'appartient  pas  à  la  variété 
af ricana,  Obthr.  {Etudes  de  Lé pid opter ologie  comparée,  Vol.  X, 
PI.  XDV,  fig.  41 16). 

Phorocera  Canteneri,  Duponchel. 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Phorocera  felicina,  Donzel. 

Tanger  (Vaucher). 

Rabat  et  Marakech  (Ch.  Alluaud). 

Est  venu  abondamment  à  la  lumière  à  Marakech,  en  mars  1920 
et  avril  IQ21. 

La  forme,  à  Marakech  est  très  obscure.  Les  ailes  supérieures 
sont  d'un  brun  foncé  un  peu  rougeâtre. 

Phorocera  DuSeiitrei,  Obthr.  (?\.  DXXXVI,  fig.  4476,  4477 
4478,  4479). 

Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai  1921. 

Fez,  pris  à  la  lumière,  le  22  mai  1920,  par  M.  Ch.  Alluaud. 


2^6  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Dédiée  à  M.  le  Lieutenant  Jaulin  Du  Seutre,  envers  qui  Harold 
Powell  a  contracté  de  si  affectueuses  dettes  de  reconnaissance. 

Espèce  très  variable  pour  la  coloration  des  ailes  supérieures 
qui  est  tantôt  d'un  brun  rougeâtre,  tantôt  d'un  ocre  jaune,  ou 
même  d'un  ocre  gris  pâle.  Elle  ressemble  à  Feltcina,  Donzel; 
laquelle  Feltcina  paraît  être  beaucoup  moins  variable  comme  colo- 
ration des  ailes  que  DiiSeutrei.  Cependant  Felicina  a  le  thorax 
et  l'abdomen  sensiblement  plus  larges  et  d'aspect  plus  robuste. 
En  dessus^  les  dessins,  d'ailleurs  très  fins,  assez  mal  définis  ou 
tout  au  moins  peu  accentués  des  ailes  suprieures,  ne  semblent  pas 
bien  différents  entre  Felicina  et  DuSeutreï. 

La  ligne  extrabasilaire,  aux  ailes  supérieures,  chez  DuSeutrei, 
descend  en  direction  assez  droite  du  bord  antérieur  vers  le  bord 
interne  ;  elle  est  fine  et  un  peu  tremblée,  ne  se  détachant  pas  nette- 
ment sur  la  teinte  du  fond.  L'ombre  médiane  est  peu  apparente; 
elle  est  située  entre  les  taches  orbiculaire  et  réni forme  qui  sont 
elles-mêmes  petites;  l'orbiculaire  faisant  l'effet  d'un  simple  point 
brunâtre.  La  coudée  décrit  une  courbe  assez  accentuée;  elle  est 
fine,  composée  d'une  série  de  petits  croissants  concaves  extérieu- 
rement, quelquefois  légèrement  éclairés  d'une  teinte  un  peu  plus 
pâle. 

La  subterminale  peu  indiquée  suit  une  direction  assez  analogue 
à  la  coudée. 

Le  thorax  est  velu  et  de  la  couleur  du  fond  des  ailes  supé- 
rieures. 

Les  ailes  inférieures  sont  beaucoup  plus  foncées  que  chez  Feli- 
cina et  largement  noirâtres  le  long  du  bord  terminal  ;  la  frange 
est  d'un  gris  ou  d'un  brun  plus  clair. 

En  dessous,  sur  les  quatre  ailes,  la  ligne  coudée  est  épaisse,  plus 
foncée  que  le  grnund  colo2ir ;  sur  les  quatre  ailes,  on  distingue 
quelquefois  un  gros  point  discoïdal  brun,  ou  tout  au  moins  une 
ombre  brune.  Aux  quatre  ailes  enfin,  l'espace  subterminal  est  plus 
foncé  que  le  fond  des  ailes  qui  est  ocreux  et  d'aspect  soyeux. 

Je  possède  une  série  de  plus  de  cinquante  exemplaires. 


LÉFIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  247 

Je  ne  crois  pas  que  Phoroccra  DuSeutreï  puisse  être  confondue 
avec  Metopoceras  m  or  osa,  Rothschild,  dont  deux  figures  très  diffé- 
rentes de  coloration,  —  d'ailleurs  dépourvues,  l'une  et  l'autre,  de 
la  finesse  indispensable  pour  permettre  de  reconnaître  avec  cer- 
titude des  Noctuelles  dont  les  caractères  distinctifs  sont  peu 
saillants,  —  ont  été  publiées  dans  les  Nouilates  Zoologicae;  la 
première  sous  le  11°  22  de  la  PI.  I,  dans  le  Vol.  XXVI;  la  seconde 
sous  le  n"  20  de  la  PI.  XV,  dans  le  Vol.  XXVII. 

La  description  de  Metopoceras  morosa,  dans  Novitates  Zoolo- 
gicae, p.  326,  Vol.  XXI,  fait  complète  abstraction  du  dessous  des 
ailes  dont  il  n'est  fait  aucune  mention. 

Après  étude  de  ladite  description  qui  n'est  différentielle  que 
pour  la  comparaison  d'un  détail  avec  Omar,  Obthr.,  et  qui  ne 
présente  aucune  comparaison  avec  Felicina;  enfin,  après  examen 
des  deux  figures  précitées,  au  sujet  desquelles  j'ai,  plus  haut, 
exprimé  mon  appréciation,  je  suis  arrivé  à  la  conviction  que  Pho- 
rocera  DiiSeiitrei  ne  peut  être  confondue  ni  avec  Felicina,  dont 
elle  se  rapproche  davantage,  ni  avec  la  morosa  en  question. 

On  trouve  aussi  figurée  sous  le  11°  24  de  la  PI.  XVII,  dans  le 
Vol.  XXVII  des  N ovitates  Zoologicae,  avec  le  nom  de  Najnaii- 
gana  Chimaera,  Rothschild,  une  Noctuelle  qui  est  très  sommaire- 
ment décrite,  en  dessus  seulement,  à  la  page  45  du  même  ouvrage. 
La  même  insuffisance  de  finesse  dans  la  figuration  rend  presque 
impossible  la  certitude  d'une  identification  avec  cette  Namaii- 
gana  Chimaera;  d'autant  plus  qu'on  lit  dans  la  description  de 
cette  Noctuelle  qui  ne  ressemble  à  aucune  autre  Nociuide  connue 
de  l'Auteur,  ces  mots  :  c  cf.  Entirely  wood-grey  with  an  intense 
satiny  sheen  )>.  La  figure  pu'ûliée  dans  Novitates  Zoologicae  ne 
donne  cependant  aucune  idée  de  cet  intense  éclat  de  satin  dont 
serait  ornée  la  N.  Chimaera.  D'ailleurs  un  pareil  intense  éclat  ne 
se  remarque  nullement  sur  les  ailes  de  DuSeutrei. 

Il  y  a  beaucoup  d'Espèces  de  Noctuelles  dont  les  caractères 
généraux  sont  saillants  et  accentués  ;  dès  lors  il  peut  être  aisé  de 


248  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

s'en  rendre  compte,  même  avec  des  ligures  traitées  sans  finesse  et 
quelquefois  un  peu  grocsièrement.  Telles  sont,  par  exemple,  dans 
le  Vol.  XXVII  de  NovihUes  Zcologicae,  sur  la  PI.  XVI,  les 
fig.  II  et  12  {Ajîumeta  Spaizi,  Roths.);  13  et  14  {Anurneta  major ^ 
Roths.)  ;  17  {Cortyta  rosacea,  Rebel),  qui  ont  été  chromolithogra- 
phiées  d'après  les  modèles  peints  par  Horace  Knight. 

Mais,  par  contre,  il  y  a  aussi,  parmi  les  Nocitddes,  un  certain 
nombre  d'Espèces,  de  taille  moyenne  ou  petite,  de  couleur  grise 
ou  brune,  chez  qui  les  lignes  et  taches  sont  faiblement  indiquées, 
souvent  indécises,  tout  au  moins  chez  quelques  individus  dont  on 
peut  dire  qu'ils  sont  comme  effacés  ;  ces  Espèces,  d'un  faciès  assez 
insignifiant,  ressemblent  d'une  façon  générale  à  beaucoup  d'autres 
Espèces  qui  sont  également  colorées  avec  des  tons  de  terre  ou  de 
poussière.  Pourtant,  l'étude  attentive  de  ces  Noctuelles  révèle 
qu'elles  constituent  des  unités  spéciales  et  distinctes. 

Le  devoir  du  Naturaliste-descripteur  consiste  alors,  - —  pour 
réussir  à  bien  faire  connaître  les  Espèces  qui  sont  naturellement 
aussi  faiblement  expressives,  —  à  choisir  des  spécimens  d'une 
entière  fraîcheur,  n'ayant  subi  aucune  détérioration  dans  leur 
thorax  ou  dans  leurs  ailes  dont  la  frange  doit  subsister  entière 
et  intacte.  De  plus  il  est  nécessaire,  en  vue  d'aider  à  mieux  com- 
prendre l'Espèce,  de  rechercher,  comme  modèles  de  figuration,  les 
échantillons  qui  présentent  les  lignes,  dessins  et  taches  les  mieux 
indiqués  et  les  plus  perceptibles. 

C'est  alors  que  l'Artiste,  à  qui  est  confiée  la  représentation  des 
exemplaires  ainsi  sélectionnés,  ayant  été  préalablement  averti  par 
le  Descripteur  qui  lui  a  fait  part  de  ses  remarques  et  observations, 
doit  s'appliquer  à  reproduire,  avec  une  impeccable  fidélité,  la 
physionomie  particulière,  l'aspect  général,  en  un  mot  ce  que  feu 
Guenée  appelait  :  la  coupe  des  papillons  donnés  comme  modèle 
au  peintre. 

Il  est  très  souvent  indispensable  d'étendre  la  figuration  à  plu- 
sieurs exemplaires  d'une  même  unité  spécifique,  de  façon  à  fournir 
tous  les  moyens  de  dissiper  les  doutes  qui  pourraient  s'élever  dans 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  249 

l'esprit  de  l'Entomologiste  préoccupé  d'établir  une  exacte  identi- 
fication. Il  est  fort  regrettable  que  les  figures  publiées  —  en 
nombre  malheureusement  le  plus  souvent  trop  parcimonieusement 
restrenit,  dans  les  Novilates  Zoologicae,  —  n'y  soient  pas  l'objet 
pour  les  Espèces  délicates,  dont  les  caractères  sont  naturellement 
imprécis,  d'un  soin  plus  attentif  et  d'une  compétence  artistique 
et  même  entomologique  plus  certaine  et  plus  expérimentée.  En 
effet,  si  les  procédés  de  chromolithographie  peuvent  suffire  dans 
certains  cas,  la  gravure,  avec  ses  finesses  dont  la  délicatesse 
n'exclut  pas  la  vigueur,  s'impose  pour  la  bonne  reproduction  de 
plusieurs  Espèces  dont  les  caractères  sont  vagues  et  imprécis. 

Notamment  la  fidélité  dans  la  représentation  du  thorax  et  de 
l'attache  des  ailes  supérieures  importe  beaucoup  pour  rendre 
exactement  la  physionomie  dont  chaque  Espèce  de  Noctuelle 
porte  l'expression.  C'est  ainsi  que  sur  la  PI.  I,  dans  le  Vol.  XXVI 
des  Novitaies  Zoologicae,  les  figures  20,  23,  24,  25,  26,  27,  28,  35, 
40,  etc.,  pèchent  sensiblement  et  fâcheusement  pour  la  manière 
dont  sont  reproduits  le  thorax,  la  tête  et  l'attache  des  ailes  au 
corps. 

J'ai  dit  au  sujet  des  Planches  de  l'ouvrage  de  Seitz  :  Les 
Macrolépidoptères  du  Globe,  —  dont  la  facture  est  si  inégale  et 
le  dessin  souvent  si  défectueux,  —  que  les  frais  généraux  et 
notamment  ceux  d'impression  et  de  papier  étaient  les  mêmes, 
aussi  bien  quand  le  dessin  initial  est  bien  réussi  que  lorsqu'il  est 
mal  exécuté. 

Cette  vérité  s'applique  à  tous  les  ouvrages.  De  plus,  si  le  dessin 
est  exact,  sincère,  soigné,  en  un  mot,  si  la  figuration  reproduit 
exactement  le  spécimen  qui  sert  de  modèle  à  l'Artiste,  l'avantage 
pour  la  Science  reste  toujours  acquis.  Les  anciennes  et  excellentes 
Planches  de  Roesel  von  Rosenhof  et  certaines  Planches  de  Sepp 
senior  n'ont  rien  perdu  de  leur  utilité;  on  les  consulte  toujours 
avec  fruit  et  plaisir,  à  cause  de  la  parfaite  figuration  qui  les  dis- 
tingue, non  seulement  pour  les  taches  et  dessins  des  ailes,  mais 
encore  pour  le  faciès  et  Vhabitus  de  la  chenille  ou  du  papillon. 
Il  devrait  en  être  de  nos  jours  toujours  ainsi. 


250  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

J'ai  appris,  par  une  expérience  déjà  ancienne,  que  la  réussite 
dans  l'Art  est  difficile  à  réaliser  avec  toute  la  perfection  désirée. 
Mais  de  ce  que  le  succès  est  malaisé  à  obtenir,  il  n'en  est  pas  moins 
souhaitable  et  les  efforts  les  plus  soutenus,  en  vue  d'un  progrès 
incessant  pour  objectif,  doivent  être  constamment  tentés  par  le 
Descripteur,  guide  du  Dessinateur,  et  par  le  Dessinateur  lui- 
même. 

On  ne  me  blâmera  pas,  je  l'espère,  d'insister  pour  que  les  figures 
de  papillons  deviennent  toujours  mieux  dessinées,  plus  finement 
et  plus  exactement  interprétées  qu'elles  ne  le  sont,  hélas  !  trop 
souvent  de  nos  jours.  Il  ne  s'agit  du  reste  nullement  dans  mon 
esprit  d'une  critique  empreinte  de  quelque  amertume  et  visant 
une  personnalité  quelconque.  Quoiqu'il  ait  été  question,  au  cours 
de  cette  notice,  d'une  Meiopoceras  morosa,  je  ne  me  sens  coupable 
d'aucune  morosité  envers  personne.  Un  seul  sentiment  m'anime 
présentement,  c'est  d'e.ssayer  d'obtenir  le  maximum  de  perfection 
dans  l'exécution  des  figures,  aussi  bien  pour  mes  propres  publi- 
cations lépidoptérologiqucs,  —  où  nous  éprouvons,  comme  tout  le 
monde,  les  difficultés  inhérentes  à  l'exécution  de  tous  les  ouvrages 
illustrés,  —  que  pour  toutes  les  autres  éditions  de  livres  d'Ento- 
mologie, sans  aucune  exception. 

Le  but,  c'est  que  nous  tous.  Entomologistes,  nous  puissions 
jouir  du  maximum  de  facilités  pour  l'identification  et  la  déter- 
mination des  Lépidoptères. 

Réaliser  des  figures  vraiment  exactes  des  papillons  qui  sont 
l'objet  de  quelque  étude;  empêcher  ainsi  les  erreurs  engendrées 
par  les  descriptions  sans  figures,  ou  accompagnées  de  figures 
mauvaises  et  insuffisamment  vraies,  voilà  mon  unique  objectif  en 
écrivant  ces  lignes.  Si  la  figuration  publiée  est  bonne,  tous  les 
Entomologistes  en  profitent;  si  la  figuration  est  défectueuse  en 
quelque  partie,  c'est  la  Science  elle-même  qui  en  souffre.  En  ce 
vingtième  siècle  où  nous  vivons,  il  y  a.  Dieu  merci,  encore  assez 
d'habiles  Artistes  pour  que,  ceux-ci  étant  bien  dirigés  par  les 
Auteurs  qui  font  appel  à  leurs  talents,  notre  Science  trouve  et 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE  25  I 

réalise,  dans  chaque  nouveau  travail  illustré,  un  progrès  sensible 
et  véritable. 

Il  intéressera  sans  doute  les  Lecteurs  des  Etudes  de  Lépidop- 
térologïc  comparée  de  savoir  comment  nous  opérons  nous-mêmes 
présentement  pour  nos  illustrations  entomologiques.  Harold 
Powell  a  quitté  Rennes,  le  21  septembre  192 1,  pour  rentrer  dans 
sa  famille,  à  Hyères.  Au  lieu  de  confier  aux  Chemins  de  fer  le 
transport  des  papillons,  des  chenilles  et  des  aquarelles  de  chenille 
dont  nous  jugions  la  reproduction  par  M.  J.  Culot  nécessaire  pour 
le  présent  Volume  XIX  des  Etudes,  H.  Powell  a  porté  lui-même 
à  Genève  les  matériaux  destinés  à  servir  de  modèle  à  l'habile 
artiste  qu'est  M.  Culot.  Le  but  n'était  pas  seulement  de  garantir 
les  précieux  documents  contre  les  avaries  de  la  route,  mais  encore 
de  s'entendre  avec  M.  Culot  relativement  à  l'exécution  des 
Planches   à  intervenir. 

En  travaillant  ensemble  à  Rennes,  Harold  Powell  et  moi,  nous 
avions  remarqué  certaines  particularités,  observé  certains  détails. 
De  plus,  H.  Powell,  excellent  aquarelliste,  devait  présenter  et 
expliquer  ses  dessins  de  chenille,  faits  au  Maroc,  à  notre  si  dis- 
tingué et  si  consciencieux  metteur  sur  pierre  et  coloriste.  C'est 
ainsi  que  nous  nous  sommes  efforcés,  d'un  commun  accord,  de 
prendre  toutes  les  précautions  en  vue  de  la  figuration  exacte  des 
échantillons  naturels  dont  nous  voulons  assurer  l'entière  et  fidèle 
représentation.  J'espère  que  le  résultat  répondra  à  toutes  nos  espé- 
rances; nous  en  avons  d'ailleurs  pour  garant  le  talent  éminent  de 
notre  cher  ami  et  collaborateur  artistique  si  dévoué,  le  Maître 
Jules  Culot;  mais,  malgré  la  valeur  de  cette  garantie,  nous  avons 
voulu  ne  laisser  subsister  aucune  chance  d'oubli  ou  de  malentendu. 


Polia  Venusta,  Boisduval  (Aigillaceago,  Guenée) 

Une  superbe  Q  est  éclose  à  Rennes,  le  12  octobre  192 1,  d'une 
chrysalide  apportée  du  Maroc  par  H.  Powell 


s  2  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


Polia  diibia,  Duponchcl  (caerulescens,  Bdv.). 

Sortie  à  Rennes,  le  13  septembre  192 1,  d'une  chrysalide  envoyée 
de  Beni-Amar  où  la  chenille  avait  été  trouvée  en  décembre  1920. 

Harold  Powcll  eut  soin  d'écrire  la  description  et  la  notice  que 
je  transcris  textuellement  ci-dessous. 

De  même,  il  a  fait  de  la  chenille  un  dessin  colorié  qu'il  a  porté 
à  M.  J.  Culot  en  vue  de  la  reproduction  pour  le  présent  ouvrage. 
Désormais,  c'est  H.  Powell  qui  parle  : 

«  Chenille  Noctuide  trouvée  au  commencement  de  décembre 
1920,  à  Beni-Amar,  sous  une  pierre,  sur  un  talus  recouvert  de 
plantes  basses  (Graminées,  Arisarinn,  Composées,  etc.). 

Elle  était  dans  le  stade  précédant  l'avant-dernier  et  sa  couleur 
était  verte.  La  chenille  a  mué  peu  après,  pour  entrer  dans  l'avant- 
dernier  stade.  Elle  a  atteint  le  dernier  stade  vers  le  20  décembre  ; 
l'apparence  de  la  chenille  a  changé  à  cette  mue;  la  couleur  ver- 
dâtre  a  disparu  pour  faire  place  au  gris  brun  avec  éclaircies  blanc 
jaunâtre. 

Le  3  janvier  1921,  elle  paraît  avoir  atteint  toute  sa  taille;  voici 
la  description  de  la  chenille  telle  qu'elle  se  trouve  ce  jour  : 

Forme  cylindrique,  peu  atténuée  aux  extrémités;  pas  de  renfle- 
ment du  huitième  segment  abdominal.  Longueur  totale  :  0.042. 

Tête  luisante,  sans  aspérités,  portant  quelques  poils  fins,  blan- 
châtres, assez  longs;  sa  couleur  est  d'un  blanc  grisâtre,  mais  elle 
porte  de  grandes  taches  d'un  brun  foncé,  réunies  entre  elles  par 
un  réseau  de  lignes  assez  dense,  d'un  brun  foncé;  le  triangle 
frontal  est  brun,  avec  une  éclaircie  centrale;  l'épistome  est  gris, 
à  rainures  verticales;  le  labrum  est  gris  transparent;  les  antennes 
sont  concolores,  à  base  large. 

Corps.  —  La  surface  ventrale  et  la  base  des  pattes  sont  d'un 
gris  jaunâtre  uniforme  tirant  un  peu  sur  le  vert;  au-dessus  de  la 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  253 

base  des  pattes  et  sur  tout  le  dorsum,  la  couleur  grisâtre  fonda- 
mentale est  plus  claire;  elle  est  marbrée  de  petites  taches  blan- 
châtres, sur  les  flancs  ;  plus  haut,  ces  taches  se  confondent,  de  sorte 
que,  sur  le  dos,  le  fond  paraît  être  d'un  blanc  jaunâtre  sale  et  il 
y  est  marbré  de  très  fines  lignes  et  de  fins  points  bruns.  La  ligne 
médiodorsale,  très  indistincte,  est  formée  de  deux  filets  parallèles, 
bruns,  vers  lesquels  convergent  en  V  des  ombres  brunes  peu  nettes. 
Une  ligne  sous-médiane  brune,  aux  limites  floues,  en  zigzag,  fait 
bordure  inférieure  à  des  éclaircies  d'un  blanc  sale  qui  séparent  la 
sous-médiane  de  la  médiodorsale;  sur  le  premier  bourrelet  (le  plus 
large)  des  segments,  la  ligne  sous-médiane  forme  une  tache  noi- 
râtre épaisse,  ayant  un  petit  espace  rond,  blanchâtre  vers  sa  marge 
antérieure.  La  teinte  fondamentale  du  segment  anal  et  du  segment 
prothoracique  est  un  peu  plus  sombre  dorsalement  que  par  ail- 
leurs ;  les  stigmates  sont  petits,  ovales  et  de  la  couleur  du  fond  ; 
ils  sont  finement  cerclés  d'un  filet  chitineux,  brun  foncé.  Le  dessin 
en  aquarelle  que  j'ai  fait  de  la  chenille  donnera  une  meilleure  idée 
de  ses  dessins  et  de  sa  forme  que  toute  description  écrite.  Les 
quelques  poils  du  corps  sont  très  courts  et  très  fins;  ils  sont  plus 
forts  et  longs  sur  le  dernier  segment  (clapet  anal  et  bases  des 
pattes  anales). 

Le  7  janvier  1921,  je  note  que  la  chenille  semble  se  préparer 
pour  descendre  en  terre;  elle  a  diminué  de  volume  et  s'est  consi- 
dérablement raccourcie;  elle  a  cessé  de  manger  depuis  deux  jours. 

J'ai  nourri  cette  chenille,  en  captivité,  avec  la  Hyoseris  ra- 
dïata  L.,  une  Composée  à  feuilles  dentées  et  à  fleurs  jaunes,  com- 
mune dans  les  anfractuosités  des  rochers  à  Beni-Amar;  les  feuilles 
sont  étalées  en  rosette  sur  le  sol  ou  contre  les  roches;  c'est  une 
plante  assez  voisine  des  Pissenlits. 

La  chenille  a  disparu  définitivement  sous  terre  le  9  janvier. 
Le  cocon  est  épais  mais  peu  résistant;  il  est  formé  de  particules 
de  terre  réunies  ensemble  avec  de  la  soie  gri'^,  brunâtre;  l'intérieur 
du  cocon  est  garni  de  soie  sans  mélange. 


254  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

L'éclosion  du  papillon,  un  cf  de  Polia  dubia,  a  eu  lieu  à  Rennes, 
dans  l'après-midi  du  13  septembre  1921.  )) 

Polia  flavocincta,  Rœsel-Guenée. 

Tanger  (Vaucher). 

Très  abondante  à  Beni-Aniar  (Zehroun)  en  novembre  et  dé- 
cembre 1920. 

La  forme  marocaine  est  grise.  Je  n'ai  pas  vu  un  seul  échantillon 
de  la  variété  suhlutea,  Turati. 

Bombycia  Viminalis,  Fabr.,  var.  Emir,  Obthr. 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Epunda  Lichenea,  Huebner-Guenée. 

Koudiet-Guenfou,  région  de  Timhadit,  9-21  août  1920. 
Azrou,  automne  1920. 

Beni-Amar  (Zehroun),  novembre,  décembre  1920. 
La  forme  marocaine  est  d'un  gris  plus  noirâtre  et  d'un  aspect 
moins  verdâtre  que  dans  les  localités  algériennes. 

L'Espèce  est  représentée  par  de  nombreux  échantillons. 

Epunda  Chioleuca,   Herrich-Schaeffer. 

Azrou,  automne  1920. 

Beni-Arnar  ^Zehroun),  novembre  et  décembre,  1920. 
Meknès,  décembre  1920. 

La  forme  marocaine  d' Epunda  Chioleuca  est  très  obscure;  les 
ailes  inférieures  sont  souv<nt  bordées  de  noir. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  255 


Epunda  nigra,  Haw-Guenée. 

Tanger  (Vaucher). 

Beni-Amar  (Zehroun),  novembre  et  décembre  1920. 

Un  bel  exemplaire  est  éclos  à  Rennes,  le  28  septembre  1921, 
d'une  chrysalide  apportée  du  Maroc  par  H.  Powell.  Deux  autres, 
très  beaux  aussi,  sont  sortis  de  leur  chrysalide,  le  15  octobre  1921. 

Phlogophora  Empyrea,  Huebner. 

Beni-Amar  (Zehroun),  en  novembre  et  décembre  1920. 

Phlogophora  meticulosa,  Linné. 

Mrassine,  avril  1921. 

Conforme  à  la  morphe  de  Syrie  qui,  elle-même,  diffère  à  peine 
de  la  race  européenne. 

Hadena  Oleracea,  Linné,  et  var.  variegata,  Austaut. 

Oudjda  (Austaut). 
Tanger  (Vaucher). 
Meknès,  décembre  1920. 
Oued-Didida,  15  juin  1921. 

C'est  la  forme  de  Oudjda  qui  appartient  à  la  variété  variegata^ 
Austaut. 

Hadena  chenopodii,  Aibin. 

Un  exemplaire  éclos  le  i''''  juillet  1920  d'une  chenille  trouvée 
à  Casablanca,  le  14  juin  1920,  sur  une  plante  épineuse  de  1?. 
famille  des  Composées. 


256  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Hadena  Solieri,  Boisduval. 

Bcni-Amar,  région  du  Zchroun,  en  novembre  et  décembre  1920. 

Le  bord  sublerminal  des  ailes  inférieures,  blanchâtre  chez  les 
CfcT,  est  plus  noirci  que  chez  les  échantillons  algériens. 

La  chenille  de  Hadena  Solieri  est  très  voisine  de  celle  de  Polia 
dubia  dont  elle  diffère  par  une  teinte  plus  brune  rougeâtre  et  plus 
uniforme  et  une  continuité  plus  régulière  de  la  ligne  sous-médiane. 

Je  l'ai  trouvée,  dans  l'avant-dernier  stade,  à  la  fin  du  mois  de 
décembre,  sous  une  pierre  au  milieu  de  plantes  basses,  dans  les 
éboulis  au  pied  de  la  falaise  au  sud  de  Beni-Amar.  Elle  était  alors 
dans  l'avant-dernier  stade  et  sa  livrée  était  d'un  vert  d'herbe  uni- 
forme, à  surface  ventrale  plus  pâle. 

C'est  à  la  dernière  mue,  vers  le  8  janvier,  qu'elle  a  changé  de 
couleur  et  qu'elle  a  développe  un  dessin  brun  foncé. 

C'est  ce  qui  s'est  passé,  d'ailleurs,  pour  la  chenille  de  Polia 
dubia.  Elle  a  choisi,  comme  nourriture,  une  plante  Composée  voi- 
sine des  TaraxaciDU,  qui  semble  convenir  à  bea.ucoup  de  chenilles 
de  Noctuides  (Hyosen;;  radiata).  Le  17  janvier,  elle  a  O.032  de 
longueur. 

La  chenille  de  Hadena  Solieri  est  descendue  en  terre,  définiti- 
vement, vers  le  25  janvier. 

L'éclosion  du  papillon  a  eu  lieu  à  Rennes,  dans  la  soirée  du 
19  septembre  1921. 

Quatre  chenilles  de  V Hadena  Solieri  ont  été  prises  à  Mrassine, 
entre  les  i'"'  et  15  mars  1921,  les  unes  sur  Erophaca  baefica,  les 
autres  sur  Anagyris  foelida.  Une  seule  de  ces  chenilles  est  des- 
cendue en  terre,  le  19  mars.  De  deux  autres  chenilles  est  sorti  un 
ver  blanc,  filiforme,  de  grande  longueur  {Gordius  sp.  ?). 

Dryobota  Roboris,  var.  Cerris,  Boisduval. 
Beni-Amar,  novembre  1920. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  257 


Dryobota  occlusa,  Esper. 

Beni-Amar,  &n  décembre  1920  et  janvier  192 1. 

C'est  la  forme  à  tache  réni forme  blanche  que  Harold  Powell 
a  rencontrée  dans  le  Zehroun,  au  commencement  de  l'hiver  1920- 
1921. 


Dryobota  protea,  W.  V. 

Tanger  (Vaucher). 

Lithocampa  Millierei,  Stgr. 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Xylocampa  Litlioriza,  Bork. 

Mrassine,  en  mars  1921. 

Ressemble  à  la  forme  européenne,  de  couleur  grise,  plutôt  qu'à 
la  forme  algérienne  Mustapha,  Obthr.,  de  couleur  plus  foncée  et 
brune. 

Calocampa  exoleta,  Linné. 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920 

Mrassine,  première  quinzaine  de  mars  192 1. 

Une  chenille  très  reconnaissable,  avancée  dans  son  dernier  stade, 
fut  trouvée,  le  il  mai  1921,  à  Mrassine;  elle  accepta  l'euphorbe 
pour  nourriture  et  descendit  en  terre,  le  21  mai  1921.  La  chrysa- 
lide est  morte, 

17 


258  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Cucullia  chamomillae,  Schifi. 

Bcni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920. 
Mrassine,  en  avril  1921. 


Cucullia  verbasci,  Linné. 
Tanger  (Vaucher). 

Cucullia  tanaceti,  Schift. 
Tanger  (Vaucher). 

Cucullia  chrysanfhemi,  Huebner. 

Marakech,  à  la  lumière,  en  avril  1920  (^Ch.  Alluaud). 
Mrassine,  en  avril  1921. 

Cucullia  calendulae,  Tr. 

Beni-Amar,  en  décembre  1920  et  janvier  1921. 

Mrassine,  en  mars  et  avril   192 1. 

La  forme  est  plus  obscure  qu'à  Biskra. 

Cucullia  Argentina,  Fabr. 
Timhadit,  en  août  1920. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  259 


Cleophana  Serrata,  Treitschke-Guenée. 

Tanger  (Vaucher). 
Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai  1921. 

La  forme  marocaine  est  un  peu  plus  grande  qu'en  Algérie  et 
la  teinte  générale  est  plus  foncée. 


Cleophana  pectinicornis,  Stgr. 

Alarakech,  à  la  lumière,  en  mars  1921  (Ch.  Alluaud). 
Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Les  échantillons  marocams  sont  d'un  aspect  plus  robuste  et 
d'une  coloration  plus  accentuée  que  ceux  d'Algérie. 


Cleophana  Dejeani,  Duponchel-Guenée. 
Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai  1921. 


Cleophana  diffluens,   Stgr.,  var.  lusitanica,   Roths.,  et  var. 
maroccana,  Stgr. 

Mrassine,  en  mai  1921  (var.  lusitanica). 
Rabat  et  Tanger  (var.  maroccana). 


Calophasia  Platyptera,  Esper. 

Mrassine,  en  mai  1921. 

M.  Vaucher  a  reçu  de  Tanger  la  Calophasia  Platyptera  et  sa 
variété  subalbida,  Stgr. 


200  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Calophasia  Adamantina,  Blachier. 

Rabat  (Vaucher). 

Décrite  dans  le  Bulletin  de  La  Sociéié  entoniolo gïque  de  France, 
1905,  p.  214  et  215,  et  figurée  sous  le  n"  8  de  la  PI.  4,  dans  les 
Annales  de  la  même  Société,  igo8. 


Heliothis  Peltigera,  W.  V. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  et  août  1920. 
Djebel-Tisdadine,  6-8  août  1920. 

Djebel-Hebbri,  24  août  1920  ;  la  chenille  fut  trouvée  en  juillet 
sur  un  Salvia. 

Mrassine,  avril  et  mai  192 1. 

Fez  et  Grand-Atlas  (Ch.  Alluaud). 

Heliothis  dispacea,  Lmné. 
Rabat  (Vaucher). 

Heliothis  Armigera,    Huebner. 

Rabat;  élevé  sur  le  maïs  par  M'"'  Schmdler. 

Metoponia  Vespertina,  Huebner. 

Mrassine,  avril  1921. 
Oued-Djdida,  15  juin  192 1. 
Aflou,  juillet  1921. 

Abondante  et  variable  pour  l'accentuation  des  lignes  brunes 
sur  les  ailes  supérieures,  en  dessus. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  261 


Agrophila  Sulphuralis,  Linné. 


Forêt  d'Azrou.  en  août  1920. 

Oued-Djdida,  15  juin  192 1. 

La  forme  d'Azrou  appartient  à  la  variété  Havonitens,  Obthr. 

Acontia  albicollis,  Fabr. 

Rabat  (Vaucher). 
Mrassine,  avril  192 1. 

Acontia  liictuosa,  Geoffr. 
Tang-er  (Vaucher). 

Erastria  Scitula,  Rambur. 
Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Leptosia  velocior,  Stgr. 
Mrassine,  en  avril  1921. 

Leptosia  polygramma,  Bdv. 

Région  de  Timhadit,  Djebel-Tisdadine,  en  juillet  102 1. 

Micra  parva,  Huebner. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 
Fez,  14  juin  1921. 


202  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Micra  ostrina,  Huebner. 

Forêt  d'Azrou,  juillet  et  septembre  1920. 

Mrassine,  avril  1921. 

Espèce  très  variable  au  Maroc,  comme  en  Algérie. 


Micra  purpurina,  W.  V. 

Taghzeft,  en  août  1920. 

La  forme  du  Taghzeft  appartient  à  la  var.  secunda,  Stgr. 


Anthophila  albicans,  Boisduval. 
Col  de  Taghzeft,  en  aoilt  1920. 

Anthophila  albida,  Duponchel. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Varie  assez  sensiblement  pour  la  taille  et  pour  les  ailes  supé- 
rieures, en  dessus,  dont  le  disque  est  plus  ou  moins  blanchi  ou 
coloré  en  brun  très  pâle,  avec  les  lignes  transversales  ordinaires. 

Anthophila  grata,  Boisduval,  var.  candicans,  Rambur. 
Tizi-n'Foucht,  15  juillet  1921. 

Anthophila  virginalis,  Obthr. 
Col  du  Taghzeft,  en  août  1920. 


LÉPIDOPTF.ROLOGIE   COMPARÉE  263 

Anthophila  Caïd,  Obthr. 

Col  du  Taghzeft,  en  août  1920. 

Eriopus  Latreillii,  Duponchel. 

Tanger  (Vaucher). 
Beni-Amar,  4  janvier  1921. 
Mrassine,  avril  et  mai  192 1. 

Eurhipia  Adiilatrix,  Huebner. 
Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Abrostola  triplasia, 

Tanger  (Vaucher). 

Plusia  aurifera,  Huebner. 

Tanger  (Vaucher). 

Plusia  chalcytes,  Esper. 
Tanger  (Vaucher). 

Plusia  accentifera,  Lefcbvre. 

Tanger  (Vaucher). 

Rabat  ;  élevée  sur  des  tomates  par  M""^  Schindler,  chef  du  ser- 
vice de  phytopathologie  à  l'Institut  scientifique  chérifien. 


264  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Plusia  Ni,  Engr. 

Tanger  (Vaucher). 

Azrou,  août  1920  et  juillet  1921. 


Plusia  gamma,  I  inné. 

Tanger  (Vaucher). 
Beni-Amar,  en  novembre  1920. 
Mrassine,  en  avril  1921. 


Gonoptera  libatrix,  Linné. 
Tanger  (Vaucher). 

Mania  Maura,  Linné. 
Tanger  (Vaucher). 

Spintherops  spectrum,  Esper. 
Mogador  (Vaucher). 

Apopestes  limbata,  Stgr. 

Volubilis,  en  mai  1920  (Ch.  Alluaud). 

Catephia  Alchymista,  Gcoffr. 
Tanger  (Vaucher). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  265 


Bolina  Cailino,  Lefebvre. 
Tanger  (Vaucher). 

Catocala  sponsa,  Linné,  var.  purpurea,  Obthr.  (PI.  DXXXVI, 
%  4474)- 

Vallée  d'Aïn-Toumliline,  en  aoiit  1920. 

Superbe  variété  marocaine  dont  les  ailes  inférieures  sont  d'un 
rouge  violet  très  vif  et  foncé,  tout  à  fait  différent  de  la  coloration 
qu'on  remarque  chez  les  exemplaires  d'Europe  et  d'Algérie. 

La  forme  paraît  très  constante,  si  j'en  juge  par  les  neuf  échan- 
tillons que  Harold  Powell  a  pu  capturer. 

Je  lui  ai  donné  le  nom  de  pirpurea. 

Catocala  Oberthuri,  Austaut. 
Tanger  (Vaucher). 

Catocala  Conjuncta,  Esper. 

Aghbalou-Larbi  (Moyen- Atlas),  12-17  août  1920. 

Ne  diffère  pas  des  échantillons  d'Algérie  et  de  Tunisie. 

Catocala  Nymphaea,  Esper. 
Mogador  (Vaucher). 

Catocala  Conversa,  Esper. 

Tanger  (Vaucher). 

Moyen-Atlas,  Vallée  d'Aïn-Toumliline,  en  août  1920. 


266  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Catocala  Nymphagoga,  Esper. 

Rabat. 

Rég-ion  de  Timhadit,  Djebel-Tisdadine,  juillet  1921. 

Ophiodes  Thiraca,  Cramer. 
Tanger  (Vaucher). 

Ophiodes  lunarîs,  W.  V. 

Tanger  (Vaucher). 
Mrassine,  avril  et  mai  1921. 

Variable  au  Maroc,  comme  en  Provence  et  en  Algérie,  pour  la 
coloration  plus  ou  moins  grise  ou  brune  du  dessus  des  ailes. 

Ophiusa  Algira,  Linné. 

Tanger  (Vaucher). 

Fez;  prise  à  la  lumière,  le  22  mai  1920  (Ch.  Alluaud). 

Grammodes  georaetrica,  Rossi. 
Tanger  (Vaucher). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  26; 


DELTOIDAE 


Hypena  obsitalis,  Huebner-Guenée  (5/>.  G.,  VIII,  p.  29,  n°  20). 

Région  des  Zemmours  (fin  mars  1921). 

Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai  1921. 

Espèce  variable  au  Maroc  comme  partout  où  habite  l'Espèce. 


Herminia  crinalis,  Fr.-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  6i,  n°  73). 
Rabat  (Théry). 

Nodaria  Hispanalis,  Guenée  {S p.  G.,  VIII,  p.  64,  n"  77). 

Grand- Atlas,  Tannaout,   pris  à  la  lumière,  vers    i.ooo  mètres 
d'altitude,  en  juin  192 1  (Charles  Alluaud). 


268  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


PYRALIDAE 


Pyralis  farinalis,  Linné-Guenée  (Sp.  G.,  VIII,  p.  119,  n"  6). 

Forêt  d'Azrou,  en  août  192c. 
Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920. 
C'est  dans  les  habitations  qu'on  trouve  Pyralis  farinalis;  elle 
est  posée  sur  les  murs. 


Aglossa  pinguinalis,  Linné. 

Région  de  Timhadit,  Djebel-Tisdadine,  18  juillet  192 1. 
Un  cf  de  Settat  (Alluaud). 


Aglossa  cuprealis,  Hbn. 

Un  (S  de  Rabat,  18  juillet  (Alluaud). 

Stemmatophora  corsicalis,  Duponchel-Guenée  {Sp.  G.y  VIII, 
p.  131,  n"  32)  (Pyralis  obsoletalis,  Mn.). 

Mrassine,  en  avril  et  mai  192 1. 

Ne  paraît  pas  rare  dans  le  Zehroun. 

Rabat  ;  deux  sujets  cf. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  269 


Hypsopygia  egregialis,  H.-S.-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.   133, 
n°  34). 

Beni-Amar,  à  la  fin  de  l'année  1920. 

Un  seul  cf  de  petite  taille  a  été  capturé  dans  le  Zehroun. 

Une  Q  de  Rabat  (Alluaud). 


Actenia  brunnealis,   Huebner-Guenée  (5/.  G.,  VIII,  p.   135, 
ri"  3/)- 

Aghbalou-Larbi,  mi-août  1920. 


Constantia  Staudingeralis,  Ragonot. 

Quatre  exemplaires  des  deux  sexes  rapportés  de  Marakech  et 
Haute-Rerava  TAlluaud). 


Cledeobia  angustalïs,  W.  V.-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.   137, 

n"  38). 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

La  coloration  générale  brun  rougeâtre  paraît  très  pâle  dans  la 
forme  marocaine  ^angustalïs. 

Cledeobia  interjunctalis,  Guenée  iSp.  G.,  VIII,  p.  138,  n"  39). 

Un  seul  o*  pris  à  Mrassine,  en  mai  1921 

Plusieurs  exemplaires  de  Tadla,  Settat,  Dradek  (Alluaud). 

Cledeobia  provincialis,  Duponchel. 
Azrou,  deuxième  quinzaine  de  juin  1921. 


2/0  LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Cledeobia  Chellalis,   Hpsn. 
Tadla  et  Marakech  (Alluaud). 

Threnodes  pollinalis,   W.  V.-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.    149, 
n"  54)- 

Une  Q  de  la  Haute-Reraya  (Alluaud). 

Aporodes  Siciilalis,  Duponchel-Guenée  (Sp.  G.,  VIII,  p.  160, 

n"  71). 

Aghbalou-Larbi.  mi-août  1920. 

Deux  très  beaux  exemplaires  ont  été  pris  par  Harold  Powell, 
le  même  jour  et  au  même  lieu. 

Pyrausta   piinicealis,   W.   V.-Guenée   {Sp.   G..   VIII,   p.    165, 
n°  /6)  (Aurata,  Se). 

Rabat  ;   une    g    appartenant   à   la   variété   ineridionalis,   Stgr. 
(Alluaud). 

I^hodaria  castalis,  Treitschke-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.   171, 
n''  89). 

Deux  exemplaires  pris  à  Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Herbula  Cespitalis,  W.  V.-Guenée  {Sp.  G.,  Vlil,  p.  176,  n"  98). 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  et  août  1920. 
Timhadit,  en  septembre  1920. 
Haute-Reraya  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  2/1 

La  race  marocaine  de  Cespiialis  appartient  à  la  variété  inter- 
medialis,  Duponchel,  caractérisée  par  ses  ailes  inférieures  jaune 
plus  ou  moins  orangé. 

Herbula  Congeneralis,  Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  179,  n°  104). 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Oued-Djdida,  15  juin  1921. 

Plusieurs  exemplaires  des  deux  sexes  ont  été  rapportés  par 
Harold  Powell. 

Il  est  difficile  d'obtenir  des  exemplaires  bien  purs;  la  Herbula 
congeneralis  paraît  être  une  Pyralide  très  fragile  et  facile  à 
déflorer.  Elle  vole  dans  les  prairies  sèches  et  le  flanc  des  collines 
aux  environs  d'Azrou,  Ito  et  Timhadit. 

Endotricha  flammealis,  Schiff.- Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  219, 
n"  180). 

Deux  sujets  g  de  Haute-Reraya  (Grand-Atlas)  et  de  Volu- 
bilis (Ch.  Alluaud). 

Diasema    Ramburialis,    Duponchel-Guenée    {Sp     G.,    VIII, 

p.  234,  n"  205). 

Forêt  de  Mamora,  Dar-Salem,  en  juin  192 1  ;  assez  commune. 
L'Espèce  est  répandue  jusqu'à  Madagascar. 

Cybolomia  biskralis,  Chrétien. 

Une  g  de  Marakech  (Alluaud). 

Nascia  fovealis,  Zeller-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  239,  xf  211). 
Marakech  (Alluaud). 


2/2  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Stenia  ornatalis,   Duponchel-Guenée  (Sp.   G.,  VIII,  p.   247, 
n"  229). 

Un  seul  exemplaire  provenant  de  la  rég^ion  des  Zemmours,  où 
il  a  été  recueilli  à  la  fin  de  mai  1921. 
Rabat  (Alluaud). 


Stenia  punctalis,  W.  V.-Guenée  (Sp.  G.,  VIII,  p.  248,  n"  232). 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

L'Espèce  est  assez  commune.  Elle  vient,  le  soir,  à  la  lumière. 
Cinq  sujets  de  grande  taille  (21/25  mm.),  sauf  une  Q  de  Haute- 
Reraya  (Alluaud). 


Phlyctaenodes  ustrinalis,  Christ.  (Metasia  Emiralis,  Obthr.). 

Plusieurs  exemplaires  assez  variés  pour  l'intensité  des  dessins 
noirs  et  pour  la  coloration  jaune  fauve  des  ailes  supérieures,  en 
dessus,  ont  été  capturés  dans  la  Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Une  Q  de  Rabat,  en  juillet  192 1  (Alluaud). 


Metasia  suppandalis,  Huebner-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  252, 
n"  238). 

Timhadit,  août  1920. 
Aghbalou-Larbi,  mi-août  1920. 
Col  de  Taghzeft,  17  août  1920. 
Haute-Reraya  (Alluaud). 

Variable  pour  la  taille  et  l'accentuation  de  la  coloration  brune 
sur  le  dessus  des  ailes. 


L.ÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  273 


Hydrocampa    Nympliaealis,    Linné-Guenée    (5/    G.,    VIII, 
p.  275,  n"  268). 

Une  seule  Q  dont  les  ailes  supérieures  sont  densément  cou- 
vertes d'atomes  bruns,  prise  dans  la  région  des  Zemmours,  à  la 
fin  de  mai  192 1.  Il  y  avait  un  exemplaire  analogue  dans  la  collec- 
tion Guenée;  mais  il  n'en  est  pas  fait  mention  dans  le  Species 
Général. 


Margarodes  Unionalis,  Huebner-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  305, 
n°  321). 

Mrassine,  en  mai  1921. 
Haute-Reraya  (Alluaud). 

Botys  repandalis,  W.  V.-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  329,  n°  359). 
Aghbalou-Larbi,  mi-août  1920. 

Botys  incoloralis,  Guenée  {S p.  G.,  VIII,  p.  332,  n"  369). 

Région  des  Zemmours,  fin  mai  1921. 

Espèce  répandue  dans  l'Inde  et  en  certaines  parties  de 
l'Afrique.  H.  Powell  a  capturé  un  seul  exemplaire  d'ailleurs  très 
pur  et  parfaitement  référable  à  incoloralis  dont  les  specimina 
typica  se  trouvent  dans  ma  collection. 

Botys  flavalis,  Schiff. 

Moyen-Atlas,  forêt  au-dessus  d'Aïn-Leuh,  par  1.950  mètres 
d'altitude,  8  juin  1920  (Ch.  Alluaud). 


274  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Hbiilea    Catalaunalis,    Dup.-Guenée   (:>/'.   G.,   Vlll,  p.    361, 
n^  43;)- 


Une  Ç)   de  Rabat,  en  juillet  (Alluaud). 


Pionea  Conquistalis,  Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  370,  n°  458). 

Très  commun  à  Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920, 
dans  les  terrains  où  poussent  les  oliviers. 

L'Espèce  varie  pour  la  taille  et  l'intensité  de  la  coloration  plus 
ou  moins  brunie  ou  gris  argenté  des  ailes  supérieures,  en  dessus. 


Pionea  bifasc^alis,  Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  372,  n'*  462). 

Aghbalou-Larbi,  mi-août  1920. 

Timhadit,  août  1920. 

Azrou,  septembre  1920. 

Varie  un  peu  pour  l'intensité  de  la  coloration  brune. 


Orobena    Isatidalis,    Dup.-Guenée    {Sp.    G.,    VIII,    p.    379, 
n'^  478). 

Dradek,  près  Rabat  (Alluaud). 

Orobena  Mimounalis,  Obthr.  (PI.  DXXXVIII,  fig.  4520). 

Dédié  au  Caïd  des  Aït-Arfa,  nommé  Mimoun,  aimable  et  obli- 
geant chef  marocain. 

Timhadit,  en  septembre  1920. 

Ressemble  à  frunicntalh,  Linné,  dont  Miinonnalis  a  la  taille 
et  le  faciès.  En  dessus,  diffère  de  frnnienlalïs  par  la  forme  des 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  2/5 

deux  lig-nes  ondées,  presque  parallèles,  l'extrabasilaire  blanche, 
la  postmédiane  noire,  extérieurement  lisérée  de  blanc.  Ces  deux 
lignes  sont  plus  zigzaguées  dans  Mimounalis.  Le  ground  colour  y 
est  plus  noir  et  moins  jaunâtre  que  chez  frumenialis. 

Aux  ailes  inférieures,  le  bord  marginal,  chez  Mimounalis,  est 
très  finement  orné  d'un  liséré  noir  régulièrement  ondulé. 

En  dessous,  Mimounalis  est  d'une  coloration  générale  plus 
unie  et  moins  heurtée  de  blanchâtre  et  de  grisâtre. 


Orobena  Lambessalis,  Obthr.  (PI.  DXXXVIII,  fig.  4518). 

Lambèse,  en  septembre  191 2. 

C'est  une  autre  Espèce,  très  voisine  de  frumentalis 
(PI.  DXXXVIII,  fig.  4519)  et  de  Munounali^,  (PI.  DXXXVIII, 
fig.  4520),  plus  petite  que  cette  dernière,  d'un  ground  colour 
plus  brun  et  moins  noirâtre,  avec  les  mêmes  dessins  généraux, 
mais  plus  fins,  moins  zigzag-ués,  surtout  pour  la  ligne  postmé- 
diane. 

Je  profite  de  la  publication  de  cet  ouvrage  sur  la  Lépidopté- 
rologie  marocaine  pour  faire  connaître,  par  comparaison  avec 
frumentalis  et  Mimounalis,  au  moyen  d'une  figuration  très  exacte, 
la  nouvelle  Espèce  à^ Orobena  algérienne  :  Lambessalis. 


Spilodes  sticticalis,  Linné. 
Timhadit  (AUuaud). 


Spilodes    comptalis,    Freyer-Guenée    {Sp.    G.,  VIII,    p.    381, 
n°  481). 

Haute-Reraya  (Alluaud). 


2  76  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Scopula   t'errugalis,    Huebncr-Guenée  (Sp.  G.,  VIII,  p.  398, 
n°  515)- 

Haute-Reraya  ;  Marakech,  Sidi-Yahia-des-Zaers  (Alluaud). 
Région  des  Zemmours  et  Mrassine,  en  mai  192 1. 
Très  commune  au  Maroc  comme  dans  beaucoup  de  parties  de 
l'Europe. 

Scopula  Numeralis,   Huebncr-Guenée  (Sp.  G.,  VIII,  p.   399, 
n"  518). 

Haute-Reraya  (Alluaud). 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920. 

Mrassine,  en  mai  192 1. 

Nymphula    interpunctalis,    Huebner-Guenée    {Sp.    G.,   VIII. 
p.  403,  n"  523)  {Phlyctaenodes  nudalis,  Huebner). 

Forêt  d'Azrou  et  Timhadit,  en  septembre  1920. 
Marakech  (Alluaud). 

Mecyna  Polygonalis,  Huebner-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  407, 
n"  530). 

H.  Powell  a  observé  seulement  la  chenille  de  Mecyna  Polygo- 
nalis; il  n'a  pas  rapporte  l'imago. 

Stenopteryx    Hybridalis,    Huebner-Guenée    [_Sp.    G.,    VIII, 

p.  414,  n"  537)  {Noinophila  noctiiella^  Schiff.). 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 
Plateau  de  Dkrissa,  en  avril   1921. 


I,ÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  277 


Une  Espèce  répandue  dans  une  grande  partie  du  Monde, 
variant  beaucoup,  comme  le  dit  Guenée,  tant  pour  la  taille  que 
pour  l'expression  des  dessins. 

Scoparia  Lineolalis,  Stephens-Guenée  {Sp.  G.,  VIII,  p.  426, 
n°  558). 

Un  cf  très  pur  recueilli  à  Mrassine,  en  avril  192 1. 

Scoparia  angustea,  Steph.  {Coarctalïs,  Zeller-Guenée,  Sp.  G., 
VIII,  p.  430,  n"  564). 

Zehroun,  en  décembre  1920  et  janvier  1921. 
Mrassine,  en  avril  1921. 


278  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


GEOMETRAE 


Metrocampa  Honoraria,  Schiff. 

Mrassine,  en  mai  1921. 

Deux  beaux  cfcf  dont  le  ground  colour  est  gris  olivâtre,  non 
rosé. 


Crocallis  Auberti,  Obthr. 

Une  paire  éclose  à  Rennes,  en  mai  1921,  de  chrysalides 
envoyées  du  Zehroun  par  H.  Powell  qui  a  pris,  sur  l'état  larvaire 
de  l'Espèce,  les  notes  suivantes  : 

((  En  cherchant  des  chenilles,  la  nuit,  le  4  décembre  1920,  sur 
les  pentes  d'un  ravin  à  l'est  de  Beni-Amar  (le  second  ravin),  j'ai 
trouvé  quatre  petites  Géoviètrides  sur  une  Coronille  ligneuse  qui 
atteint  parfois  2  mètres  de  hauteur,  mais  dont  les  rameaux  sont 
peu  nombreux.  Cette  Coronille  ne  paraît  pas  très  abondante,  dans 
la  région  ;  elle  existe  également,  dans  les  éboulis  en  pente,  au  pied 
de  la  falaise  au  sud  de  Beni-Amar;  mais  là,  elle  se  maintient 
difficilement,  car  elle  est  constamment  broutée  par  les  nombreux 
animaux  :  chèvres,  vaches,  juments  et  mulets  qu'on  envoie  paître 
là-haut.  La  nuit,  les  folioles  de  cette  plante  se  relèvent  et  s'ap- 
pliquent l'une  contre  l'autre,  fermant  ainsi  la  feuille. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  2/9 

Les  petites  chenilles,  de  couleur  grisâtre,  avaient  la  face  de  la 
tête  plate  et  portaient,  au  centre  dorsal  du  huitième  segment 
abdominal,  une  protubérance  légèrement  bifide,  sur  laquelle 
étaient  placés  deux  crins  courts  correspondant  aux  tubercules  I. 
Elles  ont  l'aspect  général  des  Boarmidae  et  elles  sont  assez 
voisines  de  la  chenille  de  Gemmaria,  en  apparence  du  moins. 
Elles  ont  mué  peu  de  jours  après  et  ont  acquis  une  coloration 
brun  rougeâtre.  Une  des  chenilles  a  réussi  à  s'évader;  il  ne  m'en 
resta  que  trois. 

Une  autre  mue  a  eu  lieu  vers  le  24  ou  le  25  décembre,  pendant 
mon  absence  à  Meknès  ;  je  crois  que  les  chenilles  sont  maintenant 
dans  le  dernier  stade  (6  janvier  192 1)  et  non  loin  d'avoir  atteint 
tout  leur  développement.  Leurs  habitudes  sont  nocturnes;  le  jour 
elles  se  maintiennent  raides  et  droites,  sur  les  grandes  tiges  d'un 
brun  rougeâtre  de  la  plante  nourricière  ;  les  pattes  anales  et  la 
paire  du  sixième  segment  abdominal  tiennent  fermement  à  une 
branche  centrale,  tandis  que  les  pattes  thoraciques  s'appuient  sur 
une  branche  latérale;  parfois,  elles  n'ont  prise  que  par  les  pattes 
membraneuses,  le  corps,  en  avant  du  sixième  segment  abdominal, 
étant  relevé,  droit  et  rigide  Elles  ne  remuent  pas,  si  on  les  touche 
et,  si  on  les  fait  lâcher  prise,  elles  restent,  raidies,  comme  des 
brindilles  de  bois. 

Voici  la  description  d'une  de  ces  chenilles,  faite  le  6  janvier 
1921  : 

Largeur  de  la  tête  :  0.0025  ;  longueur  totale  de  la  chenille  : 
0.045. 

Tête  plate  sur  la  face  et  même  un  peu  creusée;  la  face  est  blan- 
châtre, maculée  de  brun  ;  les  côtés  de  la  tête  et  le  sommet  des  lobes 
sont  bruns  ;  le  clypeus  est  blanchâtre  avec  des  petites  taches 
brunes;  à  la  pointe  du  triangle  formé  par  le  clypeus  se  trouve 
une  faible  protubérance  à  sommet  brunâtre;  la  tête  porte  quelques 
crins  courts,  noirs.  La  tête  est  entourée,  sur  le  haut  et  sur  les  côtés, 
par  le  bourrelet  ou  capuchon  formé  par  le  rebord  antérieur  du 
segment  prothoracique  qu'elle  ne  dépasse  guère,  au  repos. 


28o  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

La  forme  du  corps  est  cylindrique;  on  note  un  bourrelet  ondulé, 
assez  prononcé,  représentant  le  fl.ange. 

La  couleur  du  corps,  surface  ventrale  et  surface  dorsale,  est 
d'un  brun  de  Sienne  presque  uniforme;  seule,  la  partie  centrale 
du  ventre,  entre  les  pattes  du  sixième  segment  abdominal  et  les 
pattes  anales,  est  blanchâtre,  marbrée  de  brun  Sienne,  avec,  sur 
chaque  segment,  deux  tubercules  (pomts)  noirs.  11  existe  une  ligne 
médiodorsale  de  couleur  brune  plus  sombre  que  le  fond  ;  elle 
s'élargit  en  losanges  plus  ou  moins  allongés  ou  raccourcis,  sui- 
vant les  segments;  il  y  a,  au  moins,  un  losange  bien  développé 
sur  chaque  segment  abdominal,  jusqu'au  huitième.  Cette  ligne, 
comme  toutes  les  autres,  est  peu  distincte;  on  remarque  un  double 
filet  ondulé,  suprastigmatal,  brun  foncé  et  quelques  faibles  éclair- 
cies  entre  cette  ligne  et  l'aire  médiane.  Chez  deux  de  mes  trois 
chenilles,  l'aire  dorsale  comprise  entre  les  filets  suprastigmatals 
est  plus  pâle  sur  le  segment  prothoracique  qu'ailleurs  et  d'un  brun 
un  peu  jaunâtre.  Le  huitième  segment  abdominal  porte,  au  centre 
dorsal,  une  excroissance  à  pente  antérieure  douce,  surplombant  un 
peu  en  arrière,  ayant  deux  sommets  émoussés  séparés  par  une 
faible  dépression;  une  éclaircie  brun  blanchâtre  remonte  oblique- 
ment sur  les  côtés  de  la  protubérance  et  contourne  les  sommets; 
cette  éclaircie  est  bordée  postérieurement  de  brun  noirâtre.  Le 
clapet  anal  est  fortement  développé;  son  extrémité  repose  sur 
deux  verrues  coniques  flanquant  l'orifice  anal.  Les  pattes  mem- 
braneuses sont  brunes;  elles  portent  extérieurement  une  éclaircie 
allongée;  les  pattes  thoraciques  sont  d'un  brun  un  peu  plus  pâle 
que  la  couleur  fondamentale;  les  stigmates  sont  presque  ronds, 
couleur  brun  blanchâtre,  entourés,  chacun,  d'un  cercle  chitineux» 
noir.  Les  crins  du  corps,  correspondant  aux  tubercules  primaires, 
sont  noirs,  assez  fins  et  courts. 

i6  janvier  iq2I.  ■ —  La  belle  Coronille  {C  oronilla  valentïna^  sur 
laquelle  j'ai  trouvé  les  chenilles  ci-dessus  décrites,  fleurit,  actuel- 
lement, dans  les  sites  les  plus  abrites 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  281 

Les  chenilles  continuent  à  se  nourrir,  cependant  elles  n'ont  pas 
un  appétit  vorace  ;  elles  mangent  le  soir,  mais  aussi  parfois  le  jour, 
dans  l'obscurité  de  la  boîte  en  bois  dans  laquelle  elles  sont  confi- 
nées. La  plus  grosse  a,  maintenant,  une  longueur  de  0.048.  Elles 
restent  rigides  et  immobiles  sur  les  tiges  de  la  plante  nourricière 
et  ne  descendent  pas  à  terre  pour  se  cacher,  le  jour,  comme  font 
les  chenilles  de  Boisàuvalaria  devenues  grosses. 

/"  février  igzi.  —  Les  chenilles  en  question  ont  continué  à 
manger  et  à  augmenter  de  volume  jusqu'au  27  janvier,  sans,  tou- 
tefois, s'allonger  davantage.  Le  27  janvier,  j'ai  remarqué  que 
deux  des  chenilles  avaient  diminué  de  longueur  et  des  rides 
transversales  s'étaient  formées.  Les  segments  thoraciques  étaient 
mouillés  et  luisants.  Le  lendemain  matin,  une  des  chenilles  avait 
disparu  sous  terre  et  la  seconde  chenille  l'a  suivie,  le  29  janvier. 
Enfin,  la  troisième  et  dernière  chenille  s'est  enterrée,  le  i*"''  février 
1921. 

Le  cocon  est  très  peu  résistant  ;  il  est  formé  de  particules  de 
terre,  liées  ensemble  avec  de  la  soie  de  couleur  brune  claire. 

La  chrysalide  est  d'un  brun  acajou  et  sa  surface  est  brillante  et 
presque  lisse;  celle  du  cf  porte  deux  fines  ponites,  assez  longues, 
convergentes,  sur  le  crémaster;  ces  deux  pointes  sont,  au  contraire, 
très  courtes  et  droites  chez  la  troisième  chrysalide  qui  doit  être 
celle  d'une  Q. 

Nous  avons  été  assez  surpris,  lorsqu'en  mai  192 1  sont  éclos  des 
cocons  de  la  chenille  E  trois  imagines  de  Crocallis  Auberti.  La 
chenille  décrite  était  très  différente,  par  la  forme  de  sa  tête  et  le 
développement  des  verrues  dorsales  du  huitième  segment  abdo- 
minal, des  autres  chenilles  du  genre  Crocallis  que  je  connais, 
notamment  Boisàuvalaria;  la  chrysalide  diffère  considérablement, 
aussi,  de  celle  de  Boisàuvalaria. 


282  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

En  général,  les  chenilles  de  Crocallis  se  rapprochent  beaucoup 
de  celles  du  genre  Lygia;  la  chenille  qui  a  donné  C.  Auberti  en 
est  tout  à  fait  différente,  se  rapprochant  beaucoup  plus  des  che- 
nilles du  genre  Boannia.  » 

Crocallis  Boisduvalaria,  H.  Lucas. 

Plusieurs  exemplaires  cf  et  Q  sont  éclos  à  Rennes,  en  août  et 
septembre  192 1. 

Le  cf  a  été  initialement  figuré  par  H.  Lucas,  sous  le  n"  i  de 
la  PI.  4,  Lépïdoft.^  dans  V Atlas  de  l'Exploration  scientifique  de 

V  Algérie. 

Lorsque  le  papillon  est  fraîchement  éclos,  ses  ailes  ont  un 
aspect  particulièrement  soyeux  et  satiné,  qui,  malgré  leur  couleur 
obscure,  semble  produire  un  effet  un  peu  argenté. 

La  chenille,  qui  a  été  rencontrée  en  abondance  à  Beni-Amar,  en 
janvier  1921,  ressemble  à  celle  de  Ligia  Opacaria.  Elle  vit  sur 

V  Asparagus  al  bus;  elle  est  la  proie  d'une  grosse  araignée  brun 
jaune  qui  se  promène  sur  les  plantes,  la  nuit;  elle  saisit  la  che- 
nille, la  suce  et  la  vide.  Cette  araignée  est  une  Espèce  nouvelle 
du  Genre  Cebrennns.  Elle  sera  décrite  par  les  soins  de  M.  Louis 
Fage,  du  Laboratoire  de  Zoologie  (Vers  et  Crustacés),  au  Muséum 
national  d'PIistoire  naturelle  de  Paris. 

L'imago  semble  peu  varier:  les  exemplaires  marocains  que  j'ai 
sous  les  yeux,  au  nombre  d'une  quinzaine,  paraissent  assez  sem- 
blables entre  eux. 

Hemerophila  abriiptaria,  Ehbg. 

Beni-Amar,  en  novembre,  décembre  et  janvier  1920. 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

La  forme  est  de  plus  grande  taille  au  Maroc  qu'en  Tunisie; 
certains  exemplaires  se  rapprochent  de  la  morphe  anglaise  et 
bretonne;  d'autres  sont  analogues  à  la  variété  mnnna.  L'Espèce 
est  commune. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  283 


Hemerophila  Japygiaria,  Costa. 

Beni-Amar,  en  novembre,  décembre  et  janvier  1920. 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Les  exemplaires  marocains  se  rapprochent  beaucoup,  pour  la 
teinte  générale,  de  ceux  qui  sont  figurés  sous  les  n°^  1602,  1603, 
1604  de  la  PI.  CLXIV,  dans  le  Vol.  VIT  des  Etudes  de  Lépidop- 
térologie  comparée. 

L'Espèce  ne  paraît  pas  rare  dans  le  Zehroun.  Elle  est  très 
variable  et  il  paraît  bien  que  Barcinonaria,  Bellier,  n'est  qu'une 
forme  obscure  de  Japygiaria. 

La  figure  initiale  est  donnée  par  Oronzio-Gabriele  Costa,  dans 
Fauna  del  Kegno  di  Napoli,  Geometrae,  PL  IX,  fig.  5. 

Gnophos  Omararia,  Obthr. 

Forêt  d'Azrou,  en  septembre  1920. 

L'Espèce  a  été  initialement  figurée  d'après  des  échantillons  pro- 
venant d'Aflou,  sous  les  n°'  1767  (cf),  1768  (cf  aberr.),  1769  (q) 
des  Planches  CLXXX  et  CLXXXI  du  Volume  VII  des  Etudes 
de  Lépidoptérologie  comparée. 

Les  exemplaires  de  la  forêt  d'Azrou  s'identifient  très  exacte- 
ment à  ceux  d'Aflou. 


Gnophos  Mucidaria,  Huebner. 

Mrassine,  en  février,  mars  et  avril  1921. 
Moyen- Atlas,  en  août  et  septembre  1920. 
L'Espèce  éclôt  deux  fois  par  an;  elle  paraît  assez  commune. 
H.  Powell  a  trouvé  à  Timhadit,  en  août  [920,  la  chenille  vivant 
sur  Sarcocapnos  crassifolia;  il  a  obtenu,  en  mars  192 1,  le  papillon 


284  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

appartenant  à  la  variété  ochracearia,  Stgr.  (Obthr.,  Etudes  de 
Lèpïdoptérologïe  comparée,  Vol.  VII,  PI.  CLXXVIII,  cf,  figures 
n"'  1736  et  1737).  Il  a  obtenu  aussi  la  même  variété,  le  19  sep- 
tembre 1920,  d'une  chenille  trouvée  à  Timhadit  et  vivant  sur  la 
même  Sarcocapnos.  Le  papillon  se  trouvait,  en  août  1920,  à  Kou- 
diet-Guenfou. 

A  Azrou,  la  chenille  du  même  Gnophos  se  nourrissait  du  Tra- 
chelium  angiistifolium;  à  Beni-Amar  et  à  Mrassine,  la  chenille  du 
Gnophos  jmicidaria  vit  sur  une  autre  plante  à  feuilles  charnues, 
vulgairement  appelée  :  nombril  de  Vénus. 

Ephyra    Pupillaria,    Huebner-Guenée   {Species   Général,   IX, 
11°  662). 

Mrassine,  en  mars  1921. 
Région  des  Zemmours,  en  mai  1921. 

La  forme  marocaine  appartient  à  la  var.  gyraria,  Huebner.  Elle 
est  très  vivement  colorée. 


Huchloris  plusiaria,  Boisduval. 

Grand- Atlas,  Asni,  haute  vallée  de  la  Reraya,  par  1.200  mètres 
d'altitude,  en  juin  192 1  (Ch.  Alluaud). 


Cleta  vittaria,  Huebner. 

Zchroun  (Mrassine),  en  mars  et  avril  1921. 

H.  Povvell  a  trouvé  la  chenille  en  novembre  1921,  à  Meknès; 
elle  vivait  sur  les  graines  d'Urgïnea  marithna 

Le  papillon  est  éclos  le  22  mars  1921. 

La  forme  est  semblable  à  celle  de  Clela  vittaria  des  environs 
de  Madrid. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  28  S 


Acidalia  Nexata,   îluebner. 

Commune  à  Dar-Salem  (Forêt  de  Mamora),  au  commencement 
de  juin  1921. 

Cette  toute  petite  et  délicate  Espèce,  très  joliment  dessinée  en 
brun  sur  le  fond  blanc  des  ailes,  a  été  trouvée,  par  feu  Gaston 
Allard,  dans  la  province  d'Oran;  elle  habite  aussi  l'Andalousie. 

Acidalia  Allardiata,  Mabille. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 
Djebel-Hebbri,  en  août  1920. 

Région  de  Timhadit,  Djebel-Hayane  (2.300-2.400  mètres  alti- 
tude), 16  juillet  1921. 

Acidalia  ochrata,  Scop. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920  et  en  juin  1921. 
Timhadit,  juillet  1921. 

Acidalia  rubiginata,  Hufn.  (rubricata,  Fabr.). 

La  forme  recueillie  dans  la  forêt  d'Azrou,  à  Timhadit  et  au 
Djebel-Tisdadine,  en  juillet  1920,  par  H.  Powell,  appartient  à  la 
variété  ochraceala,  Stgr. 

Acidalia  ostrinata,  Iluebner. 

Très  abondante  à  Mrassine,  en  mai  1921,  et  très  vivement 
colorée. 

Harold  Powell  a  capturé  plusieurs  exemplaires  remarquable- 
ment teintés  de  rose  vineux  et  quelques  autres  dont  le  grojind 
colour  des  ailes  supérieures  est  jaune  nankin  pâle  et  soyeux,  avec 


286  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


les  ailes  inférieures  et  le  bord  marginal  des  supérieures  d'un  rose 
violacé  plus  ou  moins  accentué.  D'autres  enfin  sont  entièrement 
d'un  jaune  d'ocrc,  sans  trace  de  rose  ou  de  rougeâtre. 

Acidalia  scutulata,  W.  V. 

Djebel'-Tisdadine,  en  août  1920. 

Acidalia  Longaria,  H. -S. 

Région  des  Zemmours,  fin  mai  1921. 

Acidalia  contiguaria,  Huebner. 
Abondante  à  Mrassine,  en  mai  1921. 

Acidalia  herbariata,  Fab. 
Timhadit,  en  août  1920. 

Acidalia  incanaria,  Huebner. 

Beni-Amar,  en  hiver  1 920-1 921. 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Acidalia  Colonaria,  Hcrnch-Schaeffer. 

Je  crois  que  Colonaria,  H. -S.,  fig.  534,  est  une  Espèce  spéciale, 
certainement  très  spécifiquement  différente  de  Ochroleucata, 
H.-S.,  fig.  19,  20,  21,  à  laquelle  elle  est  réunie,  avec  un  point  de 
doute,  il  est  vrai,  dans  le  Catalog,  par  Stgr.  et  Rebel,  édit.  1901. 
Il  ne  me  semble  pas  que  Dilutaria,  Huebner,  589,  soit  la  même 
Espèce   que   Colonaria.   Alais   PaleacatJ,  selon    Gucnée    {Species 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  287 

Général,  IX,  n"  811,  p.  478),  me  pai-aît  être  tout  à  fait  réf érable 
à  Colonaria.  \' Acidnïia  de  Mrassine  (mai  1921)  ne  diffère  que 
par  sa  taille,  beaucoup  plus  grande,  de  Paleacaia  (spécimen  typi- 
cum  Guenéeanum)  --  Colonaria,  H.-S.,  534.  C'est  ce  dernier  nom 
que  j'attribue  aux  deux  Acidalia  prises  à  Mrassine  par  H.  Powell, 
avec  la  désignation  :  niaxima,  comme  variété. 

Acidalia  decorata,  W.  V.  (PI.  DXXXVII,  fig.  4496,  4497). 

Commune  à  Timhadit,  en  août  1920.  Les  dessins,  surtout  au 
milieu  des  ailes,  sont  très  peu  accentués. 

Aghbalou-Larbi,  en  août  1920. 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920;  c'est  là  où  la  forme  présente 
des  lignes  et  dessins  mieux  marqués. 

Acidalia  submutata,  Tr.-Herr.-Sch.,  var.  Nivellearia,  Obthr. 
(PL  DXXXVII,  fig.  4491,  4492,  4493). 

Mrassine,  3  cTcf  pris  en  mai  1921. 

Variété  remarquable  par  l'accentuation  de  ses  lignes  et  dessins  ; 
dédiée  à  M.  le  Commandant  Nivelle,  chef  du  Cercle  des  Beni- 
Mguild. 

'L' Acidalia  submutata  est  une  des  plus  jolies  Espèces  du  Genre 
Acidalia  qui  contient  pourtant  un  très  grand  nombre  d'Espèces, 
la  plupart  d'aspect  si  délicat  et  si  gracieux. 

Jusqu'ici,  la  figuration  qui  a  été  consacrée  à  l'A.  submutata, 
paraît  se  limiter  aux  indications  suivantes  : 

1°  A  la  fig.  97,  dans  Geometrides  Europ.  (Tab.  17),  par  Her- 
rich-Schaeffer  ; 

2°  A  la  fig.  10  de  la  PI.  85,  dans  Iconographie,  etc.,  par  Millière; 

3°  Aux  figures  de  la  PI.  4,  ligne  c  (comme  coîisolidata)  et  ligne  i, 
dans  Grossschmetterlinge  der  Erde  (Seitz),  par  L.  B.  Prout; 

4"  Enfin  aux  figures  217,  218,  219  de  la  PI.  1 1,  dans  Géomètres 
d'Europe,  par  J.  Culot. 


288  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Je  m'arrête  à  ce  dernier  n°  219  qui  représente  la  forme  syrienne 
de  V AcidaJia  siibmutala;  c'est  cette  forme  de  Syrie,  —  simple 
atténuation  de  la  forme  marocaine,  —  qui  a  motivé  cette  obser- 
vation très  justement  exprimée  par  J.  Culot  {loc.  cit.,  p.  76)  dans 
les  termes  suivants  : 

«  Le  n"  219  de  la  PI.  11  représente  une  Q  de  Syrie  dont  je 
possède  un  cf  exactement  semblable;  c'est  une  forme  d'un  blanc 
crème,  très  claire,  en  ce  sens  qu'elle  est  à  peine  sablée  d'écaillés 
noires,  chez  laquelle  les  lig"nes  apparaissent  bien  nettes  et  dont 
l'ombre  bleuâtre  subterminale,  particulièrement  accentuée  dans 
les  deux  échancrures  de  la  ligne  coudée,  donne  à  cette  forme  un 
aspect  un  peu  analogue  à  celui  des  Acïdalïa  Ornata  et  décora  ta.  » 

Il  est  parfaitement  vrai  que  si,  par  exemple,  on  compare  un 
échantillon  aux  lignes  et  dessins  très  accentués  de  V Acidalia 
decorata-honestata,  Mab.,  de  Sardaigne  ou  d'Andalousie,  à 
V Acidalia  subnmtata-lsîivelleariay  du  Maroc,  qui  est  elle-même 
l'expression  la  plus  fortement  dessinée  et  colorée  de  son  Espèce, 
on  trouve,  comme  première  analogie,  l'ombre  gris  bleuâtre  sub- 
terminale, les  mêmes  positions  et  directions  des  lignes  et  des 
point  noirs  ;  et,  inversement,  comme  principale  différence  immé- 
diatement tangible,  on  aperçoit,  d'une  part,  le  grotmd  coloiir  blanc, 
soyeux  et  satiné,  sans  aucun  semis  d'atomes  noirs,  chez  Decorata- 
honestata^  et,  d'autre  part,  le  fond  des  ailes  blanc  jaunâtre,  mat, 
sablé  de  petits  points  noirs,  chez  Subniiiiaia-N ivellearia. 

On  remarque  donc  en  réalité  une  grande  analogie  de  lignes  et 
dessins  entre  les  deux  Espèces,  qui  sont  pourtant  très  distinctes 
l'une  de  l'autre.  Cette  similitude,  observée  et  relatée  par  J.  Culot, 
constitue,  à  mon  avis,  une  nouvelle  manifestation  du  témoignage 
que  la  Création  elle-même  rend  à  son  divin  Créateur  et  qui  vient 
s'ajouter  à  un  si  grand  nombre  d'autres  témoignages  analogues 
dont  j'ai  quelquefois  essayé  d'exposer  l'importance,  notamment 
à  propos  des  Catagrammides  {Etudes  de  Lépidoptérologie  com- 
parée, Vol.  XI). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  289 

Par  l'observation  de  ces  faits  qui  nous  révèlent  l'idée  de  syn- 
thèse, semblant  avoir  présidé  à  leur  formation,  et  en  contemplant 
la  Nature  avec  l'attention  qui  convient,  nous  constatons  la  repro- 
duction, sur  des  unités  spécifiques  bien  différentes,  d'une  même 
idée  qui,  une  fois  conçue,  est  appliquée,  presque  sans  changement, 
aux  caractères  extérieurs  de  plusieurs  Espèces  pourtant  très  dis- 
tinctes. 

Ne  trouvons-nous  pas  dans  cette  manifestation  synthétique 
d'un  même  signe,  répété  sur  plusieurs  unités  spécifiques  diffé- 
rentes, la  preuve  de  l'intervention  d'une  Intelligence  joignant  à 
la  suprême  puissance  de  créer  les  multiples  Espèces  et  de  leur 
maintenir  la  continuité  de  la  vie,  celle  de  les  avoir  méthodique- 
ment et  parfaitement  classées,  les  unes  par  rapport  aux  autres? 

C'est  l'ordre  admirable  établi  dans  la  Création,  que  cette 
similitude  de  dessins  et  d'ornements  reproduits  sur  les  ailes  de 
papillons  d'Espèce  différente  nous  apprend  à  percevoir.  Nous 
y  trouvons  un  enseignement  très  précieux,  malgré  leur  insigni- 
fiante apparence. 

Mais,  comme  l'a  dit  Linné  : 

«  Vir  insipiens  non  cognoscit  ea, 
Stultus  non  animadvertit  ea  ». 

L'étude  de  ces  fragiles  papillons  transporte  donc  l'esprit  de 
l'homme  —  contemplator  Mundi  —  vers  des  sommets  élevés  où 
il  me  plaît  de  dresser  quelquefois  ma  tente;  cependant  revenons 
à  la  comparaison  des  Acïdalia  qui  nous  occupent  spécialement  ici 
et  à  la  considération  des  circonstances  qui  les  concernent. 

Au  Maroc,  VAcidalia  Decorata  est  généralement  d'un  blanc 
très  pur,  satiné,  très  peu  chargé  de  dessins,  tandis  qu'au  con- 
traire sa  congénère  Submutata-TsI ivellearia  est,  plus  que  partout 
ailleurs,  chargée  d'atomes  noirs,  d'une  couleur  de  crème,  avec  tous 
les  dessins  et  l'ombre  bleuâtre  subterminale  très  accentuée.  Les 
deux  Espèces,  au  Maroc,  offrent  donc  entre  elles  la  plus  grande 
dissemblance.  Il  n'en  est  pas  de  même  en  Andalousie  où  la  forme 

ï9 


290  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

de  siibmutata  se  rapproche  de  la  marocaine  N iveîlearia ;  toutefois 
avec  une  atténuation  sensible  du  semis  d'atomes  noirs  sur  le  fond 
des  ailes,  tandis  que  V Acïdalia  Décor ata,  dont  j'ai  sous  les  yeux 
un  exemplaire  pris  à  Grenade,  diffère  à  penie  de  la  forme  hones- 
tata  de  Sardaigne  et  y  est  par  conséquent  bien  différente  de  la 
race  marocaine,  si  blanche  et  si  peu  chargée  de  taches  et  dessins. 

Dans  les  Alpes- Maritimes,  c'est  à  peu  près  la  forme  normale 
de  Snbmiitata  que  l'on  rencontre. 

Pour  permettre  d'apprécier  les  considérations  ci-dessus  expo- 
sées, je  fais  figurer  :  V Acidalia  Submulal z-Nzveilearia,  du  Maroc; 
VAcidalia  Submutata,  transition  à  N  iveîlearia,  d'Andalousie; 
V Acidalia  Submntata,  forme  ordinaire  des  Alpes-Maritimes,  telle 
que  l'a  représentée  Millière,  sous  le  n"  10  de  la  PI.  85,  dans 
V Iconographie  et  Description  de  Chemlles  et  Lépidoptères  inédits, 
XIX''  livraison. 

Quant  à  V Acidalia  Decorata,  dont  Millière  {loc.  cit.,  PI.  85, 
fig.  7)  a  figuré  un  exemplaire  aux  dessins  très  accentués,  je  fais 
représenter,  pour  la  comparaison  immédiate  avec  l'autre  Espèce, 
un  exemplaire  de  Timhadit  (Maroc)  et  un  autre  de  Sassari  (Ile 
de  Sardaigne).  Ce  dernier  (var.  Hojiestala)  ressemble  beaucoup 
à  celui  qui  a  servi  de  modèle  à  la  figuration  donnée  par  Millière. 
Ces  deux  Acidalia  Decorata  sont,  l'une  par  rapport  à  l'autre,  aux 
deux  pôles  opposés  de  la  variation  de  leur  Espèce. 

J'ajouterai  que  Millière  a  donné  la  figure  de  la  chenille  et  de 
la  chrysalide  de  VAcidalia  Decorata  (PI.  85,  fig.  5  et  6)  et  de  la 
chenille  et  chrysalide  de  VAcidalia  Submutata  (PI.  85,  fig.  8  et  9), 
toutes  les  deux  chenilles  vivant  sur  la  même  plante  :  Thymus 
vulgaris. 

Aux  pages  333-337  du  texte,  Millière  donne  les  renseignements 
sur  les  premiers  états  des  deux  Acidalia  Decorata  et  Submutata, 
qui  présentent  entre  eux  de  sensibles  différences.  Millière  ne  fait 
aucune  remarque  sur  la  similitude  des  dessins  qui  ornent  les  ailes 
des  imagines  dont  il  publie  la  figuration  en  même  temps  que  des 
premiers  états  de  leurs  Espèces.  Du  reste,  la  forme  normale  de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  29 1 

Subniutata  ne  présente  pas  l'analogie  entre  les  deux  Espèces  : 
Subniufata  et  Decorata  que  M.  Culot  a  observée  au  moyen  de  la 
forme  syrienne,  analogie  qui  est  encore  bien  plus  accentuée  si 
l'on  envisage  la  forme  marocaine  Nivelleand. 

Acidalia  marginepunctata,  Goeze. 

Koudiet-Guenfou  (région  de  Timhadit),  en  août  1920. 

Aghbalou-Larbi,  mi-août  1920. 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Assez  abondante  dans  cette  dernière  localité,  au  printemps; 
assez  variable  pour  le  groiind  colour  plus  ou  moins  gris  teinté 
d'ocracé. 

Acidalia  rufomixta,  Rambur. 

Timhadit,  en  août  1920. 

Harold  Powell  a  pris  une  seule  Q  dont  le  groiind  colour  est 
plus  pâle  que  chez  les  échantillons  des  Pyrénées-Orientales. 

Acidalia  rubellata,  Rambur  (PI.  DXXXVII,  fig.  4489,  4490). 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Harold  Powell  a  capturé  six  exemplaires  bien  frais.  Une  Q  est 
conforme  à  la  figure  donnée  par  Rambur,  dans  le  Catalogue  sys- 
tématique des  Lépidoptères  de  V Andalousie,  sous  le  n"  3  de  la 
PI.  XXI.  Les  autres  échantillons  présentent  une  accentuation  bien 
plus  forte  des  lignes  et  dessins. 

\J Acidalia  rubellata  est  une  Espèce  sans  doute  jusqu'ici  mé- 
connue; telles  furent,  d'ailleurs,  plusieurs  Espèces  découvertes 
par  Rambur  et  à  propos  desquelles,  peu  à  peu,  la  lumière  se  fait, 
de  sorte  que  justice  est  finalement  rendue  au  sagace  Lépidopté- 
riste  français,  mort  à  Genève  en  1870. 


292  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE 

On  ne  peut  pas  confondre  rubellaia  avec  Consangiiïnaria  qui 
est  beaucoup  moins  robuste  et  qui  appartient  au  groupe  de 
nef  aria,  tandis  que  rubellata  se  rapproche  des  Acidalia  du  groupe 
de  niarginepunclata,  rufontixta,  etc. 

Je  possède  un  grand  nombre  de  consangiiïnaria  et  la  différence 
entre  rubellata  et  consangtiïnaria  est  considérable. 


Acidalia  Lambessata,  Obthr. 
Djebel-Tisdadine,  août  1920. 

Acidalia  Subsericeata,  Haw. 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Acidalia  Degcneraria,  Huebner. 

Mrassine,  en  avril  1921. 

Appartient  à  la  forme  rougeâtre  :  Floridaria,  Pùngeler. 
Grand-Atlas,   haute    vallée    de    la    Reraya,    par    1.800   mètres 
d'altitude  (Ch.  Alluaud). 

Acidalia  Imitaria,  Huebner. 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Espèce  assez  abondante  et  présentant  quelques  variations, 
notamment  pour  le  ground  rolonr  jaune  nankin  plus  ou  moins 
foncé  et  pour  l'accentuation  de  la  ligne  brune,  médiane,  commune, 
transverse. 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  293 


Pellonia  Vibicaria,  Linné-Guenée  (Sp.  G.,  X,  p.  7). 

Forêt  d'Azrou,  en  août  1920,  et  dans  la  première  quinzaine  de 
juillet  1921. 

La  forme  marocaine  est  d'un  gris  d'os  très  clair  et  uni,  avec 
les  lig-nes  ordinaires  roses  communes  aux  quatre  ailes,  très  fines, 
et  généralement  sans  aucun  développement  du  lavis  rose  dans 
l'espace  compris  entre  les  lignes  médiane  et  subterminale. 

Je  pense  que  c'est  la  var.  strïgata,  Stgr. 

Pellonia  Sicanaria,  Herrich-Schaelfer. 

Mrassme,  en  mai  ig2i. 

Azrou,  en  juillet  192 1. 

La  forme  marocaine  est  très  vivement  colorée  et  plus  grande 
que  la  forme  algérienne.  Je  possède  seulement  trois  échantillons; 
mais  ils  sont  d'une  remarquable  fraîcheur. 

Stegania  Henricaria,  Obthr.  (PI.  DXXXVIl,  fig.  4498). 

Beni-Amar,  en  décembre  1920  et  en  janvier  1921. 

Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai  192 1. 

Plusieurs  exemplaires  sont  éclos  à  Rennes,  en  septembre  1921. 

La  chenille  vit  sur  l'olivier  sauvage;  le  papillon  est  très 
variable  pour  la  couleur  du  fond  des  aile?  et  l'accentuation  des 
taches  et  dessins.  Généralement  la  forme  marocaine  est  d'une  colo- 
ration plus  foncée  que  celle  de  Sebdou  et  de  Guelt-es-Stel. 

Harold  Powell  donne,  sur  les  premiers  états  de  Stegania  Hen- 
ricaria, les  renseignements  suivants  qui  s'ajoutent  à  la  figuration 
publiée  dans  le  présent  ouvrage  : 

c(  Géométride  trouvée  plusieurs  fois  en  décembre  1920,  sur 
l'olivier  sauvage  (zebouj),  aux  environs  de  Beni-Amar.   — •  On 


294  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

peut  l'obtenir,  le  jour,  en  battant  les  buissons,  mais  je  l'ai  trouvée 
surtout  la  nuit,  en  cherchant  avec  la  lanterne  à  main;  on  la  voit 
alors,  suspendue  par  un  fil  de  soie  aux  branches.  Le  jour,  elle  se 
tient  immobile  sur  les  tiges  et,  à  cause  de  sa  grande  ressemblance 
avec  l'écorce,  elle  est  extrêmement  difficile  à  trouver. 

La  longueur  de  la  chenille  qui  sert  à  cette  description  est  de 
0.015,  étendue.  Elle  est  une  des  plus  grosses  de  celles  trouvées 
(Elle  est  dans  le  dernier  stade). 

La  couleur  fondamentale  du  corps  est  d'un  gris  très  clair, 
jaunissant  ou  verdissant  légèrement,  par  endroits,  sur  la  surface 
dorsale  et  le  -flange. 

La  tête,  d'une  largeur  maxima  de  0.00175,  est  aplatie  sur  la 
face  mais  non  plate;  le  sommet  des  lobes  est  arrondi,  nullement 
proéminent  ;  les  joues  sont  pleines,  les  antennes  assez  longues, 
tronquées  à  l'extrémité  et  portant  une  courte  épine  et  un  poil  fin. 
La  tête  est  portée  horizontalement,  au  repos;  elle  est  d'un  gris 
assez  clair,  finement  tachetée  d'un  gris  encore  plus  clair;  le  bord 
des  lobes  avoisinant  le  triangle  frontal  est  blanc  d'ivoire,  le 
blanc  s'élargissant  vers  la  bouche;  le  triangle  est  gris  maculé  de 
blanchâtre,  l'épistome  gris  ;  il  existe  une  ombre  brunâtre  faible 
aux  environs  des  ocelles  et  cette  ombre  se  trouve  accentuée  par  le 
brun  foncé  des  ocelles  mêmes.  La  tête  porte  quelques  fins  crins 
noirs,  peu  longs  mais  effilés. 

Corps.  —  Un  creux  (limité,  en  bas,  par  la  saillie  faite  par  le 
bourrelet  du  fia n g e'^hlà.nc  d'ivoire  en  cet  endroit),  s'étend  du 
bord  antérieur  du  segment  prothoracique  jusqu'au  milieu  du  seg- 
ment mésothoracique  (aire  latérale),  où  il  est  entouré  par  un  bour- 
relet de  peau  (*).  La  teinte  de  ce  creux  est  un  peu  plus  foncée  que 
la  couleur  générale  et  donne  l'impression  d'un  trait  sombre  sur  le 
côté  de  la  chenille,  près  de   la  tête  ;   le  stigmate   prothoracique, 

(*)    C'est  une  verrue  latérale  très  agrandie. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  295 

(blanc  d'ivoire  entouré  d'un  fin  cercle  chitineux  noir)  se  trouve 
dans  ce  creux.  L'aire  médiodorsale,  assez  claire  sur  les  segments 
thoraciques,  porte  une  assez  large  ligne  médiane  gris  olivâtre 
pâle;  cette  ligne  passe  vers  le  milieu  du  segment  métathoracique, 
entre  deux  traits  bruns,  convergents,  qui  se  rencontrent,  presque, 
sur  le  bord  postérieur  du  segment.  Les  segments  abdominaux  i 
à  3  inclus  se  ressemblent;  ils  n'ont  pas  de  verrues  saillantes;  leurs 
tubercules,  peu  nombreux,  sont  de  minuscules  points  chitineux 
noirs,  portant  chacun  un  court  crin  noirâtre,  fin  ;  la  ligne  médiane, 
plutôt  indistincte,  s'accentue  un  peu  et  s'élargit  en  losange  mal 
formé,  sur  les  bourrelets  étroits  de  chacun  de  ces  segments  ;  il 
existe,  à  partir  du  milieu  du  segment  métathoracique,  une  éclaircie 
ou  ligne  sous-médiane  blanchâtre,  qui  s'amincit  à  partir  du  bord 
postérieur  du  premier  segment  abdominal  ;  cette  ligne  claire  est 
limitée,  du  côté  du  centre  dorsal,  par  un  filet  briin  foncé,  très 
ondulé.  Au  centre  dorsal  du  quatrième  segment  abdominal  se 
dresse  un  petit  mamelon  aux  pentes  antérieures  blanches  ;  il  est 
d'un  jaune  olivâtre  postérieurement.  Le  cinquième  segment  abdo- 
minal porte,  au  centre  dorsal,  une  protubérance  beaucoup  plus 
développée,  en  forme  de  fer  à  cheval,  vue  de  l'arrière.  Tubercule  I 
(l'antérieur  des  trapézoïdaux)  se  trouve  assez  haut  placé  sur  la 
pente  antérieure  de  la  protubérance,  tandis  que  II  se  trouve  à  sa 
base  et  en  arrière.  En  arrière,  cette  protubérance  est  couleur  oli- 
vâtre claire;  en  avant,  le  sommet  est  olivâtre  marbré  de  blan- 
châtre, bordé,  en  bas,  par  une  ligne  noire;  les  pentes  de  la  base 
sont  blanches.  La  ligne  médiodorsale  reprend,  toujours  assez 
faible,  à  partir  de  la  marge  antérieure  du  sixième  segment  abdo- 
minal et  continue  jusque  sur  le  clapet  anal.  En  dessous  de  la  ligne 
blanche  sous-médiane,  une  large  bande  de  la  couleur  fondamen- 
tale descend  le  long  du  corps,  fendue,  au-dessus  des  stigmates, 
par  un  filet  ondulé,  blanchâtre;  le  fiange  est  formé  par  plusieurs 
rides  et  bourrelets  de  teinte  fondamentale;  le  stigmate,  arrondi, 
est  entouré  d'un  petit  espace  circulaire  de  couleur  jaune  olivâtre, 
sur  les  trois  premiers  segments  abdominaux;  sur  le  quatrième  et 


296  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

sur  le  cinquième  segments  abdominaux,  le  cercle  jaune  olivâtre 
s'élargit  énormément,  de  façon  à  faire  une  tache  très  apparente, 
englobant  le  tubercule  III  et  envahissant  le  fLange.  La  surface 
ventrale  est  blanchâtre,  avec  deux  larges  lignes  ondulées  d'un  gris 
brunâtre,  une  de  chaque  côté  de  l'aire  médiane,  qui  présente  un 
trait  gris  brunâtre,  au  centre,  depuis  la  marge  antérieure  jusque 
vers  le  milieu  de  chaque  segment  abdominal  ;  l'aire  médiane  est 
d'un  blanc  presque  pur  et  elle  est  plus  large  sur  le  dernier  segment 
thoracique  et  les  premier  et  deuxième  segments  abdominaux 
qu'ailleurs.  Entre  la  ligne  ondulée  en  bordure  du  centre  ventral 
et  le  iîange,  le  fond  blanchâtre  est  parsemé  de  points  gris;  la 
bordure  inférieure  du  fiange  est  marquée  d'un  mince  filet  brun. 

Les  pattes  thoraciques  sont  grises,  à  base  blanchâtre;  les  paires 
membraneuses  du  sixième  segment  abdominal  sont  grises,  avec 
une  plaque  brunâtre  extérieure;  les  pattes  anales  sont  grises. 

Les  crins  portés  par  les  tubercules  du  corps  et  sur  la  tête  sont 
uns,  efiîlés,  peu  longs,  noirâtres;  chaque  tubercule,  ou  point  pili- 
fère,  porte  un  crin. 

Cette  chenille  est  variable.  Chez  certains  sujets,  les  teintes  et 
dessins  sont  plus  contractés  que  chez  l'exemplaire  décrit.  Parfois 
les  deux  traits  foncés,  convergents  (un  de  chaque  côté),  qui  bor- 
dent, sur  le  segment  métathoracique  et  le  premier  de  l'abdomen, 
l'éclaircie  sous-médiane  blanchâtre,  se  rejoignent  au  centre  dorsal 
pour  former  un  V  et,  sur  les  deux  segments  abdominaux  suivants, 
le  centre  dorsal  est  bordé  par  une  longue  tache  brune  résultant  de 
l'élargissement  du  filet  limitant  l'éclaircie  sous-médiane. 

La  première  chenille  R,  arrivée  à  toute  sa  taille  et  ayant  0.015 
de  longueur,  est  allée  se  chrysalider  dans  une  tige  sèche  et  creuse 
d'Ombellifère,  se  trouvant  dans  sa  cage.  En  guise  de  cocon,  elle 
a  étendu  quelques  fils  de  soie  blanche  entre  les  parois  du  tube 
formé  par  la  tige.  La  chrysalide,  formée  vers  le  15  décembre,  est 
suspendue  dans  un  filet  à  larges  mailles,  mais  ce  n'est  qu'un  rudi- 
ment de  cocon.  Une  seconde  chenille,  enfermée  dans  une  boîte,  a 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  29; 

tissé,  entre  des  feuilles  d'olivier,  un  cocon  analogue,  avec  des  fils 
assez  solides,  mais  toujours  à  mailles  larges;  ce  cocon  ressemble 
à  la  tente  que  construit  une  chenille  du  genre  Syrichthus,  par  la 
consistance  de  la  soie  et  la  largeur  des  mailles. 

Le  cocon  a  été  formé  vers  le  25  décembre,  mais,  le  i'"'"  janvier 
192 1,  la  nymphose  n'avait  pas  encore  eu  lieu. 

Une  troisième  chenille  mange  encore  (son  activité  est  nocturne)  ; 
elle  est  dans  le  dernier  stade  (i*""  janvier). 

Je  n'ai  pas  trouvé  des  chenilles  B  depuis  le  20  décembre, 
quoique  je  les  ai  cherchées  plusieurs  fois,  nuit  et  jour. 

Quelques  chenilles  prises  précédemment,  très  jeunes,  se  sont 
évadées  de  la  boîte. 

75  janvier  . —  La  seconde  chenille  B  a  formé  sa  chrysalide  le 
3  janvier.  La  troisième  s'est  miise  en  cocon  le  15  janvier  192 1. 

Une  des  chenilles,  que  je  croyais  s'être  évadée,  s'était  chrysa- 
lidée  dans  la  même  tige  creuse  d'Ombellifère  que  j'ai  mentionnée 
ci-devant,  mais  bien  plus  bas  que  l'autre  chenille  chrysalidée  dans 
la  tige.  La  chrysalide  formée  en  premier  lieu  a  donné  son  papillon 
aujourd'hui,  16  février  192 1;  c'est  la  Siegania  H emicaria.  J'ai 
trouvé  le  papillon  (un  cf  )  dans  la  boîte,  cet  après-midi,  appliqué, 
les  ailes  étendues,  contre  une  paroi  de  la  boîte. 

Un  second  exemplaire  cf  de  S.  H  emicaria,  beaucoup  plus  rosé 
en  dessous,  est  éclos  vers  la  un  de  l'après-midi,  le  i  ■'"  mars. 

Il  y  a  eu  une  troisième  éclosion,  le  8  mars  192 1,  cette  fois  une  Q . 

Un  quatrième  exemplaire  (un  c?)  est  éclos  le  19  mars;  ce  der- 
nier est  un  spécimen  d'un  gris  assez  foncé  avec  large  bande 
marginale  gris  noirâtre,  bordée,  proximalement,  par  un  hlet  blan- 
châtre. 

La  chrysalide  dont  est  éclos  ce  cf  est  la  seconde  qui  a  été  formée 
(3  janvier).  La  période  de  nymphose  a  duré,  donc,  plus  longtemps 
chez  cet  exemplaire  que  chez  les  autres,  soumis,  cependant,  aux 
mêmes  conditions. 


298  LÉPIDOPTÉROLOGIE  COMPARÉE 

Le  2  mai  192 1,  en  me  promenant  la  nuit  avec  la  lanterne  à  main, 
sur  les  flancs  du  Zehroun,  à  l'est  de  MrassinC;  j'ai  trouvé  huit  che- 
nilles de  Stegania  H enricaria  dans  le  dernier  stade,  sur  un  buisson 
de  ((  Zebouj  »  (Olivier  sauvage)  Le  buisson  était  bien  abrité  du 
nord  et  du  nord-ouest  et  exposé  au  soleil  pendant  le  jour.  Les 
chenilles  balançaient  dans  la  brise,  suspendues,  chacune,  par  un 
fil  de  soie,  et  elles  se  tenaient  recourbées.  La  robe  de  ces  chenilles 
était  plus  pâle  et  les  dessins  plus  effacés  que  chez  celles  prises,  en 
décembre  1920,  à  Reni-Amar;  quelques-unes  ont  une  teinte  gris 
verdâtre  très  pâle  et  les  dessins  manquent  presque  complètement; 
d'autres  sont  grises  avec  de  faibles  dessins. 

Ces  chenilles  se  sont  toutes  chrysalidées  quelques  jours  plus 
tard  et,  à  l'époque  actuelle  (20  septembre  192 1),  aucun  papillon 
n'est  encore  éclos.  » 


Aleiicis  pictaria,  Curtis-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  60). 

Mrassine,  en  mars  192 1. 

Quatre  exemplaires  marocains  ne  diffèrent  pas  de  ceux  que 
nous  prenons  en  France  aux  premiers  jours  du  printemps. 


Elicrinia  Cauteriata,  Stgr-Rambur. 

Mrassine,  en  mars  et  avril  192 1. 

N'est  pas  rare  et  varie  beaucoup  pour  la  coloration  du  fond 
des  ailes  supérieures,  en  dessus,  qui  est  grise,  carnée  et  même  rose 
saumoné. 

L'Espèce  se  trouve  aussi  en  Espagne  et  en  Oranie  (Sebdou). 

Rambur  a  donné  une  bonne  figure  de  la  race  chez  laquelle  le 
dessus  des  ailes  supérieures  est  d'une  coloration  ocre,  sous  le  n"  J 
de  la  PI.  XX,  dans  le  Catalogne  systématique  des  Lépidoptères 
de  V Andalousie. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  299 


Thamnonoma  gesticularia,  Huebner. 


Forêt  de  Mamora,  Oued-Tiflet,  entre  Aïn-Jorra  et  Dar-Salem; 
en  juin  1921. 

Espèce  jusqu'ici  considérée  comme  spéciale  à  la  faune  espa- 
g-nole,  non  signalée  en  Algérie. 


Tephrina   Jahandiezi,    Obthr.    (PI.   DXXXVIII;    fig.   4506, 
4507,  4508,  4509). 

Mrassine,  en  mars  et  avril  192 1. 

Oued-Djdida,  en  août  et  septembre. 

La  chenille  vit  sur  Teucrmm  bracteaium. 

Cette  Tephrina  nous  paraît  constituer  une  Espèce  distincte  de 
partiiana,  Huebner,  et  var.  obliterata,  Stgr.,  de  Scutularia,  Du- 
ponchel  {peliana,  Boisduval),  de  Binaevata,  Mab.,  Ausiautaria, 
Obthr.,  et  var.  unie olor aria,  Obthr. 

C'est  de  partitaria  que  la  nouvelle  Espèce  se  rapproche  le  plus. 

La  Tephrina  Jahandiezi  se  distingue  tout  d'abord  par  sa  taille 
généralement  supérieure,  l'aspect  obscur  et  très  soyeux  de  ses  ailes 
et  la  direction  verticale  de  sa  ligne  jaune  submarginale  aux 
supérieures. 

Nous  avons  une  vingtaine  d'exemplaires  sous  les  yeux.  En 
dessus,  les  ailes  supérieures  de  Tephrina  Jahandiezi  sont  tantôt 
d'un  brun  vineux,  tantôt  d'un  gris  brunâtre,  traversées  par  deux 
lignes  :  la  première,  extrabasilaire,  généralement  très  atténuée; 
l'autre,  submarginale,  ombrée  de  brun  extérieurement,  finement 
jaune,  descendant,  le  plus  souvent,  en  ligne  assez  droite  et  en 
direction  verticale,  jusqu'au  bord  interne.  Les  ailes  inférieures 
sont  un  peu  plus  claires,  d'un  brun  grisâtre,  traversées,  au  delà 
du  point  noirâtre  central,  par  une  ligne  très  indécise  gris  foncé. 


300  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 

Il  y  a,  sur  les  ailes  supérieures,  un  point  discal  ordinairement 
faiblement  indiqué  et  un  tout  petit  point  noir  situé  en  dehors  de 
la  ligne  submarginale. 

Le  cf  et  la  Ç  ont  les  antennes  filiformes. 

En  dessous,  les  ailes  sont  brunes,  semées,  surtout  sur  les  infé- 
rieures, d'atomes  plus  foncés,  avec  les  deux  lignes  submarginales 
épaisses,  principalement  aux  inférieures,  les  deux  points  discaux 
gros,  bien  indiqués.  Le  bord  costal  des  supérieures  est  mélangé 
de  brun  et  de  blanc  jaunâtre.  Le  petit  point  noir  du  dessus  fait 
défaut  en  dessous. 

La  chenille  que  M.  Emile  Jahandiez,  le  botaniste  éminent  de 
Carqueiranne,  a  contribué  à  découvrir,  un  jour  de  mai  1921,  où 
il  était  l'aimable  et  instructif  compagnon  de  M.  Powell,  à  l'Oued- 
Djdida,  a  été  l'objet  d'une  aquarelle  faite  au  Maroc  et  repro- 
duite dans  le  présent  ouvrage. 

Harold  Powell  la  décrit  comme  suit  : 

«  Arrivée  à  toute  sa  taille,  la  chenille  a  25-26  millimètres  de 
longueur  et  environ  2  millim.  1/2  de  largeur  maximum;  elle  est 
cylindrique,  allongée,  un  peu  aplatie  en  dessous,  atténuée  vers 
la  tête  à  partir  du  premier  segment  abdominal,  mais  peu  atténuée 
vers  l'autre  extrémité  du  corps. 

La  tête  est  de  forme  ovale  arrondie,  sans  aspérités  ni  projec- 
tions ;  elle  est  de  couleur  jaune  verdâtre  et  est  marbrée  légèrement 
de  vert  olive.  La  couleur  du  dorsum  est  d'un  vert  pâle  un  peu 
bleuté;  le  dorsum  est  strié  longitudmalement  de  fines  lignes  d'un 
vert  bleuâtre,  ondulées  et  quelque  peu  interrompues  ;  ces  lignes 
donnent  à  la  chenille  une  teinte  un  peu  plus  foncée  que  celle  des 
feuilles  de  la  plante  nourricière. 

La  ligne  médiodorsale  est  vert  bleuâtre  ;  il  y  a  une  ligne 
blanche,  suprastigmatale,  assez,  fine;  le  -fiange  est  blanc. 

Les  stigmates  sont  noirs.  La  surface  ventrale  et  les  pattes  mem- 
braneuses sont  d'une  teinte  vert  jaunâtre,  plus  pâle  que  le  dorsum  ; 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  3OI 

les  pattes  thoraciques  ont  une  couleur  jaune  brun  pâle.  Les  rares 
poils  de  la  tête  et  du  corps  sont  fins  et  courts. 

La  chrysalide  est  d'une  couleur  brun  foncé;  la  teinte  est  plus 
claire  sur  les  ptérothèques  ;  les  gaines  des  antennes,  des  pattes  et 
de  la  trompe  ont  une  teinte  brune  légèrement  verdâtre.  La  surface 
de  la  chrysalide  est  finement  rugueuse  sur  les  ptérothèques,  les 
gaines  des  membres  et  sur  le  thorax;  elle  est  plus  nettement 
rugueuse  derrière  la  tête  et  surtout  sur  les  segments  abdominaux, 
oii  on  remarque  un  pointillé  de  dépressions  de  forme  arrondie, 
sauf  aux  incisions,  où  la  peau  est  lisse  et  d'un  gris  foncé. 

Les  yeux  sont  saillants  et  le  stigmate  prothoracique  est  égale- 
ment un  peu  saillant.  Les  apices  des  ptérothèques  et  des  antennes 
atteignent  le  bord  postérieur  du  quatrième  segment  abdominal  ; 
à  partir  de  ce  point,  l'abdomen  s'atténue  assez  rapidement  jus- 
qu'au dernier  segment  qui  fait  légèrement  saillie  du  côté  ventral 
à  cause  du  développement  relativement  fort  des  pièces  anales  et 
génitales;  le  crémaster,  en  bec  court,  est  terminé  par  quatre  ou 
cinq  fils  bruns  recourbés  à  l'extrémité;  la  chrysalide  est  retenue 
au  cocon  par  ces  fils.  Le  cocon  est  léger,  peu  épais;  il  est  formé 
de  débris  végétaux  réunis  en  une  sorte  de  feutre. 

La  description  ci-dessus  donnée  de  la  chenille  est  celle  du 
dernier  stade;  j'ai  vu  des  chenilles  plus  jeunes,  dans  l'avant- 
dernier  stade  et  dans  le  stade  précédant  celui-ci  ;  ces  jeunes  che- 
nilles avaient  la  même  couleur  verte  et  leur  livrée  ne  paraissait 
pas  différer  sensiblement  de  celle  de  la  chenille  décrite. 

Une  vingtaine  de  chenilles  ont  été  récoltées,  le  19  mai  1921, 
sur  le  Tciicnum  bracteatum  Desf.,  à  Oued-Djdida,  entre  Meknès 
et  Fez.  Me  trouvant  dans  la  même  localité,  le  15  juin,  j'ai  exa- 
miné, de  nouveau,  les  plants  de  Teucrium,  mais  je  n'ai  pu  décou- 
vrir qu'une  seule  chenille,  ce  jour-là;  évidemment,  l'époque  de  la 
chenille  était  presque  passée. 

Je  n'ai  pas  remarqué  le  Teucrium  bracicaliun  dans  le  Zehroun, 
où  nous   avons   pourtant   capturé  une  vingtaine   d'imaginés   de 


302  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

Tephrina  Jahandïczï  entre  le  i"''  mars  et  le  3  mai  192 1  ;  la  chenille 
y  vit,  sans  doute,  sur  quelque  Labiée  voisine.  11  y  a  certainement 
deux  générations  par  an  ;  les  papillons  éclosent  au  printemps  et 
encore  vers  la  fin  de  l'été. 

Une  Q  provenant  des  chenilles  d'Oued-Djdida  est  éclose  à 
Rennes,  en  septembre  192 1.  Deux  chrysalides  restent  encore;  elles 
sont  bien  vivantes. 

La  chenille  de  Tephrina  ] ahmidiezi  est  très  souvent  parasitée 
par  un  A  faut  des  (?)  solitaire,  dont  la  larve  quitte  la  chenille 
dans  le  dernier  stade.  Un  fait  curieux  que  j'ai  observé  en  ce  qui 
concerne  ce  parasite  est  que  la  larve  perce  toujours  la  peau  de  la 
chenille  dans  l'incision  entre  le  cinquième  et  le  sixième  segments 
abdominaux,  côté  droit.  Aussitôt  après  avoir  quitté  la  chenille, 
la  larve  se  met  à  tisser  rapidement  son  cocon  ovoïde- fusi forme 
d'un  blanc  un  peu  brunâtre,  et,  dans  quelques  minutes,  elle  se 
trouve  être  complètement  enveloppée.  En  séchant,  le  cocon  blan- 
châtre du  parasite,  qui  est  fixé  sur  la  branche  à  côté  de  la  che- 
nille, se  ride  longitudinalement  ;  les  sillons  du  cocon  sont  souvent 
assez  profonds.  Les  mouches  parasites  sont  écloses  dans  le  courant 
du  mois  de  juin  1921.  »* 


Tephrina  vincularia,  LIuebner-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  98). 

Assez  abondante  à  Mrassine,  en  mars  et  avril  192 1. 

Varie  beaucoup  pour  le  développement  et  l'intensité  de  la 
bande  brune  contiguë  à  la  ligne  extracellulaire  qui  traverse  les 
ailes  supérieures  depuis  le  bord  costal  jusqu'au  bord  interne; 
varie  aussi  pour  la  teinte  et  la  coloration  grise  du  fond  des 
quatre  ailes. 

Vient  à  la  lumière,  le  soir;  on  ne  voit  guère  cette  Espèce  en 
jour. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  303 


Psamatodes  pumicaria,  Lederer-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  108). 

Un  seul  cf  pris  à  Mrassine,  en  mai  1921. 

Pumicaria,  Lederer,  de  Syrie,  et  Osyrana,  Boisduval,  d'Anda- 
lousie, Guenée  (Sp  .G.,  X,  p.  148),  appartiennent  à  une  même 
unité  spécifique.  Fumosa,  Hampson,  de  Trichinopoly  (Hindoustan 
méridional)  me  semble  également  spécifiquement  référable  à 
pumicaria. 


Rhoptria  asperaria,  Huebner. 

Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai  1921. 
Espèce  très  variable  et  très  abondante. 


Nuraeria    Poeymiraui,    Obthr.    (PI.    DXXXVII,    fig.    4494, 
4495). 

Dédiée  à  M.  le  Général  Poeymirau,  commandant  la  subdivi- 
sion et  la  région  de  Meknès,  en  respecteux  souvenir  des  facilités 
accordées  très  gracieusement  par  cet  officier  général  à  M.  Harold 
Powell,  en  vue  de  son  exploration  scientifique  du  Moyen-Atlas  et 
du  Zehroun. 

Très  belle  Espèce  découverte  à  la  fin  de  juin  et  au  commen- 
cement de  juillet,  dans  la  forêt  de  cèdres  qui  s'étend  au-dessus 
d'Azrou. 

La  Ç)  a  été  prise  au  moment  où  elle  s'envolait  d'une  branche 
basse  d'un  jeune  Cedrus  atlantica. 

Le  cf  a  été  capturé  au  même  lieu,  quelques  jours  plus  tard. 

Taille  de  Capreolaria.  En  dessus,  fond  des  ailes  antérieures 
gris  blanchâtre,  légèrement  olivâtre,  traversé,  du  bord  costal  au 
bord  interne,  par  deux  lignes  noires,  comme  chez  Capreolaria, 
mais  plus  dentelées. 


304  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Ces  deux  lignes  sont  réunies,  chez  le  d,  au-dessous  du  point 
noir  discoïdal,  qui  est  assez  gros,  par  une  ombre  noire,  paraissant 
une  ligne  de  jonction  épaisse,  horizontale,  entre  les  deux  lignes 
noires  transversales,  l'extrabasilaire  et  la  submarginale.  Une 
éclaircie  blanche  accompagne  intérieurement  cette  ligne  extraba- 
silaire  et  extérieurement  la  submarginale. 

Les  ailes  inférieures  sont  grises,  plus  foncées  chez  le  cf,  tra- 
versées par  une  ligne  médiane,  noirâtre,  dentelée.  Les  deux  sexes 
ont  les  ailes  densément  sablées  de  noir. 

En  dessous,  les  quatre  ailes  sont  d'un  gris  soyeux  avec  les 
mêmes  points  et  lignes  qu'en  dessus,  mais  très  atténués. 

Le  cf  a  les  antennes  bien  pectinées;  la  Q   les  a  filiformes. 

Dans  le  genre  Nîimeria,  Duponchel,  le  Caialog  1901  par  Stau- 
dinger  et  Rebel  donne,  sous  le  n"  3717,  une  Espèce  :  Castiliaria, 
Stgr.,  Iris,  XII,  p.  392. 

Par  acquit  de  conscience,  j'ai  étudié  dans  Iris-Dresden, 
Vol.  XII,  p.  392,  la  notice  que  O.  Staudinger  consacre  à  cette 
Espèce,  généralement  inconnue  et  désignée  par  lui  sous  le  nom 
de  Numeria  Castiliaria. 

Aucune  figure  n'éclaire  la  description  présentée  par  ledit  Stau- 
dinger. Je  voulais  cependant  savoir,  avant  de  donner  un  nouveau 
nom  à  la  nouvelle  Espèce  marocaine  que  j'ai  finalement  appelée 
Poeymiraui,  si  cette  Espèce  marocaine  pouvait  être  rapportée  à  la 
Castiliaria  en  question.  Il  est  difficile  de  trouver  une  description 
claire  et  explicite  dans  l'impénétrable  maquis  des  descriptions 
sans  figure.  L.  B.  Prout,  le  spécialiste  en  Geometrae,  opérant  pour 
le  compte  du  Herr  Professer  Doktor  Adalbert  Seitz,  en  qualité 
de  Rédacteur  du  Volume  IV  —  Die  S-pannerartigen  Nachtfalter, 
mit  2^0  kolorip.rten  Tafeln  {i.g/y  Figuren),  dans  Die  Gross- 
schmetterlinge  des  palaearktischen  F aunen gebïetes ,  ne  paraît  pas 
s'être  trouvé  admirablement  renseigné  par  la  description  seule 
de  Castiliaria,  Stgr.  Pourtant,  nous  savons  tous  que  Louis  Bee- 
thoven Prout  est  un  des  plus  ardents  défenseurs  de  la  valeur  des 
descriptions  sans  figure. 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  305 

II  commence  par  déclarer  que  l'Espèce  Castïlïaria  lui  est 
inconnue.  Mïr  îinhekannt,  dit-il;  il  ajoute  même  qu'elle  n'est 
peut-être  pas  réf érable  au  même  Genre  que  Capreolaria,  à  côté 
de  laquelle  il  la  classe  cependant,  en  conformité  d'ailleurs  du 
Catalog  Stgr.  et  Rebel  1901.  <(  Vielleicht  nicht  congenerisch  », 
continue-t-il. 

Plus  loin,  L.  B.  Prout  se  borne  à  donner  très  en  abrégé  quelques 
détails  de  forme  et  de  couleur  empruntés  à  la  notice  initiale. 
Seulement,  dans  les  1.977  figures  publiées,  inutile  de  chercher 
celle  de  Castiliaria  qui  reste  donc,  faute  de  figuration,  nomen 
nudum  et  inane. 

Toutefois,  pour  renseigner  complètement  les  Lecteurs  des 
Etudes  de  Lé-pïdoftcrologïe  comparée,  je  crois  utile  de  publier 
ici  la  traduction  littérale,  en  langue  française,  de  la  notice  écrite 
en  allemand  par  feu  Otto  Staudinger  {loc.  cit.,  p.  392).  Ils  juge- 
ront sans  doute,  comme  moi,  que  Foeymrraui  et  Castiliaria  ne 
semblent  pas  pouvoir  s'identifier. 

Voici  donc  la  traduction  du  texte  staudingerien  : 

((  Numeria  Castiliaria  Stgr.  n.  sp.  —  Le  3  juin  1860,  je  pris 
un  cf  presque  pur  de  cette  nouvelle  Espèce  de  peu  d'apparence, 
près  de  San-Ildefonso.  Un  cf  assez  usé  par  le  vol,  mais  qui  a 
cependant  encore  à  certains  endroits  des  franges  complètes,  mais 
grêles,  fut  capturé  par  Korb,  le  13  juillet  1894,  près  de  Molinico, 
dans  la  Sierra  Segura  ;  les  deux  pièces  furent  donc  trouvées  en 
Castille.  Cette  Espèce  doit  être  très  rare  puisque,  lors  de  mon 
second  séjour  à  San-lldefonso  (1884)  011  je  collectionnais  avec 
mon  gendre  Bang-Haas  et  plus  tard  aussi  avec  mon  fils,  nous 
n'avons  pu  réussir  à  la  retrouver. 

Grandeur  30  et  31  mm.  Aile  antérieure  claire,  d'un  gris  jau- 
nâtre sale  (cf  de  San-Ildefonso),  ou  bien  d'un  gris  de  cendre  sale 
(cf  de  Molinico),  avec  barre  transversale  foncée  à  la  fin  de  la 
cellule  médiane  et  des  lignes  transversales  extrêmement  éteintes 


306  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

(lavées)  par  1/3  et  3/4  de  la  longueur  des  ailes.  Ces  dernières 
sont,  chez  mon  cT,  gris  jaunâtre,  indiquées  par  une  très  faible 
coloration  brunâtre  de  telle  façon  qu'elles  se  distinguent  à  peine 
sur  la  coloration  du  fond  gris  sale  et  d'autant  plus  qu'elles  ne 
sont  pas  franchement  limitées. 

La  barre  foncée  limitant  la  cellule  médiane  est  aussi  très  éteinte 
chez  ce  çf  ;  chez  l'autre  cT  gris  de  cendre  qui  a  volé,  ces  dessins 
sont  plus  nets,  d'un  brun  sale  ou  presque  noirâtre;  les  nervures 
y  sont  aussi  en  partie  d'une  teinte  légère  noirâtre. 

Les  ailes  inférieures,  claires,  faiblement  teintées,  ont,  chez  le  cf 
de  San-Ildefonso,  un  point  brunâtre;  chez  l'autre  cf,  blanc  gri- 
sâtre. Dans  tous  les  cas,  cette  Espèce  varie  assez  fortement. 

Les  antennes  sont  aussi  longuement  pectinées  que  celles  de 
Capreolaria;  les  palpes  minces  sont  plus  courts,  serrés  tout  près. 
Les  pattes  (les  tibias  antérieurs  avec  un  long  <(  Schienblatt  »)  et 
l'abdomen  paraissent  être  exactement  formés  comme  chez  Capreo- 
laria. 

Quoique  la  forme  des  ailes  antérieures  soit  un  peu  différente, 
plus  étroite,  avec  un  apex  plus  arrondi  que  celui  de  Capreolaria, 
je  crois  cependant  que  CastiUarïa  peut  bien  être  attribué  au  Genre 
Nianeria.  » 


Enconista  Powelli,  Obthr. 

Timhadit,  en  septembre  1920. 

Figuré  par  Culot  sous  le  n"  1361  de  la  PI.  68,  dans  Noctuelles 
et  Géomètres  d'Europe. 

Rappelle,  par  son  faciès  et  la  coloration  de  ses  ailes  supé- 
rieures, VHybernia  Riipicapraria  W.  V.  Cependant  VEuconista 
Powelli  a  les  ailes  inférieures  brun  clair,  tandis  que  VHybernïa 
Rupicapraria  a  les  mêmes  ailes  inférieures  d'un  gris  blanchâtre 
soyeux. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  30^ 

Scodiona  Hispanaria,  Millière. 

Une  ç  très  fraîche  prise  au  col  du  Taghzeft,  en  août  1920. 

Scodiona  Holli,  Obthr. 

Une  Q  prise  à  Mrassine,  en  mai  192 1,  fraîche,  mais  très  pâle. 
La  teinte  des  ailes  supérieures  est  à  peine  rosée;  elle  est  d'un 
blanc  d'ivoire. 

Marakech,  à  la  lumière,  en  avril  1920  et  mars  1921. 

Kasba-Tadla,  au  pied  du  Moyen-Atlas,  fin  avril  1921. 

M.  Ch.  Alluaud  a  pris  à  Marakech  et  à  Kasba-Tadla  des  exem- 
plaires tout  à  fait  conformes  à  celui  qui  est  figuré,  sous  le  n°  431 
de  la  PI.  LI,  dans  le  Vol.  IV  des  Etudes  de  Lépidoptérologie 
comparée. 

Eiisarca  interpunctaria,  Herrich-Scbaeffér. 
Zehroun,  en  mars  1921. 

Selidosema  Erebaria,  Obthr. 

2  cfcf  et  I  g  éclos  à  Rennes,  en  juillet  1921,  de  chrysalides 
envoyées  par  H.  Powell. 

La  forjxie  marocaine  est  très  obscure;  les  lignes  transverses  et 
les  ombres  qui  les  accompagnent  sont  très  accentuées. 

H.  Powell,  qui  a  élevé  la  chenille,  a  noté,  en  outre  de  la  des- 
cription, quelques  détails  de  biologie  qu'on  trouvera  ci-après  : 


308  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

(t  Chenille  (A)  de  Selidosema  Ereharia  (*)  trouvée  sur  ]unï- 
perus  oxycedrus,  suspendue  par  un  fil,  vers  lo  heures  du  soir,  sur 
un  flanc  de  coteau  à  l'est-nord-est  de  Beni-Amar,  7  décembre  1920. 

Sa  longueur,  le  16  décembre  1920,  est  de  12  mm. 

Tête.  —  Plate  sur  la  face;  le  sommet  des  lobes  en  légère  pro- 
jection; elle  porte  quelques  poils  droits,  courts,  bruns.  Le  côté  de 
la  tête  est  d'un  brun  roux;  le  sommet  des  lobes  est  marqué  d'une 
tache  blanchâtre,  enfumée  de  brun  roux.  La  face  et  le  triangle 
frontal  sont  blancs  maculés  de  points  bruns;  une  virgule  brune 
descend  du  sommet,  sur  la  face  de  chaque  lobe,  pour  la  moitié  de 
sa  hauteur.  Labrum  et  épistome  d'un  blanc  un  peu  jaunâtre,  sale. 

Corps.  —  La  couleur  fondamentale  est,  comme  celle  de  la  tête, 
d'un  brun  roux.  Le  segment  prothoracique  est  bordé  antérieure- 
ment de  blanc;  le  stigmate  de  ce  segment  est  représenté  par  un 
cercle  noir  placé  sur  une  légère  proéminence  blanchâtre.  La  sur- 
face dorsale  des  deux  segments  thoraciques  suivants  est  un  peu 
plus  claire  que  le  ton  général  et  on  y  distingue,  faiblement  tracées, 
deux  lignes  jaunâtres,  ondulées,  formant  lisière  de  la  bande  mé- 
diane qui  est  de  la  couleur  fondamentale;  cette  bande,  sur  les 
derniers  bourrelets  du  segment  métathoracique,  est  marquée  de 
taches  —  ou  plutôt  de  marbrures  —  d'un  blanc  laiteux.  Les  pattes 
thoraciques  sont  fortes,  de  couleur  gris  blanchâtre,  l'article  de 
la  base  étant  le  plus  clair;  elles  ont  quelques  taches  brunes  près 
des  points  de  jonction  des  articles  ;  le  flange  est  un  peu  ridé  et 
caréné. 

Segments  abdominaux.  —  Le  premier  segment  porte  une 
éclaircie  jaunâtre  (plus  prononcée  que  sur  les  deux  derniers  seg- 
ments thoraciques)  au  centre  dorsal,  sur  les  deux  premiers  bour- 


(*)  H.  Powell,  lorsqu'il  a  trouvé  la  chenille  de  Selidosema  Erebaria,  ignorait 
quelle  Espèce  de  papillon  elle  donnerait.  Il  l'a,  dans  ses  notes,  désignée  par  la 
lettre  A 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  309 

relets;  les  trois  derniers  bourrelets  sont  marbrés,  jusqu'au  fiange, 
par  des  taches  d'un  blanc  laiteux,  mais  c'est  surtout  sur  la  largeur 
de  la  bande  médiane  que  le  blanc  paraît.  La  peau  est  légèrement 
boursouflée  autour  du  stigmate  ;  celui-ci  est  presque  rond,  un 
cercle  noir  placé  sur  une  faible  verrue  jaunâtre  pâle. 

Le  second  segment  abdominal  et  ceux  qui  le  suivent  n'ont  pas 
d'éclaircie  médiodorsale;  les  bords  de  la  bande  médiane  y  sont 
assez  fortement  marqués  en  brun  noirâtre,  sur  le  premier  bourrelet 
(bourrelet  le  plus  large)  ;  la  bande  médiane,  sur  ce  segment  et  sur 
les  deux  suivants,  est  de  teinte  un  peu  plus  foncée  que  la  couleur 
fondamentale;  elle  s'élargit  beaucoup  vers  le  milieu  des  trois 
segments  en  question  ;  mais  ses  limites  sont  très  vagues,  sauf  sur 
le  premier  bourrelet.  Il  existe,  pour  le  second  segment  abdominal, 
ainsi  que  pour  les  suivants  jusqu'au  septième  inclus,  une  marbrure 
laiteuse,  sur  les  trois  ou  quatre  derniers  bourrelets  (bourrelets 
étroits)  ;  ces  taches  blanchâtres  forment  des  demi-anneaux  autour 
de  la  chenille,  s'arrêtant  au  flange.  Le  second  segment  abdominal 
est  surtout  remarquable  par  le  développement  exagéré  de  la 
verrue  qui  porte  le  stigmate  et  des  deux  verrues  en  dessous  de 
celui-ci,  la  plus  bas  placée  étant  au-dessous  du  flange;  la  verrue 
supérieure  forme  une  projection  auriculaire  ;  elle  est  de  la  couleur 
fondamentale,  mais  les  deux  verrues  inférieures  sont  blanchâtres  ; 
je  ne  distingue  pas  clairement  le  stigmate,  sur  ce  segment. 

Les  segments  abdominaux  3  à  7  inclus  n'ont  rien  de  remar- 
quable; la  bande  médiane  est  à  peu  près  effacée  sur  ces  segments, 
excepté  sur  le  premier  bourrelet  des  segments  3  et  4.  Le  stigmate 
est  rond,  assez  petit,  sur  les  cmq  segments  3-7  de  l'abdomen;  le 
sixième  segment  abdominal  porte  une  forte  paire  de  pattes  mem- 
braneuses. Sur  le  huitième  segment  abdominal,  la  bande  médiane 
est  plus  nettement  délimitée;  ses  bords  sont  d'un  brun  noirâtre; 
le  stigmate  est  grand,  presque  rond,  entouré  d'un  cercle  chitineux 
noir  sur  fond  blanchâtre,  ainsi  que  sur  les  segments  abdominaux 
qui  précèdent;  il  n'y  a  pas  de  demi-anneau  de  marbrures  blanches 
comme  sur  les  segments  précédents,  mais  toute  la  surface  dorsale 


310  LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


du  huitième  segment  abdominal  est  marbrée  de  lignes  et  de  taches 
plus  claires  que  le  fond  ;  cette  marbrure  existe  également  sur  le 
neuvième  segment  abdominal  et  sur  le  clapet  anal,  qui  est  large. 
La  surface  extérieure  des  pattes  anales  est  marquée  d'une  tache 
allongée  de  la  couleur  fondamentale,  entourée  d'un  espace  blan- 
châtre; il  y  a  une  très  légère  bosse  sur  la  surface  dorsale  du 
huitième  segment  abdominal.  Le  fiange  est  irrégulièrement  plissé 
et  ridé. 

La  surface  ventrale  est  de  la  couleur  brun  roux  fondamentale, 
depuis  la  troisième  paire  de  pattes  thoraciques  jusqu'à  celles  du 
sixième  segment  abdominal  ;  elle  est  marquée,  au  centre,  par  une 
ligne  assez  large,  blanchâtre,  découpée  en  taches;  par  ailleurs, 
toute  la  surface  centrale,  ainsi  que  le  côté  intérieur  des  pattes,  tant 
chitineuses  que  membraneuses,  sont  d'un  blanc  bleuté  terne. 

Cette  chenille  ne  mange  que  peu,  probablement  à  cause  de  la 
température  froide.  Elle  est  au  début  d'un  stade  (l'avant-der- 
nier).  (Description  faite  le  i6  décembre  1920). 

La  chenille  imite  très  bien  l'écorce  des  branches  menues  du 
Genévrier-Oxycèdre. 

/"'■  janvier  iç2i.  —  La  chenille  A  a  mué  vers  le  26  décembre; 
elle  est  maintenant  —  clans  le  dernier  stade  —  d'une  couleur  brun 
de  Sienne  chaud,  avec  quelques  éclaircies  d'un  jaune  brun.  Les 
deux  verrues  du  fiange,  en  dessous  de  la  projection  latérale  du 
second  segment  abdominal,  ressortent  assez  vivement  en  blanc 
ivoire;  chacun  de  ces  tubercules  est  marqué  d'une  tache  centrale, 
brune.  Le  stigmate,  qui  est  petit  sur  le  second  segment  abdominal, 
se  trouve  à  la  base  de  la  verrue  la  plus  saillante  (projection 
conique)  et  vers  l'avant.  Les  autres  stigmates  sont  blancs,  fine- 
ment cerclés  de  noir;  ils  sont  relativement  grands;  ceux  du  seg- 
ment prothoracique  et  du  huitième  segment  abdominal,  respecti- 
vement, sont  bien  plus  grands  que  les  autres,  ce  qui  est  normal 
chez  les  chenilles  en  général. 

Hier  soir,  31  décembre,  j'ai  trouvé,  sur  le;:  Genévriers  oxycèdres 
du  second  ravin  à  l'est  de  Beni-Amar,  trois  autres  chenilles,  évi- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  3II 


demment  de  l'Espèce  A,  mais  plus  jeunes  que  la  première,  et  diffé- 
rant considérablement  de  celle-ci  par  la  couleur.  L'une  d'elles  a 
le  fond  blanc  grisâtre,  piqué  de  fins  points  noirâtres,  avec  un 
dessin  en  larges  losanges  incomplets  au  centre  dorsal  des  seg- 
ments abdominaux  2,  3,  4  et  5  ;  une  seconde  chenille  ressemble 
à  celle-ci,  mais  elle  possède,  en  outre,  une  ligne  suprastigmatale 
grise,  ondulée  et  nette  ;  une  troisième  a  le  fond  d'un  gris  brunâtre. 
Je  les  ai  trouvées  suspendues  par  des  fils  aux  branches  ;  les  che- 
nilles étaient  recourbées  en  hameçon.  En  grandissant,  ces  trois 
dernières  chenilles  sont  devenues  très  belles;  les  dessins  en 
losanges  et  en  lignes  aux  tons  bruns  et  roux  chauds  ressortent 
sur  un  fond  jaunâtre  ou  blanchâtre  par  places.  La  forme  des 
chenilles  A  est  très  allongée,  cylindrique;  le  tubercule  latéral, 
conique,  du  second  segment  abdominal,  est  très  saillant.  La  pre- 
mière chenille  est  maintenant  d'une  couleur  terre  de  Sienne  rousse 
presque  uniforme;  elle  est  dans  le  dernier  stade  (8  janvier  192 1). 

ij  janvier  iç2i.  —  Il  y  a  une  tendance,  chez  les  chenilles  A, 
à  prendre  une  livrée  plus  uniforme,  dans  le  dernier  stade,  avec 
développement  considérable  des  surfaces  envahies  par  la  couleur 
Sienne  rougeâtre.  Cependant,  les  trois  dernières  chenilles  trouvées 
conservent  des  dessins  plus  nets  et  plus  variés  que  la  première 
chenille.  Une  de  ces  trois  chenilles  est  maintenant  au  milieu  du 
dernier  stade,  La  première  chenille  paraît  s'approcher  de  la  fin 
de  ce  stade.  Arrivées  au  dernier  stade,  les  chenilles  A  descendent 
bas  sur  les  grosses  branches  du  Genévrier,  pour  le  repos  diurne; 
il  est  bien  difficile  de  les  voir  alors,  car  elles  offrent  un  cas  de 
mimétisme  fort  développé. 

La  première  chenille  a  disparu  sous  terre,  le  29  janvier  192 1. 

Une  seconde  est  descendue  pour  se  métamorphoser,  le  6  février. 
Les  deux  plus  jeunes  chenilles  ont  été  transportées  à  Mrassine 
(versant  sud  du  Zehroun).  Le  Jnniperus  oxycedrus  n'existe  pas, 
à  ma  connaissance,  de  ce  côté  ;  je  l'ai  cherché  en  vain  et  les  indi- 
gènes me  disent  ne  pas  le  connaître  ici    J'ai  soufflé  une  des  deux 


312  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

chenilles;  l'autre  vit  toujours  (4  mars),  mais  elle  souffre  de  la 
faim. 

La  chenille  de  l'Espèce  A  ne  vit  pas  seulement  sur  le  genévrier; 
j'ai  été  assez  étonné  de  trouver  sur  le  Pistacia  lentiscus,  dans  la 
nuit  du  8  au  9  mars  1921,  près  de  Mrassine,  six  chenilles  con- 
formes à  celles  prises  sur  le  genévrier  en  décembre  1920,  à  Beni- 
Amar.  Elles  étaient  sur  les  grands  lentisques  en  marge  du  massif 
boisé  entourant  le  tombeau  de  Sidi-Belkacem.  Cinq  de  ces  che- 
nilles de  Mrassine  se  trouvaient  être  dans  l' avant-dernier  stade  ;  la 
sixième  était  déjà  bien  avancée  dans  le  dernier  stade.  Les  jeunes 
chenilles  sont  souvent  suspendues  aux  branches  par  un  hl  de  soie 
et  elles  balancent  au  vent.  La  chenille  mange,  de  préférence,  les 
fleurs  du  lentisque.  Deux  autres  chenilles  de  la  même  Espèce  ont 
été  trouvées  sur  les  lentisques,  au  courant  du  mois  de  mars  et  une 
dernière  sur  l'arbousier. 

Les  chenilles  sont  descendues  sous  terre  pour  former  leurs 
cocons,  dans  le  courant  du  mois  de  mars.  Lorsque  j'ai  déterré  les 
cocon.s,  en  avril,  toutes  les  chenilles  étaient  chrysalidées  ;  le  cocon, 
léger  et  très  peu'  résistant,  est  placé  presque  à  la  surface  du  sol; 
il  est  composé  de  particules  de  terre  et  de  brindilles  réunies  par 
de  la  soie. 

La  chrysalide  acquiert  une  couleur  définitive  acajou  brunâtre, 
mais,  pendant  plusieurs  jours  après  la  métamorphose,  les  ptéro- 
thèques  conservent  une  teinte  verte,  le  contenu  fluide  de  couleur 
verte  étant  visible  par  transparence. 

La  forme  de  la  chrysalide  n'a  rien  de  particulier;  sa  surface 
est  très  brillante;  mais,  à  la  loupe,  on  aperçoit  de  très  nombreuses 
dépressions  microscopiques,  rondes,  sur  les  segments  abdominaux 
(sauf  vers  les  incisions).  Cette  ponctuation  est  notable  sur  le 
dorsum,  mais  le  thorax  et  les  gaines  des  différents  membres  en 
sont  dépourvxis.  Le  crémastcr  est  terminé  par  une  seule  pointe, 
effilée  à  l'extrémité,  d'un  millimètre  de  longueur.  Les  chrysalides 
ont  donné  leurs  papillons  à  Rennes,  en  juillet  192 1.  » 


LÉPIDÔPTÉROLOGIE   COMPARÉE  313 


Selidosema  Semicanaria,  Freyer. 

Beni-Amar,  en  novembre  1920. 
Mrassine,  en  mars,  avril  et  mai. 

Grand-Atlas,  haute  vallée  de  la  Reraya,  en  juin  192 1  (Charles 
Alluaud). 

La  chenille  vit  en  janvier  sur  le  Calycotome. 

Selidosema  Pliiraaria,  W.  V.-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  148). 
Djebel-Tisdadine,  6  et  8  août  1920. 

Fidonia  concordaria,  Huebner-Guenée  {S p.  G.,  X,  p.  156). 

Mrassine,  en  avril  192 1. 

Bab-Rmila,  en  avril  1921. 

Extrêmement  abondante  dans  les  deux  localités  du  Zehroun 
précitées. 

La  forme  marocaine  de  Concordaria,  surtout  chez  les  cfcf,  est 
d'aspect  plus  sombre  que  dans  les  Pyrénées-Orientales  et  en 
Andalousie,  et  de  taille  généralement  un  peu  plus  petite. 

Elle  se  rapproche  beaucoup  plus  de  la  forme  que  nous  trouvons 
aux  environs  de  Rennes  et  qui  a  le  fond  des  ailes  supérieures,  en 
dessus,  presque  entièrement  brun,  ,sans  les  éclaircies  blanchâtres 
que  l'on  remarque  chez  les  échantillons  roussillonnais  et  andalous. 

Sterrha  sacraria,  Linné. 

Forêt  d'Azrou,  en  septembre  1920. 

Commune  dans  plusieurs  autres  localités  marocaines  d'après 
la  communication  faite  par  M.  Alluaud. 


314  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Aspilates  Citraria,  Huebner. 

Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

Espèce  répandue  en  Angleterre,  en  France,  en  Corse,  en  Sicile, 
en  Andalousie,  en  Algérie,  en  Asie  Mineure;  variant  pour  la  taille 
et  l'intensité  de  la  coloration  jaune  sur  les  ailes  supérieures. 

Comme  le  dit  Guenée  (Species  Général,  X,  p.  184),  «  on  ren- 
contre des  individus  depuis  le  blanc  à  peine  soufré,  jusqu'au 
jaune  d'ocre  le  plus  foncé  ». 

Cliemerina  Caliginearia,  Rambur. 

Zehroun  :  Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920  ;  Mras- 
sine, en  mars  192 1. 

Paraît  très  abondante,  est  de  plus  grande  taille  qu'en  Cata- 
logne et  qu'en  Provence;  mais  la  forme  marocaine  est  analogue 
à  celle  des  Alpes-Maritimes  et  de  l'Italie  centrale. 

On  remarque  des  exemplaires  chez  cjui  le  ^roiind  colour  des 
ailes  supérieures  est  d'un  gris  plus  foncé. 

La  Chenierina  Caliginearia  cf  vient,  nombreuse,  à  la  lumière  ; 
on  trouve  les  Q  Q  en  cherchant  sur  les  plantes,  entre  le  coucher 
du  soleil  et  minuit;  elle  est  posée  en  triangle,  notamment  sur  les 
Cistes. 

La  position  de  repos  de  l'Espèce  est  originale.  Les  ailes  supé- 
rieures sont  ramenées  sur  les  inférieures,  horizontalement,  de 
façon  à  prendre  la  forme  d'un  triangle.  Pour  cela,  une  des  ailes 
supérieures  chevauche  sur  l'autre  et  la  cache  en  partie. 

Ligia  argentaria,  H. -S.  {Yaminaria,  Obthr.). 

Un  e.xemplairc  Q  est  éclos  à  Rennes  le  15  septembre  192 1 
provenant  de  chenille  trouvée  à  Mrassine,  en  mars  1921. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  315 

Cette  chenille  vit  à  Mrassine,  sur  V Erophaca  baelica,  dont  elle 
mange  indifféremment  les  feuilles  et  les  fleurs. 

Elle  se  cache  le  jour.  La  nuit,  elle  sort  de  sa  retraite  et  grimpe 
sur  la  plante  qui  lui  sert  de  nourriture.  La  chrysalide  se  fait  en 
terre,  dans  une  coque  peu  résistante,  mélangée  de  terre  et  de  brins 
de  soie. 

Harold  Powell  a  fait  au  sujet  de  la  chenille  de  Ligia  argen- 
taria  les  observations  suivantes  : 

((  Comme  celle  de  Boisduvalaria,  la  chenille  de  Argentaria 
(Yajninafia)  est  essentiellement  nocturne  dans  ses  mœurs  et  elle 
se  cache,  le  jour  —  au  moins  dans  ses  deux  derniers  stades  — 
sous  les  débris  au  pied  des  touffes  et  même  sous  terre.  La  grosse 
Araignée  nocturne  qui  s'attaque  aux  chenilles  de  Boisduvalaria, 
à  Beni-Amar,  est  commune  à  Mrassine  et  elle  doit  détruire  pas 
mal  de  chenilles  de  Yamhiarïa;  le  2  mars  1921,  j'ai  vu  une  de  ces 
Araignées  en  train  de  vider  une  chenille  de  Y aminaria  qu'elle 
tenait  dans  ses  mandibules  et,  ce  soir  (5  mars),  j'ai  trouvé  une 
seconde  Araignée  opérant  de  la  même  façon  avec  une  belle 
chenille  de  Y  aminaria  du  dernier  stade.  Mais  la  nourriture  de 
l'Araignée  n'est  pas  formée  uniquement  de  chenilles;  elle  mange 
d'autres  insectes  également;  j'en  ai  surpris  une  dévorant  soit  une 
petite  Blatte  de  couleur  brun  pâle,  soit  un  Coléoptère.  Je  crois 
qu'il  s'agissait  d'une  Blatte,  mais,  voulant  prendre  l'Araignée  et 
sa  proie,  l'Araignée  a  lâché  l'insecte  qui  est  tombé  dans  le  buisson 
et  je  n'ai  pu  le  retrouver.  » 

Hybernia  Bajaria,  Kleemann-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  251). 
Mrassine,  du  i"  au  15  mars  1921. 

Larentia  fulvocinctata,  Rambur. 

Une  Q  très  usée  par  le  vol,  de  Foum-Kheneg,  dans  la  collection 
Daniel  Lucas. 


3l6  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Larentia  alfacariata,   Rambur   (PI.   DXXXVIII,  fig.   4501, 
4502,  4503). 

Beni-Araar,  en  novembre  et  décembre  1920. 

Mrassine,  en  mars  192 1. 

Espèce  très  abondante  dans  le  Zehroun,  mais  très  délicate  et 
très  facilement  déflorée;  d'ailleurs  variable  pour  l'intensité  de  la 
coloration  des  ailes. 

Lorsque  Alfacarïata  est  bien  fraîche,  les  dessins  sont  bien 
marqués  et  très  distinctement  apparents;  les  ailes  ont  un  aspect 
très  satiné,  soyeux,  d'une  teinte  générale  rousse  plus  ou  moins 
claire  ou  foncée,  d'un  ton  doré. 

Alfacarïata  a  pour  synonyme  ibericata^  Stgr. 

En  1900,  Staudinger  m'a  retourné  un  exemplaire  de  Sebdou, 
avec  une  étiquette  écrite  de  sa  mam  et  ainsi  conçue  :  <(  ibericata, 
Stgr.,  pas  fraîche  ».  Comme  je  le  dis  plus  haut,  les  exemplaires 
parfaitement  purs  semblent  en  effet  fort  rares  et  c'est  probable- 
ment à  cette  cause  qu'est  due  la  défectueuse  figuration  que  l'on 
remarque  chez  les  Auteurs  qui  ont  eu  la  bonne  intention,  —  dont 
il  est  juste  de  leur  tenir  compte,  —  de  faire  connaître,  autrement 
que  par  un  inintelligible  texte  descriptif,  la  Larentia  en  question 
qui  habite  l'Andalousie,  l'Algérie  et  le  Maroc. 

Dans  le  but  de  combler  une  lacune  qui,  à  mon  avis,  subsiste 
dans  l'exacte  connaissance  de  la  Larentia  Alfacarïata,  malgré  la 
figuration  donnée  par  Rambur  {Catal.  systévi.  des  Lépidopt.  de 
r Andalousie,  PI.  XVIII,  fig.  i);  Prout  {in  Seitz,  PI.  13,  ligne  a); 
J.  Culot  {Géomètres  d'Europe,  PI.  32,  fig.  650),  je  fais  représenter, 
dans  le  présent  ouvrage,  trois  exemplaires  très  frais  de  V Alfaca- 
rïata. J'espère  que,  grâce  au  talent  de  mon  cher  ami  et  si  excellent 
collaborateur  artistique  J.  Culot,  on  sera  désormais  parfaitement 
fixé  sur  le  compte  de  la  Larentia  Alfacarïata. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  317 

Eupithecia  breviculata,  Donzel. 
Mrassine,  en  mai  1921. 

Eupithecia  centaureata,  Roesel. 
Mrassine,  en  mai  192 1  ;  huit  exemplaires. 

Eupithecia  Roederaria,  Standf. 

Timhadit  (Moyen-Atlas),  en  septembre  1920. 
Mrassine,  en  avril  et  mai  1921. 

A  Vernet-les-Bains,  la  chenille  de  cette  Espèce  vit  sur  Seduni 
dasyphyllmn  L. 

Eupithecia  Dodoneata,  Guenée. 

Beni-Amar,   fin   décembre   1920  et   commencement   de  janvier 
1921. 

Forme  à  dessins  noirâtres,  plutôt  que  bruns. 

Eupithecia  Sobrinata,  Huebner. 
Mrassme,  mai  1921. 


Eupithecia  Oxycedrata,  Rarabur. 

Beni-Amar,  automne  1920  et  en  mars  1921. 
La  chenille  vit  sur  Juniperus  oxycednis. 


3l8  LÉPIUOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Eupithecia  Rosmarinata,  Millière. 
Mrassinc,  du  i'"'  au  15  mars  192 1. 

Ihipithecia  Pumilata,  Huebncr. 

Zehroun,  partout  en  hiver  et  au  printemps  1921  ;  très  abondante. 

Melanippe  fluctuata,  Goed-Guenée  (Sp   G.,  X,  p.  402). 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920. 
Mrassine,  en  mars  et  mai  1921. 

Melanippe  galiata,  W.  V. 

Beni-Amar,  novembre  1920. 

Anticlea  Badiata,  W.  V.-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  407). 

Mrassine,  en  mars  1921. 

La  forme  marocaine  a  les  ailes  supérieures,  en  dessus,  plus 
obscure  que  la  forme  françaisq.  Elle  est  très  belle  et  je  la  fais 
représenter  dans  cet  ouvrage  comme  étant  une  intéressante  forme 
géographique  de  notre  printanière  Badiala. 


Camptogramma  bilineata,  Linné-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  426, 

42;). 

Forêt  d'Azrou,  en  juillet  1920. 

Il  y  a  deux  races,  l'une  dont  les  quatre  ailes,  en  dessus,  sont 
jaunes,  l'autre  chez  qui  les  ailes  supérieures  sont  d'une  teinte  fauve 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  319 

carné.  Les  exemplaires  de  cette  dernière  forme  sont  plus  grands, 
du  moins  d'après  les  documents  dont  Harold  Powell  m'a  fait 
envoi. 


Phibalapteryx  lapidata,  Huebner-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  435). 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1921. 

J'ai  reproduit  photographiquement,  sur  la  PI.  7  du  Vol.  XVIII, 
Part.  I,  des  Etudes  de  LépidoptéroLogie  comparée,  la  forme  de 
Phibal.  lapidaia,  du  Zehroun,  comparativement  aux  formes  de 
Petrograd  et  de  Cannes,  et  j'ai  distingué  par  le  nom  de  Zehrou- 
naria  la  variété  géographique  marocaine  de  Ph.  lapidata.  J'ai 
décrit  la  nouvelle  variété  aux  pages  63-65  du  texte  de  l'ouvrage 
précité. 

Eubolia   Alfacaria,    Stgr.   (PI.   DXXXVII,   fig.   4486,  4487, 
4488). 

Aghbalou-Larbi,  mi-août  1920. 

Région  de  Timhadit,  Djebel-Hayane  et  Djebel-Tisdadine,  mi- 
juillet  1921. 

L'Espèce  paraît  commune  dans  le  Moyen-Atlas;  elle  a  été 
décrite  initialement,  sans  figure  à  l'appui,  par  Staudinger,  dans 
une  Notice  intitulée  :  Diagnosen  nebsi  kiirzen  Beschreibîmgen 
neuer  andalusisch.  Lepidopteren.  Cette  notice  est  imprimée  à  la 
page  219  dans  Entomologische  Zeitung  herausgegeben  von  deni 
entovd.  Yerei7ie  zu  Stettin,  n°  7-9,  Juli-September  1859. 

Elle  fut  plus  tard  figurée  dans  Iris,  Dresden,  Band  XIX,  par 
les  soins  de  Herr  Ribbe,  avec  le  nom  de  Larentia  Alfacaria, 
d'abord  sous  le  n"  6  de  la  PI.  V,  en  lithographie  coloriée, 
puis,  d'après  les  procédés  photographiques,  sous  le  n°  5  de  la 
PI.  VIII. 

Herr  C.  Ribbe  explique  {loc.  cit.,  p.  244)  qu'il  a  trouvé  la 
figuration  en  lithographie  si  mal   faite  qu'il  s'est  décidé,  pour 


^2u  LÉPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

offrir  quelque  chose  de  mieux,  à  faire  reproduire  une  image 
photographique  de  Larentia  alfacaria. 

Nous  avons  donc  enfin  appris,  par  le  moyen  de  cette  repro- 
duction photographique,  ce  qu'est  réellement  la  Larentia  alfa- 
caria, Stgr. 

Quoi  qu'il  en  soit,  l'Espèce  étant  un  peu  variable  et  relative- 
ment peu  connue,  non  figurée  par  Prout,  dans  l'ouvrage  de  Seitz, 
contrairement  à  l'annonce  mirifique  du  prospectus,  je  fais  repré- 
senter, dans  le  présent  ouvrage,  trois  exemplaires  cfcf  et  Q  de 
VEulobia  Alfacaria. 

Après  cette  figuration,  je  me  plais  à  penser  que  la  connaissance 
de  l'Espèce  se  trouvera  assurée.  Sûr  du  talent  éprouvé  de  mon 
ami  J.  Culot,  il  ne  m'arrivera  pas,  comme  à  Herr  C.  Ribbe,  la 
pénible  obligation  de  désavouer  la  figure  publiée  à  l'appui  de  la 
Notice  illustrée  ayant  cependant  le  but  très  louable  de  compléter 
la  description  originale.  Ce  qu'il  y  a  de  plus  fart,  c'est  que  le 
dessinateur,  sans  doute  plein  d'admiration  pour  son  pseudo-chef- 
d'œuvre  lithographique,  a  cru  devoir  ne  pas  laisser  ignorer  son 
nom.  Il  a  signé  en  bas  de  Tafel  V,  dans  Iris-Dresden,  Band  XIX, 
igo6,  comme  suit  :  Bruno  Geisler  fecit. 

Si  Nevaclaria,  Rambur  {Catalogue  systhnat.  des  Lépidoptères 
de  V Andalousie,  PI.  XIX,  fig.  7)  est  la  même  Espèce  o^' Alfa- 
caria, ainsi  que  le  prétend  Staudinger,  dans  le  Catalog  içoi,  la 
Nevadaria,  Rambur,  constitue  une  aberration  d' Alfacaria  assez 
notable  pour  que  le  nom  de  Nevadaria,  d'ailleurs  assuré  par  une 
figure  semblant  très  bonne,  soit  conservé  dans  la  Nomenclature. 

Hubolia  malvata,  Rambur-Guenée  (Sp.  G.,  X,  p.  485). 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920. 

Variable  comme  dans  presque  toutes  les  parties  de  son  habitat. 
Les  ailes  supérieures,  en  dessus,  sont  parfois  maculées  de  taches 
blanches,  souvent  d'un  brun  rougeâtre  obscur,  avec  l'espace 
médian  plus  foncé  que  les  espaces  basilaire  et  marginal. 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  32 1 


Eubolia  Basochesiata,  Duponchel-Guenée  {Sp.  G.,  X,  p.  485). 

Beni-Amar,  en  novembre  et  décembre  1920 

Mrassine,  en  mars  et  avril  1921. 

Assez  variable  de  taille  et  coloration;  abondante. 


Eubolia  bipunctaria,  W.  V. 

Aghbalou-Larbi,  à  la  mi-août  1920. 

La  forme  marocaine  se  rapproche  de  Gachtaria,  Frey.;  mais 
elle  paraît  tendre  à  une  coloration  générale  plus  brune  et  moins 
errise. 


Anaitis  Plagiata,  Linné. 

Azrou,  en  automne  1920. 
Zehroun,  en  mars  1921. 
Oued-Djdida,  15  juin  1921. 


Lithostege  nîvearia,  W.  V. 

Mrassine,  en  mai  1921. 

Chesias  Obliquaria,  W.  V. 

Mrassine,  en  mars  et  avril  192 1  ;  assez  abondante. 

La  forme  marocaine  de  Chesias  obliquaria  est  obscure  ;  elle 
ressemble  à  la  forme  qu'on  trouve  en  Grande-Bretagne  et  en  Bre- 
tagne armoricaine,  beaucoup  plus  qu'à  celle  du  midi  de  la  France 
(Basses-Alpes.  Pyrénées-Orientales)  dont  le  ground  coloiir  est 
d'un  gris  argenté,  sensiblement  plus  clair. 


j-- 


LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


Heteropsis  testaria,  Fabr. 

Gada  des  Dkrissa,  en  avril  1921. 

La  taille  de  la  H.  testaria,  au  Maroc,  est  grande;  la  coloration 
des  ailes  supérieures,  en  dessus,  est  d'un  jaune  un  peu  olivâtre; 
les  ailes  inférieures  sont  d'un  beau  jaune  d'or  pur;  les  franges 
sont  noirâtres  et  assez  longues. 

L'Espèce  habite  en  Algérie,  aux  environs  de  Géryville,  en  juin 
et  juillet;  de  Bône,  en  juin;  de  Sebdou,  en  mai;  d'Aflou,  en  juin. 

Voici,  au  sujet  de  cette  Géoméinde,  les  observations  de 
H.  Powell  : 

((  La  Heteropsis  testaria  est  répandue  dans  la  région  de 
Meknès;  elle  a  été  prise,  aussi,  à  Azrou.  J'ai  recueilli  quelques 
exemplaires  C?  et  Q  très  frais,  le  7  avril  192 1,  sur  le  plateau  des 
Dkrissa.  Le  27  avril,  en  traversant  de  nouveau  le  plateau  des 
Dkrissa,  nous  avons  trouvé  Testaria  en  assez  grande  abondance  ; 
le  papillon  se  tient,  principalement,  dans  les  touffes  de  la  grande 
férule,  d'où  il  s'envole  lorsqu'on  passe;  son  vol  est  faible,  mais 
il  se  laisse  emporter  au  loin  par  la  brise;  on  le  capture  facilement, 
pourtant.  L'Espèce  était  commune,  mais  déjà  un  peu  passée,  le 
19  mai,  dans  la  vallée  de  l'Oued-Djdida,  près  de  la  station  du 
chemin  de  fer.  La  chenille  de  Testaria  vit,  en  mars,  sur  la  Fernla 
communis  L.  Elle  est  mince  et  très  allongée  ;  sa  couleur  est  verte, 
comme  celle  du  feuillage  de  sa  plante  nourricière;  la  ligne  médio- 
dorsale  est  très  fine,  d'un  vert  foncé,  bordée  de  vert  blanchâtre; 
elle  a  une  ligne  sous-médiane  blanche,  assez  large;  cette  ligne  est 
bordée  inférieurement  par  une  ombre  vert  noirâtre;  le  -flange, 
ondulé,  est  blanc  ;  la  tête  est  verdâtre  ;  le  segment  anal  est  bordé 
de  blanc,  dorsalement;  la  longueur  d'une  chenille  dans  le  dernier 
stade,  mais  non  encore  complètement  développée,  que  j'ai  mesurée 
le  19  mars,  était  de  0.021;  cette  chenille  s'est  chrysalidée,  sans 
cocon,  dans  une  boîte  en  fer-blanc;  le  papillon  est  éclos  en  avril.  » 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  323 


* 
*  * 


Les  familles  des  Galleriinae,  Crambinae,  Anerastiinae,  Phyci- 
iinae,  Pierophoridae,  Orneodidae,  Tortricidae,  Conchylinae, 
Olethreuiinae,  Glyphipterygidae,  Y ponomeutidae,  Plutellidae, 
Gelechïidae,  Aecophorinae,  Elachislidae.  Gracilariidae,  Nepti- 
culidae,  Talaeporidae,  Tineidae,  Adelinae,  Microptery gidae  ont 
été  étudiées  et  déterminées  par  M.  P.  Chrétien  qui  s'est  charg-é 
d'examiner  en  même  temps  les  matériaux  du  Muséum  de  Rabat 
que  M.  Charles  Alluaud  lui  a  remis,  et  ceux  résultant  de  l'explo- 
ration de  M.  Harold  Powell. 

M.  Alluaud  et  moi,  nous  nous  unissons  pour  renouveler  à  notre 
très  savant  ami  et  si  obligeant  collègue  M.  P.  Chrétien,  l'expres- 
sion de  notre  plus  cordiale  et  affectueuse  gratitude. 

J'envoie  à  M.  J.  Culot,  pour  figuration,  24  spécimens  des 
Microlepidoftera  décrits  par  M.  P.  Chrétien,  dans  le  présent 
Mémoire. 

Je  regrette  de  ne  pouvoir  faire  figurer  les  échantillons  des 
Espèces  nouvelles  communiquées  à  M.  P.  Chrétien  par  M.  Alluaud, 
attendu  que  ces  matériaux  appartenant  au  Muséum  de  Rabat, 
lui  ont  été  retournés  directement  par  M.  Chrétien,  sans  passer 
par  mes  mains. 

Cependant,  au  cours  de  la  rédaction  du  présent  travail  sur  les 
Lépidoptères  du  Maroc,  des  documents  nous  sont  déjà  parvenus 
qui  forment  la  base  d'un  supplément  que  nous  publierons  le 
plus  tôt  possible,  ce  qui  permettra  de  procéder  à  une  figuration 
complémentaire  des  Microlépidoptères  marocains. 

Rennes,  3  décembre  1921. 

Charles  OBERTHÙR. 


324  LÉPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


GALLERIINAE 


Aphomia  sociella,  L. 

Une  Q  de  Mrassine,  mai  1921  (Powell). 

Les  bordures  brun  noir  des  deux  lignes  transverses  sont  larges 
et  très  nettes. 


Galleria  mellonella,  L. 

Une  Q  d'Azrou,  automne  1920  (Powell)  ;  une  autre  de  Rabat 
(Alluaud),  élevée  de  cire  d'abeilles. 


Lamoria  anella,  Schiff. 

Sept  sujets  cfQ,  d'Oued-Djdida,  15  juin  1921  ;  de  la  région 
des  Zemmours,  mai  1921  ;  deux  g  Q  de  Rabat  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  325 


CRAMBINAE 


Crambus  divisellus,  Joann. 

Un  sujet  de  Rabat  (Alluaud). 

L'Espèce  a  été  trouvée  aussi  en  Algérie,  Prov.  de  Constantine. 
en  1895  (Olivier).  J'avais  omis  de  la  signaler. 


Crambus  suldesertellus,  n.  sp. 

26  mm.  —  Ailes  supérieures  un  peu  étroites  et  prolongées  à 
l'apex  chez  le  cf,  d'un  ocracé  jaunâtre,  salies  de  brun  roux  surtout 
à  la  base  et  au  bord  interne,  traversées  par  deux  lignes  obliques 
blanchâtres  :  T"  ligne,  indistincte  à  la  côte,  commence  près  du 
milieu,  dessine  un  angle  externe  dans  la  cellule  discoïdale  et, 
descendant  très  obliquement,  gagne  le  bord  interne  au  tiers;  sa 
bordure  externe  est  constituée  par  des  taches  brun  noir,  dont  trois 
principales,  dans  la  cellule  discoïdale,  le  pli  et  sur  le  bord  interne. 
La  deuxième  ligne  commence  à  la  côte  au  dernier  quart,  dessine 
un  coude  arrondi  sur  les  nervures  5  et  6  et  descend  obliquement 
jusqu'au  bord  interne  au  dernier  quart,  après  avoir  tracé  un  petit 
angle  aigu  externe  sur  la  nervure  2  ;  sa  bordure  interne  est  éga- 
lement maculaire,  formée  de  taches  brun  noir  elliptiques.  Points 
terminaux  plus  distincts  chez  la  Q  que  chez  le  cf.  Franges  blan- 
châtres, faiblement  luisantes,  avec  une  bandelette  de  partage 
brune,  près  de  leur  base. 


326  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Ailes  inférieures  gris  soyeux;  franges  blanches.  Dessous  gris 
clair,  soyeux. 

Tête  et  palpes  gris  ocracé,  foncé  chez  le  cf,  plus  clair  chez  la  Q  ; 
antennes  et  thorax  gris  brun  ;  abdomen  gris,  les  premiers  segments 
fauves  en  dessus;  touffe  anale  blanc  crème;  pattes  gris  brun. 

Un  cf  de  Rabat  (AUuaud);  une  Q  de  Bône  (Algérie),  1893 
(Olivier). 


Crambus  geniciileus,  Hw. 

Un  cf  de  Timhadit,  août  1920  (Powell),  de  couleur  très  pâle; 
ses  marques  peu  distinctes,  sauf  la  tache  centrale. 


Crambus  deliellus,  Hb. 

Cinq  sujets  de  Timhadit  et  de  Forêt  d'Azrou,  en  août  et  sep- 
tembre 1920  (Powell).  Ceux  de  Timhadit  sont  plus  ombrés  de 
brun  dans  la  région  dorsale. 


Crambus  perlellus,  Se. 

Deux  sujets  de  pcrlclhis  et  trois  de  la  var.    W arringtonelhis, 
Stt.,  de  Forêt  d'Azrou,  en  juillet  et  septembre  1920  (Powell). 


Crambus  saxonellus,  Zk. 

Un  sujet  Q  de  Timhadit,  en  août  1920  (Powell). 

On  ne  peut  affirmer  que  ce  soit  un  représentant  d'une  race 
locale,  car  certains  sujets  Q  g  de  saxonellus  de  France,  surtout 
de  montagne,  ne  possèdent,  comme  la  Q  de  Timhadit,  ni  lignes 
transverses,  ni  point  discocellulaire  et  leurs  franges  n'ont  qu'un 
très  faible  reflet  doré. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  "hV 


Crambus  craterellus,  var.  Cassentiniellus,  Z. 

Deux   QÇ^,  d'Oued-Djdida,  en  mai  1921   (Powell)  ;  un  sujet 
d'Aïn-Leu  (Alluaud). 


Crambus  tingitanellus,  n.  sp. 

21-22  mm.  —  Ailes  supérieures  brun  roux  très  foncé  (écailles 
brun  roux  à  extrémité  blanchâtre)  ;  la  côte  finement  bordée  de 
blanc  dans  sa  moitié  apicale;  ombre  médiane  très  va^e,  coudée, 
arrondie  à  l'extrémité  de  la  cellule  discoïdale,  puis  parallèle  au 
bord  externe  et  atteignant  le  bord  interne  après  le  milieu. 
Deuxième  ligne  plus  nette,  commençant  à  une  petite  tache  blan- 
châtre aux  quatre  cinquièmes  de  la  côte,  dessinant  une  courbe 
jusqu'à  la  nervure  4,  puis  droite  et  atteignant  le  bord  interne  près 
du  tornus.  Points  terminaux  noirs,  bien  distincts  seulement  dans 
la  moitié  inférieure  de  l'aile.  Franges  brunes  à  reflet  doré;  leur 
base  blanche  à  reflet  argenté.  Dessous  brun  foncé,  avec  une  fine 
bandelette  blanc  crème  subterminale  et  les  points  terminaux 
distincts. 

Ailes  inférieures  brun  foncé,  finement  bordées  de  plus  sombre. 
Franges  gris  clair,  avec  une  bandelette  de  partage  brune.  Tête  et 
thorax  brun  bronzé;  poils  du  vertex  brun  roux;  abdomen  brun 
foncé;  touffe  anale  jaunâtre;  pattes  grises,  plus  ou  moins  lavées 
de  brun. 

Voisin  de  Cr.  craterellus  Se,  mais  plus  petit,  et  de  Cr.  hor- 
iuellus,  Hb.,  dont  il  diffère  surtout  par  sa  deuxième  ligne  com- 
mençant plus  près  de  l'apex,  à  coude  moins  aigu,  par  son  ombre 
médiane  touchant  le  bord  externe  après  le  milieu  et  par  la  bordure 
claire  du  dessous  des  ailes  supérieures. 

Un  Cf,  deux  Q  Q  d'Oued-Djdida,  15  juin  192 1  (Powell). 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


Crambus  (Platytes)  carectellus,  Z. 

Un  sujet  (abdomen  et  antennes  cassés),  de  Forêt  d'Azrou,  en 
juillet  1920  (Powell). 


Eromene  Ramburiella,  Dup. 

Un  cT  de  Région  des  Zemmours  en  mai  1921  (Powell)  est  de 
grande  taille  et  de  couleur  gris  foncé. 


Eromene  ocellea,  Hw. 

Quatre  Q  Q  de  Marakech  et  de  Haute-Reraya  (Grand-Atlas) 
(AUuaud). 


Ancylolomia  tentaculella,  Z. 

Deux  sujets  de  Rabat  (AUuaud). 

Ancylolomia  anargyrella,  Chrét. 

Deux  c?cf  de  Marakech  et  de   Haute-Reraya   (Grand-Atlas) 
(AUuaud). 

Ancylolomia  palpella,  Schiff. 

Trois  sujets  cfcf  de  Timhadit  et  d'Azrou,  en  août  et  septembre 
1920  (Powell). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  329 


ANERASTIINAE 


Anerastia  ablutella,  Z. 

Une  g  d'Azrou,  automne  1920  (Powell)  ;  huit  sujets  de  Mara- 
kech,  de  Rabat  (Alluaud),  de  taille  très  variable,  8-20  mm. 


Lymira  semiluteella,  n.  sp. 

21-27  nim.  —  Ailes  supérieures  étroites,  allongées,  apex  arrondi, 
gris  brun  dans  la  partie  antérieure  au-dessus  du  pli,  jaunâtre  dans 
la  région  dorsale;  la  côte  finement  bordée  de  brun  foncé  à  la 
base,  avec  une  bande  costale  large  et  s 'atténuant  vers  l'apex, 
qu'elle  n'atteint  pas  tout  à  fait;  la  nervure  dorsale  et  la  médiane 
avec  ses  nervules  blanc  crème,  ainsi  que  la  bande  costale  ;  ni  points 
discoïdaux  ou  terminaux,  m  lignes  transverses.  Franges  conco- 
lores. 

Ailes  inférieures  translucides,  blanchâtres,  assombries  dans  la 
région  apicale,  très  finement  bordées  de  brun.  Franges  blan- 
châtres, leur  base  plus  blanche. 

Tête  et  thorax  gris  brun  argileux  ;  antennes  brunes,  à  pubes- 
cence  blanche;  écailles  du  sinus  blanc  crème;  palpes  blanc  crème 
intérieurement,  gris  brun  extérieurement;  abdomen  jaunâtre  sur 
les  trois  premiers  segments  et  la  touffe  anale,  brun  sur  les  autres 
segments;  pattes  gris  brun  argileux. 


330  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

L'absence  de  couleur  rose  vif  sur  les  ailes  supérieures  suffit  à 
distinguer  cette  nouvelle  Lyjnira  des  autres  espèces. 

Trois  cfcf  de  Mrassine,  avril-mai  1921  (Powell)  ;  une  g  de 
Kasba-Tadia  (Alluaud). 

Ematheudes  punctella,  Tr. 

Trois  sujets  cf  Q  de  Région  des  Zemmours,  mai  1921  (Powell). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  331 


PHYCITINAE 


Homoeosoma  nimbella,  Z. 

Un  sujet  Q  de  Mrassine,  mai  192 1  (Powell). 

Ephestia  caiitella,  Wlk. 

Quatre  sujets  cfQ  de  Mrassine,  avril  et  mai  1921  (Powell). 

Sont  de  couleur  sombre,  même  aux  ailes  inférieures,  qui  ont 
cette  légère  teinte  bleuâtre  (ou  violacée)  signalée  par  Ragonot. 

Ressembleraient  aussi  un  peu  à  Vlcosiella  Rag.  ;  mais  cette  der- 
nière n'a  pas  de  touffe  costale. 

Ephestia  unicolorella,  Stgr. 

Cinq  sujets  cfQ   de  Rabat  et  de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas 

(Alluaud). 

Vu  le  mauvais  état  de  ces  exemplaires,  la  détermination  n'est 

peut-être  pas  certaine. 

Ancylosis  cinnaraomella,  Dup. 

Cinq  sujets,  naturellement  variés,  de  Timhadit,  août  1920 
(Powell). 


332  LÉPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

Syria  angiista,  Stgr. 

Une  Q  de  Marakech  (Alluaud),  de  petite  taille. 

Ancylodes  pallens,  Rag. 


Une  Q  de  Meknès,  en  juillet  192 1  (Powell 


Heterographis  brunneella,  Chrét. 

Cinq  sujets  Q  Q,  variés,  de  Marakech  (Alluaud). 

Pempelia  malacella,  var.  punctigerella,  Chrét. 
Un  sujet  de  Mrassine,  mai  1921  (Powell). 

Pempelia  sororiella,  Z. 

Trois  sujets  cfg  de  Forêt  d'Azrou,  juillet  1920,  et  Dar-bel- 
Hamri,  juin   192 1   (Powell). 

Pempelia  multifidella,  Chrét. 

Huit  sujets  cTq,  variés,  de  Mrassine,  avril  et  mai  1921  (Powell). 

Sont  de  grande  taille  (20-26  mm.).  La  variation  la  plus  notable 
consiste  en  une  teinte  ocracé  rougeâtre  qui  couvre  la  bande  blanche 
costale  d'un  cf. 

Euzopherodes  lutescentella,  var.  angulella,  Chrét. 

Un  sujet  Ç,  de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas  (yMluaud). 
Appartient  à  la  section  B,  Phlo^ophaga  Chrét.  :  aux  ailes  supé- 
rieures 3  et  5  non  tigées. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  333 

A  les  dessins  et  taches  de  lutescentella,  mais  sa  couleur  est  plus 
sombre,  ses  lignes  plus  sinueuses  et  anguleuses  ;  les  bordures 
médianes  de  ces  lignes  plus  larges  et  plus  prononcées;  la  côte  est 
plutôt  grise;  l'espace  du  bord  interne  non  argileux  fauve,  plus 
brun;  les  ailes  inférieures  moins  blanches. 


Euzophera  pinguis,  Hw. 

Une  Q   de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas  (Alluaud). 
Est  d'un  brun  rougeâtre  presque  uniforme,  la  deuxième  ligne 
très  peu  distincte. 


Euzophera  spec.  ? 

Une  Q  de  Rabat  (Alluaud). 

Voisine  d'Eîis.  bigella,  Z.,  et  à.' immundella,  Rag.,  mais  en  trop 
mauvais  état  pour  être  déterminée  exactement. 


Etiella  Zinckenella,  Tr. 

Six  sujets,  dont  quatre  de  grande  taille,  29-31  mm.,  de  Mras- 
sine,  avril  et  mai  192 1  (Powell). 

Tous  de  couleur  très  foncée,  même  aux  ailes  inférieures. 


Bradyrrhoa  Cantenerella,  Dup. 

Trois  sujets  Q  Q  de  Forêt  d'Azrou,  juillet  192c;  d'Aghbalou- 
Larbi,  août  1920,  et  de  Région  de  Timhadit  (Powell). 


Ocrisia  Robiniella,  Mill 

Un  cf  de  Dar-bel-Hamri,  10  juin  192 1  (Powell). 


334  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Ragonot  n'a  connu  que  la  Q  de  cette  très  rare  Espèce;  il  n'a 
donc  pu  parler  des  antennes  du  cf,  qui  ont  un  sinus  écailleux  à 
leur  base. 


Epischnia  prodromella,  Hb. 

Trois  sujets  cf  Q  de  Mrassnie,  Timhadit,  mars  et  mai  192 1,  et 
Djebel-Tisdadinc,  juillet  1921  (Powell). 


Epischnia  illotella,  Z. 

Deux  sujets  de  Mrassine,  avril  et  mai  192 1  (Powell). 

Selagia  spadicella,  Hb 

Un  cf  de  Forêt  d'Azrou  (Powell). 

Variété  remarquable   se   rapprochant   de  saltuclla,   M.,  et   de 
grande  taille  (30  mm.). 

Alophia  combustella,  H.-S. 

Un  petit  sujet  cf  (16,5  mm.)  de  Mrassine,  avril  192 1  (Powell). 

Salebria  palumbella  (S.  V.)  F. 

Quinze  sujets  cf  Q,  de  Mrassine,  avril,  mai  et  juin  1921  (Powell). 

Salebria  albariella,  var.  dilucida,  Stgr. 
Un  cf  de  Mrassine,  avril  192 1  (Powell). 

Salebria  brephiella,  Stgr. 

Un  sujet  Ç)  de  Marakech  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  335 


Salebria  hispanella,  Stgr. 

Trois  sujet  de  Mrassine,  avril   1921   (Powell)  ;  deux  sujets  de 


Haute-Reraya  (Alluaud 


Salebria  dionysia,  Z. 

Un  sujet   Q   de  Rabat  (Alluaud). 

Nephopteryx  gregella,  Ev. 

Un  cf  de  Timhadit,  août  1920  (Powell). 

Nephopteryx  ochrodorsella,  n.  sp. 

21  mm.  —  Ailes  supérieures  luisantes,  ocracé  un  peu  rougeâtre, 
la  côte  plus  claire,  de  la  base  jusqu'à  l'apex,  assombries  de  brun 
foncé  par  places  et  avec  des  écailles  noires  dissémmées.  Cette  cou- 
leur foncée  occupe  la  majeure  partie  de  l'aile  et  ne  laisse  de  teinte 
ocracée  que  l'espace  dorsal  commençant  vers  la  base  avant  les 
taches  blanches  de  la  première  ligne,  s'étendant  jusqu'à  la  médiane 
et  se  fondant  avec  l'espace  subterminal  avant  les  écailles  noires 
qui  indiqueraient  les  bords  d'une  deuxième  ligne  non  apparente; 
la  première  ligne  transversale  est  indiquée  seulement  par  une 
tache  blanche  sur  la  médiane  et  la  dorsale;  l'espace  sous-costal  et 
le  subterminal  brun  foncé  avec  des  écailles  noires  disséminées  ; 
points  discoïdaux  superposés,  noirs,  l'inférieur  plus  gros,  séparés 
entre  eux  par  quelques  écailles  claires.  Franges  grises,  plusieurs 
fois  partagées  par  des  bandelettes  brunes.  Dessous  brun,  sauf  la 
partie  sous-médiane  qui  est  grise. 

Ailes  inférieures  gris  brun  luisant,  avec  une  fine  bordure  brune. 
Franges  blanches,  avec  une  bandelette  brune  près  de  leur  base. 


3^6  LÉriDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Tête  et  thorax  gris  ocracé  argileux;  antennes  brunes;  palpes 
gris  ocracé,  sali  de  brun;  abdomen  gris  ocracé,  touffe  anale  argi- 
leuse; pattes  blanc  crème,  tarses  assombris  de  brun. 

Par  la  forme  de  ses  ailes  supérieures,  Vochrodorsella  se  rappro- 
cherait de  A^  monotaeniella  Rag.  et  cle  A^.  Kraussï  Rbl.,  mais,  à 
cause  de  ses  lignes  indistinctes,  elle  ne  peut  se  rapporter  à  aucune 
de  ces  deux  espèces. 

Un  sujet  cf  de  Rabat,  12  juillet  (Alluaud). 

Nephopteryx  coeniilentella,  Z. 

Une  Ç),  en  mauvais  état,  de  Tadla  (Alluaud). 

Phycita  lenitella,  n.  sp. 

21  mm.  —  Ailes  supérieures  d'un  brun  îégèrement  vineux;  la 
côte  largement  blanc  crème,  avec  la  nervure  sous-costale  brune; 
première  ligne  transversale  au  tiers,  marquée  seulement  sur  la 
médiane  et  la  dorsale  d'une  tache  blanc  crème,  bordée  extérieure- 
ment de  quelques  écailles  brun  foncé;  deuxième  ligne  très  indis- 
tincte, paraissant  rapprochée  du  bord  externe,  subparallèle  à  lui 
et  sinueuse  dans  sa  partie  inférieure;  deux  vagues  points  brun 
foncé  superposés  à  l'extrémité  de  la  cellule  discoïdale;  une 
éclaircie  blanche,  salie  d 'écailles  brunes,  dans  l'espace  subtermi- 
nal ;  points  terminaux  bruns,  peu  nets.  Franges  brunes,  traversées 
par  deux  lignes  claires. 

Ailes  inférieures  gris  violacé  ou  vineux,  transparentes. 

Tête  et  thorax  gris  brun;  antennes  brunes;  palpes  gris  clair 
intérieurement,  bruns  extérieurement  ;  abdomen  gris  argileux  ; 
touffe  anale  jaune  fauve. 

Voisine  de  Ph.  diafhana,  Stgr.,  mais  elle  n'a  pas  l'espace  basi- 
laire  des  supérieures  plus  clair  et  ses  ailes  inférieures  sont  plus 
sombres. 

Un  sujet  g  de  Dar-bel-Hamri,  10  juin  1921  (Powell). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  337 


Phycita  diaphana,  Stgr. 

Un  sujet  Q  de  Rabat  (Alluaud). 

Pterothrix  rufella,  Dup. 

Trois  sujets  de  Forêt  d'Azrou,  juillet  1920,  et  de  Timhadit, 
juillet  192 1  (Powell),  pas  plus  variés  que  ceux  d'Europe. 

Acrobasis  obliqua,  Z. 

Nombreux  sujets  cf  Q,  de  Mrassine,  3  mai  192 1  ;  d'Amar-Zeh- 
roun,  II  décembre  1920  (Powell);  une  Q  de  Dradek,  près  Rabat 
(Alluaud). 

Acrobasis  bithynella,  Z. 

Un  sujet  ç  de  Rabat  (Alluaud). 

Myelois  nivosella,  Rag. 

Quatre  sujets  de  Mrassine,  avril  et  mai  1921  (Powell);  quatre 
autres  de  Marakech  (Alluaud). 

Myelois  umbratella,  Tr. 

Un  sujet  g  de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas  (Alluaud). 

Myelois  ceratoniae,  Z. 

Un  sujet  g  de  Rabat  (Alluaud),  obtenu  d'un  coing. 


35S  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


PTEROPHORIDAE 


Oxyptilus  laetiis,  Z. 

Cinq  sujets  cf  Q  d'Azrou,  juillet  1920;  Timhadit  et  Djebel- 
Tisdadine,  août  1920  (Powell). 

Oxyptilus  linariae,  n.  sp. 

Un  sujet  rf  obtenu  de  «  chenille  vivant  sur  une  Linaria  à 
feuilles  crénelées  »,  à  Timhadit,  en  août  1920  (Powell). 

17  mm.  —  Ailes  supérieures  brun  jaunâtre  ou  roux,  parsemées 
de  fines  écailles  blanches  dans  la  partie  antérieure  ou  costale;  la 
côte  brun  noir  entre  les  taches  et  blanche  à  la  partie  apicale  ;  une 
tache  blanche  dorsale  au  quart,  précédée  de  brun  roux  foncé;  une 
petite  tache  blanche  antémédiane  sur  le  disque,  précédée  d'un  gros 
point  brun  noir;  une  strie  blanche  sur  la  bifurcation  et  deux  stries 
transversales  obliques  blanches  sur  les  lobes,  se  continuant  dans 
les  franges,  mais  en  sens  inverse,  la  première  plus  large;  vers  la 
côte,  ces  stries  sont  bordées  de  noir,  la  première  extérieurement, 
la  deuxième  intérieurement.  Franges  brunes,  entremêlées  d'écaillés 
noires  et  blanches  ;  quatre  petites  mèches  noires  sur  le  bord  pos- 
térieur du  deuxième  lobe 

Ailes  inférieures  :  les  deux  premières  divisions  brun  roux,  avec 
les  franges  brunes;  la  troisième  division  est  légèrement  marquée 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  339 

de  blanc  sur  le  bord  antérieur,  avant  et  après  le  petit  groupe 
d'écaillés  noires  qui  sont  presque  d'égale  longueur  sur  les  deux 
bords  et  s'étendent  assez  près  de  l'apex.  Franges  brunes,  portant 
quelques  écailles  noires  réparties  entre  la  base  et  le  groupe 
d'écaillés  noires. 

Dessous  brun  roux,  avec  les  taches  blanches  du  dessus. 
Tête  et  thorax  de  la  couleur  des  ailes  supérieures;  antennes 
annelées  de  brun  roux  foncé  et  de  blanc;  palpes  brun  roux  ou 
noir,  l'extrémité  des  articles  marquée  de  blanc,  le  dernier  à  peine; 
abdomen  brun  jaunâtre  roux,  parsemé  d'écaillés  brun  roux  foncé 
ou  noir;  l'extrémité  des  segments  à  écailles  saillantes  blanc  crème  ; 
partie  anale  brun  jaunâtre;  pattes  blanc  crème,  plus  ou  moins 
garnies  d'écaillés  brunes  ou  noires,  formant  des  lignes  longitu- 
dinales sur  les  tibias,  des  taches  sur  les  tarses;  éperons  blancs,  à 
extrémité  brune. 

Espèce  voisine  d'Ox.  maculatus,  Cst.,  plus  que  de  toute  autre. 
Je  me  suis  peut-être  étendu  trop  longuement  dans  la  descrip- 
tion qui  précède  :  c'était  cependant  nécessaire,  car,  pour  tâcher  de 
séparer  des  espèces  si  voisines  entre  elles,  où  quelquefois  il  ne 
peut  être  question  que  du  plus  ou  moins  d'apparence  dans  les 
caractères,  il  importe  de  ne  négliger  aucun  détail.  Encore  ne 
réussit-on  que  difficilement.  Mais  ce  qui  doit  entraîner  et  assurer 
la  conviction,  c'est  la  nourriture  de  la  chenille. 

La  chenille  d'Ox.  maailat^is,  Cst.  n'a  pas  été  décrite;  personne 
n'a  dit  l'avoir  découverte  et  en  avoir  obtenu  le  papillon  que  le 
Catalog  de  1901  considère  comme  espèce  douteuse.  Cependant,  je 
la  connais  depuis  de  longues  années;  elle  vit  sur  la  Scutellaria 
alpina  en  juin,  dans  les  Hautes-Alpes.  Les  papillons  obtenus  ont 
été  soumis  à  Constant  lui-même,  qui  a  reconnu  son  maculatus. 
Leur  détermination  ne  peut  donc  en  être  suspectée. 

La  dépouille  de  la  chrysalide  d'Oxypt.  linariae  a  la  forme  des 
chrysalides  d'Oxypfilus  :  métathorax  surélevé,  avec  dépression 
longitudinale  des  deux  versants  ;  extrémité  des  enveloppes  libre  ; 
elle  est  grise,  avec  une  bande  dorsale  plus  foncée,  des  sous-dor- 


540  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

sales  bien  moins  distinctes;  thorax  finement  chagriné  garni  de 
poils  courts,  au  sommet,  plus  longs  et  à  extrémité  courbe  en  avant  ; 
segments  de  l'abdomen  finement  plissés  transversalement  sur  le 
dos;  les  verruqueux  de  la  chenille  sont  représentés  par  deux  petits 
tubercules  externes  à  poils  étoiles,  les  plus  longs  inclinés  horizon- 
talement, l'un  en  avant,  l'autre  en  arrière,  et  deux  ou  trois  points 
internes  portant  un  poil;  ptérothèques  gris  brun,  à  nervures  sail- 
lantes, brun  foncé  et  garnies  de  cils  en  ligne  et  dirigés  en  arrière; 
cératothèques  ciliés  dans  toute  leur  longueur;  stigmates  brun  noir, 
peu  distincts,  dans  une  petite  dépression  concave  ;  mucron  pro- 
longé en  bec  plat,  dont  l'extrémité  est  garnie  de  soies  raides,  à 
crochets. 

La  chrysalide  d'Ox.  maculatus  est  gris  clair;  ptérothèques  gris 
foncé,  la  dépression  longitudinale  plus  creuse,  les  poils  du  méso- 
thorax plus  longs;  les  stigmates  plus  distincts,  le  mucron  plus 
anguleux. 

Ox.  teucrii,  Jordan,  a  des  poils  plus  longs  encore  sur  le  méso- 
thorax ;  les  ptérothèques  grises  comme  les  nervures  ;  le  mucron  très 
anguleux. 

Ox.  hieracii,  Z.,  a  une  teinte  plus  claire  avec  une  large  bande 
dorsale  brun  foncé. 

Inutile  de  parler  des  chrysalides  d'(9,r.  trisiis,  dis  tans,  laeliis, 
espèces  vivant  sur  les  Composées. 

La  chenille  d'Ox.  dïdactyhis,  L.,  a  bien  été  trouvée  aussi  sur 
une  .Scrophulariée  ;  mais  il  ne  peut  venir  à  l'esprit  de  comparer 
Ox.  lïnariae  à  dïdactyhis,  à  cause  des  trop  grandes  différences  de 
la  troisième  division  de  leurs  ailes  inférieures. 


Platyptilia  isodactyla,  Z. 

Deux  sujets  q  de  Fez  (Alluaud). 

Détermination  cependant  douteuse,  en  raison  de  l'état  défec- 
tueux de  ces  papillons. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  341 


Platyptilia  gonodactyla,  var.  sardinialis,  Chrét.  (in  litt.). 

Un  sujet  de  Forêt  d'Azrou,  juillet  1920  (Powell). 

Très  ressemblant  aux  sujets  de  Sardaigne.  Est  de  grande  taille 
(27  mm.),  argileux,  parsemé  d'écaillés  rousses  ;  lignes  transverses 
obsolètes,  la  première  indiquée  seulement  à  la  côte  pcir  une  petite 
tache  claire;  tache  triangulaire  brune  nulle;  un  seul  petit  point 
brun  foncé  distinct  à  la  bifurcation  ;  mèche  brune  de  la  troisième 
division  des  ailes  inférieures  suivie  de  blanc. 


Platyptilia  acanthodactyla,  Hb 

Un  sujet  de  Fez,  ium  1921  (Powell);  un  autre  de  Rabat,  mai 
1920  (Alluaud). 

Alucita  probolias,  Meyr. 

Trois  sujets  de  Mrassine,  avril  1921  ;  un  autre  de  Dradek,  près 
Rabat  (Alluaud). 

Alucita  baliodactyla,  Z. 

Deux  sujets  de  Dar-bel-Hamri  et  Région  des  Zemmours,  mai 
et  juin  192 1  (Powell). 

Pterophorus  monodactylus,  L. 

Deux  sujets  cfcf  de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas  (Alluaud). 

Stenoptilia  zophodactyla,  Dup. 

Un  sujet  d'Oued-Djdida,  juin   192 1   (Powell). 


342  LÉPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 

Stenoptilia  bipiinctidactyla,  Hw 

L'n  sujet  de  Mrassine,  mars  192 1   (Powell). 

Stenoptilia  bipiinctidactyla,  var.  arida,  Z. 

Un  sujet  de  Région  des  Zemniours,  mai  1921  (Powell);  un  cf 
de  Haute-Rcraya  (Alluaud). 

Agdistis  adactyla,  Hb. 

Quatre  sujets  (15-21  mm.),  de  Rabat  (Alluaud). 


ORNEODIDAE 


Orneodes  desmodactyla,  Z. 

Trois  sujets  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  343 


TORTRICIDAE 


Acalla  variegana,  Schiff. 

Un  sujet  d'Azrou,  octobre  1920  (Powell)  ;  un  autre  de  Volu- 
bilis (Alluaud). 


Dichelia  hyerana,  MiU. 

Quatre  sujets,  plus  ou  moins  variés,  de  Mrassine,  éclos  en  août  ; 
de  Meknès,  Beni-Amar  (Zehroun),  de  novembre  1920  à  janvier 
192 1  (Powell),  comme  ceux  de  France  méridionale  et  de  Corse. 

Cacoecia  iinifasciana,  Dup. 

Un  sujet  cf,  de  Mrassine,  mai  1921  (Powell);  trois  sujets  cfQ, 
de  Rabat  (Alluaud). 

Cacoecia  (Tortrix)  trivia,  Meyr. 

Deux  sujets  d'cT  de  Mrassine,  mai  192 1  (Powell). 

Eulia  cupressana,  Dup 

Un  sujet  de  Dar-bel-Hamri,  10  juin   1921  (Powell). 

Tortrix  viridana,  ab.  suttneriana,  Schiff. 
Un  sujet  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 


344  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Tortrix  pronubana,  Hb. 

Un  sujet  Q  de  Région  des  Zemmours,  mai  192 1  (Powell)  ;  une 
autre  de  Volubilis  (Alluaud). 


Tortrix  croceana,  Hb. 

Trois  sujets  d"Q    de  Forêt  de  Alamora,  Dar-Salem,  Dar-bel- 
Hamri,  juin  192 1  (Powell). 


Tortrix  unicolorana,  Dup 

Un  sujet  o"  de  Plateau  des  Dkrissa,  Région  de  Meknès,  février 
1921  (Powell). 


Tortrix  amplana,  Hb. 

Six  sujets  d*  Q ,  obtenus  de  chenilles  vivant  sur  Urginea  sp., 
en  décembre  1920;  éclos  en  mars  1921  ;  de  Beni-Amar  (Zehroun) 
(Powell). 


Cnephasia  liiridalbana,  H. -S. 

Deux  sujets  Q  g  immaculés,  de  Région  des  Zemmours,  mai 
192 1  ;  un  autre  de  Dar-bel-Hamri,  10  juin  1921  ;  deux  autres  plus 
jaunes,  les  ailes  inférieures  plus  sombres,  de  chacune  de  ces  deux 
localités  (Powell).  —  Var.  lulescens,  Chrét. 

Cnephasia  Giieneana,  var.  segetana,  Rag. 
Un  sujet  défraîchi  de  Meknès  (Powell). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  345 


Cnephasia  Wahlbomiana,  L 

Deux  sujets  Q  Q  de  Région  des  Zemmours,  mai  1921  (Powell)  ; 
un  autre  de  Chabat-el-Hamma,  i*""  juin  1921  (Alluaud). 


Cnephasia  biniptana,  n.  sp. 

18  mm.  —  Ailes  supérieures  blanchâtres,  assombries  par  des 
écailles  brunes  e1.  des  écailles  noires  parsemées,  avec  deux  bandes 
transverses  brun  ocracé  :  la  première  au  quart,  très  étroite,  angu- 
leuse sur  la  médiane,  étranglée  au  pli,  arrêtée  à  la  dorsale,  brun 
ocracé,  bordée  d'écaillés  noires  ;  la  deuxième  avant  le  milieu, 
oblique,  coupée  en  trois  tronçons,  interrompue  à  la  cellule  discoï- 
dale  et  au  pli,  formant  ainsi  trois  taches,  la  costale  grande  et  sub- 
triangulaire, la  centrale  rectangulaire,  oblique  du  côté  de  la  base, 
la  dorsale  petite,  toutes  les  trois  brun  ocracé  bordées  d'écaillés 
noires;  une  ombre  allongée  oblique  descend  de  l'apex  jusqu'à 
la  première  interruption  de  la  bande  médiane,  indiquée  par  de 
l'ocracé  fauve  sans  écailles  noires  dans  la  cellule  discoïdale;  ligne 
terminale  épaisse  ou  maculaire  noire.  Franges  blanches  traversées 
par  deux  bandelettes  brunes. 

Ailes  inférieures  gris  brun.  Franges  blanches,  avec  une  fine 
ligne  de  partage  brune  près  de  leur  base. 

Tête  et  thorax  gris  taché  de  brun  ;  antennes  brun  ocracé  ;  palpes 
gris  ocracé  ;  pattes  blanc  crème  ;  tarses  brunâtres. 

Groupe  de  Cn.  derivana,  Lah.  ;  très  distincte  par  sa  première 
bande  très  étroite,  sa  deuxième  deux  fois  rompue,  sa  tache  cen- 
trale rectangulaire. 

Un  sujet  de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas  (Alluaud). 

Cnephasia  sinuana?  Steph. 

Un  sujet  Q  de  Chabat-el-Hamma  (Alluaud). 


340  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


CONCHYLINAE 


Conchylis  Simoniana,  Stgr. 

Un  sujet  Q  de  Mrassine,  mars  1921  (Powell). 

Sera  sans  doute  comprise  plus  tard  dans  le  genre  Phtheochroa. 


Conchylis  respirantana=moribundana,  Stgr. 

Trois  sujets  Q  Q  d'Azrou,  chenille  sur  Phlomis  crinita;  papillon 
éclos  12  juillet  1921  (Powell). 

En  France,  la  chenille  vit  sur  Phlotnis  lychnitis. 


Conchylis  zephyrana,  var.  scabidulana,  Ld. 

Un  sujet  Ç  de  Forêt  d'Azrou,  août  1920  (Powell). 

Euxanthis  straminea,  Hw. 

Trois  suiets  cTO  de  Mrassine,  mars  et  mai  192 1  (Powell). 

Phtheochroa  rugosana,  H. -S. 

Un  sujet  cf  de  Beni-Amar  (Zehroun)  ;   chasses  de  décembre 
1920  à  janvier  1921   (PowelH  ;  un  autre  de  Rabat  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  347 


Hysterosia  nigrospaisana,  n.  sp. 

i8  mm.  —  Ailes  supérieures  brun  cannelle,  lavées  de  brun  foncé 
à  la  côte;  des  écailles  noires  un  peu  saillantes  disséminées  sur  les 
nervures  et  le  bord  interne;  une  touffe  d'écaillés  noires  à  l'extré- 
mité de  la  cellule  discoïdale;  une  tache  noire  à  la  côte,  tout  près 
de  l'apex.  Franges  plus  claires,  traversées  par  deux  bandelettes 
d'écaillés  noires,  élargies,  spatulées  à  leur  extrémité. 

Ailes  inférieures  brun  violacé;  nervures  plus  sombres.  Franges 
plus  claires,  avec  une  ligne  brune  de  partage. 

Dessous  des  supérieures  brun  noir,  la  partie  apicale  fauve  ;  des 
inférieures  gris  brun  ;  les  nervures  brunes. 

Tête  jaunâtre;  thorax  brun  cannelle;  abdomen  brun,  touffe 
anale  jaunâtre;  pattes  de  même  et  tachées  de  brun. 

Deux  sujets  cf  Q   de  Dradek,  près  Rabat  (Alluaud). 


348  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


OLETHREUTINAE 


Olethreutes  oblongana,  Hw. 

Un  sujet  o'  de  Région  des  Zemmours,  mai  192 1  (Powell). 

Polychrosis  botrana,  Schiff. 

l'''n  sujet  Q  de  Meknès,  éclos  en  mars  192 1  de  chenille  trouvée 
dans  <(  graines  d'U/ginea,  en  novembre  1920  »  (Powell). 

La  chenille  de  cette  P.  botrana  vit  de  plantes  très  diverses  : 
Daphne,  Vilis,  Clematis,  Rosniarïnus  et  même  Oitercus,  etc. 

Polychrosis  staticeana,  Mill.  {indusiana,  Z.). 

Un  sujet  Q,  de  Casablanca  à  Rabat,  éclos  5  juillet  1920. 

Acroclita  consequana,  H. -S. 

Cinq  sujets  cf  Q  de  Rabat  (Alluaud). 

Bactra  lanceolana,  Hb. 

Trois  sujets  variés  de  Rabat  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  349 


Epiblema  Couleriiana,  var.  bracteana,  Chrét. 

Un  sujet  cf,  obtenu  (i;  juin  ig2i)  de  chenille  vivant  sur  Teu- 
crium  bracteaium,  Oued-Djdida  (Powell). 

Se  rapporte  à  Coulemana,  Dup.,  mais  en  diffère  principalement  : 
1°  par  sa  tache  basilaire  n'atteignant  pas  la  côte;  2°  par  la  tache 
costale  de  la  bande  médiane  plus  large,  inscrivant  sept  stries 
costales  noires  au  lieu  de  trois  ;  3"  par  la  partie  inférieure  de  la 
bande  brune  médiane  presque  séparée  de  la  tache  costale  au  pli 
de  la  cellule  discoïdale  et  renfermant  dans  la  région  dorsale  plu- 
sieurs gros  points  brun  noir  ;  4°  par  la  frange  uniformément  brun 
marron  luisant  et  non  entrecoupée  de  blanchâtre  sous  l'apex; 
5°  par  le  bord  externe  plus  sinueux  sous  l'apex. 

C'est  peut-être  une  espèce  distincte  :  ce  que  confirmerait  la 
capture  d'autres  exemplaires. 


Epiblema  thapsiana,  Z. 

Un  sujet  g  de  Région  des  Zemmours,  mai  1921  (Powell);  un 
autre  de  Marakech  (Alluaud). 


Grapholitha  nougatana,  Chrét. 

Un  sujet  de  Haute-Reraya  (Alluaud),  se  rapportant  plutôt  à 
la  var.  Sidentana,  Chrét.,  qu'au  type. 

La  Gr.  nougatana  de  nos  départements  méridionaux  (Drôme, 
Alpes-Maritimes,  Aude,  Pyrénées-Orientales)  a  été  signalée  aussi 
de  Tunisie  {Chrét,  A  nn.  S.  Fr.,  191 6,  p.  466).  Elle  se  trouve  éga- 
lement aux  Canaries  {Eucelis  marnibiana,Wism.),  1908,  MicroUp. 
Tenerife,  n°  1007. 


350  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


ûrapholitha  succedana,  Froel. 

Un  sujet  Q  de  Djebel-Tisdadine,  août  1920  (Powell),  ne 
diffère  pas  de  nos  sujets  à  espace  médian  blanchâtre  si  communs 
dans  le  midi  de  la  France;  il  n'a  pas  cette  teinte  ntst  brozvnish, 
que  Walsingham  dit  exister  sur  sa  Gr.  black-moreana,  qui  est  de 
Tanger. 


Grapholitha  planifrontana,  Rb.,  var.  lotana,  Chrét. 
Un  sujet  de  Haute-Reraya  (AUuaud). 

Carpocapsa  pomonella,  L. 

Deux  sujets  n  q,  obtenus  de  chenilles  vivant  dans  des  poires; 
Rabat  (Alluaud). 

—  Deux  Tordeuses  de  Haute-Reraya  (Alluaud)  sont  en  trop 
mauvais  état  poar  être  étudiées  et  détermmées. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  35  I 


GLYPHIPTERYGIDAE 


Simaethis  nemorana,  Hb. 

Un  sujet  d'Azrou  (Alluaud). 


YPONOMEIITIDAE 


Distagmos  Ledereri,  H.-S. 

Deux  sujets  cfcT  de  Mrassine,  mars  et  mai  192 1  (Powell). 

Paradoxus  restrictellus,  Chrét. 

Un  sujet  cT  de  Haute-Reraya,  Grand-Atlas   (Alluaud),  con- 
forme au  type  tunisien. 


352  LÉPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


PLUTELLIDAE 


Plutella  maculipennis,  Curt. 

Cinq  sujets  de  Marakech  et  Haute-Reraya  (Alluaud). 


GELECHIIDAE 


Lita  solunella,  Bdv.  (tabacella,  Rag). 

Quatre  sujets  de  Rabat,  juillet  (Alluaud) 

Au  dire  de  Walsingham  {Microlep.  Tenerife),  cette  espèce  doit 
porter  le  nom  de  Phthorïmaea  opercuîella,  Z. 

Lita  ocellatella,  Boyd. 

Un  sujet  de  Haute-Reraya  (Alluaud)  ;  (trois  autres  Lita  ?  de 
Rabat  et  Volubilis  (Alluaud),  en  mauvais  état). 


LÉI'IDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  353 

Lita  tricolorella,  Hw 

Un  cf  de  Forêt  d'Azrou,  août  1920  (Powell). 

Teleia  myricariella,  Frey. 

Un  sujet  obtenu  de  galles  de  Tamarix,  à  Meshra-ben-Abbou 
(Alluaud). 

Sur  les  mœurs  de  la  chenille  de  cette  Teleia,  cf.  Chrét.,  Ann.  S. 
Fr.,  191 6,  474. 

Xystophora  rufinotella,  a  sp. 

7,5  mm.  —  Ailes  supérieures  blanc  argileux,  saupoudrées  de 
brun  par  places  :  deux  points  brun  foncé  superposés  obliquement, 
le  premier  près  de  la  base,  le  deuxième  sur  le  pli,  suivis  d'une 
éclaircie  ;  deux  points  brun  noir  superposés  avant  le  milieu,  le 
premier  dans  la  cellule  discoïdale,  petit  et  surmonté  d'une 
éclaircie,  le  deuxième  dans  le  pli  entouré  d'une  tache  ocracé  roux, 
descendant  jusqu'au  bord  interne;  un  autre  ponit  brun  discoïdal, 
après  le  milieu  et  entouré  d'une  éclaircie;  une  tache  ocracé  roux 
au  tomus  ;  points  terminaux  indistincts.  Franges  gris  argileux 
avec  des  écailles  brunes  et  sans  ligne  de  partage  bien  distincte. 

Ailes  inférieures  gris  foncé,  avec  franges  plus  claires  à  reflet 
fauve. 

Tête  blanc  argileux  ;  palpes  blanc  crème,  tachés  de  brun  exté- 
rieurement ;  troisième  article  avec  un  anneau  brun  bien  avant 
l'apex;  thorax  gris  argileux;  abdomen  brun,  avec  les  trois  pre- 
miers segments  fauves  et  l'anus  blanc  crème;  pattes  blanc  argi- 
leux, tachées  de  brun  ou  ocracé  roux. 

Peut  se  placer  dans  le  groupe  de  L.  parvuta,  Stgr.,  et  puncta- 
tella,  Stgr. 

Un  sujet  cf  de  Rabat  (Alluaud). 

23 


354  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE 

Anacampsis  anthyllidella,  Hb. 

Deux  sujets  cf  Q  de  Volubilis  et  Radek  (Alluaud). 

Anacampsis  (Onebala)  lamprostoma,  Z. 

Quatre  sujets  de  Rabat  et  Volubilis  (Alluaud). 

Epithectis  levisella,  Chrét.  (m  litt.). 

Neuf  sujets  Q  ç  de  Mrassine,  mars  et  avril  192 1  (Powell).  — 
16-20  mm. 

Euteles  ratella,  H. -S 

Un  sujet  de  Rabat  (Alluaudj. 

Var.  sebdorella,  Chrét.  (in  litt.). 

21-23  lïin^-  —  Ailes  supérieures  blanc  crème,  lavées  très  légère- 
ment de  roux,  la  côte  finement  brun  ocracé;  deux  taches  costales 
brunes,  la  première  basilaire,  la  deuxième  avant  le  milieu  ;  deux 
gros  points  brun  noir  superposés  presque  perpendiculairement  au 
tiers,  le  supérieur  dans  la  cellule,  l'inférieur  dans  le  pli;  un  ou 
deux  plus  petits,  également  superposés,  a  l'extrémité  de  la  cellule; 
six  points  bruns  à  l'apex,  trois  sur  la  côte,  trois  sur  le  bord  externe; 
un  point  brun  au  bord  interne  aux  deux  tiers.  Franges  blanc 
crème. 

Ailes  inférieures  plus  jaunâtres,  un  peu  hyalinées.  Franges  jau- 
nâtres. 

Tête  et  thorax  blanc  crème  ;  abdomen  ocracé  jaune  ;  pattes  blanc 
crème. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  355 

Se  distingue  de  ratella  par  sa  couleur  et  sa  plus  grande  taille. 

Plusieurs  sujets  d'i\lgérie  :  Sebdou  (Oran),  et  du  Maroc,  Rhé- 
Imine,  Saffi  (D.  Lucas);  un  sujet  de  Dar-bel-Hamri,  10  juin  1921 
(Powell). 

Il  existe  une  certaine  divergence  dans  la  nervulation  des  trois 
Euteles  qui  peuvent  se  rencontrer  en  Mauritanie.  Aux  ailes  supé- 
rieures, la  deuxième  est  bien  avant  l'angle  inférieur  de  la  cellule 
discoïdale  chez  la  Kollarella,  Costa,  qui  est  aussi  d'Espagne,  quoi 
qu'en  dise  le  Catalog  igoi  ;  elle  est  tout  près  de  l'angle  chez  la 
iernatelLa,  Stgr  ;  enfin,  elle  est  de  l'angle  ou  même  tigée  brièvement 
avec  la  troisième  chez  ratella  H.-S.  J'ai  omis  de  signaler  de  Mau- 
ritanie la  ternatella  {G.  Enobnis  sec.  Wlsm.);  j'en  ai  pris  plu- 
sieurs sujets  en  mai  1907,  à  Biskra.  ^ 


Paltodora  Kefersteiniella,  Z. 

Trois  sujets  Ç)  Q  de  Mrassine,  avril  192 1  (Powell);  une  autre 
de  Haute-Reraya  (Alluaud). 


Paltodora  lineatella,  Z. 

Un  sujet  de  Dradek  (Alluaud). 

Ypsolophus  Juniperellus,  L. 

Un  sujet  cf  de  Mrassine  (Powell). 

Nothris  verbascella,  Hb. 

Deux  sujets  de  Dradek  (Alluaud). 


;56 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 


Nothris  limbipunctella,  Stgr. 

Trois  sujets  de  Zehroun,  Mrassine,  mars  et  mai  192 1  (Powell), 
d'une  teinte  plus  sombre  et  légèrement  violacée. 

Le  type  de  limbipunctella,  Stgr.,  m'a  été  communiqué  en  avril 
191  ].  Il  a  des  ocelles  et,  aux  ailes  supérieures,  2  et  3  sont  longue- 
ment tigées  :  c'est  un  Y psolophw;. 


Pycnopogon,  nouveau  genre. 

Tête  velue,  poils  dressés  sur  le  sommet,  abaissés  sur  le  front; 

ocelles  présents  ;  antennes  simples,  très  finement  pubescentes,  un 

peu  incurvées  à  la  base  du  flagellum  ;  spiritrompe  bien  développée; 

palpes  maxillaires  distincts  ;  labiaux 
obliques,  deuxième  article  garni  abon- 
damment de  très  longs  poils-squames 
(3-4  fois  la  largeur  de  l'œil)  ;  troisième 
article  grêle,  acuminé,  relativement 
court,  n'atteignant  pas  la  hauteur  de 
l'œil. 

Aile  supérieure  modérément  étroite  ; 
côte  convexe  au  premier  tiers  basilaire, 
puis  faiblement  creusée  vers  le  milieu 
et  abaissée  vers  l'apex,  qui  est  obtus; 
bord  externe  oblique,  arrondi  à  l'angle 
interne;  12  nervures,  2  avant  l'angle, 
3  et  4  presque  d'un  point,  de  l'angle, 

6  libre,  7  et  8  longuement  tigées  (2/3\  7  au  bord  externe,  1 1  très 

longue,  naissant  avant  le  quart  de  la  sous-costale;  cellule  appen- 

diculée;  cellule  discoïdalc  divisée. 

Aile  inférieure  aussi   large  que   la   supérieure;   élargissement 

costal  basilaire  très  prononcé;  apex  en  bec  court  et  peu  aigu; 

8  nervures,  3  et  4  séparées,  6  et  7  tigées. 


Pycnopogon  scnbielliis 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  357 

Principales  différences  des  genres  voisins  : 
Nothris  n'a  pas  d'ocelles; 

Ypsolophus  a  le  troisième  article  des  palpes  très  long,  dépas- 
sant le  vertex;  aux  inférieures,  6  et  7  libres; 

Metanarsïa  a  le  troisième  article  des  palpes  court,  caché  par  les 
squames  du  deuxième,  visible  à  l'extrémité;  aux  inférieures,  6 
et  7  libres. 

Anarsia  a,  aux  supérieures,  6,  7  et  8  tigées. 
Paranarsia,  troisième   article   des   palpes  invisible;   aux   infé- 
rieures, 6  et  7  libres. 


Pycnopogon  scabrellus,  n.  sp. 

18  mm.  —  Ailes  supérieures  gris  ocracé;  le  tiers  basilaire  lavé 
de  roux,  sauf  deux  taches  ocracées,  l'une  basilaire,  l'autre  à  la 
côte  avec  écailles  noires  ;  partie  apicale  brune,  marquée  à  la  côte 
d'une  petite  tache  claire  et  traversée  par  une  bande  courbe  claire, 
naissant  d'une  strie  blanche  oblique  à  la  côte  près  de  l'apex.  Des 
écailles  noires  quelque  peu  saillantes  disséminées  sur  l'aile,  les 
nervures  et  principalement  sur  le  bord  interne;  un  point  noir  stri- 
giforme  sur  la  cellule  au  tiers;  un  autre  plus  ou  moins  distinct  à 
l'extrémité  de  la  cellule  discoïdale  surmonté  d'une  tache  rousse 
allongée  dans  le  pli  discal  et  atteignant  la  partie  apicale  brune; 
enfin,  une  grosse  touffe  de  squames  redressées,  saillantes  sur  le 
pli  au  tiers  en  bordure  de  la  partie  basilaire  rousse.  Ces  écailles 
saillantes  sont  larges  et  quelque  peu  spatulif ormes,  noires  dans 
leur  partie  saillante  et  bordées  de  blanchâtre.  De  semblables 
écailles  se  voient  sur  le  milieu  des  franges,  qui  sont  gris  ocracé 
dans  leur  partie  postérieure. 

Ailes  inférieures  grises,  assombries  surtout  vers  l'apex  et  le  bord 
par  des  écailles  brunes  à  reflet  cuivreux.  Franges  plus  claires, 
surtout  à  leur  base. 


358  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Dessous  des  supérieures  gris  brun  luisant,  marqué  de  deux  ou 
trois  taches  blanches  dans  les  cils  de  la  Irange  apicale. 

Tête  et  thorax  gris  jaunâtre;  antennes  annelées  de  brun  noir 
et  de  blanchâtre;  palpes  gris,  troisième  article  brun;  l'abdomen 
moins  foncé,  touffe  anale  jaunâtre;  pattes  postérieures  gris  ocracé 
clair,  mouchetées  de  brun,  amsi  que  les  tarses. 

Un  sujet   Q  d'Aghbalou-Larbi,  août  1920  (Powell). 

Pterolonche  lutescentella,  Chrét.  (in  litt.). 

De  la  taille  d'albescens,  Z. 

Ailes  supérieures  jaune  ocracé  légèrement  roux,  surtout  dans  la 
deuxième  moitié  de  l'aile  et  la  région  costale;  les  nervures  très 
faiblement  indiquées  en  plus  sombre. 

Ailes  inférieures  gris  violacé;  franges  jaunâtres.  Dessous  gris 
violacé,  sauf  les  franges. 

Tête  et  thorax  argileux  clair  ;  les  antennes  plus  sombres  ;  les 
palpes  moins  ;  abdomen  gris  argileux,  ainsi  que  les  pattes. 

Un  sujet  de  Frenda  (Oran");  deux  sujets  a"cf  de  Mrassine, 
mai  192 1  (Powell). 

Je  distingue  les  Pterolonche  de  la  manière  suivante  : 

1.  Ailes  supérieures  à  nervures  distinctes  en  brun.  2 

—  • —  —       plus  ou  moins  obso- 

lètes ou  rousses..  3 

2.  Nervures  sur  fond  blanc albescens. 

—         sur  fond  saupoudré  de  brun insfersa. 

3.  Ailes  supérieures  blanchâtres pulverulenta. 

—  —  ocracé  roux  jaunâtre lutescentella. 

Symnioca  candidella,  n.  sp. 

21  mm.  —  Ailes  supérieures  blanc  mat,  sans  autre  marque  que 
deux  points  superposés,  d'un  fauve  presque  orangé  et  contigus. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  359 

situés  à  l'extrémité  de  la  cellule  discoïdale,  l'inférieur  plus  gros. 
Franges  blanches. 

Ailes  inférieures  d'un  cuivreux  jaunâtre.  Franges  presque 
blanches. 

Tête  blanche;  collier  roux;  antennes  longues,  très  minces,  brun 
roux,  scape  sans  pecten  ;  palpes  dépassant  le  vertex,  roux  orangé 
extérieurement  et  en  dessous  ;  troisième  article  égal  au  deuxième  ; 
thorax  blanc;  abdomen  gris,  touffe  anale  jaunâtre;  pattes  blanc 
jaunâtres;  tarses  plus  foncés. 

Groupe  d'albicanella,  Z.  —  Signella,  Hb.  a  les  ailes  infé- 
rieures plus  larges. 

Un  sujet  Q  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 


Symmoca  nigricornella,  n.  sp. 

i8  mm.  —  Ailes  supérieures  jaune  argileux,  très  légèrement 
teinté  de  roux,  sans  points  ni  taches.  Franges  concolores. 

Ailes  inférieures  brun  noir.  Franges  moins  sombres. 

Dessous  brun  noir,  légèrement  violacé,  sauf  les  bords,  qui  sont 
jaune  argileux. 

Tête  blanchâtre,  front  lavé  de  roux;  antennes  épaisses  d'un 
marron  noir  ;  scape  sans  pecten  ;  palpes  dépassant  beaucoup  le 
vertex;  troisième  article  égal  au  deuxième,  argileux  roux;  thorax 
argileux  roux;  abdomen  brun;  touffe  anale  argileuse;  pattes  de 
même. 

Groupe  de  S.  uniformella,  Rb. 

Un  sujet  cf  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 

Symmoca  funebrella,  n.  sp. 

14  mm.  —  Ailes  supérieures  brun  ocracé  très  foncé,  parsemées 
d'écaillés  noires,  surtout  dans  la  partie  externe  ;  la  côte  brun  noir 
de  la  base  au  tiers  ;  deux  gros  points  noirs  superposés  avant  le 


360  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

milieu,  le  supérieur  dans  la  cellule  discoïdalc,  l'inférieur  plus 
gros,  dans  le  pli  ;  deux  autres  points  plus  petits  à  l'extrémité  de 
la  cellule;  pas  d'ombre  transverse.  Franges  concolores. 

Ailes  inférieures  noires,  teintées  de  violacé.  Franges  brun  foncé, 
avec  une  fine  bandelette  basilaire  jaunâtre. 

Tête  et  thorax  brun  ocracé  ;  scape  des  antennes  sans  pccten  ; 
palpes  très  longs,  dépassant  beaucoup  le  vertex  ;  abdomen  brun 
jaunâtre,  l'extrémité  des  segments  fauve  et  la  touffe  anale  jau- 
nâtre; pattes  postérieures  de  même. 

Par  sa  couleur,  S.  fiinebrella  se  rapproche  de  5.  -pyrrhella  Rag. 
et  monochromella,  Rag.,  mais  elle  est  dépourvue  d'ombre  trans- 
verse. 

Un  sujet  de  Région  de  Timhadit,  juillet  1921  (Powell). 


Symmoca  quinqiiepiinctella,  n.  sp. 

12,5  mm.  —  Ailes  supérieures  étroites,  gris  cendré,  ocracé,  par- 
semées de  quelques  écailles  plus  foncées,  violacées,  surtout  vers 
l'apex  et  le  bord  externe;  un  vague  point  brun  noir  sur  la  sous- 
costale  avant  le  milieu  ;  une  petite  strie  longitudinale  sous  la 
médiane  dans  le  milieu  ;  trois  points  superposés  perpendiculaire- 
ment :  deux  à  l'extrémité  de  la  cellule  discoidale,  le  troisième 
dans  le  pli.  Franges  concolores. 

Ailes  inférieures  blanchâtres  et  soyeuses,  légèrement  teintées  de 
violacé.  Franges  plus  sombres. 

Dessous  des  supérieures  brunâtre;  des  inférieures  gris. 

Tête  et  thorax  argileux;  antennes  plus  foncées;  scape  avec 
pecten;  palpes  dépassant  le  vertex,  argileux;  troisième  article  un 
peu  plus  court  que  le  deuxième,  gris;  abdomen  blanc  jaunâtre, 
ainsi  que  les  pattes  ;  tarses  gris  brun. 

Voisine  de  5.  ferpygmella,  Wlsm.,  d^undechiipîinctella,  Mn.  ; 
se  distingue  par  sa  strie  médiane  et  le  nombre  des  points  moindre. 

Un  sujet  Ç)  de  Rabat  (AUuaud). 


LÉPIDOPTÊROLOGIE   COMPARÉE  361 


Apateraa  bifasciatiim,  n.  sp. 

13  mm.  —  Ailes  supérieures  brun  noir,  avec  quelques  écailles 
noires  disséminées  sans  former  de  taches  distmctes  ;  traversées 
par  deux  bandes  obliques  blanc  crème,  se  rapprochant  vers  le 
bord  interne,  reliées  par  une  bande  de  même  couleur  chez  la  Q, 
l'antémédiane  arrondie  intérieurement,  sinueuse  et  dentée  exté- 
rieurement; la  postmédiane  plus  étroite,  plus  ou  moins  sinueuse 
et  dentée  des  deux  côtés.  Franges  brunes,  3-4  écailles  blanches 
sous  l'apex. 

Ailes  inférieures  grises,  ainsi  que  les  franges. 

Tête  et  thorax  jaune  lavé  de  roux  ;  antennes  brun  noir,  à  extré- 
mité brun  jaunâtre;  palpes  d'un  beau  jaune,  le  deuxième  article 
taché  de  brun  au  sommet,  en  dessus  ;  abdomen  brunâtre  ;  pattes 
brunes  ;  tarses  ocracé  plus  ou  moins  taché  de  brun. 

Deux  sujets  cf  Q  de  Mrassine,  mai  1921  (Powell). 


Œgoconia  quadripuncta,  Hw. 

Un  sujet  d'Azrou,  automne  1920;  deux  sujets  cf  Q  de  Dar-bel- 
Hamri,  10  juin  1921  (Powell);  six  sujets  çf  Q  de  Casablanca  et 
Haute-Reraya  (Alluaud). 


362  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


ŒCOPHORINAE 


Pleurota  acutella,  n.  sp. 

Cf,  22  mm;  Q,  24  mm.  —  Ailes  supérieures  à  côte  très  peu 
arrondie,  l'apex  en  petit  bec  très  aigu;  bord  externe  sinué  sous 
l'apex,  très  oblique,  la  nervure  7  aboutissant  à  l'apex.  Couleur 
brun  jaunâtre  foncé,  non  luisant;  la  côte  finement  bordée  de  jau- 
nâtre clair  ;  strie  sous-costale  plus  ou  moins  distincte  en  plus 
sombre;  une  courte  liture  jaunâtre  sur  la  cellule  discoïdale,  dans 
l'espace  médian;  stries  noirâtres  plus  ou  moins  distinctes  sur  les 
nervules  supérieures.  Franges  blanc  jaunâtre  ou  gris  brun. 

Ailes  inférieures  noires.  Franges  brunes,  sauf  vers  l'apex,  où 
elles  sont  blanchâtres,  avec  une  bandelette  basilaire  plus  sombre. 

Tête  et  thorax  brun  ocracé;  antennes  brunes  finement  pubes- 
centes;  palpes  brun  jaunâtre,  troisième  article  aussi  long  que  le 
deuxième,  jaunâtres  en  dessus,  brun  foncé  en  dessous  ;  pattes 
brunes;  tarses  des  postérieures  brun  jaunâtre. 

Dessous  des  ailes  brun  noir,  sauf  vers  l'apex  et  les  franges 
blanc  jaunâtre. 

Q  jaunâtre  pâle  aux  ailes  supérieures;  la  strie  sous-costale 
assez  distincte,  gris  brun,  la  côte  plus  largement  de  teinte  claire; 
la  strie  discale  plus  nette. 

Ailes  inférieures  gris  brun  violacé,  sauf  les  franges  jaunâtre 
pâle. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  363 


Var.  :  jaune  ocracé  plus  ou  moins  foncé. 

Peut  se  placer  après  PL  rostrella,  quoique  très  distincte  par  les 
antennes  du  cf  simplement  pubescentes,  non  ciliées,  et  par  la  Q 
dont  les  ailes  sont  aussi  développées  que  celles  du  cf. 

PI.  Sparella,  Ld.,  dont  elle  se  rapprocherait  aussi  par  son  apex 
très  aigu,  a  des  ailes  plus  larges  et  la  côte  plus  arrondie  ;  PI.  maro- 
cana,  Tur.,  a  des  antennes  ciliées. 

Sept  sujets  variés  cTÇ  de  la  Région  des  Zemmours,  en  mai, 
et  de  Timhadit,  en  juillet  192 1  (Powell). 

Pleurota  pyropella,  Schiff. 

Un  sujet  cf  de  Région  de  Timhadit,  juillet  192 1  (Powell). 

Pleurota  pungitiella,  H.-S. 

Un  sujet  cf  d'Aghbalou-Larbi,  août  1921  (Powell);  var.  res- 
semble à  mes  sujets  de  montagne,  quoique  moins  luisante. 

Pleurota  nitens,  Stgr. 
.Un  sujet  cf  d'Aghbalou-I.arbi,  août  1921  (Powell). 

Pleurota  mauretanica,  Baker. 

Un  sujet  cf  d'Aghbalou-Larbi,  août  1921  (Powell);  trois  sujets 
cf  Q  de  Haute-Reraya  et  de  Dradek  (Alluaud). 

Les  différences  qui  séparent  ces  trois  espèces  sont  bien  minimes. 

Pleurota  bicostella,  Cl. 

Sept  sujets  cf  Q  de  Mrassme,  avril  et  mai  1921  (Powell),  variés. 

Quatre    ont    les    ailes   supérieures    plus    ou   moins   totalement 

envahies  par  lo  brun,  ne  laissant  que  la  strie  costale  blanche.  De 


364 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


semblables  sujets  se  prennent  en  France,  dans  les  montagnes  et 
même  aux  environs  de  Paris. 


Nastoceras,  nouveau  Genre. 

Tête  à  squames  dressées  sur  le  vertex,  apprimées,  convergentes 
sur  le  front;  ocelles  nuls;  antennes  très  épaisses,  comprimées  sur 
les  côtés  à  articles  indistincts,  lisses,  non  dentées,  ni  crénelées  ; 
spiritrompe  et  palpes  maxillaires  nuls;  palpes  labiaux  en  faucille; 
deuxième  article  atteignant  la  hauteur  de  l'œil,  bien  fourni  de 
squames  apprimées,  non  dressées  et  étalées  en  dessus;  troisième 
article  égal  au  deuxième,  dépassant  peu  le  vertex,  lisse,  aciiminé. 

Aile  supérieure  étroite;  côte  légèrement  convexe;  apex  peu 
aigu;  bord  externe  oblique;  12  nervures,  2  près  de  l'angle,  3  et  4 
de  l'angle,  7  et  8  longuement  tigées  (2/3),  7  à  la  côte  tout  près  de 
l'apex,  ic  distincte. 

Aile  inférieure  ovale  lancéolée;  apex  peu  aigu;  8  nervures,  2  un 
peu  avant  l'angle,  3  et  4  de  l'angle,  6  et  7  brièvement  tigées. 

Genre  voisin  d' Apiletria,  Ld. 


Nastoceras  colluelluni,   Chrét.  (in  litt). 

18  mm.  —  Ailes  supérieures  ocracé  argileux  ;  deux  taches  ocracé 
fauve,  superposées  obliques  avant  le  milieu,  la  supérieure  dans  la 

cellule  discoïdale,  l'inférieure 
dans  le  pli  ;  une  autre  tache 
semblable  plus  épaisse  et  stri- 
gi  forme  sur  la  transversale  à 
l'extrémité  de  la  cellule  discoï- 
dale. Franges  roncolores. 

Aile  inférieure  brun  noir  fai- 
blement violacé.  Franges  brunes. 
Dessous  brun  noir,  sauf  les  franges. 

Tête  et  thorax  argileux  ;  antennes  brun  noir  ;  palpes  argileux 
ocracé,  troisième   article   brun;    abdomen   brun   jaunâtre;  touffe 


Nastoceras  coUuelitm. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  365 

anale  jaunâtre  ;  pattes  postérieures  très  peu  fournies  de  poils  sur 
les  tibias,  d'un  argileux  plus  ou  moins  sali  de  brun;  tarses  sans 
anneaux  bruns  distincts. 

Ressemble  beaucoup  à  Apiletria  luella,  Ld.,  mais  en  diffère 
génériquement  par  ses  antennes  épaisses,  rappelant  celles  des 
Carcina,  non  en  dents  de  scie,  et  ses  palpes  labiaux  beaucoup  plus 
courts,  sans  squames  hérissées  en  dessus. 

Un  cf  de  Bengazi,  en  Tripolitaine  (Gianelli,  mai  1910)  ;  un 
sujet  cf  de  Région  des  Zemmours,  fi.n  mai  192 1  (Powell). 

Psecadia  sexpiinctella,  Hb. 

Trois  sujets  de  Mrassine,  avril  et  mai  1921  (Powell). 

Psecadia  pusiella,  Roemer. 

Cinq  sujets  de  Koudiet-Guenfou,  Région  de  Timhadit,  août 
192 1  (Powell). 

Depressaria  straminella,  Stgr. 

Quatre  sujets  dont  trois  hivernants  d'Amar,  Zehroun,  décembre 
1920-janvier  1921;  de  Zehroun,  Mrassme,  mars  1921,  et  un  de 
Forêt  de  Mamora,  Aïn-Joira,  4-5  jum  192 1  (Powell),  variés. 

Les  points  noirs  moins  distincts,  surtout  les  discoïdaux,  la  teinte 
avec  une  tendance  au  roux. 

Depressaria  scopariella,  Hem. 
Un  sujet  de  Fez.  (Alluaud). 

Depressaria  hamriella,  n.  sp. 

25  mm.  "  -  Ailes  supérieures  gris  brun,  légèrement  roux;  par- 
semées de  rares  écailles  noires;  l'espace  basilaire  non  plus  clair 


366  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

que  le  reste  de  l'aile;  points  discoïdaux  très  petits,  noirs,  non 
accompag-nés  de  blanc  ;  ombre  discale  brune  très  faible  ;  points 
terminaux  noirs,  les  supérieurs  plus  gros,  plus  distincts.  Franges 
gris  rougeâtre,  traversées  par  des  lignes  plus  foncées.  Dessous 
brun  foncé,  sauf  la  côte  gris  rougeâtre,  marquée  tout  du  long  de 
petites  stries  noires,  géminées. 

Ailes  inférieures  brun  soyeux,  luisant.  Franges  gris  clair,  tra- 
versées par  des  lignes  brunes  peu  distinctes.  Dessous  gris,  marqué 
d'écaillés  noires  à  la  côte  et  vers  l'apex. 

Tête  et  thorax  gris  roux  ;  front  blanc  crème  ;  antennes  brun 
rougeâtre;  palpes  blanc  crème;  squames  du  deuxième  article  brun 
roux  à  l'extrémité;  troisième  article  taché  de  brun  noir  à  la  base, 
avec  un  anneau  assez  large  brun  noir  au-dessus  de  la  moitié  et 
l'apex  noir;  abdomen  gris  brun  rougeâtre;  touffe  anale  plus 
claire;  pattes  jaunâtres. 

Voisine  de  D.  rigidella,  Chrét.,  et  de  genisfella,  Wlsm.  Mais 
D.  rigidella  a  les  antennes  noires  et  genisiella  a  des  points  blancs 
aux  ailes  supérieures  et  les  inférieures  gris  pâle. 

Un  sujet  de  Dar-bel-Hamri,  lo  juin  1921  (Powell). 

Depressaria  rutana,  F. 

Un  sujet  de  Beni-Amar,  Zehroun,  11  décembre  1920  (Powell). 

Depressaria  siibpropinquella,  Stt. 

Un  sujet  Q  de  Région  des  Zemmours,  mai  192 1  (Powell)  ;  deux 
sujets  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 

Depressaria  thapsiella,  Z. 

Six  sujets  hivernants  de  Beni-Amar,  Zehroun,  1 1  décembre  1920 

(Powell). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE  367 


Depressaria  alstroemeriana,  Cl. 

Un  sujet  de  Mrassine,  mars  192 1  (Powell). 

Depressaria  lutosella,  H.-S. 

Trois  sujets  de  Mrassine,  mai  192 1   (Powell). 

Depressaria  cnicella,  Tr. 

Un  sujet  de  Beni-Amar,  Zehroun,  hivernant,  1 1  décembre  1920 
(Powell). 

Depressaria  hippomarathri?  Nick. 

Un  sujet  hivernant  de  Beni-Amar,  Zehroun,  11  décembre  1920 

(Powell). 

Depressaria  ferulae,  Z. 

Trois  sujets  obtenus  de  chenille  sur  Ferula,  en  février.  Plateau 
des  Dkrissa;  papillon  éclos  en  avril  et  mai  1921  (Powell). 

Depressaria  veneficella,  Z. 

Un  sujet  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 

Depressaria  chaerophylli,  Z.  ?  (rubripalpella,  n.  sp.  ?). 

Deux  sujets  de  Mrassjne,  paraissant  avoir  les  dessins  de 
D.  chaerophylli,  mais  ils  sont  plus  petits  et  de  couleur  un  peu 
plus  foncée  ;  ils  sont  en  outre  défraîchis  (ce  sont  sans  doute  des 


^68  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

hivernants).  Cependant,  l'un  des  deux  possède  encore  ses  palpes 
assez  intacts  :  le  deuxième  article  est  abondamment  fourni 
d'écaillés  rouges,  ce  qui  le  différencie  nettement  de  chaerophyllï. 
En  attendant  d'autres  exemplaires  plus  frais  permettant  de  faire 
la  description  de  cette  forme  ou  espèce  nouvelle,  on  peut  l'appeler 
rubrïpalpeUa. 

Depressaria  latisquamella,  n.  sp. 

31  mm.  — -  Ailes  supérieures  brun  noir,  lavé  de  rougeâtre,  avec 
de  très  rares  écailles  blanchâtres  et  d'autres  noires  irrégulièrement 
disséminées;  nervure  costale  striée  de  noir;  une  strie  noire  sur  la 
médiane,  au  quart  ;  un  point  noir  sur  la  sous-costale  au  milieu  ; 
points  discoïdaux  et  marginaux  indistincts.  Franges  brun  rou- 
geâtre,  mélangées  de  quelques  squames  claires. 

Ailes  inférieures  gris  brun  cuivreux,  avec  les  nervures  et  la 
bordure  plus  foncées.  Franges  gris  clair,  avec  une  bandelette 
brune  à  leur  base. 

Dessous  gris  rougeâtre,  luisant. 

Tête  et  thorax  de  la  couleur  des  supérieures  ;  antennes  brun 
roux  ;  scape  élargi  au  sommet,  brun  noir,  avec  quelques  longs  poils 
en  pecten  ;  palpes  jaunâtres,  deuxième  article  fourni  de  squames 
larges  et  brun  noir,  troisième  article  deux  fois  largement  taché  de 
brun;  apex  jaune  orangé;  abdomen  gris  brun;  pattes  brun  jau- 
nâtre, poils  jaunâtres;  tarses  bruns,  à  peine  annelés  de  jaunâtre. 

Groupe  de  Def.  radiata,  Stgr.^  mais  très  distincte  par  sa  couleur. 

Un  sujet  de  Dar-bel-Hamri,  10  juin  192 1  (Powell). 

Carcina  qiiercana,  F. 

Un  sujet  de  Dar-bel-Hamri,  juin  192 1  (Powell). 

Lecithocera  briantella,  Tur. 
Deux  sujets  de  Rabat  (Alluaud).  . 


T.ÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  369 

Borkhaiisenia  iagathella,  Wlsm. 

Un  sujet  cf  de  Mrassine,  avril  192 1  (Powell). 


ELACHISTIDAE 


Cosmopteryx  scribaïella,  Z. 

Trois  sujets  de  Rabat  (Alluaud). 

Pyroderces  argyrograramos,  Z. 

Un  sujet  de  Rabat  (Alluaud). 

Limnaecia  phragmitella,  Stt. 
Un  sujet  Q  de  Rabat  (Alluaud). 

Stagmatophora  serratella,  Tr. 

Sept  sujets  cf  Q  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 


24 


3/0  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


COLEOPHORINAE 


Coleophora  rubritaeiiiella,  n.  sp. 

20  mm.  —  Ailes  supérieures  argileux  clair;  la  côte  ocracé  roux 
de  la  base  au  1/2,  surmontant  une  bande  rougeâtre  d'égale  lon- 
gueur; une  autre  bande  sous-costale  allant  du  milieu  à  l'apex; 
une  bande  médiane  géminée  au  pli  ocracé  et  garnie  de  squames- 
poils  rouges;  bord  de  l'aile  ocracé  rouge.  Franges  argileux  mé- 
langé de  rougeâtre. 

Ailes  inférieures  brun  foncé.  T'ranges  plus  claires,  à  reflet  cui- 
vreux. 

Tête  et  thorax  argileux,  lavé  de  roux  ;  antennes  rousses,  sans 
mèche  à  la  base,  sans  squames  toulfucs  sur  le  flagellum;  palpes 
argileux  intérieurement,  rougeâtres  extérieurement  ;  abdomen 
brun;  pattes  gris  roux;  tarses  argileux. 

Peut  se  placer  provisoirement  après  C.  bolaurella,  H. -S.,  en 
attendant  que  le  cT  soit  connu.  Espèce  très  distincte  par  ses  stries 
longitudinales  rouges.  Les  Espèces  voisines,  onofordiella,  Z., 
botaurella,  H. -S.,  phlowidella,  Chr.,  ont  le  flagellum  épaissi  à  la 
base  par  des  écailles. 

Un  sujet  Q  de  Volubilis  (Alluaud). 

Coleophora  modicella,  n.  sp. 

12  mm.  —  Ailes  supérieures  jaune  argileux,  faiblement  doré, 
sauf  à  la  région  dorsale,  (jui  a  plutôt  une  teinte  grise;  une  strie 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  3/1 

costale  blanc  d'argent,  un  peu  élargie  dans  l'espace  médian,  atté- 
nuée ensuite  et  n'atteignant  pas  l'apex;  une  deuxième  ligne  très 
indistincte  à  l'extrémité  du  pli  discal,  se  prolongeant  sur  la 
frange,  par  une  mèche  blanche  sous  l'apex.  Franges  gris  brun. 

Ailes  inférieures  gris  brun.  Franges  plus  claires  à  leur  extré- 
mité. 

Tête  blanche;  antennes  blanchâtres,  annelées  de  gris  brun,  avec 
une  assez  longue  mèche  de  poils  blanchâtres,  lavés  de  fauve  exté- 
rieurement; palpes  porrigés  ou  un  peu  décombants,  trois  fois  la 
largeur  de  l'œil,  deuxième  article  projetant  une  petite  mèche  de 
poils  sous  le  troisième  article  qui  est  moitié  plus  court  que  le 
second  ;  abdomen  brun  ;  pattes  grises. 

Paraît  voisine  de  C.  hipfodromka,  Wlsm.,  dont  elle  a  la  taille 
et  ce  caractère  de  la  mèche  blanche  dans  la  frange  sous  l'apex; 
C.  protecta,  Wlsm.,  est  plus  petite,  a  les  palpes  plus  recourbés. 

Deux  sujets  cfQ  de  Mrassine,  mars  1Q21  (Powell). 


GRACILARIIDAE 


Gracilaria  scalariella,  Z. 

Un  sujet  de  Marakech  (Alluaud). 


3f2  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


LITIIOCOLLETINAE 


Lithocolletis  Alluaiidiella,  n.  sp. 

7  mm.  —  Ailes  supérieures  pourpre  vif,  avec  stries  blanc 
d'argent  :  une  strie  longitudinale  basilaire  d'abord  droite,  puis 
remontant  près  de  la  côte  avant  le  milieu;  une  strie  oblique  cos- 
tale partant  de  la  côte  avant  le  milieu  et  se  dirigeant  du  côté 
externe,  rencontre  l'extrémité  d'une  strie  opposée,  semblable,  mais 
plus  longue,  venant  du  bord  interne  et  forme  un  angle  très  aigu 
avec  elle;  est  bordée  extérieurement  de  noir,  tandis  que  la  strie 
dorsale  l'est  intérieurement;  pas  d'autre  strie  costale,  mais  une 
strie  centrale  longitudinale  noire  qui  part  du  milieu  de  l'aile  et 
pénètre  dans  la  frange  jusqu'à  la  ligne  de  partage;  une  deuxième 
strie  dorsale  s'élève  du  deuxième  tiers,  parallèle  à  la  première  et 
également  bordée  de  noir  intérieurement  et  souligne  la  strie  noire 
centrale,  qui  est  ainsi  bordée  de  blanc  des  deux  côtés.  Franges 
gris  pourpre,  avec  une  fine  ligne  de  partage  arrondie,  brun  foncé. 

Ailes  inférieures  grises  ;  franges  plus  claires. 

Tête  et  thorax  gris,  lavé  de  pourpre;  front  blanc  crème,  ainsi 
que  les  palpes;  abdomen  gris;  touffe  anale  blanc  crème,  ainsi  que 
les  pattes,  à  tarses  finement  annelés  de  brun. 

Peut  se  placer  dans  le  groupe  de  L.  dubïosella,  Hein.,  L.  be- 
/iilae,  Z. 

Un  sujet  de  Rabat  (Alluaud). 

On  connaît  si  peu  de  Lithocolletis  de  Mauritanie  (4-5  espèces 
tout  au  plusX  qu'il  semble  juste  de  donner  à  l'une  des  plus  jolies 
le  nom  de  son  découvreur. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  373 


NEPTIGULIDAE 


Nepticula  arbatella,  n.  sp. 

Petite  espèce  ;  ailes  supérieures  brun  bronzé  uniforme,  sans 
reflet  violet  à  l'extrémité;  touffe  de  la  tête  fauve  orangé;  œillères 
blanc  d'argent;  collier  noir. 

Ailes  inférieures  brunes.  Thorax  et  abdomen  brun  noir. 

Voisine  de  /V.  îuficapitclla,  Hw.,  ou  d'oxyacauthella,  Stt.  ;  en 
diffère  par  son  manque  de  reflet  pourpre  et  par  ses  œillères  blanc 
d'argent. 

Un  sujet  de  Rabat  (Alluaud). 


TALAEPORIDAE 


Dissoctena  granigerella,  Stgr. 

Un  sujet  cf  de  Rabat  (AJluaud). 

Var.  albidella,  Reb.  —  Un  sujet  cf  d'Aghbalou-Larbi,  août 
1920  (Powell). 

Un  peu  plus  grand  et  plus  coloré,  argileux  pâle  et  uniforme: 
a  22  lamelles  aux  antennes. 


374  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


TINEINAE 


Melasina  atlanticella,  n.  sp. 

A  première  vue,  ces  papillons  paraissent  voisins  de  D.  granï- 
gerella,  Airtout  en  raison  de  leur  corps  grèlc,  de  leurs  antennes 
longuement  bipectinées  et  de  la  couleur  et  des  dessins  de  leurs 
ailes  supérieures  ;  mais  un  examen  attentif  permet  de  constater 
des  différences  essentielles  qui  les  en  éloignent. 

Et  d'abord,  la  tête  :  les  antennes  de  M.  atlanticella  sont 
bipectinées,  il  est  vrai,  et  à  fiagellum  mince;  mais  les  lamelles 
(20-22  paires)  sont  plus  espacées,  moins  inégales  et  un  peu  moins 
longues  que  celles  de  D.  granigerella.  Le  front,  chez  D.  granïge- 
rella,  présente  une  touffe  de  squames  obliques,  ne  couvrant  guère 
que  la  moitié  supérieure  de  la  face;  la  proéminence  de  cette  touffe 
est  déterminée  par  un  bourrelet  en  saillie  et  en  arc  de  cercle,  qui 
est  le  rebord  d'une  dépression  concave  entre  les  yeux,  au  sommet  ; 
chez  M.  atlanticella,  il  y  a  bien  une  petite  dépression  entre  les 
yeux,  mais  aucun  rebord  saillant,  de  sorte  que  les  poils  de  la  face, 
longs  et  nombreux,  descendent  presque  perpendiculairement  jus- 
qu'au bas  de  la  tête  qu'ils  dépassent.  Cachés  sous  ces  poils,  se 
voient,  mais  très  difficilement,  deux  tout  petits  corps  coniques, 
dressés,  non  articulés,  et  une  sorte  de  petit  bouton  entre  eux  qu'on 
pourrait  à  la  rigueur  considérer  comme  des  rudiments  de  palpes 
et  de  spiritrompe. 

Ensuite,  la  nervulation  :  i"  aux  ailes  supérieures,  M.  atlanticella 
possède  bien  sa  cellule  appcudiculée,  sa  cellule  discoïdale  divisée. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  3/5 

ses  12  nervures  libres;  mais  elle  a  en  outre  i'^  très  distnicte,  qui 
se  termine  entre  l'origine  de  la  nervure  2  et  le  bord  externe,  sans 
atteindre  ce  dernier  par  conséquent;  cette  nervure  1°  est  absente 
chez  D.  granïgerella ;  2°  aux  ailes  inférieures,  M.  alLantkella  a 
8  nerv^ures  ;  granïgerella  n'en  a  que  7. 

Enfin  les  genitalia  cf  des  deux  espèces  sont  fort  différents. 

Par  tous  les  caractères  exposés  ci-dessus,  M.  atlantïcella  appar- 
tiendrait donc  au  Genre  Mclasïna  et  se  distinguerait  des  autres 
espèces  par  la  couleur  et  la  réticulation  des  ailes  supérieures  et 
la  petitesse  relative  du  corps. 

La  découverte  de  la  Q  et  de  la  chenille  vivante  viendra  sans 
doute  confirmer  ce  rapprochement. 

22  mm.  —  Ailes  supérieures  gris  rougeâtre,  fortement  assom- 
bries par  des  écailles  brun  rougeâtre  foncé,  ou  garnissant  toute  la 
surface  de  l'aile,  ou  formant  des  stries  et  des  bandelettes  plus  ou 
moins  sinueuses  qui  se  touchent  parfois  et  couvrent  l'aile  comme 
d'un  réseau  très  irrégulier,  n'étant  pas  semblable  sur  les  deux 
ailes.  Franges  brun  rougeâtre  à  leur  base,  grises  à  leur  extrémité. 

Ailes  inférieures  brunes,  lavées  de  rougeâtre.  Franges  comme 
aux  supérieures.  Dessous  brun. 

Tête  et  corps  brun  noir,  lavé  de  rougeâtre;  pattes  brunes; 
tibias  des  postérieures  argileux;  tarses  largement  tachés  de  brun: 

Fourreau  tubulaire,  fait  de  soie  très  blanche,  garni  extérieu- 
rement de  petites  pierres,  sans  parcelles  de  végétal  ou  débris  chi- 
tineux  d'insectes;  la  bouche  est  large,  très 
oblique;  l'extrémité  a  été  déchirée,  mais  elle 
ne  paraît  être  ni  bi-  ni  trivalve.  La  chrysalide 
est  brun  rougeâtre;  l'enveloppe  plus  rigide  et 

*=  .  ,  Mdasina  alhmtkdla. 

plus  forte  que  celle  de  granïgerella.  La  tête 

n'est  pas  amincie  en  coupe-vent,  mais  se  termine  en  pointe 
conique.  Extrémité  des  ptérothèques  et  podothèques  libre.  L'ab- 
domen est  ridé  ou  plissé  transversalement  en  dessus,  avec  une 
rangée   de    petites    épines    au    commencement    des    segments   et 


3/6  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

quelques  poils  disséminés.  Mtirron  recourbé  en  dessous,  à  sommet 
large,  avec  un  petit  bouton  ])lat  au  centre  et  deux  petites  cornes 
munies  de  crochets  sur  les  côtés. 

Deux  sujets  cTcf  de  Haute-Reraya,  Grand- Atlas  (Alluaud), 
obtenus  d'éclosion  de  fourreaux  ressemblant  plutôt  à  celui  de 
D.  granigerell'i  qu'à  celui  de  Melasina  Ingiibris. 

Acrolepia  assectella,  Z. 

Un  sujet  o  de  Zehroun,  Beni-Amar,  décembre  1920-janvier 
1921  (Powell). 

Amydria  ochroplicella,  Chrét. 

Sept  sujets  cfÇ)   de  Rabat  (Alluaud). 

Monopis  imella,  ?îb. 

Deux  sujets  de  Rabat  (Alluaud). 

Trichophaga  abniptella,  Woll. 
Un  sujet  de  Dradek  (Alluaud). 

Tinea  cloacella,  IIw. 

Un  sujet  Q   de  Haute-Reraya  (Alluaud). 

Tinea  fuscipunctella,  Hw. 

Un  sujet  de  Haute-Reraya  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  377 

Tinea  punctigera,  Wlsm. 

Deux  sujets  :  cf  àc  Rabat;   Q   de  Haute-Reraya  (Alluaud). 

Tinea  chrysopterella,  H. -S. 

Un  sujet  cf  de  Dar-bel -Hamri  (Powell). 

Tineola  crassicornella,  Z. 

Six  sujets  cfQ  de  Mrassme,  avril  et  ma:  1921  (Powell);  huit 
sujets  cf  Q  de  Haute-Reraya,  Rabat  (Alluaud). 

J'ai  omis  de  signaler  de  Mauritanie  eette  espèce  dont  j'avais 
reçu  autrefois  plusieurs  exemplaires  de  la  provmce  de  Constan- 
tine  (Olivier). 

Tineastra  paradoxella,  Stgr. 

Trois  sujets  cfd'  de  Zehroun,  Beni-Amar,  décembre  1920- jan- 
vier 1921  (Powell). 

Nemophora  stenochlora,  Meyr. 

Un  sujet  cf  de  Peni-Amar  (Zehroun),  janvier   1921   (Powell). 


:î78  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


ADELINAE 


Nemotois  Latreillellus,  F. 

Trois  sujets  cf  Q  de  Mrassine,  mai  192 1,  et  Région  de  Timhadit, 
juillet  1921  (Powell). 


Nemotois  constantinella,  Baker. 

Deux  sujets  cfcf  de  Mrassine,  mai  1921   rPowell);  un  sujet  cf 
de  Dradek  (Alluaud). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  379 


MICROPTERYGIDAE 


Micropteryx  imperfectella,  Stgr. 

Six  sujets  cfQ   capturés  à  Dradek,  près  Rabat,  sur  les  fleurs 
de  renoncule  (Alluaud). 


P.  Chrétien. 


La  Garenne-Colombes,  novembre  192 1. 


RÉPERTOIRE 


DES 


ESPÈCES  DE  LÉPIDOPTÈRES  DE  LA  FAUNE  MAROCAINE 

CITÉES    ET    RECENSÉES 

dans  le  Volume  XIX  des  Études  de  Lépidoptérolcgie  comparée. 


Papilio 
Thaïs 


Aporia 

PlERIS 


AXTHOCHARIS 


Teracolus 
Zegris 

COLIAS 
GONEPTERVX 


PAPILIONIDAE 

Pages 

Machaon,   L 13 

Feisthamelh,   Dup 14 

Rumina,   L.  . . ., 18 

PIERIDAE 

CRATAEGI,    L 20 

BRASSICAE,    L 21 

RAPAE   L 21 

DAPLIDICE,    L 22 

Belia,  L 26 

Crameri,  Butler 28 

Belemia,  Esper 28 

Charlonia,   Donzcl 30 

NOUNA,    H.    Lucas 30 

Lefèvrei,  Obthr 30 

Eupheme,  Esper 31 

Croceus,   Fourcroy 34 

RHAMNI,    L 35 

Cleopatra,  L 36 


;82 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


Char  AXES 

Vanessa 


Argvnnis 


Mklitaea 


NYMPHALIDAE 

Pages 

Jasius,  L.,  var.  major,  Obtlir 37 

Atalanta,  L 38 

CARDUI,    1 38 

POLVCHLOROS,   L 38 

C   ALRUM,    L 38 

Pandora,  Esper 39 

LyaUTEVI,   Obthr 41 

AurESIANA,    Fruhs 45 

I.athonia,  L 46 

Desfontainii,   God.,  var.   GlimAil,  Obthr 46 

Aetherie,  Hbn 60 

DiDYMA,  Ochs 60 

PUNICA,  Obthr 61 


SATYRIDAF, 


Satvrus 


Melanar(;ia 


Pararge 


FiDIA,  L 62 

AlCVONE,  Schiff.   var.   MAROCCAXA,   Obthr 63 

Briseis,  L.,  var.  MAJOR,  Obthr 63 

Prieuri,  Pierret  64 

Semele,  L.,  var.  ALGIRICA,  Obthr 64 

Belouini,  Obthr 64 

COLOMBATI,  Obthr 65 

Hansii,  Austaut 75 

SYLVICOLA,  Austaut 75 

Actaea,  Esper,  var.  nevadensis,  Ribbe 76 

Atlantis,  Austaut 77 

AHDELKADER,  Picrrct,  var.   Xklvai,  Seitz 78 

Lamiîessanus,  Stgr 78 

LUCASI,  Rambur  79 

INES,  Hoflfm 80 

—       var.  Jahandikzi,  Obthr 80 

SVLLIUS,  Herbst 81 

Meger.A,  L 81 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


383 


Pararge 


El'IXM'HELK 


COEXOXVMPHA 


Pages 

.Maera,  L.,  var.  Alluaudi,  Obthr 81 

—            var.  nevadkxsis,  Obthr 82 

Aegeria,  1 84 

Ida,  Esper 84 

Pasiphak,  Esper 85 

JURTINA,    L 85 

Lycaon,  Rott.,  var.  MAURiiANlCA,  Obthr 85 

N1VELLEI,   Obthr 86 

Fettigi,   Obthr.,   var.   IXFRAMACULATA,   Obthr.   ...  87 

Arcanioide.s,    Pierret    87 

Vaucheri,  Blachier  88 

PaMPHILU.S,    L 8n 


LYCAENIDAi: 


Zephvrus                  quercus,    L go 

Thecla                 esculi,  Hb go 

Callophrvs           avis,   Chapman   gi 

RUBI,    L g2 

Thestor                  mauritanicus,  h.   Lucas ga 

Ballus,   Fabr g3 

Chrvsophaxus     Phoerus,  Blachier  g8 

Phlaeas,  L g8 

GORDIUS,  Sulz.  var.  HliRACLEANA,  Blachier gg 

CIGARITIS                     ZOHRA,    Donzcl    gg 

LVCAEXA                      BAETICA,    L gg 

TELICANUS,    Hb gg 

Theophrastus,   Fabr 100 

JESOUS,   Guérin  100 

DORVLAS,   Hb.,  var.  atlaxtica,  Ehves 100 

JCARUS,   von   Rot( loi 

Thersites,  Bdv 102 

Allardi,  Obthr 103 

Agestls,  \V.  V 104 

Amanda,  Hb.,  var.  Abdelazis-azurea,  Blachier...  105 

Bellargus,  Esper,  var.  puxctifera,  Obthr log 

VOGELll,  Obthr 109 

Fatma,  Obthr m 


384 


LEPIDOt^TEROI.OGIE   COMPARÉE 


Packs 


L^c'AE^•A  Ahf.nckrragus,  Picnet  

L\siMO\,   Hb 

LORQl'IM,   IL  S 

Ml.MMA,   K uessly  

loLAS.  Ochs  

SkmiaR(;us,  V.  Kott,  var.,  maroccaxa,  1).  Lucas. 

MELANOl'S,  Iklv.,  var.   Al.F.lAn)!,   Obthr 

ARGIOLUS,   L 


HI:SPI:IUI)Ai: 

AUGIADES  Benuncas,   Obthr 

Hesi'Eria  Thaumas,  Hb 

Hamza,  Obthr 

ACTEON,   V.    Rott 

ADOI'OEA  lineola,  Ochs  

Parnara  Zelleri,  Lcdercr  

Xostrodamus,  Fabi 

Carcharodi's       alceae,  Espcr 

Lavaterae,  Esper  

ijaeticu.s,  Rambur  

S\Ki(inin's  Mohammed,  Obthr 

Proto,  Esper  

Numida,  Obthr 

ARMORICANUS,  Obthr 

ONOPORDI,  Rambur  

Au,  Obthr 


SPHINGIDAE 


Smkrix  I  lus 


proi'oi'arce 
Cf;lerio 


A'I'LAN'l'KtJS.  Austaut  

AusTAuri,  Stgr 

QUERCUS,    Schiff    

CONVOLVULI.   L 

LIXEATA-LIVORNICA,  Esper 

NICAEA,   Prunncr  

EUl'HORUIAE,    L 


T.ÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE 


385 


Pages 

HiPPOTioN             Celerio,  L / 128 

ACHERONTIA             ATROPOS,    L 128 

Pterogon             Proserpina,  Pall.,  var.  Gigas,  Obthr 128 

Macroglossa       Stellatarum,  L 129 

AEGERIIDAE 

Zenodoxus          tineiformis,  Hb 130 

Pvropteron         Doryliformis,  Ochs.,  var.  tingitana,  Le  Cerf...  130 

Chamaesphecia   osmiaeformis,  h.  s 130 

ANTHRAX,   Le  Cerf 131 

BORREYI,  Le  Cerf i33 

LEUCOMELAENA,  Zeller  136 

ATYCHIIDAE 

A'JVCHIA                 POWELLI,  Obthr 137 

NANETTA,  Obthr i37 

Gaditana,  Rambur  (*)  138 

IJRACHODES               VEKXETELLA,    Gucnéc    (*)    13^ 


COSSIDAE 


ExiDAGRiA              MARMORATA,  Rambur 139 

Cossus                   Cossus,  L i39 

Zeuzera               pyrina,  L i39 

PSYCHIDAE 

Amicta                  Lefèvrei,  Obthr 140 

Psyché                  Nivellei,  Obthr Ui 

Sterrhopterix    Powelli,  Obthr 141 

ApïEROMA              pectinaTA,  Chrétien  142 

(•)  Ces  deux  Espèces  provenant  d'Espagne  et  des  Pyrénées-Orientales,  non  du  Maroc, 
sont  fi{,'urces  sur  la  PI.  DXXXVIII. 

25 


386 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


SOMABRACHYS 


Perrotia 


MEGALOPYGIDAE 

Pages 

MAROCCANA,   Obthr 143 

MOGADORENSIS,    Obthr 143 

GUILLAUMEI,   Obthr 143 


sp. 


151 


TAMATAVANA,    Obthr.    (*)    153 


ZYGAENIDAE 

Aglaope  Labasi,  Obthr 155 

Procris  tenuicornis,  Z.  ':  156 

Zygaena  FELIX,  Obthr 156 

LovsELls,   Obthr ^t 157 

LAVANDULAE,   Esper  157 

FAVOXIA,  Freyer,  var.  BORREYI,  Obthr 157 

CADILLACI,   Obthr 158 

Orana,  Dup.,  var.  contrîstans,  Obthr 158 

Bachaga,  Obthr 159 

Alluaudi,  Obthr 159 

HETEROGYNIDAE 


Heterogynis 


sp. 


162 


SYNTOMIDAE 

Syntomis  MOGADORENSIS,  Blachier  163 

Naclia  punctata,  Bkh.,  var.  separata,  B.  H 163 


CYMBIDAE 

Sarrothripa        revayana,  Scop 166 

Nycteoi.a  falsalis,  h.  s 184 


(*)  Cette  Perrolia  n'est  pas  du  Maroc;  mais  elle  a  été  trouvée  à  Madagascar. 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


38; 


LiTHOSIA 


euprepia 

coscinia 

Dejopeja 

Chelonia 

Phragmatobia 


Cymbalophora 


Nola 


Cl.MELIA 


COCHLIDIOX 


]  )jcraxura 
xotodonta 
Phalera 

PVGAERA 


ARCTIADAE 

Pages 

SORDIDULA,  Rambur  167 

marcida,  Mann  167 

BIPUNCTA,   Hb 167 

G1BRATI,  Obthr 167 

CALIGANS,  Turati  168 

CRIBRUM.    I,.    var.    CHRVSOCEPHALA,    Hb 169 

PULCHELLA,    L 169 

VILLICA,  L.  var.  AXGELiCA,  Bdv 169 

OCCIDEXTALIS,   Roths  172 

Emmanuelii,  Oblhr 172 

FULIGINOSA,   L 181 

PUDICA,  Esper  181 

sp.    ?  182 

NOLIDAE 

CUCULLATELLA,   L 184 

CIMELIIDAE 

Vaulogeri,  Stgr 184 

COCHLIDIDAE 

CODETI,  Obthr 185 

NOTODONTIDAE 

Delavoiei,  Gascliet  187 

TREPIDA.  Esper  187 

BUCEPHALIXA,    Stgr 187 

pigra,  Plufn  187 

25* 


388 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


CNKTHOCAMPIDAE 

Pages 

CNETIIOCAMPA        riTHYOCAMl'A,  W.  V l88 

BONJEANI,  Povvell  i88 

Thau.metopoka     herculeana,  Rambur  194 

LIPARIDAE 

OKtiVIA                    SI'LENDIDA,  Rambur,  var.  al'REA,  Obthr 201 

ANCEPS,  Obthr 204 

OCNERIA                 RUBEA,  Fabr 204 

euproctis            chrvsorrhaea,  l 205 

Stilpnotia           salicis,  L 205 

LVMANTRIA               ATLANTICA,  Rambur  205 

Albarracina        Warionis,  Obthr 206 

ALLUAUDI,  Obthr 220 

LASIOCAMPIDAE 

Chondrostk(;a     vandalicia,  AJillière  221 

tingitana,  Powell  226 

DiPLURA                 brunnea,  Obthr 226 

.Malacosoma         lutea,  Obthr 227 

NEUSTRIA,    L 227 

I.EMONIA               Philopalus,  Donzel  227 

Lasiocampa           serrula,  Guenée  228 

TRIFOLII,  Esper  228 

JOSUA,  Stgr.,  var.  Vaucheri,  Blachier  229 

Lambessa              Staudingeri,  Baker 229 

Macrothnlacia  rubi,  L 229 

Tarac.ama             repanda,  Hb 229 

SATURNIIDAE 

Satl'rnia              pvri,  w.  V 230 

ATLANTICA,  H.  Lucas  23O 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


389 


Drepana 

CiLIX 


DREPANIDAE 


Pages 


BINARIA,    Hufn 231 

OLAUCATA,    Scop 231 


NOCTUIDAE 


Brvophila 


JUGURTHIA 
ACRONYCTA 

SVNIA 

Leucania 


Se S AMI  A 

Argvrospila 

Glottula 

Caradrina 


Laphygma 

Episema 

Heliophobus 

Agrotis 


RAVULA,  Hb.,  var.   VANDALUSIAE,   Dup 232 

OXYBIENSIS,  Minière  232 

GLANDIFERA,  W.   V 232 

DuSeutrei,  Obthr 232 

Salmonea,  Culot  23^ 

CUSPis,  Hb 234 

RUMICIS,  L 234 

MUSCULOSA,  Hb 234 

LOREYI,  Dup 2-'4 

HISPANICA,  Bellier  234 

VITELLINA,  Engr 234 

L   ALBUM,   L 234 

NONAGRioiDES,  Lefebvre 235 

DULCIS,  Obthr 235 

PANCRATll,  Cyrilli  235 

NOCTIVAGA,  Bellier  237 

AMBIGUA,  w.  V 238 

CUBICULARIS,  w.  V 238 

EXIGUA,  Hb 238 

HISPANA,  Rambur  238 

HISPIDA,    Hb 238 

MessaOUDA,   Obthr 241 

CRASSA,  Hb 241 

SPINIFERA,   Hb 241 

LIPARA,  Rambur  241 

PUTA,  Hb 241 

SAUCIA,  Engr 241 

SEGETUM,  w.  V 242 

CORTICEA,   Hb 242 

MAURETANICA,  Bang-Haas  242 


390  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Pages 

'rkli'lJAKXA             ORiiOXA,  Xaturf 242 

l'RONUJJA,  Albin  242 

NOCTl'A                       C  NIGRTJM,  L 242 

TaKMOC  AMI'A           FACETA,    Tr 242 

WnzENMA.NNI,  Stdf.,  var.  MGROLIMiiATA,  Obthr..  243 

AXCHOCELIS               LIIURA,    L 243 

riSTACINA,   W.    \' 243 

GORTVXA                 Xanthenes,   Germar 244 

LUPERIXA                    TESTACEA,    Plb 244 

Mamestra            axdalusica.  Rambur  ..  244 

]-)lAXTHOECIA           CAPSOPHILA,   ])up 245 

CAPSINCOLA,    W.    V 245 

Hkcai'era             d\sodea,  W.  V 245 

Phorocera           Canteneri,  Dup 245 

FELICIXA,  Donzel  245 

DuSeutrei,  Obtlii- 245 

POLIA                              VENUSTA,    Bdv 251 

DURIA,   ])up 252 

FLAVOCixciA,  Rœsel  254 

P.OMHVCIA               viMiXALls,  Fabr.,  var.  Emir,  Obthr 254 

Epi.'xda                 lichenea,  Hb 254 

CHIOLEUCA,   H.    s 254 

NIGRA,  Haw 255 

Plll.()(;OI'HOKA         EMPVREA,    Hb 255 

METICULOSA,   L 255 

Hadexa                   OLERACEA,  L.,  var.   vakiega'I'a,  Austaut  255 

CHENOPODII.  Albin  255 

SOLIERI,  Bdv 256 

])R\OHOLA                   ROBORIS,    Iklv.,    var.    CERRIS,    Bdv 256 

OCCLUSA,  Es]5er  257 

PROIEA,  w.   \' 257 

LntlOCAMl'A              MlLLIEREI,    Stgr 257 

X^■l.ocA^[PA           I.ITHORI2A,  Bks 257 

Cai.ocampa           exoleta,  1 257 

ClX'l'LLIA                   CHAMOMILLAE,    Schiff    258 

VERBASCI,  L 258 

TAXACETI,    Schiff    258 

CHRVSAXTHEMI,   Hb 258 

CALENDULAE,  Tr 258 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


391 


Calophasia 
Heliothis 


Metopoma 
agroi'hila 

ACONTIA 

Erastria 
Leptosia 


Pages 

CUCULLIA                   ARGENTINA,  Fabr 258 

Cleophana     serrata,  Tr 259 

PECTINICORNIS,    Stgr 25g 

Dejeani,  Dup 25g 

DIFFLUENS,  Stgr.,  var.  LUSITANICA,  Roths 259 

—            var.  MAROCCANA,  Stgr 25g 

PLATVPTERA.  Esper  25g 

ADAMANllXA,  Blachier  260 

PELTIGERA,   W.    V 260 

DIPSACEA,    L 260 

ARMIGERA,   Hb ,.  260 

VESPERTINA,  Hb 260 

SULPHURALIS,    L 261 

ALBICOLLIS,  Fabr 261 

LUCTUOSA,    f;(M)ffr 261 

SCITULA    Raml)ur  261 

VELOCIOR,  Stgr 261 

POLYGRAMMA,    Bdv 261 

MiCRA                           PARVA,   Hb 261 

OSTRINA,   Hb 262 

PURPURINA,    W.    V 262 

Anthoj'hila         albicans,  Bdv 262 

ALBIDA,    Dup 262 

GRATA,  Bdv.,  var.  candicans,  Rambur 262 

VIRGINALIS,   Obthr 262 

Caïd,  Obthr 263 

Eriopus                Latreillii,  Dup 263 

EURHIPIA                     ADULATRIX,  Hb 263 

Abrostola           triplasia,  L 263 

Plusia                   aurifera,  Hb 263 

CHALCVlE.s,  Esper  263 

ACCENTIFERA,  Letebvre  263 

NI,  Engr 264 

GAMMA,    L 264 

GONOPTERA               LIBATRIX,    L 264 

Mania                   maura,  L 264 

SpIXTHEROPS          Sl'ECTRUM,  Esper  264 

Apopesïes             limbata,  Stgr 264 

Catephia              alchvmista,  Cenffr 264 


392 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


Othiodes 
Ol'HIUSA 

Grammodk 


HVPENA 

Herminia 


PAGES 

BOLIXA                     Cailino,  Lefi'bvre  265 

CatOCALA                srONSA,  L.,  var.  I'URPUREA,  Obtlir 265 

OUERTIIURI,  Austaut  265 

CONJUNCTA,  Esper  265 

NYMPHAEA,  Espev  265 

CONVERSA,  Espcr  266 

NYMPHAGOGA,  Esper  266 

THIRACA,  Cramer  266 

LUNARIS,  W.  V 266 

ALGIRA,    L 266 

GEOMEIRICA,    Rossi    266 

DELTOÏDAE 

OHsri'Ai.is,  Hb 267 

CRINALIS,    Fr 267 

HISPANALIS,  Guenée  267 

PYRALIDAE 

PVRALIS                        FARIXALIS,    L 268 

AGLOSSA                      PINGUINALIS,  L 268 

CUPREALIS,   Hb 268 

Stemmatophora  CORSICALIS,  J)up 26S 

Hypsopygia          egregialis,  h.  s 269 

actenia                brunnealis,  fib 269 

CONSTANTIA              Sl'AUDINGERALIS,   RagOllOt   269 

Cledeobia                ANGUSTALIS,   W.    V 269 

IXTERJUNCTALIS,  Guenée  269 

PROVINCIALIS,    Dup 269 

CHELLALIS,   Hpsn 270 

Threnodes             pollinalis,  w.  V 270 

Aporodes             siculalis,  Dup 270 

Pyrausta              punicealis,  w.  V 270 

Rhodaria             castalis,  Tr 270 

Herhula               cespitalis,  w.  V 270 

CONGENERALIS,  Guenée  271 

EXDOTRICHA             FLAMMEALIS,    SchiflF   271 

Diasema               Ramburialis,  Dup 271 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


393 


Cybolomia 

Nascia 

Stenia 

Phlyctaenodks 
Metasia 
Hydrocampa 
]Margarodes 

BOTYS 


Ebulea 
Pionea 

Orobena 


Spilodes 

SCOPULA 

Nymphula 
Mecyna 

S'IENOPTERYX 
SCOPARIA 


Pages 

JilSKRALls,  Chrétien  271 

KOVEALis,   Zeller  271 

ORNATALIS,   Dup 272 

PUNCTALIS,  W.  V 272 

USTRINALIS,  Christ 272 

SUPPAXIJALIS,  Hb 272 

NYMPHAEALIS,    L 273 

UMONALIS,    Hb 273 

REPANDALIS,   W.    V 273 

IN'COLORALIS,  Guenée  273 

FLAVALIS,    Schiff    273 

CATALAUXALIS,    Dup 274 

CONQUISTALIS,  Guenée  274 

niFASClALls,  Guence  274 

ISATIDALIS,    Dup 274 

JMlMOUiXALIS,   Obthr 274 

LAMBESSALIS,   Obthr.   (*)   275 

STICTICALIS,   L 275 

COMPTALIS,  Freyer  275 

FERRUGALIS.    Hb 276 

NUMERALIS,    Hb 276 

INTERPUXCTALIS,    Hb 276 

POLYGONALIS,   Hb 276 

HYBRIDALIS,   Hb 276 

LINEOLALIS,    Steph 277 

ANGUSTEA,   Steph 277 


GEOMETPAE 

Metrocampa        hoxoraria,  SchiflF  278 

Crocallis             Auberti  278 

ROISDUVALARIA,  H.  Lucas  282 

Hemerophila       abruptaria,  Ehbg 282 

Japygiaria,  Costa  283 

Gnophos                Omararia,  Obthr 2S3 


(*)  N'est   pas   une    Espèce    marocaine  ;   mais  a  été  décrite   et    figurée  dans  le    présent 
ouvrage  pour  comparaison  avec  Mimoiiiialis  et  fnunentalis. 


394 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


Pages 

Gnophos               mucidaria,  Hb 283 

Ephvra                pupillaria,  Hb 284 

EUCHLORIS                PLUSIARIA,    Bdv 284 

Cleta                    vittaria,  Hb 284 

Acidalia                nexata,  Hb 285 

Allardiata,  Mab 285 

OCHRATA,  Scop 285 

RUBIGINATA,   Hufn 285 

OSTRINATA,   Hb 285 

SCUTULATA,  W.  V 286 

LONGARIA,  H.   S 286 

CONTIGUARIA,  Hb 286 

HEBBARIATA,    Fabr 286 

INCANARIA,   Hb 286 

COLONORIA,  H.   S 286 

DECORATA,  W.   V 287 

SUnMUTATA,  Tr.  var.  Nivellearia,  Obthr 287 

MARGINEPUNCTATA,    Coeze    291 

RUFOMIXTA,  Rambur  291 

RUBELLATA,  Rambur  291 

LAMBESSATA,    Obthr 292 

STIBSERICEATA,    Havv 292 

DEGENERARIA,  Hb 292 

IMITARIA,  Hb 292 

PELLONIA                   VJfilCARIA,    L 293 

SICANARIA,   H.   S 293 

Stegaxia              Henrtcaria,  Obthr 293 

Aleucis                     PICTARIA,   Curtis  298 

Elicrinia              CAUTERIATA,  Stgr 298 

Thamnoxoma       GESTICULARIA,  Hb 299 

Tephrixa             Jahandiezi,  Obthr 299 

VIXCULARIA,    Hb 302 

Psamatodes          PUMICARIA,  Leclercr  303 

Rhoptria              asperaria,  Hb 303 

NUMERIA                      POEYMIRAI^I,    Obthr 303 

Encoxista            Powelli,  Obthr 306 

SCODIOXA                HISPAXARIA,  Millière  307 

HOLLI,  Obthr 307 

EUSARCA                     INTERPUNC'IARIA,  H.   S 307 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


395 


Selidosema 


FiDOXIA 

Sterrha 

aspilates 

Chemerina 

LiGIA 

hvijernia 
Larentia 

El'PITHECIA 


Melanippe 

Anticlea 

Camptogramma 

Phibalapteryx 

EUBOLIA 


Anaitis 

LiTHOSTEGE 

Chesias 
Heteropsis 


Aphomia 

Galleria 

Lamoria 


Pages 

EREBARIA,  Obthr 307 

SEMICANARIA,  Freyer  313 

PLUMARIA,    W.    V 313 

CONCORDARIA,  Hb 313 

SACRARIA,  L 313 

CITRARIA,    Hb 314 

CALIGINEARIA,  Rambur  314 

ARGENTARIA,   H.    S 314 

UAJARIA,  Kleem. 315 

FULVOCINCTATA,  Rambur  316 

ALFACARIATA,  Rambur  316 

BREVICULATA,   Donzel    317 

CENTAUREATA,    Rœsel    317 

ROEDERARIA,  Standf 317 

DODONEATA,  Guenée  317 

SOBRINATA,   Hb 317 

OXYCEDRATA,  Rambur  317 

ROSMARINATA,  Millière  318 

PUMILATA,    Hb 318 

FLUCTUATA,    Goed 318 

GALIATA,    w.    V 31S 

BADIATA,  W.  V 318 

BIIJNEATA,   L 318 

LAPIDAIA,  Hb.,  \ar.  zehR(3UNARIA,  Obthr 319 

ALFACARIA,    Stgr 319 

MALVATA,  Rambur  320 

BASOCHESIATA,    Dup 32 1 

BIPUNCTARIA,  W.   V 321 

PLAGIATA,  L 321 

NIVEARIA,   W.   V 321 

ORLIQUARIA,   W.    V 321 

TESTARIA,  Fabr 322 

GALLERIINAE 

SOCIELLA,   L 324 

MELLONELLA,   L 324 

ANELLA,    Schiff   324 


396 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


C'RAMnus 


Eromene 
axcvlolomia 


AXERASTIA 
LVMIRA 

Eajatheudes 


homoeosoma 
Ephestia 

Ancvlosis 

Syria 

Ancvlodes 

Heterographis 

Pempelia 


EUZOPHERODES 
El'ZOPHERA 


CRAMBINAE 

Pages 

DIVISET.LUS,  Joann 325 

SULDESKRTELLUS,    Chrcvicll    325 

GENICULEUS,    Hw J 326 

DELIELLUS,    Hb 326 

PERLELLUS,   Sc 326 

SAXOXELLUS,   /k 326 

CRATERELLUS,    var.    CASSENIIXIELLUS,    Z 327 

■J'INGITANELLUS,  Chrétien  327 

(Platvte.s)  CARECTELLVS,  Z 328 

Ramburiella,  Dup 328 

OCELLEA,    Hw 328 

TEXTACULELLA,    Z 32S 

AXARG^REI.LA,   Chrétien   328 

PALPELLA,   Schiff  328 

ANERASTIINAE 

ABLUTELLA,    Z 32g 

SEMILUTEEI.LA,  Chrétien  329 

PUNCTELLA,    Tr 330 

PHYCITINAE 

NIMBELLA,    Z 331 

CAUTELLA,  Wlk 331 

UNICOLORELLA,    Stgr 33 1 

CINNAMOMELLA,    Dup 33  I 

ANGUSTA,  Stgr 332 

PALLENS,    Rag 332 

BRUXXEELLA,  Chrétien  332 

MALACEELA,  var.  PUNCTTGERELLA,  Chrétien  332 

SORORIELLA,    Z 332 

MULTIFIDELLA,  Chrétien  332 

LUTESCENTELLA,  var.  AXGULELLA,  Chrétien 332 

PJNGUis,  Hw 333 

sp.  ?  333 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


397 


Pages 

Etiella                Zinckenella,  Tr 333 

Bradvrrhoa        Cantenerella,  Dup 333 

OcRisiA                  Robiniella,  Mill 333 

£;riSCH.\IA                  PRODROMELLA,  Hb 334 

iixotella,  Z 334 

Selagia                 spadicella,  Hb 334 

Alophia                combustella,  h.  s 334 

Salebria              palumbella  (S.  V)  F 334 

AT.HARIELLA,   var.   DILUCJi^A,   S\gr 334 

HREPHIELI.A.  Slgr 334 

HISPANELLA,    Stgr 335 

DÎ0NYSI4,  Z 335 

Nephoptervx      gregella,  Ev 335 

OCHRODORSKLLA,  Chrétien 335 

COENULENTELLA,   Z 336 

Phvcita                 lenitella,  Chrétien  .' 336 

DIAPHANA,  Stgr 337 

Pterothrix          rufella,  Dup 337 

ACROBASIS                  OBLIQUA,   Z 337 

BTTHVNELLA,   Z .' 337 

MVELOIS                  NIVOSELLA,  Rag 337 

UMBRATFLT.A,    Tr 337 

CERATONIAE,    Z 337 

PTEROPHORIDAE 

OXVPTILUS                 LAETUS,    Z 338 

LINARIAE,  Chrétien  338 

Platvptilia         isodactvla.  z 340 

GONODACTVLA,  var.  SARDIMALIS,  Chrétien  341 

acanthodactyla,  Hb 341 

Alucita                 probolias,  Meyr 341 

baliodactyla,  z 341 

Pterophorus       moxodactylus,  L 341 

s'je.xoptiija         zophodactyla,  dup 341 

bipunctidactyla,  hw 342 

■ —                var.  ARIDA,  Z 342 

Agdistis                adactyla,  Hb 342 


398 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


ORNEODIDAE 

PAGES 

Orneodes             desmodactvla,  Z 342 

TORTRICIDAL 

ACALLA                          VARIEGAXA,   Schiff  343 

DiCHELIA                     HVERANA,    Mill 343 

Cacoecia                   UNIFASCIANA,   i)up 343 

TRIVIA,  Meyr 343 

EULIA                            CUPRESSANA,   Dup 343 

TORTRIX                     VIRIDANA,  ab.  SUTTNERIAXA,   Schifï  343 

l'RONUn\NA,    Hb 344 

CROCEANA,    Hb 344 

UNICOLORANA,  Dup 344 

AMPLANA,    Hb 344 

Cnephasia               luridalbana,  h.  s 344 

GUENEANA,  var.  SEGETAXA,  Rag 344 

Wahlbomiana,  L 345 

BIRUPTANA,  Chrétien  345 

SINUANA  ?  Steph 345 

CONCHYLINAE 

CONCHVLIS                 SiMONIAXA,    Stgr 346 

RESPIRANT ANA  MORIBUXDANA,    Stgr 346 

ZEPHYRANA,  var.  SCABIDULAXA,   Ld 346 

ElUXANTHIS                STRAMINEA,   Hvv 346 

Phtheochroa      rugosana,  h.  s 346 

HVHTEROSIA             XIGROSPARSAXA,  Chrétien  347 

OLETHREUTINAE 

Olethreutes       OBLOXGAXA,  H\v 34S 

POLYCHROSIS            BOTRAXA,  Schiflf  34S 

STATICEANA,  ]\Iill ^4^ 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


399 


acroclita 
Bactra 

FJ'IHI.EMA 

Grapholitha 


Carpocapsa 


SiMAETHIS 


DlSTAGMOS 
PaRADOXU-S 


Plutella 


LlTA 


Teleia 

xvstophora 

Anacampsis 

Epithectis 

EUTELES 

Paltodora 


PAGES 

CONSEQUANA,    H.    S 348 

LANCEOLANA,    Hb 348 

COULERrAXA.  var.   BRACTFANA,  Chrétien  349 

THAPSIANA,    Z 349 

NOUGATANA,   Chrétien  349 

SUCCEDANA,  Froel  350 

PLANIFROXTANA,  var.  LOTANA,  Chrétien  350 

POMOXELLA,    L 350 

GLYPHIPTERYGIDAE 

XEMORAXA,   Hb 351 

YPONOMEUTIDAE 

Ledereri,  h.  s 351 

RESTRICTELLUS,  Chrétien 351 

PLUTELLIDAE 

MACULIPENNIS,  Curt 352 

GELECHIIDAE 

SOLANELLA,   Bclv.    (TABACELLA,   Rag.)    352 

OCELLATELLA,   Bovcl 352 

TRICOLORELLA,   Hw 353 

MVRICARIELLA,  Frey 353 

RUFIXOTELLA,  Chrétien  353 

ANTHYLLIDELLA,    Hb 354 

LAMPROSTOMA,    Z 354 

LEVISELLA,  Chrétien  354 

RATELLA,    H.    S 354 

—        var.  SEBDORELLA,  Chrétien  354 

Kefersteixiella,  z 355 

lineatella,  z 355 


400 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


YPSOLOI'HUS 

NOTHRIS 

PVCNOI'OGON 
PlEROLOXCHE 

Symmoca 


Apatema 
Oegocoma 


Paoes 

JUNIPERELLUS,   L 355 

VKR1JASCELLA,    Hb 355 

LIMIUPUXCTELLA,   Stgr 356 

SCABREl.Li'S,  Chrétien  356 

LUTKSCENTELLA,  Chrétien  358 

CANDIDELLA,  Chrétien  358 

NIGRICORNELLA,   Chrétien    359 

FUNEBRELLA,  Chrétien 359 

QUINQUEPUNCTELLA.  Chrétien  360 

HIFASCIATUM,  Chrétien  361 

QUADRIi'UNCTA,  H\V 361 


OECOPHORINAE 


Pleurota             acutella,  Chrétien  362 

PYROPELLA,    SchiEf   363 

*       PUNGITIELLA,   H.    S 363 

NITENS,   Stgr 363 

MAURETANICA,  Baker  ." 363 

mCOSTELLA,  Cl 363 

Nastoceras          colluellum,  Chrétien  364 

PSECADIA                    SEXPUNCTELLA,   Hb 365 

PTISIELLA,  Roemer  365 

Depressaria        stramixella,  Stgr 365 

SCOPARIELLA,  Hein  365 

HAMRIELLA,  Chrétien  365 

RUTANA,   F 366 

SUBPROPINQUELLA,    Stt 366 

THAPSIELLA,   Z 366 

ALSTROEMERIAXA,   Cl 367 

LUTOSELLA,   H.   S 367 

CNICELLA,   Tr 367 

HIPPOMARATHRI  ?  Nick 367 

FERULAE,  Z 367 

VENEFICELLA,  Z 367 

CHAEROPHYLLI,   Z.  ?    (RUi'.RIPALPELLA,    Chrétien?)..  367 

LATISQl'AMELLA,  Chrétien  368 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  4OI 

Pages 

Carcina                quercana,  F 368 

Lecithocera          BRIANTELLA,  Tur 368 

BORKHAUSENIA       IAGATHELLA,    Wlsm 369 

ELACHISTID4E 

Cosmoptervx       scribaïella,  Z 369 

pvroderces         argvrogrammos,  z 36g 

LiMNAECIA                 PHRAGMITELLA,   Stt 369 

Stagmatophora  SERRATELLA,  Tr 369 

COLEOPHORINAE 

COLEOPHORA            RUBRITAEN1ELLA,  Chrétien  370 

MODICELLA,  Chrétien  370 

GRACILARIIDAE 

Gracilaria          scalariella,  z 371 

LITHOCOLLETINAE 

LiTHOCOLLETis      Alluaijdiella,  Chrétien  372 

NEPTICULIDAE 

Nepticula             arbatella,  Chrétien  373 

TALAEPORIDAE 

DiSSOCTENA           granigerella,  Stgr 373 


4C)2 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


Melasina 

acrolepia 

Amvdria 

MONOPIS 

Trichophaga 

TlNEA 


TlNEOLA 
TlN'EASTRA 

Nemophora 


Nemotois 


MiCROPTERVX. 


TINEINAE 

Pages 

ATLANirCELLA,  Clircticn  374 

ASSECTELLA,    Z 376 

OCHROILICELLA,    Chrétien    376 

IMELLA,    Hb 376 

ABRUPTELLA,    Woll 376 

CLOACELLA,    H\v 376 

FUSCIPUNCTELLA,  H\v 376 

PUNCTIGERA,  Wlsm 377 

CHRYSOPTERELLA    H.    S 377 

CRASSICORNELLA,   Z 377 

PARADOXEIXA,    Stgr 377 

STENOCHLORA,  Meyr  377 

ADELINAE 

Latreillellus,  F 37"^ 

CONSTAXTINELLA,  Baker  378 

MICROPTERYGIDAE 

tmperfectella,  Stgr 379 


ERRATA   ET   CORRIGENDA 


Page  32,  ligne  i,  prière  de  lire  Khe^^eg,  au  lieu  de  Khe/eg. 

Page  184,  supprimer  l'article  Cymbidae  et  reporter  la  mention 
concernant  Nycieola  falsahs   à  la  page    166,   après  Sarrothripa 

revayana. 

Page  194,  ligne  10,  en  remontant  à  partir  du  bas  de  la  page, 
lire  avec,  au  lieu  de  z/vec. 

Page   323,  4'^   ligne,   lire  Oecophorinae,   au   lieu   de  Aecopho- 
rinae. 


Planche  76,  lire  Sidi-//arrak-el-Herri,  au  lieu  de  Sidi-Marrak- 
el-Herri. 

Planche  79,  lire  Metopoceras  DnSeiitrei,  au  lieu  de  Metopo- 
ceras  Codeti. 

Planche  88,  lire  Fidonia  concordaria,  au  lieu  de  Fidonia  sp. 

Planche  89,  lire  Scroplndaria  sambiicifolia,  au  lieu  de  sambu- 
'àifolia. 

Planche  105,  lire  Acïdalia  nexata,  au  lieu  de  Fidonia  concor- 
daria. 


IMPRIMERIES      OBERTHUR,      RENNES 


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Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


PL.   7(1. 


Zkuroux.   —  DechiM  de   Moussuoua  et  oliveraies.   Tombeau  de   Sidi-Marrak-el-IIern. 

15   février  1921. 


Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


PL.    7 


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Zkhkoun.  —  Pentes  rocheuses  entre  Mrassine  et  Moussaoua  regardant  vers  l'Est.   Localité 
l>our     Gonefîcryx     rhanini,     Anthocharis  Belia    [Eufheno) ,   Lycaena  Abencerragus  et 

iLpnicphele  PasifJiaë.   • —  15    février   1921. 


Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


PL.  80. 


ZehU()!\.  —  Lociilité  jKiur  Thesior  Ballus,  Thais  Rumina,  Gone-pteryx  Cleofatra, 
l.cmauia  liispanica.  Siegania  Henri  caria,  Emydia  chrysocepJiala,  etc.,  au  nord 
lie    Mrassine.    Sentier   muntunt    à    Bab-Rmila.    —   5    mars    1921. 


Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 

PL.   82. 


Mrassine,  13  mars  192 1.  —  Chenille  de  Limacodes  Codeti,  à  son 
dernier  stade  sur  une  feuille  d'arbousier.  Vue  de  dos;  légère- 
ment plus  petite  (|ue  nature    (13  14*''*  grandeur  naturelle). 


Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 

PL.  83. 


Mkassixe,  13  mars  1921.  —  La  mt-me  clienille  de  Liiiiacodcs  Codeti, 
vue  prise  un  peu  de  côté 


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Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell 
PL.  80. 


ZEHRorx.  —  Aux  environs  de  Moussaoua,  regardant  vers 
rOuest.  —  Gazons  sous  les  oliviers.  —  Près  de  ce  point, 
ont  été  trouvées,  sur  Scroflndaria  Samhnsi folia,  des  chenilles 
de   Ciiaillia.   —  24  mars   1921. 


Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


Pl.  00. 


Zehroi'x.  —  Dt'pvession  traversée  par  le  sentier  île  Mrassine  à  Mdussaoua.  — •  Bonne 
localité  pour  Callofkrys  Avis,  Gonefteryx  riiaiivii,  Papilio  Fcisthamelii,  Euchloë 
Be/ia  {EiiflieiiP),  Cyauiris  Argiolus,  Aforia  craiaegi,  Charaxes  Jasiiis  (chenilles). 
Haies  formées  de  Ehammis,  Aubépines,  Phyllyrea,  Cytisus,  Asparagus,  Siiii/ax 
aspera   et    C'/fiim/iî   lirrhosa.    —   24   mars    iq2i. 


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Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


PL.  95. 


Zerhoun.  —  Une  lue  de  Mrassine.  —  Les  chenilles  CC Authocharis  Bclcmia,  de  Guo- 
fhos  variegata  et  CCEtifithecia  Roederaria  se  rencontraient  sur  leurs  plantes  nour- 
ricières croissant  sur  les  murs  du  village    —  15   mai   192 1. 


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Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


PL.  90. 


Zemmours.  —  Le  plateau  aux  jujubiers  d'Ang-el-Djemel.  Prairies  sèches  recouvertes  de 
Siaiice  simiaia,  Eryngiiim  tricusfidaium  ;  Euta  chalefensis,  buissons  de  jujubier 
[ZisyfJnts  lotus),  etc.  Localité  pour  Scsia  Borreyi,  diverses  Adofaca,  Pafilio 
Machaon,  Efinefhele  Ida. 


M.   Borre)  ,   propriétaire  de  ces  terres,   au  milieu  des  S/alirc. 


juin   1921. 


Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


PL.   100. 


RÉGION  DES  Zeî.imours.  —  Autre  vue  du  plateau  aux  jujubiers  d'Ang-el-Djemel. 
M.  Borrey  chassant  les  Sesia  Borreyi,  dans  les  prairies  de  Stolice  shniata.  —  if"''  juin  1921. 


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Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell. 


PL.  113. 


Muve.\-Atlas.  —  Clairicre  dans  la  forêt  d'Azrou.  Localité  pour  Gonefieryx  riiamiii, 
ies  Argynjiis  Aiiresiana,  Lyaiiteyi,  Lathonia,  Pandora,  les  Lycaena  Amanda,  Bellar- 
giis-pinctifcra,  Drilcfhila  I.ivoniica,  etc.  Cèdres,  Cytises,  Scabieuses,  chênes 
Zen<l,  etc.  —  6  juillet  1921. 


Exploration  entomologique  du  Maroc  par  H.   Powell 


PL.  11  i. 


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Moyen-Atlas.  —  Vue  dans  le  ravin  de  Ras-el-Ma.   —  7  juillet   1921. 


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ÉTUDES 


DE 


LÉPIDOPTÉROLOGIE 


COMPARÉE 


PAR 


Charles    OBERTHUR 


Fascicule  XIX 

2'  Partie 


RENNES 

IMPRIMERIE    OBERTHUR 
Mai   1922 


LÉPIDOPTÉROLOGIE  COMPARÉE 


ÉTUDES 


DE 


LÉPIDOPTÊROLOGIE 


COMPARÉE 


PAR 


Charles    OBERTHUR 


Fascicule  XIX 

2"   Partie 


RENNES 

IMPRIMERIE     OBERTHUR 


Mai    1922 


AVANT-PROPOS 


Les  premiers  résultats  de  l'exploration  entomologiqiic 
du  Maroc:  par  M.  Harold  Powell  ont  été  publiés  dans  le 
Volume  XVII-Planches  des  Etudes  de  Lépidopiéro- 
looïe  comparée  (p.  48-59,  avec  PI.  photogr.  C,  D,  E,  F. 
G,  H,  I),  en  novembre  1920. 

Le  Volume  XVIH-Part.  I  des  mêmes  Eludes  a  paru 
en  mai  192  i  ;  il  contient  un  compte  rendu  sommaire  de  la 
première  partie  du  voyage  de  M.  H.  Powell,  sous  le  titre 
de  F  amie  lêpïdopiérologiqiie  .du  Maroc  (p.  41-65)- 

A  ce  Volume  XVLH-Part.  I,  sont  jointes  les  reproduc- 
tions typographiques  des  clichés  photographiques  obtenus 
par  M.  Powell.  Ces  cHchés  portent  les  n"^  i  à  73  ;  mais 
comme  il  v  a  trois  numéros  bis  (3  bis,  5  bis,  38  bis),  cela 
fait  en  réalité  une  première  série  de  76  planches  représen- 
tant les  paysages  marocains.  De  plus,  les  Planches  photo- 
graphiques J,  K,  L,  M,  N,  O,  P,  Q,  R,  S,  T  y  sont 
consacrées  à  la  figuration  de  papillons  marocains. 

Enfin  le  Volume  XlX-Part.  I,  de  janvier  1922,  exclu- 
sivement consacré  à  la  Faune  enlomologiq^ie  du  Maroc 
(p.  1-403),  renferme  le  complément  des  reproductions  de 
paysages  marocains,  sous  les  n"'  74-124. 

Cependant,  à  cette  Faune  marocaine  des  papillons. 
il   manquait  encore   les  illustrations  en   couleurs  dont  la 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


gravure  sur  pierre,  commencée  en  octobre  192 1,  n'a  été 
terminée  qu'en  mars  1922. 

Ce  fut  mon  excellent  et  si  fidèle  ami  et  collaborateur 
artistique  Jules  Culot  qui  se  chargea  de  ce  travail,  comme 
de  tous  ceux  d'ailleurs  que  j'ai  publiés,  depuis  1909,  dans 
les  Etttdcs  de  Lépïdo ptérologïe  com-parée. 

On  peut  voir  dans  le  présent  Volume  XIX,  Part.  II, 
avec  quelle  maîtrise  j.  Culot  et  ses  filles.  M"''  veuve  Millo 
et  M"""  Laugier,  ont  pourvu  à  la  gravure  et  au  coloriage 
des  Planches. 

Je  ne  saurais  assez  rendre  hommage  à  leur  talent  et  à 
leur  zèle  toujours  animé  d'une  si  grande  et  si  obligeante 
henevolentia,  en  vue  de  produire,  aussi  parfaitement  et 
rapidement  que  possible,  les  illustrations  entomologiques 
sans  lesquelles  le  travail  descriptif  manquerait  de  l'éclair- 
cissement qui  lui  est  indispensable. 

Après  les  longues  tristesses  et  les  courtes  et  souvent  si 
grises  et  si  obscures  journées  de  l'hiver,  le  printemps  est 
revenu  nous  apporter  ses  charmes  réparateurs. 

On  voit  partout  maintenant  des  buissons  verts  ;  les  lilas 
répandent  les  déHcieux  parfums  de  leurs  branches  fleuries 
et  les  jours  redevenus  plus  longs  et  plus  lumineux  invitent 
au  travail  prolongé. 

C'est  alors  que  nous  pouvons  achever  cette  partie  II 
du  Volume  XIX  des  Eiitdcs  de  Lépïdo  pi  ârologïe  com- 
parée et  compléter  ainsi  l'ouvrage  dont  le  but  essentiel 
est  le  Maroc. 

11  s'agit  en  effet  pour  nous  Français,  maintenant  soli- 
dement établis  sur  une  terre  barbare,  de  fonder  avant  tous 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


autres,  —  comme  je  l'ai  déjà  précédemment  exposé,  — 
dans  notre  spécialité  scientifique,  pour  la  faune  lépidopté- 
rologique  marocaine,  une  base  large  et  solide,  de  façon 
qu'au  cours  des  explorations  et  des  découvertes  de  l'avenir, 
on  se  trouve  suffisamment  sollicité  d'y  revenir  pour  devoir 
s'y  reporter  toujours. 

Désormais,  je  puis  considérer  le  but  comme  atteint, 
puisque  les  illustrations,  complément  nécessaire  du  texte, 
peuvent  paraître  et  constituer  une  documentation  qui  rend 
les  descriptions  intelligibles  et  donne  à  l'ouvrage  entrepris 
sur  la  Faune  léfidoftérologique  du  Maroc  son  entière 
valeur. 

Des  travaux  de  M.  Ferd.  Le  Cerf  sur  les  Aegenidae ; 
de  M.  Avinoff  sur  les  formes  du  Parnassius  Acdesiis; 
quelque  supplément  d'observations  concernant  le  Syrich- 
ihus  Alveiis  dans  les  environs  de  Paris  ;  des  notices  se 
rapportant  à  des  Espèces  de  Lépidoptères  de  Mada- 
gascar; le  prodrome  d'une  Etude  de  M.  le  Professeur 
C.  Houlbert  ayant  pour  objet  les  Satyridae  du  Genre 
M elanargia,  forment,  avec  le  Bouquet  du  Moyen-Atlas 
ou  Nomenclature  des  plantes  recueillies  par  M.  H.  Powell, 
auquel  s'ajoutent  une  liste  à^addenda  et  corrigenda  à  la 
Faune  des  Lépidoptères  du  Maroc  et  l'explication  des 
19  Planches  coloriées  DXXX  à  DXLVIII,  la  matière 
du  Volume  XlX-Part.  II  des  Etudes  de  Lépidoptéro- 
logic  comparée. 

Je  regrette  de  n'avoir  pu  donner  dans  ce  Volume  la 
figure  de  toutes  les  Espèces  de  Microlépidoptères  décrites 
par  M.  P.  Chrétien. 


8  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Les  Espèces  en  question  restées  non  figurées  appar- 
tiennent soit  au  Musée  de  Rabat,  soit  à  la  collection 
du  deseriptcuu". 

je  n*ai  pas  en  à  ma  disposition  les  s /)C(iiiiiiia  /y/f/rn 
assez  à  temps  pour  pouvoir  les  remettre,  en  temps  util(\ 
à  M.  ).  Culol,  aux  lins  de  figuration  en  couleurs,  à  la  suite 
d(>  la   Planche  DXLVl. 

(  ependant,  coinnie  nous  avons  la  ferme  intention  de 
continuer  à  travailler  aussi  longtemps  qu'il  plaira  à  Dieu 
de  nous  en  laisser  les  moyens,  je  compte  bien  m'efforcer 
—  tout  au  moins  dans  toute  la  mesure  où  cela  me  sera 
possible  —  de  combler  la  lacune  qu'il  m'eût  été  si  agréable 
de  ne  pas  laisser  exister. 

Le  Maroc  est  grand  ;  (rinimenses  étendues  de  pavs 
restent  à  explorer  au  point  de  vue  de  l'histoire  naturelle. 
Les  montagnes  dont  nul  Européen  n'a  jusqu'ici  f.oulé  le 
sol  sont  nombreuses  et  recèlent  sans  doute  des  trésors 
entomologiques  et  botaniques  encore  insoupçonnés.  Peu 
à  peu  pourtant,  l'insécurité  cessera  dans  les  parties  du 
Moyen- Atlas  et  du  Grand- Atlas,  présentement  inacces- 
sibles à  des  voyageurs  chrétiens  isolés.  On  peut  donc 
espérer  cju'il  sera  bientôt  possible  de  rassembler  des  docu- 
ments pour  l'histoire  naturelle,  dans  les  régions  marocaines 
non  encore  soumises  à  notri^  inlhicnci\  mais  susceptibles 
d'être,  plus  ou  moins  prochainement,  amenées  à  compo- 
sition, notamment  chez  les  tribus  montagnardes  habitant 
les  plus  hauts  sommets  des  Alpes  atlanticjues. 

Dès  lors,  en  essayant  de  nouvelles  recherches,  on  réa- 
lisera ("ertainement  d'intéressantes  découvertes. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Si,  un  peu  plus  tard,  je  suis  encore  en  état  d'agir,  je 
continuerai  de  mon  mieux  l'œuvre  entreprise.  Je  profiterai 
alors  de  la  publication  des  suppléments  à  la  Faune  maro- 
caine pour  faire  paraître,  avec  la  figuration  des  Espèces 
(|ui  paraîtront  nouvelles,  la  représentation  des  Microlépi- 
doptères décrits  par  M.  P.  Chrétien  et  cjue  lui-même,  ainsi 
que  le  Musée  de  Rabat,  voudront  bien  me  confier,  afin 
de  les  remettre  à  M.  J.  Culot,  comme  modèles  à  repro- 
duire, pour  un  nouvel  ouvrage  à  intervenir. 

Du  reste,  M.  Harold  Powell  se  déclare  désireux  de 
reprendre  une  exploration  entomologique  des  montagnes 
du  Moyen-Atlas.  Il  a  su  se  (^oncilier,  lors  de  son  récent 
séjour  au  Maroc,  l'estime  et  la  sympathie  des  chefs  mili- 
taires avec  r|ui  il  s'est  trouvé  en  relations.  J'ai  été  très 
heureux  d'en  recevoir  de  très  honorables  témoignages  et 
d'être  informé  que  M.  Powell,  au  cas  où  il  retournerait 
au  Maroc,  y  trouverait  les  plus  obligeantes  facilités  pour 
se  livrer  à  ses  recherches  entomologiques  et  botaniques 
dans  toutes  les  parties  du  Moyen- Atlas  oi^i  cela  sera  con- 
sidéré comme  possible. 

Je  joins  donc  et  par  avance,  à  l'assurance  de  la  recon- 
naissance de  M.  l^owell  pour  ces  si  aimables  dispositions, 
l'expression  de  ma  meilleure  et  personnelle  gratitude. 

Au  cours  de  ma  carrière,  je  me  suis  toujours  fait  le  plus 
agréable  devoir,  dans  mes  paroles  comme  dans  mes  écrits, 
de  rendre  publique  l'expression  de  ma  plus  vive  et  respec- 
tueuse sympathie  pour  nos  missionnaires  catholiques  à  qui 
je  dois  de  connaître  la  Faune  des  Lépidoptères  de  la 
région  sino-thibétaine,  et  pour  les  membres  de  notre  admi- 
rable armée. 


10  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

C'est  en  effet  chez  ces  apôtres  de  la  Foi  chrétienne, 
aussi  bien  que  dans  le  cœur  des  soldats  français,  que  s'est 
toujours  maintenue,  comme  en  un  fidèle  conservatoire, 
l'école  nationale  du  plus  pur  honneur  et  du  dévouement 
aux  plus  nobles  et  aux  plus  périlleux  devoirs.  J'ai  déjà 
rendu  hommage,  dans  les  EUtdcs  d'Entomologie  et  de 
Lépidoptcrologie  comparée,  aux  Missionnaires  aposto- 
liques de  Chine,  du  Thibet,  de  Madagascar,  de  diverses 
contrées  de  l'Afrique  envers  qui  j'ai  contracté  d'affec- 
tueuses dettes  de  reconnaissance. 

Présentement,  c'est  plus  spécialement  aux  membres  de 
notre  armée  française  que  je  m'adresse.  De  quel  bien  ne 
leur  sommes-nous  pas  redevables?  En  effet,  n'avons-nous 
pas  toujours  vu  les  soldats  français  prêts  pour  la  plus 
généreuse  défense  de  l'honneur  et  de  l'indépendance  de 
la  Patrie,  c'est-à-dire  de  ce  qui,  pour  chacun  de  nous,  est 
ce  qu'il  y  a  de  plus  précieux  au  monde? 

C'est  donc  animé  de  ces  sentiments  que  j'ai  donné  aux 
Espèces  jusqu'ici  reconnues  nouvelles  des  Lépidoptères 
marocains,  les  noms  des  officiers  de  l'armée  d'Afrique 
envers  qui  mon  dévoué  collaborateur,  M.  Powell,  qui, 
depuis  1906,  a  exploré  pour  moi  tant  de  localités  variées 
de  France  et  de  Barbarie,  avait  contracté  de  si  agréables 
obligations  de  gratitude. 

Ce  sera  toujours  pour  moi  une  satisfaction  très  sensible 
de  fixer  ainsi,  pour  la  postérité,  le  souvenir  des  noms  si 
honorables  de  plusieurs  chefs  très  distingués  de  notre 
glorieuse  armée. 

Rennes,  mai  iq22. 

Charles  OBERTHÙR. 


Contributions  à  l'étude  des  Ae^enidae 


J'ai  déjà  publié,  dans  les  Etudes  de  Lépidoptérologie  com- 
parée, plusieurs  travaux  importants  sur  les  Aegeriidae  dont  je 
suis  redevable  à  la  spéciale  coiiipétence  de  mon  ami  et  excellent 
collaborateur  Ferd.  Le  Cerf. 

Cette  fois  encore,  je  présente,  dans  ces  Etudes,  un  supplément 
aux  monographies  qui  y  ont  déjà  paru,  relativement  à  la  famille 
des  Aegeriidae.  Grâce  à  la  science  hautement  reconnue  de  M.  Le 
Cerf  et  au  talent  supérieur  de  M.  J.  Culot,  tous  les  deux  véritables 
maîtres  dans  leur  spécialité,  j'ai  pu  jusqu'ici  faire  connaître  d'une 
façon  que  je  considère  comme  assez  complètement  exacte  et  par 
conséquent  comme  désormais  définitive,  une  grande  quant-té 
d'Espèces  nouvelles  ou  mal  connues,  appartenant  à  ce  groupe 
difficile,  généralement  désigné  sous  le  nom  de  Sésies. 

C'est  en  effet,  notamment  pour  les  Aegeriidae,  qu'une  simple 
description,  sans  figure  à  l'appui,  est  insuftsante  et  illusoire,  en 
vue  de  faire  connaître  les  Espèces  et  de  permettre  de  les  distin- 
guer entre  elles.  Il  faut  l'accord  du  descripteur  qui  a  le  devoir 
de  faire  minutieusement  état  de  tous  les  caractères,  et  du  dessi- 
nateur qui  les  présente  fidèlement  aux  yeux  et  rend,  par  la  sin- 
cérité de  sa  représentation,  la  description  pleinement  intelligible. 

J'ai  été,  au  cours  de  ma  carrière  entoniologiquc,  —  et  je  suis 
encore  présentement,  —  heureux  d'avoir  tout  au  moins  conscien- 


12  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 


cicusement  essayé  de  réaliser  mon  idéal,  c'est-à-dire  la  publication 
d'une  bonne  figuration  capable  de  rendre  la  description  valable, 
en  la  faisant  clairement  comprendre  aux  Entomologistes  inté- 
ressés à  la  connaître  exactement. 

Pour  les  Aegerndae,  il  est  le  plus  souvent  nécessaire  de  repré- 
senter les  caractères  du  dessous  du  corps.  J'ai  donc  pourvu  à  la 
figuration  du  dessous  du  corps  à  côté  de  celle  du  dessus  et  j'ai 
la  conscience  d'avoir  ainsi  réalisé  un  progrès  important  en  vue 
de  faciliter  l'identification  et  la  détermination  des  Aegeriidae. 

Il  serait  bien  désirable  que  cet  exemple  fût  suivi,  notamment 
pour  toutes  les  Espèces  de  Zygaenidae.  (secundum  Kirby,  in 
A  synonymie  Catalogne,  of  Lepïdoptera  Heterocera,  Sphinges  and 
Boinbyces,  London,  1892)  dont  le  dessous  du  corps  est  si  inté- 
ressant et  si  utile  à  exactement  connaître,  si  l'on  veut  identifier 
correctement  les  si  nombreuses  Espèces  de  cette  Famille  désignée 
aussi  sous  le  nom  de  Syntoniidae  (secundum  alios  auctores),  et 
dont  l'étude  est  d'ailleurs  si  attrayante. 

Les  Espèces  à.^ Aegeriidae,  qui  sont  décrites  et  figurées  dans  le 
présent  ouvrage,  proviennent  de  Madagascar  et  de  diverses  con- 
trées de  l'Europe  (Sarepta,  Italie,  Sicile,  Espagne,  Alpes-Mari- 
times, Hautes-Pyrénées). 

Le  nombre  des  Espèces  ai" Aegeriidae  qui  vivent  actuellement 
sur  notre  Planète  doit  être  considérable  et  s'élève  certainement  à 
plusieurs  milliers.  C'est  donc  tout  un  monde  de  papillons  ressem- 
blant à  des  mouches-hyménoptères  dont  Ferd.  Le  Cerf  a  entrepris 
la  classification.  Je  pense  qu'il  ne  tardera  pas  à  connaître  en 
nature  plus  de  mille  Espèces  distinctes. 

J'ai  appris  que  les  riches  collections  anglaises  ont  été  mises  à 
la  disposition  de  Ferd.  Le  C'erf  qui  s'appliquera  à  nous  en  faire 
connaître  tous  les  trésors.  Puissent  les  heureux  propriétaires  de 
ces  rares  et  charmantes  Sésies  donner  à  l'habile  descripteur  et 
expérimenté  connaisseur  français  l'indispensable  complt^ment  de 
figuration  sans  lequel  on  peut  dire  avec  vérité  que  tout  le  labo- 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  13 

rieux  et  savant  effort  de  Ferd.  Le  Cerf  aurait  été  fourni  à  peu 
près  en  pure  perte. 

Après  tout,  pourquoi  ne  ferait-on  pas  de  l'autre  côté  du 
Channel  ce  que  l'on  fait  de  ce  côté-ci  ?  Les  difficultés  sont  bien 
plus  g^randes  encore  pour  nous  autres  Français  que  pour  nos  bons 
amis  Anglais,  de  produire  des  livres  excellemment  illustrés. 

En  effet,  en  ces  temps  oii  ce  qu'on  appelle  le  change  pèse  si 
lourdement  et  onéreusement  sur  les  Français,  si  nous  considérons 
ensemble  l'effort  financier  qu'il  faut  que  nous  produisions  pour 
rémunérer  le  travail  artistique  exécuté  pour  nous  à  Genève,  nos 
amis  les  Entomologistes  Anglais  doivent  trouver  que  la  compa- 
raison est  bien  à  leur  avantage. 

J'espère  donc  que  nous  rivaliserons,  eux  et  nous,  avec  le  même 
désintéressement,  de  soins  et  d'ardeur  pour  les  publications  ento- 
mologiques  accompagnées  d'une  bonne  et  abondante  figuration. 

De  cette  émulation  pour  toujours  mieux  faire,  c'est  la  Science 
qui  profitera  définitivement. 

Le  but  est  donc  noble  et  beau,  très  cligne  d'exalter  le  zèle 
cnlhnxiastic  des  concurrents. 

Je  compte  sur  mon  ami  et  si  dévoué  collaborateur  J.  Culot, 
ix)ur  que,  dans  cette  lutte  internationale,  éminemment  courtoise  et 
où  chacun  n'aura  en  vue  que  le  plus  grand  avantage  de  notre 
Science  chérie,  nous  nous  trouvions  classé  en  bon  rang,  nous  qui 
représentons,  en  ce  moment,  l'Entomologie  française. 

Rennes,  23  septembre   1921. 

Charles  OBERTHÙR. 


Nota.  —  le  profite  de  la  publication  de  plusieurs  figures 
d'Aegeriidae  dans  ce  XJX"  Volume  des  Etudes  de  Lépidoptéro- 
logie  comparée,  pour  faire  représenter  une  Ç  de  la  belle  M  élit  lia 
Aïcangclï,  Giacomelli,  de  la  Rioja  (République  Argentine).  C'est 


14  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

une  des  plus  belles  Melittia  jusqu'ici  connues.  Il  importait  de  ne 
pas  en  différer  plus  longtemps  la  figuration.  Elle  se  trouve  repré- 
sentée sous  le  n"  4540  de  la  PI.  DXL. 


De  plus,  la  publication  du  Bulletin  of  the  Hill  Muséum, 
A  Magazine  of  Lefidoptcrology  (17  octobre  192 1)  et  de  The 
Entomologiste  s  Record  and  Journal  of  Variation  (15  novembre 
192 1)  donne  lieu  aux  observations  suivantes  (30  novembre  1921)  : 

Les  Lecteurs  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée 
connaissent  le  principe  que,  depuis  longues  années,  n'envisageant 
que  l'intérêt  essentiel  de  notre  Science  entomologique,  j'essaie  de 
faire  prévaloir  dans  la  nomenclature  entomologique,  en  général, 
et  lépidoptérologique,  en  particulier  :  Pas  de  bonne  figure  à 
l'appui  d'une  description,  pas  de  nom  valable. 

En  attendant  que  se  lève  bientôt  l'aurore  du  matin  qui  nous 
verra  tous  d'accord,  —  suivant  la  prévision  et  la  prédiction  du 
Docteur  T.  A.  Chapman,  —  pour  qu'une  bonne  figure  soit  exigée 
à  l'appui  de  toute  description  lépidoptérologique,  voici  qu'une 
précieuse  adhésion  nous  vient  d'Angleterre.  Il  s'agit  de  l'impor- 
tant Musée  de  M.  J.  J.  Joicey,  The  Hill  Muséum,  à  Witley 
(Surrey). 

Ce  Musée,  dont  l'origine  remonte  à  peine  à  15  ans,  progresse 
avec  une  rapidité  inouïe.  Il  a  commencé  par  s'incorporer  les 
collections  justement  réputées  de  Grose-Smith  (1910);  d'Herbert 
Druce  (1912);  de  Suffert  ;  du  Colonel  Charles  Swinhoë  (Lycae- 
nidae  et  Hesperidae,  1916)  ;  de  Roland  Trimen  {Rhopalocères 
sud-africains,  191 7)  ;  de  Riffarth  {Heliconidae,  1919)  ;  de 
Hamilton  H.  Druce  {Lycaenidac  et  Hesperidae,  1919)  ;  de 
Elwes  {partbn,  1920);  de  Dognin  {partim,  1920);  sans  parler 
des  nombreuses  acquisitions  réalisées  aux  ventes  publiques  à 
Londres  et  chez  les  divers  marchands-naturalistes-importateurs. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  15 

Mais  l'enrichissement  du  Hill  Muséum  paraît  surtout  provenir 
des  envois  directs  de  collections  apportant  généralement  les  plus 
merveilleuses  nouveautés  et  formées  par  les  collecteurs  A.  E.  Pratt 
(Nord-Pérou,  1912);  Charles  Pratt  (Nouvelle-Guinée,  1913); 
Barns  (Afrique  centrale  orientale,  1920);  Frost  (Iles  Tenimber, 
Aru,  Key,  Misol,  Obi  et  Sula,  1916-1918);  Talbot  Bowring  (Ile 
d'Hainan,  1918-1920)  ;  les  frères  Pratt  (Ceram  central,  1920),  etc. 

Le  Hill  Muséum  a  publié  son  premier  Bulletin,  A  Magazine  of 
Lepidopterology,  en  octobre  192 1. 

Dans  The  E^ttomologisfs  Record  and  Journal  of  Variation, 
Vol.  XXXIII,  n°  II,  November  I5th  1921,  M.  Henry  J.  Turner, 
Editorial  Secretary,  souhaite  la  bienvenue  à  ce  nouveau  Bidletin 
léftdo ptérologique  (p.  203,  204)  et  termine  son  intéressante  notice 
par  cette  déclaration  :  <(  //  is  gratifying  to  note  that  Mr.  Joicey 
has  adopted  the  dictum  laid  down  some  time  ago  by  Mr.  Ober- 
thiir  that  ail  descriptions  should  bt  supported  by  figures  and 
thus  obviate  the  unavoidable  ambiguity  of  a  mère  word  painting, 
which  often  conveys  to  the  student  of  after  years  but  a  poor 
indication  of  the  actual  insect  described,  and  confuses  and  hin- 
ders  the  progress  of  our  knowled ge  ». 

Voici  la  traduction  littérale,  en  français,  de  cette  conformité  de 
vues,  d'ailleurs  motivée,  à  un  principe  dont,  sans  jamais  me  lasser, 
j'ai  démontré  les  avantages  et  l'absolue  nécessité  :  «  //  est  agréable 
de  noter  que  M.  Joicey  a  adopté  le  principe  posé,  il  y  a  quelque 
temps,  par  M..  Oberthûr,  que  toutes  les  descriptions  doivent  être 
soutenues  par  des  figures  et  y  de  cette  manière,  s\)pposer  à  Viité- 
vitable  ambiguïté  d^2in  simple  mot  explicatif  qui  souvent  ne 
transmet  à  V étudiant  des  temps  futurs  qu^une  pauvre  indication 
de  l'insecte  actuellement  décrit,  dé'îordonne  et  arrête  les  progrés 
de  nos  connaissances  ». 

En  effet,  le  premier  Bidletin  of  the  Hill  Muséum  présente  une 
complète  figuration  photographique  des  Espèces  et  même  des 
formes  géographiques  décrites  dans  ledit  Bidletin. 


lO  LEriDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


L'importance  do  l'adhésion  du  Hill  Miiscitvi  au  principe  : 
Pas  de  bonne  figure  à  l'appui  d'une  description,  pas  de  nom 
valable,  est  telle  que  je  ne  pouvais  manquer  de  la  signaler,  dans 
ces  Etudes  de  Léfidoptérologie  comparée,  à  ceux  qui,  de  plus  en 
plus  nombreux,  partagent  notre  opinion. 

Rennes,  lO  décembre   1921. 


Charles  OBERTHUR. 


Troisième  Contribution  à  l'étude  des  AEGERl  1 DAE 


Descriptions  d'Espèces  et  Variétés  nouvelles 

Par  Fd  Le  CerfC) 
Préparateur  au  Muséum  National  d'Histoire  Naturelle  de  Paris. 


Genre  SYNANTHEDON  Hbn. 

Synanthedon  mimus  Le  Cerf  (PI.  DXXXIX,  fig.  4524). 

cf.  —  Vertex  et  nuque  noir  bleu  ;  front  noir  bleu,  bronzé  au 
centre,  et  lituré  de  blanc  brillant;  palpes  à  premier  article  noir, 
deuxième  et  troisième  noirs  en  dessus,  blancs  en  dessous  ;  trompe 
brune;  plaque  jugulaire  blanche,  mêlée  de  noir  à  la  base;  poils 
péricéphaliques  blancs;  antennes  noir  bleu  en  dessus,  brunes  en 
dessous  dans  leur  moitié  proximale,  avec  le  premier  article  blanc 
jaunâtre  brillant. 

Collier  noir  pourpré,  terminé  de  chaque  côté  par  quelques 
écailles  jaunes.  Thorax  et  ptérygodes  noir  bleu  ;  touffes  latérales 
du  métathorax  noir  bleu.  Dessous  avec  une  large  macule  latéro- 
pectorale  jaune;  surface  postcoxale  noir  bleu. 

Abdomen  noir  bleu  en  dessus  avec  les  2",  4''  et  f  tergites 
bordés  de  jaune  pâle;  brosse  anale  concolore,  mêlée  de  quelques 


(i)  Cf.   :  I,  Etudes  de  Léfidoftérologie  com-parée,  XIV  (1917)  ;  H,  id.,  XVII, 
(1920). 


LEPIDOPTEF^OLOGIE    COMPAREE 


poils  jaunes  au  sommet  du  pinceau  médian;  ventre  noir  bleu 
avec  le  bord  du  3^  sternite,  les  4",  5''  et  6°  en  entier,  blanc  brillant; 
sommet  du  8^  jaune  paille. 

Hanches  antérieures  noires  bordées  extérieurement  de  blanc 
pur,  fémurs  noir  bleu  à  face  interne  blanche,  tibias  concolores  à 
dessous  jaunes;  tarses  noir  bronzé. 

Fémurs  médians  et  postérieurs  noir  bleu;  tibias  médians  et 
postérieurs  noir  bleu  avec  quelques  écailles  jaunes  éparses  sur  le 
milieu  de  la  face  e.xterne  et  terminés  par  quelques  poils  jaunes  et 
blancs;  éperons  jaunâtres;  tarses  des  deux  paires  bronzé  pourpré, 
à  premier  article  blanchâtre  extérieurement  et  intérieurement. 

Ailes  supérieures  transparentes,  à  base,  côte,  bord  interne  et 
nervures  noires;  trait  discocellulaire  concolore,  étroit,  deux  fois 
plus  haut  que  large,  avec  quelques  écailles  jaune  pâle  au  milieu 
du  bord  externe;  tache  vitrée  ultracellulaire  très  grande,  ovalaire, 
divisée  en  5  aréoles  dont  les  trois  médianes  sont  les  plus  longues  ; 
espace  terminal  réduit  à  une  étroite  ombre  apicale  noirâtre,  cou- 
vrant la  fourche  des  nervures  7  et  8,  et  formant  de  courtes  pointes 
sur  l'extrémité  des  nervures  4  et  5.  Dessous  semblable  à  côte  jaune 
et  trait  discocellulaire  marqué  extérieurement  d'un  gros  point 
jaune. 

Ailes  inférieures  transparentes  à  nervures  et  ligne  marginale 
noires;  trait  discocellulaire  étroit,  noir,  arrêté  sur  la  base  de  la 
nervure  5.  Dessous  semblable  à  côte  jaune.  Franges  des  deux 
paires  gris  noirâtre. 

Envergure  :  16  millimètres. 

Type  :  i  cf,  Italie  centrale,  Colline  di  Macerata  [300  met.  ait.], 
9-VI-1912,  Coll.  Ch.  Oberthùr. 

Voisine  de  Synanthedon  andrenaeforinis  Lasp.,  cette  nouvelle 
espèce  s'en  distingue  aisément  par  les  caractères  suivants  :  front 
lituré  de  blanc  devant  les  yeux,  poils  péricéphaliques  blancs, 
7*  tergite  bordé  de  blanc,  espace  terminal  des  ailes  supérieures 
très  réduit,  brosse  anale  beaucoup  plus  courte  et  presque  dé- 
pourvue de  jnune,  dernier  sternite  jaune  au  sommet. 


LËPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  ig 


Synanthedon     vespiformis     L.     ab.     polycincta     Le     Cerf 

(PI.  Dxxxix,  a^.  4525). 

cf.  —  Diffère  du  type  spécifique  par  la  présence  aux  troisième 
et  cinquième  tergites  de  bordures  jaunes  semblables  à  celles  des 
2^  4!',  6"  et  7"  tergites. 

Type  :  i  cf,  Espagne  méridionale,  Grenade,  11  juillet  (1835), 
ex  Coll.  de  Graslin,  Coll.  Ch.  Oberthùr. 


Synanthedon     Conopiformis    Esp.     ab.     Lucasi     Le    Cerf 
(PL  DXL,  lig.  4542). 

CfÇ).  —  Caractérisée  comme  la  précédente  par  l'apparition  de 
bordures  jaunes  supplémentaires  aux  3*^  et  5-  tergites.  De  plus  les 
pleurae  sont  entièrement  jaunes,  les  trois  avant-derniers  stemites 
fortement  saupoudrés  de  cette  couleur  qui  est  aussi  plus  étendue 
aux  tibias  médians  et  postérieurs  que  dans  la  forme  typique. 

Envergure  :  cf,  22  millimètres;    O,  21  millimètres. 

Types  :  i  cf,  Vendée,  Bourg-sous-la-Roche,  23-VL1914,  ex 
D.  Lucas,  Coll.  F.  Le  Cerf.  ■ —  i  q,  Landes,  environs  de  Dax, 
7-VL1871,  ex  Coll.  Lafaury,  Coll.  Muséum  de  Paris. 

Par  M.  Daniel  Lucas,  à  qui  je  suis  redevable  du  cf  type  et  à 
qui  je  l'ai  dédiée,  j'ai  su  que  d'autres  exemplaires  de  cette  aber- 
ration ont  été  repris  en  1920  en  Vendée,  dans  la  région  même  où 
elle  fut  découverte  par  M.  Durand,  savant  botaniste,  ornitholo- 
giste et  entomologiste,  demeurant  à  Beautour,  dans  la  commune 
de  Bourg-sous-la-Roche. 

Chez  la  Q  de  la  collection  Lafaury,  la  bordure  du  5'^  tergite 
est  un  peu  diffuse.  La  même  collection  renferme  i  cf  et  2  Q  Q 
présentant  des  traces  de  bordure  jaune  au  même  segment  et  fai- 
sant transition  à  l'ab.  Lucasi. 


20  LKl'IDOPTKROLOGIE   COMPAREE 

Les  ab.  pclycincla  et  Lucasi  paraissent  spéciales  aux  limites 
occidentales  de  l'habitat  commun  des  Synanthedon  vespiformis  L. 
et  conopïforniis  Esp.,  tous  deux  communs,  connus  depuis  long- 
temps et  largement  distribués  à  travers  l'Europe. 

Ni  l'une  ni  l'autre  ne  semblent  avoir  été  obtenues  dans  les 
nombreux  élevages  que  font  tous  les  ans  de  ces  deux  Aegeries 
les  entomologistes  de  l'Europe  centrale.  Par  contre,  c'est  de  cette 
dernière  région  seulem.ent  qu'est  connue  l'ab.  thynnïforniis  IL.  de 
leur  congénère  S.  cuUcïf ornas  Cl. 


Genre  jMALGASSESIA  n.   gen. 

Tête  de  grosseur  moyenne,  un  peu  plus  étroite  que  le  thorax  ; 
palpes  dressés,  grêles,  non  hérissés,  atteignant  le  vertex  ;  trompe 
fine,  bien  développée  ;  antennes  un  peu  plus  longues  que  la  moitié 
de  l'aile  antérieure,  finement  ciliées,  minces  et  à  massue  courte 
chez  le  mâle,  plus  longues,  simples  et  à  massue  indistincte  chez  la 
femelle.  Thorax  robuste,  ovalaire;  abdomen  épais,  subcylindrique 
et  terminé  chez  le  mâle  par  une  brosse  anale  trilobée  bien  déve- 
loppée, acuminé  chez  la  femelle  dont  la  brosse  anale  est  plus 
courte,  appressée,  avec  les  poils  du  pinceau  médian  plus  courts 
que  les  latéraux  ;  pattes  non  pubescentes,  grêles,  à  tibia  et  tarse 
postérieur  (réunis)  un  peu  plus  longs  que  l'abdomen. 

Ailes  assez  larges,  les  supérieures  arrondies  au  sommet;  champ 
anal  des  inférieures  large  et  arrondi. 

Nervui.ATION.  —  Ailes  supérieures  :  i  bien  développée,  briè- 
vement fourchue  à  la  base;  2  et  3  très  rapprochées  sur  tout  leur 
parcours;  7  et  8  tigées  sur  plus  de  la  moitié  de  leur  longueur; 
10  et  II  rapprochées  à  la  base  et  confondues  sur  les  trois  quarts 
de  leur  longueur;  discocellulaire  formant  un  léger  angle  rentrant 
entre  4  et  6. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  21 

Ailes  inférieures  :  i  a  très  courte  obsolète  ;  3  et  4  tigées  sur  un 
cinquième  de  leur  longueur;  5  de  l'angle  des  discocellulaires  qui 
sont  égales,  la  supérieure  oblique,  l'inférieure  verticale. 

Génotype  :  Malgassesia  rufescens  n.  sp. 

Malgassesia  rufescens  Le  Cerf  (PI.  DXXXIX,  fig.  4521). 

cf.  —  Vertex  roux  fauve  mêlé  en  avant  de  noir  bleu  ;  front 
blanc  écaillé  au  centre  de  roussâtre  clair;  palpes  roux  extérieure- 
ment, avec  quelques  écailles  noires  au  sommet  du  second  article 
et  le  troisième  noir,  dessous  plus  pâle  et  face  interne  blanc  ocracé  ; 
trompe  brunâtre;  plaque  jugulaire  noir  bleu  avec  les  angles  laté- 
raux blancs  mêlés  de  roux  ;  poils  péricéphaliques  blancs  mêlés  de 
roux  et  passant  entièrement  à  cette  couleur  sur  la  nuque;  antennes 
noir  bleu  en  dessus;  brun  roussâtre  en  dessous  jusqu'au  milieu  de 
la  massue  ;  yeux  noir  brun  ;  ocelles  rose  rubis. 

Collier  noir  bleu  bordé  de  roux  fauve  ;  thorax  roux  fauve,  à 
ptérygodes  concolores  bordées  extérieurement  de  noir;  touffes 
latérales  du  métathorax  roux  fauve  mêlées  de  blanc  ;  en  dessous. 
le  thorax  est  noir  bleu  avec  une  large  macule  roux  fauve  irrégu- 
lière formée  par  la  réunion  des  deux  taches  latéro-pectorales;  sur- 
face postcoxale  noir  bleu.  Abdomen  noir  bleu  avec  les  second  et 
quatrième  tergites  couverts  d'écaillés  roux  fauve  très  serrées  laté- 
ralement et  au  bord  postérieur,  partiellement  absentes  au  milieu 
en  dessus;  un  semis  de  même  couleur  parsème  le  cinquième  ter- 
gite;  brosse  anale  roux  fauve  mêlée  de  poils  noirs  surtout  en 
bordure  des  pinceaux  latéraux  et  de  poils  blancs  çà  et  là  dans 
l'épaisseur.  Ventre  roux  fauve  à  l'exception  du  bord  postérieur  et 
des  côtés  des  sternites  des  trois  premiers  segments  qui  sont  noir 
bleu  et  du  bord  terminal  du  dernier  sternite  qui  est  blanc  ocracé; 
pleurae  des  quatre  premiers  segments  roux  fauve. 

Hanches  antérieures  noir  bleu,  largement  bordées  de  roux  fauve  ; 
fémurs  noir  bleu  avec  une  petite  tache  blanche  au  sommet  en 
dessous  ;  tibias  noir  bleu  mêlé  de  roux  fauve  en  dessus,  épiphyse 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 


et  dessous  jaune  roussâtre  ;  tarses  noir  bleu  mêlé  de  roux  fauve 
sur  le  premier  article  dont  la  base  est  blanche  et  le  sommet  des 
articles  suivants  annelé  de  blanc.  Hanches  médianes  et  posté- 
rieures noir  bleu  à  bord  interne  roux  fauve  ;  fémurs  médians  et 
postérieurs  mêlés  extérieurement  de  roussâtre  vers  le  sommet; 
tibias  médians  noir  bleu,  partie  proximale  de  la  face  externe 
roussâtre  et  quelques  poils  blancs  au  sommet;  tibias  postérieurs 
noir  bleu,  à  face  externe  roux  fauve  de  la  base  au  delà  du  milieu 
et  la  partie  correspondante  de  la  face  interne  blanche;  des  poils 
blancs  et  roux  forment  un  mince  anneau  médian  oblique  et  un 
autre  terminal,  et  la  crête  inférieure  porte,  en  arrière  de  la  pre- 
mière paire  d'éperons  une  petite  tache  blanche;  éperons  des  deux 
paires  blanc  roussâtre;  tarses  noir  bleu  à  premier  article  roux 
fauve  à  la  base  extérieurement  et  blanc  à  la  face  interne,  et  les 
suivants  annelés  de  blanc  au  sommet. 

Ailes  supérieures  transparentes,  avec  la  côte,  les  nervures,  un 
très  étroit  espace  terminal  et  le  trait  discocellulaire  noir  bleu;  des 
écailles  rouge  fauve  couvrent  le  bord  interne,  bordent  la  côte  et 
le  bord  inférieur  de  la  nervure  radiale  et  forment  une  fine  ligne 
dans  le  pli  supracellulaire  ;  le  trait  discocellulaire  est  très  étroit, 
faiblement  anguleux  au  bord  interne  et  rétréci  inférieurement.  En 
dessous  la  côte  est  roux  fauve,  plus  claire  à  la  base,  la  nervure 
radiale  écaillée  de  blanc  formant  une  petite  tache  nette  au  sommet 
de  la  cellule  et  l'espace  terminal  est  parsemé  de  blanc  entre  les 
nervures.  Franges  noir  bronzé. 

Ailes  inférieures  transparentes  avec  la  nervure  cubitale  et  ses 
rameaux  roussâtres,  les  autres  nervures  et  une  très  fine  ligne  mar- 
ginale noir  bleu  ainsi  que  le  trait  discocellulaire,  triangulaire  et 
dont  la  pointe  dépasse  un  peu  la  nervure  S-  Dessous  semblable 
avec  la  côte  rouge  fauve  coupée  de  noir  au  niveau  du  trait  disco- 
cellulaire. Franges  noir  fuligineux. 

Envergure  :  19-20  millimètres. 

Types  :  2  cfcf,  Madagascar,  Brickaville  (19 17),  Coll.  Charles 
Oberthiir. 


LÉPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  23 


Genre  EPITARSIPUS  n.  gen. 

Tête  de  grosseur  moyenne,  un  peu  plus  étroite  que  le  thorax  ; 
palpes  dressés,  grêles,  non  hérissés,  atteignant  le  vertex  ;  trompe 
une,  bien  développée;  antennes  relativement  épaisses,  à  massue 
indistincte,  brièvement  ciliées  chez  le  mâle  et  atteignant  presque 
en  longueur  les  sept  huitièmes  de  l'aile  supérieure,  minces  et  plus 
courtes  chez  la  femelle;  thorax  assez  robuste,  ovale  allongé  ; 
abdomen  cylindro-conique,  terminé  par  une  très  courte  brosse 
anale  à  pinceaux  latéraux  seuls  distincts;  pattes  grêles,  non  pu- 
bescentes,  tibias  et  tarses  postérieurs  extrêmement  longs,  dépas- 
sant réunis  deux  fois  la  longueur  de  l'abdomen  chez  le  mâle,  plus 
courtes  chez  la  femelle;  tarses  postérieurs  dépourvus  de  pubes- 
cence  sur  les  articles  terminaux. 

Ailes  assez  longues  et  larges,  les  supérieures  arrondies  au 
sommet;  champ  anal  des  inférieures  large  et  arrondi. 

Nervulation.  —  Ailes  supérieures  •  i  fourchue  à  la  base; 
2  et  3  très  rapprochées  et  presque  accolées  dans  tout  leur  parcours  ; 
7  et  8  tigées  sur  la  moitié  de  leur  longueur;  10  et  11  écartées  à  la 
base,  réunies  et  confondues  au  sommet;  discocellulaire  formant 
un  léger  angle  rentrant  entre  4  et  6. 

Ailes  inférieures  :  i  a  obsolète,  n'atteignant  pas  le  milieu  du 
bord  abdominal;  2  naissant  aux  trois  quarts  de  la  cellule;  3  et  4 
tigées  sur  un  sixième  environ  de  leur  longueur  ;  discocellulaires 
égales,  la  supérieure  oblique,  l'inférieure  verticale,  5  de  l'angle. 

Génotype  :  Efïtarsipus  rufi thorax  n.  sp. 

Epitarsipus    rufithorax  Le   Cerf   (PI.   DXXXIX,   ûg.  4522, 
4523). 

cf.  —  Vertex  noir  bleu  ;  front  blanc  pur  ;  palpes  blancs,  à  face 
externe   noir   bronzé   coupée    de   quelques    écailles    blanches    au 


24  LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

sommet  du  premier  article;  trompe  rousse;  plaque  jugulaire 
blanche  à  sommet  noir  bleu;  poils  péricéphaliques  blancs;  an- 
tennes noir  bronzé  pourpré  en  dessus,  noir  brunâtre  en  dessous; 
yeux  brun  noirâtre;  ocelles  rose  rubis. 

Collier  noir  bleu;  thorax  noir  bronzé  pourpré  (ou  noir  bleu  ?), 
à  ptérygodes  concolores  avec  une  ligne  transversale  antérieure 
rouge  sang  en  bordure  du  colUer,  prolongée  latéralement  le  long 
du  bord  externe  et  quelques  écailles  de  même  couleur  au  sommet; 
métathorax  rouge  écarlate  à  touffes  latérales  concolores  ;  en  des- 
sous, le  thorax  est  rouge  à  l'exception  du  sommet  des  hanches 
médianes  et  postérieures  et  de  la  surface  postcoxale  qui  sont 
blanc  pur. 

Abdomen  noir  bleu  avec  les  côtés  du  premier  tergite  tachés  de 
rouge  sang  et  les  troisième,  cinquième  et  septième  tergites  très 
finement  bordés  d'une  ligne  d'écaillés  blanches,  bien  nette  laté- 
ralement et  en  partie  obsolète  en  dessus;  brosse  anale  noir  bleu 
à  pinceau  médian  très  étroitement  bordé  de  blanc  latéralement. 
Ventre  blanc,  de  la  base  au  sommet  du  troisième  sternite,  noir 
bronzé  du  quatrième  au  huitième  dont  les  côtés  sont  bordés  de 
blanc;  pleurae  des  trois  premiers  segments  rouge  sang,  cette  cou- 
leur se  confondant,  en  avant,  avec  les  taches  du  premier  tergite 
et  se  prolongeant  inférieurement  en  pointe  oblique  sur  le  troisième 
sternite. 

Hanches  antérieures  noir  bleu,  à  sommet  et  bord  externe  large- 
ment blancs;  fémurs  (en  grande  partie  frottés)  rougeâtres,  à  crête 
supérieure  noir  bleu  ;  tibias  rougeâtres  extérieurement,  noir  bleu 
en  dessus,  blancs  en  dessous  avec  l'épiphyse  tibiale  jaunâtre; 
fémurs  médians  et  postérieurs  rouges;  tibias  médians  rouges  exté- 
rieurement, noir  bleu  en  dessus,  blanc  ocracé  à  la  face  interne 
avec  quelques  poils  blancs  au  sommet  en  dessus  et  les  éperons 
jaunâtres;  tarses  noir  bronzé  à  face  interne  blanche;  tibias  posté- 
rieurs noir  bleu,  avec  la  moitié  basale  externe  fortement  mêlée  de 
rouge  et  la  partie  correspondante  de  la  face  interne  blanche; 
quelques  poils  blancs  marquent  le  milieu  de  la  face  externe  au 


LEPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  25 

niveau  de  la  première  paire  d'éperons;  ceux-ci  et  les  suivants  sont 
blanc  jaunâtre;  tarses  noir  bronzé  bleuâtre. 

Ailes  supérieures  transparentes,  à  base  noir  bleu  ;  côte,  nervures 
et  ligne  marginale  noir  bronzé  pourpré;  trait  discocellulaire  noir 
bleu,  étroit,  légèrement  anguleux  au  milieu  du  bord  interne  et 
rétréci  inf érieurement  ;  l'espace  terminal  est  si  réduit  qu'il  se  con- 
fond avec  la  ligne  marginale.  Dessous  semblable  avec  la  base  et 
l'origine  de  la  côte  blanc  sale. 

Ailes  inférieures  transparentes  avec  les  nervures  et  la  ligne 
marginale  très  finement  écrites  en  noir  bronzé  ;  trait  discocellu- 
laire mince,  arrêté  à  la  nervure  5.  Dessous  semblable  à  côte  blanc 
sale.  Franges  des  deux  paires  bronzées. 

Q.  —  Vertex  et  front  noir  bleu  avec  une  liture  antéoculaire 
blanc  pur  ;  palpes  noir  bleu  avec  la  base  et  une  ligne  longitudi- 
nale sous  le  second  article  blanc  pur;  trompe  rousse;  plaque  jugu- 
laire noir  bleu,  écaillée  de  blanc  de  chaque  côté  à  la  base;  poils 
péricéphaliques  blancs,  fortement  mêlés  de  noir  sur  la  nuque; 
antennes  noir  bleu,  finement  tachées  de  blanc  en  dessus,  avant  le 
sommet  ;  yeux  brun  noirâtre  ;  ocelles  rubis. 

Collier  noir  bleu  brillant;  thorax  noir  bleu;  ptérygodes  conco- 
lores,  à  bord  interne  très  étroitement  écaillé  de  rouge  minium  ; 
touffes  latérales  du  métathorax  noir  mêlé  de  blanc;  en  dessous, 
le  thorax  est  noir  bleu  avec  une  forte  tache  latéro-pectorale  anté- 
rieure blanche  se  prolongeant  en  trait  épais  le  long  du  bord  des 
ptérygodes  jusqu'au  dessous  de  la  base  des  ailes  antérieures  ; 
surface  postcoxale  noir  bleu. 

Abdomen  noir  bleu,  portant  une  indication  de  bordure  rouge 
minium  aux  second  et  quatrième  tergites,  assez  nette  latéralement 
et  obsolète  en  dessus;  brosse  anale  concolore,  étroite  et  courte, 
formée  de  poils  inégaux  dont  les  plus  courts  sont  ceux  du  pinceau 
médian.  Ventre  noir  bleu  avec  une  tache  blanche  triangulaire  sur 
le  milieu  du  premier  sternite  ;  pleurae  des  cinq  premiers  segments 


26  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPAREE 


rouge  écarlate,  cette  couleur  se  prolongeant  un  peu  inférieure- 
ment  sur  les  côtés  du  quatrième  siernite. 

Hanches  antérieures  noir  bleu,  bordées  de  blanc  sur  la  moitié 
proximalc  du  bord  externe;  fémurs  et  tibias  noir  bleu;  apophyse 
tibiale  jaunâtre;  fémurs  médians  et  postérieurs  noir  bleu;  tibias 
médians  noir  bleu  avec  quelques  poils  terminaux  blaiics  et  une 
ligne  longitudinale  de  même  couleur  sur  la  moitié  proximale  de 
la  face  externe;  éperons  noir  bleu  en  avant,  blancs  en  arrière; 
tibias  postérieurs  de  même  couleur,  étroitement  annelés  de  blanc 
au  milieu  et  à  l'extrémité;  éperons  externes  blancs,  internes  noirs 
en  avant,  blancs  en  arrière;  tarses  des  trois  paires  noir  bleu, 
annelés  de  blanc  à  la  base  du  premier  article  et  au  sommet  des 
suivants. 

Ailes  supérieures  transparentes,  avec  la  base,  la  côte,  les  ner- 
vures, le  bord  interne,  le  trait  discocellulaire  et  l'espace  terminal 
noir  bleu  ;  une  courte  ligne  rouge  écarlate  marque  la  base  du  bord 
interne;  trait  discocellulaire  faiblement  anguleux  à  son  bord 
interne  et  un  peu  rétréci  inférieurement  ;  espace  terminal  assez 
étroit,  concave  et  graduellement  atténué  de  la  côte  à  l'angle 
interne;  il  comble  en  formant  une  courte  pointe  l'angle  des  ner- 
vures 7  et  8.  Dessous  semblable  avec  la  côte  blanche;  une  ligne 
de  même  couleur  court  le  long  du  bord  supérieur  de  la  cellule  et 
forme  un  trait  net  à  la  jonction  de  celle-ci  et  du  trait  discocellu- 
laire; quelques  écailles  blanches  parsèment  l'espace  terminal  entre 
les  nervures.  Franges  noir  bleu. 

Ailes  inférieures  transparentes  à  ligne  marginale  et  nervures 
très  finement  écrites  en  noir  bleu;  trait  discocellulaire  concolore, 
triangulaire,  dépassant  l'origine  de  la  nervure  5.  Dessous  sem- 
blable avec  la  côte  rouge  écarlate  de  la  base  aux  quatre  cinquièmes 
de  sa  longueur,  coupée  par  une  tache  noir  bleu  qui  prolonge  en 
haut  le  trait  discocellulaire.  Franges  très  fines,  noir  fuligineux. 

Envergure  :  çS,  18  millimètres;   Q,  23  millimètres. 

Types  :  I  c^,  I  Q,  Madagascar,  Brickaville  (1917),  Coll.  Ch. 
Oberthiir. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  27 


Genre  PYROPTERON  Newm 

Pyropteron     chrysidiformis     Esp.     var.     sicula     Le     Cerf 
(PI.  DXXXIX,  ftg.  4526,  4527). 

Comme  beaucoup  de  formes  sicilienr^es,  c'est  une  race  instable 
mais  facile  cependant  à  reconnaître  aux  ^^aractères  suivants  par 
lesquels  elle  se  sépare  de  toutes  les  autres  races  de  l'espèce  : 

cf.  —  Palpes  blancs  jusqu'à  la  base  à  la  face  interne;  front  plus 
ou  moins  mêlé  d'ardoisé  ou  de  bronzé  au  centre;  ?  pas  de  tache 
axillaire  blanche  aux  ptérygodes;  deuxième  tergite  abdominal 
pourvu  d'une  bordure  blanche;  trait  discocellulaire  noir  des  ailes 
supérieures  diffus  en  dessus  et  souvent  échancré  extérieurement 
par  du  rouge  minium,  entièrement  rouge  et  sans  trace  de  noir 
en  dessous;  ligne  marginale  des  ailes  inférieures  distinctement 
élargie  à  l'apex;  tarses  blancs.  Les  trois  aires  vitrées  des  ailes 
supérieures  sont  bien  développées,  l'ultracellulaire  comptant 
quatre  ou  trois,  rarement  cinq  aréoles. 

Q.  —  Troisième  article  des  palpes  et  sommet  de  la  face  interne 
du  second  orangé  ou  rouge  minium  clair;  une  bordure  blanche 
au  second  tergite  abdominal  comme  chez  le  mâle,  mais  les  ailes 
supérieures  dépourvues  d'aires  vitrées  infra  et  ultracellulaires; 
intracellulaire  courte  et  confuse,  souvent  absente;  le  noir  du  trait 
discocellulaire  réduit  et  diffus.  Dessous  de  ces  ailes  presque  entiè- 
rement rouge  minium  lavé  de  jaune  à  la  côte  et  vers  la  base. 
Hanches  antérieures  entièrement  noir  bleu  ainsi  que  les  tarses. 

Envergure  :  cf,  20-22  millimètres;    Q,  20,5  millimètres. 

Type  :  2  cfcf,  i  Q,  Sicile,  ex  Coll.  Bellier  de  la  Chavignerie, 
Coll.  Ch.  Oberthur. 


28  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Pyropteron  chrysidiforniis  Esp.  var.  sicula,  ab  inelanoxan= 

thia  n.  ab.  (PI.  DXXXIX,  fij^.  4528). 

A  côté  de  la  précédente  prise  comme  type  de  siaila  se  trouve 
une  forme  (?  individuelle  1  de  tendance  à  la  fois  mélanienne  et 
xanthique,  caractérisée  par  l'extension  du  noir  qui  envahit  large- 
ment le  front  à  l'exception  des  litures  aiitéocul aires,  forme  une 
large  bande  couvrant  la  majeure  partie  de  l'espace  terminal,  se 
prolongeant  le  long  du  bord  interne  jusqu'au  delà  du  milieu,  et, 
en  dessus  seulement,  un  large  point  discocellulaire  (juadrangu- 
laire.  En  même  tem]3s  le  rouge  minium,  réduit  en  surface  par  cette 
extension  du  noir,  pâlit  jusqu'à  devenir  jaune  rosé  en  dessus,  et 
jaune  --  iin  peu  orangé  sur  le  trait  discocellulaire  —  en  dessous. 
Les  tibias  et  le  dernier  sternite  deviennent  également  jaune  clair, 
mais  les  tarses  restent  blancs, 

Envergure  :  20  millimètres. 

Type  :  i  cf,  .Sicile,  ex  Coll.  Bellier  de  la  Chavignerie,  Coll 
Ch.  Oberthiir. 

Ces  exemplaires  sont  ceux  qui  ont  été  pris,  avec  d'autres,  et 
signalés  par  Bellier  de  la  Cliavignerie  sous  le  nom  de  Sesia  chry- 
sidiformïs  Esp. 

M.  E.  Ragusa  m'a  comniuniquc  plusieurs  individus  semblables, 
de  Sicile  également,  qui  m'axaient  d'abord  paru  se  rapporter  à 
minianifornns  Frr.  Depuis  j'ai  reconnu  que  par  ses  poils  péricé- 
phaliques  noirs,  ses  palpes  dépourvus  de  ligne  blanche  externe  en 
dessus  chez  le  mâle,  et  noirs  à  sommet  seulement  rougeâtre  chez 
la  femelle,  sicula  s'apparentait  plutôt  à  chrysidiformis  Esp. 

La  phii)art  des  auteurs  indiquent  celle-ci  de  Sicile,  et  panni  les 
spécimens  communiqués  par  M.  Ragusa  en  19 16,  se  trouvaient  : 
I    cT   de   l'ab.   nielanoxanihia   déterminé    :   «    chrysidiformis  ab. 


LÉPIDOPTÉROLUGIE    COMPAREE  2g 


albotarsata  »  par  Max  Bartel,  et  i    Q  skula  typique  étiquetée  par 
le  même  auteur  :  «  ininïami ormis  Frr.  ab.  r, 

N'ayant  jamais  vu  d'authentiques  chrysidifornns  Esp.  de 
Sicile,  ni  d'exemplaires  réellement  transihonnels  entre  celle-ci  et 
skula,  il  se  pourrait  que  ce  Pyropteron  sicilien  constituât  une 
espèce  distincte  que  la  connaissance  des  caractères  génitaux  per- 
mettra seule  de  séparer  avec  certitude. 


Pyropteron    chrysidiforinis    Esp.    var.    castiliana    Le    Cerf 
(PI.  DXXXIX,  fig.  4S29,  4530). 

Diffère  du  type  par  l'absence,  dans  les  deux  sexes,  d'aire  vitrée 
ultracellulaire  et  le  remplacement  de  toutes  les  parties  rouges 
aux  ailes,  aux  pattes,  à  la  brosse  anale  et  au  dernier  stemite  du 
mâle,  par  du  jaune  paille.  Front,  sommet  des  palpes,  moitié 
externe  des  hanches  antérieures,  tarses  des  trois  paires  de  pattes 
et  côté  des  ailes  supérieures  (en  dessous),  blanc  pur. 

Chez  la  femelle,  l'extrémité  du  pinceau  médian  de  la  brosse 
anale  est  lavée  de  rougeâtre  clair. 

Envergure  :  cf,  22  millimètres;   Q,  24  millimètres. 

Types  :  I  cf,  I  Q ,  Espagne  —  sans  localité  précise  mais  vrai- 
semblablement originaires  de  Castille  —  ex  Coll.  Aurelio  Vaz- 
quez  (191 2  et   1904),  Coll.  Ch.  Oberthiir. 

En  outre  des  caractères  énumérés  ci-dessus,  cette  variété  est 
remarquable  par  l'éclat  du  reflet  vert  bleu  du  corps.  C'est  à  cet 
égard  la  plus  brillante  des  formes  de  Pyropteron  chrysidij ormis 
Esp. 

Du  même  Entomologiste,  et  sans  doute  aussi  de  la  même 
région,  M.  Ch.  Oberthiir  a  reçu  un  mâle  constituant  une  aberra- 
tion très  intéressante  que  j'appellerai  : 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 


Pyropteron  chrysidiformis=obturata  Le  Cerf  ab.  cf  inarga= 
ritosa  n.  ab.  (PI.  DXXXIX,  fig-.  4531). 

Caractérisée  par  la  teinte  rouge  fauve  des  surfaces  qui  sont 
Jaune  paille  dans  casfUïnna  et  rouge  sang  ou  rouge  minium  chez 
chryshliformïs  typique,  mais  diffère  des  deux  par  la  coloration 
g-ris  souris  et  l'extrême  réduction  de  la  hg^ne  marginale  des  ailes 
supérieures,  dont  la  côte  est,  en  dessus,  gris  bronzé.  Le  point  dis- 
cocellulaire  est  noir,  petit,  excavé  en  dehors,  séparé  de  la  côte  par 
une  ligne  rouge  fauve  longeant  le  bord  supérieur  de  la  cellule. 
Ligne  marginale  des  ailes  inférieures  bronzée;  franges  des  deux 
paires  gris  souris,  passant  au  blanc  sur  presque  toute  la  longueur 
du  bord  abdominal  aux  inférieures.  Pattes  comme  chez  castïliana, 
mais  un  peu  lavées  de  rouge  fauve  sur  V.  dessus  des  tibias.  Pin- 
ceaux latéraux  de  la  brosse  anale  bordés  extérieurement  de  fauve 
en  dessus,  entièrement  jaune  paille  en  dessous.  Les  ailes  supé- 
rieures sont  dépourvues  d'aire  vitrée  ultracellulaire. 

Envergure  :  23,5  millimètres. 

Type  :  i  cf,  Espagne,  ex  Coll.  Vazquez  (191 2),  Coll.  Charles 
Oberthiir. 


Pyropteron  chrysidiformis^obUirata  Le  Cerf,  var.  chlorotica 
n.  var.  (PI.  DXXXIX,  fig.  4532,  453^)- 

cf.  —  Diffère  de  chrysidifor^ràs-obturata  par  la  substitution 
du  jaune  pâle  au  rouge  sur  les  ailes,  la  brosse  anale  et  les  pattes. 
C'est  une  variation  de  même  ordre  que  celle  qui  produit  la  variété 
castiliana  décrite  ici,  mais  distincte  par  l'extension  du  noir  aux 
ailes  supérieures  dont  le  point  discocellulaire  est  élargi  et  le 
disque  envahi  par  un  lavis  noir  fuligmeux. 

Envergure  :  Cf  Q,  20  millimètres. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  31 

Types  :  I  cf,  ?  Castille,  ex  Aurelio  Vazquez  (de  Madrid),  Coll. 
Ch.  Oberthùr.  —  i  Ç.  San  Bernardine  (Castille),  g-VI-1901,  ex 
Coll.  Schramm,  Coll.  F.  Le  Cerf. 

Dans  la  série  d'individus  de  Pyropteron  chrysidïformïs  reçue 
d 'Aurelio  Vazquez  par  M.  Charles  Oberthiir  et  appartenant  tous 
à  la  forme  obturata,  se  trouvent  quelques  spécimens  formant  tran- 
sition à  la  var.  chlorotica  tant  par  le  pâlissement  du  rouge  que 
par  l'extension  du  noir  aux  ailes  supérieures.  Cette  variation  par 
degrés  est  normale  et  a  déjà  été  observée  souvent  chez  les  espèces 
obéissant  à  la  loi  de  variation  par  xanthisme,  mais  cette  gradua- 
tion semble  faire  défaut  entre  chrysidiformis-obtiirata  et  cast'i- 
liana,  celle-ci  paraissant  constituer  une  variation  divergente  dans 
laquelle  la  modification  du  rouge  s'accompagne  au  contraire 
d'une  réduction  très  notable  du  noir. 


Pyropteron    chrysidiformiscasliliana,    ab.    anthracias    Le 

Cerf  (PL  DXXXIX,  fig.  4534)- 

cf.  —  Tête,  antennes,  pattes  et  corps  entièrement  noirs  à 
l'exception  du  front,  de  l'apophyse  tibiale  et  des  éperons  qui 
sont  gris  blanchâtre.  Ailes  supérieures  à  bord  interne  et  pourtour 
externe  de  l'aire  vitrée  ultracellulaire  jaune  paille  plus  ou  moins 
saupoudré  de  noirâtre  en  dessus.  En  dessous,  le  fond  est  jaune 
paille  avec  le  noir  moins  développé  qu'en  dessus. 

Envergure   :   19,5  millimètres. 

Type  :  i  cT,  Espagne,  San  Bernardino,  9-VI-1901,  ex  Coll. 
Schramm,  Coll.  F.  Le  Cerf. 

Une  femelle  de  même  origine  et  capturée  le  même  jour  a  éga- 
lement les  parties  claires  des  ailes  d'un  jaune  paille,  mais  a  con- 
servé les  bordures  blanches  des  segments  4  et  6,  le  pinceau  médian 
de  la  brosse  anale  et  les  tibias  jaune  paille.  Ces  deux  spécimens 
faisaient  partie  d'une   petite  série  de  douze,   recueillis  dans   la 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE 


localité  précitée  par  Schramm,  les  Q  et  23  juin  iQCi,  presque  tous 
de  petite  taille  (une  femelle  ne  mesure  que  12,5  millimètres  d'en- 
vergure) et  appartenant  tous  à  la  forme  que  j'ai  appelée  obtu- 
rata,  caractérisée  par  l'absence  de  tache  vitrée  ultracellulaire. 


Pyropteron  Schmidtiit'ormis  Frr.  ab    Pouloti  Le  Cerf. 

Je  suis  redevable  à  M.  E.  Poulot,  de  Mennecy,  d'une  femelle 
de  P.  S chmidtiif  oriiiïs  Frr.  chez  laquelle  toutes  les  parties  rouges 
des  ailes,  du  corps  et  des  pattes  sont  devenues  jaunes,  exactement 
comme  chez  chrysidiformis-castiliana  et  doryliformis-cenaeformis 
ab.  xanlhia  Le  Cerf. 

Max  Bartel,  dans  le  «  Seitz  )>  (II,  PI.  52,  fig.  3,  /,  e),  a  figuré 
une  femelle  semblable  d'après  un  spécimen  de  la  Coll.  R.  Piin- 
geler,  mais  en  négligeant  de  lui  donner  de  nom  particulier;  sans 
être  commune,  cette  aberration  se  reproduit  donc  semblable  à  elle- 
même  et  conformément  à  une  des  lois  les  plus  nettes  de  la  varia- 
tion des  couleurs  chez  les  Lépidoptères. 

Envergure  :  21  millimètres. 

Type  :  I    Q,  Amasia,  Asie  Mineure,  Coll.  F.  Le  Cerf. 


Genre  CHAMAESPHECIA   Spiiler. 

Chamaesphecia    rondouana   Le   Cerf   (PI.   DXL,   fig.   4535, 
4536). 

cf.  —  Vertex  noir  bleu  un  peu  mêlé  en  avant  et  latéralement 
de  jaune  d'œuf;  nuque  jaune  d'œuf.  Front  bronzé,  avec  une 
très  fine  ligne  d'écaillés  jaunes  devant  les  yeux.  Palpes  à  premier 
article  blanc  jaunâtre,  second  blanc  fortement  mêlé  de  noir  en 
avant  et  au  sommet,  troisième  noir  extérieurement.  Trompe  brun 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE  33 

noirâtre;  plaque  jugulaire  noir  bronzé  à  angles  latéraux  blancs; 
poils  péricéphaliques  jaunes;  antennes  noir  bleu  à  premier  article 
jaune  en  dessous  ;  yeux  noir  brun  ;  ocelles  grenat. 
•  Collier  noir  pourpré  à  base  jaune.  Thorax  noir  bleu;  ptéry- 
godes  concolores  avec  une  forte  tache  axillaire  blanche,  les  bords 
externe  et  interne  et  le  sommet  jaunes;  métathorax  taché  de  jaune 
au  milieu,  ses  touffes  latérales  mêlées  de  noir  et  de  jaune.  En 
dessous  une  large  macule  latéropectorale  jaune  s'étend  du  pro- 
thorax à  la  suture  méso-métathoracique  ;  surface  postcoxale  noire 
de  la  base  au  milieu,  blanche  du  milieu  au  sommet.  Abdomen  noir 
bronzé  avec  les  2^,  4^  et  6"  tergites  bordés  de  blanc  et  une  ligne 
médiane  d'écaillés  jaunes  commençant  au  métathorax  et  finissant 
à  la  brosse  anale;  cette  ligne  est  partiellement  maculaire  et  plus 
fortement  marquée  sur  les  4"  et  ô""  tergites;  brosse  anale  noir 
bronzé  à  pinceau  médian  un  peu  mêlé  de  blanchâtre  et  pinceaux 
latéraux  blancs  extérieurement  à  la  base  ;  pleurae  parcourues  par 
une  ligne  maculaire  d'écaillés  blanches;  ventre  noir  bronzé  à  der- 
nier sternite  blanc  jaunâtre  latéralement  dans  sa  moitié  distale. 

Hanches  antérieures  noir  bronzé  à  moitié  longitudinale  externe 
blanche;  hanches  postérieures  bordées  de  blanc  jaunâtre;  fémurs 
des  trois  paires  bronzés  à  face  interne  blanchâtre  ;  tibias  antérieurs 
bronzés  avec  quelques  poils  blancs  à  la  base  en  dessous  et  au 
milieu  en  dessus,  et  la  face  interne  blanche;  tibias  médians  et 
postérieurs  bronzés  à  face  externe  blanc  lavé  de  jaunâtre  entre  la 
base  et  le  milieu,  dessous  taché  de  blanc  en  avant  de  la  première 
paire  d'éperons;  face  interne  coupée  de  blanc  au  milieu  aux  tibias 
postérieurs;  éperons  bronzés  en  avant,  blanchâtres  en  arrière; 
tarses  des  trois  paires  noir  bronzé. 

Ailes  supérieures  noir  bronzé  à  aire  vitrée  infracellulaire  courte, 
étroite,  diffuse,  n'atteignant  pas  le  milieu  de  l'aile;  intracellulaire 
grande,  bien  développée;  ultracellulaire  allongée,  ovale,  composée 
de  trois  aréoles  un  peu  inégales;  trait  discocellulaire  subcarré; 
espace  terminal  plus  étroit  que  l'aire  vitrée  ultracellulaire,  avec 
des  taches  jaunâtres  triangulaires  peu  nettes  entre  les  nervures  4 


34  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

à  8.  Dessous  semblable  à  côte  et  bord  supérieur  de  la  cellule 
jaunes;  taches  de  l'espace  terminal  plus  grandes  et  plus  nettes. 
Ailes  inférieures  transparentes  avec  les  nervures  et  la  ligne  mar- 
ginale noir  bronzé;  trait  discocellulairc  concolore,  étroit  et  oblique, 
descendant  jusqu'à  l'angle  inférieur  de  la  cellule.  Dessous 
semblable  à  côte,  nervures  et  ligne  marginale  sablées  de  jaune. 
Franges  des  deux  paires  bronzées,  coupées  de  blanc  à  la  base  des 
inférieures. 

Q.  —  Diffère  du  cf  par  le  pinceau  m.édian  bordé  de  blanc 
jaunâtre  de  chaque  côté,  l'absence  de  blanc  jaunâtre  aux  pinceaux 
latéraux  ;  les  quatre  derniers  sternites  pourvus  chacun  à  la  base 
d'une  tache  triangulaire  médiane  blanc  jaunâtre.  Ailes  supé- 
rieures sans  aire  vitrée  infraeellulaire;  intracellulaire  courte, 
étroite,  divisée  par  un  faible  trait  récurrent;  ultracellulaire  pas 
plus  large  que  l'espace  terminal. 

Envergure  :  rf,  23,5  millimètres;    Q,  21  millimètres. 

Types  :  i  cf,  Gèdre,  Hautes-Pyrénées,  2-VII-1893,  Coll.  P. 
Rondou.  —  I  Ç),  Gavarnie,  Plautes-Pyrénées,  VU- 19 14,  ex  Ch. 
et  Henri  Oberthiir  et  H.  Powell,  Coll.  Ch.  Oberthùr. 

Cette  espèce  est  dédiée  à  M.  P.  Rondou,  à  qui  l'on  doit  une 
très  importante  contribution  à  la  connaissance  de  la  faune  des 
Pyrénées  centrales.  Cha^naesphecia  Rondouana  est  une  forme 
alticole,  paraissant  localisée  à  la  zone  des  rhododendrons. 

Observation.  —  Dans  la  «  Feuille  des  Jeunes  Naturalistes  » 
(1908),  M.  P.  Siepi  a  décrit  des  environs  de  Marseille  une  ((  Sesia 
Rondoui  »  n.  sp.,  que  Max  Bartel  (in  :  «  Se.itz  »,  T.  H,  p.  X, 
1912}  place  dans  le  genre  :  Dipsosphecia  Spùler.  Le  9  juin  1909, 
j'ai  vu  chez  M.  Siepi,  à  Marseille,  le  Type  de  Sesia  Ro7idoîà  qui 
n'est  autre  chose  qu'une  femelle  typique  de  P yropteron  chrystdi- 
formis  Esp.  assez  frottée;  la  côte  des  ailes  supérieures  notam- 
ment est  presque  entièrement  dénudée,  accident  banal  que  l'au- 
teur a  pris  pour  un  caractère  normal  et  traduit  par  cette  expression 
singulière  :  «  ...  côte  apparente!...  )> 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  35 


Charaaespbecia  Dumonti  Le  Cerf  (PI.  DXL,  fig.  4537,  4538). 

cf.  —  Nuque  jaune  d'œuf  ;  vertex  noir  bleu  avec  quelques  poils 
jaunes  latéralement  ;  front  noir  bleu  bordé  de  blanc  brillant  devant 
les  yeux  ;  palpes  blancs  avec  une  ligne  longitudmale  externe  noire 
sur  les  second  et  troisième  articles  ;  trompe  noire  ;  plaque  jugulaire 
blanc  jaunâtre;  poils  péricéphaliques  blancs,  passant  au  jaune 
vers  la  nuque;  antennes  noir  bleu,  écaillées  extérieurement  de 
jaune  dans  toute  leur  longueur;  yeux  noir  brun;  ocelles  incolores. 

Collier  noir  bleu  brillant  terminé  de  chaque  côté  par  une  petite 
plaque  d'écaillés  jaunes.  Thorax  noir  bleu  ;  ptérygodes  concolores 
avec  une  fine  bordure  interne  jaune  et  une  tache  axillaire  blanche; 
métathorax  bordé  de  jaune,  à  touffes  latérales  blanches  mêlées  de 
noir  à  la  base.  Dessous  du  thorax  avec  une  large  macule  latéro- 
pectorale  jaune  étendue  du  prothorax  à  la  suture  méso-métatho- 
racique;  surface  postcoxale  blanche  à  base  noire.  Abdomen  noir 
bleu,  saupoudré  d'écailîes  jaunes  éparses  et  avec  le  bord  postérieur 
du  4®  tergite  mêlé  d'écaillés  jaunes  et  bla.nches  formant  une  cein- 
ture peu  nette;  y^  bordé  d'écaillés  jaunes  et  blanches  mêlées; 
brosse  anale  à  pinceau  médian  jaune  mêlé  de  noir;  pinceaux  laté- 
raux noirs  un  peu  mêlés  de  jaune  à  la  base  et  en  dehors.  Ventre 
noir  bleu  avec  la  moitié  distale  du  premier  stemite  et  les  pleurae 
des  deux  premiers  segments  blanc  un  peu  lavé  de  jaune;  4*  ster- 
nite  étroitement  bordé  de  blanc;  sommet  du  %"  jaune. 

Hanches  antérieures  blanches  (en  partie  frottées)  ;  fémurs  des 
trois  paires  de  pattes  noir  bleu  avec  une  petite  tache  blanche  au 
sommet  ;  tibias  antérieurs  noir  bleu,  mêlés  de  jaune  au  sommet  et 
au  milieu  ;  tibias  médians  et  postérieurs  blanc  lavé  de  jaunâtre, 
largement  annelés  de  noir  bleu  à  la  base  et  avant  le  sommet; 
éperons  jaunâtres;  tarses  noir  bronzé,  extérieurement  coupés  de 
jaunâtre  au  sommet  des  trois  premiers  articles  et  jaunâtres  à  la 
face  interne. 


30  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Ailes  supérieures  transparentes,  à  bord  externe  très  oblique  et 
rectiligne;  base  noir  bleu,  côte,  bord  interne,  nervures  et  ligne 
marginale  noir  bronzé;  trait  discocellulaire  noir  bronzé,  un  peu 
plus  haut  que  large  et  légèrement  rétréci  inférieurement  ;  espace 
terminal  grisâtre,  étroit,  ne  couvrant  pas  la  fourche  des  ner- 
vures 7-8  qu'il  comble  en  formant  une  courte  dent;  aires  vitrées 
bien  développées  :  infracellulaire  n'atteignant  pas  le  trait  disco- 
cellulaire; ultracellulaire  grande,  ovale,  presque  trois  fois  aussi 
large  que  le  trait  discocellulaire  et  plus  de  quatre  fois  que  l'espace 
terminal,  formée  de  cinq  aréoles  inégales  dont  la  supérieure  est 
la  plus  courte.  Dessous  à  côte,  nervures,  bord  supérieur  de  la 
cellule  et  espace  terminal  jaune  pâle. 

Ailes  inférieures  transparentes  à  base  noire  et  nervures  très 
finement  écrites  en  noir  bronzé;  trait  discocellulaire  oblique,  étroit, 
descendant  en  pointe  jusqu'à  l'angle  inférieur  de  la  cellule;  ligne 
marginale  noir  bronzé,  fine.  Dessous  semblable  à  côte  jaunâtre. 
Franges  des  deux  paires  gris  bronzé,  coupées  de  blanc  au  bord 
abdominal  des  inférieures. 

Ç).  —  Diffère  du  çf  par  les  palpes  presque  dépourvus  de  noir, 
la  présence  d'une  très  fine  ligne  jaune  longitudinale  médiane  sur 
le  mésothorax  et  de  bordures  blanches  mêlées  de  jaune  bien  indi- 
quées aux  2'',  4®  et  6''  tcrgites,  la  brosse  anale  jaune  seulement 
mêlée  de  noir  à  la  base  des  pinceaux  latéraux.  Quelques  écailles 
jaunes  sont  éparses  en  dessus  sur  les  3^  5^  et  6'^  tergites,  et 
d'autres,  en  dessous,  forment  une  légère  bordure  au  4®  sternite 
et  parsèment  inégalement  les  autres. 

Ailes  supérieures  à  bord  externe  plus  arrondi  ;  aire  vitrée  infra- 
cellulaire  plus  étroite  et  plus  courte,  ultracellulaire  un  peu  moins 
grande,  avec  les  aréoles  i  et  5  moins  largement  ouvertes. 

Envergure  :  cf  Q ,  21  millimètres. 

Types  :  i  cf,  Alpes-Maritimes,  Valdeblore,  13-VII-1916,  ex 
C.  Dumont,  Coll.  F.  Le  Cerf.  —  i  o,  Alpes-Maritimes,  Coll. 
Ch.  Oberthur. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  37 

Dédiée  à  mon  ami  M.  C.  Dumont  qui  en  a  découvert  le  mâle  ; 
Chamaesphecia  Dmnonii  se  place  entre  Ch.  allantiformis  Ev.  et 
Ch.  annellata  (Z.)  Auct.  De  celle-ci  elle  diffère  principalement 
par  l'absence  de  bordures  blanches  bien  définies  à  l'abdomen,  les 
ailes  supérieures  plus  allongées  et  à  bord  externe  oblique  et  recti- 
ligne  chez  le  mâle,  l'aire  vitrée  ultracellulaire  plus  grande  et 
l'espace  terminal  plus  étroit.  Une  partie  de  ces  caractères  et  notam- 
ment la  forme  des  ailes  supérieures  la  rapprochent  un  peu  de 
Ch.  lampes  Led. 

Je  possède  une  paire  d'une  espèce  de  Dalmatie,  qui  faisait 
autrefois  partie  de  l'ancienne  collection  Morel  (de  Limoges), 
étiquetée  :  ((  trïanmdiforvùs,  Heyne  (i8)8o  »  très  proche  de 
Dumonti.  Plus  chargée  de  jaune  et  pourvue  chez  le  mâle  de  bor- 
dures blanches  nettes  aux  2%  4"  et  6'  tergites,  elle  semble  une 
forme  très  grande  et  très  différenciée  de  C/i.  annellata  Z.  var. 
oxybelifonms  H. -S. 

A  ce  propos,  je  dois  signaler  que  c'est  cette  var.  oxybeliformis 
qui  figure  dans  toutes  les  collections  sous  le  nom  de  Ch.  annel- 
lata Z.  sensu  stricto.  Or,  le  Type  de  Zeller  que  j'ai  examiné  à 
Londres,  en  novembre  1920,  est  une  petite  femelle  d'Asie  Mineure, 
de  13  millimètres  d'envergure,  noire  et  blanche,  complètement 
dépourvue  de  jaune  sur  le  corps,  sauf  la  macule  latéropectorale, 
et  paraissant  par  conséquent  correspondre  plutôt  à  la  forme 
Ledereri  Bart  (=  ceriaeformis  Led.  [Nom.  preoc.']). 

Chamaesphecia  Montandoni  Le  Cerf  (PI.  DXL,  fig.  4539) 

cf.  --  Vertex  brun  bronzé;  front  gris  ardoisé  pâle,  bordé  de 
blanc  devant  les  yeux;  palpes  blancs  avec  une  fine  ligne  externe 
bronzée  sur  le  deuxième  article;  trompe  brun  noirâtre;  plaque 
jugulaire  blanche  à  centre  et  sommet  lavés  de  brun  bronzé;  poils 
péricéphaliques  blancs,  antennes  brun  bronzé  avec  une  éclaircie 
blanc  ocracé  avant  le  sommet  en  dessus  et  le  côté  externe  ocracé 
Yeux  brun  noirâtre;  ocelles  grenat. 


38  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Collier  et- thorax  brun  bronzé;  ptérygodes  concolores,  bordées 
de  blanc  ocracé  et  pourvues  d'une  tache  axillaire  de  même  couleur. 
Métathorax  avec  quelques  écailles  au  bord  postérieur  et  les  touffes 
latérales  blanc  ocracé.  En  dessous  une  large  macule  latéropecto- 
rale  blanc  ocracé  s'étend  du  prothorax  à  la  suture  méso-métatho- 
racique.  Surface  postcoxale  à  pilosité  blanc  ocracé. 

Abdomen  brun  bronzé  avec  les  2''  et  4''  tergites  bordés  de  blanc 
et  une  ligne  dorsale  maculaire  blanc  ocracé  étendue  du  2"  au 
dernier  sternites  ;  brosse  anale  concolore  à  pmceaux  latéraux 
bordés  extérieurement  de  blanc  ;  pleurae  tachées  de  blanc  ocracé 
à  tous  les  segments;  ventre  brun  bronzé  avec  tous  les  sternites 
bordés  d 'ocracé;  dernier  stcrnite  à  bord  supérieur  blanc  ocracé 
de  chaque  côté. 

Hanches  antérieures  brun  bronzé  largement  bordées  de  blanc 
ocracé;  fémurs  des  trois  paires  de  pattes  brun  bronzé  à  crêtes 
supérieure  et  inférieure  finement  bordées  de  blanc  ocracé;  tibias 
antérieurs  brun  bronzé  à  dessous  blanc  ocracé;  tibias  médians  et 
postérieurs  blanc  ocracé  extérieurement  de  la  base  aux  deux  tiers, 
dernier  tiers  et  base  brun  bronzé  ;  face  interne  brun  bronzé,  tachée 
de  blanc  ocracé  vers  le  milieu  ;  éperons  concolores  ;  tarses  blanc 
ocracé,  lavés  de  brun  bronzé  sur  le  dessus  et  le  côté  externe  du 
premier  article. 

Ailes  supérieures  à  base  brun  noirâtre;  côte,  nervures  et  bord 
interne  bronzé  clair;  trait  discocellulaire  large,  trapézoïdal,  brun 
bronzé;  espace  terminal  brun  bronzé  clair  avec  de  petites  taches 
submarginales  triangulaires,  blanchâtres,  entre  les  nervures  3 
à  7;  aires  vitrées  bien  développées  :  infracellulaire  atteignant 
à  peine  le  milieu  du  bord  interne,  ultracellulaire  plus  haute  que 
large,  un  peu  oblique,  à  bords  rectilignes  et  parallèles,  formée  de 
5  aréoles  égales.  Dessous  plus  clair,  à  côte  et  base  blanchâtres  ; 
taches  submarginales  un  peu  plus  grandes  et  plus  nettes. 

Ailes  inférieures  transparentes  à  base  largement  écaillée  de 
brun  bronzé;  trait  discocellulaire  gros,  triangulaire,  très  oblique, 
finissant  en  pointe  sur  l'angle  inférieur  de  la  cellule;  bord  infé- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  39 


rieur  de  celle-ci,  nervures  2-4  et  ligne  marginale  brun  bronzé; 
nervures  i  <^,  i  c  et  5  blanc  ocracé.  Dessous  semblable  à  côte  et 
bord  interne  de  la  ligne  marginale  blanc  ocracé.  Franges  des 
deux  paires  gris  bronzé,  coupées  de  blanc  le  long  du  bord  abdo- 
minal aux  inférieures. 

Q.  —  Diffère  du  mâle  par  les  antennes  plus  claires,  le  front, 
les  palpes  et  les  hanches  antérieures  entièrement  blanc  ocracé; 
abdomen  avec  une  troisième  bordure  blanche  au  &"  tergite;  brosse 
anale  à  pinceau  médian  blanc  ocracé;  aire  vitrée  infracellulaire 
plus  courte  et  plus  étroite. 

Envergure  :  cf,  23,5  millimètres;   Q,  24  millimètres. 

Types  :  i  cf,  Russie  méridionale,  6/9  (  .^  =  9-VI).  —  1  Q,  Rou- 
manie, Hirsova  (Dobroudja),  ex  A.  L.  Montandon,  Coll.  F.  Le 
Cerf. 

Bien  caractérisée  par  sa  coloration  brun  bronzé,  rappelant  celle 
des  CL  dolenfonnis  H.-S.,  Ch.  umbrifera  Stgr.  et  Ch.  osmiae- 
forniis  H.-S.,  cette  grande  espèce  se  distingue  principalement  de 
toutes  ses  congénères  par  sa  haute  tache  vitrée  ultracellulaire  à 
bords  rectilignes  et  la  large  tache  brun  bronzé  à  bord  externe  un 
peu  incurvé  qui  couvre  la  base  de  ses  ailes  inférieures.  Le  mâle 
m'a  été  envoyé  sous  le  nom  de  Ch.  crassiccrnis  Bart.  var.  ?,  espèce 
de  l'Oural,  très  distincte,  et  dont  je  possède  un  cotype  vendu  par 
Max  Bartel  lui-même.  Quant  à  la  femelle,  elle  faisait  partie  d'un 
petit  lot  de  Lépidoptères  des  Balkans  expédié  à  un  marchand  de 
Paris  par  M.  A.  L.  Montandon  à  qui  je  la  dédie. 


II 

Considérations  sur  les  Parnassiens 

D'ASIE   CENTRALE 


Mon  cher  ami  André  Avtnoff,  l'une  des  innombrables  victimes 
de  l'horrible  crime  bolchevique,  retiré  à  New-York  en  attendant 
pour  sa  Patrie  des  jours  meilleurs  et  regrettant  toujours  la  perte, 
si  dommageable  pour  la  Science  entomo logique,  de  son  incompa- 
rable collection  de  Lépidoptères  palaéarctiques,  s'efforce  coura- 
geusement de  recueillir  ses  souvenirs  et  de  faire  connaître  aux 
Entomologistes  l'opinion  que  ses  études,  ses  voyages,  ses  chasses 
personnelles  lui  ont  suggérée,  relativement  à  quelques  questions 
litigieuses  et  généralement  mal  connues  de  la  Lépidoptérologie 
asiatique. 

C'est  ainsi  que  M.  André  Avinoff  m'a  envoyé,  pour  les  Etudes 
de  Lépido-ptérologie  comparée,  une  notice  accompagnée  d'aqua- 
relles, concernant  l'histoire  du  Parnassius  Acdes/is,  une  Espèce 
d'Asie  centrale,  encore  très  rare  et  manquant  à  la  plupart  des 
collections. 

M.  André  Avinoff  est  non  seulement  un  polyglotte  éminent, 
c'est  aussi  un  artiste  des  plus  distingués.  Avec  les  matériaux,  — 
malheureusement  trop  peu  importants  et  incomplets,  —  qu'il  a 


42  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

pu  sauver  du  naufrage  où  a  sombré  son  bien,  M.  André  Avinoff 
a  personnellement  reconstitué  des  aquarelles  excellemment  des- 
smées  et  coloriées  représentant  les  diverses  races  du  Parnasshis 
Acdestïs,  qu'il  ne  faut  plus  désormais  confondre  avec  quelques- 
unes  des  multiples  variétés  géographiques  et  autres  du  Parnassius 
Delphiiis. 

Ce  Parnassius  Delfhhis  est  un  véritable  Protée.  J'ai  reçu  jadis 
d'un  officier  russe,  nommé  Akulin,  qui  tenait  garnison  au  Fort 
Naryne,  dans  le  Turkestan  oriental,  une  très  grande  quantité  de 
Lépidoptères  et  notamment  des  séries  de  P.  Dclphïus  présentant 
presque  toutes  les  variations  que  l'on  observe  çà  et  là,  quelquefois 
très  rarement,  chez  les  autres  Parnassiens,  mais  toujours  confor- 
mément à  la  Loi  de  variation  qui  régit  les  diverses  Espèces  de 
ce  Genre  si  remarquablement  homogène. 

Cependant  les  poches  cornées  des  Q  Q  sont  constituées  de 
façon  à  présenter  la  différence  qui  caractérise  assez  nettement  les 
Espèces  et  leurs  nombreuses  variétés  et  formes  géographiques  et 
autres,  dans  les  groupes  de  Parnassiens  dont  Delphius  et  Acdestis 
sont  respectivement  des  types. 

Dès  lors  M.  A.  Avinoff  a  soigneusement  envisagé  ces  carac- 
tères des  poches  cornées  chez  les  Q  Q  et  il  en  a  tiré  le  parti  qui 
s'impose  pour  la  séparation  spécifique  des  diverses  races  de  Del- 
phius et  d' Acdestis. 

C'est  ce  travail  avec  son  illustration  initialement  due  au  .talent 
de  M.  Avinoff  et  finalement  confiée  à  l'expérience  consommée  du 
Maître  J.  Culot  que  je  présente,  tel  que  je  l'ai  reçu  de  M.  Avinoff, 
aux  Lecteurs  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

J'étais  heureux,  jadis,  de  recevoir  pour  les  Etudes  les  notices 
entomologiques  que  rédigeait,  avec  tant  de  compétence  et  une 
science  si  expérimentée,  feu  Serge  Alphéraky,  de  Pétrograd. 
Alphéraky  était  l'ami  de  M.  Avinoff,  comme  il  était  le  mien  ; 
ensemble,  M.  Avinoff  et  moi,  nous  déplorons  la  mort  d'Alphé- 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE  43 

raky,  survenue  le  27  juillet  1918,  dans  les  circonstances  les  plus 
douloureuses  pour  son  cœur  de  patriote.  Il  ne  nous  reste  plus 
maintenant  que  le  sympathique  souvenir  de  ce  savant  ami  dont 
les  connaissances  en  philologie,  en  histoire  naturelle,  en  chasse  et 
en  pêche,  étaient  si  snres,  si  variées,  si  étendues. 

Au  moment  oii  j'écris  ces  lignes,  la  mort  par  la  famine,  —  sans 
parler  des  exécutions  sanglantes,  —  plane  toujours  sur  les  popu- 
lations de  l'infortunée  Russie. 

Bientôt,  ce  sera  le  froid,  dont  les  morsures  sont  si  âpres  et  si 
prolongées  sous  le  ciel  russe,  qui  ajoutera  ses  incoercibles  souf- 
frances aux  affres  de  la  faim. 

Tout  cet  océan  de  douleurs  est  pourtant  dû  à  un  bien  petit 
nombre  de  scélérat?  que  l 'ex-Kaiser  Wilhelm  II  n'a  pas  hésité 
à  faire  transporter  à  travers  toute  l'Allemagne  et  à  jeter  sur  la 
Russie,  comme  le  pire  des  fléaux  dévastateurs.  La  monstrueuse 
intention  de  Wilhelm  II  a  porté  tous  ses  fruits  criminels  et  véri- 
tablement diaboliques. 

Alors,  les  folies  sanguinaires  les  plus  cruelles  se  sont  trouvées 
déchaînées.  Depuis  les  temps  néroniens,  le  Monde  n'avait  pas  vu 
se  développer  et  se  maintenir,  à  un  tel  degré  et  sur  une  aussi 
vaste  échelle,  l'Esprit  du  Mal. 

Combien  de  temps  durera  encore  l'épouvantable  tragédie  ? 
Nul  ne  peut  le  prévoir  après  tant  de  tentatives  généreuses,  mais 
malheureusement  restées  infructueuses,  pour  rendre  à  la  Russie 
les  bienfaits  de  la  paix  et  de  la  liberté. 

Pourtant,  en  Russie,  les  pires  souffrances  et  notamment  les 
tortures  de  la  faim  ne  cessent  pas  de  sévir  sur  des  millions  de 
créatures  humaines;  chaque  jour  qui  s'écoule  voit,  dit-on,  périr 
d'inanition  des  quantités  de  vieillards,  de  femmes  et  d'enfants. 

Il  ne  semble  cependant  pas  que  le  cœur  des  tyrans  soit  ému 
de  tant  de  douleurs.  Un  petit  nombre  de  malfaiteurs  continue  à 
opprimer  sans  pitié  les  multitudes  exténuées,  terrorisées,  décou- 
ragées à  force  de  souffrir. 


44  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Avec  M.  André  Avinoff,  dans  une  si  pitoyable  détresse,  nous 
recourons  au  Très  Haut;  ensemble  nous  demandons  à  Dieu  qu'il 
daigne  mettre  un  terme  à  tous  ces  maux.  Lui  seul,  dans  sa  toute- 
puissance  et  sa  miséricorde,  peut  changer  la  face  des  choses. 

Parce,  Domine,  parce  populo  tuo,  ne  in  aeternum  irascaris  nobis. 

Rennes,  5  octobre  192 1. 

Charles  OBERTHUR. 


Notice  sur  PARNASSIUS   ACDESTIS  Gr.  Gr. 

Par  André  Avinoff. 


Dans  le  Genre  Pâmas  suis,  formant  un  cycle  d'Espèces  fort 
bien  dé&ni  et  naturellement  limité  par  une  complexité  de  carac- 
tères typiques,  se  trouve  un  groupe  d'Espèces  parentes  et  confi- 
nées au  système  des  montagnes  de  l'Asie  centrale.  C'est  le  groupe 
de  P.  imper ator,  -princeps,  Loxias,  Acdestis.  Delphius.  La  proche 
parenté  mutuelle  de  ces  groupes  est  surtout  bien  marquée  dans 
la  formation  de  la  poche  cornée  de  la  Q  qui  présente  une  struc- 
ture bilobée,  sans  carène  distincte  ou  pli  au  milieu,  le  long  du 
corps,  avec  les  deux  pointes  latérales  plus  ou  moins  prononcées, 
manifestant  une  tendance  à  être  courbées  ou  même  retournées  en 
forme  d'hélice  rudimentaire  (i). 

Ensuite  c'est  la  bande  de  2  à  5  taches  antémarginales  ocellées 
de  bleu,  le  développement  particulier  de  l'ocelle  mférieur  et  une 
tache  noire  souvent  visible  chez  les  individus  plus  foncés  de  ces 
Espèces  entre  l'ocelle  rouge  supérieur  et  la  partie  basale  des  ailes 
postérieures,  qui  forment  les  caractères  typiques  communs  à  tout 
ce  groupe.  Quelques-uns  de  ces  caractères  du  dessin  des  ailes 
inférieures  se  trouvent  chez  d'autres  Parnassiens  de  l'Asie  cen- 
trale, comme  P.  Szechenyi,  Cephalus,  Przevalkzi-A  cco,  Hardwicki, 
Hnnnyngtoni,   Maharaja   et    Sinio ;   mais   tous    ces    Parnassiens 


(i)  Parn.  Loxias  est  le  seul  de  ce  Groupe  avec  un  vestige  de  carènes;  mais  la 
formation  bifide  est  bien  marquée,  quoique  les  lobes  soient  recourbés  et  confluents. 


46  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

quoique  systématiquement  voisins  du  groupe  que  nous  traitons, 
présentent  une  toute  autre  formation  de  l'appendice  de  la  Q, 
avec  un  pli  au  milieu,  terminé  par  une  seule  pointe,  ou  bien  n'en 
ont  pas  du  tout,  comme  dans  le  cas  de  Simo.  Il  est  intéressant  de 
noter  que  c'est  précisément  ce  Groupe  qui  se  rapproche  le  plus 
du  type  ancestral  du  Doritites  paléolithique. 

Dans  le  groupe  en  question,  c'est  bien  la  relation  réciproque 
dî"  Acdestis  et  Delphi  us  qui  a  créé  le  plus  de  confusion  et  même 
P.  Verity,  qui  établit,  pour  la  première  fois,  l'indépendance  spé- 
cifique à\^cdestis  dans  son  bel  ouvrage  sur  les  Rhofaloches 
palaéarctiques  (page  318),  a  failli  de  classer  correctement  les 
formes  de  ces  deux  Espèces  tout  à  fait  distinctes.  La  cause  de 
cette  confusion  est  sans  doute  le  manque  de  matériel  nécessaire 
sur  les  races  à.\^cdestis  et  Delplmts  limitrophes  au  Thibet. 

En  rapport  à  Delphms,  peu  d'Entomologistes  peuvent  com- 
parer dans  leurs  études  des  documents  conservés  dans  des  collec- 
tions, sur  des  races  telles  que  les  suivantes,  rarement  représentées, 
comme  :  Stoliczkanns,  immaadata,  Atktnsoni,  Niceviliei,  chiira- 
lensis,  darvasica,  kafir,  Workmani,  hnnza,  Jakobsoni,  Kiritchenkoi, 
Mamaievi,  Soholevskyi,  stenosemus,  hodja,  maximinus,  etc. 

Je  fus  heureux  personnellement  d'avoir  eu  dans  ma  collection, 
—  maintenant  en  perdition,  —  absolument  toutes  les  races  et 
même  toutes  les  aberrations  de  Delphms  qui  ont  été  décrites 
jusqu'en  191 5.  Les  formes  les  plus  rares  que  je  viens  de  men- 
tionner étaient  représentées  dans  ma  collection  par  plus  de 
500  exemplaires.  Ce  matériel,  que  j'ai  pu  comparer  dans  de 
grandes  séries,  a  permis  de  me  former  une  opinion  sur  la  diffé- 
rence existant  entre  Acdestis  et  les  formes  de  Delphiîis  les  plus 
ressemblantes  à  la  première  de  ces  Espèces. 

Ma  collection  était  moins  bien  documentée  sur  Acdestis,  une 
Espèce  qui  n'est  d'ailleurs  suffisamment  représentée  dans  aucune 
des  meilleures  collections  de  Parnassius.  Des  10  ou  il  races 
locales  ^Acdestis  connues  jusqu'à  présent,  3  me  manquaient;  ce 
sont  :  diaphana,  lam.pidius  et  Macdonalai. 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  47 

Voici  de  quelle  façon,  d'après  les  données  que  je  possède,  Par- 
nassius  Acdestis  est  représenté  dans  les  plus  importantes  collec- 
tions lépidoptérologiques  du  Monde   : 

Lord  Rothschild  :  Acdestis,  Lampidius,  diaphana  F,  Macdo- 
naldi. 

Musée  Britannique  :  Acdestis,  rupshuana. 

L.  Sheliuzhko  (ex  Coll.  Deckert  et  Couzi)  :  Acdestis,  Lampi- 
dius, cretaceus. 

Otto  Staudinger  (Bang-Haas)  :  Acdestis,  Lathonijis,  Prianms. 
Musée  de  l'Académie  des  Sciences  à  Pétrograd  :  Acdestis. 

Quelques  collections  appartenant  à  des  institutions  publiques 
et  à  des  personnes  privées  (comme  le  Musée  de  Darjeeling,  la 
coll.  du  Professeur  Meinghardt,  à  Pétrograd)  ne  renferment  pas 
plus  d'une  des  formes  de  ce  papillon  extrêmement  rare.  Dans  les 
Etats-Unis,  Acdestis  n'est  représenté  dans  aucune  collection. 

Charles  Oberthùr  paraît  être  seul  jusqu'ici  à  posséder  le  vrai 
Diaphana. 

Le  caractère  principal  qui  distingue  Acdestis  de  Delphiiis  est 
constitué  par  la  forme  de  la  poche  cornée. 

Voici  de  quelle  façon  R.  Verity  décrit  la  poche  cornée 
à' Acdestis  : 

((  Nous  trouvons  un  manque  absolu  du  sillon  longitudinal  et 
des  mamelons,  car  la  surface  inférieure  de  la  poche  présente  une 
seule  surface  arrondie;  l'intérieur  présente  une  seule  grande 
cavité  vide,  car  il  n'y  a  presque  aucune  trace  des  deux  cornets, 
qui  s'observent  à  droite  et  à  gauche  à  l'intérieur  de  celle  du 
groupe  précédant  (Delphius),  mais  qui  se  réduisent  ici  à  deux 
lames  plates  à  peine  ébauchées;  enfin  son  bord  postérieur,  sur  sa 
partie  inférieure,  loin  d'être  prolongé  en  deux  pointes,  est  au 
contraire  concave  et  c'est  sa  partie  latéro-supérieure  qui  se  pro- 
longe en  deux  pointes  aiguës,  assez  longues  et  dirigées  verticale- 
ment et  légèrement  en  arrière.  » 


48  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

En  rapport  du  caractère  des  lobes  bifides^  il  est  intéressant 
de  marquer  une  variation  dans  la  longueur  de  ces  dentelures 
chez  diverses  races  de  Delphius.  Les  Delphhis  de  Tien-Chan  et 
du  Nord  de  la  distribution  de  cette  Espèce,  c'est-à-dire  le 
cycle  des  races  :  Delph'tns  typicus,  albulus,  namanganus,  trait- 
siens,  etc.,  représentent  les  pointes  de  la  poche  les  plus  élancées. 
Le  groupe  de  Sfandingeri,  Cardinal,  hunza  et  les  formes  in- 
diennes Sfoliczkanus,  Aïkinsoni,  Stenosiviiis,  Mamaievi  (i),  etc., 
montrent  des  pointes  un  peu  moins  développées.  D'autre  part, 
les  Acdeslis  du  Turkestan  ont  les  dentelures  relativement  plus 


(i)  D'après  les  lois  de  priorité,  c'est  Bang-Haas  qui  doit  être  considéré  comme 
auteur  de  P.  Delfhiiis-Mamaievi,  quoique  l'histoire  de  la  description  présente 
quelques  détails  curieux. 

Ce  papillon  a  été  obtenu  pendant  mon  voyage  aux  Indes  en  1912,  chez  un  collec- 
tionneur allemand  résidant  au  Ladakh,  qui,  à  ce  qu'il  paraît,  en  a  envoyé  une 
autre  série  à  Bang-flaas,  de  la  firme  connue  de  Staudinger,  à  Dresde. 

Bang-Haas  m'en  a  vendu  quelques  exemplaires  sous  le  nom  de  Stenosemus, 
classé  dans  son  catalogue  avec  des  points  d'exclamation.  Je  lui  ai  indiqué  que  ce 
Parnassien  était  loin  d'être  identique  au  Stenosemtts,  jamais  retrouvé  depuis  sa 
découverte  au  Kutie-Pass,  et  que  je  me  proposais  de  le  décrire  en  Angleterre, 
sous  le  nom  de  Mamaievi,  en  honneur  de  mon  ami  et  compagnon  de  voyage, 
Michel   Maraaiev. 

J'ai  préparé  la  description  dans  un  article  qui  a  été  envoyé  au  mois  de  juillet 
1914,  pour  être  imprimé  dans  les  Transactions  of  the  Eniom.  Soc.  of  I.ondon  ; 
mais  il  n'est  pas  parvenu  en  Angleterre,  à  cause  de  la  guerre  qui  a  surgi. 

En  1913,  j'ai  communiqué  trois  exemplaires  de  ce  papillon  à  M.  Ch.  Oberthùr 
et  au  Musée  Britannique,  avec  une  étiquette  portant  le  nom  que  je  lui  ai  donné. 
A.  Shelijko  le  mentiimne  comme  Mamaievi,  Avinoff,  dans  un  article  publié  en 
1914  dans  l'Iris. 

Après  avoir  appris  que  mon  article,  que  j'avais  écrit  en  un  seul  exemplaire,  et 
les  planches  qui  l'accompagnaient  avaient  été  perdues,  j'écrivis  en  Amérique  un 
autre  article  qui  fut  lu  pendant  la  séance  du  6  octobre  191 5,  de  la  Soc.  Eniom. 
de  Londres  et  publié  dans  le  fascicule  correspondant  des  Transactions. 

En  Allemagne,  cinq  jours  avant  la  séance  de  la  Société  de  Londres,  Bang-Haas 
publia,  dans  le  numéro  du  i^r  octobre  1915,  la  description  de  mon  Parnassien 
sous  le  nom  de  Mamaievi  B.-H.,  en  mentionnant,  il  est  vrai,  mon  nom  in  litteris. 
C'est  ainsi  que  les  droits  de  l'auteur  de  ce  papillon  passèrent  à  Bang-Haas  ! 

Il  est  intéressant  de  noter  que,  d'une  façon  presque  identique,  mon  ami 
Serge  Alphéraki  perdit  ses  droits  d'auteur  sur  P.  Discobolus  dont  s'empara 
feu  O.  Staudinger,  le  beau-père  de  Bang-Haas.  Dans  ce  cas,  de  même  le  nom 
proposé  par  l'Entomologiste  qui  découvrit  ce  papillon,  fut  conservé  dans  la 
description  usurpée. 

Le  même  Nestor  des  lépidoptéristes  allemands  déroba  ensuite  chez  Pagenstecher 
les  droits  d'auteur  sur  Ornilhoftera  Paradisea,  quelques  jours  avant  la  publica- 
tion  de   la   description   originale   sous   le  nom   de    O.    Schônbergi   Pagenstecher. 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPAREE  4g 


longues  que  chez  les  races  thibétaines  ou  indiennes.  Tout  de 
même  il  existe  une  différence  bien  marquée  entre  la  longueur 
des  dents  dans  les  poches  des  Delphms  et  des  Acdestis,  qui 
habitent  la  même  localité.  La  différence  est  surtout  très  nette 
dans  les  races  de  ces  deux  Espèces  volant  simultanément  dans 
les  montagnes  au  sud  d'Issyk-Kul  et  dans  le  Tien-Chan  central, 
puisque,  dans  ces  régions,  on  ne  trouve  que  les  Dd-phius  aux 
pointes  des  poches  très  longues. 

A  part  la  différence  dans  la  structure  de  la  poche  cornée, 
Acdestis  se  distingue  de  Delphius,  dans  la  plupart  des  cas,  par 
le  contour  et  le  caractère  de  la  partie  basale  grise  des  ailes  infé- 
rieures. Généralement  cette  partie  est  plus  ou  moins  uniforme  en 
teinte,  s'étend  jusqu'au  bord  antérieur  et  se  détache  nettement  sur 
la  surface  claire  de  la  partie  extérieure  des  ailes.  Dans  les  formes 
mélanisantes,  cette  partie  sombre  se  confond  avec  la  barre  unis- 
sant dans  ces  cas  les  ocelles  rouges.  Chez  Delphius,  le  contour  de 
cette  base  grise  est  beaucoup  moins  distinct. 

La  forme  de  l'ocelle  central  est  souvent  courbée  en  forme  de 
navet,  ce  qui  s'observe  parfois  chez  Delphms.  L'ocelle  costal 
(supérieur)  a  une  tendance  beaucoup  plus  prononcée  que  chez  les 
formes  de  Delphius  à  rester  noir,  sans  écailles  rouges. 

Les  ocelles  anals  sont  parfois  allongés,  ou  même  transformés 
dans  un  trait  disposé  le  long  du  bord  de  l'aile.  Une  pareille 
déformation  de  ces  ocelles  ne  se  constate  jamais  à  un  tel  degré 
chez  Delphius.  I^e  second  de  ces  ocelles,  chez  Acdestis,  est  tou- 
jours mieux  développé  que  celui  situé  auprès  du  coin  anal. 

Parmi  les  nombreuses  formes  locales  de  Delphius,  il  y  a  cer- 
tains groupes  qui,  dans  leur  aspect  général,  se  rapprochent  plus 
de  l'habitus  d' Acdestis.  Il  paraît  que  les  races  du  voisinage  de 
rissyk-Kul  ressemblent  à  cette  espèce  plus  que  les  autres.  C'est 
surtout  la  race  naman ganus  qui  présente  le  plus  souvent  une 
surface  grise  uniforme  et  assez  nettement  limitée;  d'ailleurs  les 
ocelles  bleus  semblent  être  extrêmement  variables  en  formes  chez 
cette  race  et  se  rapprochent  parfois,  à  un  certain  degré,  de  la 


SO  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE 

forme  comprimée  de  ces  macules  chez  Acdestis  Prïamus  et  excla- 
niationis. 

Tout  de  mcmc,  la  différence  structurale  dans  les  poches  cornées 
ôi^ Acdestis  Prïamus  et  de  DeLphius  nmiian ganus  reste  parfaite- 
ment bien  marquée.  Ces  cas  de  ressemblance  extérieure  de  deux 
Espèces  différentes  rappellent  bien  des  cas  analogues  dans  cer- 
taines races  de  P.  Jacqiienionli  et  Epaphiis,  où  les  cTcf  parfois 
sont  difficiles  à  discerner. 

Il  me  semble  bien  nécessaire  d'établir  une  terminologie  géné- 
ralement adoptée  pour  définir  les  subdivisions  zoogéographiques. 
Un  emploi  de  termes  dans  un  sens  arbitraire  pour  région,  pro- 
vince, zone,  etc.,  augmente  la  confusion  dans  la  registration  des 
faits  de  distribution,  d'autant  plus  que  le  terme  taxonomique 
pour  indiquer  une  race  locale  n'est  pas  uniformément  stabilisé. 
La  dénomination  de  varictas,  variété,  reste  très  indéfinie  et  se 
rattache  à  des  formes  purement  locales,  représentant  dans  le  terri- 
toire en  question  une  certaine  Espèce,  de  même  à  des  formes 
accidentelles,  saisonnières,  à  des  morphes  dans  le  cas  de  polymor- 
phisme, sans  mentionner  les  cas,  quand  ce  terme  s'applique  à  tort 
ou  bien  provisoirement,  faute  de  données  plus  complètes,  à  des 
Espèces  voisines. 

Comme  l'avait  offert  M.  A.  Semenoff,  l'émment  coléoptérolo- 
giste  russe,  il  serait  plus  correct  d'employer  le  terme  var.  dans  un 
sens  général  de  quelque  modification  du  type  et  de  registrer  les 
formes  locales  par  le  terme  de  subspccies  ou  rate. 

Le  terme  à' aberration  s'adopterait  alors  à  des  modifications 
purement  individuelles  parmi  les  exemplaires  typiques  d'une 
Espèce  ou  bien  d'une  Race,  tandis  que  Morphe  aurait  pu  être 
employé  dans  les  cas  de  modification,  dépendant  de  la  saison, 
de  l'altitude,  ou  bien  encore  pour  noter  les  cas  de  polymorphisme. 

On  devrait  bien  convenir  de  même  d'un  emploi  de  terme  exact 
et  uniforme  pour  la  taxonomie  zoogéographique. 

Parnassius  Acdestis,  avec  Acco,  Simo,  Maharaja,  vole  dans  la 
zone  la  plus  haute  des  montagnes  de  son  habitat  où  les  papillons 


LEPIDOPTEROLOGIE   COMPAREE  51 

ont  jusqu'ici  été  observés,  tandis  que  Del-phïus  ne  semble  pas  être 
exclusivement  confiné  à  l'altitude  extrême  des  lieux  de  sa  distri- 
bution. Dans  les  monts  Transalaï,  je  l'ai  trouvé  à  une  altitude 
même  de  10.000  pieds.  Au  Naryn,  il  vole  encore  plus  bas. 

La  comparaison  de  la  distribution  relative  de  Delphïiis  et 
Acdestis  est  excessivement  instructive  au  pomt  de  vue  zoogéo- 
graphique. 

Le  territoire  palaéarctique,  que  l'on  pourrait  désigner  sous  la 
dénomination  de  Règne  palaéarctique,  se  divise,  au  point  de  vue 
de  la  distribution  lépidoptérologique,  en  cinq  régions  princi- 
pales (i). 

Ce  sont  les  régions  :  méditerranéenne,  européenne,  turkestane, 
thibétaine  et  mongole.  A  ce  territoire  palaéarctique  entendu  dans 
le  sens  strict  et  pur,  il  faut  ajouter  la  région  polaire  de  l'Europe 
et  de  l'Asie,  qui  appartient  en  effet  à  la  faune  circumpolaire  et 
ne  devrait  pas  être  séparée  de  l'Amérique  arctique  qui  ne  présente 
dans  ce  sens  qu'une  province  zoogéographique  du  cercle  palaéarc- 
tique ;  ensuite,  la  plupart  des  zoogéographes  assignent  au  terri- 
toire palaéarctique  la  région  sino-himalayenne,  qui  renferme  la 
Corée,  le  Japon,  la  province  littorale  de  la  Sibérie  orientale,  la 
Chine  septentrionale,  centrale  et  occidentale,  avec  une  bande 
étroite  le  long  des  Himalayas,  à  une  hauteur  d'environ  7  à 
12.000  pieds  atteignant  le  Cashmir  II  me  semble  préférable 
d'attribuer  ce  territoire  à  la  faune  de  l'Indo-Australie.  En  tout 
cas,  c'est  une  zone  intermédiaire  entre  la  palaéarctique  toute  pure 
et  les  régions  exotiques. 

Il  n'est  pas  aisé  de  dresser  correctement,  surtout  dans  la  zone 
des  plaines,  les  limites  de  la  province  du  Turkestan  qui,  dans  la 
zone  alpine,  présente  une  individualité  zoogéographique  parfai- 
tement marquée.  L'étude  de  la  distribution  des  Lépidoptères  nous 

(i)  Si  l'on  applique  le  terme  de  région  pour  le  territoire  de  la  palaéarctique, 
il  faudrait  employer  la  dénomination  de  frovince  pour  ses  divisions  principales, 
quoique  nous  eussions  préféré  appliquer  cette  dénomination  pour  désigner  les 
subdivisions  des  régions  dans  notre  sens  et  référer  aux  districts  dans  le  sens 
encore  plus  restreint. 


52  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

force  à  assigner  le  territoire  entre  Boukhara  et  la  mer  Caspienne, 

—  de  même  que  les  territoires  adjacents  à  l'Aral  et  au  Balkhash, 

—  à  la  région  méditerranéenne  ;  tandis  que  le  vrai  Turkestan, 
comme  unité  zoogéographique,  couvre  la  région  de  Samarkand 
jusqu'au  Lobnor  et  de  Zaissan  et  Tarbagataï  jusqu'au  Kumaon 
près  du  Népol.  Le  Thibet  zoogéographique  est  limité  par  l'Altyn- 
Tay  et  les  monts  Sinin,  au  Nord,  et  par  les  hautes  régions  des 
Himalayas,  au  Sud.  A  l'Ouest,  ses  limites  forment  deux  dente- 
lures; le  sommet  de  l'une  étant  Roupshou  et  l'extrémité  de  l'autre 
Karaxorum.  A  l'Est,  la  frontière  ne  pourrait  être  maintenant 
dressée  avec  une  précision  nécessaire  ;  approximativement,  elle 
suit  les  altitudes  considérables  des  Alpes-Sinin  aux  montagnes 
à  l'ouest  de  Ta-tsien-lou  et  se  dirige  ensuite  au  Bhutan. 

11  est  bien  intéressant  de  signaler  le  fait  que  la  distribution  de 
Delphins  couvre  presque  entièrement  la  zone  alpine  de  la  région 
turkestane,  et  celle  dC AcdesHs  correspond  au  territoire  thibétain. 

Il  n'y  a  qu'une  partie  où  V Acdestis  sort  des  limites  purement 
thibétaines,  c'est  dans  le  Tian-Chan  central  et  auprès  des  côtes 
méridionales  de  l'Issyk-Kul,  volant  avec  Delphms,  comme  il  a 
déjà  été  mentionné  plus  haut.  Ce  fait  seul  est  d'une  grande  impor- 
tance zoogéographique.  Il  démontre  la  direction  où  la  faune 
thibétaine  pénètre  dans  les  limites  du  Turkestan  et  désigne  les 
bornes  du  territoire  où  les  deux  influences  s'entremêlent,  l'élément 
turkestan  prédominant  tout  de  même. 

A  son  tour,  Delphms,  dans  sa  forme  Stoliczkamis  et  inimacu- 
la^a,  dépasse  les  confins  du  territoire  Turkestan  au  Roupshou,  le 
Koulou  conservant  encore  son  caractère  mésasiatique  ou  turkestan. 

Plusieurs  autres  Espèces  de  Rhopalocères  ont  presque  exacte- 
ment la  même  distribution  que  Parn.  Acdestis.  Cette  coïncidence 
est  très  remarquable  dans  le  cas  de  Paroeneis  fumilus.  Ce 
papillon  se  trouve  non  seulement  dans  les  mêmes  limites  du 
Thibet  au  sens  strict,  mais  se  répand  au  delà,  dans  les  régions 
adjacentes  du  Turkestan,  précisément  dans  le  même  nœud  mon- 
tagneux  au    Tien-Chan   central   où   notre   Parnassien   se   trouve 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  53 


infiltré.  Cohas  Stoliczkana,  Espèce  d'ailleurs  bien  tranchée  et  tout 
à  fait  différente  d'Eogene,  —  avec  ses  races  arïda  et  miranda,  — 
occupe  le  même  territoire  de  distribution  en  ne  dépassant  ces 
limites  qu'au  Ladak,  dans  les  montagnes  situées  plus  à  l'est  que 
le  lieu  011  fut  trouvé  Acdestis  ladakensis.  Mais  il  ne  serait  du 
tout  invraisemblable  que  l'on  puisse  trouver  Acdestis  dans  la 
montagne  au  nord  de  la  ville  de  Leh,  où  se  trouve  un  autre 
papillon  purement  chibétain  comme  Cohas  Ehuesi  {Leechi,  ou 
bien  Thrasibulos  Frusth).  Cette  chaîne  de  montagnes,  entrecoupée 
par  le  col  de  Kordong  qui  se  dresse  devant  la  cité  principale  du 
Ladak,  présente  un  caractère  mixte  d'éléments  thibétains  et  mésa- 
siatiques.  C'est  ici  par  exemple  que  Col.  St olïczkana  y  vole  avec 
Eogene,  qui  ne  se  trouve  nulle  part  sur  le  territoire  purement 
thibétain. 

Entre  Issyk-Kul  et  le  Tian-Chan  central,  de  même  que  dans 
le  Raskem  —  entre  Pamir  et  le  désert  Takla-Makan  • —  on  ren- 
contre plusieurs  autres  Lépidoptères  purement  thibétains,  comme  : 
Parnassms  Epaphtis,  races  huwei  et  aksuensis.  On  pourrait  pré- 
dire avec  certitude  que,  dans  le  Raskem,  on  trouvera  encore  une 
race  Acdestis  qui  permettra  de  lier  la  forme  d' Issyk-Kul  et  Tian- 
Chan  à  celle  du  Ladak  que  mes  compagnons  et  moi  nous  avons 
trouvée,  en  1912,  au  cours  de  notre  voyage  des  Indes  au  Tur- 
kestan  russe. 

La  comparaison  de  cartogrammes  de  distribution,  enregistrée 
pour  diverses  Espèces,  pourrait  donner  une  base  purement  statis- 
tique pour  établir  non  seulement  le  contour  précis  d'un  territoire 
zoogéographic]ue,  mais  servirait  à  juger  de  la  valeur  relative  des 
zones  intermédiaires  et  des  territoires  où  l'influence  des  régions 
voisines  se  manifeste  d'une  façon  suffisante  pour  être  notée. 

C'est  pour  cela  qu'il  me  semblerait  bien  instructif  de  dresser 
des  cartes  séparées  de  distribution  pour  chaque  Espèce.  J'ai 
marqué  d'une  telle  façon  la  distribution  pour  plusieurs  groupes 
des  Rhopalocères  palaéarctiques  et  j'ai  obtenu  des  résultats  sur- 
prenants en   dressant   des   configurations   qtii   se   répétaient   soit 


54  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


entièrement,  soit  en  partie,  ou  bien  avec  quelques  variations  dans 
la  distribution  de  différents  papillons. 

Je  me  servais  de  ces  cartes  comme  instrument  de  registration 
comparative  de  l'inventaire  de  ma  collection  avec  les  matériaux 
d'autres  collections  et  les  données  mentionnées  dans  la  littéra- 
ture, en  employant  trois  types  correspondants  de  signes  pour 
noter  les  localités. 

Tous  ces  matériau.x  partagent  le  sort  de  ma  collection  et  de  ma 
bibliothèque,  maintenant  livrés  au  gré  du  bolchevisme  russe  et  de 
ses  inspirateurs,  Leiba  Bronstem,  connu  sous  le  pseudonyme  sla- 
vonisé  de  Trotzky,  et  ses  associés. 

Voici,  comme  je  le  comprends  maintenant,  le  groupement  des 
formes  connues  d'Acdes^is  : 

Parnassius  Acdestis  Gr.  Gr.  Horae  Soc.  Ent.  Ross.,  Vol.  25,  p.  446  ;  1801. 

—  --         Ruhl,    Heyne,    Pal.    Grossschmetterlinge ,    Vol.     i, 

p.   105  ;  1892. 

—  —         Staudinger  Rebel,  Catalog.  Lep.  Pal.,  p.  7;  1901. 

—  —         Stichel,  in  Seitz,  JMacrolep.,  Vol.  i,  p.  33;  PI.  16  ô; 

1906. 

—  —         Verity,  Rhof.  Pal.,  p.  81  et  318;  PI.  18,  fig.  23,  24; 

1907. 

—  —         Stichel,  in  Wiztman.,  G  en.  Ins.  Parnassiinae ,  p.  41  ; 

1907. 
■    —  —         O.  Bang-Haas,  Iris,  p.  167;  i'^''  oct.   1915. 

—  —         Avinoff,  Transact.  Entom.  Soc.  Lond.,  p.  354;  1915. 

—  —         Rothschild,  Nov.  ZooL,  p.   257;   1918-1919. 

Monts  de  Sinin. 

—  —         Subsp.  Cinerosus  Stich,  in  Seitz,  loc.  cit.,  p.  34. 

—  —  —        (diaphana)  Verity,  p.  78,  PI.  18, 

fig.  7  ;  loc.  cit. 

—  —  —  —         (delphius     var.)      OberthUr,      Et. 

Eut.,  V.  XIX,  p.  3,  PI.  8,  fig.  71. 

—  —  —  —         Stichel,    in    Witzman,    loc.     cit., 

p.  41  (Tangho,  localité  erronée)  ; 
AvinofF,  l.  c,  p.  354. 

—  —  —  —         (diaphana)      Rothschild,     l.      c, 

p.  255   (Koukou-Nor  ?). 
Monts  de  Tâ-tsien-lou. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  55 


Parnassius  Âcdestis  Subsp.  Macdonaldi  Rothschild,  l.  c,  p.  256. 

Ye  ping  Thibet  oriental. 

—  —         Subsp.  Pundit  Av.  (nov.) 

Frontières  du  Bouthan. 

—  —         Subsp.    Lathonius   Bryk,  Archiv.    -fur  Naturkunde, 

1913,     p.     123     (Alaï,     localité 
fausse). 

—  —  —  —         Bang-Haas,   l.   c,   p.    166,   PI.   V, 

fig.  19. 

—  —  —  —         Avinoflf,    l.    c,    p.    354,    PI.    LII, 

fig.  S. 

—  —  —  —         Rothschild,  l.  c,  p.  262. 

Thibet  méridional. 

—  —        Subsp.  Lampidius  Frust,  1903,  Iris^  vol.  16,  p.  44, 

PL   I,  fig.  2. 

—  —  —  - —         (Delphius  var. )  Elwes,  1903,  Iris, 

vol.    16,  p.   389. 

—  —  —  —         Verity,  /.   r.,  p.  <So,  PI.    19,   fig.    i 

et  2. 

—  —  —  —         Stichel,  l.  c,  p.  41. 

Sikkim  indépendant. 

—  —  —  —         (Whitei)  Bingham,  Lep  of  India, 

1907,   p.    125-126,  fig.    53. 

—  —  —  —         Stichel,    in    Seitz,    Macrol.    Ind. 

Anstr.,  p.   no,  PI.  50  é-,  190g. 

—  —  —  —         Avinoff,  l.  c,  p.  354. 

—  —  —  —         Rothschild,  l.  c,  p.  257. 

—  —        Subsp.  Rupshuana  Av.,  L  c,  p.  354,  PI.  LII,  fig.  5 

et  6. 

Takalung-la,  Rupshu. 

—  —        Subsp.  Ladakehsis  Av.,  L  c,  p.  354,  PL  LII,  fig.  7. 

Ladak. 

—  —         Subsp.    patricius    Niepelt,    Interen,    Etttom.    Zeit- 

schrift,  p.   274-275;    1911. 

—  — ■  —  —         Strand,  Le-pid.  Nief.,  p.  50,  PL  6, 

fig-    1-3;   1914. 

—  —  —  ^        (Delphius  Cretatus)  Sheliuzhko, 

Iris,  VIII,  p.   18,  fig.   I  ;  1914. 

—  —  —  —         Bang-Haas,  l.  c,  p.   168. 

—  —  —  —         Rothschild,  l.  c,  p.  261. 

Naryn  ?     Tien-Chan     central 
(Musart). 


56  LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


Parnassius  Acdestis  Subsp.  Priamus  Bryk,  Soc.  l-lnt.,  XXIX,  p.  24-25, 

fig^.  I,  poche  cornée,  fig.  3  ;  1914. 
Tien-Chan  central,   Khauten- 
gri- 

—  _  _  _        Bang-Haas,  l.   c,  p.    168,  PI.   V, 

fig.  20. 

—  —  —  —         Avinoflf,    /.    f.,    p.    354,    PI.    LU, 

fig-  9 
—        Subsp.  (ou  ab.?)  Exclamationis  Av.,  nov. 

Tien-Chan    central    (Musart). 

Le  groupement  des  races  d' Acdestis  présente  un  schéma  de 
parenté  réciproque  assez  complexe.  Comme  chaque  groupe  de 
formes  parentes,  leur  relation  systématique  présente  pour  ainsi 
dire  une  section  horizontale,  correspondant  au  moment  actuel  du 
développement  de  la  famille  des  races  en  question,  traversant  les 
diverses  branches  de  l'arbre  généalogique  de  l'Espèce. 

Pour  cette  unique  raison,  il  semble  impossible  de  dresser  une 
succession  linéaire  d'affinité  réciproque,  puisque  la  section  d'un 
corps  schématique  d'une  unité  stérométrique  qui  doit  exprimer  la 
position  et  l'extension  de  diverses  branches  situées  à  diverses  dis- 
tances et  dans  divers  plans,  les  unes  envers  les  autres,  doit  se 
présenter  comme  surface  et  non  comme  lignes  successives.  Mais 
une  surface  plate  sur  laquelle  il  serait  possible  de  marquer  la 
relation  mutuelle  de  diverses  formes  alliées  semble  insuffisante 
pour  exprimer  les  affinités  réciproques.  Une  étude  minutieuse  du 
groupement  de  chaque  cycle  d'espèces  et  de  races  parentes  exi- 
gerait de  recourber  cette  surface  imaginaire  sur  laquelle  sont  mar- 
quées les  diverses  unités  systématiques  de  façon  à  enregistrer  un 
rapprochement  qui  ne  se  laissera  pas  exprimer  sur  un  schéma  à 
deux  dimensions.  C'est  par  un  groupement  dans  l'espace  à  trois 
dimensions  qu'il  est  seulement  possible  d'exprimer  correctement 
la  véritable  inter-relation  systématique. 

S.  Scudder  a  dit  :  <i  It  is  impossible  to  represent  the  relation- 
ship  with  any  accuracy  on  a  plat  surface;  the  one  can  properly 
conceive  of  a  group  only  as  a  mass  )>.  {JFransactjons  Ain.  Ent. 
Soc.  Philad.elphia,  Junc  1877,  p.  74.) 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  57 

Dans  le  cas  d\A.cdesiis,  pour  simplifier  le  schéma,  on  pourrait 
se  contenter  de  dresser  la  relation  actuelle  sur  une  surface. 

Tout  d'abord,  on  y  remarque  une  parenté  qui  se  laisse  le  mieux 
exprimer  en  cycle  Acdestis  —  ladakensis  —  rupshiiana  ■ —  lam- 
■pidhis  —  lathonius  —  -pundït  —  Macdonaldi  —  cinerosus  — 
A  cdestis. 

Du  point  signifiant  la  place  systématique  d' Acdestis,  il  serait 
nécessaire  de  dresser  une  ligne  terminée  par  Priatmis  d'où  se  déve- 
loppe une  bifurcation  d'exclamationis  et  cretaceus. 

Le  tableau  synoptique  se  présente  comme  suit  : 


Cinerosus 


Macdonaldi 


•  Pundit 


Rupshuana 


Si  la  succession  des  éléments  formant  le  cycle  principal  suit  la 
distribution  géographique,  l'importance  des  différences  systéma- 
tiques ne  correspond  nullement  aux  proportions  des  distances 
séparant  les  lieux  de  distribution.  C'est  ainsi  que  ladakensis  est 
plus  proche  à' Acdestis  que  de  nifshuana.  quoique  les  Alpes  du 
Sinin  soient  à  l'extrémité  opposée  du  Thibet  en  rapport  au 
Ladak,  tandis  que  nipshiiana  vole  à  une  distance  de  trois  jours 
de  marche  de  la  localité  de  ladakensis. 

Ensuite  les  formes  du  Turkestan  russe  semblent  beaucoup  plus 
proches  de  celles  du  nord-est  du  Thibet,  et  non  de  la  partie 
géographiquement  voisine  du  Ladak  et  du  Roupshou. 


58  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

En  observant  les  proportions  de  distances  différentes  des 
diverses  unités  de  cycle  et  de  la  ramification  dérivant  d'Acdestis, 
il  faudra  rapprocher  deux  éléments  opposés  de  ce  plan  schéma- 
tique pour  exprimer  quelques  traits  de  ressemblance  entre  excla- 
mationis  et  lamfïdius. 

Il  est  intéressant  de  noter  que  le  midi  et  le  sud-est  du  Thibet 
sont  mélanitiques  par  excellence,  tandis  que  ce  sont  surtout  les 
formes  du  nord  du  territoire  habité  par  l'Espèce  en  question  qui 
sont  les  plus  claires  {ladakensis,  Priamus,  Acdestzs). 

Les  races  du  midi  et  du  sud-ouest  du  Thibet  ont  la  bande  anté- 
marginale  des  ailes  postérieures  formée  par  les  deux  ocelles  noirs 
parfois  pupilles  de  bleu  et  les  marques  en  forme  de  lunule  plus 
éloignées  du  bord.  C'est  surtout  le  cas  avec  la  lunule  dans  la 
cellule  4  qui  est  plus  proche  de  l'ocelle  louge  voisin  que  du  bord 
extérieur.  Cette  bande  de  macules  est  particulièrement  rapprochée 
du  bord  chez  les  formes  du  Thian-Chan  et  Turkestan  russe. 

Une  étude  plus  détaillée  des  formes  d' Acdestis  nous  présente 
le  tableau  suivant  : 

I.  —  Parnassius  Acdestis  Gr.-Gr.  fut  découvert,  pendant 
l'expédition  de  son  auteur  dans  les  Alpes  de  Smin-Amdo.  Il  fut 
rapporté  dans  une  série  assez  considérable  qui  se  trouve  mainte- 
nant dans  les  collections  de  l'Académie  des  Sciences  à  Petrograd, 
du  Musée  Britannique  (de  la  collection  Elwes),  de  M.  Charles 
Oberthiir,  de  Léon  Sheliuzhko  (provenant  de  la  collection 
Deckert),  de  Staudinger,  et  dans  la  mienne  (de  la  collection 
Junker).  J'ignore  si  ce  papillon,  qui  n'a  jamais  été  repris  pour 
la  seconde  fois,  existe  dans  quelque  autre  collection. 

1.' Acdestis  typique  se  distingue  par  ses  ailes  arrondies,  le 
dessin  noir  peu  développé,  la  bandé  de  taches  foncées  et  des  deux 
ocelles,  parfois  pupilles  de  bleu,  plus  rapprochés  que  chez  les 
formes  de  Roupshou,  Ladak,  Sikkim  et  du  sud  du  Thibet  et  plus 
éloignées  que  chez  la  forme  du  Thian-Chan.  Les  ocelles  rouges 
sont  moyennement  développés,  et  sur  les  ailes  postérieures  qui  ne 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPAREE  59 

présentent  pas  de  taches  rouges  basales  comme  chez  la  plupart 
des  exemplaires  du  Sikkim  et  Thibet  méridionaux. 

2.  —  I.a  race  des  grandes  altitudes  auprès  de  Tà-tsien-lou  n'est 
connue  que  d'après  les  trois  exemplaires  originaux  dans  la  col- 
lection Ch.  Oberthùr.  Pour  la  première  fois,  cette  forme  fut  repré- 
sentée dans  les  Etudes  d^ Entomologie  comme  Delphius  var. 
D'après  les  dessins  publiés  dans  cette  édition  monumentale,  mais 
peu  accessible  à  la  plupart  des  Entomologistes,  deux  Lépidopté- 
rologues  publièrent  leur  description;  Stichel  sous  le  nom  de 
cinerosus  dans  l'ouvrage  d'Adalbert  Seitz,  en  1906,  et  R.  Verity 
dans  Rhofalocera  Palaearciica,  en  1907,  sous  le  nom  de  diaphana, 
accompagné  d'une  figure  photographique  en  couleurs.  Ces  formes 
furent  attribuées  à  l'espèce  de  P.  Delphius. 

L'aspect  de  cette  race  est  semi-diaphane,  avec  la  pigmentation 
des  ocelles  des  postérieures  d'une  teinte  rouge  terne  et  assez  claire. 
Le  dessin  foncé  assez  développé,  la  bande  antémarginale  des 
postérieures  parcourant  à  une  distance  à  peu  près  égale  de  la 
frange  (i).  La  forme  arrondie  des  ailes,  non  pas  élancée,  comme 
chez  rupshuana,  lampidius  et  lathonïus.  C'est  peut-être  la  plus 
grande  race  de  toutes  les  formes  locales  à' Acdestîs. 

Cinerosus  paraît  être  exceptionnellement  rare  dans  les  lieux  de 
sa  distribution,  puisque,  parmi  les  centaines  de  mille  de  papillons 
que  M.  Charles  Oberthiir  avait  reçus  de  ses  chasseurs  thibétams, 
dans  le  cours  de  près  de  40  années,  trois  exemplaires  seulement 
de  ce  Parnassius  furent  capturés. 

3.  —  La  race  LaiHpidius  Fruhst.,  du  Sikkim,  est  la  plus  petite 
de  toutes.  Ce  papillon  fort  rare  est  représenté  dans  peu  de  collec- 
tions :  un  exemplaire  se  trouve  à  Tring  chez  Rothschild;  je  crois 

(i)  Dans  la  liste  de  Parnassiens  du  musée  de  Tring,  publiée  dans  le  vol.  XXV 
de  Nov.  ZooL,  1918-1919,  lord  Rodschild  mentionne  trois  exemplaires  de  dia- 
fhana,  du  Koukounoor.  Sans  avoir  l'idée  de  l'aspect  de  ces  exemplaires,  leur 
identité  avec  la  race  de  Ta-tsien-lou  me  semble  douteuse.  Il  y  a  en  effet  presque 
toujours  une  différence  sensible  entre  les  mêmes  Espèces,  dans  les  deux  localités. 


6o  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

que  c'est  le  type;  deux  ou  trois  appartiennent  à  la  collection 
Deckert  maintenant  chez  Sheliuzhkc,  à  Kiefl,  une  des  malheu- 
reuses cités  de  la  Russie  méridionaie  impitoyablement  dévastée 
par  les  socialistes-bolchevistes;  un  exemplaire  se  trouve  à  Dar- 
jeeling,  dans  la  collection  formée  par  Moeller.  C'est  probablement 
le  même  Parnassien  qui  a  été  mentionné  par  Elwes  comme  Paru, 
species  ?  dans  une  liste  de  papillons  du  Sikkim,  Proc,  Zool.  Soc. 
London,  1882,  p.  398. 

Le  lamfidius  avait  été  décrit  par  son  auteur,  bien  à  tort,  comme 
une  forme  intermédiaire  entre  Del-phiiis  Staiidïn geri  et  Delphins 
stenosejmts.  Fruhstorfer  évidemment  n'a  pas  su  apprécier  le 
caractère  qui  distingue  ce  papillon  spécifiquement  du  cycle  des 
formes  de  Del-phius  et  qui  a  été  mentionné  dans  la  première  ligne 
de  la  description  originaJe  :  «  dessen  O  Q  besitzen  kurze  rot- 
braune  Legetaschen  ».  En  1903,  quand  ce  papillon  fut  décrit,  la 
race  de  Delphuis  était  suffisamment  connue,  de  même  qu'il  était 
toujours  possible  de  faire  des  études  comparatives  avec  le  vrai 
Acdesiis,  pour  ne  pas  commettre  une  pareille  erreur.  Cette  forme 
d'Acdeslis  diffère  de  l'Espèce  nomotypique  par  sa  taille  réduite, 
la  forme  élancée  de  ses  ailes,  le  dessin  noir  et  semi-diaphane  plus 
développé,  et  la  bande  de  macules  antémarginales  des  ailes  posté- 
rieures plus  éloignée  du  bord.  A  la  base  des  ailes  postérieures  se 
trouve  un  ocelle  rouge,  qui  d'ailleurs  manque  chez  la  figure  qui 
accompagne  le  texte.  Les  figures  photographiques  publiées  par 
Verity  montrent  nettement  ces  taches  rouges  chez  la  Q.  Je  me 
rappelle  bien  que  l'exemplaire  de  lampïdius  dans  le  Musée  d'His- 
toire naturelle  à  Darjeeling,  fonné  par  Moeller,  présente  ce  carac- 
tère très  distinctement,  mais  je  ne  me  souviens  plus  si  cette  tache 
existe  dans  l'exemplaire  du  Musée  Tring  chez  Rothschild. 

Dans  une  notice  critique  d'Elwes  sur  l'article  de  Fruhstorfer 
contenant  la  description  de  lampidhis,  il  ne  trouve  pas  de  raison 
suffisante  pour  décrire  lampidïjis  même  comme  une  forme  distincte 
de  Delphins  y  et  le  réduit  à  la  place  modeste  et  indéfinie  de 
«  Parnassiiis  Delphius  var.  »  Si  Elwes,  en  cela,  est  encore  plus 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  6l 


loin  d'un  jugement  correct  sur  la  nature  et  la  position  systéma- 
tique du  papillon  en  question,  il  fournit  cependant  à  son  égard 
des  données  qui  ne  sont  pas  dénuées  d'intérêt. 

A  ce  qu'il  paraît,  le  dessin  original  de  lanipidnis  a  été  fait 
par  le  Colonel  Fawcett,  d'après  un  papillon  reçu  de  Fritz  Moeller 
et  venant  probablement  de  J.  C.  White,  qui  accompagna  la  Mission 
du  Gouvernement  Britannique  au  Thibet.  Ni  Elwes,  ni  le  Dr.  Cari 
Jordan  n'ont  jugé  possible  de  décrire  ce  papillon  comme  nouveau 
à  la  science. 

Il  est  intéressant  de  noter  que  Bingham,  dans  son  livre 
((  Butfer-fiies  of  India  »,  décrit  et  figure,  comme  Parnassms 
Delphius,  var.  Whitei,  un  papillon  apparemment  identique  au 
lampidius  et  capturé,  comme  on  peut  en  conclure  des  faits  cités, 
avec  le  type  de  Fruhstorfer  et  en  même  temps. 

Il  m'était  impossible  de  me  procurer  l'ouvrage  de  Bingham  aux 
Etats-Unis,  et  je  suis  obligé  de  le  citer  d'après  mémoire.  Si  je  ne 
me  trompe  pas,  la  figure  de  Whitei  représente  un  exemplaire  de 
lampidhis  plus  grand  et  plus  assombri  par  le  lavis  développé 
d 'écailles  foncées  que  la  forme  typique.  A  la  base  des  ailes  posté- 
rieures se  trouve  un  ocelle  rouge.  Ces  caractères  démontrent  une 
certaine  tendance  vers  la  direction  de  lathoniits. 

4.  —  P.  Acdestis-lathonius  Bryk  fut  décrit  comme  espèce  indé- 
pendante, d'après  deux  exemplaires  Q  Q,  dont  une  se  trouve  dans 
la  collection  de  Staudinger  à  Dresde  et  l'autre  dans  la  mienne. 
Les  deux  exemplaires  uniques  en  question  ont  été  représentés 
photographiquement  dans  les  articles  de  Vins  et  des  Transactions, 
qui  ont  été  mentionnés  en  référence  à  P.  Delphius-Mamaievi.  Plus 
tard,  j'ai  reçu  un  cf  de  lathorâus  d'un  chasseur  indigène  de  Dar- 
jeeling,  qui  a  fait  une  collection  au  Sikkim  et  Thibet  méridional. 

Ce  P.  lathonius  provient  du  sud  du  Thibet,  d'une  localité  près 
de  Kangma  et  Kambadjong.  C'est  par  erreur  que  Bryk  attribue 
la  provenance  de  ce  papillon  au  mont  Alaï  (Turkestan  russe). 


62  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Cette  race  se  distingue  de  lauipidms  par  sa  grandeur  plus 
considérable,  par  le  développement  extrênrie  du  dessin  noir;  les 
ocelles  d'un  rouge  vif  sont  joints  par  une  large  barre  d'écaillés 
noires  ;  la  tache  basale  rouge,  parfois  absente  chez  lampidius,  est 
bien  développée  dans  les  deux  exemplaires  en  question.  Les  deux 
ocelles,  bleus  dans  la  partie  anale  des  ailes  inférieures,  sont 
nettement  formés.  La  forme  des  ailes  est  élancée  avec  un  angle 
nettement  prononcé  à  la  quatrième  nervure  des  postérieures,  sur- 
tout dans  l'exemplaire  de  ma  collection. 

En  191 8,  i'ai  reçu  un  très  petit  envoi  retardé  d'un  de  mes 
chasseurs  qui  a  collectionné  des  papillons  à  la  frontière  du 
Thibet,  Sikkim  et  Bhoutan.  Il  y  avait  deux  exemplaires 
d' Acdestis  très  proches  de  la  race  lathonius.  Ces  deux  Q  Q  sont 
caractérisées  par  un  aspect  encore  plus  sombre,  un  développement 
extrême  des  ocelles  bleus  et  les  parties  du  dessin  noir  plus  élargies. 
La  fornie  des  ailes  est  bien  plus  large  que  chez  les  exemplaires 
connus  de  lathonius  et  rappelant  la  forme  des  ailes  de  F.  Acdestis- 
cinerosiis.  Les  ailes  postérieures  ne  présentent  pas  d'angle  près 
de  la  quatrième  nervure  et  sont  régulièrement  arrondies.  Un  des 
deux  exemplaires  en  question  a  quelques  écailles  rouges  à  la  place 
de  l'ocelle  basai.  Il  ne  serait  pas  impossible  que  ces  deux  exem- 
plaires se  ressemblant  beaucoup  l'un  à  l'autre,  appartinssent  à  une 
race  de  la  frontière  du  Bhoutan,  voisine  de  lathonius,  mais  tout 
de  même  à  part,  avec  un  penchant  dans  la  direction  de  la  race  de 
Ta-tsien-lou.  Dans  ce  cas,  cette  forme  pourrait  porter  la  dénomi- 
nation Acdestis-pundit,  subspecies  nova,  avec  les  caractères  indi- 
qués. 

Je  m'empare  d'une  occasion  de  rectifier  une  remarque  incorrecte 
que  M.  Bryk  m'attribue  à  tort  dans  son  article  sur  lathonius,  et 
qui  a  été  répétée  par  Bang-Haas.  Ces  auteurs  réfèrent  à  mon 
opinion  exprimée  dans  une  lettre  à  Bang-Haas,  notamment  que 
lathonius  est  proche  de  P.  Cephalus.  Certainement  je  n'ai  jamais 
fait  de  rapprochement  aussi  faux,  puisque  j'ai  proposé  de  l'attri- 
buer à  Acdestis  comme  forme  locale,  en  le  privant  d'une  position 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  63 

spécifiquement  indépendante,  attribuée  par  son  auteur  ;  c'est  jus- 
tement le  point  de  vue  que  j'ai  exposé  dans  mon  article  en  anglais, 
dans  TrciîîsacHojis,  191 5. 

En  191 6,  j'ai  reçu  un  exemplaire  d'un  cf  d'une  forme 
d'Acdesiis  que  je  suis  mcliné  à  envisager  comme  lathonius.  Cet 
exemplaire  provient  de  quelque  localité  ou  sud  du  Thibet  ou  du 
Sikkim  indépendant,  et  fut  récolté  par  un  indigène  qui  ne  marqua 
pas  le  lieu  de  sa  capture.  Tout  ce  que  je  sais,  c'est  qu'une  partie 
des  papillons  rapportés  de  ce  voyage  furent  pris  près  de  la  vallée 
Chumbi. 

Ce  qui  reste  certain,  c'est  que  le  papillon  en  question  n'est  pas 
un  lampidius,  dont  le  cf  est  connu.  Mais  il  reste  à  douter  s'il  doit 
être  attribué  comme  le  vrai  cf  de  lathonius,  puisque  aucun  cf 
authentique  ne  fut  rapporté  avec  les  deux  femelles  connues  de 
lathonius.  De  même,  on  ne  connaît  pas  le  cf  de  la  forme  pour 
laquelle  je  viens  de  proposer  le  nom  de  Subspecies  fundit.  On  peut 
être  sûr  que  le  (^  de  ces  deux  formes  est  plus  mélanisant  que 
les  Q  Q  correspondantes.  Si  cet  exemplaire  n'appartient  pas  à 
une  race  inconnue  qui  relie  lathonius  et  fundit,  je  préfère  le  consi- 
dérer, faute  de  documentation  plus  précise,  comme  cf  de  lathonius, 
quoiqu'il  n'y  ait  pas  de  traces  d'ocelles  basaux.  Le  caractère  le 
plus  prononcé  qui  le  rapproche  des  Q  Q  de  lathonius  est  la  forme 
des  ailes,  élancée,  avec  une  courbe  caractéristique  des  inférieures 
auprès  de  la  quatrième  veine.  D'ailleurs,  les  ocelles  anals  bleus 
rappellent  beaucoup  plus  ceux  de  lathonius  que  de  pundit. 

Toutes  ces  questions  seront  élucidées  après  des  recherches  plus 
complètes  dans  le  territoire  peu  accessible  du  Thibet  méridional. 
Les  faits  actuels  tendent  à  prouver  qu'il  y  existe  beaucoup  de 
formes  locales  dans  le  grand  massif  des  Himalayas,  adjacent  au 
Sikkim. 

5.  —  Lord  Rothschild  a  décrit,  en  191 8,  un  nouveau  Parnassien 
du  sud-est  du  Thibet,  sous  le  nom  de  Macdonaldi,  qu'il  attribue 
comme  race  de  Delphius,  quoiqu'il  ne  puisse  pas  y  avoir  de  doute 


64  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

que  c'est  une  forme  d'Acdesùs.  La  description  commence  en  effet 
par  une  comparaison  avec  lampidius  qui  est  une  race  à.' Acdestis 
indubitable,  quoique  méconnue  comme  telle  par  Rothschild,  tandis 
que  la  référence  à  l'ab.  Styx,  citée  par  son  auteur,  tend  à  démon- 
trer le  caractère  mélanisant  de  cette  nouvelle  race.  Il  est  surtout 
surprenant  que  l'auteur  de  cette  forme  ne  se  soit  pas  rendu  compte 
de  la  position  systématiciue  du  papillon  qu'il  décrivit,  ayant  dans 
sa  collection  une  dizaine  de  femelles  du  nouveau  Parnassien. 
Quant  à  la  position  systématique  diWcdestïs,  Rothschild  exa- 
gère même  la  valeur  des  différences  spécifiques  de  Delphius,  en 
classant  Acdestis  entre  P.  Acco  et  imper at or,  et  en  le  privant  de 
sa  place  naturelle  à  côté  de  Delphms. 

Voici  la  transcription  de  la  description  originale  : 

This  is  a  very  distinct  subspecies,  being  intermediate  between 
lampidius  Fruhst.  and  albidiis  ab.  styx. 

cf.  Forewing  deep  sooty  grey-black,  basai  one-fourth  obliquely 
above  (vein  i  powdered  conspicuously  with  white,  2  large  v^hite 
patches  and  2  intense  black  ones  in  and  at  extremity  of  cell  ; 
2  transverse  pçstdiscal  bands  of  white  spots  from  costa  to  vein  i, 
below  vein  i  is  one  large  coalescent  white  postdiscal  patch. 
Hindwing  basai  three-fourths  sooty  grey-black,  2  intense  rather 
small  crimson  ocelli  with  deep  black  rings,  2  white  spots  on  each 
side  of  upper  ocellus;  outer  one-fourth  white,  2  black  dots  in 
place  of  2  blue  ocelli,  a  sinuate  blackish-grey  band  from  costa 
to  vein  3  narrowing  from  costa  downwards,  margin  irregularly 
dark  grey.  Q  similar  but  whiter,  basai  one-third  of  forewings 
being  almost  white,  and  postdiscal  rows  of  spots  much  larger, 
while  outer  one-third  of  hindwing  is  white. 

Length  of  forewing   :  cfcf  28-32  mm.      Q  Q    27-33  ^n"^- 
Expanse   :  cfcf  60-68  mm.      g  Q    58-70  mm. 

Habitat.    Yatung,  Thibet. 

13  C?Cf,  10  Q  Ç  Yatung,  12,000 — 14,000  ft.,  Thibet  (D.  Mac- 
donald). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  65 

Malheureusement,  la  description  de  ce  Parnassien  très  intéres- 
sant n'est  pas  accompagnée  d'une  figure  et  il  est  difficile  de 
concevoir  une  idée  exacte  sur  la  relation  de  ce  Parnassien  avec 
cïnerosrts,  -piindit  et  latkonius,  qui  sont  toutes  des  formes  plus 
grandes  et  plus  assombries  que  lampidius,  mais  avec  des  carac- 
tères différents.  La  description  ne  contient  pas  de  comparaison 
avec  latkonius  et  cinerosus. 

Peut-être  pundit  est-il  encore  plus  foncé  que  Macdonaldi,  ayant 
d'ailleurs  l'extrême  développement  des  ocelles  bleus  réduits  à  de 
simples  points  noirs  chez  les  23  exemplaires  de  Macdonaldi,  à  en 
juger  par  la  description. 

A  part  le  mélanisme  exagéré,  cette  race  est  probablement  la  plus 
proche  de  cinerosus.  Il  serait  bien  intéressant  de  connaître  à  quelle 
distance  du  bord  parcourt  la  bande  de  macules  antémarginales 
des  postérieures.  Ce  caractère  pourrait  élucider  la  position  rela- 
tive de  ce  papillon  entre  les  races  des  frontières  du  Bhoutan  et 
des  monts  de  Ta-tsien-lou. 

Ce  papillon  fut  capturé  dans  la  série  originale  au  Yatung,  à 
une  altitude  de  12.000  à  14.000  pieds,  dans  la  même  localité 
qu'une  série  de  P.  Acco-baileyi,  qui  forme  transition  à  P.  Prze- 
valskyi,  la  race  extrême  du  groupe  à.'Acco. 

6.  —  P.  Acdestis-ru'pshuana  Avinoff. 

Cette  belle  race  de  Roupshou,  au  sud-est  du  Ladak,  a  été 
trouvée  pendant  notre  expédition  de  191 2,  avec  Mamaiev  et 
A.  Jakobson,  des  Indes  en  Russie.  Nous  attrapâmes  1 1  exemplaires 
auprès  des  rochers  désolés,  privés  de  toute  végétation,  et  des  ébou- 
lements  de  pierres  au  sommet  du  col  de  Tagalang-la,  à  une  hau- 
teur de  17.500  pieds  et  même  plus  haut.  Je  me  souviens  bien  d'une 
excursion  qui  nous  donna  la  plupart  des  exemplaires  de  cette 
forme.  Sur  la  partie  plate  et  pierreuse  du  col,  c'étaient  les  P.  Acco 
qui  volaient  avec  des  mouvements  de  chauves- souris,  à  quelques 
pouces  à  peine  au-dessus  du  sol.  Quand  nous  nous  approchâmes 
des  rochers,  qui  se  dressaient  presque  verticalement,  nous  vîmes 


66  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

des  Parnassiens  qui  volaient,  quoique  vite,  mais  pas  à  une  allure 
aussi  précipitée  o^^ Acco-;  c'était  la  forme  nouvelle  A' Acdestis 
que  nous  ne  nous  attendions  pas  à  rencontrer  ici,  ce  qui  prouva, 
une  fois  de  plus,  que  nous  étions  dans  la  vraie  région  thibétaine. 

De  ces  lo  exemplaires,  7  se  trouvent  dans  ma  collection  et  les 
3  autres  sont  chez  Ch.  Oberthiir  et  au  Musée  Britannique. 

On  peut  concevoir  une  correcte  idée  de  cette  race  en  la  compa- 
rant avec  lampidms,  dont  elle  diffère  par  sa  taille  supérieure  et 
les  macules  de  la  bande  antémarginale  des  postérieures,  considé- 
rablement réduites  et  encore  plus  éloignées  du  bord.  Au  lieu  des 
deux  ocelles  bleus,  il  n'y  en  a  qu'un  seul  qui  soit  marqué  par  un 
point  noir,  le  second  est  à  peine  tracé  par  quelques  écailles  noires. 
Dans  aucun  de  mes  exemplaires  on  ne  trouve  de  traces  d'écaillés 
bleues.  La  forme  des  ailes  est  très  élancée  avec  une  courbe  du 
bord  des  inférieures  près  de  la  quatrième  nervure.  Il  n'y  a  pas 
d'ocelles  rouges  basais. 

7.  —  Acdestis-ladakcnsis  Avinoff  fut  pris  pa.r  M.  Mamaiev  en 
un  seul  exemplaire  de  0  sur  le  pass  (col)  de  Shera-la,  à  l'est  de 
la  ville  de  Leh.  Cette  forme  est  très  blanche,  a  les  ailes  beaucoup 
plus  arrondies  que  chez  rupshuana,  sans  l'angle  prononcé  sur  la 
nervure  des  postérieures.  Les  ocelles  noirs  auprès  de  l'angle  anal 
des  ailes  postérieures  sont  beaucoup  plus  développés,  tandis  que 
toutes  les  autres  parties  sombres  du  dessin  sont  réduites  en 
étendue. 

Cette  forme  présente  une  transition  de  rufshuana  dans  la 
direction  du  typique  Acdestis,  dont  elle  ne  diffère  que  par  la 
bande  des  macules  antémarginales  plus  éloignée  du  bord,  s'en 
rapprochant  remarquablement  sous  tout  autre  rapport.  En  com- 
paraison de  V Acdestis  typique,  ladnkensis  est  d'une  plus  grande 
taille  et  présente  les  ocelles  rouges  des  inférieures  relativement 
plus  petits.  Un  matériel  additionnel  est  bien  indispensable  pour 
établir  définitivement  les  caractères  de  cette  race,  indubitablement 
distincte  de  sa  voisine  géographique  immédiate,  subsp.  rupshuana. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Il  faut  supposer  avec  certitude  que  le  mâle  est  plus  sombre  que 
la  femelle. 

8.  —  Parnassïsiis  AcdesHs-Priamus  Bryk  fut  décrit  en  19 13, 
d'après  un  couple  de  Chan-Tengri,  Tian-Chan  central.  Les  deux 
types  se  trouvent  dans  ma  collection.  Ces  papillons  furent  pris  sur 
la  frontière  du  Turkestan  russe.  11  existe  un  cf  de  cette  forme  dans 
la  collection  du  Professeur  Mainhard,  à  Petrograd,  provenant  de 
la  même  localité,  identique  aux  exemplaires  origmaux. 

La  formation  de  la  bande  des  macules  antémarginales  des  infé- 
rieures est  surtout  caractéristique  pour  cette  race.  Elle  est  très 
rapprochée  du  bord.  La  macule  dans  l'espace  entre  les  nervures 
est  disposée  presque  à  la  même  distance  de  la  frange  que  les 
autres  taches  de  la  bande,  présentant  le  caractère  diamétralement 
inverse  à  celui  des  races  de  Ladak,  Rupshu,  Sikkim  et  sud  du 
Thibet.  Les  deux  ocelles  anals  sont  comprimés  à  des  stries 
disposées  le  long  du  bord.  Toutes  les  macules  sont  faiblement 
marquées. 

Il  est  intéressant  de  noter  que  dans  l'extrême  nord-ouest  de  la 
distribution  d'Acdesiis,  ce  n'est  pas  apparemment  la  seule  race. 
Il  existe  encore  deux  autres  types  :  l'un  extrêmement  clair  avec 
la  bande  antémarginale  des  postérieures  tout  à  fait  absente  et  le 
bord  semi-diaphane  marginal  assez  bien  développé  et  entrecoupé 
en  dentelures  par  les  veines,  et  l'autre  type,  avec  le  dessin  foncé 
bien  plus  développé  que  chez  Priamus,  les  ocelles  des  postérieures 
étant  liés  par  une  bande  noire  à  peine  marquée  chez  Priamus  et 
les  ocelles  bleus  distinctement  pupilles.  La  première  forme  de 
Naryn  a  été  décrite  par  Niepelt  sous  le  nom  de  patricius,  et  ensuite 
par  Sheliuzhko,  d'après  un  exemplaire  femelle  de  la  collection 
Deckert,  assigné  comme  provenant  du  Pamir,  sous  le  nom  de  Par- 
tîassms  Delphius-Cinerosus.  Plus  tard,  Bang-Haas  a  exprimé  ses 
doutes  sur  la  provenance  du  Parnassien  de  cette  localité,  étiqueté 
ainsi  par  son  premier  possesseur,  de  qui  il  fut  obtenu  par  la  firme 
Staudinger  et  Bang-Haas  et  vendu  à  Deckert, 


68  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Il  est  bien  intéressant  de  noter  que,  dans  ma  collection,  se  trou- 
vaient deux  exemplaires  de  femelles  très  claires  et  absolument 
identiques  à  la  figure  de  Slieliuzhko,  sans  vestiges  de  bandes  anté- 
marginales  et  d'ombre  transversale  entre  les  ocelles. 

L'un  de  ces  exejnplaires  provient  du  Col  Musart  du  Tian-Chan 
central,  de  la  même  localité  où  vole  Parnassius  Loxias.  Je  l'ai 
obtenu  de  mon  collecteur  Rùckbeil;  l'autre  m.'est  parvenu  de  feu 
Max  Bartel,  de  Nuremberg-,  et  porte  l'étiquette  «  Sud  Tssyk-Kul  )>, 
ce  qui  n'est  pas  assez  précis  pour  une  région  d'une  structure  oro- 
graphique aussi  complexe  et  abondante  en  formes  locales. 

Avec  ces  trois  femelles  en  question,  il  est  difficile  de  dire  s'il 
s'agit  d'une  morphe  claire  au  dessin  réduit  de  la  femelle  de 
Priamus,  ou  bien  si  nous  avons  affaire  à  une  race  séparée  dont  le 
mâle  n'est  pas  connu.  D'ailleurs,  la  région  de  sa  distribution  n'est 
pas  établie  a  cause  des  données  douteuses  ou  peu  précises  de 
l'exemplaire  de  Sheliuzhko  et  de  l'un  des  miens.  Il  me  semble 
possible  tout  de  même  de  supposer  que  ce  sont  des  échantillons 
d'une  race  plus  répandue  que  le  Prïamiis  de  Chan-Tengri. 

La  seconde  forme,  avec  les  ocelles  liés  par  une  strie  en  forme 
de  point  d'exclamation  ne  m'est  connue  que  d'après  mon  exem- 
plaire de  mâle,  pris  par  Rùckbeil  dans  le  Tian-Chan  central,  près 
du  Chan-Tengri,  et  Musart,  et  d'après  un  croquis  d'un  autre 
exemplaire  qui  me  fut  envoyé  par  ce  chasseur  (figure),  mais  sans 
indication  précise  du  lieu  de  la  capture.  Peut-être  n'est-ce  qu'un 
exemplaire  mélanique  accidentel  ?  mais  il  se  peut  que  ce  soit  une 
race  locale  bien  tranchée.  Il  est  impossible  d'en  juger  à  présent 
sans  matériaux  supplémentaires.  S'il  fallait  assigner  une  place  à 
cette  forme,  comme  race  locale,  je  proposerais  le  nom  de  Subsp. 
exclamationis. 

Peut-être  la  question  de  Priamus^  cretatus,  patrïcius  et  de  ma 
forme  foncée  est-elle  élucidée  par  les  données  publiées  par  Strand 
dans  Lepidoptera  Niepehia7îa  sur  Parnassius  patricius  et  accom- 
pagnées de  trois  figures?  Je  n'ai  pas  pu  trouver  cet  ouvrage  dans 
les  Etats- LTnis  d'Amérique. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  ÔQ 


N'ayant  pas  vu  la  figure  de  -patricius,  j'ignore  s'il  est  juste  de 
se  fier  à  l'assertion  de  O.  Bang-Haas,  qui  considère  cretatus 
comme  synonyme  de  patricius. 

Tout  de  même  la  description  originale  de  patricius  Niepelt  ne 
semble  pas  être  conforme  à  la  description  et  figure  de  cretatus 
Sheliuzhko. 

Voici  ce  que  Niepelt  écrit  sur  les  ocelles  des  postérieures  : 

((  Aile  submarginalen  Flecke  und  Zeichnungen  fehlen  bis  auf 
emen  kleinen  dunkeln  Wisch  im  vorderem  Radialzwischenrum. 
Die  kleinen  schwarzen  Ocellen,  welche  distal  weiter  von  der  Zelle 
abgeriickt  sind  als  bei  Delphius,  werden  von  einer  Schicht 
rauchschwarzer  Schuppen  halbschattenartig  ùberwuchert,  so  dass 
der  ganze  Fleck  ein  unregelmàssiges  fleckziges  Aussehen  erhàlt.  » 

Ce  papillon  est  certainement  bien  loin  de  F.  Acco,  duquel 
Niepelt  propose  de  le  rapprocher. 

En  ce  qui  concerne  cretatus,  ce  Parnassien  a  des  ocelles  pupilles 
de  rouge  terne  et  non  liés  par  une  bande  rombre.  Sans  attacher 
une  valeur  décisive  à  ces  différences,  il  reste  à  signaler  un  carac- 
tère commun  à  cretatus  et  patricius,  consistant  en  une  absence 
complète  de  macules  antémarginales,  excepté  une  tache  jusqu'à 
l'extrémité  antérieure. 

Sans  soutenir  une  opinion  définitive  sur  la  position  de  ces 
formes,  il  serait  intéressant  de  rappeler  que  c'est  justement  dans 
le  nœud  complexe  des  chaînes  de  montagnes  du  Tian-Chan 
central  que  nous  trouvons  dans  un  voisinage  très  proche  diverses 
races  de  Parnassius  Simo,  notamment  :  Boedroniius  Piing.,  Pyg- 
maeus  B.-H.,  Candidus  Avin.,  GylUppos  Piing.  Les  formes  de 
Satyrus  Huebneri  de  ces  localités  (latefasciata  Gr.  Gr.,  Tankrei, 
Regeli,  corlana,  et  quelques  formes  non  décrites  de  ma  collection) 
présentent  le  même  phénomène  d'un  groupement  serré  de  races 
locales  bien  définies.  Il  en  est  de  même  pour  le  cas  de  la  distri- 
bution des  formes  de  Lycaena  Pheretiades  et  d'Erebia  turanica 
dans  cette  localité. 


70  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


Telles  sont  les  données  sur  ces  intéressants  Parnassiens  que 
j'ai  pu  établir  sans  recourir  ni  à  ma  collection,  ni  à  ma  biblio- 
thèque. 

Il  faudrait  souhaiter  que  l'étude  de  la  faune  thibétaine  et  des 
parties  adjacentes  puisse  être  élargie  et  accomplie  dans  un  pro- 
chain avenir.  Il  semble  probable  que  pour  quelque  temps  les  parties 
limitrophes  aux  anciennes  possessions  asiatiques  de  ce  qui  était 
jadis  l'Empire  des  Cza.rs  seront  moins  accessibles  que  les  terri- 
toires les  plus  mystérieux  du  pays  des  Dalai-Lamas. 

Ces  explorations  futures  verseront  sans  doute  de  la  lumière  sur 
le  fugitif  Parnassien  qui  continue  à  échapper  jusqu'à  présent  à 
une  étude  plus  précise. 

New- York,  1920. 

André  AVINOFF 


III 
A  propos  du  Syrichthus  Alveus 


Le  Genre  Syrie hihus  Boisduvai,  tel  que  l'a  compris  cet  Auteur 
dans  le  Gênera  et  Index  methodicus  europaeorurn  Lepidofte- 
rorum  publié  à  Paris,  en  1840,  est  désigné  sous  le  nom  de 
Hesperia  dans  le  Caialog  der  Lepïdopteren  des  paLaearctischen 
Faimengebietes,  par  Staudmger  et  Rebel,  publié  à  Berlin,  en  mai 
1901. 

Le  Genre  en  question,  d'aspect  très  homogène,  renferme  beau- 
coup d'Espèces  qui  sont  répandues  dans  presque  toutes  les 
contrées  du  Monde,  en  EurojDe,  en  Asie,  en  Afrique  et  en  Amé- 
rique. On  voit  en  effet  voler  des  Syrichthus  aussi  bien  dans  la 
zone  tropicale  que  dans  les  régions  les  plus  élevées  des  Alpes, 
dans  le  Labrador  et  la  Laponie. 

Certaines  Espèces  sont  faciles  à  distinguer  les  unes  des  autres. 
Quelques-unes,  au  contraire,  se  ressemblent  beaucoup  par  leurs 
caractères  extérieurs,  au  point  qu'elles  sont  restées  longtemps 
confondues.  Le  premier  Entomologiste  qui  essaya  de  faire 
pénétrer  un  rayon  de  lumière  dans  l'obscurité  générale,  fut  un 
Français,  le  Docteur  Rambur.  Il  imagina,  dans  la  Faune  ento- 
molo gigue  de  l'Andalousie  (Pans,  1839),  de  chercher,  par  la 
comparaison  des  ailes  inférieures,  en  dessous,  et  surtout  des 
organes  génitaux,  dits  :  gemtalia,  les  caractères  distinctifs  de 
plusieurs  Espèces  voisines,  restées  jusqu'à  cette  époque  confon- 
dues entre  elles,  mais  qu'avec  beaucoup  de  raison,  il  pressentait 
différentes. 


72  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Sur  la  Planche  8,  dessinée  par  lui-même,  Rambur  donna  une 
iiguration  assez  exacte  des  genitalia,  du  dessus  et  surtout  du 
dessous  des  ailes  pour  plusieurs  Espèces  de  Syrie  ht  hus  qu'à  ce 
moment  il  désignait  sous  le  nom  générique  de  Hesperia. 

Au  dépens  à.' Alveus,  selon  Hiibner,  Rambur  distingua  :  Ser- 
ratidae,  CarLinae,  Cirsii,  Onopordi.  Personne  ne  conteste  aujour- 
d'hui la  validité  spécifique  de  ces  nouvelles  Espèces  d' Hesperia; 
mais  Rambur  n'avait  pas  tout  vu  et  il  a  laissé  à  glaner  après  lui. 
Comme  je  l'ai  déjà  fait  observer,  le  Docteur  Rambur,  qui 
jouissait  d'une  science  étendue  et  d'un  coup  d'œil  incomparable, 
était  malheureusement  fort  inconstant.  Il  abandonnait  facilement 
une  entreprise  qu'il  avait  pourtant  conçue  avec  enthousiasme  et 
d'abord  menée  avec  un  zèle  laborieux,  pourtant,  hélas!  un  peu 
désordonné;  puis  il  mettait  sur  pied  d'autres  projets. 

C'est  ainsi  que  la  Faune  entoinologique  de  V Andalousie  qui 
devait  faire,  d'après  le  titre  même,  deux  forts  volumes  in-8° 
accompagnés  de  50  planches,  fut  arrêtée  par  son  Auteur,  en 
cours  de  publication.  Les  livraisons  qui  ont  paru  sont  restées 
difficiles  à  obtenir  et  bien  peu  d'Entomologistes  contemporains 
peuvent  se  flatter  de  posséder  dans  leur  bibliothèque  un  exem- 
plaire complet,  comme  texte  et  comme  planches,  de  la  Faune 
entomologique  de  V Andalousie. 

Cependant  il  semble  que  Rambur  ait  toujours  regretté  de  ne 
pas  avoir  poursuivi  son  premier  dessein.  Aussi  fit-il  paraître,  à 
partir  de  1858,  un  nouvel  ouvrage  intitulé  :  Catalogue  systéma- 
tique des  Lépidoptères  de  l' Andalousie. 

Cet  ouvrage  ne  fut  du  reste  pas  mieux  complété  que  le  pre- 
mier; le  texte  s'arrête  à  la  page  412  qui  est  dite  :  Fin  de  la 
première  partie. 

Cependant  les  Planches,  au  nombre  de  22  (du  moins  dans 
l'exemplaire  que  je  possède),  contiennent  la  figure  —  d'ailleurs 
généralement  exacte  —  de  beaucoup  de  Noctuelles  et  de  Géo- 
mètres, dont  le  texte  correspondant  était  sans  doute  destiné,  dans 
la  pensée  de  l'Auteur,  à  composer  la  deuxième  partie  du  Cata- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  73 

logue  systématiqjie  des  Lépidoptères  de  C Andalousie,   laquelle 
seconde  partie  n'a  jamais  vu  le  jour. 

Pour  la  partie  de  l'ouvrage  qui  a  paru,  ia  pensée  de  Rambur 
se  révèle,  comme  avant,  toujours  inquiète  et  désordonnée;  c'est 
ainsi  que  les  notes  composées  en  plus  petits  caractères  que  le 
texte  courant,  se  rapportant  souvent  à  d'autres  sujets  qu'à  l'objet 
principal,  abondent,  au  point  de  paraître  souvent  beaucoup  plus 
importantes  que  le  corps  même  de  l'ouvrage. 

Rambur  s'est  occupé  des  Hespérides  de  rAndalousie.  Il  crée 
pour  certains  Syrichlhus,  parmi  lesquels  se  trouve  classé  Alveus, 
un  nouveau  Genre  :  Scelotrix;  il  décrit,  en  note,  sans  la  figurer, 
une  nouvelle  Espèce  :  Galactiies,  à  propos  de  laquelle  nous 
sommes  restés  sans  renseignements  iconographiques,  de  sorte  que 
le  nom  a  été  considéré  par  tout  le  monde  comme  nul  et  non 
avenu. 

Je  l'ai  en  vain  cherché  dans  le  Catalog  par  Staudmger  et 
Rebel,  1901. 

Lorsqu'une  Espèce  de  Lépidoptère  a  été  simplement  décrite, 
non  figurée,  —  comme  elle  est,  par  ce  fait,  le  plus  souvent  mécon- 
naissable, —  son  nom  devient  purement  et  simplement  nudum  et 
inane;  ce  nom  est  voué  à  l'abandon  et  à  l'oubli. 

Bien  des  fois  déjà,  au  cours  de  ma  carrière  entomologique, 
j'ai  réclamé  une  bonne  figure  pour  rendre  une  description  valide. 
Aussi  je  n'ai  cessé  de  proclamer  une  vérité  que  conteste  seule- 
ment l'égoïste  avarice  de  quelques-uns  :  Pas  de  bonne  figure  à 
l'appui  d'une  description,  pas  de  nom  valable. 

Staudinger  et  Rebel,  en  ne  citant  pas  Galactites,  dans  leur 
Catalog  1901,  ont  montré  que,  pratiquement,  ils  étaient  de  mon 
avis. 

Revenons  à  Alveus  que  Rambur  colloque  dans  son  nouveau 
Genre  :  Scelotrix.  Il  reconnaît  (p.  70)  que  les  individus  recueillis 
dans  la  Sierra-Nevada  sont  un  peu  différents  des  autres.  J'ai  fait 
la  même  constatation.  Rambur  n'ose  toutefois  pas  ériger  les 
échantillons  andalous  en  une  Espèce  distincte.  J'ai  été  plus  hardi 


74  LEPlDcJPl  ÉCOLOGIE    COMPARÉE 


et  je  rapporte  à  l'Espèce  algérienne  et  marocaine  Numida,  Obthr., 
le  Synchihiis  andalous  que  Rambur  et  son  ami  de  Graslin  ont 
rapporté,  non  seulement  sans  conviction,  mais  avec  doute  et  hési- 
tation, à  Alveus. 

En  note,  à  la  page  70  {Icc.  cit.),  Rambur,  parlant  d' Alveus, 
dit  :  u  Cette  Espèce  est  surtout  commune  dans  les  parties  mon- 
tagneuses du  midi  ». 

En  ejEfet,  c'est  dans  les  Pyrénées  que  jusqu'ici  j'ai  surtout 
observé  ce  que  je  considérais  comme  le  véritable  Alveus. 

Guenée,  dans  sa  collection,  possédait  cependant  deux  exem- 
plaires d' Alveus  étiquetés  :  Herblay,  et  dans  la  plus  grande 
étiquette,  complément  de  la  première  et  qui  est  également  fixée 
à  l'épingle  du  papillon,  je  peux  lire  ce  qui  suit,  écrit  par  Guenée 
en  caractères  calligraphiés,  mais  microscopiques  •  ci  Syrichtus 
(sic)  Alveus  Hb.  461  463  et  texte  —  Rb.  Faune  Andal.  fig.  3  ; 
Catal.  syst.  p.  6g  —  H.  S.  p.  156.  —  Dup.  Suf.  texte,  pi.  50  — 
Roesel  I,  cl.  2,  p.  57,  pi.  X.  F ritilimn  Och.  —  Bdv.  le.  p.  232  — 
Gn  et  De  V.  p.  1 16  —  God.  Enc.  p.  784  et  Hïst.  nat.  pL  28, 
fig.  I  et  2  —  Carthamï  Dup.  Sup.  pi.  42,  fig.  3  et  4.  Type. 
1-4  Herblay.  —  2  Vernet.  3  unde?  —  C'est  une  espèce  fort 
répandue,  mais  qui  n'est  commune  que  dans  les  montagnes.  La 
figure  de  Hubner  est  encore  corroborée  par  son  texte.  Quant  à 
Godart,  V Encyclopédie  laisserait  des  doutes;  mais  les  figures 
de  X Histoire  naturelle  les  lèvent.  C'est  bien  son  Fritillum  ». 

De  toute  cette  prose,  je  retiens  l'indication  de  localité  : 
Herblay;  c'est  une  commune  située  non  pas  dans  les  montagne-i, 
mais  dans  la  plaine  parisienne,  sur  les  bords  de  la  Seine,  au 
sommet  de  la  boucle  formée  par  le  fleuve  entre  Saint-Germam 
et  Poissy. 

Plusieurs  fois,  dans  les  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée, 
je  me  suis  occupé  des  Syrichthus. 

En  effet,  je  me  sens  toujours  attiré  par  les  questions  restées 
litigieuses;  c'est  ainsi  que  j'ai  abordé  l'étude  des  Syrichthus, 
sans  croire  toutefois  que  j'arriverais  du  premier  coup  à  la  con- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  75 

quête  de  la  vérité;  mais  j'avais  tout  au  moins  l'espérance  d'aider 
à  parvenir  à  ce  but  si  désiré.  Fortement  soutenu  par  plusieurs 
savants  Entomologistes,  notamment  par  mon  ami  le  Docteur 
Reverdm,  de  Genève,  et  m 'appuyant  sur  le  concours  artistique 
si  précieux  de  mon  cher  collaborateur  J.  Culot,  je  me  suis  efforcé 
de  préparer  les  voies  à  la  possession  si  ambitionnée  de  la  lumière. 
Pour  cela,  j'ai  publié,  dans  les  Etudes  de  Lépidoptérologie 
comparée,  à  propos  des  Syrichthus,  les  travaux  illustrés  suivants  : 

1"  Vol.  IV  :  Notice  sur  les  Syrichthus,  p.  377-415  ;  Alveus  y  est 
traité  aux  pages  402-413;  à  cette  époque  (_ avril  1910),  je  consi- 
dérais comme  étant  peut-être  des  variétés  à! Alveus,  les  Syrichthus 
Numida,  F oulquieri,  Bellieri,  ballotae,  Ryffelensis,  Carlinac, 
Cirsii,  Armoricanus,  Onopordi,  que  j'ai  plus  tard  envisagés 
comme  appartenant  à  des  Espèces  distinctes;  mais  {loc.  cit., 
p.  403)  je  ne  manquais  pas  de  signaler,  sur  la  foi  de  Guenée, 
auteur  toujours  véridique,  la  localité  :  Hcrblay  (Seine-et-Oise), 
comme  l'un  des  lieux  habités  par  le  véritable  Alveus. 

Sur  les  Planches  LV,  LVl,  LVll,  j'ai  fait  figurer  des  échan- 
tillons représentant  toutes  les  neuf  formes  précitées  et  rattachées, 
au  moins  provisoirement,  à  Alveus. 

2°  Vol.  VI  (191 2),  p.  47-120  :  Observations  sur  les  Hespé- 
rides  du  Genre  Syrichthus. 

Dans  l'espace  de  près  de  deux  années,  mon  champ  d'observa- 
tions s'était  étendu  aux  Syrichthus  du  Monde  entier.  Je  m'étais 
formé  des  idées  plus  précises  et  que  j'avais  lieu  de  supposer  en 
progrès  sur  les  précédentes,  grâce  à  l'apport  de  nouveaux  docu- 
ments et  à  des  études  pour  lesquelles  j'avais  obtenu  le  concours 
de  quelques  amis  compétents.  En  conséquence,  je  publiai  un  nou- 
veau travail  qu'illustrèrent  les  Planches  CXXXVII,  CXXXVIII, 
CXXXIX,  CXL,  CXLI,  CXLII,  CXLIII.  Les  Syrichthus  Fn- 
tillum,  Huebner,  et  Fritillum-Cirsii,  Rambur;  Onopordi,  Rambur. 
Armoricanus,  Obthr.,  y  sont  copieusement  figurés;  mais  Alveus 
vrai  est  l'objet  d'une  simple  dissertation  à  partir  de  la  page  86. 


LEPIDOPrÉROLOGIE    COMPARÉE 


J'érigeais  frUdlum-cirsii,  carhnae,  arniorïcanus^  onopordi  en 
Espèces  séparées;  cependant  j'hésitais  encore  quant  à  la  sépa- 
ration spécifique  de  Foulquieri,  BelUeri,  ballotae,  numida,  ryffc- 
Icnsis  (p.  86-89). 

Je  ne  me  flattais  du  reste  pas  encore  d'avoir  obtenu  que  mon 
(cuvre  eût  alors  un  caractère  définitif  et  je  terminais  en  appelant  : 
A.  preliminary  Révision  of  the  Hesperidae  of  thc  Genus  Syrich- 
thns,  le  travail  que  je  venais  d'écrire  en  décembre  191 1  (voir 
p.   119). 

3"  Vol.  VU  (1913),  p.  195-212  :  Observations  sur  les  Syrichthus 
du  groupe  d^Alveus. 

J'érige  définitivement  en  Espèces  distinctes  les  Syrichthus 
BelUeri,  Foulquieri,  ryffelensis;  je  discute  encore  la  question 
de  localité  d'Herblay  pour  Alveus  que  j'envisage  comme  une 
Espèce  de  montagne,  dans  les  termes  suivants  :  u  Dès  lors 
Alveus  semble  bien  être  une  Espèce  de  montagne,  non  de  plaine, 
et  je  me  demande  alors  si  les  exemplaires  qui  existent  dans  la 
collection  Guenée  avec  l'étiquette  :  Herblay  (Seine-et-Oise)  pro- 
viennent bien  réellement  de  cette  localité.  Malheureusement,  la 
faune  des  Lépidoptères  des  environs  de  Paris  semble  aujourd'hui 
plutôt  moins  explorée  qu'elle  ne  le  fut  jadis  et  je  n'ai  pas  réussi 
à  obtenir  les  Syrichthus  de  la  région  parisienne  dont  j'aurais  eu 
besoin  pour  fixer  mon  opinion  sur  quelques  points  particulière- 
ment intéressants.  En  définitive,  Alveus  n'a  encore  été  authenti- 
quement  trouvé  en  France,  d'après  les  documents  dont  je  dispose, 
que  dans  les  Alpes  et  les  Pyrénées  ». 

Deux  planches  CXCII  et  CXCIII  complètent  les  observations 
sur  les  Syrichthus  du  groupe  <X Alveus,  pour  l'époque  du  moins 
où  la  notice  en  question  fut  publiée.  Les  Syrichthus  Alveus,  de 
Larche  et  de  Saint-Martin-de-Vésubie,  ryffelensis,  Foulquieri, 
Bellieri  se  trouvent  en  effet  figurés,  en  un  certain  nombre  d'exem- 
plaires, sur  les  Planches  CXCII  et  CXCTTI  en  question. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  JJ 

Mais  la  question  :  Herblay  restait  encore  en  suspens  ;  je  ne 
recevais,  des  Entomologistes  parisiens,  aucun  renseignement 
pouvant  confirmer  ou  infirmer  l'assertion  de  Guenée. 

C'est  alors  que  mon  frère  René  ayant  été,  au  mois  de  juin 
1921,  chasser  aux  environs  de  Vernon  (Eure),  me  rapporta  de 
cette  localité  un  Syrichthus  que  je  crus  reconnaître  pour  être  un 
véritable  Alveiis.  Dès  lors  la  vraisemblance  de  l'indication  : 
Herblay^  donnée  par  Guenée,  tendait  à  devenir  une  réalité. 

Située  dans  la  vallée  de  la  Seine,  entre  Mantes,  en  aval,  et 
Les  Andelys,  en  amont,  la  ville  de  Vernon  a  été  bâtie  sur  la 
rive  gauche  du  fleuve.  C'est  une  ancienne  place  d'armes,  comme 
l'attestent  d'antiques  demeures  qui  subsistent  encore,  ainsi  qu'un 
vieux  donjon  du  XTIP  siècle.  A  la  place  des  murailles  et  des 
tourelles  qui  jadis  formaient  l'enceinte  fortifiée  de  Vernon,  se 
développent  maintenant  de  beaux  boulevards  plantés  d'arbres. 
Vernon  possède  une  antique  église  Notre-Dame,  avec  des  vitraux 
datant  de  la  Renaissance. 

La  ville  est  reliée  par  un  pont  jeté  sur  la  Seine  à  l'important 
et  d'ailleurs  très  riant  faubourg  de  Vernonnet,  adossé  à  la  forêt 
de  Vernon  dont  les  pentes,  à  partir  des  abords  de  la  grande 
route,  parallèle  à  la  Seine  et  conduisant  aux  Andelys,  s'élèvent 
plus  ou  moins  rapidement  jusqu'au  sommet  d'un  plateau  crayeux 
sur  lequel  se  développe  la  flore  ordinaire  du  bassin  de  Paris. 
C'est  un  plaisir  de  voir  au  printemps  la  variété  des  Orchidées  et 
autres  plantes  caractéristiques  des  terrains  secondaires  et  ter- 
tiaires de  la  riche  région  parisienne. 

Le  pays  de  Vernon  e.st  bien  arrosé  et  riche  en  fontaines;  on 
y  a  même  découvert  une  source  minérale  dite  de  Blaru,  ferrugi- 
neuse, alcaline  et  sulfureuse.  Au  milieu  de  la  Seine,  des  îles  assez 
nombreuses  offrent  le  charme  de  leur  verdure  ;  tandis  qu'au  Sud- 
Ouest  de  Vernon,  la  grande  forêt  de  Bizy,  faisant  face  à  celle  de 
Vernon,  protège  la  ville  contre  la  violence  des  vents  marins,  de 
même  que  le  massif  boisé,  au-dessus  de  Vernonnet,  arrête  le 
souffle  de  l'aquilon. 


78  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

Le  climat  est  très  tempéré;  les  orages  sont  rares;  les  pluies 
moins  abondantes  qu'en  d'autres  parties  de  la  Normandie 

Vemon  est  donc  une  cité  d'aspect  aimable,  avec  des  environs 
très  pittoresques.  Elle  est  accueillante  et  c'est  avec  des  Entomo- 
logistes vernonnais,  M.  Aubert,  pharmacien,  et  M.  Gervais,  insti- 
tuteur, que  mon  frère  a  eu  le  plaisir  de  parcourir  les  collines 
calcaires  et  boisées  qui  s'élèvent  au  Nord-Est  de  Vernonnet. 

Ces  hauteurs  constituent  une  localité  entomologique  de  premier 
ordre,  extrêmement  riche  en  Lycae.na  et  en  Zygaena  dont  les 
exemplaires  sont  très  abondants. 

Il  serait  bien  intéressant  d'explorer  attentivement  la  vallée  de 
la  Seine  au  point  de  vue  lépidoptérologique.  M.  Gervais  a  capturé, 
dans  la  région  qu'il  a  coutume  de  parcourir  autour  de  sa  rési- 
dence, la  Zygaena  E-phialtes  à  taches  blanches  sur  fond  des  ailes 
noir.  Cette  forme  n'a  encore  jamais  été  signalée  dans  le  bassin 
parisien  où  l'on  a  rencontré  exclusivement  jusqu'ici  la  forme 
feucedani,  c'est-à-dire  à  taches  rouges. 

La  morphe  E-phialtes-falcatac  a  été,  en  192 1,  de  nouveau 
observée,  malheureusement  non  capturée,  en  un  lieu  dit  : 
Jonction,  près  de  la  forêt  de  Marly. 

C'est  sur  les  collines  de  Vernonnet,  dans  la  forêt  de  Vernon, 
que  fut  pris,  en  juin  1921,  le  premier  exemplaire  de  Syrichthus 
Alveus  par  René  Oberthùr.  MM.  Aubert  et  Gervais  en  récoltèrent 
une  assez  nombreuse  série  d'exemplaires,  pendant  le  mois  de 
juillet,  aux  environs  de  Vernon. 

Ils  eurent  l'obligeance  de  me  documenter  copieusement,  ce 
dont  je  les  remercie  très  cordialement. 

Il  demeure  maintenant  avéré  que  le  Syrichthus  Alveus  n'est 
pas  exclusivement  montagnard,  mais  qu'il  est  répandu  sur  les 
bords  de  la  Seine,  à  Herblay  et  depuis  Herblay,  çà  et  là,  au 
moins  jusqu'à  Vernon. 

La  forme  y  est  grande  ;  en  dessus,  le  fond  des  ailes  présente 
des  parties  assez  claires,  surtout  à  la  base  des  supérieures  et  sur 
le  disque  des  inférieures.  Les  taches  blanches,  aux  supérieures, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  /Q 


sont  petites,  mais  assez  vives.  En  dessous,  l'aspect  général  des 
ailes  supérieures  est  très  clair  et  largement  blanchâtre;  les  infé- 
rieures présentent  les  taches  ordinaires  d'un  jaune  d'ocre  un  peu 
olivâtre  sur  un  fond  bien  blanc. 

Le  dessous  de  la  tête  et  du  corps  est  blanc 
L'Espèce  éclôt  une  seule  fois  par  an,  en  juin  et  juillet. 
Le  D''  Reverdin,  qui  a  examiné  les  genitalia,  n'a  trouvé  aucune 
différence  entre  VAlveifs  des  montagnes  et  celui  des  environs  de 
Vernon. 

Je  ne  crois  pas  que  tout  ce  qu'il  y  a  à  dire  soit  encore  public 
relativement  à  Alvens. 

Certains  soi-disant  Alveus  de  l'Europe  centrale,  des  Alpes- 
Maritimes,  de  Gavarnie  où  j'ai  distingué  deux  formes  bien  tran- 
chées, d'Italie  centrale  et  méridionale,  seront  plus  tard,  après  une 
étude  plus  approfondie  et  comprenant  la  comparaison  des  œufs 
et  des  chenilles,  probablement  distingués  spécifiquement  à'  Alveus. 

Pour  le  moment,  ayant  appris  que  Alveus  se  trouve  authenti- 
quement  aux  environs  de  Vernon,  j'ai  cru  devoir  en  informer  les 
Lecteurs  des  Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

Rennes,  Janvier   1922. 

Charles  OBERTHUR. 


IV 

ADDENDA  ET  CORRIGENDA 

A  LA  FAUNE    DES    LÉPIDOPTÈRES   du    MAROC 

{Études  de  Lèpidoptérologie  comparée.  Vol.  XIX,  Part.  I,  Janvier  1922)  (*). 


RHOPALOCERA 

Page  48,  ligne  6,  en  remontant  de  la  base  d^  la  page,  lire  «  Le 
i8  juillet  192/  »  au  lieu  de  <(  Le  18  juillet  1920  ». 

Page  48,  ligne  5,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  supprimer 
Gibrati. 

Page  49,  ligne  12,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  lire 
c(  Oxycesta  »  au  lieu  de  «  Orycestes  ». 

Page  60,  Melitaea  Aetherïe  :  Lire  Deux  exemplaires  (au  lieu  de 
Vn  seul  exemplaire)  ont  été  pris  sur  le  Plateau  des  Dkrissa,  le 
30  avril  1921  ;  I  cf  et  i  Q,  tous  deux  bien  frais.  Une  Q  défraîchie 
a  été  capturée  et  relâchée,  le  17  juin  1921,  dans  la  vallée  de 
Sebbab,  Azrou. 

Page  61,  Melitaea  pitnica,  ajouter  :  Quelques  très  grands  exem- 
plaires de  Melitaea  Pimica  ont  été  capturés  dans  les  clairières  de 
la  forêt  d' Azrou  (Douar  de  Garde  et  vallée  de  Sebbab),  au 
commencement  de  juillet  192 1.  Harold  Powell  n'a  jamais  vu  un 
spécimen  Algérien  égalant  la  grande  taille  de  certaines  g  Q  de 
la  forêt  dAzrou. 


(*)    Nota.    —  Une  première  série  d'Errata  et   Corrigenda   est   imprimée   à   la 
page  403  du  Vol.  XIX,  Part.   I.  Prière  de  s'y  reporter. 


82  LÉPIDOPTÉROI.OGIE    COMPARÉE 

Page  77,  licrne  5,  en  descendant  du  haut  de  la  page,  supprimer 
c(  et  à  Aghbalou-Larbi  ». 

Page  108,  ligne  15,  en  descendant  du  haut  de  la  page,  après 
Victa  tenuifolia  Roth.,  var.  vïllosa  Ralt.  et  Trabut,  ajouter  <(  En 
suite  d'un  examen  de  l'échantillon  de  cette  plante,  rapporté 
d'Azrou,  M.  le  D'"  Maire  a  décidé  qu'il  ne  s'agissait  pas  de  la 
var.  villosa,  mais  d'une  variété  nouvelle  de  la  Vicia  tenuifolia,  à 
laquelle  il  vient  de  donner  le  nom  de  Var.  atlantica  ». 

Page  I II.  On  peut  ajouter  comme  localité  habitée  par  Lycaena 
Abc.ncerragus  Pierret  (c  Aghbalou-Larbi,  aoiit  1920  ». 

Page  1 15,  Parnara  Nostrodanius  Fabr.,  ajouter  «  A  été  observé 
et  capturé  dans  un  ravin  sec,  près  de  la  localité  de  Satyrus  Colom- 
bali,  à  Azrou,  le  9  septembre  1920  ». 

Page  121,  ligne  6,  en  descendant  du  haut  de  la  page,  lire 
<(  tlemcénienne  »  au  lieu  de  <;  tlemcienne  ». 

AEGERIIDAE 

Pages  130-136,  ajouter  :  Dipsosphecia  iiroceriformis-atlantïca. 
Le  Cerf,  Haute  vallée  de  la  Moulouya;  plateau  de  Settat. 

Pyropteron  doryliformis-C  lire  tient.  Le  Cerf,  Tanger. 

Pyr  opter  on  dorylif  ornùs-fiinebris ,  Le  Cerf,  Tanger,  M'Rirt. 

Pyropteron  doryliformis-icteropus-maghrebica,  Le  Cerf,  M'Rirt. 

Pyropteron  doryhformis-icteropus-ceriaeforinis-tristis.  Le  Cerf, 
Tanger. 

Synnnthedon  Codeti-niaroccanay  Le  Cerf,  Cap  Spartel. 

MEGALOPYGIDAE 

Page  152,  ligne  3,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  ajouter 
après  les  mots  <(  chez  l'Espèce  AA  »  les  mots  c  dans  le  dernier 
stade  ». 


LÉPIDOPTÉRCLOGIE   COMPARÉE  83 


ZYGAENIDAE 

Page  156,  ajouter  Zygaena  Ziihïma,  Pierret,  Meknès  (10  mai 
iqiq),  d'après  Ph.  Henriot. 

ARCTIADAE 

Page  168,  lignes  10  et  11,  en  descendant  du  haut  de  la  page, 
au  lieu  de  '(  Chef  des  renseignements  du  Cercle  des  Beni- 
M'Guild  »,  lire  <(  chef  du  Bureau  des  Renseignements  du  Poste 
de  Timhadit  ». 

CNETHOCAMPIDAE 

Page  193,  ligne  15,  en  descendant  du  haut  de  la  page,  lire 
((  sur  tout  »  au  lieu  de  «  surtout  ». 

Page  199,  ligne  7,  en  descendant  du  haut  de  la  page,  ajouter 
après  «  forts  crins  »  le  mot  «  blancs  ». 

LASIOCAMPIDAE 

Page  223,  ligne  15,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  ajouter 
après  le  mot  ce  segments  »  les  mots  u  mésothoracique  et  métatho- 
racique  ». 

Page  229,  après  l'article  Macrothylada  rubi,  Linné,  ajouter 
(.  Pachypasa  Limosa,  Vill.  {Lineosa,  Frr.).  Plusieurs  chrysalides 
vides  ont  été  trouvées  sous  l'écorce  des  Juniperus  thurifera,  en 
août  1920,  au  col  de  Taghzeft  ». 

SATURNIIDAE 

Page  230,  ligne  3,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  lire 
<*  1920  »  au  lieu  de  <i  1921  ». 


84  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

NOCTUIDAE 

Ajouter  Bryophila  Mtmuiina,  Obthr.  i^Pl.  DXXXVI,  fig.  4480). 

Page  236,  ligne  14,  en  descendant  du  haut  de  la  page,  lire 
«  pénétrant  »  au  lieu  de  c  pénètrent  ». 

Page  238,  ajouter  Cladocera  optabilis,  Boisduval,  Casablanca, 
2/  octobre  191 8,  signalé  par  Ph.  Henriot. 

Page  241,  ligne  4,  en  descendant  du  haut  de  la  page,  sup- 
primer ((  et  décembre  ». 

Page  257,  ajouter,  Xylocarapa  Lithorïza  :  ><  Un  exemplaire  a 
été  capturé  à  la  lumière,  à  Beni-Amar,  le  17  décembre   1920  ». 

PYRALIDAE 

(Toutes  les  Espèces  désignées  plus  loin  ont  été  signalées  par 
M.  Henriot  ou  par  M.  P.  Chrétien  qui  a  décrit  trois  nouvelles 
Espèces). 

Pages  268-277,  ajouter  :  Pyralis  obsolelalis,  Mann.,  Fez,  août 
1921. 

Botys  lupulinalis,  Clerck-Guenée  {S p.  G.,  p.  331,  n"  366)  {nubi- 
lalis,  Hbn.),  Fez,  août  1921. 

Hydrocampa  Nympharalis,  Linné-Guenée  {Sp.  G.,  p.  275, 
n"  268),  Fez,  août  192 1. 

Hellula  Undalis,  Fab.-Guenéc  (  S  p.  G.,  p.  416,  n"  538),  Fez, 
août  1921. 

Page  274.  —  Ajouter  les  renseignements  suivants  sur  les 
premiers  états  de  Pionea  conqiiïs,talïs,  Guenée,  d'après  Harold 
Powell   : 

«  Le  16  février  1921,  sur  le  talus  au  bord  du  chemin  aménagé, 
entre  Mrassine  et  Moussaoua,  j'ai  remarqué  que  les  fleurs  jaunes 
d'une  petite  Crucifère,  qui  abonde  dans  les  champs  ici,  se  trou- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  85 


vaient  souvent  réunies  par  des  fils  d'une  soie  légère.  Séparant  les 
fleurs  pour  voir  la  bête  qui  se  protégeait  ainsi  —  je  croyais 
d'abord  que  c'était  le  travail  d'une  Araignée  ou  d'une  chenille 
Tortricide  —  j'ai  trouvé,  au  centre  de  l'agglomération  de  fleurs, 
une  chenille  qui  me  semblait  être  celle  d'une  Noctuide,  mais  je 
ne  la  connaissais  pas. 

Au  même  endroit,  j'ai  recueilli  dix  chenilles  de  la  même 
Espèce,  presque  toutes  jeunes  encore;  une  seule  paraissait  avoir 
atteint  le  dernier  stade.  La  chenille  mange  principalement  les 
parties  de  la  fleur  autres  que  les  pétales  ;  bon  nombre  de  pétales 
détachés  et  plus  ou  moins  desséchés  entrent  dans  la  composition 
de  la  tente-abri. 

La  chenille  varie  considérablement  au  point  de  vue  de  la 
teinte;  la  coloration  fondamentale  jaune  verdâtre  pâle  est  la 
plus  commune;  certaines  chenilles  sont  d'un  vert  pâle;  dans  le 
dernier  stade,  j'ai  vu  des  chenilles  d'un  gris  violacé  pâle;  les 
dessins  se  composent  de  lignes  blanches  fines  et  de  bandes  lon- 
gitudinales plus  ou  moins  larges,  dont  la  couleur  varie  suivant 
les  formes  jaune,  verte  ou  violacée;  chez  les  chenilles  jaunes,  les 
bandes  foncées  sont  de  couleur  olivâtre;  chez  les  vertes,  elles  sont 
d'un  vert  plus  foncé  que  le  fond  ;  les  chenilles  grises  ont  des 
bandes  violacées. 

Il  a  été  noté  que,  vers  la  un  de  l' avant-dernier  stade,  les  che- 
nilles de  forme  verte  prennent  une  teinte  verte  plus  foncée  et  plus 
pure,  tandis  que  les  chenilles  jaunes  pâlissent.  La  chenille,  sur- 
tout dans  le  dernier  stade,  se  tasse  parfois  et  elle  a,  alors,  un 
aspect  un  peu  bossu,  par  suite  du  renflement  des  segments  abdo- 
minaux antérieurs;  elle  reprend  la  forme  plus  normale  en  s'allon- 
geant. 

J'ai  essayé  de  reproduire,  dans  une  figure  qui  est  publiée  dans 
la  2"  partie  du  Vol.  XIX,  l'apparence  de  la  chenille  tassée. 

Toutes  les  chenilles  étaient  sous  terre,  le  14  mars  1921.  Le 
cocon  est  grossièrement  ovoïde,  formé  de  particules  de  terre 
agglutinées;  intérieurement,  le  cocon  est  tapissé  de  soie  blanche 


86  LÉPinOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

et  fine.  La  chenille  ne  se  Uransformc  en  chrysalide  qu'au  courant 
de  leté;  en  juin,  j'ai  ouvert  quelques  cocons  et  j'ai  pu  constater 
qu'à  cette  époque  les  chrysalides  n'étaient  pas  encore  formées. 
La  métamorphose  a  eu  lieu,  cependant,  avant  la  un  du  mois 
d'août.  La  couleur  de  la  chrysalide  est  d'un  acajou  pâle.  Un 
premier  papillon  est  éclos  le  3  octobre  1921.  J'ai  reconnu  une 
Pyralide  qui  volait  communément  la  nuit  à  Beni-Amar,  en 
novembre  et  décembre  1920  et  que  nous  prenions  souvent  à  la 
lumière.  C'est  la  Pionea  conquistalis,  Guenée.  » 

GEOMETRAE 

Page  284,  Cleta  Vïliaria.  Il  y  a,  ici,  erreur,  due,  probablement, 
à  une  transposition  d'étiquettes.  Ce  n'est  pas  la  chenille  de  Cleta 
Vittaria  que  H.  Powell  a  trouvée  dans  les  graines  de  VUrginea 
maritima,  en  novembre  1920  (non  pas  1921),  mais  celle  de  Poly- 
chrosis  botrana,  .Schiff. 

Page  296,  ligne  14,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  lire 
«  contrastés  »  au  lieu  de  ((  contractés  ». 

CRAMBINAE 

Pages  325-328,  ajouter  les  noms  suivants  :  Crambits  gra- 
phellus.  Constant,  Casablanca,  fin  octobre   191 8. 

Crambîts  desertellus,  Lederer,  Casablanca,  octobre  191 8. 

Ancylolomia  contritella,  Zeller,  Casablanca,  octobre  191 8. 

PHYCITINAE 

Pages  332-334,  ajouter  les  noms  suivants  :  Heterographis  con- 
vexella,  Lederer,  Rabat,  en  août  1921;  Casablanca,  fin  octobre 
1918. 

Heterographis  oblitella,  Z.,  Fez,  juin   192 1. 
Salebria  semiriibella,  Se,  Fez,  juillet  et  août   1921. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  87 


PTEROPHORIDAE 

Page  338,  Oxyplîhts  linarïac,  Chrétien,  n.  sp.,  H.  Powell  écrit  : 
((  C'est  par  erreur  que  l'étiquette  piquée  à  l'épingle  de  XOxyp- 
tilus  obtenu  d'éclosion  à  Timhadit,  en  août  1920,  indique,  comme 
nourriture  de  la  chenille,  une  Linana.  La  plante  n'est  pas  une 
Lmaire,  mais  une  Labiée,  la  Sciitellana  Demnalensis.  Si  M.  Chré- 
tien n'avait  pas  été  trompé  par  l'étiquette  erronée,  il  aurait,  peut- 
être,  rattaché  VOxyptilus  linanae  à  0.  uiaculatus  Constant,  dont 
la  chenille  vit  également  sur  une  Scittellana  ? 


TORTRICIDAF. 

Page  343,  ajouter  :  Eulia  accinctana  P.  Chrétien,  Foum- 
Kheneg,  en  septembre  1920  (communiqué  à  M.  P.  Chrétien  par 
le  Commandant  Daniel  Lucasl 


CONCHYLINAE 

Page  346,  ajouter  la  description  de  l'Espèce  nouvelle  comme 
suit  : 

Euxanthîs  ednsitana,  P.   Chrétien  (nova  species). 

18  mm.  ~  Ailes  supérieures  ocracé  roux,  marquées  de  nom- 
breuses stries  transverses  d'un  roux  plus  vif  et  de  fines  lignes 
maculaires  métalliques,  brillantes;  pustules  du  dernier  tiers  de 
l'aile  suivies  d'écaïUes  noires.  Franges  blanc  crème. 

Ailes  inférieures  brun  morcîoré;  la  base  plus  claire.  Franges 
blanc  crème,  avec  une  ligne  brune  près  de  leur  base. 

Dessous  des  supérieures  rougeâtre;  dessous  des  inférieures 
ocracé,  teinté  de  roux. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Tête  et  thorax  ocracé  roux;  antennes  d'un  roux  plus  foncé; 
abdomen  gris  ocracé;  pattes  de  même. 

Très  voisine  d'Eux.  nierïdïana  Stgr.,  s'en  distingue  par  sa 
couleur,  par  les  écailles  noires  accompagnant  les  pustules  des 
supérieures  et  par  ses  inférieures  brun  mordoré. 

I    Q,  de  Fez,  juin    192 1. 

(A  placer  après  Euxanthis  straminea,  Hw.  ;  Part.  I,  p.  346). 

OLETTIREITTINAE 

Page  349,  ajouter  la  description  de  l'Espèce  nouvelle  comme 
suit  : 

Epiblema  edrisiann,  P.   Chrétien   (n.  sp.). 

18  mm.  —  Ailes  supérieures  à  côte  très  peu  arquée  à  la  base; 
apex  non  aigu  ;  bord  externe  oblique,  arrondi  ;  ocracé  jaune  pâle, 
marquées  à  la  côte  de  quelques  stries  brun  marron,  traversées  par 
deux  bandes  brun  marron  :  la  première,  au  tiers,  s'élève  presque 
droite  du  bord  interne  et  s'incurve  légèrement  avant  d'atteindre 
le  pli  discocellulaire  qu'elle  ne  dépasse  pas;  la  deuxième,  subpa- 
rallèle au  bord  externe,  occupe  le  dernier  quart  de  l'aile,  com- 
mençant à  la  côte  par  deux  stries,  l'une  apicale,  l'autre  écartée, 
les  deux  séparées  par  une  très  petite  strie  costale;  elle  est  étran- 
glée en  son  milieu  et  se  termine  en  s' arrondissant  et  s  élargissant 
sur  le  bord  et  à  l'angle  internes  :  dans  l'étroit  espace  subterminal 
se  voit  une  ligne  brune;  spéculum  à  peine  marqué  de  quelques 
écailles  brun  noir. 

Franges  ocracé  jaune,  avec  une  ligne  de  partage  brun  noir. 

Dessous  brun  très  foncé,  un  peu  rougeâtre,  sauf  la  côte  qui  est 
ocracée. 

Ailes  inférieures  brun  noir.  Franges  brun  ocracé.  Dessous  brun. 

Tête  et  thorax  ocracés;  antennes  brunes;  abdomen  brun,  pattes 
brun  ocracé. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  89 

Groupe  d^Ep.  hiibncriana,  Z.,  très  distincte  par  sa  deuxième 
bande  transverse. 

I  cf,  de  Fez,  juin  1921. 

(A  placer  après  Epiblema  Couleruana^  Duponchel,  Part.  I, 
P-  349)- 

GELECHIIDAE 

Page  360,  ajouter  la  description  de  l'Espèce  nouvelle  comme 
suit  : 

Symnioca  minutelLa,  P.  Chrétien,  n.  sp. 

9  mm.  —  Ailes  supérieures  blanc  crème,  très  légèrement  teinté 
de  violacé  à  la  côte  et  surtout  vers  l'apex;  sans  semis  d'écaillés 
brunes  ;  une  tache  ovale  brun  marron  sous  la  sous-costale  au 
milieu  de  l'aile;  une  autre  tache  arrondie  brun  marron  à  l'angle 
inférieur  de  la  cellule  discoïdaie  et  quelques  tout  petits  points 
bruns  terminaux,  espacés.  Franges  blanc  crème.  Dessous  assombri 
d'ocracé  roux. 

Ailes  inférieures  blanches.  Franges  blanc  crème. 

Tête  et  thorax  blanc  crème  ;  scape  sans  pecten  ;  abdomen  plus 
jaunâtre,  ainsi  que  les  pattes. 

Voisine  de  5.  parvella,  Chrét.  ;  en  diffère,  ainsi  que  des  autres 
petites  espèces,  par  son  manque  de  semis  d'écaillés  brunes,  ses 
ailes  inférieures  plus  larges  (ovales  lancéolées),  à  apex  non  aigu, 
mais  obtus. 

I  cf,  de  Fez,  août  192 1. 

(A  placer  après  Synunoca  qitïnquepunctella,  P.  Chrétien; 
Part.   I,  p.   360). 

OECOPHORINAE 

A  la  page  368,  lire  Lccithocera  hnantiella  au  lieu  de  brian 
tella 


go  LÉPIDOPTÉROLOCilE   COMPARÉE 


Page  365,  ligne  12,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  lire 
<(  IQ20  »  au  lieu  de  c(  192 1   )>. 

Page  365,  ligne  8,  en  remontant  de  la  base  de  la  page,  lire 
((  Aïn-Jorra  »  au  lieu  de  «  Aïn-Joira  ». 

TINEINAE 

Page  376,  ajouter  Penesioglossa  Dardoinella,  Millière,  Rabat, 
en  août  1921. 


V 


Notes  sur  quelques  Lépidoptères 

DE   MADAGASCAR 


I    —  HYPOLIMNAS  BOLINA,  1  inné. 

Au  cours  de  l'année  192 1,  M.  Lamberton,  de  l'Académie  nial- 
g-ache,  à  Tananarive,  me  fit  part  d'une  intéressante  découverte 
lépidoptérologique  qui  venait  d'être  réalisée  à  Vohipeno  et  à 
Vondrozo  et  dans  quelques  autres  localités  du  sud-est  de  l'île 
de  Madagascar.  11  s'agissait  de  la  Nymphalide  :  Hypolimnas 
Bolina,  Linné,  considérée  jusqu'alors  comme  une  Espèce  exclusi- 
vement indo-chinoise,  très  répandue  dans  le  continent  et  l'archipel 
indien,  fertile  en  variétés  et  n'ayant  encore  jamais  été  signalée  en 
Afrique.  L'Espèce  est  pourtant  actuellement  abondante  à  Mada- 
gascar. 

J'ai  vu  plus  de  Ç)  que  de  cf,  provenant  de  cette  île. 

Le  cT  que  je  fais  représenter  en  photographie  s'accorde  bien 
avec  la  figure  i  a,  i  /;  de  la  PI.  329,  dans  Lefidoptera  Indica,  par 
Moore  (Wet  season  brood).  Je  possède  des  exemplaires  de  Tâ- 
tsien-lou  et  des  îles  Nicobar,  absolument  semblables  à  ceux  de 
Madagascar. 

La  Q  trouvée  à  Madagascar,  en  192 1,  est  conforme,  d'une 
part,  à  la  figuration  initialement  donnée  par  E.  Donovan,  dans 
An  Efitome  of  the  Natural  Htstory  of  the  hisects  of  China, 
London  1798,  PI.  35,  fig-  ***,  avec  le  nom  de  Fapilïo  Jacintha; 
et,  d'autre  part,  à  Y  Hypolimnas  Jacintha,  in  Seitz  {Die  Gross- 


9-'  LKl'lDOl'IKROr.OC.lE    COMPAREt: 


schmctt.  der  Erde,  PI.  1 19,  ligne  b)  ;  c'est-à-dire  :  tantôt,  avec  des 
points  bleus  le  long  du  bord  costal  des  ailes  supérieures,  et  tantôt, 
sans  ces  points  bleus. 

Dès  lors  la  question  suivante  s<.-  pose  :  Y  H.  BoLina  s'est -elle 
récemment  établie  à  Madagascar  où  sa  clunille  a  dû  nécessai- 
rement trouver  une  nourriture  appropriée  à  ses  besoins  ?  Nous 
savons  en  efi<-t  (lue,  dans  l'Inde,  la  chenille  de  VH.  Bolina  vii 
sur  les  Porliilaca  et  les  Orties.  Sans  doute  des  plantes  de  ces 
mêmes  familles  croissent   à    Madagascar. 

Si  1'//.  BoliiKi  est  d'importation  récente  dans  la  grande  île 
africaine,  comment  y  est-elle  venue  ?  Y  a-t-il  eu,  par  dessus 
l'Océan,  un  vol  d'invasion  rapidement  poussé  par  le  vent,  ou  aide 
par  (|uel(]uc  na\  ux-  sur  lequel  des  pajjillons  des  deux  sexes  auront 
pu  se  poser,  au  moins  conmu"  repos,  avant  de  reprendre  leur  vol 
auclessus  des  flots  ? 

11  peut  paraître  en  eiiet  dillieile  d'admettre  qu'une  aussi 
grande  Espèce  d(  paj^llon  dunne  soit  restée  si  longtemps 
inconnue  ;\  Madagascar.  De  nombreux  naturalistes  ont  exploré 
l'île  et  SI  1'//.  Bolina  y  avait  toujours  vécu,  on  peut  regarder 
comme  probable  qu<.-  quelques  échantillons  auraient  été  antérieu- 
rement capturés  et  que  l'Espèce  en  cjuestion  n'aurait  pas,  jus- 
cju'en   1921,  échappé  aux  recherchi's  des  collecteurs. 

Nous  nous  déclarons  cependant  impuissant  à  solutionner  le 
problème.  Une  longue  expérience  nous  a  d'ailleurs  appris  que, 
dans  des  localités  bien  connues  et  très  fréquentées  par  les  chas- 
seurs naturalistes,  on  voit  tout  d'un  coup  apparaître  des  Espèces 
iiui  n'y  avaient  pas  été  observées  jusque-là.  Sans  doute,  elles 
existaient  dans  une  région  plus  ou  moins  voisine;  mais  toutes  les 
apparences  sont  que  lesdites  Esi.)èces  étaient  bien  réellement 
établies  anciennement  au  lieu  même  oii  il  a  fallu  un  temps  si 
long  pour  y  constater  leur  présence. 

Vraisemblablement,  l'occasion  avait  jusque-là  manqué  aux 
Explorateurs- Naturalistes  pour  découvrir  les  chenilles  ou  bien 
voir   le  vol    des    papillons  ;   de  multiples   circonstances   ont   pu 


LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  93 

retarder  l'heure  de  la  découverte;  mais  une  fois  connu  le  secret 
de  la  retraite  où  se  cachait  l'Espèce,  on  est  étonné  de  se  rendre 
compte  de  l'abondance  des  échantillons. 

Quoi  qu'il  en  soit,  M.  Lambcrton  est  le  premier  qui  nous  ait 
fait  connaître  la  forme  malgache  de  V Hypolimnas  Bolina  et  la 
chose  valait  la  peine  d'être  portée  à  la  connaissance  des  Ento- 
mologistes. 


II    —  DEBORREA   MALGASSA,    Heylacrts 

Sous  les  n"'  90  et  91  de  la  PI.  XXI,  dans  le  Volume  111 
des  Etudes  de  Lépulop/érologie  comparée,  j'ai  fait  représenter 
deux  cfd"  d'une  Psychide  de  l'Imerina,  grande  et  robuste  Espèce, 
avec  le  nom  de  Deborrea  Malgassa,  Heylaerts.  Le  n"  91  donne  la 
figure  de  la  variété  Argenlacea,  Obthr. 

Les  Malgaches  donnent  aux  papillons  de  la  famille  des  Psy- 
chidae  le  nom  de  Fangalabola,  d'après  ce  que  me  mande  mon 
très  savant  et  très  vénérable  ami,  M.  le  Révérend  Père  Paul 
Camboué,  missionnaire  apostolique  à  Tananarive. 

J'ai  reçU;  grâce  à  son  obligeante  amitié,  de  cette  Deborrea 
Malgassa,  un  papillon  cf  et  un  cocon  attaché  à  la  branche  d'un 
arbre  qui  semble  être  un  ccnifère,  et,  en  même  temps,  un  cf  et  un 
fourreau  d'une  autre  Espèce  de  Psychide  que  j'appelle  Amie  ta 
Camboiœi.  Le  papillon  cf  est  éclos  en  octobre  192 1. 

M.  le  R.  P.  Camboué  me  mande  que  la  chenille  de  Deborrea 
malgassa  est  polyphage. 

Je  publie  une  photographie,  en  vue  d'essayer  de  faire  mieux 
comprendre  comment  se  présentent  les  cocons  de  soie  grisâtre, 
un  peu  argentée,  très  fine,  de  Deborrea  malgassa.  Je  fais  aussi 
photographier  le  cocon  A^ Amicta  Cambonei.  Il  semble  que  tous 
ces  cocons,  de  forme  et  constitution  bien  différente  pour  chaque 
Espèce,  sont  pourtant  également  formés  de  brindilles  de  végé- 
taux secs  extrêmement  fines  et  ténues,  que  recouvre  et  agglutine 


94  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

un  lacis  de  soie.  Le  corps  et  les  ailes  des  cfcT  de  Deborrea  Mal- 
gassa  varient  de  couleur,  depuis  le  brun  noirâtre  au  gris  blan- 
châtre et  argenté.  I.e  cf  de  Amicta  Cambouei  est  d'une  teinte 
uniformément  noirâtre  un  peu  ardoisé. 

En  même  temps  que  je  recevais  de  M.  le  R.  P.  Camboué 
cette  précieuse  documentation,  je  me  trouvais  favorisé  d'une 
communication  également  très  intéressante,  que  m'adressait 
M.  E.  Drouhard,  garde  principal  des  forêts  à  Tananarive.  Je 
transcris  les  renseignements  dont  je  lui  suis  redevable,  comme 
suit  :  ((  En  ce  moment,  j'élève  des  cocons  de  papillons  qui  sont 
excessivement  nuisibles  à  la  forêt;  je  n'ai  eu  qu'une  éclosion. 
J'envoie  l'insecte  et  le  cocon;  ce  dernier  est  curieux  par  l'assem- 
blage des  bûchettes  découpées,  entourées  de  soie  ;  il  y  a  des 
\"ariétés  très  nombreuses  de  ces  papillons  qui  malheureusement, 
—  s'ils  sont  à  peu  près  inoffensifs  pour  les  arbres  malgaches,  ■ — 
sont  un  véritable  fléau  pour  les  arbres  importés.  Celui  que  je  vous 
envoie  (il  s'agit  de  Deborrea  Malgassa)  a  complètement  détruit 
les  plantations  de  Grevillea,  à  Tananarive. 

Comment  pourrait-on  faire  pour  se  débarrasser  de  cette  bête 
nuisible  ?  La  forme  et  la  protection  de  son  cocon  la  mettent  à 
l'abri  des  oiseaux;  l'Espèce  se  multiplie  avec  une  rapidité  éton- 
nante. 

Deux  autres  Espèces  du  même  Genre  (*)  s'attaquent  aux 
Mimosa  decurrens  et  je  \'iens  d'en  trouver  sur  les  Eucalyptus. 
Ces  dernières  essences  végétales  ont  été  la  base  du  reboisement 
des  colons  dans  cette  région.  Si  ces  papillons  s'attaquent  aux 
Eiicalyptus,  quel  fléau  !  Il  est  aisé  de  constater  que  les  chenilles 
sont  vivantes  dans  l'intérieur  de  leur  cocon;  elles  se  déplacent 
comme  un  escargot,  jusqu'au  jour  de  la  formation  de  la  chrysa- 
lide; alors,  elles  se  fixent  à  la  branche  et,  pour  l'éclosion,  les 
papillons  sortent  par  le  point  opposé  à  la  suspension.  Je  puis 


(*)    je  ne  les  ai  pas  encore  rerues;   elles  me  sont  donc  restées  jusqu'ici  incon- 
nues. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  95 

VOUS  envoyer  des  cocons  vivants  qui   auront   peut-être  le  temps 
d'arriver  à  Rennes  avant  l'éclosion  ». 

J'espère  donc  pouvoir  entretenir  ultérieurement  les  Lecteurs 
des  Etudes  de  Lépidopiérologic  comparée  de  la  suite  que  com- 
porte la  documentation  préliminaire  dont  M.  le  R.  P.  Camboué 
et  M.  Drouhard  m'ont,  chacun,  gratifié  en  décembre  192 1,  rela- 
tivement aux  Psychidae  de  Madagascar,  nuisibles  aux  arbres, 
spécialement  d'essences  étrangères  et  importées. 


III.  —  ANTHERAEA  SURAKA,  Boisduval. 

C'est  à  M.  le  R.  P.  Camboué  que  je  dois  les  remarques  sui- 
vantes au  sujet  d'une  belle  Espèce  de  Satumide  de  Madagascar. 

Je  me  contente  de  les  transcrire,  telles  que  M.  le  R.  P.  Camboué 
les  a  lui-même  écrites  et,  comme  pour  les  Psychidae  domma- 
geables aux  arbres,  j'accompagne  d'une  reproduction  photogra- 
phique les  observations  enregistrées  par  mon  très  vénérable  ami. 

C'est  donc  M.  le  R.  P.  Camboué  qui  parle  dans  les  termes 
sui^'ants   : 

«  Je  me  trouve  incité,  par  les  encouragements  jadis  reçus  de 
J.  H.  Fabre  (^),  à  faire  connaître  quelques  observations  biolo- 
giques à  propos  de  certains  Lépidoptères  de  Madagascar. 


(*)  Je  crois  intéressant  (le  publier  un  extrait  d'une  lettre  que  J.-H.  Fabre 
:iflressa  à  M.  le  R.  P.  Camboué  et  dans  laquelle  l'éminent  observateur  des  mœurs 
des  Insectes  a  si  nettement  exprimé  son  opinion.  De  pareils  documents  sont 
toujours  utiles  à  connaître. 

M.  le  R.  P.  Camboué  avait  fait  des  observations  fort  instructives  sur  V Araignée 
-fileuse  de  Madagascar,  paraissant  douée  d'un  instinct  supérieur,^  la  Nephila 
madagascariensis,  connue  sous  le  nom  vulgaire  à'Halabé.  Cette  Araignée  produit 
une  soie  dont  l'extrême  finesse  n'exclut  pas  la  ténacité. 

M.  Dusuzeau,  Directeur  du  Laboratoire  d'études  de  la  Soie,  —  laboratoire 
qui  a  été  fondé  et  qui  est  entretenu  par  la  Chambre  de  Commerce  de  Lyon  — 
a  écrit,  au  sujet  de  VAraignée  Halabé,  un  Rapport  illustré  de  deux  planches, 
dans  lequel  les  savantes  expériences  réalisées  par  M.  le  R.  P.  Camboué  reçoivent 
le  tribut  d'éloges  (lu'elles   méritent   si  bien. 

Voici  donc  ce  que  J.-H.    Fabre  écrivait  de  Sérignan,  il   y   a  quelques  anné«, 


96  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 

Le  savant  et  modeste  patriarche  de  l'Entomologie,  dont  je 
viens  de  citer  le  nom  universellement  respecté,  nous  a  dit  dans 
ses  admirables  Souvenirs  entoniologiqueSy  le  résultat  de  ses  cîcpé- 
riences  sur  le  Grand  Paon  de  nint  dd Europe  {Satnrnia  Pavonia- 
tnajoTy  Linné). 

Nous  avons  à  Madagascar  beaucoup  d'Espèces  de  Lépidop- 
tères de  la  même  famille  des  Saturniidae.  Dans  ce  nombre,  se 
trouve  V Antheraea  Suraka,  Boisduval,  appelée  Lolondrafy  par 
les  Malgaches. 

LTn  fait  intéressant  à  noter  en  passant,  c'est  que  les  indigènes 
de  Madagascar  ont  distingué  par  des  noms  spéciaux  un  certain 
nombre  de  papillons  dont  les  caractères  généraux  n'ont  pas 
échappé  à  leur  esprit  d'observation  des  êtres  vivants,  habitant 
leur  île.  Amsi  les  Sphingidae  sont  appelés  Sanioina  par  les 
Malgaches;  les  Psychidae  sont  désignés  sous  le  nom  de  Fanga- 
labola  ou  Fangalavola  (ainsi  du  reste  que  cela  est  rapporté  plus 
haut  à  propos  de  Deborrea  Malgassa\ 

Les  Microlépidoptères  et  les  petits  papillons  en  général 
s'appellent  Lolo  et  ceux  qui  viennent  se  brûler  les  ailes  à  la 
chandelle  ou  au  feu,  sont  dits  :  Lolofotsïnnïtonotena  {Lolo  — 
papillon  ;  fotsy  =  blanchâtre  ;  mit-oné  =  qui  brûle  ;  ^ena  —  corps). 

Quant  à  V Antheraea  Suraka,  je  vous  envoie  des  échantillons 
de  cette  Espèce  à  l'état  parfait  provenant  :  les  uns,  de  l'éclosion 
pendant  la  saison  chaude,  c'est-à-dire   de  septembre  à   février  ; 


pour  engager  le  R.  P.  Cambouc  à  faire  sur  les  insectes  de  Madagascar  des 
observations  et  des  expériences  analogues  à  celles  qu'il  avait  faites  lui-même  sur 
des  insectes  en  France.  Les  idées  qui  animaient  J.-H.  Fabre,  et  qui  lui  furent 
suscitées  par  ses  patientes  et  judicieuses  études  sur  les  insectes  vivants,  rassortent 
clairement  des  quelques  lignes  reproduites  comme  suit  :  «  J'ai  lu,  avec  le  plus 
vif  intérêt,  vos  ingénieuses  expérimentations  sur  V Araignée  Haîabé,  de  Mada- 
gascar. Il  n'est  pas  sans  importance  de  constater  que  la  latitude  et  le  climat  ne 
modifient  en  rien  la  psychique  de  la  bête,  douée,  trop  j)récipitamment,  par  le 
Transformisme,  d'une  petite  lueur  de  raison.  Ce  que  vous  avez  vu  concorde  de 
tout  point  avec  ce  que  j'ai  vu  moi-même,  en  interrogeant  d'autres  espèces,  et 
démontre  une  fois  de  plus,  de  la  façon  la  plus  lucide,  l'inanité  des  arguments 
darwiniens. 

Je   suis    heureux    de   trouver    en    vous   un    fervent    et    habile    collaborateur    ])our 
défiicher  un  cliamj)  où  je  n'ai  tracé  encore  (ju'un  bien  maigre  sillon   ». 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  97 

les  autres,    éclos  pendant  la  saison  froide,    de  mars  à  mai  ou 
juin. 

J'y  joins  des  cocons  d'éclosion  normale  et  naturelle;  l'un  de 
couleur  sombre,  filé  naturellement  à  terre,  en  liberté;  les  autres 
filés  en  cage,  pâles,  de  couleur  jaune  paille  claire. 

Ne  pourrait-on  peut-être  appuyer  l'opinion  de  l'homochromie 
des  cocons,  suivant  le  milieu  oii  ils  ont  été  filés  et  dont  ils 
prennent  la  teinte? 

J'ajoute  :  i"  Un  cocon  fendu  par  moi;  la  chrysalide  y  a  été 
retournée;  le  cocon  a  été  recousu;  il  n'y  a  pas  eu  d'éclosion; 

2°  Un  cocon  filé  le  27  octobre  et  dont  l'éclosion  a  eu  lieu  le 
4  décembre.  Le  cocon  a  été  coupé  par  moi,  au  bout  de  sortie  nor- 
male du  papillon;  j'ai  retourné  la  chrysalide;  le  papillon  s'est 
obstiné  à  chercher  sa  délivrance  par  le  bout  opposé  bien  qu'il 
n'eût  eu  qu'à  reculer  un  peu  pour  sortir  au  moyen  de  la  fente 
largement  ouverte  à  l'autre  bout.  Le  papillon  est  mort  dans  le 
cocon; 

3°  Un  cocon  coupé  comme  le  précédent  et  la  chrysalide  re- 
tournée par  mon  intervention;  cette  fois,  le  papillon  est  arrivé 
à  reculer  assez  pour  sortir;  mais  il  a  été  avarié,  comme  vous 
pourrez  le  voir  par  l'échantillon  même  que  je  vous  adresse; 

4°  Un  cocon  coupé;  la  chrysalide  retournée  dans  le  cocon 
comme  aux  deux  précédents;  mais  la  fente  a  été  recousue.  Le 
papillon,  après  de  grands  efforts,  a  réussi  à  se  frayer  une  issue 
par  le  bout  opposé  à  celui  de  la  sortie  normale  ;  il  n'est  pas  trop 
avarié; 

5°  Un  cocon  parasité  par  un  Diptère,  en  mai,  dans  la  saison 
fraîche  ; 

6°  Un  papillon  Q  bien  éclos,  en  décembre,  par  la  fente  que 
j'avais  pratiquée,  la  chrysalide  ayant  été  retournée; 

7°  Un  papillon  cf,  éclos  dans  la  cage,  en  même  temps  que  la  Q 
que  je  viens  de  citer.  L'accouplement  n'a  pas  eu  lieu  en  captivité; 

7 


98  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 


8°  Un  papillon  g  entré,  si  je  ne  me  trompe,  durant  la  nuit, 
dans  ma  chambre,  par  la  fenêtre  laissée  entrebaillée  (29  no- 
vembre). Serait-ce  le  o"  pourtant  non  encore  sorti  du  cocon  qui 
aurait  attiré  cette  Q  vers  ma  cage  d'élevage?  Le  8  septembre, 
ayant  attaché  un  cf  d'Aniheraea  Snraka  à  la  branche  d'un  rosier, 
dans  le  jardin  de  la  Mission,  à  Tananarive,  je  trouvai,  le  lende- 
main 9  septembre,  une  g  qui  était  venue  au  cf  durant  la  nuit. 
J'ai  bien  des  fois  constaté  que  les  cTo'  à' Antheraea  Suraka 
viennent,  la  nuit,  aux  g  g  ;  mais  les  g  g  venant  aux  cfcf,  a-t-on 
déjà  signalé  le  fait  chez  les  Lépidoptèrcs-Hétérocères? 

^J Antheraea  Suraka  se  rencontre  à  Madagascar,  sur  la  côte 
aussi  bien  que  sur  les  hauteurs  centrales  de  l'île.  Je  l'ai  observée 
à  Tamatave,  comme  à  Tananarive. 

A  Tamatave,  par  température  moyenne  de  -r25°  centigrades, 
la  durée  de  la  nymphose  est  d'environ  25  jours.  C'est  ainsi  qu'un 
cocon  ayant  été  commencé  le  22  avril,  par  une  g,  dans  une  cage 
d'études,  l'insecte  parfait  est  éclos  le  17  mai. 

L'accouplement  se  fait  dans  la  nuit,  plutôt  après  minuit  jus- 
qu'au lever  du  soleil,  et  dure  jusque  vers  8  heures  du  soir. 

Les  œufs  commencent  à  être  pondus  24  heures  environ  après 
l'accouplement  et  la  ponte  se  continue  jusqu'à  la  mort  de  la   g. 

Les  petites  chenilles  sont  sorties  de  l'œuf  le  25  mai,  c'est-à- 
dire  environ  7  jours  après  la  ponte.  Mises  en  cage  d'observation, 
sur  les  feuilles  de  végétaux  divers  :  manguier,  mûrier,  oranger, 
pêcher,  vigne,  rosier,  goyavier,  choux,  laurier-rose,  callophyllum 
(en  malgache  :  foraka),  ces  jeunes  chenilles  sont  mortes  au  pre- 
mier âge,  sauf  celles  qui  ont  été  nourries  avec  le  laurier-rose  et 
qui  ont  passé  au  deuxième  âge,  le  30  mai;  au  troisième  âge,  le 
5  juin;  au  quatrième  âge,  le  12  juin. 

A  Tananarive,  la  durée  de  la  nymphose,  à  la  saison  chaude, 
de  fin  octobre  à  décembre,  est  d'environ  40  jours.  L'accouple- 
ment a  lieu  de  la  nuit  an  matin  et  dure  environ  15  heures,  pen 
dant  le  jour.  Les  œufs  pondus  dans  les  premières  24  heures  après 


LEPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  QQ 


la  pariade,  sont  au  nombre  d'environ  loo  à  no.  Jusqu'à  la  mort 
de  la  Q,  la  quantité  des  œufs  pondus  est  d'environ  250  à  300. 
L'éclosion  des  jeunes  chenilles  eut  lieu  8  à  10  jours  après  la 
ponte.  La  g,  après  accouplement,  resta  vivante  dans  la  cage, 
pendant  environ  8  jours,  ce  qui  est  peut-être  un  fait  exceptionnel. 

La  durée  de  la  nymphose  à  la  saison  froide  (mai  à  septembre) 
est  d'environ  lOO  jours;  tandis  que  pendant  la  saison  intermé- 
diaire, de  janvier  à  mars,  la  nymphose  est  d'environ  60  jours. 

N'a-t-on  pas  prétendu  que  le  papillon,  s'il  ne  voit  pas  l'éclo- 
sion de  ses  œufs,  vient  cependant  mourir  au  lieu  où  il  les  a 
pondus  ? 

La  Q  précitée  ô-'Anthernea  Stiraka  vivant  encore  une  huitaine 
de  jours  après  la  ponte,  sa  mort  coïnciderait  ainsi  avec  l'éclosion 
de  sa  progéniture.  La  vie,  pour  le  papillon  comme  pour  l'homme, 
serait-elle  donc  une  courbe  rentrante,  selon  l'expression  de  de 
Maistre  ? 

Le  20  octobre  1921,  j'ai  vu  un  cf  ô!Antheraea  Suraka,  après 
la  pariade,  dans  le  jardin  de  l'évêché  de  Tananarive,  s'envoler 
bien  haut  dans  l'atmosphère,  après  quelques  hésitations  et  sou- 
bresauts, y  faire  quelques  crochets,  puis  revenir  sur  la  plante 
nourricière,  pas  loin  de  la  Q  qu'il  venait  de  féconder.  » 

Ainsi  que  le  constate  Sonthonnax,  dans  le  3^  fascicule  de 
VEssai  de  classification  des  Lépidoptères  producteurs  de  soie 
(^Annales  du  Laboratoire  d'' études  de  la  Soie,  Lyon,  Vol.  10, 
1899-1901,  p.  58),  le  cocon  d'aspect  doré  de  V Antherina  Suraka, 
Boisduval,  est  ajouré,  d'un  tissu  soyexix,  léger,  ayant  l'aspect 
du  tulle,  de  couleur  généralement  gris  jaunâtre  un  peu  lustré, 
ovoïde,  mesurant  6  à  7  centimètres  de  longueur.  Les  mailles  du 
réseau  soyeux  qui  forme  le  cocon  laissent  apercevoir  la  chrysalide 
à  l'intérieur. 

Sonthonnax  avait  créé,  pour  Suraka,  le  nouveau  Genre  Anthe- 
rina, en  démembrement  de  l'ancien  Genre  Antheraea. 

L'Espèce  a  été  initialement  décrite  et  figurée  par  Boisduval 
(p.  89  et  PI.  12,  fig.  4)  dans  Lépid.  Madagascar,  Maurice  et 
Bourbon. 


100  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


IV         LRANIA  RIPHEUS,  Stoll 

M.  le  R.  P.  Camboué  m'a  adressé  la  note  suivante  :  «  La 
magnifique  V rania  Ripheus  est,  comme  je  l'ai  déjà  fait  con- 
naître, appelée  par  les  Malgaches  :  Lolonandriana  ou  Andrian- 
dolo,  c'est-à-dire  le  papillon-roi  ou  le  roi-papillon;  on  l'appelle 
encore  Lolovolaniena,  papillon  d'or,  et  Loloankosolra,  papillon 
coloré  (*). 

Le  31  mars  192 1,  un  cf  et  une  Q  à.' U rania  Ripheus  furent  mis 
en  cage  d'observations  à  Ambohipo,  près  Tananarive.  Se  mettant 
tous  deux  à  voleter  et  ne  tardant  pas  à  se  rapprocher,  ce  fut  le  cf 
qui  sembla  poursuivre  la  Q.  Lorsque  la  Q  cessa  de  voleter  et  se 
tint  au  repos,  le  Çj  se  rapprocha  d'elle  et  sembla  faire  sa  cour  en 
frôlant  ou  caressant  par  de  petites  saccades  de  l'une  de  ses  pattes 
antérieures  la  tête  de  la  Q,  à  la  base  des  antennes.  La  Q  parais- 
sant devenir  lasse  de  ces  caresses  du  cf,  a  repris  son  voltigement 
après  un  léger  frémissement  des  ailes  et  s'est  mise  à  voleter  dans 
la  cage  où  le  cf  l'a  poursuivie.  Il  a  ensuite  recommencé  sa  cour 
près  de  la  Q,  dès  que  celle-ci  le  lui  a  de  nouveau  permis. 

Le  I"  avril,  je  fis  la  même  observation  que  la  veille.  Mais,  vers 
16  heures,  le  mode  de  caresse  du  cf  se  modifia.  Les  petits  frôle- 
ments saccadés  de  sa  première  paire  de  pattes  ne  s'adressèrent 
plus  aux  antennes  et  à  la  tête  de  la  Q,  mais  plutôt  à  l'extréjnité 
apicalc  de  l'aile  droite  supérieure  de  celle-ci. 

Les  deux  papillons  eurent  alors  leurs  ailes  relevées  perpendi- 
culairement au  corps;  cependant,  chez  la  Q,  les  ailes  n'étaient 
pas  tout  à  fait  dans  la  même  position  ;  elles  se  trouvaient  moins 
relevées  et  un  peu  surbaissées. 

Il  est  utile  de  dire  qu'au  repos  les  ailes  du  cf  aussi  bien  que 
de  la  Q,  chez  Vrania  Ripheus,  sont,  le  jour  comme  la  nuit,  rele- 


(*)   Voir  la  notice  déjà  publiée  sur  VVrania  Rifheus,  par   le  R.   P.   Camboué, 
aux  pages  432-436  <ians  le  Volume  XTT  des  Etudes  de  Léfidoftèrologi'e  comparée. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  lOI 


vées  perpendiculaires  au  corps,  a  l'instar  des  papillons  diurnes 
ou  Rhopalocères. 

Cependant,  vers  le  milieu  du  jour,  au  repos,  les  ailes  étendues 
horizontalement  subissent  un  balancement  de  bas  en  haut  et 
inversement  de  haut  en  bas. 

C'est  vers  14  ou  15  heures  que  les  Urania  Ripheus  semblent 
commencer  leur  flirt,  après  la  grande  lumière  et  la  chaleur  du 
plein  midi.  En  effet,  durant  les  heures  de  milieu  du  jour,  c'est- 
à-dire  jusqu'à  2  ou  3  heures  de  l' après-midi,  ces  magniflques 
papillons  se  tiennent  habituellement  au  repos;  les  ailes  étant, 
chez  les  deux  sexes,  surbaissées  horizontalement. 

D'après  les  mœurs  de  VU  rama  Kipheus,  à  propos  duquel  j'ai 
déjà  donné  jadis  quelques  détails,  notamment  dans  les  Eludes 
de  Lépidoptérologie  comparée,  ce  serait  réellement  un  papillon 
diurne  quoique  n'appartenant  nullement  à  la  division  des  Rho- 
palocères. Il  y  a  d'ailleurs  d'autres  espèces  d'Hétérocères,  même 
en  Europe,  qui  ont  des  mœurs  diurnes. 

Sur  nos  hauteurs  centrales  de  l'île  africaine,  V U rama  Ripheus 
vole  surtout  durant  le  jour,  aux  rayons  du  soleil,  un  peu  haut 
sur  l'horizon  et  commençant  à  chauffer  l'atmosphère.  Le  matin, 
de  très  bonne  heure,  et  le  soir,  à  la  tombée  du  jour,  V  Urania 
Ripheus  ne  paraît  pas  voler;  le  papillon  se  repose  toute  la  nuit, 
très  probablement  là-même  où  il  est  venu  se  poser  au  déclin  du 
jour. 

Comment  classer  d'une  façon  satisfaisante  V Urania  Ripheus? 
J.-H.  Fabre,  dont  je  relate  un  passage  d'une  lettre,  au  début  de 
cette  notice,  s'exprime  ainsi  au  sujet  des  essais  de  classification  : 
«  La  nomenclature  est,  d'un  jour  à  l'autre,  changeante;  ...  Classer 
un  animal  en  des  cadres  systématiques,  ce  n'est  d'ailleurs  pas 
toute  la  science.  Il  reste  à  étudier  cet  animal  dans  ses  mœurs,  ses 
facultés,  sa  vie  ».  Puissent  ces  courtes  observations  recueillies 
dans  la  nature,  à  Madagascar,  ajouter  quelque  chose  aux  connais- 
sances déjà  acquises  sur  la  biologie  de  deux  espèces  de  papillons 
malgaches  !  » 


102  LEPIDOPTEROLOGIE   COMPARÉE 


V   —  LE  GEM^E  «  COEiNOSTEGIA  » 

de  la   Famille  des  Liparidae 

Feu  le  Docteur  Charles  Coquerel,  chirurgien  de  la  Marine, 
a  publié  dans  les  Annales  de  La  Société  entomologique  de  France^ 
1855»  P-  5-9-534>  une  première  Notice  sur  les  Bojnhyx  Radama 
et  Diego,  de  Madagascar. 

Coquerel  rappelle  qu'on  connaissait  depuis  longtemps  les 
grandes  poches  de  soie  qui  garnissent  souvent  toutes  les  branches 
principales  de  plusieurs  arbres  de  Madagascar,  appartenant  pour 
la  plupart  à  la  famille  des  Légumineuses  :  Intsia  Madagasca- 
riensis,  Mimosa  Lebbek,  etc.  ;  mais  on  n'avait  encore  jamais 
décrit,  dit-il,  les  insectes  qui  forment  ces  cocons  avec  lesquels  les 
Malgaches  tissent  des  étoffes  remarquables  par  leur  éclat  et  leur 
solidité. 

Les  plus  communes,  ajoute  le  Docteur  Coquerel,  sont  faites 
par  les  cocons  d'un  Bojubyx  que  M.  Boisduval  avait  désigné, 
mais  sans  donner  sa  description,  sous  le  nom  de  Bombyx  Ra- 
dama. Les  chenilles  de  cette  Espèce  vivent  en  société  à  la  manière 
de  nos  Processionnaires  et,  après  avoir  filé  en  commun  une  énorme 
poche  qui  a  souvent  plusieurs  pieds  de  long,  elles  forment,  dans 
l'intérieur,  un  cocon  particulier  à  chacune  d'elles  et  y  accom- 
plissent leur  métamorphose  dernière. 

Une  autre  Espèce  que  je  décris,  continue  Coquerel,  sous  le 
nom  de  Bombyx  Diego,  provient  de  Diego-Suarez,  sur  la  côte 
nord-ouest  de  Madagascar.  les  mœurs  de  la  chenille  sont  les 
mêmes;  mais  la  soie  que  filent  les  chenilles  de  cette  Espèce  est 
plus  fine  et  plus  blanche. 

Le  Docteur  Coquerel  termine  sa  notice  en  décrivant  un  Micro- 
lépidoptère, Chilo  carnifex,  parasite  des  Bombyx  Radama  et 
Diego  et  qui  détruit,  dit-il,  une  quantité  considérable  d'individus 
de  ces  Bombyx. 


LEPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  IO3 

Onze  années  plus  tard,  le  même  Docteur  Coquerel,  dans  les 
Annales  de  la  Société  entomolo gique  de  France,  1866,  p.  341-344, 
a  publié  une  nouvelle  Notice  sur  différentes  Espèces  de  Bombyx 
qui  donnent  de  la  soie  à  Madagascar. 

11  cite  de  nouveau  les  Bombyx  Radama  et  Diego,  puis  le 
Borocera  Cajanl,  Vmson,  et  le  Bombyx  Fleurotii,  Guérin. 

Ces  deux  dernières  Espèces  sont  tout  à  fait  en  dehors  du 
Genre  Coenostegïa  qui  nous  occupe  présentement. 

Lorsque  le  Docteur  Coquerel  écrivit  sa  première  Notice,  en 
1855,  il  avait  négligé  de  publier  aucune  figure  pour  éclairer  la 
description  initiale  des  Bombyx  Radama  et  Diego 

Plus  avisé  en  1866,  mais  malheureusement  pour  une  seule 
Espèce  seulement,  Radama,  le  Docteur  Coquerel  fit  paraître  sur 
la  Planche  5  des  Annal.  Soc.  ent.  France,  la  âgure  du  papillon  cf 
et  du  papillon  Q  ;  de  plus,  il  représenta  la  poche  renfermant  les 
cocons  de  ce  Bombyx  Radama,  sur  la  Planche  6. 

Quant  à  l'Espèce  Diego,  elle  ne  fut  pas  figurée. 

Malheureusement  les  deux  Bombyx  Radama,  —  celui  qui  fut 
seulement  décrit  et  non  figuré  en  1855  et  celui  qui  fut  figuré  en 
1866,  —  n'appartiennent  pas  à  une  même  Espèce. 

On  peut  en  juger  en  comparant  les  photographies  au  moyen 
desquelles  je  reproduis  le  premier  Bombyx  Radai}ia,  —  celui  de 
1855,  d'après  les  échantillons  existant  encore  dans  la  collection 
Boisduval,  où  Coquerel  les  avait  vus  et  décrits,  —  et  la  Planche  5 
des  Annal.  Soc.  ent.  France,  1866. 

11  y  a  donc  deux  Bombyx  Radama,  spécifiquement  très  dis- 
tincts, mais  que  Coquerel  a  confondus.  Sans  doute,  en  1866,  il 
ne  s'est  pas  souvenu  de  ce  qu'il  avait  vu  en  1855  ;  il  n'a  pas 
confronté  les  documents  nouveaux  dont  il  a  donné  la  hgure,  en 
1865,  aux  documents  anciens  qu'il  avait  décrits  en  1855,  sans 
les  figurer,  et,  faute  de  la  figuration  initiale  qui,  en  1855,  aurait 
dû  être  la  règle,  comme  elle  devrait  l'être  toujours,  désormais, 
la  Nomenclature  entomologique  se  trouve,  une  fois  de  plus, 
pourvue  d'une  confusion  regrettable. 


104  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


Quoi  qu'il  en  soit,  l'une  des  Espèces  doit  garder  le  nom  de 
Kadama;  mais,  à  l'autre,  il  faut  un  nom  nouveau. 

Je  laisse  le  nom  de  Radama  à  l'Espèce  dont  les  deux  sexes  et 
la  poche  contenant  les  cocons  sont  représentés  sur  les  Planches  5 
et  6,  dans  les  Annales  Soc.  ent.  France,  1866;  cette  Espèce-là 
paraît,  grâce  à  la  figuration  dont  elle  a  été  l'objet,  exactement 
définie,  apte  à  permettre  une  identification  et  une  détermination 
certaine  pour  des  nouveaux  échantillons  qui  pourraient  être  re- 
trouvés. Je  suis  ainsi  d'accord  avec  le  principe  que  j'essaie,  dans 
l'intérêt  de  la  Nomenclature,  de  faire  prévaloir  :  Pas  de  bonne 
figure  à  V appui  d'une  description,  pas  de  nom  valable. 

J'appelle  donc  Coquereli  l'Espèce  de  Coenostegia  que  Coquerel 
avait  vue  en  1855  dans  la  collection  du  Docteur  Boisduval  et  je 
publie,  dans  le  présent  ouvrage,  en  même  temps  que  la  reproduc- 
tion photographique  de  plusieurs  autres  Espèces  du  Genre  Coe- 
noslegia,  l'image  du  Bombyx  Radama,  Coquerel  (1855),  devenu 
Coenostegia  Coquereli,  Obthr.  (1922). 

Il  y  a  en  effet  d'autres  Espèces  de  ce  Genre  Coenostegia. 
Dans  A  Synonymie  Catalogue  of  Lepidoptera  Heterocera,  par 
Kirby  (London,  1892),  trois  autres  Espèces  sont  répertoriées. 

Ce  sont  Barrei,  Mabille;   bipars,  Butler;  flavens,  Mabille. 

Mais  ni  Barrei,  ni  bipars,  ni  flavens  n'ont  jusqu'ici  été  figurées. 

Bipars  est  décrit,  comme  Hypsoides  bipars,  par  Arthur  G. 
Butler,  dans  Cistula  entomologica.  Vol.  IIÎ,  pars  XXVI,  october 
1882,  p.  2. 

Cet  Hypsoides  bipars  est  affecté  par  Butler  à  la  famille  des 
Chalco.nidae.  Dans  ces  conditions,  je  me  demande  si  le  Genre 
Hypsoides,  Butler,  et  le  Genre  Coenostegia,  Mabille,  sont  vrai- 
ment référables  à  une  même  unité  générique,  ainsi  que  Kirby  a 
cru  devoir  le  faire  dans  l'ouvrage  précité  :  A  Synonymie  Cata- 
logue ?  En  effet,  les  Coenostegia  ne  peuvent  pas  être  considérés 
comme  des  Chalcosiidae. 


LÊPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE  IO5 

Mais,  comme  il  n'y  a  point  de  fi-gure  de  VHypsoides  bïpars, 
l'incertitude  reste  et,  malheureusement,  tous  les  doutes  sont 
permis. 

Quoi  qu'il  en  soit,  je  transcris  comme  suit,  à  titre  de  document, 
la  description  publiée  par  Butler. 

«  cf  wings  above  cream  coloured,  slightly  yellower  at  the 
margms,  the  primaries  with  the  costal  margin  and  apical  half 
sericeous  chocolate-brown  ;  body  ochreous,  antennae  black  ;  under 
surface  slightly  paler,  secondaries  with  a  brown  apical  costal 
dash;  legs  black  above,  ochreous  below.  Expanse  of  wings 
58  mm.  —  Forests  of  Ancaya  (Robillard). 

Although  the  style  of  coloration  of  this  species  somewhat 
resembles  that  of  the  Liparidae,  I  believe  it  structurally  to  be 
allied  to  some  of  the  gênera  of  the  Chalcosiidae;  from  the  Hyp- 
sinae,  its  short  palpi  at  once  distinguish  it.  » 

Quant  à  Barrei  et  à  fiavens,  P.  MabiUe  qui,  pas  plus  que 
Butler,  n'a  jugé  à  propos  d'éclairer,  par  des  figures,  la  descrip- 
tion de  ces  nouvelles  Coenosiegia,  les  caractérise  coinme  suit  à 
la  page  CXLVII,  Bulletin  Société  ent.  France,  1890. 

1°  Barrei  :  Ailes  et  corps  d'un  jaune  souci,  avec  une  bordure 
très  noire,  élargie  à  l'apex  des  premières  ailes,  s' amincissant 
ensuite,  puis  continuée  sur  les  inférieures.  Tête  et  collier  d'un 
fauve  rougeâtre  ; 

2°  fiavens  :  ailes  et  corps  d'un  jaune  souci  clair,  avec  l'apex 
des  premières  ailes  noirâtre.  La  côte  et  le  tronc  des  nervures  sont 
jaunes.  Ailes  inférieures  jaunes  sans  bordure. 

De  plus,  MabiUe  redécrit  Kaclama,  Coquerel  (qu'il  écrit  Rha- 
dajna),  et  Diego,  Coquerel. 

Cet  Auteur  ne  s'est  pas  rendu  compte  de  la  différence  spéci- 
fique  qui  existe   réellement  entre   Radania,    Coquerel    (1855,   in 


lo6  LÉPIDOPrÉROLOGlE    COMPARÉE 

coll.  Roisduval),  devenu  Coquereli,  Obthr.,  et  Radama,  Coquerel 
(1866).  Je  ne  sais  même  pas  si  le  Radama  décrit  par  Mabille  peut 
bien  se  rapporter  à  l'un  ou  l'autre  des  deux  Radama  précédem- 
ment décrits  par  Coquerel. 

Voici  la  copie  de  la  description  écrite  par  Alabille  et  imprimée 
dans  le  Bidletïn  Soc.  ent.  France,  1890,  p.  CXLVII  :  «  Ailes  supé- 
rieures d'un  jaune  soufre  ou  blanc  soufré;  côte  noirâtre;  tronc 
des  nervures  gris.  Toute  la  partie  apicale  d'un  gris  noirâtre. 
Ailes  inférieures  d'un  jaune  très  pâle  ». 

Cette  description  où  Radama  est  dépeint  en  jaune,  me  paraît 
plutôt  convenir  à  l'Espèce  de  Coenostegia  que  j'ai  appelée  : 
Meloiii,  qu'à  l'un  des  Radama,  Coquerel. 

Mabille  ajoute  :  ((  Ces  quatre  Espèces  {Barrci,  jiavens,  Radama 
et  Diego),  quoique  très  voisines,  sont  faciles  à  distinguer  (Pas 
sans  figures,  toutefois;  on  en  a  bien  la  preuve). 

Leurs  chenilles  forment  de  grandes  et  longues  poches  com- 
munes, 011  elles  accumulent  leurs  cocons  en  rangs  serrés  et  qu'elles 
appliquent  contre  les  troncs  d'arbres.  Seul,  6.  Barrez  suspend  sa 
poche  aux  branches,  du  moins  d'après  celle  que  j'ai  vue  ». 

Mabille  complète  la  description  de  flavens  et  de  Barrei,  dans 
les  termes  suivants   : 

«  C.  -flavens  dilïère  des  deux  Espèces  déjà  connues  {Radama 
et  Diego)  par  le  fond  de  ses  ailes  d'un  beau  jaune.  L'apex  est 
noir  jusqu'à  l'angle  interne;  cette  couleur  forme  une  bordure 
moins  large  que  chez  C.  Rhadama  et  la  côte  et  le  tronc  des 
nervures  sont  jaunes  comme  le  fond  )>. 

Quant  à  C.  Barrei,  qui  provient  de  Nossi-Bé  et  dont  Mabille 
doit  la  connaissance  à  H.  Lucas,  en  ce  temps-là  (1890)  aide- 
naturaliste  d'entomologie  au  Muséum,  elle  fut  dédiée  à  M.  Barre 
de  Moussac,  capitaine  au  long  cours,  qui  a  envoyé  au  Muséum 
une  poche  pleine  de  cocons.  Les  papillons  qui  sont  éclos  en  route 
sont  un  peu  incomplets,  dit  Mabille.  On  le  croit  sans  peine. 


LÊPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  10 J 


Mabille  termine  en  disant  de  Barrei  qu'  «  elle  se  distingue 
par  le  fond  de  ses  ailes  d'un  jaune  foncé  très  intense  et  par  sa 
bordure  noire  et  continue  sur  les  quatre  ailes.  C'est,  ajoute-t-il, 
la  seule  Espèce  dont  les  ailes  inférieures  ne  sont  pas  d'un  jaune 
uniforme  ». 

Je  crois,  —  sans  pouvoir  toutefois  l'affirmer  avec  certitude,  — 
que  je  possède  la  Coenostegia  Barrei;  je  fais  reproduire  photo- 
graphiquement  une  série  de  cinq  exemplaires  que  j'attribue  à 
l'Espèce  Barrei  et  que  M.  Drouhard  m'a  envoyé  avec  une  longue 
enveloppe  de  cocons,  d'un  brun  foncé;  laquelle  enveloppe  était 
suspendue  à  une  branche  d'arbre  dans  la  forêt  d'Ambre. 

La  sorte  d'étoffe  brune  dont  ce  long  cocon  est  formé  se  trouve 
couverte  d'un  grand  nombre  de  pustules  ressemblant  à  des  petites 
touffes  de  poils  soyeux,  de  couleur  blonde,  percées  au  centre. 
Ces  pustules  sont  alignées  avec  une  certaine  régularité,  générale- 
ment par  rangées  de  trois  pustules.  11  paraît  certain  que  les 
papillons  ont  dû  sortir  par  les  trous  en  question,  lesquels  trous 
sont  plus  larges  en  dedans  cju'au  dehors.  A  l'intérieur,  les  cocons 
contenant  les  chrysalides  sont  serrés  les  uns  contre  les  autres, 
avec  une  symétrique  régularité  et  au  nombre  d'environ  120,  par 
rang  de  trois.  Les  cocons  des  Q  Q  sont  reconnaissables  à  leur 
plus  gros  volume.  Ces  cocons  soyeux  sont  de  couleur  blonde, 
enfermés  dans  un  mince  fourreau  de  soie  brune  dont  le  hl  se 
présente  dans  le  sens  de  la  longueur.  Le  fourreau  mesure  environ 
65  centimètres  de  long  ;  il  est  attaché  solidement  à  une  branche 
d'arbre  très  mince  et  il  présente  la  forme  générale  d'un  fuseau, 
d'abord  très  étroit,  puis  allant  en  s'élargissant  jusqu'au  centre 
et  diminuant  ensuite  d'épaisseur  jusqu'à  l'extrémité  finale.  Il  n'y 
a  pas  de  cocons  dans  toute  la  longueur  de  l'enveloppe  brune, 
mais  seulement  dans  la  partie  centrale,  sur  une  longueur  d'environ 
28  centimètres.  J'ai  ouvert  le  fourreau;  mes  doigts  se  sont  trouvés 
en  contact  avec  les  brins  de  soie  assez  raides,  noirs,  qui  se  sont 
détachés.  Je  n'ai  éprouvé  aucune  irritation  à  la  peau. 


Io8  LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


Je  crois  devoir  décrire  et  représenter  en  photographie  les  espèces 
suivantes  de  Coenostegia  qui,  suivant  moi,  appartiennent  à  la 
famille  des  Liparidae,  plutôt  qu'à  celle  des  Chalcosiidae  (Butler) 
ou  des  Nolodontidae  (Kirby). 

r  Diego,  Coquerel. 

L'Espèce  a  été  assez  récemment  capturée  à  Mananjary,  côte 
orientale  de  Madagascar,  par  feu  Melou.  Le  premier  exemplaire  cf 
représenté  photographiquement  dans  le  présent  ouvrage  vient  de 
Mananjary  ;  les  trois  autres  (2  cf,  i  Q  )  sont  les  specimina  typïca, 
in  Musaeo  Boisduvaliano.  La  base  des  ailes  supérieures  du  cT  est 
brune,  tandis  que  dans  l'Espèce  suivante  :  Meloui,  elle  est  jaune 
clair  et  comme  translucide. 

2°  Meloui,  Obthr. 

Mananjary;   l'Espèce  paraît  commune. 

Diffère  de  Diego,  par  ce  que  les  ailes  supérieures  sont,  depuis 
la  base,  d'un  jaune  nankin  très  clair,  uni,  jusqu'à  la  rencontre 
de  la  tache  apicale,  triangulaire,  gris  noirâtre,  tandis  que  chez 
Diego,  on  distingue  très  nettement  une  bande  oblique  blanchâtre 
qui  sépare  le  fond  jaune,  —  plus  foncé  que  chez  Meloui,  —  de 
la  tache  noire  de  l'extrémité  apicale. 

3"  Barrei,  Mabille. 

Le  fourreau  de  cocons  semble  éippartenir  à  cette  Espèce;  il 
vient  de  la  forêt  d'Ambre  où  il  a  été  trouvé  au  mois  de  juin  192 1, 
par  M.  Drouhard  ;  les  papillons  sont  éclos  en  novembre  de  la 
même  année  à  Tananarive.  Il  y  a  en  effet  une  certaine  confor- 
mité à  la  description  écrite  par  Mabille  et  ci-dessus  relatée.  Les 
papillons  paraissent  aussi  conformes  à  la  description  donnée  par 
le  môme  Auteur;  mais  en  l'absence  d'une  figure,  la  certitude  ne 
peut  pas  être  absolue. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  lOQ 

4"  Unicolor,  Obthr. 

Chez  les  deux  sexes,  les  ailes,  en  dessus,  sont  d'un  jaune  doré 
pâle  ;  l'aspect  en  est  extrêmement  soyeux  ;  les  nervures  paraissent 
taire  légèrement  et  finement  saillie  sur  le  fond  des  ailes;  le 
thorax,  très  velu,  et  l'abdomen  sont  d'un  jaune  un  peu  orangé, 
plus  foncé  que  le  ground-colour  des  ailes;  l'extrémité  anale  est 
noire,  ainsi  que  les  antennes.  Les  pattes,  velues  et  jaunes  pour 
les  deux  premiers  articles,  ont  le  dernier  article  noir. 

Les  frères  Perrot  m'ont  envoyé  20  exemplaires  très  purs,  re- 
cueillis dans  les  forêts  d'Antsianaka. 

5°  Lambertoni,  Obthr 

Je  possède  deux  cfcf  pris  à  Brickaville. 

Ils  se  distinguent  par  la  forme  élancée  et  étroite  de  leurs  ailes 
dont  le  fond  est  jaune  d'or,  mais  moins  foncé  que  chez  Barrei. 
L'extrémité  apicale  des  ailes  supérieures  est  largement  teintée  de 
noir  ;  mais  le  contour  intérieur  n'est  pas  droit  comme  chez  Meloui. 
Le  ground  coloiir  jaune  pénètre  au  centre  de  façon  à  ce  que  la 
teinte  apicale  noire  se  trouve  limitée  en  ligne  courbe.  Les  ailes 
inférieures  sont  bordées  de  noir,  ce  qui  distingue  Lambertoni  de 
fMvens,  Mabille. 

Le  corps  est  jaune  orange,  plus  foncé  que  le  ground  colour 
des  ailes;  les  antennes  sont  noires. 

Le  dessous  est  comme  le  dessus,  mais  plus  terne. 

Le  dernier  article  des  pattes  est  noir. 

6"  Perroti,  Obthr. 

Fianarantsoa,  reçu  des  frères  Perrot. 

Je  possède  une  seule  Q.  Le  fond  des  quatre  ailes  est  blanc; 
les  antennes  sont  noires;  la  tête  est  jaune  ainsi  que  l'extrémité 
anale;  les  supérieures  sont,  comme  les  inférieures,  bordées  de 
noirâtre. 


no  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 


Le  fond  blanc  des  ailes  supérieures  pénètre,  en  une  pointe 
aiguë,  dans  la  bordure  noirâtre,  un  peu  au-dessous  du  bord 
costal  qui  paraît  teinté  de  jaune.  La  coloration  du  dessus  est 
atténuée  en  dessous;  le  corps  est  jaune;  le  dernier  article  des 
pattes  est  noir;  le  dessus  du  corps  est  blanc 

Z*"  Anosibeana,  Obthr 

J'ai  reçu  en  1917  une  petite  série  d'exemplaires  cT  et  g  envoyés 
d'Anosibé  par  M.  Lamberton. 

Le  fond  des  ailes  est  blanc  dans  les  deux  sexes  ;  la  forme  des 
ailes  est  allongée;  les  supérieures  sont  assez  étroites;  les  infé- 
rieures sont  assez  larges;  les  quatre  ailes  sont  d'un  aspect  soyeux, 
délicat,  un  peu  hyalin 

Chez  le  cf,  la  base  des  supérieures  est  assez  largement  salie 
d'un  semis  d'écaillés  noires  très  fines  dont  l'ensemble  paraît  gris. 
La  côte  des  supérieures  est  noire  dans  les  deux  sexes,  ainsi  que 
l'apex.  La  tache  noire  apicale,  large  et  triangulaire,  se  trouve 
intérieurement  séparée  du  fond  blanc  des  ailes  par  une  ligne 
droite.  Les  inférieures  sont  bordées  de  noir  jusqu'auprès  du  bord 
anal. 

Les  antennes  sont  noires,  longues  et  fortement  pectinées,  sur- 
tout chez  le  (j  ;  la  tête  est  jaune  d'or;  le  thorax  est  couvert  de 
poils  longs  jaune  clair;  l'abdomen  est  jaune  clair  annelé  plus  ou 
moins  finement  de  noir.  Le  gland  anal  soyeux  de  la  Q  est  assez 
gros  et  de  couleur  gris  noirâtre. 

Le  dessous  reproduit  le  dessus;  le  corps  est  jaune;  les  pattes 
sont  noires. 

8"  Antsianakana,  Obthr. 

Les  frères  Perrot  ont  capturé  une  assez  grande  quantité  d'exem- 
plaires, surtout  des  Q  O,  dans  l'Antsianaka,  pendant  le  premier 
trimestre  de  l'année  1892. 

La  Coenostegïa  Antsianakana  diffère  de  Anosibeana  par  sa 
taille  un  peu  plus  grande,  son  aspect  plus  robuste,  l'absence,  chez 


LÉPIDOPTEROLOGIE    COMPAREE  1 1  I 

le  cT,  du  semis  noirâtre  basilaire  aux  ailes  supérieures,  le  gland 
anal  soyeux  de  la  Q  qui  est  blanc  jaunâtre  et  non  gris  noirâtre. 

Les  deux  Coenosiegia  Antsianakana  et  Anosibeana  ont  le  fond 
des  ailes  blanc,  bordé  de  noir  ;  mais,  aux  ailes  inférieures,  la  bor- 
dure noire  manque  presque  complètement  chez  Antsianakana  cf 
et  elle  est  plus  étroite  chez  la  Q  de  cette  dernière  Espèce  que 
chez  la   Q   à.^ Anosibeana. 

Le  dessous  reproduit  le  dessus;  les  pattes  sont  noires,  ainsi 
que  les  antennes.  Celles-ci  sont  longues,  pectinées  dans  les  deux 
sexes,  mais  beaucoup  plus  fortement  chez  le  cf  que  chez  la   Q. 

Le  corps  est  jaune  clair;  la  tête  est  jaune  d'or. 


On  trouvera  dans  le  présent  Volume  la  reproduction  photo- 
graphique des  différentes  Espèces  de  Lépidoptères  malgaches 
dont  il  a  été  fait  mention  dans  les  Ilotes  qui  y  sont  publiées 
sous  le  n°  V. 

Seule,  VUrania  Ripheus  a  été  considérée  comme  trop  bien 
connue  pour  qu'il  y  ait  lieu  d'en  essayer  une  nouvelle  repro- 
duction. 

Je  remercie  vivement  M.  le  Révérend  Père  Camboué,  M.  Lam- 
berton  et  M.  E.  Drouhard  de  leurs  si  intéressantes  et  aimables 
communications.  J'espère  pouvoir,  grâce  à  leur  zèle  scientifique 
et  à  leur  obligeance  si  parfaite,  être  bientôt  à  même  de  publier 
de  nouveaux  documents  sur  la  faune  lépidoptérologique  de 
Madagascar. 

D'ailleurs,  je  compte  faire  paraître  dans  le  Volimie  XX  des 
Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée  la  description,  éclairée  par 
une  figuration  en  couleurs,  œuvre  du  Maître  Jules  Culot,  de  plu- 
sieurs Espèces  nouvelles  de  papillons  malgaches,  spécialement 
dans  les  Satyridae  et  les  Hesperidae. 

Rennes,  mars  1922. 

Charles  OBERTHÙR. 


A  propos  de  l'étude  des  Melanargiinae 


Mon  cher  ami,  M.  le  Professeur  C.  Houlbert,  de  notre  Univer- 
sité cle  Rennes,  à  qui  nous  sommes  déjà  redevables  d'une  si  belle 
Mono^Tai3hie  des  Espèces  américaines  du  Groupe  des  Castnies, 
publiée  dans  le  Volume  XV  des  Etudes  de  Lé pidopt écologie 
coiiipai'ée,  a  bien  voulu  entreprendre,  —  mais  avec  une  conception 
tout  à  fait  différente  des  errements  suivis  jusqu'à  ce  jour,  —  une 
révision  des  Satyndae  paléarctiques,  aux  ailes  noires  et  blanches, 
formant  le  groupe  des  Mehniargia. 

Nous  publions  donc,  dans  cette  Partie  II  du  Volume  XIX  de 
nos  Etudes,  un  travail  qui  peut  être  envisagé  comme  une  sorte 
d'avant-propos  de  l'important  ouvrage  dont  la  préparation  est 
déjà  avancée.  En  se  bornant  à  considérer  les  trois  anciennes 
Espèces  asiatiques  du  Genre  Melanargia  :  Hcdtmede,  Epimede 
et  Yunnaiia,  le  plan  d'une  analyse  poussée,  suivant  les  vues  de 
M.  Houlbert,  jusqu'aux  limites  extrêmes  que  la  documentation 
dont  nous  disposons  permet  d'atteindre,  se  trouve  ainsi  mis  sous 
les  yeux  des  Entomologistes. 

C'est,  par  le  fait  de  cette  analyse  m.ême,  qu'une  véritable 
révolution  est  proposée  par  M.  le  Professeur  Eloulbert,  dans  la 
Nomenclature  entomologique,  avec  une  liberté  qui  pourra,  j'en 
conviens,  être  jugée  par  certains  comme  quelque  peu  osée. 

Les  unités,  considérées  jusqu'à  présent  comme  spécifiques  et 
servant  à  constituer,  par  leur  réunion,  en  un  groupement  d'Espèces 
distinctes,  mais   voisines,  ce   que   nous   app-elons   un    Genre,   de- 


114  LÉPIDOPTÉROLOGIE   COMPARÉE 

viennent,  chacune,  par  suite  d'une  observation-  approfondie  des 
caractères  constatés  sur  les  diverses  formes  géographiques,  comme 
des  têtes  de  groupe  dans  lesquels  se  développent  et  se  multiplient 
plus  ou  moins,  selon  les  circonstances,  les  nouvelles  unités  spéci- 
fiques, estimées  désormais  nécessairement  séparables  les  unes  des 
autres,  mais  devant  rester  néanmoins  dans  un  même  Groupement. 

M.  Houlbert  donne  dès  lors  -  et  c'est  là  une  habitude  reçue 
dans  la  Systématique  —  à  chaque  Groupe  ou  Genre  nouveau  dont 
il  propose  l'adoption,  le  nom  généralement  attribué  à  l'Espèce 
dont  le  démembrement  paraît  s'imposer. 

Ni  lui,  ni  moi,  nous  n'ignorons  d'ailleurs  la  surprise  que  cau- 
sera cette  innovation;  mais,  comme  je  suis  d'avis  que  ces  Etudes 
sont  une  sorte  de  tribune  oii  mes  amis  jouissent  d'une  entière 
liberté  de  développer  leurs  conceptions  scientifiques,  je  n'ai  même 
pas  voulu  différer  jusqu'au  prochain  Volume  XX  la  publication 
de  la  i'"'  partie  de  ces  Notes  sur  les  Melnnargiinne 

Des  problèmes  se  posent  inccssainiin-nL  à  l'esprit  des  Natura- 
listes. Chacun  les  cnvisa.ge  à  sa  guise  et  leur  donne,  ou  non,  son 
approbation,  tout  en  reconnaissant  (]ue  de  chaque  choc  d'idées 
jaillit  une  lumière  et  qu'un  progrès  résulte  toujours  d'un  travail 
qui  a  été  poursuivi  avec  le  zèle  le  plus  sincère  et  le  plus  conscien- 
cieux. 

C'est  donc  ainsi  que  le  Groupe  tout  entier  des  Melanargia  est, 
de  la  part  de  M.  Houlbert,  l'objet  d'une  étude  très  approfondie, 
copieusement  illustrée  et  destinée  à  paraître  bientôt  dans  les 
Etudes  de  Lépidoptérologie  comparée. 

Outre  l'agrément  si  sensible  pour  moi  du  commerce  quasi- 
journalier  d'une  amitié  qui  m'est  très  précieuse,  j'éprouve  uik" 
satisfaction  sans  cesse  plus  grande,  en  profitant  d'entretiens 
scientifiques  dans  lesquels,  grâce  au  savoir  si  étendu  de  mon 
excellent  collaliorateur  et  si  digne  ami,  les  questions  les  plus 
intéressantes  et  les  plus  variées  se  trouvent  discutées. 

Je  jouis,  dans  mon  laboratoire  lépidoptérologique  où,  au  déclin 
de  ma  vie,  je  passe  mes  heures  de  liberté,  d'une  compagnie  à  la 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  II5 

lois  savante  et  affectueuse  cjui  n'est  pas  pour  moi  le  moindre 
bienfait  dont  je  suis  redevable  à  la  pratique  déjà  si  ancienne  de 
l'Entomologie. 

11  convient  donc  que,  sans  plus  attendre,  la  conception  de  M.  le 
Professeur  Houlbert,  —  dont  le  présent  Volume  ne  contient 
cependant  que  le  i)roclromc,  —  soit  présentée  à  l'appréciation  de 
nos  confrères  Entomologistes,  dans  sa  complète  intégralité,  c'est- 
à-dire  absolument  telle  que  son  Auteur  en  a  eu  l'intuition  et  pris 
l'initiative. 

Cependant,  pour  le  jugement  définitif  à  intervenir,  qu'on 
veuille  bien  attendre  le  complément  de  Touvrage,  après  qu'il  y 
aura  été  traité  de  la  totalité  des  Espèces  et  Formes  européennes, 
pour  lesquelles  notre  documentation  est  plus  abondante  que  pour 
les  asiatiques. 

Nous  nous  efforcerons  d'ailleurs  d'apporter  la  [ilus  active  dili- 
gence à  la  réalisation  des  nombreuses  illustrations  qui  sont  néces- 
saires, ainsi  qu'à  rim[)ression  typographique  du  texte.  J'espère 
donc  que,  sans  trop  tarder  clcscrmais,  le  présent  A/'olume  XIX, 
Part.  II,  de  nos  Etudes,  aura  un  successeur. 

Le  Volume  XX  contiendra  en  outre  des  tra\au.\  dont  ] 'aurai 
la  i^ersonnelle  responsabilité  et  qui  m'ont  déjà  préoccupé.  Mais, 
pour  les  progrès  de  notre  Science  chérie,  l'effort  d'un  seul  ne 
suffit  pas.  Aussi,  est-ce  a\'ec  Xc  sentmient  le  plus  amical  et  le  plus 
affectueux,  que  je  rem(M"(ie,  de  Unir  coiuoiirs  si  (lé\oué,  mes  très 
distinguée  (■ollaborateiirs  qui  smil  en  même  temps  et  surtout  mes 
bien  chers  amis. 

Rennes,  le  S  mai    IQ22. 

Charles  OBERTHl'R. 


VI 


Contribution  à  1  étude  des  Melanargiinae 


DE  CHINE  ET  DE  SIBERIE 

Par  C.  HouLrîP:KT, 
Professeur  à   l'Université  de  Rennes. 


INTRODUCTION 


Historique.  —  Lorsque  Ménétriès  décrivit,  en  1S59,  les  pre- 
miers Mehinargia  sino-mandchouriens  rapportés  par  Maack  et 
Schrenck  de  leur  voyage  aux  régions  de  l'Amour  {Reiscn  iind 
Forschungen  in  Amur-Larcdc  in  den  Jahrcn  1854- 1856  im  Auf- 
trage  der  KaJserl.  Akademie  der  Wissenscliaften  zu  St.  Peters- 
burg\  il  fut  frappé  par  la  présence  constante  d'un  caractère  qui 
se  retrouve,  nous  le  savons  aujourd'hui,  avec  une  fixité  des  plus 
remarquables  chez  toutes  les  espèces  asiatiques  de  ce  genre  :  c'est 
la  présence,  en  dessus,  au  bord  postérieur  des  premières  ailes, 
d' une  bande,  de  coloration  noire,  qui  s^ étend,  sans  interruption, 
tout  le  long  de  ce  bord  postérieur,  depuis  la  base  de  V aile 
jusqu'à  r angle  interne;  cette  bande,  selon  l'expression  même  de 
Ménétriès,  ((  distingue  cette  espèce  de  toutes  les  Arge  connues  ». 

La  description  de  l'espèce  fut  établie  d'après  les  seize  exen)- 
plaires  rapportés  par  MM.  Maack  et  Schrenck,  exemplaires  qui 
furent  capturés  <(  dans  les  montagnes  de  l^oureia  jusqu'à  Chôme, 
et  sur  les  rives  de  la  rivière  Ssakhali  appelée  fleuve  Amour,  après 
sa  jonction  avec  le  Ssoungari  ».  Ménétriès  accompagna  sa  des- 


FIS 


LEPIDOrrEROLOGIE    COMPARÉE 


criplion  de  rcMiiar(]U(-s  intcrcssaiites  cl  nomma  son  espèce,  on  ne 
sait  trop  piiur(]U()i,  H<iliuiciU\  du  nom  d'une  Xércide,  di\inité  de 
la  mer. 

Voici  d'ailleurs  le  t(^xte  orf^inal  di-  Ménétriès  et  la  reprodu'^- 
tion  des  deux  excmiilaires,  mâle  et  femelle  l-"i>^-.  i),  qu'd  (-rut 
de\oir  donniM-  comme  U^s  représentants  t)pi(iucs  de  sa  nouvelle 
espèce. 

\mvA'.  I  1.\1  IMIODF..         nulle/.  <lr  IWiinl.,  1.  WM,  p.   _mC),  Xr.    lO, 
Tal).    III,  lit;.  6,  le  mâle,   {\<g.  7,  la    iVinc  lie 

.Mis  siibdcutiinhUis.,  al  bis,  :i!:;r:>  in^K  iihUi^  ,  diif/ris  viihir 
!()liiii<iii/is,  iiidrqinc  iiUcrioïc  nlnuijur  jui^ro;  subliis,  lliivcscculi 


l'IG.   I.    —   ■i^'g('  Ihûimcdc  Mcnctr..    i.t';iprL-s   MciiétiiL-s. 

rS  à  ganclic  ;  '.    ii  ilroiLe.  —  lieiiucoup  d'auipuis  puusent  ijuo  ceue  frmellp  n'esi  i)ay  \\\  vraie 

fenccllc  coiri'spondant  au  niàlc  JJalimrde  ifciiéir. 


Sc/osis,    bis    siriato-luar iiinolis,    posticis    pi'opc    iii<u f^incui    ocelli3 
inb/ts  cmispiciùs.  —  En\erg-.  22-25   ''o"- 

"  Cette  espèce  (iffie  (]uelques  rapports  avec  IM.  l  achcsis, 
llerbst.,  dont  elle  a  la  taille,  mais  les  femelles  sont  plus  grandes. 
Les  ailes  sont  jilus  larges,  surtout  plus  arrondies  extérieuremenl, 
et  faiblement  dentées. 

)i  En  dessus,  les  ailes  sont  blanches,  surtout  chez  les  femelles, 
et  présentent  môme  un  reflet  opalin;  le  dessin  est  à  peu  près  celui 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  II9 


de  la  Lachesis,  si  ce  n'est  que  le  bord  antérieur  des  premières 
ailes  est  plus  ou  moins  om.bré,  que  la  marge  noire  ne  présente,  le 
plus  souvent,  que  deux  taches  blanches,  savoh'  :  celles  qui  sont 
les  plus  grandes  chez  l'.l.  Lachesis,  c'est-à-dire  l'une  près  du 
sommet  et  l'autre  qui  repose  sur  l'angle  interne;  mais,  un  carac- 
tère qui  distingue  cette  espèce  de  toutes  les  Arge  connues,  c'est 
que  tout  le  bord  interne,  depuis  la  base  jusqu'à  la  tache  blanche 
de  l'angle  mterne,  est  de  part  et  d'autre  d'un  beau  noir,  surtout 
chez  les  femelles  où  cette  bande  est  plus  large.  Les  ailes  infé- 
rieures, outre  le  dessin  de  la  Lachesis,  sont  bordées  extérieure- 
ment d'un  double  liséré  noir  bien  distinct. 

»  En  dessous,  les  ailes  sont  satinées  de  jaunâtre,  surtout  les 
femelles,  et  bordées  d'un  douljîc  liséré  noir;  ainsi  que  chez  la 
Lachesis,  elles  offrent  très  peu  de  taches  noires  aux  ailes  supé- 
rieures, et  la  ligne  en  festons  qui  entoure  le  sommet  et  une  partie 
du  bord  externe  chez  la  Lachesis,  se  prolonge,  rhe?  notre  espèce, 
jusqu'à  la  tache  blanche  de  l'angle  interne,  est  bien  marquée  et 
légèrement  flexueuse.  Les  secondes  ailes  ne  îDrésentent  aucun 
dessin  sur  leur  disque,  et  les  deux  ocelles  près  de  l'angle  externe 
ne  forment  qu'une  tache  légèrement  brunâtre  chez  la  femelle,  et 
tout  au  plus  chez  les  mâles  on  distingue  deux  p-oints  noirs  sur 
cette  tache;  mais,  vers  le  bord  postérieur,  les  lr<jis  ocelles,  dont 
l'anale  est  double,  sont  assez  disitnctes  chez  les  mâles  et  beau- 
coup moins  chez  les  femelles,  où  elles  ne  sont  souvent  indiquées 
que  par  une  pupille  en  trait  transversal  d'un  blanc  opalin;  ces 
ocelles  reposent  sur  une  ligne  noire  dont  les  festons  ont  leur 
sommet  arrondi  et  non  anguleux  connue  chez  la  I.iic/ics/s ;  \c  corps 
et  les  antennes  comme  chez  les  espèces  congénères. 

)i  Une  variété  présente  en  dessus  les  bandes  marginales  et  les 
taches  noires  beaucou)-)  plus  larges;  et  les  ocelles  du  dessous 
plus  distinctes. 

»  D'après  jô  individus  rapportés  par  MM.  Maack  et  Schrenck  ; 
comme  ce  dernier  voyageur  a  été  des  plu--  scrupuleux  à  nous 
indiquer  l'habitat  de  tous  les  objets  de  ses  récolles,  ce  sont  don'- 


120  LEPIDOPTEROLOGIE    COMPARÉE 

ses  indicnlions  (]iic  je  citcMJii  louji.nrs.  -  Au  mois  dr  juillet,  i\^u:^ 
les  montagnes  de  Boureia  ius(]u';i  Chôme,  et  sur  les  n\<s  de  la 
rivière  Ssakhali  appelée  iltuxc  Ahh  ur,  après  s:i  lonelion  nver  k 
Ssounj^ari.   >> 

l.a  principale  prcoceu});itu>n  de  Ménclriè-.,  connue  on  le  \oi; 
p^ar  ee  (|ui  précède,  a  été  de  comp-arer  son  Arqe  Ualniiclc  à 
Ldchcsis;  il  fait  cependant  une  rcmarcjue  iniporlante  cju'il  con 
\  lent  de  retenir  ;  c  Une  variété,  dit-il,  présente,  en  dessus,  les 
bandes  marginales  et  les  taches  noires  beaucoup  jilus  larges;  cl 
les  ocelles  du  dessous  plus  distinctes  {sic)  )». 

Nous  verrons  plus  loin  ce  qu'il  convient  de  penser  de  cette 
\ariété  signalée  par  Ménétriès. 

Trois  ans  plus  tard,  en  1862,  C  et  R.  Felder  (Ohscn'dlioncs 
de  Lepidoplcns  nonnullts  Chïnae  cenlralï  et  Japoiiiae,  Wiener 
entomologische  Monatschrift,  t.  VI,  p.  2g)  décrivirent,  en  trois 
lignes,  une  variété  à.^Haliniede  qu'ils  nommèrent  Meridionalis  : 
<(  A  M.  Halimedc  amurensis  haec  varietas  circa  Ning-Po  prove- 
niens  colore  diflcrt  fusco  praedominantc  iasciisque  albis  idcirco 
angustioribus.  Ad  sectionem  M.  Lachesis  Hùbn.  egregia  species 
pertinet.  » 

La  ville  de  Ning-Po  se  trouve  sur  le  30"  degré  de  latitude 
nord,  à  l'extrême  pointe  de  la  Chine  orientale,  soit  à  environ 
2.0CXD  kilomètres  des  régions  de  l'Amour;  si  nous  sommes  bien 
réellement  en  présence  d'une  variété  d'Halimede,  nous  ne  serons 
pas  surpris  de  voir  cette  variété  très  différente  du  type  sibérien. 

La  var.  Meridionalis  n'a  pas  été  représentée  par  les  Felder; 
d'autre  part,  la  trop  brève  description  des  entomologistes  autri- 
chiens ne  nous  permet  pas  d'apprécier,  avec  une  netteté  suffi- 
sante, les  caractères  de  cette  variété;  nous  imaginons  volontiers 
que  c'est  une  forme  mélanisante  puisque,  d'après  les  auteurs,  elle 
diffère  du  type  sibérien  par  sa  coloration  bn.ine  prédominante 
{colore  jusco  praedominantc),  mais  il  nous  serait  impossible,  si 


LÉPIDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE 


121 


nous    ne    possédions   que   dos    renseignements    aussi    xaf^ucs,    de 
définir  exactement  ses  affinités. 

•Un  autre  travail,  paru  vinj^t-riiK]  ans  i)lus  t.ird.  en  188;,  dans 
le  tome  111  des  Mémoires  sur  les  Le p'id o plcrcs,  ]uihliés  par  le 
grand-duc  Nicolas  Roroanoff  et  dû  ;i  la  plume  du  1)''  Stau- 
dmger,  de  Dresde,  n'apporte  aucune  clarté  dans  Cv-tte  (]uestion, 
bien  au  contraire.  A  l'mverse  de  C.  et  R.  Felder,  qui  nous  ont 
présenté,  sous  le  nom  de  Mcridionalis,  une  \'n-iété  sinon  très  méla- 
nienne  de  Mdanargia,  en  tout  cas  une  xanété  nettement  brune 
{colore  fusco  fraedoinïnanie),  le  D'"  Staudinger,  lui,  sans  se  pro- 
noncer d'aucune  façon,  nous  donne,  avec  une  pointe  de  doute  il 


•iG.   2.   —  Mi'hinargia  Halinicdc  Méiiétr.    cf.  Fig.  3.  —  Melanargia  var.  ?  Meridionalis  Feld. 

Ces  deux  figures  reproduites  d'après  Staudinger,  in  Komanoff.  PI.  XVI,  Hg.  9  et  10.  —  La  fig.  3 
n'est  certainement  pas  Mcridionans  Felil. 


est  \Tai,  comme  Meridionalis  Felder,  une  forme  plutôt  claire, 
PI.  XVI,  fig.  10,  sur  laf]uelle,  certainement,  la  coloration  brune 
n'est  pas  j^rédominante. 

En  présence  de  ces  deux  opinions  contradictoires,  il  est  indis- 
pensable de  reproduire  ici  l'argumentation  du  D""  Staudinger 
avec  les  figures  (Fig.  2  et  3)  qui  représentent  pour  lui  Haliniede 
type  et  sa  variété  soi-rlisant  Meridioiudis  (i). 


(i)  STAfDixGKK  (D''  Otto).  —  Xeiie  Arten  und  Varietalcn  von  I.epidoptereii 
aus  der  Amur-Gebiet,  Saint-Pétersbourg,  1887  {Mémoires  sur  les  Léfidoftères, 
t.   III,  in-80,  pp.    126-232,  PI.  XVI,  fig.  9  et   10). 


122  LEPIDOPTEROLOGIE    roMPARÉE 

Mki,.\\A7^(;ia  TIai  imede  Mon.  var.  ?  Meridionalis  Frld. 
{lipitiicdc  Sti^M".  in  lill.  '  (Tl.  X\'I,  (i.l:.  (),  \o).  Dicse  Art  komint 
fasl  iibcrall  ini  Aiiuir  Cichictr  m  zwci  so  \rrschicclcncn  Formcm 
\()r,  (lass  ich  iiiclil  ficher  l«in,  ni)  clirs('ll);ii  niclil  als  /.\\c\  Arten  aut 
i^^cfassl  wcrdcii  niiisscn,  doi  sicli  walirsclicmlK  li  nichl  soU<'n  coini- 
liK-ii  ii'id  so  /,\vis(-heii formel!  erzeugen.  Bcidc  Formcn  kommcn 
/u  dciscllK'n  /.cit,  an  dcnselbcn  Ortrn  in  Ar./'.ahl  nebcn  rinander 
\or,  iind  kann  dir  cmc  d(^shall)  wcdc^-  r\uc  l,(ïkal-noch  Zeit-Va- 
nctiil  sein,  chcnso  \\t-ni_L;  als  (Mnc  /ulidli^c  Aberration  aufgofassl 
werden.  ("hristopji  ftny  bcidc  un  ]n\\  ni  Mcngc  ncbcii  cinandcr 
bci  Raddcfka,  und  zwar  hier  ohnc  cigcntliche  Ueberganjxsstiirkf", 
wJibnMid  icli  '^olclir  xoni  Ussuri  nebrn  den  beiden  Ilauptformcn 
crhiclt.  Von  Askold  crhiclt  icli  xorwici^cnd  nur  die  duncklerc 
l'"(>rni  und  \-on  Baranowka  ^ussrbliesslieh  cbe  bellere  Forni,  abcr 
(>(was  \erschiedcn  \on  den  typischcMi  helKn  HaViuicdc.  Nordlich 
von  Peking  fing  Herz  nur  die  cbinkle  l'orni,  \v(d(-be  Felder  sehr 
kiirz  iWien.  P. ni.  Moiur/ssc/ir.,  iHô."".  ]).  jq;  als  vnr.  Merirlwualrs 
\on  Ning-po  aulfiilirl  Als  Haliiiici/c  l)(^scbr<-ibt  und  bildet  ab) 
Ménétrics  flic  belle  Form,  fiibrt  abcr  bcM'cits  die  dunklcre  als 
Varietiit  nul  f(i]gcnd<'n  ^^'orlen  sebr  rielitig  an  :  "  Une  variété 
]>résen1c-  (mi  dessus  les  bandes  marginales  et  les  taches  noires 
l)eaucoup  plus  larges,  et  les  ocelles  du  dessous  plus  distinctes  ». 
Dièse  let/Jere,  di«  sich  si^hr  auffallig  durcli  die  wcit  breitere 
flunkle  Zeichnung  \'on  Halniicdc  unterschcidet,  muss  also  Mcr'i- 
(UonaUs  Feld.  heisscii;  und  bbnbl  es  spatcren  genauen  Beo- 
bachtungen  vorbehalten.  in  wclchem  Verhàltnisse  beide  zu 
einanfier  stehen.   )• 

Pour  plus  de  clarté,  nous  traduisons  ici  les  intéressantes 
remarques  de  Staudinger  (i). 

(i)  Cette  espèce  se  rencontre,  presjuc  partout  dans  les  régions  de  rAmoiir, 
sous  deux  formes,  tellement  diflFérentes,  fpie  je  ne  suis  pas  sûr  qu'il  ne  s'agit  pas 
de  deux  espèces  distinctes,  s'accouplant  jirobablement  (pielquefois  et  i)roduisant 
alor';  des  variations  intermédiaires.  Les  deux  formes  se  présentent  à  la  ménic 
époque  et  en  grand  nombre  dans  les  mêmes  endroits;  c'est  pourquoi  l'une  d'entre 
elles  ]icut  être  considérée  soit  comme  une  variété  locale,  soit   comme   une  variété 


LEPTDOPTÉROLOGIE    COMPARÉE  I23 

Ainsi  dont',  pnur  Slaudingor,  la  var.  Mcrvliounlis  Fcld.  est  la 
Jurnic  à  «  taches  noires  plus  larges  >>,  déjà  in(lir|uéc  par  Méné- 
trics;  il  précise  lui-même  (]u'elle  se  distmgue  très  facilement 
(Y Halîincfl c  ]~)ar  ses  taches  sombres,  mais  i!  ne  fait  nulle  pari 
allusion  à  cette  couleur  brune  prédoniinmiie  sur  la(]uclle,  cepen- 
dant, l'attention  est  exclusivement  attirée  h.rscju'on  ht  la  des- 
cription de  Felder. 

En  réalité,  en  1S87,  le  D''  Otlo  Staudingcr  \\(-  connaissait  pas 
MeridionaUs  Felder;  la  f(jrmi-  qu'il  flonne  sous  ce  nom  (loe.  ci!., 
\)\.  XVI,  fig.  10),  nous  le  \  errons  plus  Icin,  est  une  espèce  claire 
voisine  d'HalmiecIe;  elle  corresp,ond,  selon  nous,  à  la  race  non 
encore  ukmtifiée  de  l;i  Chine  centrale  (]ue  Ménétriès  a  représentée 
comme  étant  la  femelle  de  son  Halimcde. 

Nous  aurons  l'occasion  de  revenu-  sur  ces  difficultés;  pour  le 
momcuit,  occu]ions-nous  d'idcMit ifier  Mcr'idionalu  Felder. 

Fn  l8tSS  ])ariil,  dnns  le  l^rrliinr  rn/oiiioloi;.  Zcilsclirifi , 
Bel.  XXXll,  p]i.  31  153,  iiiK'  relation  de  \'oyag(-  de  Al.  L.  Graeser, 
sur  la  famu-  lépidoptérologique  clc^  la  région  de  l'Amour;  les 
obser\ations  de  M.  (ïraeser  conlirment  entièrement  ks  prévisions 
de  Staudinger;  mais  elles  nous  aj^portent,  vn  plus,  des  précisions 
d'autant  plus  précieuses  (]u'elles  concordent  absolument  avec  les 
conclusions  aux(]uelles  nous  étions  nous-inême  arrivé  par  une  autre 


sai.sonnicic  (Ui  tdut  :iil  moins  comme  une  aberration  accidentelle,  ('hristopii  ren- 
contra le.s  deux  formes  côte  à  côte  et  en  abondance,  en  juillet,  aux  environs  de 
Raddefka  et  là,  à  la  vérité,  sans  aucun  intermédiaire  entre  elles;  moi,  an  con- 
traire, j'en  revus  (jucl(|ues  exemplaires,  voisins  des  deux  formes  jirincipales,  de 
la  région  de  l'Ussuri.  D'Askold  j'avais  re^u  précédemment  la  Forme  la  plus 
sombre  seulement  et  de  l^aranowka,  exceptionnellement,  la  l""orme  la  plus  dain, 
légèrement  difl'érentc  toutefois  de  la  Forme  typique  claire  Halimcde.  Au  nord 
de  Pékin,  Ilerz  captura  seulement  la  Forme  sombre,  celle  que  Felder  décrit 
brièvement  de  Ning-po  [Wicv.  Ent.  Monalsschr.,  1S62,  p.  29)  sous  le  nom  de 
var.    Mcridionalis. 

Sous  le  nom.  à'Halimcdr,  Ménétriès  décrit  (et  figure)  la  Forme  claire,  mais 
il  indique  déjà  la  Forme  la  plus  sombre  comme  une  Variété  dans  les  termes  sui- 
vants, très  exacts  d'ailleurs  :  «  Une  variété  présente,  en  dessus,  les  bandes  margi- 
nales et  les  taches  noires  beaucoup  plus  larges  et  les  ocelles  du  dessous  plus 
distinctes  ».  Cette  dernière,  qui  se  distingue  très  facilement  A'Tialimede  par  ses 
dessins  sombres  beaucoup  plus  larges,  doit  alors  s'appeler  Mcridionalis  Feld  ;  il 
reste  à  jjréciser,  par  des  observations  plus  exactes,  quels  rapports  existent  entre 
ces  deux  Formes. 


124  LÉPinOPTÉROLOCIE    COMPARÉE 

voie,  à  savoir,  la  comparaison  attcntixe  des  nonibroux  doiuinruts 
existant  clans  la  collcM-tion.  Ch.  Obcrthiir. 

Voici  les  Notices  de  M.  (jraeser  relatixcs  à  Mchtii.  Ihilniicde 
ci  à  Mrlnu.  i/ictulionalis. 

'<      ij6.     Mki.ANAR(;ia      Mai.IMKDE     Mén.      Romanoff,      Mé- 
moires 111,  p.    I  i;,  V\.  XVI,  fig.  ;. 

"  \'<tn  mir  iiiir  1km  ("]ial);ir()lka  an  ciiier  sehr  beschranktc. 
Stelle,  hi(M-